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17-11-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...15/11/09: VINGT ANS APRES ...

 From: nicolas

Sent: Sunday, November 15, 2009 10:44 PM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme]: VINGT ANS APRES Comité Valmy

 

 

 

VINGT ANS APRES - Jean Lévy

QUATRE VINGT NEUF (2/2)

lundi 9 novembre 2009, par Comité Valmy


Voir en ligne : Quatre vingt neuf (1/2)

Riga ( monde libre) Comme chaque année le 16 mars, d’anciens combattants de la légion Waffen SS lettonne paradent pour commémorer le combat contre les rouges.

 

Aujourd’hui, 9 novembre, tous les médias sont sur les dents.

Radio France, en premier.

Sur l’ensemble des ses chaînes, basées pour un jour à Berlin, la radio publique consacre l’ensemble de ses émissions au 20ème anniversaire de la « chute du Mur ».

Pourquoi un tel déferlement de propagande ?

Pourquoi ce grand « show » avec la participation des ‘Grands » du monde occidental ?

Pourquoi aujourd’hui, alors que nos médias étaient bien plus discrets sur l’évènement, lors du 10ème anniversaire ?

Revenons en arrière.

En 1999, le monde était différent de ce qu’il est de nos jours.

Faisons un rapide tour d’horizon sur l’ensemble de notre globe.

La Russie est dépecée, disloquée, réduite à un territoire privé de l’Ukraine, de la Biélorussie et de ses Républiques caucasiennes et asiatiques. Elle est gouvernée par un satrape ivrogne, Boris Eltsine, qui vend les richesses nationales aux plus offrants, aux puissances étrangères, en premier lieu.

Les Etats-Unis se considèrent les maîtres du monde.

Cuba socialiste et ses dix millions d’habitants, isolés, pris au piège d’un blocus yankee, se débattent dans les plus profondes difficultés.

Le régime de Fidel Castro va-t-il pouvoir survivre à l’ombre de la bannière étoilée ?

Certes, au Venezuela, un militaire inconnu, Hugo Chavez, vient d’être élu président. Il proclame vouloir agir pour le peuple. Mais pourra-t-il mener à bien son programme démocratique, à une encablure de la flotte des Etats-Unis ?

L’Equateur, la Bolivie, le Nicaragua demeurent, pour l’heure, des satellites de Washington.

Sur le plan international, au Conseil de sécurité, qui se soucie de la Chine populaire, qui fait encore profil bas ? Elle estime n’être pas encore en état de peser sur les affaires mondiales.

L’impérialisme peut intervenir ouvertement dans les Balkans. Belgrade est quotidiennement bombardé par les avions de l’Otan. L’US Air force se permet de viser l’ambassade de Pékin.

Aussi, point d’ennemis menaçants, à l’horizon, pour les forces du Capital.

Celui-ci peut en 1999, faire l’économie d’une offensive anticommuniste, à partir de l’anniversaire de la chute du mur de Berlin.

Rien ne semble lors menacer sa toute puissance.

Le « péril rouge » n’est plus – ou pas encore revenu – à l’ordre des priorités de l’impérialisme.

En 2009, le monde a totalement changé. Les rapports de forces se sont inversés.

La Russie de Poutine et de Medvedev défendent pied à pied l’intérêt national russe, et ses richesses énergétiques d’Etat sont indispensables à la satisfaction des besoins européens.

La République Populaire chinoise est en passe de devenir la seconde puissance économique du monde. Sa diplomatie s’active sur tous les continents et sa voix est déterminante au sein des Nations Unies. La Russie et la Chine coopèrent étroitement dans le cadre de l’Organisation de Coopération de Shanghai.

« Rien maintenant ne peut plus se décider sans nous, à l‘échelle mondiale » a déclaré le président russe, lors de sa visite à Pékin, en mai 2008.

En Amérique latine, l’Alternative Bolivarienne des Amériques (ALBA) réunit Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, le Nicaragua. Ces pays, développent une économie qui n’agit plus sous la contrainte de Washington.

Cuba n’est plus seul.

Dans les Etats considérés, il y a encore une décennie, comme « l’arrière-cour » des Etats-Unis, toutes les tentatives américaines de déstabilisation, fomentées par la CIA, ont échoué.

Au Proche-Orient, au Liban, le Hezbollah a mis en échec l’armée d’Israël en 2006. Et le Hamas, malgré l’hostilité des Occidentaux et l’offensive de Tel Aviv, contrôle toujours la bande de Gaza.

Le régime iranien peut mener une politique indépendante, malgré les pressions occidentales grâce au soutien de la Chine et de la Russie.

Tels sont les changements survenus en dix à peine, qui conduisent l’impérialisme à se considérer, à nouveau, menacé dans sa toute puissance.

Européens et Américains tentent de « criminaliser le communisme », face à l’ennemi de toujours : les peuples confrontés avec la dure réalité du capitalisme, aggravée par la crise et son cortège de misère, de chômage, d’atteintes aux libertés.

Le modèle du « marché »et de « la concurrence libre et non faussée » n’a plus cours.

Et, dans chaque pays, et en premier lieu en France, les regards, ceux de la jeunesse en particulier, pourraient se tourner vers une autre société. Le capital, mis sur la défensive, en est conscient.

D’où l’offensive idéologique développée à partir de la « chute du mur » de Berlin.

Jean LEVY

 

__._,_.___

17-11-2009, 16:05:27 Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique

09-11-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...10/10/09: Contre le révisionnisme historique... sur les origines du fascisme et de la Seconde Guerre Mondiale...

Contre le révisionnisme historique... sur les origines du fascisme et de la Seconde Guerre Mondiale

Sur le fascisme...

 par Jorge Cadima, collaborateur au secteur international du PC Portugais

 

Pour le numéro 301 de Juillet/Août d'O Militante, revue théorique du Parti Communiste Portugais

 

Traduction AC pour solidarite-internationale-pcf.over-blog.net  

Il y a 70 ans, commençait la Deuxième Guerre Mondiale. Pour la seconde fois en un quart de siècle, les rivalités et le bellicisme inhérents au capitalisme coûtaient la vie à des dizaines de milliers d'êtres humains et semaient la destruction. Entre les deux grandes guerres, la planète a été touchée par la plus grande crise économique du capitalisme connue jusqu'alors. Des entrailles d'un système d'exploitation en agonie ont surgi les monstres du fascisme et du nazisme, qui ont précipité la catastrophe de 1939-1945 et sont parvenu à établir leur empire sur quasiment tout le continent européen.


