27/04/2006

12/04/2006: Qui est “Karchërisé”?

Attention: le fait pour moi de retransmettre ce texte, ne signifie pas que je sois nécessairement d' accord avec l' ensemble de son contenu. Mais en prendre connaissance en vaut au-moins la peine... A chacun d' en tirer ses conclusions personnelles.
RoRo

 

 

• Avril 2006 • N u m é r o 46 •
• L e s  P u b l i c a t i o n s   d u   C a c t u s / La Gauche ! •

www.la-gauche.org

 

 

Qui est “Karchërisé”?

 

v   Edito

Par Jean-Luc Gonneau

 

 

Quelle classe, et quelle claque ! Les centaines de milliers de jeunes filles et de jeunes gens, lucides mais joyeux, fantasques mais organisés, enthousistes mais réfléchis qui manifestent depuis quelques semaines contre la loi dite improprement, tellement improprement qu’elle en est sale vont plaisir à voir. Ils sont superbes, ces rangs multicolores qui crient leur dégoût mais, au-delà, leur espoir. Ils ont raison de vouloir l’abrogation de toute la loi, et pas seulement du CPE. Là-dessus, on a gagné, l’homme qui prétend qu’il « en a » a du remballer ses attributs. Abrogation aussi du travail à 14 ans, de nuit à quinze ans. Abrogation des dispositions qui priveront les familles « à problèmes » d’allocations familiales, car ce sont avant tout les enfants qui trinqueront. Punir les pauvres d’êtres pauvres. Il ne suffisait pas aux sinistres repus qui nous gouvernent de culpabiliser les pauvres, voilà qu’on veut les châtier plus encore. Pendant que notre jeunesse,  et leurs parents, et leurs grands parents clament leur colère, et d’autant plus joliment que l’ambiance des manifs est débonnaire, et d’autant plus enthousiasmant que se tissent, en ce moment, dans les rues de nos villes, des solidarités retrouvées entre générations, entre syndicats et salariés, entre banlieues et centres-villes, Nicolas Sarkozy chante la réussite individuelle, alpha et oméga de son étroite vision du monde. Pendant que se régénère enfin l’action collective, Sarkozy se pâme à l’idée de compétitions sans merci des uns contre les autres. Les télévisions pourront bien faire la part belle à quelques poignées de trublions, les millions de participants aux manifestations savent, eux, que ce n’est pas à  cet avenir sauvage qu’ils aspirent.

 

Une fois de plus, après le 29 mai dernier, c’est le libéralisme que nous rejetons.  Une fois de plus, nous dit-on, l’Europe s’inquiète de voir ces incompréhensibles français faire du chambard. Quand on nous dit  l’Europe, il s’agit en fait des caciques de Bruxelles. Ce que nous voyons, sans nous aveugler dans un optimisme excessif, c’est la présence et le soutien de John Monks, le patron de la Confédération Européenne des Syndicats, loin d’être un révolutionnaire au couteau entre les mâchoires, et d’un responsable syndical états-uniens (oui, vous avez bien lu, il n’y a pas que Sharon Stone qui soutienne la lutte anti-CPE aux States, mais welcome, Sharon, we love you too). Ce sont le luttes en Allemagne et en Grande-Bretagne contre la continuation des démantèlements des services publics. C’est l’opiniâtreté de nos amis belges ( voir l’article à propos de Michel Collon). Ce qui  se passe en France est moderne, camarades, mais pas moderne au sens lamentable des libéraux de droite ou de gauche, puisqu’il y en a là aussi. Moderne, parce que nous ne nions rien de nos histoires, modernes parce que nous construisons, difficilement certes, des perspectives, modernes parce que nous nous écoutons au lieu de consommer. Envie d’écouter l’autre, plaisir de le faire, beaucoup l’avaient oublié et le redécouvrent avec ravissement. Une des leçons du mouvement contre la pornosémantique loi sur l’ « égalité des chances » (inégalité des malchances, en fait), c’est cela : la juste colère alliée à la jubilation d’être ensemble, de partager. Soyons des partageux. Les « kärchérisés », dans cette affaire, c’est le piteux trio Chirac-Villepin-Sarkozy. Ils apparaissent, une fois de plus mais cette fois tout le monde le voit, pour ce qu’ils sont : des histrions agités uniquement par les lambris du pouvoir, marionnettes aux mains des intérêts de la finance, qui ne lève qu’à peine le doigt pour les soutenir, tant elle estime, elle, que les vrais lieux de pouvoir sont ailleurs, dans les cénacles de l’OMC, de Bruxelles ou des affidés des bourses et/ou de Washington. Il en faut, il en faudra, du mouvement populaire, du mouvement solidaire, pour changer, enfin, la vie et faire de cet antique slogan électoral, enfin, une réalité.

 

Partageons donc ensemble ce numéro, n’ayons pas peur de le dire, d’une qualité encore plus exceptionnelle que les précédents, ce qui n’est pas peu dire et nous pose la question de nos limites. Où nous nous arrêterons-nous ? Florence Bray, notre présidente et grande reportère, est de retour après une trop longue absence de ces colonnes pour une analyse implacable de l’ « élitisme» frauduleux d’aujourd’hui. Tout le monde sait, sauf elle, et encore avons-nous un soupçon de fausse modestie, que c’est une des meilleures plumes du moment. Yann Fiévet, autre contributeur d’élite, et régulier, lui, continue sur le thème et l’applique au CPE. CPE toujours avec la lettre à leurs parents élaborée par des lycéens d’Arras, que nous a communiquée Yannick Henrio, inlassable animateur  du CAL (Collectif Action Logement), militant de la LCR et, ce qui ne gâte rien, joyeux compagnon. Jean-Michel Hureau s’en prend à l’équilibrisme de Jacques Chirac, à la désolante bousculade des candidatures à la candidature présidentielle et au racime anti-blacks dans trois brèves dont il a le secret. Fabrice Aubert, l’un de nos économiste préférés, explique avec rigueur comment le libéralisme économique sape la République. João Silveirinho, toujours impartial, rend compte des congrès du PCF et du MRC et de la convention de PRS, avec certes trois poids, trois mesures, mais une seule balance. Jean-Michel Dejenne, un autre habitué de nos colonnes, décrypte  avec à la fois bienveillance et regard critique, un ouvrage de Roland Castro, lui aussi candidat éventuel à la présidentielle. Emmanuelle Depollier, nouvelle plume du mois, nous livre un témoignage vécu des ravages de l’intolérance et du communautarisme allié à la religion. Tous créatifs !, nous propose Nadine Zuili, dont nous avons publié voici peu un poème-lettre ouverte. Et bien sur la rubrique A lire, A voir etc de Sylvain Ethiré, toujours attentif à ce qui excite la curiosité de nos neurones.

Bonnes lectures !

 


 


v   Arithmétique des Elites

Par Florence Bray

 

Des élites qui n’ont pas de culture historique au-delà de leur propre biographie.

 

DONC :Des élites qui dénigrent les valeurs de leur prédécesseurs et se flattent de n’avoir pas de culture, fierté de celui qui n’est pas énarque, n’est pas un intellectuel

 

DONC : Des élites qui montrent en exemplarité leur absence de culture dans le comportement et dans le discours soudain totalement affranchis de toutes les conventions d’usage que dicte d’ordinaire la pause réflexive qui permet d’analyser le contexte du message à produire : l’insulte légitime parce qu’elle est « vraie » ? parce qu’elle est « née du terrain » ? parce qu’elle est « sincère » ?

 

DONC : Des consignes données par ces élites aux cadres de l’Etat pour affaiblir la transmission de la culture ancienne : réforme des programmes en histoire géo, français, par thématiques et ensembles colossaux et transversaux, soupe informelle sans repères possibles sous couvert de grandes notions « moins scolaires » que la chronologie et l’histoire littéraire. Le scolaire aussi est devenu une tare, quand il était avant élévation par degrés d’échelle…

 

Parallèlement :

Une augmentation du divertissement pour détourner l’attention : chiffons rouges terrifiants en tous genres pour sidérer (faits divers, crises sanitaires dont on n’a rien à dire) ;  atomisation de la communication en vecteurs multiples qui brisent l’attention en la sollicitant sans cesse sur de micro informations qui ne font pas sens mais qui réclament la vigilance en continu – sms promotionnels permanents pour dénicher la tarification optimale des …sms, « alertes » mail, portables professionnels -et en messages simultanés : voir un écran télé d’une séance du journal avec bande défilante en bas, fenêtre latérale fixe pour la photo illustrative, écran en abime dans l’écran tv pour l’envoyé spécial, encart vertical déroulant pour la météo dans le monde, info chiffrée du cac 40 en encadré…

 

DONC : Baisse de la concentration donc de la capacité de penser

 

PLUS :

Un écran de fumée de beaux mots sur le vide ou la réalité dépérissante : métaphores de campagne militaire pour les affaires du gouvernement, grandiloquence républicaine de la « responsabilité citoyenne » pour légitimer des milices, terminologie universitaire pour définir et traiter les programmes du collège, « seconde chance » pour échec scolaire avéré donc réorientation en formation professionnelle, « première embauche » pour période d’essai prolongée hors contraintes du droit du travail.

