29/06/2006

28/06/2006: OTAN: quand va-t-on en finir avec cette machine de guerre impérialiste et agressive, ce gouffre à milliards, au service de l' Amérique ???


De : info@csotan.org [mailto:info@csotan.org]
Envoyé : mercredi 28 juin 2006 23:10
À : Undisclosed-Recipient:;
Objet : Alerte OTAN ! n°22 / Avril-Juin 2006

 

Alerte OTAN !

Bulletin trimestriel du Comité de surveillance OTAN,
Numéro 22, juin 2006

Secrétariat : rue de Dublin, 31 ; 1050 Bruxelles
Adresse électronique :
info@csotan.org
Site internet : www.csotan.org

tél & fax : 02 511 63 10
CCP
068-2447491-14 au nom de CSOTAN


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Édito

Dernières nouvelles du Mondial

Grande première passée beaucoup plus discrètement que la qualification d'une équipe africaine en 8es de finale : L'OTAN prend pied en Afrique. Ce 15 juin, pendant que le monde entier s'inquiétait pour l'équipe du Togo, ou pour Ronaldo, l'OTAN débarquait en force super-équipée sur l'archipel extrêmement démuni du Cap-Vert. Il s'agit d'un test de la Force de Réaction Rapide de l'OTAN destiné à "traiter un problème en l'espace d'heures ou de jours n'importe où dans le monde" (Rumsfeld). "Traiter un problème" : périphrase pour signifier que la Force expéditionnaire euro-étatsunienne doit être prête à écraser toute rebellion contre son ordre injuste partout dans le monde - au nom sûrement des droits-de-l'homme et de la démocratie.

L’OTAN participe également en force aux manœuvres navales dans les Caraïbes sous l’égide des Etats-Unis. Ces manœuvres, incluant l’utilisation de sous-marins nucléaires, ont pour but déclaré de récolter des renseignements pour mieux lutter contre la drogue et le terrorisme et pour agenda caché, de possibles agressions contre Cuba, le Venezuela ou la Bolivie.

Au Moyen Orient, l’OTAN ne se contente pas de former les cadres de l’armée en Irak toujours occupée, elle organise aussi d’importants entraînements avec l’armée d’Israël. Et en Asie, elle se prépare à nouer des liens avec l’Australie, le Japon, la Nouvelle Zélande afin d’harmoniser les forces militaires et les matériels de ces différents pays amis.

La réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, préparatoire au sommet de Riga (novembre) vient de rappeler quelques réalités à nos ministres qui pratiquent la méthode Coué avec zèle pour se (nous?) convaincre de la légitimité de ce Mondial Otanien : elle a réaffirmé la nécessité absolue de garder les bombes atomiques en Europe et de prévoir leur utilisation en cas de besoin. Elle a aussi insisté sur la persistance des menaces mondiales contre la sécurité des pays membres.

Un de ces 'problèmes à traiter' est «la perturbation de la circulation des ressources essentielles», soit en language clair : l'approvisionnement en énergie et autres ressources dont l'Occident s'arroge l'usufruit. Et le véritable enjeu apparaît : comment faire pour que l'infime minorité ultra-riche continue à disposer de l'énorme majorité des richesses du globe?

Au moment on beaucoup dans le monde s'enthousiasment parce que "ils ont gagné" par procuration de gladiateurs couverts d'or censés les représenter, un autre match mondial se joue, discrètement, aux forces disproportionnées, et c'est l'humanité entière qui risque d'être perdante.

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PS - SP.a, OTAN : problèmes dans le mariage

Dans les cercles de la social démocratie en Belgique, les amours avec l'OTAN semblent prendre froid. L'époque de Pol Henri Spaak ou, plus récente, de Willy Claes, est révolue. Le Ministre de la Défense Flahaut veut prendre l'initiative. Le SP.a semble complètement d'accord. Mais quel est leur liberté de jeu?

Le débat sur l'OTAN est d'actualité. La préparation du prochain sommet de l'Alliance atlantique du 28 novembre à Riga est en cours. Au début mai, pendant une conférence qui traitait de « l'Union Européenne, pouvoir tranquille », le chef de cabinet du Ministre de la Défense,

M. Régibeau, est sorti du bois d'une façon surprenante en lançant un cri d'alarme à propos de ce qui est en train de se passer à l'OTAN1.

Critique

«  Pour nous, l'OTAN n'est pas un acteur mondial.. Pourquoi devrions-nous privilégier l'OTAN, alors que beaucoup d'Etats membres sont aussi membres de l'UE, une organisation qui n'a pas seulement des buts militaires ?  » dit le chef de cabinet. «  Nous nous posons des questions à propos de certains alliés qui voient l'OTAN comme le gendarme du monde. L'OTAN a-t-elle besoin d'être active en Afghanistan, en Irak, au Darfour ? N'est-ce pas plutôt le rôle des Nations Unies ?  » Il se demande aussi pourquoi l'OTAN opère en certains endroits et dans d'autres non. «  Certains veulent un plus grand engagement au Darfour. Nous, Belges, avons un lien important avec le Congo. Les victimes de la guerre civile au Congo sont pour le moins aussi importantes à nos yeux. Pourquoi l'OTAN s'intéresse au Soudan, et pas au Congo ? Nous nous sentons un peu seuls  ». «  Le choix stratégique de construire une force d'intervention toujours plus rapide nous préoccupe. Nous devons être de plus en plus préparés à aller défendre la démocratie à l'autre bout du monde. Nous ne rejetons pas ce principe, mais nous voulons plus d'explications sur les objectifs précis  », dit Régibeau.

En décembre 2005, Flahaut a désapprouvé l'augmentation du budget de l'OTAN, un signal de son désaccord avec l'actuelle conduite financière. «  On élabore des augmentations trop vagues, on demande toujours plus d'argent  » dit Régibeau. «  Toutes les opérations extérieures coûtent très cher. De plus en plus souvent, on force la main de certains pays pour payer l'entièreté de l'opération. Ce partage des dépenses est dur pour chacun, sauf pour un allié (les USA semblent visés, ndlr) Cet allié paie seulement les deux tiers de ce qu'il devrait, si l'on tient compte de sa capacité économique. Le paradoxe est que les petits pays, en fait, paient les opérations d'un grand pays. Est-ce vraiment de la solidarité ? Nous ne le pensons pas  ».

