04/06/2006

03/06/2006: L'Otan en terrain miné dans le Sud afghan

 
----- Original Message -----
Sent: Saturday, June 03, 2006 7:40 PM
Subject: [Anti-imperialiste_2006] [alerte_otan]L'Otan en terrain miné dans le Sud afghan

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La deuxième guerre d'Afghanistan
 
par Jacques AMALRIC
Libération, jeudi 1 juin 2006
L'Afghanistan est-il sur la voie de l'irakisation ? Longtemps, les Etats-Unis et les Européens n'ont pas voulu se poser la question. A Washington comme à Londres ou même à Paris, il était de bon ton d'opposer le succès afghan à l'imbroglio irakien. Ici, la victoire contre le régime des talibans, coupables d'avoir hébergé Al-Qaeda, avait été rapide même si Oussama ben Laden et le mollah Omar étaient parvenus à échapper aux troupes d'une vraie coalition agissant en vertu d'un mandat onusien. La reconstruction du pays et la transformation démocratique de la société afghane prendraient certes du temps, mais elles étaient en marche. Le peuple ne s'était-il pas pressé aux urnes, lors des élections de la fin 2004, pour confirmer Hamid Karzaï dans ses fonctions présidentielles ? Après avoir accompli leur mission, les Etats-Unis ne s'apprêtaient-ils pas, cet été, à réduire leur contingent (23 000 hommes aujourd'hui) de plusieurs milliers d'unités et à passer en partie la main à l'Otan, qui est en train de porter ses effectifs de neuf à seize mille hommes grâce à des renforts britanniques, canadiens, australiens et néerlandais ?
 
Depuis quelques semaines, c'est ce scénario optimiste qui s'effondre et une tout autre réalité qui s'impose au Pentagone, où on remettrait en cause la réduction d'effectifs envisagée. Jamais les combats entre, d'un côté, les forces de la coalition, une police et une armée afghanes évanescentes et, de l'autre, les talibans, n'ont fait autant de victimes. Localisés jusqu'au début de l'année dans les provinces pachtounes du sud, ces troubles gagnent aujourd'hui le nord et même la capitale, Kaboul, qui vient d'être soumise au couvre-feu après de véritables émeutes antiétrangères suite à un accident de la circulation dû à un véhicule américain. D'où ce commentaire du commandant en chef des troupes américaines : «Il est juste de dire que l'influence des talibans dans certaines régions du pays s'est renforcée depuis l'année dernière.»
 
Autre évidence que les stratèges américains refusaient de reconnaître : malgré les multiples démentis du président pakistanais Pervez Musharraf, les combattants talibans continuent à bénéficier du soutien des services de renseignements du Pakistan (ISI), qui les laissent utiliser à leur guise les territoires du nord pakistanais ; les officiers de l'ISI, un véritable Etat dans l'Etat pakistanais, ne se sont jamais remis de la «perte» de l'Afghanistan des talibans, qu'ils avaient contribué à porter au pouvoir pour doter leur pays d'une «profondeur stratégique» en cas de conflit ouvert avec l'Inde. Ils auraient également permis à des militants des organisations islamistes pakistanaises, dont les activités terroristes au Cachemire indien ont été récemment freinées par Islamabad, de rejoindre les rangs des talibans. Ce renforcement des talibans va de pair avec une irakisation des méthodes de lutte : voitures piégées, embuscades, attaques suicides et minages des voies de communication sont désormais quasi quotidiens.
 
Autre sujet d'inquiétude : l'alliance aussi paradoxale que tactique qui se forge entre les combattants islamistes et leurs ennemis d'hier, les barons de la drogue. Oubliant qu'ils avaient été réduits au chômage par le régime des talibans, les trafiquants d'opium résistent, grâce à leurs milices privées, aux campagnes d'éradication du pavot lancées par le gouvernement central à la demande des Etats-Unis. Ils se retrouvent ainsi en position d'alliés objectifs des talibans, qui en profitent pour recruter parmi les paysans pauvres, principales victimes de l'éradication du pavot : la destruction de leurs champs par l'armée les ruine, car ils ne peuvent plus rembourser grâce à leur récolte les avances consenties par les trafiquants qui rachètent ainsi à bon compte leurs terres. Un cycle infernal qui a fait dire récemment au général James Jones, le commandant en chef de l'Otan : «Ce n'est pas la résurgence des talibans, mais les liens de l'économie avec la production de drogue, le crime, la corruption et les activités de marché noir, qui constituent le plus grand danger en Afghanistan.»
 