 

EGALENT :

Une place croissante pour l’arbitraire puisque

- les mots n’ont plus à rendre compte d’un sens vérifiable objectivement

- les gens n’ont plus le temps ni la place de penser

 

DONC : Une ivresse jouissive dans cette puissance soudaine pour les élites et les gens de pouvoir : policiers, députés du sud, jeunes moins jeunes que ceux qu’ils rackettent, gouvernants par ordonnances, promoteurs de projets de lois qui attendent la nuit ou le mois de juillet…

 

DONC : l’envie mimétique de cette toute puissance des grands chez chacun de ceux qui la subit, pour s’en venger, ou qui l’admire, mais se retenait au nom de codes collectifs qui tenaient lieu de surmoi civilisant : élèves vs profs, parents vs enfants, directeurs vs salariés, majoritaires vs minoritaires, supposés riches vs supposés pauvres, et réciproquement…Tous se lâchent contre le plus faible du moment, et ne s’en soucient pas du tout. Le décuplement des oppressions à chaque échelon social par déclinaison.

 

Puis le décuplement des oppressions entre chaque individu se trouvant conjoncturellement relié à un autre

 

= fascismes, société sans histoire, sans patrimoine partagé, sans idéal régulateur, société sans droit commun, droit du plus fort …

 

v   CPE : Extension du Domaine du Mepris

Par Yann Fiévet

 

La crise est toujours là, plus vive à chaque année qui passe. Nul besoin  d'être fin sociologue pour savoir que le mouvement anti-CPE n'est pas qu'une  péripétie de fin de règne qu'il conviendrait de surmonter plus ou moins  habilement en attendant le pouvoir nouveau qui demain rasera gratis. Non, ce  qui se joue là nous vient de loin et - c'est à craindre – nous collera aux  basques longtemps encore. Le moteur de ces éruptions sociales si  contradictoirement commentées partout où l'on autorise la parole facile - à  défaut de se donner le temps de l'analyse profonde - est le mépris. Le  mépris s'emballe et voilà que l'on s'étonne qu'il provoque de nouvelles  bouffées, en partie délirantes cette fois.

 

Comment pourrait-on comprendre autrement qu'en invoquant le mépris  patiemment accumulé la réforme honnie de M. de Villepin ? Nous sommes forcément obligés de considérer que le principe du CPE n'a pas été forgée  dans n'importe quelle tête ni dans n'importe quel contexte. Pour ce qui est  de la tête, il s'agit de celle d'un homme dont la naissance, la vie et la  carrière n'ont eu de cesse de le tenir à bonne distance du peuple. Le mépris commence par l'ignorance entretenue du sort difficile de ceux au nom desquels l'homme public agit. Il faut, par exemple, une distance démesurée d'avec les jeunes légitimement inquiets pour leur avenir pour penser qu'ils vont accepter sans broncher l'instauration d'un contrat de travail contenant une période d'essai de deux longues années au cours desquelles le licenciement sans motif aucun est chaque jour possible. Il faut, par surcroît, un mépris solidement enraciné pour s'entêter à ne pas reculer face  à la détermination estudiantine fortement soutenue par l'opinion publique. N'ayons pas peur des mots, surtout quand ils sont justes : nous avons à faire ici à une posture de classe, celle d'un bourgeois en surplomb de manants indociles et méprisables à ses yeux, celle du défenseur sans complexes des intérêts des possédants, à commencer par ceux des dignitaires du Medef.

Cependant, la morgue présente de M. de Villepin ne doit rien au hasard. Elle s'inscrit dans un contexte qui puisent ses racines un quart de siècle derrière nous et qui tisse sa toile inlassablement depuis. Un contexte fait de renoncements, petits et grands, aux conséquences parfois imprévisibles mais toujours inéluctables. Combien de bombes à retardement à-t-on posé au fil de ces décennies en  délaissant les cités gorgées de désespérance, en renonçant à construire les logements dont les populations les moins favorisées manquent cruellement, en ne donnant pas à l'écoles les moyens d'instruire vraiment les enfants des quartiers populaires, en niant l'humiliante discrimination à l'embauche. Et l'on voudrait que le mouvement anti-CPE ne soit en rien une prolongation des émeutes de l'automne ! Ce mouvement a mis aussi les jeunes des cités dans la rue. Eux aussi font des études en se demandant où elles les mènent. Eux aussi voudraient faire des études qui leur sont interdites. Ce seront eux les premiers candidats à ces contrats de travail de pacotille. Ce seront eux qui viendront grossir demain les flots de la précarité que va entraîner ce somptueux cadeau fait aux patrons. Non, il n'y a pas d'un côté le bon grain des vrais jeunes et d'un autre côté l'ivraie de la racaille. Cette vision binaire sarkozienne des cités en perdition démontre un autre abandon, celui qui consiste à travestir la société que l'on prétend gouverner.

 

Le champ du mépris est plus vaste encore. La tyrannie du capitalisme financier dévalue à grands pas le travail pour le plus grand bonheur de son héros, le gourmand  actionnaire. On a depuis longtemps cessé de comptabiliser les licenciements dits boursiers. Le salarié jetable n'est plus l'exception depuis belle lurette. M. de Villepin fait mieux : il invente le salarié virtuel. Le patron pourra recruter des jeunes en CPE sans craindre de devoir créer un comité d'entreprise ou de voir surgir une section syndicale puisque les CPE ne seront pas pris en compte dans le fatidique seuil des cinquante.

 

Les jeunes l'ont bien compris et leurs banderoles nous le disent : "le CPE, ce n'est pas mieux que rien, c'est pire que tout".

 

v   Les Humeurs de JMH

Par Jean-Michel Hureau

 

J’ai une question...

 

Il y a eu suffisamment de commentaires sur le pitoyable numéro d’équilibriste du Grand Jacquot le 31 mars à la télé pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en ajouter. Son appel, au gouvernement d’une part et au corps législatif d’autre part, pour sortir de la crise mérite néanmoins une interrogation, puisqu’il n’y a plus de séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif, ce qui est parfaitement inconstitutionnel. Tout ce petit monde s’est mis au garde-à-vous sans broncher dans la plus parfaite illégalité républicaine alors que, vous n’aurez pas été sans le remarquer, tous en ont plein la bouche de la République depuis 2002. Donner un ordre au gouvernement n’est pas de la compétence du chef de l’État mais du premier ministre, ce qui revient à dire que Villepin est un fantoche. Bon, on s’en doutait un peu quand même. Jean-Louis Borloo répond à la demande du président en ne faisant pas imprimer les contrats-types pour que puissent être signés des TPE ce qui les rend inapplicables de facto. Jean-Louis Debré s’est empressé de dire que les députés allaient se mettre au travail illico presto pour amender la loi qu’ils avaient pourtant votée avec enthousiasme à coup de 49-3. Bon, à vos ordres mon général, on connaît, il est bien sur les traces de son papa. Les chiens ne font pas des chats.

 

Laurence Parisot, qui ne perd jamais une occasion de se taire, a cru bon de déclarer que les patrons ne signeront pas de CPE. Borloo a jugé nécessaire, tout de même, d’écrire à 220 branches professionnelles recommandant de ne pas signer le CPE. Ben oui, sur quel formulaire, rigolo ! Azouz Bégag pète un câble avec un jeune de 27 ans d’origine maghrébine hautement qualifié et au chômage depuis trois ans qui a eu l’audace de l’interpeller devant les journalistes. Mais, c’est qu’il serait devenu nerveux, Azouz! Bernard Accoyer met les députés UMP au boulot pour rédiger un nouveau texte et Sarko Le Spécialiste, encore lui, devient l’interlocuteur privilégié des syndicats, une espèce de premier ministre sans titre officiel en quelque sorte. A coup d’État, coup d’État et demi, c’est une sarkozerie ! Villepin ne répond plus. Tiens, au fait, j’ai une question : la France est-elle gouvernée? Si oui, je serais votre obligé si vous vouliez bien me dire par qui.