Au SP.a existe le même sentiment. Déjà dans les textes de préparation du congrès d'avril dernier, le président Vande Lanotte dit : «  Une transformation de l'OTAN en pompier international sous direction américaine est une idée insensée et inacceptable  ». A la mi-mai, Dirk Van der Maelen, chef de groupe au parlement fédéral et spécialiste de la Défense, développe cette même idée : «  L'OTAN ne doit pas devenir une pièce de l'échiquier mondial par laquelle les USA mènent leur propre politique  »
2. Il dit au journal De Standaard : «  Nous ne voyons pas d'un bon œil les plans de réforme que les USA ont dessinés pour l'OTAN. Les Américains veulent intégrer l'OTAN dans leur réseau global de défense, et faire de ce réseau le gendarme du monde  ». Il poursuit : «  L'approche américaine de la solution de conflit penche trop souvent vers une solution militaire et dans cette OTAN rénovée, nous risquons d'être entraînés. Les Américains veulent lâcher les garde-fous actuels, tels que les limitations budgétaires et le manque d'une capacité militaire propre .Et surtout, une telle construction de l'OTAN ne pourrait se faire qu'aux dépens du rôle international joué actuellement par les Nations Unies. Nous voyons d'un mauvais œil une OTAN qui serait une demi-ONU. Nous plaidons pour une OTAN à deux piliers, un européen et un américain, avec chacun ses propres mécanismes de décision. C'est la seule manière d'avoir la garantie de ne pas être entraînés dans des aventures américaines  ».

Au cours d'une rencontre publique entre d'une part, VREDE, la CNAPD, le Comité de Surveillance OTAN et 4 parlementaires francophones (PS, CDH, Ecolo et MR), il semblait que tous les parlementaires étaient fondamentalement d'accord sur l'OTAN. Ils mettaient l'accent sur le caractère défensif de l'alliance et justifiaient toute la stratégie et les actions de l'OTAN depuis les années 90 : l'intervention en Bosnie, au Kosovo, le Nouveau Concept Stratégique de 1999. Ils justifiaient également le fait que l'OTAN et la Belgique aient mené une guerre en ex-Yougoslavie sans mandat de l'ONU, en la classant dans la catégorie de 'situations exceptionnelles'. Pour eux, il va de soi que l'OTAN reste avant tout une organisation défensive. (Nous verrons dans le chapître suivant ce qu'il en est réellement). Le caractère nucléaire de l'OTAN n'a été mis en question que par le représentant Ecolo. Les trois autres répètent : «  Nos alliés ne doivent pas être les premiers à dénucléariser  ».

Intervention

Nous ne pouvons que nous réjouir des sentiments critiques des sociaux démocrates belges envers l'OTAN. Mais n'oublions quand-même pas que l'OTAN a toujours été un instrument pour institutionnaliser et perpétuer les rapports de forces issus de la 2ème Guerre Mondiale. Elle est entièrement dominée par une doctrine interventionniste, la stratégie centrale reste celle de la « première frappe nucléaire » et elle pousse tous ses membres à augmenter leurs dépenses militaires. Si la famille social-démocrate veut profiter du prochain sommet de Riga pour exprimer son mécontentement et formuler ses critiques, le moment n'est pas mal choisi. Il reste bien sûr encore à convaincre ses partenaires au gouvernement.

La proposition du SP.a de créer deux organes de décision politique au sein d'une même alliance rencontre le besoin de se détacher de la dominante politique US, mais n'apporte aucune solution fondamentale au problème du prix des interventions. D'autre part, la « politique de sécurité » de l'UE est elle-même entièrement basée sur une doctrine d'intervention . Dans le projet de Constitution européenne, que tous les parlementaires belges ont approuvé, la construction d'une armée d'intervention est écrite noir sur blanc, une armée capable de réaliser les «  tâches de Petersberg  », (càd du maintien de la paix à l'imposition de la paix….) et capable de désarmer sur place des groupes armés ; le tout dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Quand on lit par ailleurs dans le texte de l'UE sur la politique extérieure commune que les menaces principales pour l'Union sont le terrorisme, la criminalité internationale, les Etats voyous et les armes de destruction massive, nous ne sommes pas loin des analyses faites par Washington. Si le Ministre Flahaut s'inquiète réellement, comme le déclare son chef de cabinet Régibeau, du choix stratégique consistant à construire une force d'intervention de plus en plus rapide, M. Flahaut devrait aller relire les documents de l'Union Européenne.

Les récentes déclarations du PS et du SP.a laissent entendre que jusqu'à présent tout était en ordre, et qu'il faut s'inquiéter seulement de certaines évolutions nouvelles au sein de l'OTAN. Mais cette évolution – qui se produit au nom d'une mission mondiale globale dans les textes d'Evere «  global networking  » – est le label et la raison d'être même de l'OTAN depuis la fin de la guerre froide.
3 L'OTAN est engagée dans plusieurs lieux dans des opérations armées, dans d'autres elle cherche un élargissement des accords de partenariat. (….)

Les tentacules globales de l'OTAN sont déjà institutionnalisés depuis longtemps, surtout à travers le Partenariat pour la Paix. Les liens de ce Partenariat se rapprochent de la frontière chinoise. L'alliance a un passé récent chargé d'interventions militaires actives, de guerre. Il est grand temps que tous ceux qui pensent que ce n'est pas la manière de faire progresser la paix mondiale, élèvent la voix et essaient de retourner le cours des choses . Je crois que la discussion sur l'existence même de l'OTAN est incontournable.

Georges Spriet

1 De Standaard 17 mai 2006, Het Nieuwsblad 23 mai 2006
2 www.s-p-a.be
3 voir l'article de Hans Lammerant dans Uitpers de mars 2006



Ce texte est la traduction d'un article paru dans VREDE en mai 2006

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Le réseau mondial de la prolifération des armes nucléaires

Hiroshima et Nagasaki ont ouvert l’ère nucléaire. Plusieurs scientifiques dont Léo Szilard, fondateur du Conseil pour un monde vivable et lauréat du « Prix de l’atome pour la paix », ont prophétisé une escalade nucléaire avec des milliers de bombes. Au moment où l’URSS réalise son premier essai nucléaire en 1949, les Etats-Unis possèdent déjà 110 bombes. La folie de cette escalade perpétrée par les Etats-Unis, l’URSS, la Grande Bretagne, la France, Israël et la Chine, a mobilisé deux millions d’emplois entre 1960 et 1990 sur la base des 600.000 officiellement reconnus aux Etats-Unis. En 1963, 483 essais atmosphériques ont libéré 629 Mt d’équivalent TNT causant une radiopollution des milliers de fois plus importante que Tchernobyl.