Mais le début du Vingtième siècle a été aussi une période de lutte et de progrès pour les peuples et le mouvement ouvrier depuis la grande Révolution d'Octobre, en passant par la résistance armée qui a joué un rôle décisif dans la défaite du fascisme et du nazisme, jusqu'aux profondes transformations de l'après-guerre, qui ont laissé une empreinte positive sur quasiment toute la seconde moitié du siècle. Les travailleurs et les peuples sont devenus des acteurs de premier plan de l'histoire de l'Humanité. Sans ignorer les grandes transformations ayant eu lieu entre-temps, les événements et les leçons de cette période sont toujours d'actualité au moment où l'Humanité se voit de nouveau confrontée à un capitalisme en profonde crise.



La Première Guerre Mondiale

 

 

En Août, 95 ans avaient passé depuis le déclenchement de la Première Guerre Mondiale, « une guerre impérialiste (c'est-à-dire, une guerre de conquête, de pillage et de brigandage), une guerre pour le partage du monde, pour la division et la redistribution des colonies, des 'sphères d'influence' du capital financier »1 dans les termes de Lénine.


La Première Guerre Mondiale n'a pas opposé des adversaires idéologiques ou des ennemis de classe, elle n'a pas été non plus un « choc des civilisations ». Les 15 millions de morts de la guerre de 1914-18 furent des victimes des rivalités entre les classes dirigeantes des grandes puissances européennes, « chrétiennes », défenseurs d'un même système socio-économique: le capitalisme. Ce système a connu, après 1870, un développement rapide, accompagné par la création de gigantesques monopoles, par les liens toujours plus étroits entre industrie et finance, par la financiarisation croissante de l'économie, par la nécessité d'exporter les énormes excédents de capitaux accumulés entre temps et de contrôler les sources de matière première, avec la colonisation qui en découle et le pillage des pays « périphériques ». Dans cette autre « mondialisation » on alterne entre l'entente et la rivalité. Les « vieilles » puissances impérialistes entrèrent alors en conflit avec la « jeune » Allemagne, qui est parvenu tardivement à son unification nationale mais qui, avec des taux de croissance économiques plus rapides, s'est senti dans son bon droit d'agir comme une grande puissance.2 Lénine se demande: « sur le terrain du capitalisme, quel autre moyen pouvait-il exister, si ce n'est la guerre, pour éliminer, d'une part, la disproportion entre le développement des forces productives et l'accumulation de capital, et d'autre part, le partage des colonies et des 'sphères d'influence' du capital financier? »3

 

 

La faillite de la Seconde Internationale et la Révolution d'Octobre

 

 

Le mouvement ouvrier a connu un grand développement dans les décennies qui ont précédé la Première Guerre Mondiale. A côté du renforcement syndical, se sont créés de leur côté des partis ouvriers, qui ont formé la Seconde Internationale. Mais la guerre a plongé la Seconde Internationale dans une crise profonde, due au fait que ses dirigeants ont trahi les principes toujours proclamés. Lénine a écrit: « Les socialistes du monde entier ont déclaré solennellement en 1912 [lors de la conférence de] Bâle qu'ils considéraient la future guerre européenne comme une entreprise 'criminelle' et ultra-réactionnaire de tous les gouvernements, qui devait accélérer la chute du capitalisme, en générant inévitablement la révolution contre elle. La guerre a éclaté, ainsi que la crise. Au lieu de la tactique révolutionnaire, la majorité des partis sociaux-démocrates ont adopté une tactique réactionnaire, se rangeant du côté de leurs gouvernements et de leur bourgeoisie. Cette trahison du socialisme signifie la faillite de la Seconde Internationale »4En analysant les causes de cette trahison, Lénine parle des « super-profits » résultants de l'exploitation impérialiste et de ses conséquences chez une mince couche de bénéficiaires. « Les conditions objectives de la fin du XIXème siècle ont renforcé particulièrement l'opportunisme, transformant l'utilisation de la légalité bourgeoise en servilité vis-à-vis d'elle, créant une mince couche bureaucratique et aristocratique au sein de la classe ouvrière (…). La guerre a accéléré son développement, transformant l'opportunisme en social-chauvinisme, et l'alliance secrète des opportunistes avec la bourgeoisie en une alliance ouverte ».


Les origines du mouvement communiste international se trouvent dans la rupture avec ceux qui ont défendu les bourgeoisies de leur pays dans la guerre qui a fauché des millions de personnes. La fidélité des bolchéviques à la « tactique révolutionnaire » et la justesse de son jugement sur les conditions objectives de la Russie, ont conduit, même en pleine guerre, à la Révolution Socialiste d'Octobre, neuf mois après la chute du tsarisme. Les travailleurs et le peuple, premières victimes de la guerre impérialiste, ont pris en main leur destin, lors d'un acte historique qui devait bouleverser le cours de l'Humanité et marquer tout le Vingtième siècle.



Les conséquences de la Première Guerre Mondiale

 


En Novembre 1918, avec une situation militaire et économique toujours plus difficile et les marins révoltés, les travailleurs allemands déclenchaient une révolution qui renverse le Kaiser, installe la République et met un terme à la guerre. Dans les mois qui suivent, et sous l'inspiration de la Révolution d'Octobre, émergent des situations pré-révolutionnaires dans plusieurs pays (Allemagne, Hongrie, Italie), qui sont réprimées de manière violente. Les bourgeoisies européennes vivent dans la peur de dénouements révolutionnaires. En 1922, en Italie, la réaction des classes dirigeantes à la montée de la lutte de masses se traduit par une nouvelle forme de pouvoir de classe, avec la violence extrême des squadre d'azione (escouades d'action), l'anti-communisme féroce, l'attaque impitoyable menée contre le mouvement populaire et même contre la démocratie bourgeoise. Le fascisme de Mussolini, en manipulant les peurs de la petite bourgeoisie ruinée par la guerre, la frustration des soldats démobilisés et en jouant sur les aspirations à « l'ordre » et au « salut de la Nation », canalise la révolte de vastes secteurs de la société, non contre les véritables causes de leurs problèmes, mais contre ses victimes.