 

La foire d’empoigne

 

La multiplicité des candidatures annoncées ou supposées à l’élection présidentielle de 2007 laisse augurer d’un scénario semblable à celui de 2002. Qu’à droite, on trouve Le Pen, Meygret, Villiers, Sarkozy, Saint-Josse, Boutin, Bayrou, Dupont-Aignan ou d’autres, c’est leur affaire. Ce qui est plus préoccupant est que pour donner une véritable alternative à la France, il faudrait aussi qu’à gauche, on fasse un peu taire les égos. Du côté de la gauche libérale, on assiste à des joutes verbales et des « petis mots » qui permettent à chacun de se placer dans les starting-blocks. Royal caracole dans les sondages alors que Lang, Strauss-Kahn ou Fabius espèrent toujours recevoir l’investiture du PS. Le PRG, les Verts, la LCR, LO, le PT semblent envisager de présenter un candidat. Et pourquoi pas le MRC ou José Bové. Le Pen dispose d’un électorat qui lui permet, avec 17 ou 18% des voix d’aller au deuxième tour. La dispersion des voix au premier tour fait que, dans ce cas, il faudra choisir entre lui et un ou une autre. Evidemment, c’est l’autre qui sera élu puisque 70% des français ne voteront jamais Le Pen.

 

Nous entrerions alors dans un drôle de système électoral où pour devenir président, il suffirait d’arriver en tête au premier tour ou, pourquoi pas, derrière Le Pen. On aurait alors, soit Sarko, le flambeur des banlieues, soit Ségolène, qui maîtrise parfaitement l’art royal de ne s’exprimer sur aucun grand sujet. Elle est même l’adversaire favorite de Le Pen et Sarko au deuxième tour. Bien sûr, puisqu’elle serait plus facile à battre. On devra reconnaître, au passage, la sagesse de Marie-George Buffet de ne pas se prononcer aujourd’hui pour une candidature communiste mais d’appeler à une candidature unique de la gauche non-libérale et surtout à des candidatures communes aux législatives. C’est la voix de la raison pour une alternative réelle au libéralisme sauvage.

 

Black is black ! ou l’odyssée d’Eunice

 

Bien sûr, quand tu t’appelles Yannick Noah ou Djibril Cissé, tout le monde te reconnaît dans la rue. Alors, si jamais tu contreviens à l’indication d’un policier, que tu l’aies comprise ou pas, et que tu prends une voie barrée, il te signale que tu es en infraction avec le sourire et ne te verbalise pas en échange d’un autographe pour faire plaisir à sa femme ou son mioche. Du moins, c’est ce qu’on imagine. Mais quand tu es seulement championne du monde d’heptathlon et de saut en longueur et même si ta photo a fait quelquefois la manchette des journaux, on ne te reconnaît pas au premier coup d’oeil. Tu es alors traitée comme une immigrée ordinaire. D’abord, on te met une baffe, histoire de te rappeler que tu es black et qui c’est le chef, non mais ! Et puis, si jamais tu as le malheur de te rebeller quelque peu, ce qui n’est pas avéré, on te tombe dessus à six ou huit et on te passe à tabac.

 

Mais quand on découvre que tu t’appelles Eunice Barber et que tu as rapporté des médailles à la France, le ton change. C’est magique ! Tu n’es plus la sale black qui vient bouffer le pain des français et cramer les bagnoles des banlieues mais tu redeviens l’héroïne des stades, celle qui a choisi la France comme terre d’asile. Tu es même reçue par Sarko, un peu de pub ne peut jamais faire de mal ! En fait, le cas d’Eunice nous ramène à une réalité quotidienne insoutenable mais cette fois-ci au moins, on en parle. On peut se demander quand même, au passage, si le petit Nicolas ne recrute pas ses sbires chez les barbouzes du Front National !  Pour eux, black is black !

 

v   Gauches : La Saison des Congrès : PCF et MRC, plus la Convention de PRS

Par João Silveirinho

 

Attention, on ne joue pas dans la même division. Ici, un congrès étonnant dans sa forme, sérieux dans sa maturation, là le tradi-plonplon, un texte unanime et la litanie des interventions des « chefs ».

 

Le Cactus était invité au congrès du PCF, pas à celui du MRC, mais nous y avions des espions, et participait à la convention de PRS.

 

PCF d’abord. Nous l’avions déjà indiqué, les textes préparatoires ne divergeaient guère sur le fond. Deux points marquaient des différences  la question de la candidature communiste à l’élection présidentielle et celle de l’identité communiste aujourd’hui.

 

Le premier est connu. La direction du parti met la question de la candidature en débat au sein de la gauche antilibérale en ces termes : il faut d’abord s’entendre sur le principe d’une candidature commune, donc sur un projet commun, et ensuite proposer, à l’automne, que cette candidature « polyphonique », où chaque composante serait représentée, soit portée par un-e communiste. Les opposants tenaient pour une candidature immédiate. Battus démocratiquement, les opposants.

 

Le second point n’a guère intéressé les medias. Dommage, comme d’habitude. Qu’est-ce qu’être communiste aujourd’hui est pourtant une question intéressante. Qu’est-ce qu’être socialiste aussi, d’ailleurs, mais ce ne semble pas être à l’ordre du jour du PS. Les communistes en ont débattu. Certains en réduisant le débat à des questions formelles (petit concours entre textes minoritaires sur le nombre de fois où le nom de Marx est cité). D’autres, plus nombreux mais parfois les mêmes, en poursuivant leur interrogation sur l’ex « socialisme réel » et/ou les fourvoiements de la participation du PCF à des gouvernements socio-libéraux.

 

La gauche souffre des fourvoiements, voyez-vous : Staline a dévoyé et démonétisé le mot communisme, les socio-libéraux ont de même, en moins sanglant il est vrai, avec le mot socialisme. Et soyons justes, seul, en France, le PCF a poussé loin l’autocritique. On attend encore, et sans doute pour longtemps, le bilan que Jospin devait tirer des dérives du mitterrandisme, et celui que le PS devait tirer de l’échec de Jospin. Quant à Chevènement, voir plus loin. Quant aux trotskistes, nous avons le sentiment qu’ils sont tant occupés à faire la critique des autres que le temps leur manque éternellement pour aborder la leur. Se remettre en cause demande un certain courage. Saluons. Le travail du PCF sur son identité n’est pas clos, il est difficile, donc intéressant.

 

Le texte final du congrès a été adopté à une large majorité. Il a fait l’objet d’une travail dans les sections du parti et d’un travail pendant le congrès, en petits groupes (les « ruches ») et jusqu’en plénière, où les délégués de base pouvaient jusqu’au dernier moment mettre au vote des amendements. Un texte final sérieux, on l’a dit, qui a le souci de faire des propositions réalistes. On n’y cherchera certes en vain un grain de poésie ça et là, mais nobody’s perfect.

 

Nous avons retrouvé Marie-George Buffet, invitée à un meeting en duo avec Jean-Luc Mélenchon, en intermède de luxe à la convention du club de celui-ci. Pour la République Sociale. En invités lors des débats, quelques figures de la «gauche du Non», parmi lesquels C. Picquet (LCR), Claire Villiers et Pierre Cours-Salies (Alternatives Citoyennes), E. Coquerel (Mars), E. Zuccarelli et H. Pena-Ruiz. Comme il y a des cactusiens membres de PRS, nous étions bien sur représentés. Tout ce petit monde converge, avec des nuances bien sur, mais, par exemple, il eut été bien difficile de distinguer des divergences entre les interventions de J.L. Mélenchon et de M.G. Buffet. De quoi rendre radieux notre estimé directeur de la publication, lui qui est à la fois membre de PRS, d’Alternatives Citoyennes, du Mars, a d’excellentes relations avec Milou Zuccarelli depuis 25 ans et, si vous voulez mon avis, est plus que proche du PCF. Et quand son directeur de publication est content, on est content aussi. La convention a accouché d’un Manifeste solide, où on retrouve, et c’est tant mieux, bien des élements qui figurent dans le projet de Charte alternative au libéralisme des Collectifs du 29 mai, où se retrouve presque toute cette patente, comme on dit au Québec.

