27/04/2006

12/04/2006: Une analyse marxiste de la globalisation actuelle

 
 
 
 

De : Annie Lacroix-Riz [mailto:annie.lacroix-riz@wanadoo.fr]
Envoyé : mercredi 12 avril 2006 23:02
Objet : TR: Une analyse marxiste de la globalisation actuelle

 

 

À lire et diffuser largement : pour rendre le monde intelligible à tous, on devrait quasiment rendre obligatoire l’ouvrage de Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, et son actualisation par Henri Houben.

 

Je ne vois guère à contester (formellement) qu’un point historique : « Une fois débarrassés de la lutte contre l’URSS, les Etats-Unis se lancent donc dans une offensive pour regagner de fait leur position de leader économique mondial. Ils instaurent un Conseil économique national, au service du président américain. Ils transforment leur diplomatie de “ guerre froide ” en actions commerciales en faveur des multinationales américaines. Ils orientent les actions de la CIA et de la NSA (National Strategy Agency) vers des objectifs économiques. »

L’offensive économique a caractérisé tout l’après-guerre (comme la période antérieure) et sa couverture « idéologique » n’a jamais entravé son extraordinaire vigueur. La lutte contre l’URSS, aussi politique et idéologique qu’elle semblât, était fondamentalement économique : à cet égard, entre mille autres manières de combattre la concurrence des rivaux impérialistes, ainsi que celle de l’URSS et des pays devenus socialistes après 1945,  la croisade des États-Unis contre le commerce Est-Ouest a constitué un vrai modèle.

Sur cet aspect économique des choses voir mes livres : Le choix de Marianne: les relations franco-américaines de 1944 à 1948, Paris, Editions Sociales, 1986; Les Protectorats d’Afrique du Nord entre la France et Washington du débarquement à l'indépendance 1942-1956; L'économie suédoise entre l'Est et l'Ouest 1944-1949: neutralité et embargo, de la guerre au Pacte Atlantique, L'Harmattan, 1991; et mes

articles  et communications : «Réflexion sur un ouvrage récent (1992)», 2 articles Cahiers d'histoire de l'institut de recherches marxistes (critique du livre de Gérard Bossuat, L'Europe occidentale à l'heure américaine. Le Plan Marshall et l'unité européenne 1945-1952, Complexe, Bruxelles, 1992), «Avant le Plan Marshall: Prêt-Bail et consensus américain», n° 54, 1994, p. 115-140; «Le Plan Marshall, ses clauses et ses conséquences», n° 55, 1994, p. 115-153; « Plan Marshall et commerce Est-Ouest: continuités et ruptures (cas français et perspective comparative) 1945-1952 », communication au colloque du comité pour l'histoire économique et financière de la France et du Comité d'histoire industrielle, Paris, 21-23 mars 1991, Le Plan Marshall et le relèvement économique de l'Europe, en trois parties :

« I. Une indispensable étude préalable: le commerce Est-Ouest de la guerre au Plan Marshall (1945-printemps 1947) »; « II. Les débuts du Plan Marshall et la codification de l'embargo (automne 1947-fin 1948) », Etudes et Documents, t. 4, 1992, p. 415-448 et 448-480.

« III. L'embargo marshallien de l'ère atlantique: de la signature du Pacte au miracle coréen (1949-1952) », Actes du Colloque, Imprimerie nationale, Paris, 1993, p. 650-683, etc., etc.

 

J’insiste, prenez une partie de votre temps, si occupé soit-il, pour lire ce texte joint. Il sera utile à tous.

 

Amicalement,

 

Annie Lacroix-Riz

 

 

 


De : Jean Pestieau [mailto:gr010471@worldonline.be]
Envoyé : mardi 4 avril 2006 21:31
À : eerstdemensen@yahoogroups.com
Objet : Une analyse marxiste de la globalisation actuelle

 

Une analyse marxiste de la globalisation actuelle

 

Contribution d'Henri Houben au colloque de Shanghai:

La mondialisation économique et l'économie marxiste moderne.

2-3 avril 2006

 

Lorsqu’on aborde la question de la globalisation actuelle, il est important, selon moi, de ne pas commettre deux erreurs.

La première, et incontestablement la plus importante, est de ne pas partir de l’étude sur l’impérialisme de Lénine, qui reste d’une actualité cruciale.

La seconde est de ne pas reconnaître les changements et les adaptations qui se sont déroulés depuis cette époque. La globalisation actuelle est d’abord et avant tout la situation de l’impérialisme propre à notre époque.

 

 

1. L’actualité de l’analyse de Lénine sur l’impérialisme

 

Lénine écrit son texte sur l’impérialisme, en 1916, en pleine guerre mondiale. Son point de vue est que cette guerre est le résultat de politiques impérialistes menées par chaque Etat européen belligérant et que ces politiques viennent eux-mêmes des stratégies des grandes entreprises dans leurs conquêtes des marchés.

Il souligne qu’il y a un changement qualitatif du capitalisme dans le passage de la situation dominée par la libre entreprise et les firmes de taille petite ou moyenne à l’ère des monopoles. Là où régnaient le “ libre marché ” et la concurrence sur le plan surtout économique se substitue la compétition entre géants sur tous les plans. Là où l’Etat servait avant tout à assurer le cadre du développement économique, par des investissements, par le contrôle des travailleurs et par l’unification monétaire succède un Etat impérialiste, prêt à tout pour défendre ses monopoles. Là où les contradictions opposaient travailleurs et patrons et firmes entre elles, les antagonismes prennent désormais un caractère planétaire et mettent en présence non seulement les classes sociales, mais des Etats entre eux. Là où le capitalisme pouvait apporter un développement des techniques et de la science et représenter un progrès par rapport au féodalisme, prend place un capitalisme rentier, parasitaire, vorace, pour qui le critère ultime des choix est la hausse maximale des bénéfices.

Aujourd’hui, l’époque de l’impérialisme est loin d’être révolue. Au contraire, elle est présente que jamais. Et ce qui a surtout changé, c’est l’ampleur avec laquelle les caractéristiques de l’impérialisme agissent.

 

1.1. Un monde dominé par les monopoles

 

Ainsi, en 1916, les monopoles intervenant à une échelle directement planétaire sont plutôt rares. Ils existent surtout dans le domaine des matières premières, déjà dans le pétrole avec Royal Dutch/Shell suivie bientôt par l’Anglo-Iranian Petroleum Company (qui deviendra BP) et la Standard Oil de Rockefeller (aujourd’hui ExxonMobil et, en partie, ChevronTexaco).

A l’heure actuelle, c’est plutôt l’inverse. Rares sont les secteurs qui ne sont pas régis par des géants mondiaux, qui ont une base productive un peu partout sur le globe. Il n’y a plus que deux grands constructeurs d’avions commerciaux : Boeing et Airbus. Il n’y a qu’une douzaine de multinationales automobiles. Elles assurent près de 90% de la production mondiale en 2004, comme le montre le tableau 1. En 1990, pour obtenir une proportion pareille, il fallait 25 firmes. La plupart ont fusionné entre elles ou ont été rachetées par des constructeurs plus puissants. (voir la suite dans le document attaché)

Henri Houben est économiste. Il est attaché à l'Institut d'Etudes marxistes (INEM) à Bruxelles.

 

 

21:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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