29/05/2006

28/05/2006: 29 mai 2005, un non … et puis après ?

Les Français et les Néerlandais ont dit NON à la Constitution capitaliste européenne.
En démocratie, cela devrait suffire pour l' enterrer définitivement.
Mais les dirigeants de l' EURO-DICTATURE vont quand même nous la faire avaler.
Le Président Autrichien, Baroso, Prodi, la chancelière allemande, l'ex-Président luxembourgeois (voir son référendum), ont déjà fait clairement connaître leurs intentions.
Non, c' est le prochain combat de tous ceux qui s' opposent à l' EURO-DICTATURE des patrons, des banquiers, des multinationales et transnationales capitalistes.
Il n' y a pas à hésiter. Il faudra mener un grand combat également contre les réformistes, les opportunistes, les intégrationnistes et participationnistes de "gauche", si les masses populaires veulent gagner cette bataille. Sinon, ce sera un nouvel empire pour 1.000 ans. Déjà aujourd'hui, la dictature, la bureaucratie, la technocratie européennes, accumulent les dégâts pour les travailleurs, accentuent les antagonismes. Ce sera pire encore demain et ce dans l' ensemble des pays membres. Il faut être aveugle pour ne pas le voir et le comprendre. Les travailleurs n'ont rien à gagner dans l' énorme machin capitaliste !
RoRo
 
 
 
----- Original Message -----
From: LE RACO
Sent: Sunday, May 28, 2006 9:27 PM
Subject: [LE ROUET A COEUR OUVERT] 29 mai 2005, un non ... et puis après ?

[LE ROUET A COEUR OUVERT]
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29 mai 2005, un non … et puis après ?
 
Le 29 mai 2005, il y a tout juste un an, près de 55 % des électeurs français ont choisi de dire « non » au Traité constitutionnel européen. Parmi eux, 60 % d'employés et 81 % d'ouvriers. Le rejet est massif. Il n'est pas complètement surprenant. Quatorze ans plus tôt, la banquise a commencé à craquer : le 20 septembre 1992, près de 45 % des ouvriers et 40 % des employés ont déjà dit « non » au traité de Maastricht, le grand dessein européen du second septennat Mitterrand.

Refus d'une Europe libérale perçue comme menaçante ?

Pas seulement. Les milieux populaires sont en train de décrocher du système. A l'époque, certains le perçoivent bien, Jacques Chirac notamment qui, en 1995, fait toute sa campagne électorale sur le thème de la fracture sociale.
Mais la fracture il ne fait tout pour qu’elle ne se résorbe pas.
En 2002, c'est Lionel Jospin qui en est la grande victime pour avoir poursuivi dans la même logique.

L'électorat populaire l'abandonne et le 21 avril, dans l'ensemble du salariat, Jean-Marie Le Pen arrive en tête des votes devant Jacques Chirac et le candidat socialiste.
En 2005, c'est le président de la République qui, à son tour, se retrouve le premier sanctionné par le « non » à l'Europe.
Mais, à ses côtés, figurent aussi tous les partis gouvernementaux, l'UMP, le PS, l'UDF qui ont appelé à dire « oui », et plus globalement les élites qui, parfaitement à l'aise dans la mondialisation, refusent de voir le malaise ou plutôt le mal-être des milieux populaires.

Et en 2007, qui sera la victime ?

La question mérite d'être posée et sérieusement. « Le descenseur social » ou comment la République, au lieu d'être une promesse d'ascenseur social, est devenue, pour une partie de ses citoyens, une menace de déclassement. Comment l'Etat, au lieu de protéger contre cette aspiration vers le bas, semble au contraire l'institutionnaliser à travers la casse des services publics, de l'emploi ou de l'école.
Ce drame, on le percevait certes, à de multiples signes : le taux de chômage très élevé dans certaines parties du territoire, la crise des banlieues, la bataille contre le CPE, le poids des fractures territoriales, la montée du vote protestataire... Mais il manquait encore d'une réelle mesure de l'ampleur du phénomène. C'est un choc. Un an après le « non » - massif - au référendum sur le Traité constitutionnel européen, un an avant l'élection présidentielle de 2007, personne ne pourra plus dire qu'il l'ignorait.

Ce qui faut rappeler, ce sont d'abord des chiffres, bruts mais parlants : les employés et les ouvriers en France représentent 15 millions de personnes, 30 % de la population de plus de 15 ans et plus de la moitié de la population active. Salaire moyen : 1.300 euros nets par mois. Démographiquement parlant, électoralement parlant, les milieux populaires sont un groupe central, le second derrière les retraités (30,3 %), loin devant les professions intermédiaires (6 millions de personnes), les cadres et professions intellectuelles (4 millions) et les non-salariés (2,5 millions).