 

Changement de décor, congrès du MRC. Troupes réduites, orateurs habituels, texte unique, amendements déposés à l’avance et soigneusement triés par une commission des résolutions très représentative de la direction, score soviétique. Ici, la remise en cause est inconnue, et inutile puisque par définition le MRC a toujours raison. Comme d’habitude, le texte est ficelé, avec talent, par Jean-Yves Autexier, qui propose une nouvelle version des mêmes thèmes que d’habitude, en as du remake.

Georges Sarre, chef-adjoint, en profite, disent les mauvaises langues, pour virer quelques amis de Jean-Luc Laurent, ex chef-adjoint, qui connaît pourtant bien la musique des vidages et en appelle en pleurant au chef suprême. Celui-ci ne s’abaisse pas à ces vicissitudes, tout occupé à tresser des lauriers à Laurent Fabius. Qu’on se le dise, Jean-Pierre Chevènement ne sera candidat que si Fabius ne l’est pas. Le dit-il pour de vrai, ou plus prosaïquement pour ne pas désespérer ses petits camarades ? Le problème, pour lui, c’est que ça ne semble pas intéresser grand monde hors le MRC.

 

Un mot taquin non pas sur le PS, mais sur ses «présidentiables», encore qu’il soit difficile de distinguer l’un des autres : un, justement, qui a du être fatigué à force d’accolades, c’est Romano Prodi, le leader de centre-centre-gauche-centre italien, devant la cohorte des présidentiables socialistes français venus, presque chaque jour, le «soutenir», espérant en fait un écho dans Le Monde ou à défaut au moins dans leur journal local. Un peu ridicule, non ?

 

v   CPE : Lettre a nos parents

Texte des lycéens en lutte d'Arras : de Carnot, de Gambetta, de Robespierre, de Guy Mollet, de Savary, de Jules Ferry, de Le Caron, du Lycée Agricole, qui nous a été transmis par Yannick Henrio, un pote de la LCR

 

Chère Maman, cher Papa,

 

Depuis quelques semaines, avec un grand nombre de mes copains et de mes copines, mais aussi avec d'autres jeunes des autres lycées, je demande le retrait du CPE. Au début, je ne savais pas très bien ce qu'était le CPE mais maintenant je suis sûr-e que ce contrat première embauche va me nuire pendant des années.

 

Sur nos pancartes, il est inscrit « jetable », savez vous qu'un employeur aura la possibilité de me licencier à n'importe quel moment, par une simple lettre et sans explication à fournir.

 

Sur nos pancartes, il est inscrit «exploitable», comment me sera-t-il possible de refuser, de dire Non, de réclamer ou de simplement parler franchement, puisque la porte sera toujours entrouverte pour me mettre dehors. Il me sera impossible de demander une augmentation de salaire, ou des améliorations de mes conditions de travail. Il me sera impossible de revendiquer ou de signer la moindre pétition, c'est terrible.

 

Toi Maman et toi Papa, dans ton entreprise, tu es considéré-e. Moi avec un CPE, je serais pendant deux ans voire plus, absent-es des effectifs. Je n'aurai pas le droit de vote pour les élections professionnelles ni pour les Prud'hommes. Pire, si je travaille dans une entreprise avec un comité d'entreprise, mon salaire ne sera pas inclus dans le calcul de la masse salariale. C'est-à-dire que je vais là encore pénaliser les autres salariés.

 

Avec le CPE, le licenciement ne donne pas droit à une indemnité basée sur un pourcentage du salaire pendant les six premiers mois. Avec le CPE quand on est licencié, on touche d'abord une prime de 8% des salaires perçus (CDD 10%) et 480 EUR pendant deux mois puis plus rien, et encore, il faut quatre mois de présence. Et entre deux CPE, la période ne peut être inférieure à 2 mois.

 

Dans ce cas, vous comprendrez que je serais encore à la maison pendant quelques années, et j'espère que vous accepterez de m'accueillir même si cela n'était pas prévu. De même si je veux acheter une voiture, il faudra que vous vous portiez caution et de payer les traites du crédit si je suis licencié-e même si le motif est intolérable et «bidon». Pourtant, les fins de mois sont difficiles et les factures de plus en plus lourdes.

 

Le CPE est un des articles d'une Loi, c'est la Loi Borloo sur l'égalité des chances. Drôle de nom pour une Loi qui divise et qui rend les salariés-es jeunes inégaux face aux autres, les plus de 27 ans et 11 mois. Dans cette Loi, d'autres articles; le contrat emploi senior qui est un CPE mais pour ceux de 56 à 59 ans. Il y a aussi le retour du travail des enfants à 14 ans dans l'apprentissage et pire encore le retour de la possibilité de travailler de nuit à partir de l'âge de 15 ans. Et plein d'autres mesures menaçantes sont dans cette Loi.

 

Ma chère maman, mon cher Papa, la situation est grave. Avec la mise en place de cette Loi, c'est tout le Droit du et au Travail qui est remis en cause. Ils ont commencé par la jeunesse, mais la suite rapide sera la remise en cause de tout le Code du Travail et des Statuts. C'est la remise en cause de votre CDI.

 

La lutte que je mène aujourd'hui, c'est pour toi maman et pour toi papa, et peut être que vous ne le saviez pas. La jeunesse a montré l'exemple de son courage et de sa détermination, pourquoi pas vous ?

 

Mardi 28 mars, les syndicats de salariés, d'étudiants, de lycéens, appellent à la grève partout et à venir manifester. Je souhaite que toi Maman, toi Papa, que Mamie et Papy, vous m'accompagniez pour être encore plus nombreux et montrer des familles unies et solidaires face à l'arbitraire et à la régression sociale.

 

Alors faites la grève et rendez vous tous ensemble le mardi 28 mars à 14h00 place de la gare d'Arras. La jeunesse est face à un danger et elle a réagi, elle n'a pas été écoutée, aux parents de réagir. Dites le à vos amis et vos collègues.

 

Voilà, vous savez tout. Alors, Maman, Papa, je compte sur vous pour m'aider et me sauver des griffes de l'injustice sociale anti-jeune. Et même si sur ordre, les proviseurs envoient des lettres, si les professeurs principaux menacent par téléphone, sachez que nous ne sommes pas paresseux-ses, mais que nous sommes en lutte pour notre avenir, alors que le leur est bien assuré et qu'ils n'ont rien à perdre d'autre que leur dignité.

 

Votre enfant qui vous embrasse très fort.

 

v   Tribune : Castro (Roland) s’en Mêle

Par Jean-Michel Dejenne

 

L’architecte engagé Roland Castro, homme de gauche et aujourd’hui candidat déclaré à l’élection présidentielle, a commis l’an dernier un ouvrage intitulé « J’affirme : manifeste pour une insurrection du sens » (chez Sens&Tonka, au prix civique de 10 euros), qu’il est intéressant de lire à tous ces titres. Une lecture rapide, car une écriture fusante, genre « lapidaire enrobé », qui génère autant de sensations que de sens, tantôt exaltante, tantôt agaçante, parfois intrigante.

 

La première découverte est la ponctuation, rare, particulière, qui donne un rythme singulier au texte et un sens plus ou moins appuyé aux idées avancées. Choix intéressant, mais parfois involontaire, tant sur la longueur du livre on relève de véritables erreurs, fautes de frappe ou coquilles. Emporté par ses projets, Roland Castro se mélange un peu dans ses (pourtant rares) chiffres – par exemple sur le coût des traitements du Sida entre les pages 62 et 74… Quelques erreurs factuelles aussi, comme l’attribution du « traité (en fait, discours) discours de la servitude volontaire » d’Etienne de la Boétie à Montesquieu (page 104). Surprenant aussi, dans ce livre très féministe, de débusquer cette considération exclusivement masculine au détour d’une question se voulant générique : « peut-on faire des projets de société comme on fait des projets avec une femme ? ».  Et quelques crispations intra-corporatistes un peu rageuses comme le classement au registre des ennemis du genre humain de Le Corbusier aux côtés de Staline et Hitler… (page 146).

 

Alors que l’on pouvait s’attendre à un livre un peu gauchiste de la part de cet accompagnateur de la mutation huiste du parti communiste français (dont il est toujours membre du conseil national), c’est un projet certes vaste et généreux, utopiste mais pas tant que cela, un projet républicain universel et universaliste que nous propose Roland Castro, et d’abord laïque et antilibéral.

