08/05/2006

08/05/2006: Belgique, Hollande: c' est en EURO-DICTATURE capitaliste et mccarthyste ... !

 

Bahar Kimyongür
en grève de la faim
depuis le 28 avril

Clea*

Comité liberté d'expression et d'association

Contact :

cleaclea@laposte.net


> Lettre de Bahar à ses juges
(8 mai)

> Autobiographie de Bahar

> Mots de la famille

> Note sur l'arrestation

> Le cas de Bahar Kimyongür ne préoccupe pas que les sympathisants du DHKP-C
(carte blanche parue
dans la Libre du 5 mai)

> Non à l'extradition de Bahar vers la Turquie
(Communiqué commun de l'Association des Arméniens Démocrates de Belgique, les Associations Assyriennes de Belgique, la Fondation Info-Turk et l'Institut Kurde de Bruxelles)

> L'autre affaire Erdal
(par Jean Flinker)

> Un procès exemplaire
(par JC Paye)

> Loi anti-terroriste ou loi de la criminalisation de la résistance à l'injustice?
(Document réalisé par Progress Lawyers Network)

> Appel de l'Ordre des Barreaux francophones et germanophones et...

 

 

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A l’attention de la présidence de la Cour d’Appel de Gand
 

Maison d’arrêt de Dordrecht, le 8 mai 2006

 

En ce glorieux jour du 8 mai, je tiens d’abord à saluer la mémoire de tous les « terroristes » qui se sont battus et sacrifiés au sein et au nom de la Résistance anti-fasciste qui a permis, il y a 61 ans, de libérer l’Europe.

Ils sont la source d’inspiration intarissable du modeste combat que je mène pour ce qu’ils appelaient eux-mêmes des « lendemains qui chantent ».
 

Lors de mes multiples voyages en Turquie, j’ai pu découvrir que le DHKC se bat précisément pour de tels lendemains et avec la même abnégation que celle qui animait les héros de la Résistance.

Ma sympathie envers le DHKC s’est traduite par un engagement consistant à faire connaître sa lutte parmi les démocrates belges.

Cela dit, mes moyens d’expression et d’action ont toujours été indiscutablement pacifiques.
 

Or, lorsque l’on constate l’acharnement avec lequel la justice belge tente de me châtier, on pourrait penser que j’eusse commis quelque crime inqualifiable.

Quels sont donc mes crimes ?

Des manifestations, des actions symboliques de protestation, des conférences de presse, des pétitions, des grèves de la faim, des séminaires, des symposiums, des collectes de médicaments, des rencontres avec des parlementaires belges ou des eurodéputés, l’envoi de missions d’observations des prisons turques, des expositions de photos, des concerts et des projections de films.

Bref, des « crimes » d’expression et de solidarité des plus anodins. En tout cas, des actes qui n’effraieraient pas le dernier des couards, si ce n’est des prédateurs de la liberté comme Hitler, Pinochet, Evren ou Bush.

Pourtant aujourd’hui, ce sont bel et bien des Etats dits « démocratiques » qui se déchaînent sur moi sous le regard approbateur de la « démocratie » turque.

 

Ainsi, je suis incarcéré aux Pays-Bas et en grève de la faim depuis 11 jours.

Ma mise en détention serait motivée par un mandat d’arrêt international émis par l’Etat turc pour avoir chahuté son ministre des affaires étrangères Ismail Cem, le 28 novembre 2000, dans l’enceinte de Parlement européen.

Par mon action consistant à lancer des tracts et à scander des slogans, j’entendais dénoncer ce que son gouvernement s’apprêtait à faire subir aux prisonniers politiques. Et effectivement, trois semaines plus tard le gouvernement turc allait lancer l’assaut militaire le plus meurtrier de l’histoire du pays. Mon action n’a entraîné la moindre enquête judiciaire en Belgique. En revanche, les Pays-Bas ne l’entendent pas de la même manière. Si les Pays-Bas refusent de me libérer, c’est par crainte de ma fuite et de mon absence lors de mon procès d’extradition.

L’Etat turc, lui, veut me voir croupir pendant 15 ans dans l’un de ces fameux mouroirs appelés « prison de type F » contre lesquels 122 militants ont protesté en le payant de leur vie.

La Belgique, quant à elle, m’a une première fois condamné à 4 ans de prison pour avoir simplement traduit et diffusé un communiqué du DHKC.

Pour simplifier, l’Etat turc veut ma tête ; l’Etat belge, mon tronc et l’Etat néerlandais, mes jambes.
 

J’ignore où et comment s’arrêtera cette opération internationale de lynchage et de dépeçage à mon encontre mais en tout cas, je tiens à réaffirmer ma détermination à défendre le droit sacré et inaliénable de résistance à l’oppression.

N’en déplaise aux tortionnaires turcs et à leurs acolytes européens affublés de toges maculées du sang de mes camarades.
 

Mesdames et messieurs les juges, je ne vous demande ni clémence ni pardon. Mais sachez qu’en me condamnant, vous devrez assumer la honte d’avoir marqué le front de la population belge d’une tache noire et indélébile.
 

Aussi, veuillez ne jamais oublier cette funeste réalité : « Avant de tuer les gens, on a d’abord tué leurs droits ».
 

 

Bahar Kimyongür


 

 

* Le Clea est un collectif citoyen visant à promouvoir un débat critique sur les nouvelles législations antiterroristes. Le cas de Bahar Kimyongür est exemplaire à cet égard. En vertu de ces nouvelles dispositions, non seulement les libertés d'expression et d'association sont mises à mal mais en plus la vie d'un homme qui n'a commis aucun délit est menacée.

 

19:44 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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