21/05/2006

23/03/2005: La guerre de l’Amérique pour la domination mondiale

De JM Flemal, traducteur politique belge: La guerre de l’Amérique pour la domination mondiale

----- Original Message -----
Sent: Wednesday, March 23, 2005 2:28 PM
Subject: Correction chossudovsky 12

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La guerre de l’Amérique pour la domination mondiale

par Michel Chossudovsky

 

 

L’article suivant est le texte qui a servi à l’exposé public de Michel Chossudovsky à la Société pour la Défense des Droits civiques et de la Dignité humaine (GBM), à Berlin, les 10 et 11 décembre 2003 et à l’Université Humboldt de Berlin, le 12 décembre 2003.

 

Lors de la Journée des Droits de l’Homme, le 10 décembre 2003, Michel Chossudovsky s’est vu décerner le prix 2003 des Droits de l’Homme par la Société de Défense des Droits civiquers et de la Dignité humaine (GBM). [détails en allemand ]

Photos de la rencontre de la GBM à Berlin, cliquez ici.

Le texte en allemand a été publié par Junge Welt: Vortrag von Michel Chossudovsky Neuordnung der Welt Der Krieg der USA um globale Hegemonie (Teil 1)

www.globalresearch.ca,15 décembre 2003

L’URL de cet article est : http://globalresearch.ca/articles/CHO312A.html

 

 

Nous sommes au point critique de la crise la plus grave de l’histoire moderne. L’administration Bush s’est embarquée dans une aventure militaire qui menace l’avenir de l’humanité.

            Les guerres en Afghanistan et en Irak font partie d’un programme militaire plus vaste, lancé à la fin de la guerre froide. L’agenda de la guerre actuellement en cours est la continuation de la guerre du Golfe de 1991 et des guerres menées par l’Otan contre la Yougoslavie (1991-2001).

            La période qui a suivi la guerre froide a également été marquée par de nombreuses opérations clandestines de renseignements menées par les Etats-Unis dans l’ancienne Union soviétique, opérations qui ont servi à déclencher des guerres civiles dans plusieurs des anciennes républiques soviétiques, y compris la Tchétchénie (faisant partie de la Fédération russe), la Géorgie et l’Azerbaïdjan. Dans ce dernier pays, ces opérations clandestines ont été lancées en vue de s’assurer le contrôle stratégique sur les corridors empruntés par les oléoducs et les gazoducs.

            Les opérations militaires et de renseignements des Etats-Unis durant la période qui a succédé à la guerre froide ont été menées en coordination étroite avec les « réformes de libéralisation des marchés » imposées sous l’égide du FMI en Europe de l’Est, dans l’ancienne Union soviétique et dans les Balkans et qui ont eu pour conséquences la déstabilisation des économies nationales et l’appauvrissement de millions de personnes.

            La Banque mondiale a sponsorisé des programmes de privatisation dans ces pays, elle a mis le capital occidental en mesure de s’approprier et de contrôler une part importante de l’économie des pays de l’ancien bloc de l’Est. Ce processus est également à la base des fusions et/ou reprises stratégiques de l’ancienne industrie pétrolière et gazière soviétique par de puissants conglomérats occidentaux, via la manipulation financière et des pratiques politiques reposant sur la corruption.

            En d’autres termes, l’enjeu de la guerre dirigée par les Etats-Unis est la recolonisation d’une vaste région s’étendant des Balkans à l’Asie centrale.

            Le déploiement de la machine de guerre américaine est supposé élargir la sphère économique d’influence de l’Amérique. Il n’y a pas qu’en Irak et en Afghanistan que les  Etats-Unis ont établi leur présence militaire permanente, ils possèdent également des bases militaires dans plusieurs des anciennes républiques soviétiques jouxtant la frontière occidentale de la Chine. Par ailleurs, depuis 1999, on assiste à un renforcement militaire dans le sud de la mer de Chine.

Guerre et mondialisation vont de pair. La militarisation soutient la conquête de nouvelles frontières économiques et contribuer à imposer à l’échelle mondiale le système du « libre marché ».

 

La prochaine phase de la guerre

 

L’administration Bush a déjà désigné la Syrie comme étant la prochaine étape de « la feuille de route de la guerre ». Le bombardement de présumées « bases terroristes » en Syrie par les forces aériennes israéliennes en octobre visait à fournir une justification aux interventions militaires préventives qui allaient suivre. Ariel Sharon lança les attaques avec l’approbation de Donald Rumsfeld.1            Cette extension planifiée de la guerre à la Syrie entraîne de graves implications. Elle signifie qu’Israël devient un acteur militaire majeur dans la guerre dirigée par les Etats-Unis, de même qu’un membre « officiel » de la coalition anglo-américaine.

            D’un point de vue militaire et économique, le Pentagone considère comme stratégique le « contrôle territorial » sur la Syrie, qui constitue un pont terrestre entre Israël et l’Irak occupé. C’est également un moyen de contrôler la frontière irakienne et de réduire l’afflux de combattants volontaires se rendant à Bagdad afin de rallier la résistance irakienne.