 

Pour illustrer le républicanisme de Castro, relevons sa méfiance, pour ne pas dire sa défiance, à l’encontre de l’extrême-gauche. D’abord, José Bové et son principe de précaution, son hymne à la nature, est considéré comme « l’une des deux figures emblématiques, avec Le Pen, de la franchouillardises craintive (…) : je pense donc je fuis, devant la science ou l’étranger », alors que « chacun sait que toute l’histoire humaine est l’histoire de la domestication de la nature ». Ensuite, il fustige ceux qui « intériorisent leur impuissance et font de l’entrisme avec eux-mêmes, radicaux devant leur miroir et arrangeants devant le public, ça s’appelle des trotskystes ». Il délivre aussi un coup de griffe à Laurent Fabius, « pris la main dans le sac, dont à l’évidence, de façon transparente, la position pour le non est un positionnement » (page 124).

 

Les propositions de Roland Castro sont ambitieuses, pas forcément impossibles, et pour la plupart de nature à rassembler la gauche antilibérale. Elles sont présentées sous la forme de 33 chapitres, et l’on retiendra, arbitrairement, les idées d’une Déclaration universelles des devoirs de l’homme, d’un plan Gandhi pour le monde, d’un Sénat philosophique.

 

Une Déclaration universelle des devoirs de l’Homme s’imposerait car le cycle historique de la déclaration des droits de l’Homme s’achève, ayant entraîné «une judiciarisation de la vie publique et une décomposition par le juridique du tissu social (…), une poussée au pire individualisme». Même si parmi ces devoirs, il est celui « de rébellion contre l’ordre quand il est injuste, de résistanc », il s’agit bel et bien d’ «  inventer du SUR-MOI, (car) totems et tabous sont la structure indispensable à l’équilibre d’un système social quelconque». Bref, il faudrait un retour aux «vieilles recettes que la IIIème République appelait la Morale».

Le plan Gandhi pour le monde s’inspire du plan Marshall, mais un plan Marshall par la culture, dont l’idée est née au lendemain du 11 septembre 2001, mais qui n’est malheureusement pas développée.

 

Dans une logique participant (c’est le cas de le dire) de la démocratie participative, l’auteur souhaite donc faire du Sénat «le café philosophique de la République, un lieu de palabre canaque, où la « coutume », le temps de parler serait la règle, et qui remplacerait toutes les commissions que la République a nommées sur les sujets épineux de la vie publique». Il souhaite aussi supprimer la TVA sur «tous les lieux de convivialité», à commencer par les cafés. Si l’on peut rêver d’ambiances de pédagogie militante comme on peut en lire dans « Au café » de l’anarchiste Malatesta, on peut aussi craindre de cette mesure un effet démultiplié «café du commerce» ! En voulant, toujours dans la même logique, déprofessionnaliser la politique en la démocratisant, Roland Castro risque cependant de laisser le vrai pouvoir à ceux qui disposent de la compétence technique et de la durée, ces fameux technocrates qu’il aime si peu au point de vouloir (démagogie ?) lui aussi supprimer l’ENA. Il souhaite aussi, n’étant pas à une contradiction près, «le cumul de la charrue et du mandat» pour tous les élus, sauf pour les maires, qui sont pourtant précisément à peu près les seuls élus à illustrer ce projet…

 

Un beau projet aux atours républicains est le service civique, mais qui bien sûr ne peut être qu’ «européen » ; joliment appelé  «moment kibboutzim de la vie» de chaque humain, Roland Castro le conçoit comme il se doit d’être : obligatoire, «un impôt de la personne». Mais tout mesure contraignante entraînant ses réfractaires, que faire des «insoumis», pour régler le problème desquels le président de Gaulle lui-même avait fait voter en 1964 le statut d’objecteur de conscience ? Mystère et boule de gomme. La coercition et ses moyens sont les regrettés absents de ce livre, dans lesquels il n’est jamais par exemple (paradoxe de la part d’un architecte et humaniste) question des prisons.

 

Lecteurs de la Banquise, lisez aussi ce livre, qui se veut matière à débattre et construire. Il y a à prendre et à laisser, mais chacun s’il est de gauche y trouvera beaucoup à rêver et à retrouver l’envie (si elle lui manquait) de changer la vie. J’affirme !

 

v   Témoignage : une Soirée (presque) Ordinaire

Par Emmanuelle Depollier

 

Voici une petite histoire ordinaire qui m'est arrivée cette semaine à Paris. J'avais eu vent d'une exposition, dans un bar du XXème, de caricatures religieuses de Siné, Charb, Tignous et d'autres, toutes religions et sectes confondues. J'y suis donc allée un soir. Après avoir regardé les caricatures, j'ai décidé de me poser pour boire un verre.

 

Au fil des minutes, des gosses d'une dizaine d'années de la cité voisine sont arrivés et ont commencé à coller leur nez aux vitrines du bar pour regarder les dessins exposés. Au bout d'un moment, ils étaient plus d'une dizaine à hurler dehors des insanités à l'encontre des propriétaires du bar, un maghrébin musulman et une française, jusqu'à ce qu’ils entrent dans le bar en hurlant "fils de pute, racistes...", j'en passe et des meilleures.

Personne n’a bronché. Zaïed, le propriétaire du bar, est sorti pour essayer de calmer le jeu. Or, les gosses étaient chauffés à bloc et ne voulaient rien entendre: ils voulaient à tout prix qu'ils enlèvent les dessins concernant l'islam. Zaïed leur a proposé de rentrer et de regarder les dessins pour qu'ils voient que toutes les religions étaient concernées et donc qu'il n'y avait pas de prise à partie des musulmans en particulier. Ils sont entrés et ont hurlé à la vue de dessins jugés racistes et insultants, tout en riant devant des dessins avec des femmes nues( !) Tout ça n'a rien arrangé. Ils sont sortis en promettant de mettre le feu au bar et d'aller chercher les grands frères. En partant, ils ont arraché l'affiche de l'expo collée sur la porte du bar.

 

Quelques minutes plus tard est arrivé un grand frère qui a regardé l'expo en hurlant que c'était "des oufs les mecs qui dessinaient ça", qu'il voulait les voir pour leur dire qu'ils devaient arrêter tout ça en exigeant le retrait des dessins. Il est sorti du bar en promettant de revenir avec les autres grands. Ce qu'il fit peu de temps après, avec trois autres grands frères et la ribambelle de petits à leur trousse, filles comprises. Ils ont exigé de nouveau le retrait des dessins. Ça a hurlé, ça s'est échauffé encore plus. Un vieux de la cité est arrivé pour voir de quoi il s'agissait puis est reparti. Le boulanger, fournisseur du bar, a débarqué à son tour, a pris un cadre, un dessin sur la Mecque, et l'a posé sur le comptoir en disant qu'il fallait l'enlever car "il n'y a pas le choix" sinon les gamins foutraient le feu au bar. Là, je l'ai interpellé en lui faisant remarquer qu'en démocratie on a toujours le choix, notamment celui de ne pas regarder. Il a persisté et dit à la propriétaire d'enlever un ou deux autres dessins le temps que tout se calme. Sur ce, les gosses ont continué à donner des coups de pieds et de poings dans les vitrines du bar et à ouvrir la porte pour crier des insultes. Pendant ce temps, nous avons discuté avec les deux propriétaires pour savoir ce qu'ils comptaient faire : elle refuse d'enlever les dessins, lui ne dit rien, mais semble en accord avec elle. Nous leur avons demandé s'ils avaient envisagé ce cas de figure lorsqu'ils ont décidé de faire l'expo, et elle nous a expliqué qu'ils n'avaient pas pensé du tout que ces gosses là leur poseraient un problème. En décembre, ils en ont fait une sur les problèmes des banlieues et les gosses n'avaient pas jeté le moindre coup d’oeil sur les dessins. En revanche ces mêmes gosses, ou plutôt leurs grands frères, les menacent depuis qu'ils ont repris le bar en septembre, sous couvert de refuser qu'un bar s'ouvre là.

 

Or ce lieu a toujours été un bar ou un restaurant. Mais, apparemment, l'ancien propriétaire leur avait accordé table et bar ouvert pour avoir la paix, ce qu’ils refusent de faire. Du coup, Zaïed a été agressé physiquement deux fois depuis septembre. Ils pensaient donc que l'altercation qui venait d'avoir lieu à propos des caricatures n'était qu'un prétexte pour accroître la pression. Pendant que nous discutions, les choses s'étaient un peu calmées et les gosses avaient déserté. Un client que j'avais entendu dire à ses potes de tablée qu'il était l'ancien patron des Humanoïdes Associés, a proposé qu'on appelle les flics, comme si les flics étaient la solution! Chacun y est allé de son commentaire, l’une parle de censure, ce que je me suis permise de rectifier en parlant de totalitarisme, bien plus grave à mon sens. Bref, alors que nous pensions que tout s’était calmé, les gosses sont revenus en force, ont pénétré dans le bar, se sont dirigés vers les dessins qu'ils jugeaient les plus provocants, s'en sont emparés et les ont jeté par terre, brisant les cadres.