Devant cette situation, dénoncée par de très nombreuses personnalités diplomatiques et scientifiques, l’Assemblée Générale des Nations Unies a réclamé un Traité de Non Prolifération qu’elle a adopté en juin 1968 et qui est entré en vigueur le 5 mars 1970.

Aujourd’hui plus de 20 pays disposent de la bombe atomique ou des moyens pour la produire très rapidement. Suite à des accords secrets et des alliances parfois paradoxales (Israël-Afrique du Sud) un vaste réseau de prolifération des techniques nucléaires a permis à de nombreux pays de se doter des moyens nécessaires pour accéder à la Bombe.

Israël, détenteur de l’arme nucléaire depuis le début des années 60, a bombardé le 7 juin 1981 la centrale atomique irakienne de Tamouz, vendue par la France en 1975. Des avions irakiens, parfois pilotés par des Français, bombardèrent en 1981 la centrale nucléaire de Busher en Iran, fournie par les Allemands.

La France et l’Allemagne se sont spécialisées dans la fourniture à des nombreux pays d’usines d’enrichissement de l’uranium et de retraitement des combustibles nucléaires usagés pour en retirer le plutonium. Même la Belgique et les Pays-Bas ont trempé dans ces opérations proscrites par le Traité de Non Prolifération (TNP).

Dominique Lorentz dans son livre « Affaires Atomiques » a décrit tout le réseau très complexe de la prolifération du nucléaire militaire. Le manuscrit de ce livre a été refusé par 3 maisons d’éditions françaises. Il a fallu créer la maison d’édition « les arènes » pour le publier en 2001. Un coup de pistolet dans un salon, selon Alexandre Adler, qui était rédacteur du Courrier International. La France et l’Allemagne, avec le feu vert américain (sous forme de licences d’exploitation) fournissaient les usines à des pays comme Israël, l’Afrique du Sud, l’Egypte, l’Irak, le Pakistan, l’Iran, l’Argentine, le Brésil…..

Des coopérations surprenantes sont dévoilées ; en plus de celle d’Israël - Afrique du Sud citée plus haut, on peut mentionner celles de l’Iran - Pakistan et de l’Inde - Israël.

Un tour d’horizon sur la question montre que ces trafics de technologies nucléaires à vocation militaire ont créé pas mal de tensions et même des attentats et des crimes à Paris au moment où l’Ayatollah Khomeyni est arrivé au pouvoir. En effet, l’Iran était entré dans le capital d’Eurodif (collaboration entre la France et l’Iran pour l’enrichissement de l’uranium). Il est paradoxal de constater que les puissances nucléaires occidentales comme les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne favorisent ce commerce (en infraction avec le TNP) pour certains pays alliés et l’interdisent pour d’autres.

La lutte contre le terrorisme et la prolifération nucléaire décrétée par l’OTAN est également plus qu’ambiguë puisque l’Alliance maintient des armes atomiques sur le territoire européen en infraction avec l’article I du TNP. Actuellement une majorité de citoyens européens (65 % en Belgique, 70 % en Italie, etc.), des centaines de bourgmestres, les députés nationaux et européens, demandent avec insistance le retrait des 480 bombes atomiques déployées en Allemagne, en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas et en Turquie. Le gouvernement belge et en particulier son ministres des Affaires étrangères, font la sourde oreille. Que faire ? Mobiliser de plus en plus l’opinion publique en lui rappelant qu’on réclame la dénucléarisation de l’Europe et en priorité celle des cinq pays cités plus haut, qui sont en infraction flagrante avec l’article II du TNP.

Déjà en 1957, en pleine guerre froide, le ministre des Affaires étrangères polonais, Adam Rapacki, avait proposé d’établir une zone dénucléarisée comprenant la Pologne, la République Populaire Allemande, la Tchécoslovaquie et la République Fédérale Allemande. Ce plan très pratique n’aboutit malheureusement pas. Aujourd’hui les autorités de l’Alliance estiment que le déploiement des armes nucléaires est indispensable pour lutter contre la prolifération et le terrorisme !….

La Cour Internationale de Justice de la Haie en 1996 a déclaré l’arme nucléaire illégale mais les gouvernements n’en tiennent pas compte.

Pierre Piérart

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MENACES DE GUERRE CONTRE L'IRAN AVEC UNE PARTICIPATION OTANIENNE

De nombreuses voix s'élèvent au sein du mouvement de la paix en Belgique et en Europe contre les menaces de guerre contre l'Iran de la part des Etats-Unis et d'Israël. Le Forum Social Européen qui s'est récemment réuni à Athènes, a lancé un appel à une mobilisation générale contre ces nouveaux préparatifs de guerre. Plusieurs déclarations sont parues dans la presse belge à l'initiative du monde associatif ou de personnalités scientifiques.

Nous publions ci-après l'appel lancé par 80 associations flamandes et francophones, dont le CSO. La liste complète des signataires et les renseignements nécessaires pour y ajouter d'autres signatures est également disponible sur notre site

Non à la guerre contre l'Iran

Nous soussignés exprimons notre profonde inquiétude concernant les récentes menaces militaires contre l'Iran par Israël et les Etats Unis et les informations selon lesquelles les Etats-Unis n'excluent pas l'utilisation d'armes nucléaires. Nous nous opposons à un nouveau scénario « irakien », qui a encore davantage plongé la région dans le chaos. Nous condamnons bien entendu également les menaces de l'Iran contre Israël.

Les menaces qui ont pour but de détruire ou attaquer un pays n'ont jamais apporté la paix.. La menace de l'emploi de la force et son emploi sont contraires à la Charte des Nations Unies. Nous réclamons donc une solution négociée qui respecte le droit international.