            Cette expansion du théâtre de la guerre concorde avec le plan d’Ariel Sharon de construire un «Grand Israël» «sur les ruines du nationalisme palestinien». Alors qu’Israël cherche à étendre son domaine territorial en direction de l’Euphrate, avec des zones désignées de peuplement juif au cœur même de la Syrie, les Palestiniens sont emprisonnés à Gaza et en Cisjordanie derrière un « mur de l’apartheid ».

            Dans l’intervalle, le Congrès américain a durci les sanctions économiques contre la Libye et l’Iran. De même, Washington fait allusion à la nécessité d’un « changement de régime » en Arabie saoudite. Les pressions politiques s’accumulent contre la Turquie.

            Ainsi, la guerre pourrait en effet déborder sur une zone bien plus vaste s’étendant de la Méditerranée orientale au sous-continent indien et aux frontières occidentales de la Chine.

 

Le recours « préventif » aux armes nucléaires

 

Washington a adopté une politique nucléaire « préventive » consistant à frapper le premier et cette politique a désormais reçu l’approbation du Congrès. Les armes nucléaires ne sont plus donc une arme de dernier recours comme ce fut le cas durant la période de la guerre froide.

            Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël ont coordonné leur politique sur le plan des armes nucléaires. Les ogives nucléaires israéliennes sont pointées sur les villes principales du Moyen-Orient. Les gouvernements des trois pays ont déclaré très ouvertement, déjà avant la guerre contre l’Irak, qu’ils étaient préparés à recourir aux armes nucléaires « s’ils étaient attaqués » par ce qu’on appelle des « armes de destruction massive ». Israël est la cinquième puissance nucléaire dans le monde. Son arsenal nucléaire est plus avancé que celui de la Grande-Bretagne.

            Quelques semaines à peine après l’entrée de marines américains à Bagdad, la Commission sénatoriale américaine sur les Services armés a donné le feu vert au Pentagone afin qu’il développe une nouvelle bombe nucléaire tactique, utilisable sur les théâtres d’opérations conventionnels, et « d’une charge [jusqu’à] six fois plus puissante que la bombe d’Hiroshima ».

            A la suite de la décision du Sénat, le Pentagone a redéfini les détails de son agent nucléaire lors d’une rencontre secrète avec d’importants exécutifs de l’industrie nucléaire et du complexe militaro-industriel qui s’est tenue au QG du Commandement central de la base aérienne d’Offutt, dans le Nebraska. La rencontre a eu lieu le 6 août, jour pour jour 58 ans après que la première bombe atomique eut été larguée sur Hiroshima.

            La nouvelle politique nucléaire implique explicitement dans le processus décisionnel les importantes firmes de défense. Cela revient à « privatiser » la guerre nucléaire. Les sociétés vont non seulement palper des bénéfices de plusieurs milliards de dollars dans la production de bombes atomiques, elles auront aussi directement voix au chapitre quand il s’agira de fixer l’agenda du recours et de déploiement des armes nucléaires. Entre-temps, le Pentagone a déclenché une importante campagne de propagande et de public relations en vue d’appuyer l’utilisation des armes nucléaires pour la « défense de la patrie américaine ».

Totalement approuvées par le Congrès américain, les mini-bombes atomiques sont considérées comme étant « sans danger pour les civils ».

Cette nouvelle génération d’armes nucléaires est susceptible d’être utilisée dans la prochaine phase de cette guerre, sur les « théâtres d’opérations conventionnels » (par exemple, au Moyen-Orient et en Asie centrale) et ce, en même temps que les armes conventionnelles.

En décembre 2003, le Congrès américain allouait 6,3 milliards de dollars, pour la seule année 2004, au développement de cette nouvelle génération d’armes nucléaires « défensives ».

Le budget annuel total de la défense est de l’ordre de 400 milliards de dollars, c’est-à-dire, en gros, du même ordre de grandeur que le Produit intérieur brut (PIB) de l’ensemble de la Fédération russe.

Alors qu’il n’y a pas de preuves formelles de l’utilisation de mini-bombes atomiques sur les théâtres d’opérations irakien et afghan, des tests effectués par le Centre canadien de Recherches médicales sur l’Uranium (UMRC) en Afghanistan confirment que les radiations toxiques repérées n’étaient pas attribuables à des munitions « lourdes » à l’uranium appauvri (UA), mais à une autre forme non identifiée de contamination par l’uranium : « Un certain type d’arme à l’uranium avait été utilisée (…) Les résultats en furent incroyables : les personnes examinées présentaient des concentrations d’isotopes toxiques et radioactifs entre 100 et 400 fois plus élevées que sur les vétérans de la guerre du Golfe examinés en 1999 ».2 

 

La planification de la guerre

 

La guerre en Irak était déjà envisagée au moins depuis le milieu des années 90.