Ce contexte ne renforce pas, bien au contraire, le prestige du président Hamid Karzaï, surnommé ironiquement «le maire de Kaboul», puisque son pouvoir ne s'exerce guère au-delà des limites de la capitale. Cinq ans après sa mise en place, le gouvernement central reste virtuel et le président a été contraint de passer des compromis avec seigneurs de guerre et chefs tribaux, qui ont conservé tous leurs pouvoirs. Comment croire par exemple à l'engagement du président de dissoudre toutes les milices d'ici à 2007, alors que bon nombre de ceux qui les commandent sont membres du gouvernement ou du parlement ? La plupart des Afghans, en tout cas, croient de moins en moins en la pérennité d'un gouvernement et d'une administration corrompus, inefficaces voire inexistants dans certaines provinces et dont la survie ne dépend que de la présence de troupes étrangères. La parenthèse, pensent-ils, se refermera forcément car ils ne croient pas en la détermination des pays membres de la coalition et vivent de plus en plus mal des bavures qui ne pourront que se multiplier avec l'intensification des combats.
 
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Les talibans progressent dans le Sud afghan
Adrien Jaulmes
Le Figaro 1 juin 2006,
 
Les rebelles islamistes ont réussi à prendre brièvement le contrôle de plusieurs bâtiments officiels.
 
LES TALIBANS disputent le contrôle de villes entières au gouvernement afghan. Dans la nuit de mardi à mercredi, les rebelles ont lancé une attaque audacieuse contre le quartier général de la police du district de Chora, dans la province d'Oruzgan. Après avoir encerclé pendant toute la nuit une centaine de policiers dans la caserne, un fort parti de talibans s'est emparé des bâtiments peu avant l'aube, ainsi que du siège du représentant local du gouvernement, dans cette province du sud du pays.
 
Une douzaine de policiers auraient été tués et plusieurs dizaines capturés. Les talibans se sont repliés au petit matin, incendiant les bâtiments et des véhicules. Mais la police n'avait pas hier repris le contrôle de cette localité. «Le centre du district est un no man's land actuellement mais nous nous préparons à y retourner, dès que nous aurons reçu des renforts», a dit le chef de la police de la province, Haji Rozi Khan. Quelques heures plus tard dans la province voisine de Zaboul, le chef ajoint de la police, Mohammed Ghulam Rasoul, a été tué par une roquette tirée contre sa voiture sur la route de Qalat, alors qu'il allait prévenir les policiers locaux de l'imminence d'une attaque des talibans. Cet inquiétant regain d'activité des talibans dans les provinces à majorité pachtoune du sud-est du pays menace directement l'autorité du gouvernement de Kaboul.
 
La crainte d'une détérioration généralisée
 
La province d'Oruzgan, d'où est originaire le mollah Omar, le chef des talibans, toujours en fuite depuis la chute de Kandahar, reste un bastion des étudiants en religion et l'une des régions les plus violentes d'Afghanistan. Actuellement, seules des forces spéciales de la coalition internationale y opèrent, ainsi que les forces afghanes.
 
Mais des troupes néerlandaises de l'Otan sont en train de s'y déployer pour aider à stabiliser la situation et à renforcer la présence et l'autorité du gouvernement central. Alors que le sud-est du pays glisse de plus en plus rapidement hors du contrôle du gouvernement de Hamid Karzaï, les incidents qui ont éclaté avant-hier à Kaboul font craindre une déterioration généralisée de la situation dans tout le pays. Le couvre-feu instauré dans la capitale afghane après les émeutes déclenchées par l'accident d'un camion américain dimanche était maintenu hier soir. Le bilan des victimes de ces émeutes, violemment réprimées par les autorités afghanes, se montait hier à 20 morts et 160 blessés.
 
L'assemblée afghane a demandé que les soldats américains, qui avaient ouvert le feu face aux émeutiers, soient remis aux autorités afghanes pour y être jugés. Le président américain George W. Bush a promis une «enquête complète» sur les violences, lors d'un entretien téléphonique avec le président afghan Hamid Karzaï.
 
Les militaires américains, qui plaident la légitime défense, disent avoir tiré au-dessus de la tête des émeutiers, qui avaient commencé à les lapider après l'accident mortel que leur camion venait de provoquer. L'événement, en tout cas, en dit long sur la popularité des troupes de la coalition à Kaboul même, quatre ans et demi après la chute du régime taliban. 
 
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L'Otan en terrain miné dans le Sud afghan
http://www.lefigaro.fr/international/20060531.FIG00000009...
 
Arnaud de La Grange
Le Figaro, 31 mai 2006   
 
La recrudescence de la violence donne des sueurs froides aux stratèges de l'Alliance, qui doit étendre son mandat en juillet.
 