La Plate-forme anti-guerre déclare dès lors :

  1. Nous rejetons la guerre et les menaces de guerre visant à atteindre des objectifs politiques et économiques, contre l'Iran et contre tout autre pays. Une opération militaire contre l'Iran pourrait avoir des conséquences désastreuses pour une région déjà extrêmement instable. Le Moyen-Orient a besoin de paix, et pas d'une nouvelle guerre. Nous appelons le gouvernement belge à s'opposer, au sein de l'Union européenne et de l'OTAN, à toute action militaire contre l'Iran. La position de la Belgique est d'autant plus importante que notre pays sera membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies l'année prochaine.
  2. Le traité de non-prolifération doit être respecté par tous les pays. Les puissances nucléaires existantes doivent aussi démanteler leurs arsenaux, au lieu de les moderniser. Nous demandons au gouvernement belge d'appliquer les résolutions de la Chambre et du Sénat réclamant le retrait des armes nucléaires américaines stationnées en Europe et la disparition à terme de toutes les armes nucléaires dans le monde.
  3. La solution à une recrudescence nucléaire peut passer par un accord avec l'ensemble des pays du Moyen Orient qui aura pour but de déclarer la région zone dénucléarisée. Les pays du Golfe, réunis dans le Conseil de Coopération du Golfe à cet effet, essaient d'amener l'Iran à s'engager dans cette direction. Cette solution est par ailleurs également préconisée par Hans Blix dans son récent rapport intitulé «Weapons of terror » réalisé par la « Commission sur les armes de destruction massive ». Une zone dénucléarisée dans la région signifie notamment le démantèlement de l'arsenal israélien, qui a été mis sur pied grâce au soutien de plusieurs Etats occidentaux. La Belgique doit apporter son soutien à cette initiative.
  4. La Belgique, l'Union européenne ou l'OTAN ne peuvent en aucun cas collaborer à une action militaire contre l'Iran. Cela signifie que les bases, le matériel et les renseignements de la Belgique ne pourront être utilisés pour apporter une aide à des opérations militaires. Nous rappelons au gouvernement belge l'engagement de l'accord gouvernemental concernant une révision des accords sur les convois de guerre sur le territoire belge.
  5. Nous reconnaissons le droit de chaque peuple à la démocratie et au respect des droits de l'homme, mais la démocratisation de l'Iran ne peuvent pas être imposés grâce à une campagne militaire étrangère ou autre tentative de déstabilisation de l'extérieur.
  6. Nous répétons notre exigence de mettre fin le plus vite possible à l'occupation, et à la violence qui en est la conséquence, en Palestine et en Irak. Tous les peuples de cette région ont le droit à une existence paisible dans des frontières reconnues dans le respect du droit international et du droit humanitaire. Il s'agit d'une condition sine qua non au rétablissement du calme et de la stabilité dans la région.

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L'Association Belgo-Palestinienne dénonce la participation d'Israel à des manœuvres de l'OTAN

La Belgique doit se retirer des manœuvres « Spring Flag 06-Volcanex 2006 »

Durant ce mois de mai (du 8 au 27), l'Italie organise en Sardaigne, à Decimomannu, un exercice militaire aérien baptisé Spring Flag 061,2 : le but en est d'améliorer l'interopérationalité des forces aériennes participantes. L'Italie a par ailleurs offert au GAE 3 (Groupe Aérien Européen : France, Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Italie, Pays-Bas et Espagne) d'intégrer ses activités (Volcanex 2006) dans Spring Flag 06 : ce serait un bon moyen d'optimaliser les conditions des exercices.Une surprise : dans la liste des participants, aux côtés des organismes et pays déjà cités, on découvre, outre l'OTAN, Israël. L'Office de presse de l'Armée de l'air italienne précise en effet, dans sa présentation, que les derniers développements en matière de collaborations internationales justifient la participation à ces manœuvres de l'Armée de l'air israélienne 4.

La Suède, comme le rapporte le journal israélien Haaretz
5, a fait le choix de ne pas participer dans ce contexte. En effet, " …les forces armées suédoises ont été prévenues tardivement qu'un Etat n'appartenant pas au Partenariat pour la Paix, avec lequel la Suède n'avait pas de relations bilatérales préalables en matière militaire et qui ne prend pas part à des missions internationales de maintien de la paix, allait prendre part à l'exercice aérien ". Un officiel a ajouté que le but de l'opération était de se préparer à une coopération internationale de préservation de la paix et que la participation de l'Armée de l'air israélienne change les préalables de l'exercice.

Un bon point pour la Suède. Mais qu'en est-il de la Belgique ?

Un Communiqué 6 du Ministère de la Défense ce 17 mai a précisé : La Belgique ne participe pas à l'exercice aérien « Spring Flag » mais cinq militaires belges seraient engagés dans l'exercice « Volcanex ». Et pourtant, sur le site officiel de Spring Flag 06, la Belgique est nommément citée dans la liste des participants à Spring Flag. De plus, les manœuvres Spring Flag 06 et Volcanex 2006 sont conjointes, d'où d'ailleurs l'appellation Spring Flag 06-Volcanex 2006. Les documents officiels sont très clairs sur ce point : « Spring Flag va offrir à Volcanex un “instrument d'entraînement unique” » et « la fusion des activités fournira d'excellentes possibilités d'entraînement à la fois pour le GAE et pour les non membres du GAE. ».

Ceci intervient à la veille du sommet de l'OTAN de l'automne prochain à Riga, au cours duquel les pays membres vont entrer dans une phase intense de négociations quant aux futures missions de l'OTAN et, surtout, à son élargissement. L'annonce de ces manœuvres conjointes entre des pays membres de l'OTAN et Israël relatives à la sécurité en Méditerranée en sont d'autant plus inquiétantes.

Depuis 1967, le Conseil de sécurité demande à Israël de se retirer des territoires occupés 7. Peut-on considérer comme "normal" que l'OTAN associe un Etat en guerre - Israël - à des manœuvres militaires alors qu'Israël ne respecte pas les décisions du Conseil de sécurité ? Ne s'agit-il pas là d'une forme d'appui à une situation de violation constante de la Charte des Nations Unies par un Etat 8. ? Il est en effet clair qu'en faisant participer Israël à de telles manœuvres, l'OTAN contribue à l'entraînement militaire de forces qui sont ensuite utilisées pour assurer le maintien de l'occupation de la Palestine. On pourrait donc parler de "complicité" de l'OTAN 9. avec l'occupation israélienne.

Il est donc indispensable que la Belgique gèle tous ses accords militaires et de commerce des armes avec Israël. Cette requête ne ferait que relayer l'appel de- nombreux militaires israéliens de tous rangs qui refusent de servir dans les territoires occupés et de cautionner ainsi l'occupation de la Palestine. 23 mai 2006


1www.aeronautica.difesa.it
2 Le précédent exercice Spring Flag a eu lieu en Belgique à Florennes.
3 Les travaux du GAE se traduisent en tests pratiques expérimentés au travers d'exercices annuels dénommés Volcanex. Il n'est pas inutile de préciser que le commandement du GAE est actuellement belge : Commandant major Van Caelenberg.
4 Ainsi que la présence d'une équipe de liaison jordanienne et d'une équipe d'observateurs tunisiens.
5 http://www.haaretzdaily.com
6 Communiqué Belga « La Belgique ne participe pas à l'exercice Spring Flag avec Israël » 17/05/2006
7 S/Rés. 242, 22 nov. 1967, § 1, i; aussi S/Rés. 338, 22 oct. 1973, § 2
8 Résolutions du Conseil de sécurité combinées à l'art. 25 de la Charte des Nations Unies
9 Au sens de l'art. 16 du projet d'articles de la Commission du droit international sur la responsabilité des Etats