            Un document émanant de la Sécurité nationale de l’administration Clinton et datant de 1995 affirmait on ne peut plus clairement que l’objectif de la guerre était le pétrole. « Afin de protéger les Etats-Unis de façon ininterrompue, il faut leur assurer l’accès au pétrole. ».      

En septembre 2000, quelques mois avant l’arrivée de George W. Bush à la Maison-Blanche, le Projet pour un Nouveau Siècle Américain (Project for a New American Century – PNAC) sortait son plan de domination mondiale sous le titre : « Reconstruction des défenses de l’Amérique ».

            Le PNAC est un réservoir à cerveaux néo-conservateur lié à l’establishment de la défense et des renseignements, au Parti républicain et au puissant Conseil des Relations étrangères (CFR), et qui joue un rôle en coulisse dans la formulation de la politique étrangère américaine.

            L’objectif avoué du PNAC est on ne peut plus simple : « Se battre et remporter des victoires décisives dans des guerres à théâtres d’opérations multiples et simultanés ». 

            Cette déclaration indique que les Etats-Unis ont bien l’intention de s’engager sur plusieurs théâtres d’opérations de guerre en même temps et dans diverses régions du monde.

            Le secrétaire adjoint à la Défense, Paul Wolfowitz, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et le vice-président Dick Cheney avaient commandité le projet du PNAC bien avant les élections présidentielles.

            Le PNAC esquisse une feuille de route de conquête. Il revendique « l’installation forcée de bases avancées » américaines à travers l’Asie centrale et le Moyen-Orient « en vue d’assurer la domination économique sur le monde, tout en étouffant tout ‘rival’ potentiel ou toute alternative viable à la vision américaine d’une ‘libre économie de marché’ ».3

Le rôle des « événements entraînant d’énormes pertes humaines »

 

Le plan du PNAC ébauche également un cadre constant de propagande de guerre. Un an avant le 11 septembre, le PNAC estimait indispensable « quelque événement catastrophique et catalysant, comme un nouveau Pearl Harbor », qui servirait à galvaniser l’opinion publique américaine pour soutenir un programme de guerre.4

            Les architectes du PNAC semblent avoir anticipé avec une précision cynique le recours aux attentats du 11 septembre comme un « incident pouvant servir de prétexte à la guerre ».

            L’allusion du PNAC à « un événement catastrophique et catalysant » fait écho à une déclaration similaire de David Rockefeller au département des Affaires politiques des  Nations unies, en 1994 : « Nous sommes à la veille d’une transformation mondiale. Tout ce qu’il nous faut, c’est une crise majeure adéquate, et les nations accepteront le nouvel ordre mondial. »

            Il en est de même pour les propos de Zbigniew Brzezinski dans son ouvrage, Le grand échiquier : « (…) il pourrait être plus malaisé de forger un consensus [en Amérique] autour des questions de politique étrangère, hormis dans les circonstances d’une menace extérieure directe réellement énorme et très largement perçue. »

            Zbigniew Brzezinski, qui fut le conseiller du président Jimmy Carter en matière de Sécurité nationale, fut l’un des architectes du réseau al-Qaeda, créé par la CIA au moment du déclenchement de la guerre soviéto-afghane (1979-1989).

           

 

L’« événement catastrophique et catalysant », tel qu’en parle le PNAC, fait partie intégrante du planning américain concernant les opérations militaire set les renseignements. Le général Franks, qui a dirigé la campagne militaire contre l’Irak, faisait remarquer récemment (en octobre 2003) le rôle d’un « événement entraînant d’énormes pertes humaines » pour attiser le soutien à l’instauration d’une pouvoir militaire en Amérique.5

            Franks cite le scénario précis selon lequel sera établi le pouvoir militaire : « Un événement terroriste entraînant d’énormes pertes humaines [se produira] quelque part dans le monde occidental – ce pourrait être les Etats-Unis d’Amérique –, qui amènera notre population à remettre en question notre propre Constitution et à entamer la militarisation de notre pays afin d’éviter la répétition d’un autre événement entraînant d’énormes pertes humaines. » 6

            Cette déclaration, émanant d’un individu activement impliqué dans les plans militaires et de renseignements au plus haut niveau, suggère que la « militarisation de notre pays » est un postulat opérationnel bien actuel. Il constitue un élément du « consensus de Washington » au sens élargi du terme. Il identifie la « feuille de route » de la guerre et de la « défense de la patrie » mise au point par l’administration Bush. Inutile de dire qu’il fait également partie intégrante de l’agenda néo-libéral.

            Le général Franks présente cet « événement entraînant d’énormes pertes humaines » comme un date politique cruciale. La crise et l’agitation sociale qui en résulteraient seraient censées faciliter un changement majeur dans les structures politiques, sociales et institutionnelles des Etats-Unis.

