29/03/2006

25/03/2006: GAZA affamée - envoyez des mails au Ministre des Affaires Etrangères

 
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Sent: Saturday, March 25, 2006 7:40 PM
Subject: GAZA affamée - envoyez des mails au Ministre des Affaires Etrangères

Bombardez  le ministère des Affaires Etrangères de mails (C'est ce que propose l'AFPS Nationale [voir le communiqué ci dessous : "Israël affame les Palestiniens"]) : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/rubrique.php3 ?id_r... (rubrique : Réaction à l'actualité internationale)
 
La crise humanitaire, alimentaire et sanitaire touche Gaza et la Cisjordanie.
Les Israéliens mettent en pratique la promesse d'Olmert : "nous allons mettre la Palestiniens à la diète", l'Europe et les E-U une nouvelle fois complices d'Israël entérinent le blocage des fonds, l'arrêt des aides. Gageons qu'ils sauront donner, au fur et à mesure, quelques "aides et subsides" pour ne pas aller jusqu'à affamer la population de Gaza (les images seraient choquantes sur nos petits écrans !!!) En attendant ils mènent plusieurs millions de Palestiniens à la misère, des maladies disparues en Palestine refont leur apparition (la gale, mais aussi la tuberculose par exemple), des traitements contre le cancer sont interrompus faute de médicaments (l'hôpital de Naplouse lance des appels à l'aide depuis plusieurs semaines en vain)
(Reprise du message de Marc de Nord-Palestine reçu ce 25 mars)
 
Lire aussi ci-dessous :
- l'article d'Amira Hass " Un vote portant sur Gaza aussi", paru dans le journal israélien Ha'aretz (les israéliens ne pourront pas dire "Nous ne savions pas")
- l'article d'Erica Siverman "Affamer Gaza", paru dans Al Ahram
- et l'article de Colette Thomas "Gaza - l'UNRWA lance un cri d'alarme"
 
Pierre
 
Nota :
Rappel : Rassemblement pour la Journée de la Terre, samedi prochain 1er avril de 15h à 18h, Place Ampère - Lyon 2e - métro A -station Ampère/Victor Hugo 

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 Association France Palestine Solidarité

Paris, le 21 mars 2006

Israël affame les Palestiniens

 Il y a peu de temps, un responsable politique israélien, hilare, déclarait avec le cynisme des dominants qu’Israël mettrait les Palestiniens à la diète. C’est ce que l’on voit aujourd’hui particulièrement à Gaza.

De multiples sources, il se confirme qu’Israël franchit un degré supplémentaire particulièrement grave cherchant ni plus ni moins qu’à affamer la population.

Le gouvernement français est évidemment au courant de cette situation gravissime, relatée aussi par des dépêches de l’AFP. Mais que fait-il ?

Faut-il lui rappeler que l’accord d’association UE-Israël, dont le gouvernement français comme les autres gouvernements européens a refusé la suspension, fait obligation à Israël de respecter les droits humains ?

Faut-il en déduire que l’Union Européenne ainsi que le gouvernement français sont complices de la stratégie israélienne d’affamer la population ?

Il faut inonder de mails le Quai d’Orsay ! http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/rubrique.php3 ?id_r...

Et intervenir partout auprès des élus, des autorités, pour que cesse ce blocus !

Dans un communiqué, le PCHR, ONG palestinienne, déclare :

« Le PCHR appelle la communauté internationale, et particulièrement les Parties Contractantes de la Quatrième Convention de Genève de 1949, les agences des Nations Unies et les organisations humanitaires internationales à prendre de réelles mesures afin d’obliger les forces armées israéliennes à permettre la circulation immédiate de nourriture, spécialement de la farine et du lait, vers la Bande de Gaza à travers le point de passage de al-Mentar (Karni).

Le PCHR prévient aussi la communauté internationale des conséquences de la politique de punitions collectives pratiquée par l’armée israélienne contre la population civile palestinienne et qui a atteint un sommet avec l’interdiction d’envoi de blé, de farine et d’autres produits de base vers les marchés de la Bande de Gaza à la suite de la fermeture du point de passage d’al-Mentar ; cette politique précipite dans une crise alimentaire et de santé au moins 1,5 million de Palestiniens.

