25/04/2006

25/04/2006: Charles Farhat ne dort plus. Ou si peu.

 
----- Original Message -----
From: Al Faraby
To: Assawra
Sent: Tuesday, April 25, 2006 11:17 AM
Subject: [assawra] Charles Farhat ne dort plus. Ou si peu.

Charles Farhat ne dort plus. Ou si peu.
( Mardi, 25 avril 2006 )
 
Charles Farhat ne dort plus. Ou si peu. Il avale de puissants médicaments, se fait soigner le dos et les genoux dans un service de traumatologie et attend que les ecchymoses sur ses phalanges disparaissent. Il essaie aussi de lutter contre d'embarrassantes pertes de mémoire. Ce Franco-Libanais de 42 ans a cru sa fin proche, en septembre 2005. Il a été détenu pendant dix jours dans une geôle syrienne, après un contrôle à la frontière.
Les conditions de son arrestation, les violences répétées et les conditions de détention épouvantables l'ont conduit à porter plainte à son retour en France. Après une première tentative, en décembre, restée sans réponse de la part de la justice, il a déposé une plainte avec constitution de partie civile, le 10 avril, auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal de Nanterre. Le parquet dit, pour l'heure, ne pas en avoir été informé.
Chaque année, Charles Farhat quitte la France - où il vit depuis dix-sept ans et a eu quatre enfants - pour retourner dans son pays d'origine. Il rend visite à sa mère à Jarjouh, à quelques dizaines de kilomètres de Beyrouth. Le 5 septembre 2005, convaincu par ses deux neveux, il décide d'organiser une expédition touristique en Syrie pour découvrir Damas.
A la frontière, les deux jeunes passent sans difficulté. En revanche, le passeport français de M. Farhat suscite l'intérêt des douaniers. L'un d'eux revient vers lui avec une fiche rouge : elle comporte son nom, mais une tout autre date de naissance. "Un général est ensuite arrivé vers moi, raconte-t-il. Il m'a dit : "Viens Farhat, on va discuter.""
Interrogé pendant plusieurs heures, il parvient à prévenir par une fenêtre ses neveux, qui alertent aussitôt la famille et l'ambassade de France à Beyrouth. Il passe aussi quelques appels depuis son portable, avant qu'un policier n'entre dans la pièce et confisque le téléphone, en l'insultant et en le giflant. "Ici, tu es en Syrie, tu n'as aucun droit, oublie ton passeport !", lui aurait crié le fonctionnaire. En fin de journée, M. Farhat est emmené au centre 235, à Damas, une prison connue pour sa dureté.
A l'arrivée, les coups pleuvent. M. Farhat marche en claudiquant, en raison d'un pied cassé trois mois plus tôt. Un des gardes s'en aperçoit : il concentre ses impacts sur l'endroit douloureux, puis le frappe avec un câble électrique.
L'interrogatoire qui suit porte, une nouvelle fois, sur ses visites en Syrie - où il n'était pourtant jamais venu auparavant - et sur l'obtention de la nationalité française. Puis M. Farhat est laissé dans un couloir. Là, on lui dit qu'il sera vite relâché. Il y côtoie d'autres prisonniers. "Il y avait plein de gens qui pleuraient et criaient, souligne-t-il. Ils étaient menottés, tête baissée. J'entendais aussi le crachotement de l'électricité, en provenance d'une pièce." Un homme brûlé, le visage ensanglanté, tombe sur lui.
M. Farhat est à nouveau frappé, puis conduit au sous-sol. Il se retrouve dans un cachot de quelques mètres carrés, avec autres 46 personnes. "Certains étaient là depuis quatre-cinq ans, sans savoir pourquoi, précise-t-il. Ils me demandaient des nouvelles de l'extérieur. Ma tête tournait."
Pour dormir, il faut se relayer. Certains doivent rester debout. Chaque jour, des prisonniers sont extraits pour des interrogatoires. M. Farhat se souvient, en particulier, d'un chauffeur de taxi, enfermé depuis plusieurs mois. Il était torturé avec des pinces électriques accrochées dans le dos, au sexe ou aux pieds. "Il sentait le barbecue..." Un jour, un enfant de 4 ans est incarcéré avec son père. Il lui redonne un peu d'espoir : "Il est venu vers moi, on a un peu joué."
Le 15 septembre, on rend à M. Farhat son passeport, on lui confirme qu'aucune charge ne pèse sur ses épaules. Il peut rentrer au Liban, mais ne devrait pas trop s'épancher sur son expérience syrienne, lui conseille-t-on.
Il fait pourtant le contraire, dès son retour en France, en sollicitant le conseil de Me Patrick Baudouin, de la Fédération internationale pour les droits de l'homme (FIDH) et de la Ligue des droits de l'homme (LDH). Ensemble, ils demandent l'ouverture d'une information judiciaire et la fin du silence observé par le Quai d'Orsay dans cette affaire. L'ambassade de France à Damas a seulement indiqué avoir tenté, en vain, d'obtenir des éclaircissements.
Le 2 novembre, Roland Muzeau, sénateur communiste des Hauts-de-Seine, a interpellé par courrier le ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, en soulignant le préjudice moral, physique et professionnel subi par M. Farhat. Le sénateur s'étonnait aussi de la "façon de procéder" du ministère, qui n'a ni répondu aux courriers de la victime ni accusé réception de ceux-ci. "Les ambassades à Beyrouth et Damas ont été immédiatement prévenues du sort de M. Farhat, rappelle Me Baudouin. Ce cas emblématique des traitements subis dans les geôles syriennes mériterait un peu plus d'attention."  -- Piotr Smolar, Le Monde du 23 avril 2006
 
 
 
 
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11:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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