Les théorisations actuelles, qui cherchent à découvrir des parallèles entre fascisme et communisme, se base sur la plus grossière falsification de la vérité historique. Les communistes et le mouvement ouvrier ne furent pas seulement, dès la première heure, les principales cibles et victimes de la terreur fasciste, mais le fascisme mussolinien a aussi servi d'inspiration aux bourgeoisies de l'ensemble des pays européens. A titre d'exemple, on peut noter les mots de Winston Churchill, le plus important dirigeant de la bourgeoisie anglaise du Vingtième Siècle, après une visite en Italie Fasciste, en 1927: « Ce pays donne une image de discipline, d'ordre, de bonne volonté, de visages souriants »; « si j'étais italien, je suis sûr que j'aurais été de tout mon cœur avec vous, dès la première heure, dans votre lutte triomphante contre les passions et les appétits animaux du Léninisme ».5


Dans les années qui ont suivi, la peste fasciste s'était étendue à d'autres pays, parmi lesquels le Portugal, et a conquis de nouveaux soutiens parmi les classes dirigeantes surtout après l'éclosion de la grande crise du capitalisme, en 1929. Et c'est en Allemagne, vaincue lors de la Première Guerre Mondiale et humiliée par le Traité de Versailles, que l'ascension du fascisme était destinée à avoir un impact terrible.

 

 

De Versailles à Hitler

 


La crainte de révolutions ouvrières n'a pas empêché, qu'après la guerre, les rivalités inter-impérialistes continuent à jouer un rôle de premier plan dans la politique des grandes puissances. Le Traité de Versailles, imposé à l'Allemagne après sa défaite, lui a enlevé ses (maigres) colonies, l'a amputée de plusieurs morceaux de son territoire européen, et lui a imposé le paiement de sommes gigantesques comme réparation des préjudices de guerre.


Dans les mots de l'ambassadeur soviétique au Royaume-Uni (1932-43), Ivan Maiski, le Traité de Versailles visait à garantir « trois choses: (1) la domination inconditionnelle en Europe de la coalition victorieuse anglo-franco-américaine (le groupe dirigeant de l'impérialisme Etats-unien aspirait déjà à ce moment-là à la domination mondiale, mais n'avait pas encore décidé de l'afficher ouvertement); (2) la subordination inconditionnelle de l'Allemagne vaincue à la coalition anglo-franco-allemande; (3) la situation d'infériorité de la Russie révolutionnaire jusqu'au moment où notre pays, comme les dirigeants de la coalition le souhaitaient sans aucun doute, tomberait sous les coups militaires et économiques de l'Alliance et serait obligé de retourner dans le giron du capitalisme »6


Les réparations de guerre imposées à l'Allemagne ont joué un rôle central dans l'hyper-inflation qui a frappé le pays entre 1921 et 1923 et ruiné de larges secteurs de la population. Mais pour la grande finance des puissances impérialistes, les années 1920 furent une manne. Selon le Professeur en Histoire économique de Cambridge, Adam Tooze, « le petit manège par lequel les allemands empruntaient aux américains pour payer les britanniques et les français, qui à leur tour payaient les américaines [des dettes contractées vis-à-vis des Etats-Unis durant la guerre] suscitait de l'anxiété de toute part. Mais il atteignait son objectif. »7 Les niveaux insupportables de l'endettement résultants de ce « petit manège » étaient à la base de l'écroulement du système financier allemand en 19318, événement qui a aggravé qualitativement la grande crise mondiale du capitalisme commencée par le krach de Wall Street en 1929.


La crise continue du capitalisme allemand entre 1914 et 33, et l'incapacité à la surmonter dans le cadre de la République de Weimar (que les franges les plus réactionnaires des classes dominantes ont toujours regardé avec méfiance), fut le facteur décisif de l'ascension de la plus violente et terrible forme de domination de classe jamais générée par le capitalisme: le nazisme hitlérien. Les communistes (qui lors des élections de Novembre 1932, avaient obtenu près de 6 millions de voix – 16,9% - et élu 100 députés) et le mouvement ouvrier furent les premières et les principales victimes du nazisme, alors qu'une partie importante de la bourgeoisie pseudo-libérale, qui aujourd'hui tente de falsifier l'Histoire, fut complaisante et complice de l'ascension d'Hitler. Tout juste après avoir été nommé Premier Ministre le 30 Janvier 1933 (sans majorité parlementaire et après avoir perdu 2 millions de voix) Hitler a organisé l'incendie du Parlement (le Reichstag), qu'il a imputé aux communistes et qui a servi de prétexte pour déchaîner la première vague de répression: « Près de 4 000 dirigeants communistes et de nombreux sociaux-démocrates et libéraux furent faits prisonniers, y compris des députés au Reichstag qui, légalement, jouissaient de l'immunité. (…) Des camions remplis de troupes de choc patrouillaient dans les rues des villes Allemandes, violant les domiciles des particuliers, rassemblant leurs victimes qui étaient menées aux quartiers des SA où elles étaient torturées et battues. La presse et les activités publiques des communistes étaient supprimées »9L'ascension du nazisme a été appuyée par le grand capital allemand. Le magnat de la métallurgie, Thyssen, finançait déjà le Parti Nazi depuis 192310Le Professeur Tooze – au-dessus de tout soupçon – a écrit: « Ce que Hitler et son gouvernement promettait, c'était de mettre fin à la démocratie parlementaire et de détruire la gauche allemande, et la majorité du grand capital allemand était disposée à apporter une contribution importante à cette entreprise. (…) Et le résultat obtenu, fin 1934, était justement celui espéré: une démobilisation populaire globale. (…) Le mouvement syndical était détruit. (…) avec la combinaison du gel des salaires dès 1933, le démantèlement des syndicats et une altitude hautement laxiste vis-à-vis des cartels industriels, (…) les perspectives de profit étaient assurément très favorables »11S'inspirant directement du modèle mussolinien, Hitler lui a adjoint une caractéristique spécifique: le racisme anti-sémite, qui lui a permis d'allier démagogie prétendument-capitaliste (en identifiant les juifs au système financier international qui a ruiné la petite et la moyenne bourgeoisie allemande) et anti-communisme (par le biais de la thèse du « complot judéo-bolchevique » visant à ruiner l'Allemagne). Ici aussi, et contrairement à ce que l'on prétend nous faire croire aujourd'hui, l'hitlérisme a montré ses affinités avec les classes dominantes européennes, où l'anti-sémitisme était monnaie courante. L'affaire Dreyfus en France12 a été seulement un épisode illustratif de conceptions dont Churchill a été aussi un partisan: « Churchill insistait sur ce qu'il considérait être l'essence juive du Bolchevisme. En privé, il décrivait le gouvernement soviétique au Ministère des Affaires Étrangères de Curzon comme “un gouvernement tyrannique de Commissaires juifs” et même en public il parlait d' “état communiste mondial sous domination juive”. Dans son discours public à Sunderland, en 1920, il parlait du “Soviet international du juif russe et polonais”. En Avril 1922 il écrivait une lettre [...] décrivant les bolcheviques comme des “ces conspirateurs Sémites”»13