Le PCHR suit avec une profonde inquiétude la détérioration de la situation économique et sociale résultant du bouclage total imposé par l’armée israélienne sur les Territoires Palestiniens sous Occupation, et spécialement sur la Bande de Gaza. Le PCHR s’inquiète de la détérioration des conditions alimentaires et de santé pour la population civile palestinienne depuis que le pain et le lait ont disparu des marchés et magasins dans la Bande de Gaza, où beaucoup de boulangeries ont cessé le travail à la suite du manque de farine. Des centaines de Palestiniens ont été vus faisant de longues queues devant les boulangeries qui ont pu continuer à travailler en capacité réduite, afin d’acheter du pain pour leurs familles. Cette scène est sans précédant dans la Bande de Gaza.

Selon les informations dont dispose le PCHR, depuis le 14 janvier l’armée israélienne a fermé le point de passage d’al-Mentar pendant 47 jours de façon complète et 4 jours de façon partielle. Durant les fermetures partielles, les israéliens ont uniquement autorisé l’importation de produits alimentaires de base vers la Bande de Gaza. L’importation de matériel de construction, de médicaments et autres biens a été interdite.

En résultat de ce bouclage, les marchés locaux sont en rupture pour des produits alimentaires de base, spécialement le lait, la farine, le sucre, les produits frais dont les fruits. L’exportation de produits agricoles et industriels depuis la Bande de Gaza a également été interdite. Les fermiers Palestiniens et les négociants ont subi de lourdes pertes dues au bouclage des exportations de leurs produits saisonniers, comme les fraises, les fleurs, les tomates, les concombres et le poivre. Les projets de construction dans la Bande de Gaza ont été stoppés à la suite du manque de matériaux de base. »

Robert Kissous, AFPS

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Un vote portant sur Gaza aussi
publié le jeudi 23 mars 2006

Amira Hass

Tout ça pour habituer les habitants de Gaza, et aussi la communauté internationale, à l’idée qu’il serait peut-être rationnel d’orienter la production de Gaza, ses affaires et ses plans, vers le sud, vers l’Egypte qui ne pourra pas se tenir à l’écart quand environ 1,5 millions d’Arabes sont étranglés par le siège israélien.

Aux élections, les citoyens d’Israël ne voteront pas seulement pour eux ; la majorité des gens voteront pour des partis qui prendront des décisions intéressant non seulement leur vie pour les quatre années à venir mais encore - et comme au cours des 39 dernières années - qui décideront à la place des 3,5 millions de Palestiniens habitant les territoires occupés. Et le parti de la majorité composera un gouvernement qui fixera jusqu’aux plus petits détails de la vie des Palestiniens.

Car c’est l’essence même d’un pouvoir étranger : par son vote, un peuple autorise son gouvernement démocratique à agir en dictateur dans un territoire qu’il contrôle par la grâce de sa supériorité militaire et où vit un autre peuple qui se voit refuser le droit de participer au jeu démocratique.

Ces deux derniers mois, le dictateur que la population israélienne avait démocratiquement élu a décrété que les habitants de Gaza seraient mis « à la diète » sur l’avis donné au gouvernement par l’avocat Dov Weissglas immédiatement après la victoire du Hamas aux élections. Le Ministre de la Défense, Shaul Mofaz, a décidé que les habitants de Gaza mangeraient de moins en moins de produits frais et de produits laitiers, ensuite de moins en moins de riz, et bientôt plus non plus de pain.

Avec la fermeture prolongée du passage de Karni aux marchandises, Mofaz (représentant le gouvernement) ne s’est pas seulement mêlé des habitudes alimentaires des Palestiniens : il a aussi décidé de mettre en congé sans solde des dizaines de milliers de Palestiniens de Gaza : chauffeurs, commerçants, porteurs, ouvriers textiles, ouvriers agricoles, ouvriers du bâtiment et entrepreneurs, qui ne voient plus arriver les matières premières dont ils dépendent.

Dans le secteur du bâtiment, les travaux sont à l’arrêt et le nombre, de toute façon déjà élevé, de ceux qui ont besoin d’une assistance, croîtra. Les dommages en chaîne influenceront des dizaines de décisions prises dans chaque famille : éducation des enfants, soins médicaux, déplacements pour rendre visite à des proches, construction d’une chambre pour réduire le surpeuplement dans la maison.

C’est là une ingérence et une influence sur la vie quotidienne comme n’en a jamais eu aucun gouvernement palestinien élu - dirigé par le Hamas ou le Fatah.