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Bulgarie, Roumanie, Ukraine... : L’OTAN poursuit son extension à l’Est

Tandis qu'au sud de l'Ukraine, en Crimée, la population et le parlement local se mobilisent contre l'installation de troupes américaines et le déchargement de matériel militaire, le gouvernement national hésite à mettre sur pied un referendum à propos de l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. Ce processus d'adhésion était pourtant bien avancé depuis que l'OTAN et l'Union Européenne étaient fortement intervenus pour soutenir la « révolution orange » et l'installation au pouvoir de la coalition pro-occidentale dirigée par Youchtchenko. Mais l'Ukraine se révèle – selon les termes mêmes de notre ministre des Relations extérieures De Gucht – une démocratie très fragile, vis-à-vis de laquelle il vaut mieux que l'OTAN agisse avec circonspection. La Belgique se montrera donc prudente avant de donner son accord à un élargissement de l'OTAN à l'Ukraine. Mais les « décideurs » de l'OTAN, c'est à dire les Etats-Unis, sont déterminés à accélérer ce processus d'adhésion. Et l'Union Européenne ne restera pas au balcon.

Il n'empêche que les manifestations de la population en Crimée expriment un large sentiment de déception et d'opposition au gouvernement actuel, qui s'est vite révélé incapable d'accomplir ses promesses, et n'a fait qu'agraver la situation économique et sociale, et de pratiquer une corruption à grande échelle. Un sondage pré-referendum donnait une forte majorité contre le projet gouvernemental d'adhésion à l'OTAN. Et c'est au niveau de tout le pays qu'est en train de se constituer un regroupement des parlementaires, sous l'impulsion du Parti des Régions Ukrainien et avec le soutien du Parti Communiste et du Parti Socialiste, pour que « l'Ukraine pratique une politique active de neutralité » (selon l'Agence russe Regnum, www.regnum.ru).

L'article dont nous publions ci-dessous quelques extraits, met en évidence « le grand jeu des bases militaires en terre européenne » qui est à la base de cette politique otanienne. Il est paru dans le journal italien « Il Manifesto » du 30 avril 2006, écrit par Manlio Dinucci et traduit par Marie-Ange Patrizio

Le grand jeu des bases militaires en terre européenne

C'est avec un « dîner transatlantique » offert par le ministre des affaires étrangères bulgare, que s'est conclue vendredi (28 avril), à Sofia, la rencontre « informelle » de l'OTAN, à laquelle ont participé les ministres des affaires étrangères des 26 pays membres. Plat de résistance, le thème du « prochain round de l'élargissement », qui sera mieux défini en novembre au sommet officiel de Riga (Lettonie). L'extension de l'OTAN à l'est continue donc. (…)

C'est Washington qui fait pression pour l'élargissement de l'OTAN à l'est. La raison en est claire : cela lui permet de faire avancer ses propres forces et bases vers l'est. Confirmé par le fait que la secrétaire d'état Condoleeza Rice, après sa rencontre « informelle » de Sofia, a signé un important accord officiel (Defense Cooperation Agreement) avec le gouvernement bulgare.

Cet accord autorise le Pentagone à utiliser quatre bases militaires bulgares : les bases aériennes de Bezmer, Graf Ignatievo et Sarafovo, et la base terrestre de Novo Selo. Ainsi que le port de Burgas, et un dépôt limitrophe. Formellement ce seront des bases bulgares mises à disposition des forces étasuniennes pour des « objectifs d'entraînement ». Au moins 2500 militaires étasuniens seront présents sur les lieux. L'accord consent en outre aux Etats-Unis d'utiliser les bases pour des « missions en pays tiers sans l'autorisation spécifique des autorités bulgares ». Celles-ci renoncent aussi à exercer le droit de juridiction sur des délits commis en Bulgarie par des militaires étasuniens.

Condoleeza Rice revient ainsi à Washington avec un autre accord important dans les mains, après celui conclu en décembre avec le gouvernement roumain : ce contrat autorisait les Etats-Unis à se servir en permanence de la base aérienne de Mihail Kogalniceanu et d'une base terrestre voisine, déjà utilisées par le Pentagone pour les guerres en Afghanistan et Irak. De tels accords concèdent ces bases non pas à l'OTAN (et donc aux autres alliés européens) mais uniquement aux Etats-Unis qui peuvent, si nécessaire, les utiliser indépendamment de ce que décide l'Alliance.

Pour comprendre l'importance géostratégique de telles bases, il suffit de porter son regard sur une carte géographique : elles se trouvent à 1500 Kms à peine de l'Irak, l'Iran et la Syrie, une distance qu'un chasseur bombardier peut couvrir en une demi heure environ. Par ailleurs, leur position les rend aptes à des opérations dans l'aire stratégique de la Caspienne et de l'Asie centrale, et permet d'avoir à portée de tirs des objectifs à l'intérieur même de la Russie. C'est pour cela qu'à l'occasion de la signature de l'accord avec la Bulgarie, l'ambassade étasunienne à Sofia a précisé que cet accord «  ne prévoit pas le déploiement de systèmes balistiques de missiles US en Bulgarie  », ni qu'il y n'ait «  aucune intention, plan, ou raison d'installer des armes nucléaires sur le territoire des nouveaux pays membres de l'OTAN  ».

Un message tranquillisant à l'intention de Moscou. Contredit cependant par le fait que, neuf jours avant l'accord sur les bases, on a vu accoster, dans le port bulgare de Varna, le destroyer lance missiles Porter Ddg 78 de la marine Us, armé de missiles Tomahawk à double capacité, conventionnelle et nucléaire. C'est la deuxième fois cette année que le Porter opère en Mer Noire : en février avec les marines ukrainienne et roumaine, en avril avec les géorgienne et roumaine.

La main de Washington

La mise en activité des nouvelles bases Us en Bulgarie et Roumanie répond à une double stratégie militaire et politique. D'un côté, celle de délocaliser les forces étasuniennes en Europe vers l'est et vers le sud, de façon à utiliser plus efficacement le territoire européen comme tremplin de la « projection de puissance » vers les aires stratégiques d'Asie et du Moyen-Orient. De l'autre, celle de renforcer l'influence étasunienne dans les pays de l'ex-Pacte de Varsovie et de l'ex-URSS. Entre aussi dans ce cadre l'intense activité à travers laquelle les Etats-Unis entendent promouvoir et financer (par des prêts aliénants) la « modernisation » des forces armées des pays de l'est, actuels ou futurs membres de l'OTAN, en les dotant de systèmes d'armes étasuniens et en les intégrant dans le réseau de commandement, contrôle et communications du Pentagone.