            La déclaration du général Franks reflète un consensus régnant au sein de l’armée américaine quant à la façon dont les événements devraient se dérouler. La « guerre contre le terrorisme » doit fournir une justification à l’abrogation du Pouvoir de la Loi, dans le but final de « sauvegarder les libertés civiques ». 

            L’interview de Franks suggère qu’un attentat terroriste sponsorisé par al-Qaeda sera utilisé comme « mécanisme de déclenchement » d’un coup d’Etat militaire en Amérique. L’« événement de type Pearl Harbor » serait utilisé en tant que justification de l’état d’urgence débouchant sur la mise en place d’un gouvernement militaire.

            A maints égards, la militarisation des institutions civiles de l’Etat aux Etats-Unis est déjà fonctionnelle sous une façade de démocratie bidon.

 

La propagande de guerre

 

Dans le sillage des attentats de septembre contre le World Trade Center, le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, fonda le Bureau de l’Influence stratégique (Office of Strategic Influence – OSI), ou « Bureau de la Désinformation », comme le surnommèrent ses adversaires : « Le département de la Défense a déclaré qu’il devait agir de la sorte et ils vont en fait faire circuler des histoires fausses dans les pays étrangers – dans un effort d’influence l’opinion publique à travers le monde. »7       

Et, brusquement, l’OSI fut officiellement dissous à la suite de pressions politiques et d’histoires « embarrassantes » des médias prétendant que « son but était de mentir délibérément pour favoriser les intérêts de l’Amérique ».8  « Rumsfeld recula et déclara que c’était embarrassant. »9 Pourtant, malgré cette volte-face apparente, la campagne orwellienne de désinformation lancée par le Pentagone demeura fonctionnellement intacte : « () le secrétaire à la Défense ne joue pas particulièrement franc-jeu, ici. La désinformation dans la propagande militaire fait partie de la guerre. »10

            Plus tard, dans un entretien accordé à la presse, Rumsfeld confirma que, si l’OSI n’existe plus en tant qu’appellation, « les fonctions imparties au bureau doivent continuer à être menées à bien ».11

            Nombre d’institutions gouvernementales et d’unités de renseignements – entretenant des liens avec le Pentagone – restent activement impliquées dans diverses composantes de la campagne de propagande. On chamboule complètement les réalités. On fait passer des actes de guerre pour des « interventions humanitaires » visant à un « changement de régime » et à la « restauration de la démocratie ». L’occupation militaire et le massacre de civils sont présentés comme des opérations de « maintien de l’ordre ». Les atteintes aux libertés civiles – dans le contexte de la prétendue « législation antiterroriste » - sont décrites comme un moyen d’assurer la « sécurité domestique » et de défendre ces mêmes libertés civiles.

 

Le rôle central d’al-Qaeda dans la doctrine de Bush concernant la sécurité nationale

 

Telle qu’elle est clairement expliquée dans la Stratégie de la Sécurité nationale (NSS), la doctrine de la « guerre défensive » de prévention et la « guerre au terrorisme » contre al-Qaeda constituent les deux assises essentielles de la campagne de propagande du Pentagone.

            L’objectif consiste à présenter toute « action militaire préventive » - c’est-à-dire la guerre – comme un acte d’« autodéfense » contre deux catégories d’ennemis, les « Etats voyous » et les « terroristes islamiques » : « La guerre contre des terroristes de portée mondiale est une entreprise mondiale de durée incertaine. (…) L’Amérique agira contre l’apparition de telles menaces avant qu’elles se soient pleinement constituées.

« () Les Etats voyous et les terroristes ne cherchent pas à nous attaquer en recourant à des moyens conventionnels. Ils savent que de telles attaques échoueraient. En lieu et place, ils comptent sur des actes de terreur et, potentiellement, sur le recours à des armes de destruction massive (…).

« Les cibles de ces attaques sont nos forces militaires et notre population civile, en violation directe de l’une des principales normes des lois de la guerre. Comme cela a été démontré lors des pertes du 11 septembre 2001, d’énormes pertes en vies humaines parmi les civils constituent l’objectif spécifique des terroristes et ces pertes seraient exponentiellement plus sévères encore si les terroristes pouvaient acquérir et utiliser des armes de destruction massive.

« Les Etats-Unis ont longtemps soutenu l’option des actions préventives afin de contrer une menace suffisante contre notre sécurité nationale. Plus grande est la menace, plus grand est le risque de l’inaction et plus urgente la nécessité de prendre des mesures de prévention pour nous défendre (…). Pour prévoir ou empêcher de tels actes hostiles de la part de ses adversaires, les Etats-Unis agiront, si nécessaire, de façon préventive. »12

Pour justifier les actions militaires préventives, le doctrine de la sécurité nationale requiert la « fabrication » d’une menace terroriste – c’est-à-dire un « ennemi extérieur ». Il est également nécessaire d’associer ces menaces terroristes au « soutien d’Etat » de la part des prétendus « Etats voyous ».

