21/01/2006

14/01/2006: On en a assez de ses excuses : Blair doit être mis en accusation à propos de l’Irak

 
----- Original Message -----
Sent: Saturday, January 14, 2006 12:01 PM
Subject: Rose vs Blair

 

Blair doit être mis en accusation !


On en a assez de ses excuses : Blair doit être mis en accusation à propos de l’Irak


La seule façon pour le Parlement de regagner la confiance des électeurs mécontents est d’admettre qu’il a eu tort d’appuyer la guerre

 

Par le général Michael Rose

12 jan 05

The Guardian

 

Les guerres sont remportées lorsque le peuple, le gouvernement et l’armée œuvrent ensemble à une cause commune en laquelle tous croient vraiment. Alors qu’au début, les citoyens peuvent douter d’une intervention militaire, les hommes politiques seront souvent ses défenseurs les plus chauds, aveuglés qu’ils sont par les impératifs de leurs vues politiques. Ce seront invariablement les commandants militaires qui seront les plus circonspects à propos du recours à la force car ils comprennent mieux que la plupart des gens les conséquences d’un engagement dans une guerre.

 

Bien que, dans une véritable démocratie, ils doivent demeurer subordonnés à leurs maîtres politiques, il y va manifestement de leur responsabilité de faire remarquer quand les stratégies politiques sont boiteuses ou encadrées de façon inadéquate. Puisqu’ils pourraient également avoir à demander à leurs hommes de faire le sacrifice de leur vie, ils doivent être assurés qu’une guerre est juste, légale et qu’elle constitue le dernier recours dont on dispose. Pourtant, voici trois ans, ce pays a été conduit d’une façon ou d’une autre à la guerre contre l’Irak par son Premier ministre, alors que très peu des conditions pour ce faire, voire pas du tout, avaient été réunies.


Plus grave encore : Jamais Tony Blair n’a donné une justification suffisante et claire de la guerre contre l’Irak car les informations qu’il a présentées ont toujours été lapidaires et inconsistantes, et c’est passablement embarrassant. De plus, sa déclaration sans équivoque à la Chambre des Communes, disant que Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive (ADM) pouvant être utilisées dans les 45 minutes, a été faite sans avoir été correctement validée, car il fut décidé à Washington et à Londres de lancer très tôt l’invasion de l’Irak, sur base des preuves bancales alors disponibles. La chose fut faite sans demander aux inspecteurs en armements de l’ONU, qui se trouvaient en fait sur place en Irak, de vérifier cette affirmation. En fin de compte, comme s’en doutaient les inspecteurs et comme nous le savons tous aujourd’hui, il se fait que ces armes n’existaient pas. La Grande-Bretagne avait été entraînée dans une guerre sous de faux prétextes. Cette guerre allait déclencher d’indicibles souffrances pour le peuple irakien et occasionner de graves torts aux perspectives occidentales dans la guerre à plus grande échelle contre le terrorisme mondial.


Néanmoins, aujourd’hui, le Premier ministre cherche à persuader le monde que cette guerre était justifiable parce que Saddam Hussein a été renversé et qu’il existe aujourd’hui en Irak un mince espoir de démocratie. Les élections irakiennes constituent une réalisation louable des forces de la coalition. Mais il convient de rappeler que, jadis, des élections générales s’étaient tenues en Irak et que, moins de deux ans plus tard, le pays était déjà passé sous un pouvoir militaire. Sans sécurité adéquate et sans les institutions démocratiques nécessaires en place, il n’y a absolument pas de garanties à long terme pour la durabilité de la démocratie.


Avant l’invasion, le changement de régime ne fut jamais cité comme une raison de partir en guerre. En effet, M. Blair insista sur le fait que le changement de régime n’était ni ne pourrait jamais être une raison de partir en guerre. Si une telle justification avait été pleinement débattue au parlement, il est extrêmement peu probable que le soutien politique nécessaire aurait été accordé. Ce fut l’apparent besoin de nous défendre contre une menace sévère – si vivement décrite par M. Blair aux Communes – qui, finalement, remporta la discussion politique.


Durant tout le battage en vue de la guerre, une grande partie de l’électorat de ce pays s’est fortement opposée à la décision d’invasion. Les gens ont vu ignorer leurs desiderata politiques pour des raisons qui, aujourd’hui, s’avèrent fausses. Mais il n’y a pas eu de tentative au parlement d’interpeller M. Blair personnellement pour qu’il s’explique sur ce qui allait se révéler comme une bévue d’une énorme importance stratégique. Il ne faut pas d’étonner, dès lors, que tant d’électeurs de ce pays aient tourné le dos à un système démocratique qu’ils considèrent comme si peu crédible et tellement irresponsable.


Une façon évidente de motiver à nouveau ces électeurs mécontents serait, pour le parlement, d’admettre qu’il a soutenu la guerre à tort – mais uniquement parce qu’il a cru ce que M. Blair lui avait dit. Maintenant qu’il est clair que le parlement a été induit en erreur par M. Blair, soit sciemment, soit involontairement, ce même parlement devrait également exiger de lui une explication détaillée des raisons pour lesquelles il est parti en guerre. Il ne suffit pas que M. Blair s’excuse en disant qu’il a agi de bonne foi et que ses décisions reposaient sur les renseignements qu’on lui avait fournis. Car il est manifestement de la responsabilité des gens occupant sa situation de vérifier ses renseignements. Aucune information ne peut jamais être considérée uniquement sur ce qu’elle dit. C’est une négligence, en effet, d’agir de la sorte.


Le parlement devrait par conséquent s’assurer à quel point le Premier ministre a évalué les renseignements concernant les ADM et comment il a estimé la fiabilité des nombreuses sources qui lui ont fourni ces mêmes renseignements. Il devrait lui demander quelles confirmations il a obtenues de sa déclaration spécifique sur les ADM – et pourquoi on n’a pas utilisé davantage les inspecteurs de l’ONU sur place en Irak afin de tester la validité de cette affirmation. Il devrait s’enquérir à quel point il n’a pas tenu compte de la masse de renseignements en provenance du Congrès national irakien – un corps qui avait un intérêt certain à écarter Saddam du pouvoir. La liste des questions possibles est énorme et pourrait sans aucun doute s’agrandir de façon utile au cours de n’importe quelle audition.


M. Blair est un avocat capable qui devrait profiter de l’occasion pour donner sa version de l’affaire. Personne ne peut annuler la décision d’aller en guerre. Mais la mise en accusation de M. Blair est aujourd’hui une chose qui, je crois, doit avoir lieu si nous voulons raviver l’intérêt pour le processus démocratique.


· Le général Sir Michael Rose a été adjudant général de l’armée britannique et commandant de la force de protection de l’ONU en Bosnie.


comment@guardian.co.uk

Guardian Unlimited © Guardian Newspapers Limited 2006

Traduit de l' anglais

par notre ami Jean-Marie FLEMAL

avec tous mes remerciements.

RoRo

19:40 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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