28/01/2006

27/01/2006: Un autre son de cloche

 
----- Original Message -----
Sent: Friday, January 27, 2006 4:03 PM
Subject: Un autre son de cloche

Bonjour à tous,
 
Voici un article traduit de Haaretz sur la victoire du Hamas.
A votre appréciation...
 
JMF
 
 
OOO
 

Le quotidien Haaretz à propos de la victoire du Hamas

 

Présentation du Hamas – le nouveau Likoud !

 

par Bradley Burston

 

Nous vous présentons… l’im-pen-sa-ble !!!

Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous présenter… le Hamas – le nouveau Likoud.

Et nous voilà revenus en 1977, peuple d’Israël... Une fois encore, tout ce que nous savions s’avère erroné.

Vous avez déjà entendu ça quelque part? Le parti au pouvoir, le seul parti à avoir jamais détenu le pouvoir, le parti qui a fait un peuple, s’est montré corrompu jusqu’à la moelle. Depuis longtemps, il ne répond pas aux besoins sociaux les plus flagrants. Il s’est avéré incapable de faire la paix. Il est inefficace et incompétent quand il s’agit d’apporter la sécurité à son propre peuple.


Il n’y a pas de fin au copinage et au népotisme, à l’inégalité économique, aux pots-de-vin, aux attitudes bornées, à la mise en place stérile d’institutions qui se recoupent et profondément antidémocratiques. 


Puis, un jour, les électeurs qui ont avalé tout ça et en ont souffert durant des décennies, se révoltent. Du jour au lendemain, un système monopartite virtuel est renversé par l’éclatante victoire d’un rival dynamique, propre, allégé, un mouvement longuement évité pour son passé violent et ses positions inflexibles et maximalistes concernant ceux qui devraient y posséder la totalité de la Terre Sainte.


Si le théâtre de l’histoire est souvent éclairé par l’ironie, l’imminence de l’implosion de Likoud et la montée du Hamas peuvent contenir des leçons qui nous seront profitables et qui le seront également pour le Hamas, d’ailleurs.

En 1977, le Likoud de Menahem Begin et de Yitzhak Shamir était conspué à l’étranger – et par la gauche en Israël même – comme étant un groupe dirigé par des seigneurs de guerre terroristes, un mouvement ayant des racines dans des escadrons armés engagés dans des bombardements et des massacres de sang-froid.

On le considérait – à tort – comme inexpérimenté en tout, sauf dans l’opposition. Il était perçu – de façon ingénue, par la gauche – comme n’étant guère plus qu’une excroissance de l’Irgoun et du Lehi, héritiers de Deir Yassin, implacable dans son opposition à vouloir partager ou céder des terres.


Ce fut le 17 mai 1977 que le Likoud de Begin vainquit le Parti travailliste. Exactement six mois et deux jours plus tard, le premier dirigeant d’une nation arabe à poser officiellement le pied sur le territoire israélien – un homme qui avait ordinné à ses armées d’attaquer Israël le jour du Yom Kippour – serrait la main de Begin et se rendait avec lui à Jérusalem, où il allait prendre la parole à la Knesset dès le lendemain.


C’est le Likoud qui allait monnayer la restitution de chaque centimètre carré du désert du Sinaï – 89 pour 100 de tous les territoires annexés durant la guerre de 1967 – e,n échange d’un traité de paix avec l’Egypte.


C’est le Likoud, dans ce qui allait effectivement être sa dernière, sans doute suicidaire, en tant que parti politique, qui allait remodeler la nature du discours politique d’Israël en quittant unilatéralement la bande de Gaza.


Même si Anouar el-Sadate était destiné à devenir un shahid [martyr, NdT] de la paix, son voyage à Jérusalem suggère un concept plus large : si à la fois Israël et son ennemi arabe peuvent prétendre à la victoire au cours d’une même guerre, ils peuvent tous deux être à même également de prétendre à une certaine forme de paix.

Des analystes à l’étranger ont qualifié la victoire du Hamas, cette semaine, de “fin de l’unilatéralisme”. En fait, ce pourrait être son commencement, précisément.


Quoi qu’il en soit, qu’Israël se retire encore un peu plus ou pas de la Cisjordanie, dépendra pour une part importante de ce à quoi le Hamas réservera ses armes. S’il s’en sert pour attaquer Israël, aucun gouvernement de Jérusalem ne sera à même de suggérer la poursuite d’un retrait. Mais si ses fusils sont destinés à maintenir l’ordre et à faire respecter une trêve, un retrait pourrait très bien s’opérer et le Hamas serait en mesure de revendiquer une victoire de plus. 


En outre, si le calme se maintient, Israël sera en mesure de prétendre lui aussi à une nouvelle victoire.


Mais quelle est la probabilité d’un tel scénario ? À quel point notre réalité présente est-elle susceptible de suivre un scénario ?


En une vingtaine de jours à peine, Israël et la Palestine ont vécu la fin de leur génération fondatrice, une génération qui semblait capable de nous enterrer tous.


Les voies de Dieu sont impénétrables. Abandonnés à nos propres choix, à nos attentes fossilisées, à notre mauvaise volonté de croire en un avenir meilleur, nous refaisons chaque fois de Son œuvre un gâchis.


Merci, Dieu, de ce que nous ayons pu nous tromper à ce point.

 

Traduit de l' anglais

par notre ami Jean-Marie FLEMAL

Avec tous mes remerciements.

RoRo

13:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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