L'ascension d'Hitler a été vue positivement par une bonne partie des bourgeoisies européennes. Le capitalisme vivait alors une crise sans précédents, au cours de laquelle la production industrielle planétaire était tombé de près de 40%, la bourse de 70% et le volume du commerce mondial de près de 30%. Le chômage touchait des millions de travailleurs et la crise économique était accompagnée de crises politiques. La survie du capitalisme était mise en doute, même par ses défenseurs. Parallèlement, la jeune Union Soviétique socialiste connaissait des taux de croissance économiques impressionnants avec les plans quinquennaux et les conquêtes sociales (emplois, éducation, santé, culture). Le contraste avec le capitalisme en crise était évident et lourd de sens politique. Les idées de transformation sociale révolutionnaire gagnaient du terrain. La grande bourgeoisie vivait une nouvelle période de peur.


Comme l'affirmait le journaliste américain William Shirer, qui fut correspondant en Europe, « je me rappelle que ce fut à ce moment-là que j'ai commencé à entendre dans les cercles de la haute société un commentaire qui est devenu presque un cantique: “plutôt Hitler que [Léon] Blum”»14


Pour la grande bourgeoisie des puissances impérialistes, l'ascension du nazisme ne représentait pas seulement une solution de force pour sauver le capitalisme allemand, mais aussi un moyen de détruire par la force la première expérience mondiale de construction du socialisme, en cours en URSS. Les plans d'expansion territoriaux et la colonisation de l'Est de l'Europe par l'Allemagne étaient clairement affichés dans le livre d'Hitler, Mein Kampf. En parlant des théories de « l'espace vital » (Lebensraum), Hitler critiquait ses prédécesseurs qui avaient créé un Empire allemand en Afrique. « La conquête de nouveaux territoires, poursuivait Hitler, (…) “est seulement possible à l'Est (...) Si nous revendiquons de nouveaux territoires en Europe, ceux-ci ne peuvent qu'être obtenus fondamentalement aux dépens de la Russie”».15La « poussée vers l'Est » (Drang nach Osten) théorisée par le nazisme représentait une issue aux rivalités inter-impérialistes et une « solution au problème russe »16 qui enchantait de larges secteurs de la grande bourgeoisie mondiale. Et cela explique l'honteuse collaboration de classe accompagnant l'ascension du nazisme, aujourd'hui niée par une bourgeoisie qui cherche à ré-écrire l'histoire.

 

 

De Madrid à Munich



La Guerre Civile d'Espagne a révélé au grand jour le collaborationnisme philo-fasciste. En 1936 le Front Populaire gagne les élections. Cette alliance de la gauche républicaine bourgeoise avec le Parti Socialiste et un Parti Communiste encore peu influent a été vue comme une menace par la réaction espagnole, parmi laquelle les latifundiaires et l'Église catholique avait une grande influence. En juillet 1936 le Général Franco déclenchait un coup d'Etat. En dépit de l'appui d'une partie considérable des forces armées, le coup d'Etat a été mis en échec dans les grandes villes par la résistance des masses. Mais les « démocraties », et parmi elles l'Angleterre, la France et les Etats-Unis, ont affiché leur « neutralité » entre un gouvernement légitimé par la Constitution et le vote, et les putschistes fascistes. La politique de « Non-intervention » est un coup mortel à la République démocratique, en grande mesure désarmée par la trahison des militaires. Grâce au soutien des masses, la République résiste pendant trois années héroïques, durant lesquelles le Parti Communiste d'Espagne se révèle un grand parti national. Mais la situation militaire est déséquilibrée de manière décisive avec l'envoi de 130 000 soldats par les puissances fascistes pour combattre aux côtés de Franco, tandis que le Comité de Non-Intervention créé par les anglais et les français empêchait la République d'acheter des armes à l'étranger. Churchill se fait l'écho, à nouveau, de vastes secteurs de la bourgeoisie quand il écrit en 1936 que le gouvernement républicain « était sous l'emprise de forces obscures et violentes qui de plus en plus montraient leur vrai visage et agissaient par le biais de l'assassinat, du pillage et des troubles syndicaux », représentant « un prolétariat misérable et arriéré qui exige la fin de l'Église, de l'État et de la propriété et l'instauration d'un régime communiste », tandis que du côté fasciste on retrouvait « des forces patriotiques, religieuses et bourgeoises, sous le commandement des forces armées (…) qui combattent pour rétablir l'ordre en instaurant une dictature militaire »17 Ce fut encore Churchill qui, en Juillet 1937, lors d'une intervention au Parlement britannique, a demandé la reconnaissance des franquistes comme gouvernement légitime de l'Espagne.18


Le collaborationisme anglo-français vis-à-vis des agressions fascistes est apparu clairement lors de l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie, en 1935, s'est poursuivi avec l'annexion de l'Autriche (l'Anschluss de Février 1938) et a atteint son apogée avec l'honteux Traité de Munich. Dans les derniers jours de Septembre 1938, les Premiers Ministres Français et Anglais se sont réunis avec Hitler et Mussolini pour concéder à l'Allemagne d'importantes parcelles du territoire de la Tchécoslovaquie. Laissant les représentants légitimes tchèques en dehors de la réunion, Chamberlain et Daladier ont approuvé le démembrement du pays, en dépit du Traité selon lequel la France s'engageait à défendre la Tchécoslovaquie en cas d'agression. A la honte de la capitulation a succédé l'humiliation de voir Hitler piétiner, en l'espace de quelques semaines, les propres termes de l'accord, annexant le reste du territoire tchèque en Mars 1939.