Mais cela signifie aussi que les divers « événements entraînants d’énormes pertes humaines » prétendument imputés à al-Qaeda (l’ennemi fabriqué) font partie de l’agenda de la Sécurité nationale.

Dans les mois des préparatifs de l’invasion de l’Irak, des opérations secrètes « mensongères » furent lancées pour produire des renseignements trompeurs relatifs à la fois aux armes de destruction massive (ADM) et à al-Qaeda, et qui finirent par circuler sur les divers canaux de l’information.

Dans le sillage de la guerre, alors que la menace des ADM a été mise à mal, les menaces d’al-Qaeda contre « la patrie » continuent à se répéter ad nauseam dans les déclarations officielles, à être commentées sur les chaînes de télévision et rabâchées quotidiennement dans les journaux.

Et, sous-tendant ces faits manipulés, on a gonflé les faits terroristes du tonneau « Oussama bin Laden » pour justifier la prochaine phase de cette guerre. Cette dernière s’articule de façon très directe : l’efficacité de la campagne de propagande du Pentagone et de la CIA, qui alimente les réseaux de l’information, le fait qu’il se passe actuellement des « événements entraînant d’énormes pertes humaines », comme l’esquissait le PNAC.

            Ce que tout cela signifie, c’est que les actes réels de terrorisme (« entraînant d’énormes pertes humaines ») font bel et bien partie du planning militaire.

 

Les attaques terroristes réelles

 

En d’autres termes, pour être « efficace », la campagne de peur et de désinformation ne peut uniquement reposer sur des « avertissements » sans fondement de l’imminence de futurs attentats, elle requiert également des « réels » actes ou « incidents » terroristes fournissant davantage de crédibilité aux plans de guerre de Washington. Ces événements terroristes sont utilisés pour justifier l’application de « mesures d’urgence » ainsi que d’« actions militaires de représailles ». Dans le contexte actuel, on demande à ces mesures et actions qu’elles créent l’illusion d’un « ennemi extérieur » menaçant la patrie américaine.

            Le déclenchement d’« incidents prétextes à la guerre » fait partie des idées du Pentagone. En fait, cela fait partie intégrante de l’histoire militaire américaine.13

En 1962, les chefs d’état-major réunis avaient envisagé un plan secret appelé « Opération Northwoods », visant délibérément à provoquer des pertes humaines civiles afin de justifier l’invasion de Cuba. « Nous ferions sauter un navire américain dans la baie de Guantanamo et en accuserions Cuba. » « Nous pourrions développer une campagne communiste de terreur dans la région de Miami, dans d’autres villes de Floride et même à Washington. » « Les listes des victimes dans les journaux américains provoqueraient une vague utile d’indignation nationale. »14

            Il n’y a pas de preuve que le Pentagone ou la CIA aient joué un rôle direct dans les récents attentats terroristes, y compris ceux qui ont eu lieu en Indonésie (2002), en Inde (2001), en Turquie (2003) et en Arabie saoudite (2003).

            Selon les rapports, les attentats ont été mis sur pied par des organisations (ou, du moins, des cellules de ces organisations), qui opèrent en toute indépendance, avec un certain degré d’autonomie. Cette indépendance est dans la véritable nature d’une opération secrète de renseignements. L’unité active des renseignements n’est pas en contact direct avec ses commanditaires sous le manteau. Elle n’est pas nécessairement au courant du rôle qu’elle joue pour le compte de ceux qui la commanditent.

            La question fondamentale est de savoir qui est derrière ces gens ? Par quelles sources sont-ils financés ? Quel est le réseau sous-jacent des liens ?

            Par exemple, dans le cas de l’attentat à la bombe de 2002, à Bali, l’organisation terroriste supposée Jemaah Islamiah avait des liens avec les renseignements militaires indonésiens (BIN) qui, à son tour, à des liens avec la CIA et les renseignements australiens.

            Les attentats terroristes de décembre 2001 contre le parlement indien – qui ont contribué à mettre l’Inde et le Pakistan au bord de la guerre – ont été dirigés, a-t-on prétendu, par deux groupes rebelles cantonnés au Pakistan, Lashkar-e-Taiba (L’armée des purs) et Jaish-e-Muhammad (L’armée de Mahomet), tous deux soutenus par l’ISI pakistanais, s’il faut en croire le Conseil des Relations étrangères (CFR).15

            Ce que le CFR ne reconnaît pas, c’est la relation importante entre l’ISI et la CIA et le fait que l’ISI continue à soutenir Lashkar, Jaish et les militants des Jammu et Kashmir Hizbul Mujahideen (JKHM), tout en collaborant également avec la CIA.16

            Un document classé en 2002 et destiné à servir de directive au Pentagone « recommande la création d’un ‘Groupe d’Opérations proactives et préventives’ (P2OG) afin de lancer des opérations secrètes visant à ‘stimuler des réactions’ parmi les terroristes et les Etats possédant des armes de destruction massive – autrement dit, par exemple, encourager des cellules terroristes à passer à l’action et les exposer à de ‘promptes ripostes’ de la part des forces américaines. »17

            L’initiative du P2OG n’innove en rien. Elle développe essentiellement plus avant tout un dispositif existant d’opérations secrètes. Exceptionnellement bien renseignée, la CIA soutient des groupes terroristes depuis l’époque de la guerre froide. Cette « stimulation de cellules terroristes » sous le couvert d’opérations secrètes de renseignements requiert souvent l’infiltration et l’entraînement des groupes radicaux liés à al-Qaeda.