A travers eux et d'autres systèmes, les Etats-Unis s'allient les pays de l'est, afin de renforcer leur influence dans la région européenne dans la phase critique où, après la dissolution du Pacte de Varsovie et la désagrégation de l'URSS, ils sont en train d'en redessiner les assises politiques, économiques et militaires. Ce n'est pas un hasard si, dans la conférence qui s'est tenue à Sofia après l'accord, Condoleeza Rice a dit que les Etats-Unis «  soutiennent fortement les efforts accomplis par la Bulgarie pour entrer dans l'Union Européenne  ».

La raison en est évidente : Bulgarie et Roumanie, candidates à l'entrée dans l'UE en 2007, font partie – avec la Pologne, la République Tchèque, la Hongrie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie et la Slovénie, déjà entrées en 2004 – de l'Alliance atlantique, sous la direction étasunienne indiscutable et, à travers des accord directs, en viennent à être plus liées à Washington qu'à Bruxelles. Washington s'assure ainsi d'instruments solides pour orienter ses choix politiques et stratégiques. (..)

Manlio Dinucci
Edition de dimanche 30 avril de Il Manifesto

www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/30-Aprile-2006/art56.html

Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio

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Soudan : l'humanitaire en marche (militaire)

L'aide états-unienne au Soudan

20 août 1998 : les Etats-Unis lancent depuis le Golfe 19 missiles qui pulvérisent l'unique usine de médicaments du Soudan. Le prétexte - qu'elle produisait des armes chimiques - était totalement fantaisiste. Par contre, l'usine produisait 60% des médicaments disponibles au Soudan. On n'évaluera sans doute jamais le nombre de morts et les souffrances qu'a provoqués directement la destruction de cette usine, et qu'elle continue à provoquer, les Etats-Unis n'ayant jamais trouvé utile de proposer le moindre dédommagement.

Loin des fantasmes du terrorisme islamiste et d'al-Qaida, c'est la misère et le sous-développement extrême qui est le meilleur moteur pour les conflits régionaux, notamment celui qui ravage le Soudan depuis des décennies, pas seulement au Darfour. Comme vient de le déclarer l'ambassadeur britannique aux Nations Unies, la représentation occidentale du conflit du Darfour est erronée, il s'agit plutôt d'une lutte « pour obtenir le contrôle des ressources nationales limitées»1. « Il n'y a aucune ressource humaine de base. Les gens boivent aux mêmes sources que les animaux; il y a un manque de routes, d'écoles et d'infrastructures médicales .», déclare un responsable soudanais.2

Les bombardements et les sanctions économiques contre un pays affamés et exsangue ne contribuent certainement pas à apaiser les tensions et à apporter une solution aux drames humanitaires.

Vers une mission de l'OTAN

Le but affiché des États-Unis est d'arriver à imposer une force dirigée par l'OTAN au Soudan. Cela devrait se faire en deux temps, exactement à l'image de ce qui s'est passé en Afghanistan : D'abord , une mission de l'ONU de maintien de la paix remplace la mission actuelle de l'Union africaine de surveillance du cessez-le-feu; dans un deuxième temps, l'ONU confie 'naturellement' la mission à l'OTAN - Koffi Annan a suffisamment prouvé qu'il n'a rien à refuser aux USA.

« L'OTAN pourra entrer en jeu avec l'aide des Etats-Unis dans le cadre de l'ONU, pour signifier au gouvernement soudanais que nous avons l'intention d'apporter la sécurité à la population et que nous avons l'intention d'aider à trouver un accord de paix durable », déclare ainsi George Bush en mars dernier, relayé par le secrétaire général de l'OTAN de Hoop Scheffer : « Je suis persuadé, comme je l'ai dit au président [Bush], que quand l'ONU sera là, les pays membres de l'OTAN seront prêts à faire davantage pour permettre de déployer une force au Darfour »3

L'OTAN a déjà un pied au Darfour depuis juin 2005, dans le rôle de support logistique de la mission de l'Union africaine: le président Konare a complaisamment cédé aux pressions états-unienne, et 'demandé' l'aide de l'Alliance, court-circuitant l'opposition de la certains pays de l'OTAN dont la France, dont l'agenda entre en contradiction avec celui des USA.

Effets pervers

La première chose à faire est évidemment de "démontrer" que les forces actuelles l'Union Africaine sont incapables de faire cesser les massacres au Darfour. Ce résultat ne devrait pas être trop difficile à atteindre. il suffit que les groupes rebelles créés, financés et armés par le régime Tchadien rompent le cessez-le-feu négocié; la culpabilité en sera en tout cas attribuée au "régime soudanais et ses milices arabes".4

Le fait même de brandir la menace de l'intervention humanitaire a donc l'effet paradoxal (mais parfaitement prévisible) d'aggraver le problème humanitaire. Comme naguère en Yougoslavie, les seigneurs de guerre de la région vont espérer une intervention occidentale en faveur de leur cause, et n'ont donc aucun intérêt à des concessions négociées. Le pompier états-unien est en train d'attiser sciemment les flammes dans la région.

Larmes des vautours autour de puits de pétrole

Les choses deviennent beaucoup plus claires lorsqu'on sait que le Soudan possède du pétrole en très grandes quantités - certains parlent de ressources rivalisant avec celles de l'Arabie Saoudite – et que ces ressources pétrolières sont actuellement exploitées non par des compagnies américaines, comme au Tchad, mais principalement par la compagnie chinoise des pétroles.5

Lorsque les grandes puissances évoquent avec tant d'insistance l'humanitaire, le plus élémentaire réflexe devrait être de se demander qu'est-ce qu'on est en train d'essayer de nous vendre ? Accorder la moindre crédibilité aux Bush et consort aujourd'hui, reviendrait à prendre au sérieux les affirmations de Léopold II qui voulait, main sur le cœur libérer les nègres des esclavagistes arabes, ou celles d'Adolf Hitler dont l'unique préoccupation était de libérer le peuple des Sudètes des exactions tchèques .

La crise humanitaire au Darfour est instrumentalisée par les Etats-Unis dans une tentative de brider la montée en puissance de la Chine, et de la maintenir en état de dépendance pour l'accès au pétrole. L'Irak est (actuellement) fermé, l'Iran est également dans la ligne de mire. Il s'agit d'une question cruciale pour la survie même de l'hégémonie US.