 

 

La guerre et la défaite du nazisme et du fascisme

 

 

La politique de collaboration a renforcé le monstre nazi et a rendu la guerre inévitable. En incitant l'expansionnisme allemand, les classes dirigeantes des autres puissances impérialistes se sont condamnées à être elles-mêmes les victimes du militarisme nazi. Sur certains aspects, la Deuxième Guerre Mondiale fut le prolongement de la Première Grande Guerre. Le nazisme, dictature terroriste du grand capital allemand, n'a pas oublié les leçons de l'Histoire et la manière dont l'Allemagne fut traitée par ses « frères de classe » en 1918. Comprenant que les démocraties bourgeoises occidentales, et en particulier en France, étaient profondément corrompues par le collaborationnisme, Hitler a décidé de déclencher la guerre à l'Occident avant d'entreprendre son objectif stratégique, celui d'attaquer l'URSS, afin d'éviter le danger qui avait condamné l'Allemagne à la défaite de 1918: avoir à combattre simultanément sur deux fronts. La bourgeoisie française a poussé l'aveuglement jusqu'à ses ultimes conséquences. Confrontée à l'agression nazie, en juin 1940, elle a capitulé en quelques semaines, une bonne partie de sa classe dirigeante se couchant devant le régime fantoche et collaborateur, mené par le Maréchal Pétain. La combativité de la classe dirigeante française s'est juste révélée dans la lutte contre le Parti Communiste Français, qui fut interdit et poursuivi à partir de septembre 193919Mais ce furent les communistes qui, dans les conditions très difficiles du moment, ont hissé le drapeau de la résistance et ont construit une guerrilla populaire qui a contribué de manière importante à la défaite du nazisme. La grande bourgeoisie anglaise n'a pas eu d'autre choix que de réorienter (via Churchill) toute sa politique.


Il est ridicule d'affirmer que le Traité de Non-agression signé entre l'URSS et l'Allemagne en Août 1939 a été la cause de la guerre, faisant table rase de la nature du régime nazi, de la collaboration des puissances capitalistes et de la manière dont elles ont encouragé l'expansionnisme allemand à l'Est. Jusqu'à la fin, les dirigeants soviétiques ont lancé des initiatives répétées et insistantes pour signer, avec l'Angleterre, la France et d'autres puissances européennes, des traités de défense mutuelle ou donner des garanties à d'autres pays menacés par le nazisme et le fascisme. Ce fut le refus de cette collaboration et l'aveuglement anti-communiste et philo-fasciste de cercles importantes des classes dirigeantes européennes qui ont conduit à la guerre. Un historien militaire français et gaulliste écrit: « Il n'est pas correct, comme le firent plus tard les pays occidentaux, d'invoquer une quelconque similitude entre l'URSS et l'Allemagne pour voir dans ce fait le fondement véritable du pacte germano-soviétique. L'hostilité féroce envers le communisme et la volonté de le détruire sous toutes ses formes, étaient à l'origine même des mouvements fascistes. Hitler a toujours présenté le national-socialisme comme un instrument de mort dirigé contre le bolchévisme. (…) C'est le Parti Communiste Allemand qui l'a interdit et détruit en premier lieu (…) Mais c'était les données stratégiques qui devaient décider du choix fait à Moscou et qui, en fin de compte, ont prévalu sur tout le reste »20 L'URSS signe le Traité pour éviter de se trouver dans la même situation que la République Espagnole.


Tout comme les communistes furent les premières et les principales victimes du fascisme partout, ce furent aussi les communistes qui ont apporté la contribution principale et décisive à la défaite du nazi-fascisme, surtout grâce à l'Armée Rouge et à l'URSS, qui ont affronté et vaincu le gros de l'armée nazi. Quand à l'hiver 1941 les troupes allemandes étaient aux portes de Moscou, la quasi totalité de l'Europe était sous l'empire du fascisme et de des alliés. Les batailles décisives de la Deuxième Guerre Mondiale, qui ont changé le cours des événements, se sont déroulées (aux grands regrets donc d'Hollwood, de discours d'Obama et de la mythologie négationniste de notre époque) sur le sol soviétique en 1941-43. Ce fut à Moscou, à Stalingrad, dans la résistance héroïque pendant le siège de Leningrad, à Kursk et dans tant d'autres villes où, au prix de terribles sacrifices et pertes humaines et matérielles, le peuple et les communistes soviétiques ont vaincu la machine de guerre allemande. Quand les troupes anglo-américaines ont débarqué en Normandie, en juin 1944, l'Armée Rouge avait libéré la quasi totalité du territoire soviétique et combattu pour la libération des pays limitrophes. Et dans les pays occupés, en Italie, en Grèce, en France, en Yougoslavie, en Chine, et dans tant d'autres, les communistes furent les premiers et les principaux acteurs de la résistance armée qui a assuré la défaite finale de la plus terrible expression de la domination capitaliste.


Quand aujourd'hui on réécrit l'Histoire, en réhabilitant le fascisme, en occultant le rôle décisif des communistes dans sa défaite, ou en en arrivant à cette tentative extrême honteuse de mettre sur une même plan communisme et fascisme (comme l'a fait récemment le Parlement Européen), ce n'est pas seulement une injustice terrible et une falsification historique. C'est aussi ouvrir les portes, à nouveau, pour qu'un capitalisme en profonde crise et créateur de misère, de guerre et d'exploitation, puisse recourir à des solutions de force et de violence extrême pour tenter de maintenir sa domination. La défense de la vérité historique est, pour cela même, partie intégrante des luttes qu'il est nécessaire de mener aujourd'hui.


Site d'O Militante:

09-11-2009, 18:05:34 Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique

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From: Reprise d'article.
Sent: Wednesday, October 14, 2009 8:32 PM
Subject: Roman Polanski a beaucoup d'amis

Par Katha Pollitt,

Alors que le rappel à la loi et la célébration de l'ordre sont les maîtres mots du régime Sarkozy, voilà que les amis se pressent autour d'un cinéaste inculpé pour viol sur mineure : devenu victime d'une « Amérique qui fait peur », selon Frédéric Mitterrand, Roman Polanski se voit magiquement exonéré – au nom de son âge, de son oeuvre, de sa vie – de toute responsabilité vis-à-vis de la justice. Quelques mois plus tôt, rappelons-le, c'est une autre victime de la « censure » que défendait le ministre de la culture français : Orelsan, un chanteur auteur de paroles d'une violence sexiste inouïe, dont la présence à des événements culturels subventionnés par la puissance publique avait suscité quelques remous. Voilà donc quels sont les individus qui, en France, bénéficient des indignations officielles, qui font naître les grandes causes nationales menées au nom de la « liberté » ! La suite française de l'affaire Polanski (le retour sur le livre de Frédéric Mitterrand dans lequel il raconte ses séjours sexuels passés en Thaïlande) illustre ce qui devient un fonctionnement structurel dans la France de Sarkozy : CRS et management pour la France d'en bas, toujours soupçonnée de paresse et de désobéissance, de sexisme et de racisme ; tolérance, compassion et impunité, au nom de leur « talent », pour les puissants, la jet set et les artistes de cour. L'actualité montre que la question des violences sexuelles suscite les doubles standards les plus hallucinants : ainsi, alors que pour les classes populaires on ne jure plus que par la « tolérance zéro », les « peines planchers », voire la « castration chimique des délinquants sexuels », Michèle Alliot-Marie estime, à propos de Frédéric Mitterrand, qu' « il faut permettre à chacun d'avoir fait des fautes, de s'en repentir et d'avoir toujours une deuxième chance » ! Dans ce contexte, il nous a semblé particulièrement utile de publier l'article consacré par l'essayiste étasunienne Katha Pollitt à l'effrayante mobilisation des « ami-e-s » de Polanski. Traduit par Nellie Dupont, il est reproduit ici avec l'autorisation de l'auteure.