            A cet égard, le soutien discret de la part de l’appareil militaire et des renseignements des Etats-Unis a été acheminé vers plusieurs organisations terroristes islamiques via un réseau complexe d’intermédiaires et d’agents non officiels de renseignements. Au cours des années 90, les agences du gouvernement américain ont collaboré avec al-Qaeda dans un certain nombre d’opérations secrètes, comme l’a confirmé en 1997 un rapport de la Commission du Parti républicain du Congrès américain.18 En fait, durant la guerre en Bosnie, les inspecteurs américains en armements travaillaient avec des agents d’al-Qaeda, amenant d’importantes quantités d’armes pour l’armée musulmane bosniaque.

            En d’autres termes, l’administration Clinton « hébergeait des terroristes ». De plus, des déclarations officielles et des rapports des renseignements confirment l’existence de liens entre des unités des renseignements militaires américains et les agents d’al-Qaeda, comme cela a été le cas en Bosnie (au milieu des années 90), au Kosovo (1998-99) et en Macédoine (2001).19

            L’administration Bush et l’Otan avaient des liens avec al-Qaeda en Macédoine. Et ce, quelques semaines à peine avant le 11 septembre 2001. Des conseillers militaires américains supervisant une unité de mercenaires privés en contrat avec le Pentagone ont combattu aux côtés de moudjahidine durant des attaques terroristes contre les forces de sécurité macédoniennes. L’affaire est confirmée, détails à la clé, par la presse et les autorités macédoniennes.20 Le gouvernement américain et le réseau militant islamique travaillaient main dans la main en soutenant et en finançant l’armée de libération nationale (NLA) impliquées dans les attentats terroristes en Macédoine.

            En d’autres termes, quelques semaines avant le 11 septembre, l’armée américaine collaborait toujours directement avec al-Qaeda.

 

Al-Qaeda et les services de renseignements militaires pakistanais (ISI)

 

Il est en effet révélateur que dans la quasi-totalité des faits de terrorisme postérieurs au 11 septembre, il est dit (dans les médias et dans les déclarations officielles) que l’organisation terroriste responsable a des « liens avec al-Qaeda, le groupe d’Oussama bin Laden ». En soi, c’est une information d’une grande importance. Naturellement, le fait qu’al-Qaeda est une création de la CIA n’est ni mentionné dans les rapports de presse ni considéré comme important si l’on veut comprendre des actes terroristes.

            Les liens entre ces organisations terroristes (particulièrement en Asie) et les services de renseignements militaires pakistanais (ISI) ont été reconnus dans quelques cas par des sources officielles et des dépêches de la presse. Fait confirmé par le Conseil des Relations étrangères (CFR), on dit que certains de ces groupes ont des liens avec l’ISI pakistanais, mais on ne précise toutefois pas la nature de ces liens. Inutile de dire que cette information est cruciale pour identifier les gens qui ont soutenu ces attentats terroristes. En d’autres termes, on dit que l’ISI soutient ces organisations terroristes tout en entretenant des liens étroits avec la CIA.

 

Le 11 septembre

 

Alors que, dans son discours de février 2003 devant l’ONU, Colin Powell insistait, sans la moindre preuve, sur « les liens sinistres entre l’Irak et le réseau terroriste d’al-Qaeda », des documents officiels, des rapports de presse et des renseignements confirment que plusieurs administrations américaines successives ont soutenu et encouragé le réseau islamique militant. Cette relation est un fait établi, corroboré par de nombreuses études, reconnu par les traditionnels réservoirs à cerveaux de Washington.

Tant Colin Powell que son adjoint Richard Armitage qui, dans les mois précédant la guerre, accusaient de façon désinvolte Bagdad et d’autres gouvernements étrangers d’« héberger » al-Qaeda, ont joué un rôle direct, à divers moments de leur carrière, en soutenant ces organisations terroristes.