A Karni, les services de la sécurité palestinienne ont creusé, sur ordre d’Israël, quatre tranchées d’une longueur totale d’un kilomètre et demi, sans trouver le tunnel qui a servi de prétexte à la fermeture du terminal de marchandises. Le jour où ont été saisis cinq kilos d’explosifs sur la route N°1, à bord d’un véhicule qui transportait des Palestiniens, les explications de nature sécuritaire sont plus que jamais ce qu’il faut de clair et de simple aux oreilles israéliennes.

De toute façon, depuis le désengagement, la version du gouvernement israélien selon laquelle « Gaza n’est plus un territoire occupé » et que dès lors, ce qui s’y passe n’est pas de sa responsabilité, est plus facile à retenir pour les Israéliens que toute explication selon laquelle le contrôle d’Israël sur la vie des Palestinien à Gaza n’a pas pris fin. Que Gaza n’est qu’une partie du territoire palestinien, que sa population, son économie et ses établissements de santé et d’enseignement sont liés à ceux de Cisjordanie, et que la communauté internationale a décidé que l’Etat palestinien serait établi sur ces deux parties, Gaza et Cisjordanie.

Mais l’électeur israélien dédaigne les décisions de la communauté internationale. Il a décidé, en fait, que Gaza « retournerait » à l’Egypte. Car telle est la signification logique de la fermeture prolongée du passage de Karni, après que le nombre de Palestiniens passant au barrage d’Erez ait déjà baissé. Même si ici ou là, des pressions internationales permettront l’entrée par le passage de Karni d’une aide « humanitaire » - comme s’il s’agissait d’une région frappée par une catastrophe naturelle - on peut s’attendre à ce que les élus israéliens le referme pour des « motifs sécuritaires ».

Tout ça pour habituer les habitants de Gaza, et aussi la communauté internationale, à l’idée qu’il serait peut-être rationnel d’orienter la production de Gaza, ses affaires et ses plans, vers le sud, vers l’Egypte qui ne pourra pas se tenir à l’écart quand environ 1,5 millions d’Arabes sont étranglés par le siège israélien.

Au fond, le vote de l’Israélien ne portera pas seulement sur le sort des Palestiniens, mais se mêlera aussi de la vie des Egyptiens.

Amira Hass, in Haaretz, 22 mars 2006

Traduction de l’hébreu : Michel Ghys

Version anglaise : www.haaretz.com/hasen/spages/697018.html

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Affamer Gaza

 Erica Siverman

publié le jeudi 23 mars 2006.

 « Ouvrez une autre file d’attente ! » exigent des jeunes gens en en frappant avec leurs poings sur la porte d’une boulangerie de la ville de Gaza dans la nuit de lundi, alors que les files d’attente pour le pain sont apparues dans toute la ville.

 

Entrepôt vide à Gaza - Photo Laila al-Haddad

Les boulangeries étaient en rupture d’approvisionnement pour le blé et la farine, et il était difficile de trouver du riz et du sucre, lesquels se vendent au double du prix habituel dans les magasins. La crise humanitaire à laquelle fait face la Bande de Gaza cette semaine, alors que le blé, les produits frais, les aliments pour bébé et d’autres produits viennent à manquer, n’a fait qu’empirer depuis deux semaines. Karni, le seul point de passage à vocation commerciale pour les importations et exportations à Gaza a ouvert pour moins de 40 minutes lundi après-midi après avoir été fermé pendant près de deux mois. Six camions transportant de la farine et du sucre ainsi que des chargements de pommes de terre et de coca-cola ont été autorisés à entrer, puis Israël a à nouveau fermé le point de passage.

Les fonctionnaires palestiniens déclarent que l’effondrement des livraisons de nourriture fait que l’on se situe largement en-dessous de ce qui est nécessaire pour nourrir 1,4 millions d’habitants, tandis que les fonctionnaires israéliens accusent l’Autorité Palestinienne (AP) d’être responsable du manque d’approvisionnement en nourriture. L’ambassadeur des USA en Israël, Richard Jones, a reçu les fonctionnaires palestiniens et israéliens dans sa résidence dimanche. Le premier ministre israélien par interim Ehud Olmert a cédé aux injonctions américaines et a été d’accord pour une réouverture limitée [de Karni]. Le négociateur palestinien en chef, Saeb Erekat a estimé que « c’est un exemple pratique du penchant israélien pour blâmer la victime. Il y a à peine quelques semaines, Dov Weissglas a ouvertement déclaré l’intention d’Israël d’imposer un régime à notre population déjà appauvrie. Nous espérons que l’actuel manque de pain dans la Bande de Gaza n’est pas la première phase de ce plan. »