Il est essentiel que le mouvement pour la paix, en particulier dans les pays de l'OTAN, ne retombe pas dans le piège de l'humanitaire. Une intervention de l'Occident au Soudan n'est certainement pas une partie de la solution, mais bien une partie du problème.

Roland Marounek

1. "Darfour, un conflit mal compris, affirme l'ambassadeur britannique au Conseil de sécurité" – Nations Unies, 15 juin 2006
2. "Sudan: Pas d'accueil enthousiaste pour les casques bleus", Inter Press Service (Johannesburg), 16 Juin 2006
3. "Bush espère que l'OTAN va prendre la direction des opérations au Darfour", Xinhuanet 20 mars 2006
4. cf "Le chef du Mouvement de Libération du Soudan menace de rompre l'accord de paix avec Khartoum", AP, 17 juin
5 "The Oil Factor About Sudan", John Laughland - The Guardian 3 août 2004
traduit sur
www.stopusa.be

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L’Afghanistan, la bonne conscience de l’Europe !

La Belgique, l'Espagne, l'Italie, la France, l'Allemagne, le Luxembourg refusent ou ne veulent plus intervenir dans le « bourbier » irakien, mais pour rester en harmonie avec la politique américaine, ces pays s'investissent militairement, tant en matériel qu'en hommes en Afghanistan.

Le ministre de la Défense Flahaut parle toujours de présence « militaro-humanitaire », mais il s'agit de 350 hommes armés jusqu'aux dents pour garder l'aéroport de Kaboul, de 2 avions F16 avec leurs pilotes et les équipes d'entretien, qui interviennent contre les « méchants rebelles » par mitraillage et bombardement de n'importe quel lieu où il y a de la vie humaine.

Le terme bavure est employé uniquement au cas où l'information arrive en Occident. Autrement, cela reste des « talibans » morts.

Les talibans étaient une force créée au Pakistan par le soutien principal des USA pour lutter contre le pouvoir en place en Afghanistan et permettre au bailleur de fonds de prendre le contrôle de la route future du pétrole et du gaz, et de resserrer l'étau autour l'URSS, aujourd'hui la Russie, ainsi que de la Chine qui a une frontière commune. Le pouvoir taliban n'a jamais pu pacifier totalement le pays, à la grande déception de Washington, qui provoqua un changement en soutenant l'Alliance du Nord avec Massoud. L'attentat du WTC a été l'aubaine pour pouvoir mettre le pied directement dans ce pays.

Les forces principales des talibans ont été anéanties par l'intervention américaine, une partie s'est mise au service d'Hamid Karzai, pantin des Américains. Les autres se sont cachés ou ont fui au Pakistan.

Aujourd'hui il faut parler d'une résistance contre l'occupation par les armées étrangères, qui comprend aussi bien les anciens dirigeants de la République Démocratique d'Afghanistan, que des talibans, la population en général, certains seigneurs locaux, et même des paysans produisant de l'opium qui subissent la pression du pouvoir qui veut prendre à son compte le commerce de la drogue. Il y a eu plusieurs manifestations non armées contre l'occupant et le gouvernement Karzaï. A Kaboul, la répression fut terrible. Les militaires américains et les mercenaires afghans ont tiré en tuant des dizaines de personnes

La résistance agit de plus en plus fort au point de constituer de véritables forces militaires de 100 à 200 hommes. Elle a pris d'assaut le quartier général de la police de Chora dans la province d'Oruzgan. La police a fui et n'est toujours pas revenue.

Les Américains et l'Isaf (forces militaires de la coalition otanienne) étudient les moyens à mettre en œuvre pour intervenir dans le sud. Mais les USA veulent se dégager et obliger les pays européens membres de l'OTAN à s'engager davantage..

Le ministre Flahaut s'est récemment exprimé au Parlement : l'OTAN est la base essentielle de la sécurité de la Belgique qui a toujours été un allié fidèle, loyal et le restera. Il n'est donc pas question de changer. La Belgique s'engagera à porter ses effectifs à 650 hommes en Afghanistan.

Marcel Poznanski

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A propos de la conférence du 15 mai

Kosovo 2006 : Libéré ou purifié ?

Le CSO a organisé le 15 mai, en collaboration avec Vrede et le Mouvement chrétien pour la paix, une conférence consacrée au sort des minorités au Kosovo, territoire administré par l'ONU et occupé par des troupes sous commandement OTAN. Il s'agissait de faire le point sur la situation dans cette province de Serbie, alors que des pourparlers ont actuellement lieu à Vienne en vue de donner un semblant de légitimité à une indépendance d'ores et déjà décidée par les puissances occidentales.

La conférence avait été conçue avant tout pour permettre à Marek Antoni Nowicki, ancien ombudsman international du Kosovo, de nous livrer son point de vue sur l'évolution du respect des droits humains, en particulier ceux des Serbes, des Roms et des multiples minorités vivant depuis des siècles dans ce territoire. Rappelons en effet que c'est au nom des droits de l'homme, de la multiethnicité et de la démocratie que les bombardiers de l'OTAN avaient pilonné pendant 78 jours la Serbie et le Monténégro en 1999. Malheureusement, Marek Nowicki n'a pu nous rejoindre à Bruxelles, bloqué à Varsovie, où il réside depuis la fin de sa mission en décembre dernier, victime d'un malaise le matin même du jour de la conférence.

Malgré ce couac de dernière minute, quelque 80 personnes étaient présentes à l'Espace XE, à Ixelles, pour écouter les deux orateurs restants, les journalistes Frédéric Saillot et Jean Toschi Visconti.1

Jean Toschi, qui a roulé sa bosse dans toute l'ex-Yougoslavie aux moments les plus durs des conflits qui ont accompagné le démantèlement de la fédération, a centré son exposé sur la désinformation massive et systématique pratiquée par la grande majorité des médias ouest-européens et nord-américains, non seulement pendant la guerre du Kosovo, mais aussi durant ceux de Croatie et Bosnie-Herzégovine. Les intérêts des grandes puissances et le travail de sape des mercenaires de la presse, ces agences de communication vendant leurs services au plus offrant, ont produit une image manichéenne de ces conflits, les ramenant à une agression sauvage et raciste de la Serbie contre ses voisins. Comme l'a montré grâce à de multiples exemples la journaliste italienne, la réalité a été beaucoup plus complexe : limitons-nous ici à évoquer la série d' « auto-attentats » à Sarajevo entre 1992 et 1995 ou la falsification relative au « massacre de Racak », qui donna le prétexte à l'OTAN pour mener sa campagne dévastatrice de 1999.