Si un violeur échappe à la justice assez longtemps, le monde doit-il lui donner les moyens de ne pas passer par la case prison ? Si vous êtes le célèbre réalisateur Roman Polanski, beaucoup de gens talentueux et très connus vous répondront que oui. En 1977 à Los Angeles, après avoir drogué et violé une jeune fille de 13 ans en la sodomisant, Polanski avait plaidé coupable d'un crime requalifié en « relations sexuelles avec mineur » pour fuir en Europe juste avant que la peine ne soit prononcée.

Aujourd'hui, 32 ans plus tard, il vient d'être arrêté en Suisse alors qu'il se rendait au Festival du film de Zurich, et cela suscite l'indignation d'une communauté de célébrités internationales telles que : Salman Rushdie, Milan Kundera, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Woody Allen (on ne ricane pas au fond), Isabelle Huppert, Diane de Furstenberg, et beaucoup, beaucoup d'autres. Bernard Henri-Lévy, qui a joué un rôle essentiel dans l'organisation de ce comité de soutien, a déclaré que Polanski avait « peut-être commis une erreur de jeunesse » (il avait 43 ans au moment des faits).

Arborant un badge rouge sur lequel on pouvait lire « Libérez Polanski », Debra Winger, présidente du jury du Festival de Zurich, qualifia l'action des autorités suisses de « complot philistin ». Frédéric Mitterand, le ministre français de la Culture et de la Communication, déclara que l'arrestation « montrait le visage d'une Amérique qui nous fait peur » et présenta Polanski comme « jeté en pâture pour une histoire ancienne ». Le ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins sans Frontières, déclara l'affaire « sinistre ».

Plus près de chez nous, Whoopi Goldberg expliqua dans The View que son crime n'était pas à proprement parlé du « viol-viol » mais, juste, vous savez, un viol. Ah, ça ! L'éditorialiste Anne Applebaum minimisa le crime dans le Washington Post. D'abord, elle ne prend pas en compte les véritables circonstances du crime (les drogues, le non consentement, la sodomie, etc), mais ensuite elle affirme qu' « il n'y aucune preuve que Polanski connaissait vraiment son âge ». Dans le genre argument désespéré… Polanski, qui devait ensuite entretenir une liaison avec Nastassja Kinski alors âgée de 15 ans, a pourtant ouvertement parlé de son penchant pour les très jeunes filles.

Le rédacteur en chef du Nation Katrina vanden Heuvel, qui d'abord admit avec surprise sur Twitter être d'accord avec Applebaum, a revu sa position : « Je renie mon soutien à Applebaum. Je pense que Polanski ne devrait pas bénéficier d'un traitement de faveur. La question qui se pose à présent est de savoir ce qui doit être fait pour que la justice soit rendue au mieux. Doit-il rentrer pour purger sa peine ? Y a-t-il d'autres moyens envisageables ? En même temps, je pense que les erreurs de procédures invoquées par la défense doivent être prises en compte dans cette affaire ».

Dans une contribution au New York Times, l'écrivain de pacotille Robert Harris rendit hommage à son grand ami Polanski, qui vient juste de terminer le tournage d'une adaptation d'un de ses romans : « Son passé ne m'intéresse pas. » Ceci nous en dit long sur ce que pense Harris des crimes sexuels, mais en quoi est-ce un argument dans l'affaire Polanski ?

Y'a un truc que je ne saisis tout simplement pas. Je comprends que Polanski a connu bien des tragédies au cours de sa vie, qu'il a fait des films magnifiques, qu'il a 76 ans, qu'un documentaire de 2008 a semé le doute quant à l'impartialité du juge (voyez en revanche l'article de Bill Wyman dans Salon, pour une convaincante mise au point sur cette affaire). Je comprends aussi que sa victime, qui a maintenant 44 ans, dit qu'elle a pardonné Polanski et voudrait que l'affaire soit classée parce qu'à chaque fois qu'elle refait surface, elle est à nouveau traînée dans la boue. Et c'est sans doute ce qui est en train de se passer en ce moment.

Dans le Huffington Post, une expatriée, admiratrice de Polanski, Joan Z. Shore (qui se présente comme co-fondatrice d'une organisation féministe belge pour l'égalité) écrit : « C'est la mère de la jeune mannequin de 13 ans "séduite" par Polanski qui avait poussé sa fille dans les bras du réalisateur parce qu'elle voulait qu'elle fasse une carrière dans le cinéma. La fille allait fêter son 14e anniversaire quelques semaines plus tard, elle n'était donc pas très loin de l'âge la majorité sexuelle fixée à 14 ans en Californie. (A présent ça doit même être 13 !) » Sauf qu'en fait, en 1977, en Californie, la majorité sexuelle était fixée à 16 ans. Aujourd'hui, elle est fixée à 18 ans sauf dans le cas où le partenaire n'a pas trois ans de plus. Pourtant, on retrouve l'argument de Shore (selon lequel Polanski fut la victime d'une nymphette et des manœuvres de sa mère) partout sur internet.

Les faits : Ce qui s'est passé n'est pas juste une vague et sordide affaire de cul dans laquelle deux versions s'affrontent. Un homme de 43 ans s'est débrouillé pour se retrouver seul avec une jeune fille de 13 ans, la faire boire, lui a fait prendre des sédatifs puissants, et après avoir vérifié où elle en était avec ses règles, l'a violée en la sodomisant, à deux reprises, alors qu'elle protestait ; elle s'est finalement laissée faire comme elle l'a dit devant un grand jury « parce que j'avais peur. » Ces faits sont avérés, ils ne sont contestés que par Polanski qui a cherché à dédramatiser plusieurs fois. On lui a permis de plaider coupable pour des faits requalifiés en délit, comme c'est le cas pour beaucoup de violeurs, pour éviter à la victime le traumatisme d'un procès et sa médiatisation. Mais cela ne doit pas pour autant nous laisser croire qu'il ne s'agissait que d'une affaire de libertinage. La victime mit des années à s'en remettre.