L’armée israélienne affirme que la raison de la fermeture de Karni est la présence supposée de tunnels creusés par des militants de la résistance palestinienne et menant au point de passage. L’armée d’occupation menace de maintenir le point de traversée fermé jusqu’à ce que l’ AP creuse plusieurs fossés interceptant les tunnels. Les services de sécurité palestiniens ont creusé quatre fossés, faisant plus de 1,5 kilomètre de longueur autour de Karni, essayant de trouver ces tunnels. Jusqu’ici, aucun tunnel n’a été mis à jour, selon le bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA).

En dépit du retrait unilatéral israélien de Gaza en septembre, l’armée israélienne a gardé la main haute sur Karni en violation de l’accord sur les déplacements et les accès conclu avec l’AP le 15 novembre, et qui stipulait que les ‘passages fonctionneront sans interruption.’ En effet, Karni a été bouclé 60 % du temps cette année, et le prix des produits alimentaires a grimpé de 30 % depuis janvier, selon l’OCHA. Chaque jour de fermeture de Karni coûte approximativement 600.000 dollars d’exportations perdues, selon la Chambre de Commerce de Palestine (PalTrade).

Le manque de nourriture et une crise économique, associés à un chômage record et une situation de non-droit ont créé un environnement insupportable pour les Palestiniens de Gaza et pour les résidents étrangers qui sont presque tous partis en raison de la vague récente d’enlèvements lancée par le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP). Le FPLP a commencé à s’en prendre aux citoyens britanniques et américains après que leur dirigeant Ahmed Saadat ait été enlevé pendant une incursion israélienne contre une prison de l’Autorité Palestinienne à Jéricho le 14 mars.

Parallèlement à tout cela, Israël a finalement restitué le 15 mars les 54 millions de dollars provenant de la recette fiscale de l’AP , ce qui couvre à peine les salaires mensuels des près de 150.000 employés de l’AP. Israël avait détourné cette somme - en complète violation du protocole de Paris signé en 1994 en même temps que les accords d’Oslo - avec la volonté de punir les Palestiniens pour la victoire électorale du Hamas.

En attendant, le premier ministre palestinien, Ismail Haniyeh, a soumis ce dimanche au Président de l’AP Mahmoud Abbas la liste du Hamas pour les 24 ministères devant composer le gouvernement, après avoir échoué à convaincre les autres organisations politiques de se joindre au gouvernement. Le FPLP a choisi de rester en-dehors à la dernière minute. L’approbation d’Abbas est prévisible ; mais si l’AP fait face à un effondrement financier, Abbas aura alors la possibilité d’écarter Haniyeh. On s’attend à ce que la liste proposée soit soumise au Parlement pour un vote de confiance cette semaine.

Des militants armés des brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, liées au Fatah d’Abbas, ont envahi les ministères des finances et des affaires étrangères ce lundi et ont échangé des coups de feu avec les forces de sécurité, protestant contre le paiement en retard des salaires. Deux combattants armés et deux fonctionnaires de sécurité ont été blessés pendant que les employés s’enfuyaient pour s’abriter. Plus tôt le même jour, plus de 50 militants d’Al-Aqsa ont occupé la centrale électrique de Gaza pendant plusieurs heures puis ont tenté de prendre le contrôle d’un hôpital militaire.

Dans le même temps, plusieurs autres personnes ont été blessés par des tirs le long de la voie de communication principale allant du nord et sud de la Bande de Gaza et menant au croisement d’Erez -- le seul point d’accès vers Israël et la Cisjordanie - alors qu’un groupe de combattants armés des Brigades d’Al-Aqsa bloquaient la route en y installant des bombes pour exiger un emploi dans les services de sécurité de l’AP. Le Président Abbas devait utiliser cette route lundi pour rentrer à Ramallah. Des hommes armés ont également brièvement tiré sur le commissariat de police principal de Gaza. Les témoins ont déclaré que les tirs étaient une réponse au passage le long de la route, d’Hosni, général en chef de la police, qui retournait en Cisjordanie.

En fin de compte, l’AP a accepté que les militants ayant installé les bombes le long de la chaussée se voient attribuer des emplois. Le Général de brigade Ismail Al-Ghalban-Ghalban, chef du premier bataillon dans le nord de la Bande de Gaza, a rencontré le secrétaire du Fatah de la même zone, Jamal Abul-Jedian, afin de négocier un arrangement. Les bombes ont été enlevées, la route a été ouverte, et les services de sécurité de l’AP ont repris leurs positions.