 

D'un bond les hommes présents dans l'assistance se sont précipités sur les gosses pour les sommer de s'expliquer. Un vieux qui était en train de boire sa bière a attrapé un des gosses par la tête pour le mettre dehors. C'était l'hystérie, les gosses hurlaient, menaçaient, criaient. Du coup les grands frères sont intervenus en disant aux petits de ne plus s'approcher du bar. Aucun client n'a quitté le bar  alors que nous étions tous consternés et choqués face à ces scènes de colère et de haine. Et aucun(e) d'entre nous n'a su que dire à ces gosses conditionnés, excédés peut-être par l'oisiveté de la journée puisqu’ils n'avaient pas eu classe pour cause de grève et rien dans le quartier pour les occuper, et  peu conscients de tout ce qu'impliquait leur comportement et leurs propos. Et si ce n’était pas si ordinaire que ça ? A méditer, peut-être.

v   A propos de « Quand Villepin dit vrai »

De Michel Collon, commentaires de Mick et Paule

 

Nos amis de Belgique, nous le savons de puis la campagne référendaire, sont d’une redoutable pugnacité. Nous avons en leur temps (mais rassurons-nous, ils continuent) publiés dans ces colonnes des textes inspirés de Raoul-Mars jennar, Herwig Lerouge, et quelques autres. Michel Collon est dans cette belle tradition et écrtit sur son site* :

 

« Ce n'est pas la rue qui gouverne », vient de déclarer le premier ministre français. Il a raison. Notre démocratie n'en est pas une. Avant d'être élus, les politiciens font deux sortes de promesses. A «la rue», et à leurs financiers. Mais ils ne tiennent que celles faites aux financiers. La veuve de François Mitterrand - qui en tout cas s'y connaît - vient, elle, de déclarer que ni les USA, ni la France ne sont une démocratie, car « les élus font des lois qu'ils n'ont jamais proposées et dont nous n'avons jamais voulu.» Pour inventer un vrai avenir, le mouvement «alter» est donc placé devant ce débat : la Bourse ou la démocratie, faut choisir !

 

Tu as raison, Michel. Comme disait De Gaulle, en un temps où être de droite ne rimait pas forcément avec autisme social (encore que…), la politique ne se fait pas à la corbeille. Qu’il faille, dans les termes différents que tu emploies, le rappeler aujourd’hui aux «socio-libéraux» de tous poils à genoux devant l’Europe à la mode Barroso-Bolkestein-Prodi et tutti quanti montre qu’il y a du chemin à faire. Contrairement à la vulgate médiatique, l’Europe du peuple n’est pas celle des « élites » des palais. Les luttes contre le libéralismes ne sont pas circonscrites à notre hexagone. Outre nos amis belges, elles recueillent des échos un peu partout, et qui ne sont pas marginaux, malgré le silence des médias de masse. Allez, les belges, allez les citoyens d’Europe, chaque jour nous pouvons gagner du terrain.

*http://www.michelcollon.info

 

v   Le Liberalisme Detruit la Republique

Par Fabrice Aubert

 

La république crée le citoyen

 

 Inspiré par la révolution américaine (guerre d’indépendance) et concrétisation de la révolution française, la république construit un nouveau système politique « la démocratie » et crée le citoyen. La reconnaissance de la citoyenneté ne se limite pas au droit de vote[1], mais oblige tout pouvoir, quel qu’il soit à justifier ses décisions (lois, textes, réglements ou condamnations de justice) par un texte écrit qui, par principe se doit de respecter et obéir au texte suprême qu’est la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen », dont la portée est devenue universelle (Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen). Toute décision prise par un pouvoir qui ne respecterait pas ses principes ne peut exister dans une république démocratique. Cet aspect était d’autant plus important pour les révolutionnaires de 1789 (toutes tendances confondues) que le Tiers-état, avait vécu pendant des siècles sous le joug d’une puissance politique qui n’avait de compte à rendre qu’à Dieu. Cette importance de la justification écrite des décisions d’un pouvoir était telle que la Constitution de 1793 avait intégré dans sa « déclaration des droits de l’homme et du citoyen », le « droit d’insurrection », si un pouvoir ne respectait pas cette règle : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour tout le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » (article 35)

 

Le libéralisme économique

 

Historiquement il a été force de progrès et de développement, aspect reconnu et souligné par Marx lui-même[2]. Fondé sur la liberté d’initiative, il a favorisé le développement des industries bien aidé et accompagné par l’Etat (les manufactures royales), ce qui est une spécificité française, par rapport à l’Angleterre. Le profit était la récompense des prises de risques initiés par des  individus. Par ailleurs, la recherche du profit individuel favorisait le développement de l’ensemble de la société. Le travail était dur, les inégalités existaient, la pauvreté était massive, mais il y avait un développement gobal, que les luttes de classes du XIX et du XX ème siècle ont permis d’améliorer dans le sens d’une répartition plus juste des richesses[3] et du développement des droits (syndicats, congés payés etc). Autre aspect fondamental du libéralisme économique, tout était basé sur la confiance.

 

Du contrat de confiance…

 

La création du CDI au lendemain de la seconde guerre mondiale entérine ces principes. Les salariés sont recrutés sur des CDI, dont le principe est de partir sur une logique de confiance. D’où des périodes d’essai limitées dans le temps (1 mois renouvelable une fois). Rappelons aussi, que bien souvent à cette période les grandes usines ne sont pas en concurrence (la croissance importante fait que chaque entreprise se développe sur ses produits, sans véritablement rentrer en concurrence avec les autres). Rappelons enfin que l’apprentissage du travail se fait sur le tas, dans le collectif ouvrier et le jeune apprend à la fois le métier, les savoirs-faire industriels du produit, mais aussi les « savoirs-être » (syndicat, parti), contribution essentielle de la citoyenneté. L’intégration est massive et il n’existe ni chômage, ni délinquance, ni viol dans les trains, ni banlieues qui brûlent… Comme le rappelle à juste titre Jean-François Khan, on appelle cette période : « les trente glorieuses ».

 

…au contrat de défiance

 

 En imposant 2 ans d’essai, avec l’assentiment patronal (soutien du Medef), le CPE détruit les bases même de la philosophie libérale, en passant d’une logique de confiance à une logique de défiance : « comme je ne te fais pas confiance, je te teste pendant 2 ans ». Observons de plus que ce principe s’applique à la jeunesse, dans une période de sa vie où elle aurait plus besoin de confiance que de défiance. Par ce simple principe de la défiance, le CPE est plus qu’une « révolution conservatrice ». Il est une rupture copernicienne des principes mêmes du libéralisme économique fondé sur la confiance. De fait, on ne peut pas se dire libéral et défendre le CPE. Rappelons nous aussi que les révolutions politiques ne naissent pas de la violence économique en tant que tel, mais de la contradiction entre la philosophie du système et la réalité des faits. Le CPE est par définition une contradiction que l’on pourrait qualifier d’antagonique.

 

« Le capitalisme sans valeur ne crée pas de valeur » 

 

Cette phrase n’est pas tiré du Capital de Marx, mais est le titre d’un article paru dans les « échos du jeudi 30 Mars 2006 » et écrit par Mercédes Erra (présidente de l'Association des diplômés HEC),  Pierre-Henri Gourgeon (président de l'association des anciens élèves de l'Ecole polytechnique) et Arnaud Teyssier (président de

l'association des anciens élèves de l'ENA). Les auteurs précisent : « Car, en fin de compte, pour les citoyens que nous sommes tous, le capitalisme n'a de valeur qu'à deux conditions: qu'il soit efficace - au­trement dit, qu'il assure un accrois­sement des richesses et un progrès des conditions de vie le mieux parta­gés possible - et qu'il soit le soutien, le point d'appui de nos systèmes politiques qu'inspirent les valeurs démocratiques. Le capitalisme sans valeurs ne crée pas de valeur, en tout cas pas de valeur durable. Le sys­tème n'est solide et légitime que s'il est socialement accepté et s'il se révèle un système qui dure ».  Ils écrivent donc bien que le système actuel en dehors de sa logique financière (« Il  y a aussi le maquis de moins en moins compréhensible des circuits finan­ciers mondiaux, l'emballement de mouvements de Bourse virtuels dont la finalité et la logique parais­sent aussi dangereuses qu'absurdes ».  n’a plus de valeur au sens d’un objectif de construction d’une société.