Les faits : En février 2008, le juge de la Cour supérieure de Los Angeles, Peter Espinosa reconnut à Polanski le droit de contester le jugement. Pour cela il doit tout simplement revenir aux Etats-Unis et se soumettre à la procédure. En quoi est-ce injuste ? S'il n'était pas ce réalisateur connu de part le monde et entouré d'une pléthore d'amis influents, mais un criminel sexuel lambda, penserait-on que c'est trop lui demander que de se soumettre à la procédure comme n'importe qui ?

C'est vraiment rageant de voir des superstars littéraires qui n'arrêtent pas de parler de dignité humaine, de droits humains et même de droits des femmes (surtout quand celles-ci sont Musulmanes) qui, ou bien ne considèrent pas que ce que Polanski a fait soit un viol, ou s'en moquent parce qu'après tout, il s'agit de Polanski : un artiste comme eux. Que des personnes qui le soutiennent soient des femmes est encore plus décevant.

Ne voient-elles pas qu'elles acceptent des arguments qui accusent la victime, minimisent le viol, et même, tirés par les cheveux, servent à exonérer le coupable. Une erreur de jeunesse, une mauvaise appréciation de l'âge de la jeune fille, une petite salope, une mère calculatrice, est-ce à ce genre de choses là qu'on doit penser quand des hommes s'attaquent à des gamines de collège ?

Le large soutien qu'a reçu Polanski nous donne à voir une élite culturelle bien-pensante sous son pire jour : pleine d'auto-suffisance et de bêtise. Ils font peut-être de grands films, écrivent de grands livres, créent de très beaux objets, ont sans doute de grandes idées humanistes et se soucient certainement de toutes les grandes causes justes (comme l'égalité devant la loi). Mais en l'occurrence, ils ne sont que le pendant blanc et cultivé des fans de R. Kelly [1] et Chris Brown [2] et autres supporters sportifs qui soutiennent d'emblée leurs athlètes préférés dès qu'ils sont accusés d'avoir frappé leur femme ou d'avoir violé des employées d'hôtel.

Pas étonnant que l'Américain moyen les déteste.

L'article original a été publié aux Etats-Unis dans The Nation (01/10/2009).

[1] En 2002, une bande vidéo montre le chanteur de R'nB, R. Kelly ayant des rapports sexuels avec une jeune fille de 14 ans. Il plaidera non coupable. Il sera finalement acquitté en 2008. NdlaT.

[2] Chris Brown, chanteur de R'nB et de Hip Hop, s'est excusé publiquement d'avoir battu sa compagne la chanteuse Rihanna. NdlaT.

09-11-2009, 17:18:31 Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique

06-11-2009
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Sent: Tuesday, October 20, 2009 12:57 PM
Subject: A propos du mur de Berlin

En 1961, les communistes de Berlin-Est avaient construit un mur afin d'empêcher leurs concitoyens opprimés (???) de s'évader vers Berlin-Ouest et la liberté. Pourquoi ? Parce que les rouges n'aiment pas que les gens soient libres, ni qu'ils sachent la « vérité ». Quelle autre raison y aurait-il eu ?

D'ici quelques semaines, on peut s'attendre à ce que bien des médias occidentaux fassent tourner leurs moulins à propagande pour commémorer le 20e anniversaire de la démolition du mur de Berlin (9 novembre 1989). Ils vont nous ressortir toutes les resucées de la guerre froide sur le monde libre opposé à la tyrannie communiste et nous narreront une fois de plus l'histoire simpliste de la façon dont le mur a vu le jour.
Tout d'abord, avant le mur, des milliers d'Allemands de l'Est avaient fait quotidiennement la navette vers l'Ouest pour travailler et, le soir, ils retournaient à l'Est. Par conséquent, on ne les retenait aucunement à l'Est contre leur gré. Le mur fut construit avant tout pour deux raisons :
1. L'Occident diabolisait l'Est par le biais d'une vigoureuse campagne de recrutement d'hommes de métier et de travailleurs hautement qualifiés de l'Allemagne de l'Est, lesquels avaient été formés aux frais du gouvernement communiste. Cela se traduisit finalement à l'Est par une grave crise de main-d'œuvre et de production. En guise d'indication, le New York Times écrivait en 1963 : « À cause du mur, Berlin-Ouest a souffert économiquement de la perte d'environ 60.000 travailleurs qualifiés qui, chaque jour, quittaient leur domicile de Berlin-Est pour se rendre au travail à Berlin-Ouest. »[1]
2. Dans les années 1950, les hommes de la guerre froide en Allemagne de l'Ouest lancèrent une violente campagne de sabotage et de subversion contre l'Allemagne de l'Est en vue d'enrayer au maximum l'appareil économique et administratif de ce pays. La CIA et d'autres services de renseignement et de l'armée recrutèrent, équipèrent, entraînèrent et financèrent des groupes d'activistes et des individus de nationalité allemande, de l'Ouest comme de l'Est, pour qu'ils mènent des actions en tous genres, allant du terrorisme à la délinquance juvénile, en bref, tout ce qui pouvait rendre la vie pénible aux citoyens est-allemands et miner leur soutien au gouvernement ou donner la plus mauvaise image qui soit aux communistes.
Ce fut une remarquable entreprise. Les États-Unis et leurs agents recouraient aux explosifs, provoquaient des incendies, des courts-circuits et usaient d'autres méthodes encore pour endommager centrales électriques, chantiers navals, canaux, docks, bâtiments publics, gazomètres, transports en commun, ponts, etc. Ils faisaient dérailler des trains de marchandises, blessant gravement des travailleurs ; un jour, ils incendièrent douze wagons d'un autre train de marchandises. Ils détruisaient des stations d'air liquide ou autres ; se servaient d'acides pour endommager les machines vitales de certaines usines, jetaient du sable dans la turbine d'une autre, la forçant à l'arrêt. Ils mirent le feu à une tuilerie. Ils encourageaient le ralentissement des cadences dans des ateliers. Ils tuèrent par le poison 7.000 vaches d'une laiterie coopérative. Ils ajoutaient du savon au lait en poudre destiné aux écoles est-allemandes. Quand on les arrêta, ils étaient en possession d'une quantité importante de cantharidine, à l'aide de laquelle ils avaient l'intention d'empoisonner des cigarettes destinées à tuer des Allemands de premier plan. Ou encore ils déclenchaient des bombes puantes pour semer la pagaille dans des meetings politiques. Un jour, ils tentèrent de perturber le Festival mondial de la jeunesse à Berlin-Est en envoyant de fausses invitations, de fausses promesses de gratuité du gîte et du couvert, de faux avis d'annulation, etc. Ils agressèrent même des participants au festival à l'explosif, à la bombe incendiaire ou en recourant à des dispositifs pour crever les pneus de voitures. Ils fabriquaient et distribuaient de fausses cartes de ravitaillement en vue de créer la confusion, de provoquer des pénuries et ainsi le mécontentement de la population. Ils envoyaient de faux avis de taxation et autres directives et documents de l'État pour stimuler la désorganisation et la foire d'empoigne dans l'industrie et les syndicats… Et la liste est loin d'être terminée. [2]
Tout au long des années 1950, les Allemands de l'Est et l'Union soviétique introduisirent un nombre incalculable de plaintes auprès des anciens alliés occidentaux de l'URSS ainsi qu'auprès des Nations unies à propos d'actes spécifiques de sabotage et d'activités d'espionnage ; ils réclamèrent également la fermeture des bureaux en Allemagne de l'Ouest qu'ils tenaient pour responsables, en fournissant même des noms et des adresses. Toutes ces plaintes furent lettres mortes. Inévitablement, les Allemands de l'Est se mirent à resserrer de plus en plus les entrées dans le pays à partir de l'Ouest.
N'oublions pas que l'Europe de l'Est est devenue communiste parce que, avec l'approbation de l'Occident, Hitler l'utilisa comme une autoroute pour atteindre l'Union soviétique et balayer à jamais le bolchevisme. Après la guerre, les Soviétiques furent bien décidés à fermer cette autoroute.
En 1999, la revue américaine USA Today écrivait : « Quand le mur de Berlin s'est écroulé, les Allemands de l'Est ont imaginé une vie de liberté où les biens de consommation étaient abondants et où les épreuves allaient disparaître. Dix ans plus tard, chose remarquable, 51 % d'entre eux disent qu'ils étaient plus heureux sous le communisme. » [3]
C'est à peu près au même moment qu'un nouveau proverbe russe vit le jour : « Tout ce que les communistes ont dit du communisme était mensonger, mais tout ce qu'ils ont dit du capitalisme s'est avéré exact. »
Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action
Source : Killing Hope
Notes
1- New York Times, June 27, 1963, p.12 2- See Killing Hope, p.400, note 8, for a list of sources for the details of the sabotage and subversion 3- USA Today, October 11, 1999, p.1 ↩1-