Beaucoup, cependant, critiquaient cette solution. L’AP a déjà du mal à payer ses employés, et cependant elle récompense ceux qui menacent d’utiliser la violence, ce qui porte en germe d’autres actes du même genre. De même, du fait que l’AP donne souvent satisfaction aux ravisseurs, les enlèvements sont devenus monnaie courante à Gaza. Une délégation d’officiels égyptiens de haut niveau séjourne actuellement dans Gaza pour tenter de résoudre la crise politique et d’améliorer la sécurité. "Dès le début nous avons estimé que Gaza est essentiel à la sécurité de l’Egypte ; nous devons être impliqués," a déclaré un fonctionnaire égyptien à Gaza, parlant sous le couvert de l’anonymat. Omar Suleiman, chef des services de renseignements égyptiens et le président Hosni Mubarak sont parvenus à un accord avec l’ancien premier ministre Ariel Sharon, accord selon lequel l’Egypte enverrait une délégation avant et après le retrait de Gaza sur la supposition que le retrait de Gaza serait intégral et concernerait toutes les frontières.

La délégation, menée par le général Mohamed Ibrahim, a servi d’interlocuteur entre les groupes palestiniens, imposant avec succès le maintien du cessez-le-feu convenu au Caire au mois de mars passé. La délégation a essayé de convaincre les groupes de la résistance d’adopter une ligne plus modérée, afin de stopper les attaques contre Israël et pour progresser dans le sens de l’unité nationale. La délégation conduite par le général Ibrahim Shukri s’est attelée à travailler étroitement avec le ministre de l’intérieur et des forces de sécurité de l’AP, impliquant une équipe de 15 officiers de renseignement supérieurs égyptiens dont l’objectif est de « reconstruire le soldat palestinien ». Après 5 ans d’Intifada, non seulement leurs armes et équipements doivent être remplacés mais leur moral et leur doctrine militaire doivent être reconstruits, explique le général.

Le général Shukri a coopéré étroitement avec le ministre de l’intérieur Nasser Youssef afin de réformer les forces de sécurité préventive et nationale, les aidant à se déployer avec succès le long de la Bande de Gaza au moment du retrait israélien.

Aujourd’hui, la délégation avance vers trois objectifs. Premièrement apporter un soutien constant à l’AP et à Abbas, tout en renforçant l’institution présidentielle. En second, travailler à la reconstruction du Fatah, en considérant que c’était l’entité la plus responsable pour diriger un état palestinien. Troisièmement, en continuant à œuvrer avec le gouvernement mené par le Hamas, le pressant de se conduire de façon pragmatique avec le monde extérieur.

Le Hamas a vaincu le Fatah en janvier dernier lors des élections parlementaires, promettant lors de sa campagne électorale de rétablir la loi et l’ordre dans la Bande de Gaza comme en Cisjordanie. Le Hamas réussira-t-il ?

Erica Siverman

23 mars 2006 - Al Ahram Weekly - Vous pouvez consulter cet article à :
http://weekly.ahram.org.eg/2006/787...
Traduction : Claude Zurbach

 

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Gaza
L’UNRWA lance un cri d’alarme

 Colette Thomas / RFI

publié le vendredi 24 mars 2006.

 " A Bruxelles, les Nations unies, dont une antenne assiste les Palestiniens, lancent un cri d’alarme : le bouclage des Territoires palestiniens par Israël risque de provoquer une crise humanitaire. " 

Menace de crise humanitaire

Kren Koning AbuZayd, commissaire général de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA)

 

Karen AbuZayd est venue passer trois jours à Bruxelles, où siège la Commission européenne, pour plaider la cause des Palestiniens. L’organisation qu’elle dirige, l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), est confrontée à des pénuries graves dans les Territoires.« Pour la toute première fois, nous, à l’UNRWA, manquons de carburant et les boulangeries de Gaza manquent de farine » a expliqué Karen AbuZayd au cours de son séjour dans la capitale de l’Union européenne.

