01/02/2006

30/01/2006: LA FRANCE, LE MONDE, LA BOMBE ET CHIRAC

 
----- Original Message -----
From: Combat
Sent: Monday, January 30, 2006 11:22 AM
Subject: sup Combat

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LA FRANCE, LE MONDE, LA BOMBE ET CHIRAC

 

Pas d’indépendance nationale sans défense nationale. Et dans le monde actuel l’arme nucléaire est la seule qui puisse dissuader d’agression un adversaire. C’est aussi un facteur incontournable de la politique. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, Etats-Unis, Bretagne, Chine, URSS, France, sont des puissances nucléaires. En même temps, il faut débarrasser l’humanité de cette terrible épée de Damoclès suspendue sur les peuples. Le PCF, dans son débat avec le PS sur le Programme commun (*) condamnait la course aux armements nucléaires, tout en se prononçant pour la maintenance de cette arme au niveau défini par les seules exigences de la sécurité et de l’indépendance du pays et dans la perspective d’une stratégie tous azimuts de dissuasion stricte. (rapport de Kanapa du 11 mai 1977). Dans le même document, le PCF s’opposait à l’insertion de la France dans la stratégie atlantique et refusait de laisser la décision d’utiliser la bombe au seul Président de la République. Ces principes furent inclus dans le programme réactualisé de 1978 qui insistait sur la nécessité d’initiatives en faveur d’une conférence mondiale visant à l’arrêt de la course aux armements et d’un désarmement nucléaire universel.

Certes trente ans on passé, Mais ces principes restent fondamentaux

Or, Chirac, depuis la base navale de l’île Longue, révélé à la nation, le 19 janvier dernier, sa stratégie nucléaire élaborée hors de toute consultation démocratique du peuple et du Parlement,.

Le propos est d’importance : il met fin au rôle défensif « dissuasif et tous azimuts », Il lui substitue une stratégie, interventionniste, voire agressive pour « défendre les intérêts vitaux de la France, la garantie de ses approvisionnements stratégiques, la défense des pays alliés. Observons que ces arguments sont d’autant plus dangereux qu’ils ne sont pas définis. Ils auraient pu justifier hier, par exemple, le bombardement nucléaire de l’Irak ! Chirac, prenant le contre-pied de la doctrine gaullienne, agite la menace atomique sur les peuples des puissances régionales traitées en mineures tout en faisant silence sur celles qui ont déjà la bombe : Israël, le Pakistan entre autres. C’est une incitation pour celles qui en sont démunies à confier leur sécurité à un Etat étranger, la France, mais aussi, en cas de refus de ce protectorat, un encouragement de fait à se pourvoir de cette arme qui apparaît comme un garant de l’indépendance nationale.

Cette conception est marquée d’une conception impérialiste des relations internationales. De multiples prétextes d’interventions sont réunis que le concept de dissuasion écartait. L’offre aux pays « amis » du « parapluie atomique français » est un acte d’hégémonie (imité des Etats-Unis) qui n’a rencontré dans le monde aucun écho favorable et qui isole notre pays sur la scène internationale.

Le contexte géopolitique a changé depuis le traité de non prolifération des armes nucléaires de 1968 qui limitait à cinq les Etats détenteurs « autorisé » de l’arme atomique Ce traité fut reconduit pour 25 ans en 1995 en y intégrant la perspective d’un désarmement général et complet qui est restée lettre morte en dépit de la fin de la guerre froide. Aucune grande puissance ne s’est préoccupée de l’inscrire dans les faits.

 La bombe thermonucléaire est inadéquate contre l’axe du mal cher à Bush et contre le terrorisme diffus. Elle est devenue une menace d’agression, non de dissuasion et les Etats-Unis en font un fondement de leur hégémonie mondiale. Cependant la possession de la bombe reste, pour un Etat, un argument majeur pour se faire écouter notamment des USA. Le dialogue en cas de crise n’est pas le même entre celui qui possède cette arme et son interlocuteur qui n’en dispose pas.

D’autre part, l’arme atomique, du point de vue des missions de l’armée françaises est contestée en France par des militaires eux-mêmes. Enfin cette arme est de plus en plus onéreuse (3 milliards d’euros par an, en hausse de 5,5 % en crédits de paiement et de 13, 4 % en crédits d’engagement pour le budget 2006).

Une puissance nucléaire renonce difficilement à ce statut de domination, mais d’autre part comment refuser à des « puissances régionales » une arme que d’autres puissances (parfois régionales, elles aussi) et considérées comme potentiellement ennemies possèdent ? Comment interdire à d’autres ce qu’on a fait soi-même ? (Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais…) Comment renoncer à une arme qui est un puissant moyen de pression politique ? Pourtant le terrible danger de l’hécatombe atomique croît avec la « dissémination » et la banalisation de l’arme nucléaire. Il est irresponsable de n’en pas avoir conscience. La sagesse est de proscrire partout et pour tous cette arme comme l’envisageait le traité de 1995.

Cependant la France ne peut désarmer de façon unilatérale tant que la bombe n’est pas mise hors la loi internationale et que l’OTAN, organisation nucléaire, étend son emprise, Elle y perdrait une part de son influence mais son audience s’accroîtrait si elle prenait la tête d’un mouvement mondial contre l’abomination nucléaire. Certes ce serait un dur combat qui nécessiterait l’intervention massive des nations et des peuples. Eux seuls, par leur mobilisation opiniâtre peuvent obtenir la destruction de cette arme de destruction massive.

De tels problèmes doivent être débattu au Parlement et dans le pays : Quelle défense nationale ? Quels moyens ? Quel rôle stratégique pour la bombe française ? Comment faire progresser la nécessité du désarmement nucléaire général et en même temps éviter la prolifération des Etats qui la possèdent. Il n’appartient pas à un monarque d’y répondre seul.

 

(*) Le PS était partisan du désarmement nucléaire de la France, ce qui revenait à placer notre pays sous le protectorat militaire des Etats-Unis et de la Grande Bretagne.

10:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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