06-11-2009, 15:55:06 Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique

03-11-2009
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...02/11/09: EURONEWS a lâché la phrase ...
EURONEWS a lâché la phrase ...
 
La propaganda des médias capitalistes va de plus en plus loin dans la campagne anti-communiste de plus en plus orchestrée.
 
Le 20e anniversaire de la "chute du mur" (comprenez l' Anschluss de la R.D.A) en est une nouvelle occasion.
 
Ce mardi, 03 novembre 2009, EURONEWS la chaîne télévisée de l' Euro-dictature capitaliste se livre à une interview du général  JARUZELSKI, apparemment reconverti lui aussi, puisqu'il se livre à une espèce de mea-culpa télévisé. C' est d'ailleurs pour cette raison et dans cet esprit que la chaîne l'interroge.
 
Mais la chaîne va plus loin. En préambule, elle explique que le général est inculpé en Pologne pour "crimes COMMUNISTES"...
 
Les boches parlaient des terroristes communistes.
 
Dans 20 ans, nos "démocrates", en peaux de lapin" parleront des criminels communistes...
 
Pour nos propagandistes de la pensée unique, les archives de la Stasi parlent... La Stasi avaient paraît-il 180.000 collaborateurs. Elles contiendraient 38 millions de dossiers.
 
Rappelons quand même qu' avant la "chute du mur", la propaganda occidentale affirmait sans rire qu' un Allemand de l' Est sur quatre travaillait pour la Stasi. La Rda avait quelque 18 millions d' âmes (On ne nous dit pas si les 38 millions de fichés ont fini ou non au goulag  ...).
 
Toutes les polices politiques du monde (y compris dans nos "démocraties" ont établi des fichiers), y compris en Belgique (Camille Huysmans avait aussi son dossier), et aux Usa qui ont connu la période oubliée du McCarthysme. La Rfa a connu les interdits professionnels et l'interdiction du Parti communiste d' Allemagne (sans doute parce qu'il fut là aussi à la tête de l'opposition anti-nazie ??? C' est pour enfermer en premier les communistes que l' Allemagne nazie ET CAPITALISTE a créé ses premiers camps de concentration et les Allemands, y compris ceux de l' Est, ont à une certaine époque assassiné plus de 20 millions de civiles soviétiques et des millions d' autres dans les autres pays envahis) .
 
La Belgique actuellement compte un flic en uniforme au km2. En Grande-Bretagne, il y a une caméra de surveillance pour 12 habitants. Dans toute l'Euro-dictature capitaliste, nos "démocrates" ne cessent de renforcer la répression et les forces de répression au service de l'ordre capitaliste.
 
Il y a plus d' emprisonnés aux Usa que dans l' ensemble des prisons du reste du monde... Les murs du camp de concentration ricain de Guantanamo comptent toujours des gens kidnappés dans leur pays depuis des années, enfermés sans inculpation, sans procès, sans condamnation, à l' abri des yeux et des oreilles du monde. La tâche est tellement immonde que même Obama n' arrive pas à s'en débarrasser sans l' aide de ses alliés complices européens... Les kidnappés en route pour de Guantanamo ont d' ailleurs transité en secret dans des aéroports de l' Euro-dictature...
 
En nous n' en sommes qu'au début. Les Robocops hantent les rues de Bruxelles et d' ailleurs ... dans l' entièreté du "Monde libre" en lutte contre le "terrorisme" des autres qu'il a créé, engendré par toutes ses interventions, ses injustices, son colonialisme, ses agressions, ses exploitations, ses pillages ... 
 
Où en seraient donc nos prétendues "démocraties" occidentales, s'il n'y avaient pas eu les communistes, l'Urss, Stalingrad et ... Staline, pour participer à leur sauvetage à une certaine époque ??? Au service de qui travailleraient aujourd'hui la plupart de nos braves chercheurs, historiens, analystes, journalistes, spécialistes de la propaganda ??? La guerre d'Hitler, Horthy, Mussolini, Franco, Salazar, Pinochet,...  continue avec l' aide de ses nouveaux Kollabos, complices et de tas de renégats ...
 
RoRo

03-11-2009, 13:08:44 Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique

......
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