 

 

Le politique au secours du capitalisme

 

 Le CPE est la traduction juridique de ce « capitalisme sans valeur ». C’est parce que l’entreprise, sous contrainte des marchés financiers, n’a plus de valeur, que les cours boursiers du C.A.C 40[4], que le CPE est créé en intégrant les 2 ans de défiance et les possibilités de licencier sans justification. C’est bien parce qu’il n’y a plus de projet d’avenir que l’on impose au contrat de travail la durée de vie moyenne de détention d’une action. Les auteurs le voient bien et en appellent au retour du libéralisme : « …il paraît plus nécessaire que jamais de repenser les méthodes et les finalités du sys­tème capitaliste. Il faut donc revenir aux vraies sources du libéralisme. Nous l'avons trop souvent oublié: les valeurs libérales sont d'abord des valeurs politiques ».

 

De la démocratie

 

Au cours de l’Histoire, le capitalisme s’est toujours caché derrière des valeurs gagnées par les progressistes, pour justifier des décisions de régression sociale. Les principes de la démocratie mis en avant pour justifier le processus d’application du CPE, et dénoncer le blocage des lycées et universités, oublient quelques principes des fondements de la république et de la démocratie :

- Il ne peut y avoir de décision politique socialement acceptable, que si cette décision est le produit d’une décision majoritaire. Que représente l’actuel Président de la République ? 19 % des électeurs.

- Le 29 Mai, 55 % des électeurs ont rejeté une constitution qui contenait en son sein, des dispositions ouvrant à une concurrence exacerbée entre salariés (Art II 75). Mais le capitalisme n’a que faire de la démocratie. Puisque le peuple n’a pas voulu voter son propre asservissement, une minorité politique le lui imposera par la loi, c’est le principe des dictatures.

- Le principe de non justification du licenciement, renvoie notre société, à avant 1789, lorsque les décisions prises par le pouvoir, à l’encontre des citoyens n’avaient pas besoin de justification. Les députés qui ont voté le CPE ont voté dans le même temps la destruction de la République.

 

Le capitalisme[5] détruit la République

 

Quand, en 1789, la République donne de la valeur à l’homme en créant le citoyen, le capitalisme transforme l’homme en valeur[6], et crée le CPE. En se révoltant, les jeunes (lycéens et étudiants) et les salariés ne font que rappeler au politique les valeurs de la République et poursuivent l’œuvre du progrès social, que des sans-culottes de 1789 aux ouvriers de 1936[7], ont sans cesse dans l’histoire, payé du prix de leur sang.

 

v   Tous Creatifs !

Par Nadine Zuili

 

La culture est à la créativité  ce que la différence est à la diversité. La différence comme singularité donne à tout un chacun le droit d’être reconnu et respecté[8], indépendamment de son origine ethnique, de sa conception du monde ou de son niveau culturel, quel que soit le mode d’expression choisi. Son corollaire est  le droit à  l’équité. La diversité reconnue par tous au plan biologique et par certains seulement au plan socioculturel, est la définition de base de la créativité dans son sens interpersonnel.

 

C’est  surtout une caractéristique intra-psychique, dans l’intérêt de la personne, en tant que droit à la capacité de se renouveler, de changer, de se reconstruire.  Au-delà de tous les préjugés élitistes, le droit à l’expression pour aboutir à la créativité est dans l’intérêt de la personne, en tant que droit à la capacité de se renouveler, de changer, de se reconstruire.

 

La culture est le droit au patrimoine, en tant que connaissance et appropriation par tout moyen d’expression, légitimé le choix personnel et le droit au plaisir de fonctionner ! Au-delà des réflexions sur les ateliers d’écriture et autres activités créatives. Avoir des tableaux célèbres sur les murs de l’usine ne signifie pas accéder à sa culture[9] !

 

La créativité, nombre et  la diversité  des solutions à un problème ou, plus simplement, art de se renouveler[10], préfigure la création mais ne s’y confond pas (de même que créatif n’est pas toujours créateur et que tout créateur, tout artiste qui peut réussir socialement dans sa création n’est pas toujours créatif). Il faudrait enfin distinguer activité « créatif » de « créateur »[11]. La créativité, potentialité universelle à ne pas laisser étouffer, est présente chez tout individu ; ce n’est pas simplement l’interaction entre individus comme le croient souvent les pédagogues.

 

En corrélation avec la réussite scolaire, plus qu’avec l’intelligence (malgré le préjugé courant), la créativité mieux comprise permettrait à chacun de réaliser ses objectifs. Non ennemie de la rigueur, jamais déployée dans la souffrance, elle est trop souvent confondue avec « l’éclectisme » et le « touche à tout ».La créativité est à la création ce que la sexualité infantile est à la sexualité mature qui permet la procréation. Possible pour presque tous, celle-ci suffit-elle comme symbole de l’égalité ?

 

Créativité et rencontres avec la famille, fructueuses dans l’aide aux enfants en difficulté d’apprentissage[12], supposent prudence clinique et rigueur scientifique et passion pédagogique et surtout droit d’accéder au « plaisir dans l’effort ».

 

v   A Lire, A voir, Etc

Par Sylvain Ethiré

 

Nous vous faisons profiter de nos coups de cœur ou de tête. Vous pouvez bien sur nous donner des idées et des infos !

 

A voir

 

A l’Espace Saint-Michel, toujours des films intéressants : le très culte Point Limit Zero (R. Sarafian), le déjanté Saddest music in the world (G. Maddin), Rembrandt fecit 1669 (J. Stelling), Congo River (T. Michel), et bientôt Zulu love letter (R. Suleman) Prochain Jeudi Non de Résistance 7e Art en mai.

7 place Saint-Michel 75005 Paris

 

L’association Cinéma et Musiques présente une séance Ciné-Histoire: Dessin animé et propagande (1940-1945) avec projection  de films d’animation américains (W. Disney, T. Avery), français, belges, allemands, italiens, chinois, japonais et la participation de Sébastien Roffat, historien. C’est le 27 avril 2006 à 12H 00, Amphi 24  Université Paris 7, 2, place Jussieu 75005 Paris (M° Jussieu) 01 44 27 78 26 et, pour les radins, c’est gratos.

Contact : cine.musiques@paris7.jussieu.fr

 

Autour du mouvement lycéens-étudiants de 1988, nos amis de Confluences présentent une projection du film de Francis Kandel, et Franck Schneider Devaquet si tu savais, suivie d’un débat avec Francis Kandel, Bruno Juillard, président de l’UNEF, Sylvia Zappi, du Monde et david Assouline, porte parole à l’époque de la coordination étudiante et maintenant sénateur (tu vois, Bruno, t’as de l’avenir !). C’est le 13 avril à 20h30.

Confluences 190 bd de Charonne 75020 Paris - M° Alexandre Dumas  www.confluences.net

 

A Bruxelles, il n’y pas que les moules frites et la bière (savoureuses) et les commissaires européens (nettement moins comestibles) : ça on le savait. Il y a bien d’autres choses, et notamment, du 21 avril au 31 mai, le Printemps de la Méditerranée : des spectacles, des musiques, des films, des expositions, des conférences, des débats avec des participants de tous les pays riverains de la mare nostra.

Contact : Centre culturel de Schaerbeek 91/93 rue de Locht 1030 Bruxelles 02.245.27.25 www.culture1030.be  centre.culturel@chello.be

 

Au Bar Floréal, expo photo Que faisons-nous ensemble jusqu’au 13 mai. Soirées avec danse,  vidéos, débats les 27 et 28 avril. Un haut lieu culturel parisien.

contact@bar-floreal.com  Le bar Floréal . photographie 43, rue des Couronnes 75020 Paris 01 43 49 55 22

Le Barbizon, cinéma-théatre-concert associatif propose des tas de choses intéressantes dans une ambiance conviviale, malgré l’absence de chauffage (mais l’été approche !)

www.lebarbizon.org Cinéma Le Barbizon 141 rue de Tolbiac 75013 Paris Métro : Tolbiac, bus : 62, 47

 

4e Festival de cinéma d’ATTAC, avec pour thème fort opportun Politique, l’à faire de chacun au Grand Parquet* du 27 avril au 1er mai.