Les deux hommes ont été impliqués – en opérant en coulisse – dans le scandale des contras de l’Irangate sous l’administration Reagan, scandale qui mit en cause la vente illégale d’armes à l’Iran afin de financer l’armée paramilitaire des contras nicaraguayens et les moudjahidine afghans.21

            De plus, tant Richard Armitage que Colin Powell ont joué un rôle dans la dissimulation dont à fait l’objet l’affaire du 11 septembre. Les enquêtes et les recherches menées au cours de ces deux dernières années, y compris les documents et témoignages officiels ainsi que les rapports des services de renseignements, indiquent que le 11 septembre a été une opération de renseignements soigneusement préparée plutôt qu’un acte dirigé par une organisation terroriste.22

Dans un rapport rendu public fin septembre 2001, le FBI a confirmé le rôle des renseignements militaires pakistanais. Selon le rapport, le chef supposé de la bande du 11 septembre, Mohammed Atta, avait été financé par des sources pakistanaises. Par la suite, un autre rapport de renseignements confirma que le chef de l’ISI de l’époque, le général Mahmoud Ahmad, avait fait parvenir de l’argent à Mohammed Atta.23

Qui plus est, des rapports de presse et des déclarations officielles confirment que le chef de l’ISI était en visite officielle aux Etats-Unis du 4 au 13 septembre 2001. En d’autres termes, le chef de l’ISI pakistanais, dont on affirme qu’il a versé de l’argent aux terroristes, était également en étroites relations avec un certain nombre de hauts fonctionnaires de l’administration Bush, y compris Colin Powell, le directeur de la CIA George Tenet et le secrétaire d’Etat adjoint Richard Armitage, trois personnages qu’il rencontra lors de sa visite à Washington.24

 

Le mouvement contre la guerre

 

Un mouvement cohérent contre la guerre ne peut pas s’appuyer uniquement sur la seule mobilisation du sentiment d’hostilité à la guerre. Il doit en fin de compte déboulonner les criminels de guerre et remettre en question le droit de gouverner.

Une condition nécessaire pour destituer les dirigeants est d’affaiblir et, finalement, de démolir complètement leur campagne de propagande.

            L’ampleur des vastes rassemblements contre la guerre aux Etats-Unis, dans l’Union européenne et dans le monde, devrait poser les bases d’un réseau permanent composé de dizaines de milliers de comités locaux contre la guerre, dans les quartiers, les lieux de travail, les paroisses, les écoles, les universités, etc. C’est en fin de compte via ce réseau qu’il sera possible de défier la légitimité de ceux qui « dirigent en notre nom ».

            Pour court-circuiter les plans de guerre de l’administration Bush et mettre sa machine de propagande hors de combat,  nous devons nous adresser à nos concitoyens à travers le pays, aux Etats-Unis, en Europe et dans le monde, aux millions de gens ordinaires qui ont été induits en erreur à propos des causes et des conséquences de cette guerre.

            Ceci implique également une exposition complète de tous les mensonges sous-tendant la « guerre contre le terrorisme » et de la complicité politique de l’administration Bush dans les événements du 11 septembre.

            Inutile de dire que le recours à des « événements entraînant d’énormes pertes humaines » comme prétexte pour mener une guerre est un acte criminel. Pour reprendre les propos d’Andreas van Buelow, ancien ministre allemand de la Technologie et auteur de l’ouvrage intitulé « La CIA et le 11 septembre » : « Si ce que je dis est la vérité, l’ensemble du gouvernement américain devrait se retrouver derrière les barreaux. »

            Pourtant, il ne suffit pas d’écarter George W. Bush ou Tony Blair, qui sont de simples marionnettes. Nous devons également nous en prendre au rôle des banques, sociétés et institutions financières mondiales qui, de façon indélébile, se trouvent derrière les acteurs politiques et militaires.

            De plus en plus, c’est l’establishment des forces armées et des renseignements (plutôt que le département d’Etat, la Maison-Blanche et le Congrès américain) qui prend les décisions de la politique étrangère américaine. Néanmoins, ce sont les géants pétroliers du Texas, les industriels de la défense, Wall Street et les puissants médias, opérant discrètement en coulisse, qui tirent les ficelles. Si les hommes politiques deviennent une source d’embarras majeurs, les médias peuvent les discréditer, après quoi on peut très bien les mettre au rebut et installer une nouvelle équipe de marionnettes politiques.

 

La criminalisation de l’Etat

 

On peut parler de « criminalisation de l’Etat » lorsque des criminels de guerre occupent légitimement des postes de pouvoir qui les mettent à même de décider « qui sont les criminels », alors qu’en fait, ce sont eux les criminels.

            Aux Etats-Unis, aussi bien les républicains que les démocrates partagent le même agenda de la guerre et il y a des criminels de guerre au sein des deux partis. Tous deux sont complices dans la dissimulation qui s’est opérée autour du 11 septembre et dans la quête de domination mondiale qui a suivi. Toutes les preuves renvoient à ce qui ne peut être mieux décrit que par l’expression « criminalisation de l’Etat », et qui inclut les corridors de la justice et des deux partis au sein du Congrès américain.

            Dans le cadre de l’agenda de la guerre, des hauts fonctionnaires de l’administration Bush, des membres de l’armée, du Congrès et de l’appareil judiciaire se sont vu accorder le pouvoir, non seulement de commettre des actes criminels, mais également de désigner les personnes du mouvement contre la guerre opposées à ces actes criminels comme étant des « ennemis de l’Etat ».