Après la victoire du Hamas aux élections législatives du 25 janvier dernier, Israël a pris des mesures de rétorsion contre ce parti qualifié de « terroriste ». La mesure la plus draconienne est de ne plus reverser à l’Autorité palestinienne des taxes prélevées sur les marchandises destinées aux Palestiniens. Elles représentaient la moitié des revenus de l’Autorité palestinienne. Pour la responsable de l’assistance aux Palestiniens, la sanction financière prise par Jérusalem risque de provoquer une crise humanitaire grave. En plus, si les salaires ne sont pas versés, « nous pourrions assister à un effondrement de la loi et de l’ordre », a prévenu Karen AbuZayd. L’argent des taxes sert en effet pour moitié à payer les salaires des forces de sécurité. La responsable de l’UNRWA a déclaré qu’elle espérait que la situation « soit corrigée après les élections israéliennes » du 28 mars.

Une aide, même de nature différente

Après la victoire du Hamas aux élections de janvier, les Américains ont annoncé qu’ils ne fourniraient plus qu’une aide humanitaire aux Palestiniens. L’Union européenne, le plus gros contributeur des Territoires, a pour sa part décidé de donner du temps au parti islamiste pour qu’il ait la possibilité de changer son idéologie, en particulier à l’égard d’Israël. Réunis en début de semaine, les ministres des Affaires étrangères de l’Union ont laissé la question en suspens. Ils ont reporté leur décision sur l’aide financière fournie régulièrement aux Palestiniens. L’idée est de donner du temps au parti islamiste pour qu’il prenne des positions plus modérées envers Israël. La charte fondamentale de ce parti appelle toujours à la destruction de l’Etat juif.

« Si certains types d’aides sont supprimés, il y aura un besoin plus pressant d’aide humanitaire », a encore lancé Karen AbuZayd qui compte bien remplacer un soutien financier par un autre, fourni cependant par les mêmes contributeurs. La responsable de l’UNRWA a par ailleurs exhorté la communauté internationale à « observer ce que le nouveau gouvernement de la Palestine va faire, lui accorder une petite chance ».

Le centre de distribution de nourriture de l’UNWRA, à Gaza (UNRWA)

 

« Pour la première fois, il y a des files d’attente devant les boulangeries de Gaza et des gens qui viennent dans les camps de réfugiés pour avoir des médicaments qu’ils ne trouvent plus dans les pharmacies », a encore expliqué la responsable des Nations unies pour l’aide aux Palestiniens. Pour elle, ces pénuries sont liées aux élections en Israël et « à la nécessité, pour ceux qui font campagne, de paraître très fermes ». Mi-février déjà, un conseiller du Premier ministre israélien par intérim, Dov Weisglass, avait déclaré que l’idée c’était d’imposer une diète aux Palestiniens, mais pas de les faire mourir de faim.

Que ce soit côté palestinien ou côté israélien, les élections de la semaine prochaine inquiètent. A Jérusalem en particulier, les forces de sécurité israéliennes redoutent des attentats suicide susceptibles d’influencer le vote des Israéliens. Ces forces auraient des renseignements indiquant que le Jihad islamique serait en train de préparer plusieurs attentats. Des responsables de Kadima, le parti centriste du Premier ministre par intérim Ehud Olmert, s’inquiètent de l’impact négatif que pourrait avoir un « gros » attentat. Ce parti, selon les sondages, devrait gagner les élections.

Les Palestiniens, eux, pensent qu’ils seront les grands perdants de ce scrutin car leur vie quotidienne est étroitement liée à Israël. « Quel que soit le parti qui gagne, je suis certain que les Israéliens ne reviendront pas à la table de négociation », a déclaré Saëb Erakat, principal négociateur palestinien. « Comment allons-nous nous approvisionner en eau, en nourriture, nous soigner ? », s’interroge-t-il.

Tous les responsables israéliens, de droite comme de gauche, ont exclu de travailler avec le Hamas. Sur le terrain, les Palestiniens continuent de payer leur vote pour le parti radical. Si un point de passage a été mis en service, mercredi, au sud de la bande de Gaza, pour permettre l’acheminement de marchandises en provenance d’Egypte, Karni, le point de passage le plus important, reste presque totalement fermé. L’UNRWA a réussi à y faire passer des marchandises au compte-gouttes. Seule une ouverture totale de ce point de passage permettra d’éviter la crise humanitaire, a déclaré, sur place, le directeur de l’organisation, tandis que sa présidente tenait le même discours à Bruxelles.

Colette Thomas / RFI

http://www.rfi.fr/actufr/articles/0...
Transmis par N. Ghys

21:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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