*28bis rue du Débarquement Paris 18e. Contact : http://www.local.attac.org/images-mouvementees/

Et les derniers lundis de chaque mois, Les Rendez-vous Zonerotikon, Cabarets de Cirq'conférences érothématiques proposés par Les Arts et Mouvants au Réservoir

Le Réservoir, 14 rue de la Forge Royale 75011 Paris (M° Faidherbe Chaligny) arts.mouvants@club-internet.fr

 

A lire, à écouter

 

Sarkozy, la fin d’une illusion, aux Editions de l’Aube. Le livre politique de l’année, puisqu’écrit par deux Cactusiens, Pierre Defrance (c’est un pseudo…mystère…) et Jean-Luc Gonneau.

 

Paru chez Syllepse, Une trajectoire du capital (de la crise de 1929à celle de la nouvelle économie) de Johsua Isaac. Utile pour mieux comprendre les impasses du libéralismes.

 

Le numéro 65  de l’excellente revue Cassandre  L'art en banlieue/Contre-feux  sort en kiosque et librairie mi-avril. Un sujet brûlant d’actualité.

 

Et à écouter le premier CD de Mystisa. Bon, c’est une copine, mais c’est vraiment très bien, ce qu’elle fait, style new soul. Ecoutez un échantillon sur www.fnac.com et courez l’acheter.

 

v   Petites Annonces Classées

 

Réchauffer la Banquise  recrute toujours des journalistes intervieweurs/euses, grand(e)s et petit(e)s reporters, designers, dessinateurs… Pas trop sérieux ne pas s’abstenir. Aucune rémunération n’est envisagée à première vue, ni à deuxième. A perte de vue, on verra.

 

Si vous ne souhaitez plus recevoir Réchauffer la Banquise, ce qui serait dommage, un p’tit courriel ou courrier, et hop, sitôt dit sitôt fait

 

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Réchauffer la banquise

 

Publication : Jean-Luc Gonneau Rédaction : João Silveirinho Éditorialiste : Sylvain Ethiré Conception : Jean-Christophe Frachet Humeurs : Mick et Paule, Jean-Michel Hureau, Jacques-Robert Simon Grande Reportère : Florence Bray. Dessins : Michel Hulin.

Adresse et abonnement : Le Cactus Républicain - J.L. Gonneau  - 3, avenue Vélasquez 75008 Paris

Courriel : jean-luc.gonneau@wanadoo.fr

Internet : http://www.cactus-republicain.org

Les manuscrits, pédiscrits, buccoscrits, tapuscrits, électroscrits etc. reçus, publiés ou non, ne sont ni rendus ni échangés. On vous aura prévenus.

 

Elles/ils écrivent pour La Banquise :

 

David Hassan Abassi, Anne Alize, Jacques Ansan, Elie Arié, Fabrice Aubert, Rémi Aufrère, Clémentine Autain, Gilles Bachelier, Jérôme Baloge, André Bellon, Géraldine Biaux, Danielle Bleitrach, Gérard Borvon, Alain Bousquet, Patrick Braibant, Jean-Philippe Brunet, Michel Cabirol, Philippe Callois, Aloys carton, José Caudron, Jean-Claude Charitat, Jean-François Chatelat, François de la Chevalerie, Sophia Chirikou, Olivier Clerc, Fabrice Cohen, Daniel Cojean, François Colas, Samira Comingand, Fabienne Courvoisier, Georges Debunne, Jacques Decaux, Chantal Decosse, Jean-Michel Dejenne, Jean Delons, Emmanuelle Depollier, André Depouille, Jean-Michel Dodd, Emmanuel Dupuy, Michel Evrard, Jean-Claude Fiemeyer, Gabriel Galice, Séverine Gille, Vincent Guillot, Eric Halphen, Pierre Henry, Georges Hervel, Jean-Marc Holleaux, MahamadouKa, Lionel Labosse, Dominique Lacout, Nathalie Laillet, Diane Le Béguec, Hervé Le Crosnier,  Alain Le Dosseur, Jeannick Le Lagadec, Christian Lemasson, Marie-Pierre Logelin, Jacques Lombard, Loulou, François Lucas, Benoist Magnat, Oliver Makepeace, Georges Michel, Tarik Mira, Fatiha Mlati, Eric Mouron, Joël Murat, Michel Naudy, Paul Oriol, Vincent Ortega, Paloma, Henri Paris, Pierre Pascallon,Jean-René Peltier, Jean-Pierre Petit, Michel Pillier, Michel Portal, Guy Ratane-Dufour, Roberto Robertelli, Ruy Rodrigues Da Silva, Claude Sam, Emmanuel Saussier, Karim bey Smail, Patrick Trannoy, Sophie Troubac, Alain Uguen, Bernard Uguen, Rémi Uzan, Michèle Vianès, Louie Wyler, Olivia Zemor, Nadine Zuili…

 

 

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Paul Alliès, René Assandri, Jean-Pierre Berlan, Jean-Marie Berniolles, Jean-Christophe Bonté, Jean-Bricmont, Etienne Chouard, Marc Dolez, Stéphane Guedj, André-Jacques Holbecq, Raoul-Marc Jennar, Diana Johnstone, Monica Karbowska, Jean-Jacques Lemarchand, Herwig Lerouge, Henri Maler,  Marie-José Mondzain, Christophe Ramaux,  Serge Regourd, Emir Sader, Claire Villiers, Joël Yoyotte-Landry…

 

Elles/ils ont participé aux cafés-débats de La Banquise :

 

Paul Alliès, Clémentine Autain, Géraldine Biaux, Hamida Bensadia, Jean-Pierre Berlan, Agnès Bertrand, Jean-Christophe Bonté, Claude Boucher, Camille Cabral, Etienne Chouard, Eric Coquerel, Alexis Corbière, Michèle Dessenne, Jean-Claude Fiemeyer, Geneviève Geay, Susan George, Jean-Luc Gonneau, Jérôme Guedj, Eric Halphen, Pierre Henry, Diana Johnstone, Monica Karbowska, Olivier Keller, Suzanne Körösi, Jeannick Le Lagadec, Michel Lefebvre, Jean-Pierre Lefèvre, Henri-Georges Lefort, Laurent Levard, Pascal Lusso, Marc Mangenot, Fernanda Marruchelli, Fatiha Mlati, Temir Porras, Eduardo Olivares, Ismaël Omarjee, Ruy Rodrigues Da Silva, Marco Antonio Rodrigues Dias, Dominique Rousseau, Christiane Taubira…

 


 

 

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[1] L’U.R.S.S connaissait le droit de vote et était même obligatoire, pourtant la démocratie et la citoyenneté étaient bafouées.

[2] Lire sans a priori « le manifeste du parti communiste ».

[3] Sans ses luttes et une meilleure répartition des richesses, le capitalisme n’aurait pas pu connaître le développement qu’il a connu au cours du XXème siècle.

[4] Que les spéculateurs veulent bien lui prêter le temps d’une O.P.A (voir Gaz de France / Suez)

[5] Derrière le libéralisme se cache le capitalisme.

[6] C’est Marx qui le premier montrera que le salarié est traité par le capitaliste comme une simple « valeur d’échange » au même titre que n’importe quelle marchandise. A quand des CPE échangés entre entreprises ?

[7] Les lycéens et les étudiants bloquent leurs entreprises productrice de la matière première du « capitalisme informationnel » de l’économie du savoir, comme en 1936, les ouvriers bloquaient les entreprises du capitalisme industriel, et ce pour obtenir une reconnaissance sociale et des droits.

[8] .. et de savoir combien il possède de richesses cachées sans avoir à enflammer des voitures et sans être promis à un seul CPE…

[9] un journaliste à la télévision en 1999 : « Comment ces gens qui vont dans les ateliers d’écriture peuvent-ils se prendre pour des écrivains ! ».

[10] Faite d’insights et d’improvisations propres à toute « inspiration », la créativité exige des exercices qui aboutissent à de surprenantes découvertes, depuis la silencieuse « attention flottante » du psychanalyste, jusqu’au bruyant « Euréka » du scientifique (extrait du résumé d’une communication à un Congrès  à Paris en Nov. 2005, Livre du congrès à paraître).

[11] La télévision nous envahit depuis quelques semaines de reportages pseudo-scientifiques sur la créativité propre  aux « autistes dits de niveau supérieur ». Soyons donc tous autistes ?

[12] L’AET (Accompagnement à l’interface Education et Thérapie), démarche qui réussit aussi aux adolescents et aux adultes en examen, concours, mémoire ou réinsertion.

22:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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