Ce qu’il se pulvérise, c'est le mythe unificateur de la classe moyenne. Ce concept sans consistance, né dans les années 1960, est resté pesant tout au long des années 1970. Il était supposé représenter un mouvement de convergence des modes de vie, où il y aurait eu en France un ensemble homogène de citoyens qui auraient partagé le sentiment de pouvoir accéder au standard de vie du moment. Cela supposait qu’ils le pouvaient grâce à leur travail ou aux études qu'ils faisaient suivre à leurs enfants.
Mais ce concept n'a pas survécu aux années de crise. Entre les employés, les fonctionnaires et les ouvriers d'une part, les catégories intermédiaires et les cadres d'autre part, le fossé s'est creusé : davantage de chômage - les ouvriers ont été les premiers touchés par la réduction de l'emploi industriel - et davantage de précarité - un tiers des salariés des milieux populaires ne connaissent pas le contrat à durée indéterminée. Car la tertiarisation de l'économie s'est traduite par l'émergence d'un nouveau « prolétariat des services » particulièrement exposé à la précarité.

Autre fossé, celui creusé par l'échec scolaire : à 15 ans, 59 % des enfants d'ouvriers ont redoublé au moins une fois contre 17 % des enfants de cadres. La promotion par le diplôme est pour le moins réduite. Conséquence, « 1 % seulement d'enfants d'ouvriers ou d'employés dans les grandes écoles ». S'ajoute enfin à cela une ségrégation territoriale, fondée sur le coût du foncier, qui entretient le « descenseur » social parce qu'elle fige des situations au lieu de favoriser la mobilité : les milieux populaires vivent de plus en plus entre eux. Et, à cause de cette concentration, ils sont, plus que les autres, exposés aux maux de la société française : le chômage, la précarité, l'échec scolaire, la violence et les incivilités.

Aujourd’hui avec un libéralisme dévastateur, nous assistons à un dévoiement de l'affrontement social : la lutte de classe contre classe est mise à mal par la peur du voisin. Elle remplace actuellement l'affrontement avec l’«exploiteur». La crainte du déclassement social, le sentiment d'injustice alimentent la xénophobie et parfois même le racisme s’emparent de la société. « Je ne suis pas raciste mais, franchement, ceux qui profitent le plus du système c'est toujours les mêmes : les familles entières qui vivent d'alloc... ». Quant au discours politique classique, il est inaudible parce qu'assimilé à l'impuissance de l'Etat à accomplir ses supposées missions d'intégration.

Le défi pour 2007 est là. Arrêter le « descenseur social ». Faire repartir la machine dans le bon sens. La prise de conscience est lente, elle ne semble pas progresser chez les politiques. Pourtant il y a des perches à saisir dans le discours de ceux qui se vivent comme des déclassés : ils n'en veulent pas tous à la société. Ils demandent au contraire que la société joue son rôle en leur permettant de se « construire une vie personnelle, familiale et collective».
Ce qu'ils revendiquent, ce n'est pas l'assistanat, mais au contraire le droit de s'insérer par le travail, par les études, par la vie en commun. Autres questions incontournables et prioritaires : la question du logement, celle de l'éducation s'annoncent absolument centrales.

Qu’à gauche on se dispute la reconquête des milieux populaires n’est pas une nouvelle. Mais on voit bien que les hésitations perdurent. Faut-il noyer le cas des milieux populaires dans un discours plus général sur la classe moyenne, ce qui a pour intérêt d'unifier la représentation nationale dans un discours englobant et positif. Ou bien faut-il admettre que les écarts se sont tellement creusés depuis les années 1990, que l'ascenseur social ne se rétablira qu'au prix d’un effort massif en direction des milieux populaires au sens large du terme.

Maintenant reste à construire une alternative à gauche. Certains à gauche s’y attellent en poursuivant le travail entrepris pour le 29 mai 2005. La seule perspective attractive d’une candidature unique à gauche du PS suffira-t-elle à donner de l’espoir et à répondre à l’attente du peuple de gauche, sachant qu’il est difficile de percevoir les contours et les contenus du projet qui pourrait accompagner le candidat ?

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Posted by Le ROUET à COEUR OUVERT to LE ROUET A COEUR OUVERT at 5/28/2006 08:59:00 PM

16:17 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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