            De façon plus générale, l’armée et l’appareil sécuritaire des Etats-Unis défendent et soutiennent les intérêts économiques et financiers dominants – autrement dit, ce sont la mise en place et l’exercice du pouvoir militaire qui imposent le « commerce libre ». Le Pentagone est un bras de Wall Street; l’Otan coordonne ses opérations militaires avec les interventions politiques de la Banque mondiale et du FMI, et vice versa. Constamment, les organismes responsables de la sécurité et de la défense au sein de l’alliance militaire occidentale, de concert avec les diverses bureaucraties civiles tant gouvernementales qu’inter-gouvernementales (ex. le FMI, la Banque mondiale, l’OMC), partagent une vision commune, un consensus et un engagement idéologiques commun tendant vers le nouvel ordre mondial.

            Pour éloigner la marée montante de la guerre, il faut démanteler les bases militaires, arrêter la machine de guerre (à savoir, la production de systèmes d’armes sophistiqués comme les ADM) et démanteler l’Etat policier en devenir. De façon plus générale, nous devons inverser les réformes favorisant le « libre marché », démanteler les institutions du capitalisme mondial et désarmer les marchés financiers.

            La lutte doit être menée à partir d’une base élargie et englober de façon démocratique tous les secteurs de la société à tous les niveaux, dans tous les pays, unir dans un élan majeur les travailleurs, les fermiers, les producteurs indépendants, les petits commerçants et artisans, les hommes de métier, les artistes, les agents de l’Etat, les membres du clergé, les étudiants et les intellectuels.

            Les mouvements contre la guerre et contre la mondialisation doivent être intégrés au sein d’un seul mouvement de dimension mondiale. Les gens doivent s’unir entre secteurs, les groupes se concentrant sur « un seul problème » doivent s’associer dans une entente commune et collective sur la façon dont le nouvel ordre mondial détruit et appauvrit le monde.

            La mondialisation de cette lutte est fondamentale, elle requiert un degré de solidarité et d’internationalisme sans précédent dans l’histoire du monde. Ce système économique mondiale se nourrit sur la division sociale entre les pays et au sein de chaque pays. L’unité d’objectif et de coordination à l’échelle mondiale entre les divers groupes et mouvements sociaux est d’un importance cruciale. Un élan majeur est nécessaire afin de rassembler, dans toutes les régions importantes du monde, les mouvements sociaux dans une poursuite et un engagement communs en vue de l’élimination de la pauvreté et de la réalisation d’une paix mondiale durable.



1 Voir Gordon Thomas, Global Outlook, n° 6, hiver 2004.

3 Voir Chris Floyd, Bush's Crusade for empire, Global Outlook, n° 6, 2003.

5 Voir : General Tommy Franks calls for Repeal of US Constitution, novembre 2003, http://www.globalresearch.ca/articles/EDW311A.html .

6 Ibid.

7 Interview de Steve Adubato, Fox News, 26 décembre 2002.

8 Air Force Magazine, janvier 2003.

9 Adubato, op. cit.

10 Ibid.

11 Cité dans Federation of American Scientists (FAS) Secrecy News, http://www.fas.org/sgp/news/secrecy/2002/11/112702.html, on peut consulter l’interview de Rumsfeld par la presse sur : http://www.fas.org/sgp/news/2002/11/dod111802.html .

12 National Security Strategy, White House, 2002, http://www.whitehouse.gov/nsc/nss.html .

13 Voir Richard Sanders, War Pretext Incidents, How to Start a War, Global Outlook, publié en deux parties, numéros 2 et 3, 2002-2003.

14 Voir le document « top secret » déclassé de 1962, intitulé « Justification for U.S. Military Intervention in Cuba ». Voir aussi Operation Northwoods at http://www.globalresearch.ca/articles/NOR111A.html .

15 Council on Foreign Relations sur http://www.terrorismanswers.com/groups/harakat2.html , Washington, 2002.

16 Pour de plus amples détails, voir Michel Chossudovsky, Comment on fabrique un ennemi, mars 2003, http://www.globalresearch.ca/articles/CHO301B.html .

17 William Arkin, The Secret War, The Los Angeles Times, 27 octobre 2002.

18 Voir US Congress, 16 janvier 1997, http://www.globalresearch.ca/articles/DCH109A.html .

19 Voir Michel Chossudovsky, Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre, Global Outlook, 2003, chapitre 3, http://globalresearch.ca/globaloutlook/truth911.html .

20 Voir Michel Chossudovsky, op cit.

21 Pour de plus amples détails, voir Michel Chossudovsky, Dénoncer les liens entre al-Qaeda et l’administration Bush, http://www.globalresearch.ca/articles/CHO303D.html .

22 Pour de plus amples détails, voir Centre for Research on Globalization, 24 articles importants, septembre 2003.

23 Voir Michel Chossudovsky, Guerre et mondialisation, op.cit.

24 Ibid.

10:19 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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