L'ARRIVÉE du printemps, en Afghanistan, c'est aussi le retour de la saison des armes. Les états-majors occidentaux s'attendaient à un regain des attaques de la part des talibans, mais pas dans de telles proportions, comme l'a reconnu lundi soir le général Hervé Bentégeat. «Ces attaques montrent une organisation et une coordination nouvelles des talibans, a confié le chef d'état-major des armées françaises, ils n'hésitent plus à former des groupes de 100 ou 200 combattants et à chercher la confrontation directe.»
 
Au-delà du renforcement des talibans eux-mêmes, deux facteurs pourraient concourir à expliquer cette recrudescence de la violence, selon le général Bentégeat : «Les progrès de l'armée nationale afghane, qui peut désormais aller chercher les talibans dans leurs repaires, et la transition forces américaines-Otan». Un troisième aussi, «la répression contre le trafic de drogue», qui peut inciter les chefs locaux à préserver leurs intérêts en jouant le chaos. Quatre Afghans, dont trois femmes, travaillant pour une ONG internationale ont encore été tués hier. Et le bilan des émeutes de lundi à Kaboul se chiffre désormais à douze morts.
 
Les bons «outils»
 
Dans ces conditions, l'extension de la mission de l'Otan apparaît aussi minée que certaines sentes afghanes. Devant l'assemblée parlementaire de l'Alliance réunie à Paris, son secrétaire général a exprimé hier ses préoccupations. «Il est absolument vital» que l'Otan réussisse en Afghanistan a déclaré Jaap de Hoop Scheffer, qui espère que l'extension de l'Isaf (Force internationale d'assistance à la sécurité) sera terminée d'ici à la fin novembre. L'Otan s'est étendue progressivement en Afghanistan : Kaboul d'abord, puis le nord et l'ouest du pays. En juillet, l'Isaf doit gagner le sud, puis l'est du pays, des fiefs talibans.
 
Le but est de remplacer les quelque 4 000 soldats américains de l'opération «Enduring Freedom» (OEF) présents dans le Sud. Washington pourra ainsi réduire son contingent en Afghanistan, de 19 000 aujourd'hui à 15 000 hommes, et concentrer ses forces sur les actions «antiterroristes». Reste à savoir si les commandants de l'Otan auront les bons «outils» pour remplir leur mission. «Cela implique notamment des règles d'engagement suffisamment robustes, ainsi que le strict minimum de restrictions imposées par les pays» participant à l'opération a précisé Jaap de Hoop Scheffer.
 
Cette question des règles d'engagement serait largement réglée. Les Britanniques notamment, qui vont prendre la manoeuvre dans les régions à risque, les voulaient très «robustes». Jusque-là, l'Isaf ne pouvait agir qu'en réaction à une attaque. Désormais, ses soldats pourront agir préventivement en cas d'intention hostile. «C'était en effet indispensable, commente un diplomate français, par contre, nous nous sommes opposés à ce qu'une règle d'engagement cible précisément les talibans et al-Qaida». D'une telle disposition, aurait découlé un glissement vers des missions de contre-terrorisme, ce qui n'est pas le mandat. Même si les frontières de ce dernier semblent aussi incertaines que celles qui séparent l'Afghanistan du Pakistan.
 
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L’OTAN reconnaît être la cible d’offensives particulièrement fortes 02-06
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&a...
 
Les offensives contre les forces de l’OTAN présentes en Afghanistan sont particulièrement fortes, a estimé le chef d’état-major néerlandais Dick Berlijn, hier lors d’un point de presse à La Haye. « Nous nous attendions à une recrudescence des offensives au printemps, mais pas à ce point. Elles ne sont cependant pas de nature à nous empêcher de remplir notre mission », a expliqué le général Berlijn.
Hier, des soldats néerlandais sont sortis indemnes d’une embuscade dans la province d’Oruzgan, au sud de l’Afghanistan, a indiqué le général. « Lors de l’embuscade, des hélicoptères Apache sont intervenus. Il n’y a pas eu de victimes côté néerlandais » et les assaillants se sont repliés, a poursuivi Dick Berlijn. Il a en outre précisé qu’il fallait être « prudent » avant d’attribuer systématiquement les embuscades aux talibans. « Il peut également s’agir d’autres groupements (de gens) qui rejettent le président Karzaï, ou de paysans en colère contre des convois qui ont traversé leurs cultures, ou encore de gens intéressés par notre matériel », a-t-il expliqué.
Parallèlement, un kamikaze s’est tué lorsque la voiture piégée qu’il conduisait a explosé prématurément hier à quelques centaines de mètres de son objectif, un cantonnement des forces américaines à Farah, dans l’ouest de l’Afghanistan, ont annoncé les autorités locales. La recrudescence de la guérilla a fait quelque 350 morts ces 15 derniers jours en Afghanistan, le plus lourd bilan dans ce laps de temps depuis le renversement du régime des talibans par la coalition multinationale conduite par les États-Unis, fin 2001.


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20:23 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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