Frédéric Saillot s'est intéressé à la situation actuelle au Kosovo, en particulier aux suites des pogroms de mars 2004, au fonctionnement des « institutions provisoires » et aux pourparlers de Vienne. Il a pointé du doigt les multiples incohérences des administrateurs occidentaux du territoire. Ainsi, pendant longtemps, la politique officielle de l'ONU a été « les normes avant le statut » : le respect de divers critères en matière de bonne gouvernance et de droits de l'homme devait précéder des négociations définissant le statut définitif de la province. L'an passé, le Secrétaire général de l'ONU a commandé un rapport sur le respect des « normes » à son envoyé spécial, le Norvégien Kai Eide. Fruit d'un long travail de terrain, le rapport a décrit minutieusement l'état catastrophique du Kosovo, en particulier les violences et discriminations incessantes dont sont victimes les minorités. Mais, paradoxalement, Eide concluait que l'ouverture de négociations sur le statut était devenue urgente, tout report risquant d'encore aggraver la situation. L'ONU a donc brusquement inversé sa politique, comme le souhaitaient d'ailleurs divers gouvernements, dont celui des Etats-Unis.

Ensuite, Nedzo Neziri, réfugié rom du Kosovo établi en France, a brièvement pris la parole pour rappeler la tragédie vécue par sa communauté. Victimes des pires exactions depuis la période nazie, la grande majorité des Roms a dû quitter ses foyers depuis 1999, pour se réfugier dans le reste de la Serbie ou en Europe occidentale. Leur sort est encore pire que celui des Serbes, les intérêts de ces derniers étant au moins défendus par le gouvernement de Belgrade. Plongés généralement dans l'illégalité à l'étranger, ils ont même été soumis à des expulsions de la part de certains gouvernements, n'hésitant pas à renvoyer de force des victimes auprès de leurs bourreaux.

Le débat qui a suivi a été particulièrement vif et animé. Des opinions souvent tranchées et opposées ont pu s'exprimer, notamment de la part de représentants des communautés serbe et albanaise de Belgique. Une tentative de dialogue qui reste à approfondir...

Signalons enfin que Jean Toschi et Nedzo Neziri ont également pris la parole à l'atelier sur le Kosovo de la Conférence des ONG belges sur l'OSCE, qui a débuté le lendemain au Palais d'Egmont. L'absence de Marek Nowicki y a été à nouveau regrettée. Mais la majorité des intervenants, parmi les orateurs comme dans le public, ont mis l'accent sur la situation catastrophique et le nettoyage ethnique qui caractérisent ce territoire, un rappel utile alors que la position officielle belge est que le Kosovo est "en train de se normaliser définitivement"2

Georges Berghezan

1. Les exposés de Jean Toschi et Frédéric Saillot sont disponibles sur notre site (respectivement http://www.csotan.org/textes/texte.php?art_id=298&type=articles et http://www.csotan.org/textes/texte.php?art_id=299&type=articles ).

2. expression utilisée le 6/06/06 par le Ministre des Affaires étrangères De Gucht en commission parlementaire sur les prochains sommets de l'OTAN

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Droits démocratiques en danger !

Bahar Kimyongur toujours emprisonné en Hollande

Bahar Kimyongur entame son troisième mois de détention aux Pays-Bas en attendant une décision éventuelle d'extradition vers la Turquie. Ce pays, condamné à maintes reprises pour violations des droits de l'Homme, considère Bahar comme un terroriste. Pourtant, les accusations présentées dans le dossier remis aux autorités hollandaises par l'Etat turc sont tellement dérisoires que la justice hollandaise a demandé un complément pour pouvoir valablement statuer. Elle prendra sa décision le 4 juillet.

En réalité, les faits reprochés à Bahar relèvent tous de libertés garanties par les constitutions belge et hollandaise car s'exprimer, s'organiser, contester : ce n'est pas du terrorisme.  

Il s'agit d'un combat symbolique concernant tous les démocrates car si Bahar est extradé, quiconque souhaitant exprimer une parole contestataire et s'organiser en conséquence sera dorénavant taxé de terroriste et puni comme tel. Mais, en dépit d'une réaction citoyenne massive, les autorités belges et hollandaises refusent toujours de protéger Bahar en le libérant.

(d'après un communiqué du CLEA – www.clea.be )

Protestation contre la levée de l'immunité de l'eurodéputé Tobias Pflüger

Tobias Pflüger est membre du groupe GUE au Parlement Européen. Le Ministère allemand de la Justice avait demandé la levée de son immunité parlementaire à la suite d'un banal incident survenu au cours d'une manifestation contre une Conférence de l'OTAN à Munich. Tobias Pflüger est bien connu du mouvemernt de la paix européen comme un militant antimilitariste.

Cette décision prise par le Parlement européen le 16 mai dernier est une évidente mesure d'intimidation à l'encontre de tous ceux qui veulent élever une voix critique. Cette nouvelle tentative de criminaliser une action politique dirigée contre l'OTAN exprime une tendance dangereuse pour la démocratie (d'après un communiqué de VREDE- www.vrede.be , 18.5.06)

Rappelons également les poursuites contre Hans Lammerant à la suite de l'action pacifique de Bomspotting critiquant le Ministre De Gucht (voir Alerte OTAN n°20- www.csotan.org) et la longue lutte de Michel Collon avant d'obtenir justice contre le brutal matraquage policier lors d'une manifestation contre la guerre de l'OTAN en Yougoslavie en 1999 (voir www.michelcollon.info)

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Infos et agenda du mouvement de la paix

6 ET 7 JUILLET 2006 : CONFERENCE INTERNATIONALE AU PARLEMENT EUROPEEN

Les armes nucléaires dix ans après le jugement de la Cour Internationale de Justice.

A l’ordre du jour : un débat juridique sur les implications et les interprétations de ce jugement, avec des spécialistes universitaires, des responsables politiques, des ONG et Christopher Weeramantry, ancien juge de la Cour Internationale de Justice.

En association avec les réseaux : International Association of Lawyers against Nuclear Arms (IALANA), International Peace Bureau (IPB), International Physicians for the Prevention of Nuclear Wear (IPPNW), Abolition 2000, Forum voor Vredeactie

Inscriptions : forum@vredesactie.be, 03.281.68.39
Participation gratuite moyennant inscription à l’avance afin de pouvoir accéder au Parlement européen

8 JUILLET 2006 : ACTIONS BOMSPOTTING à Bruxelles, Liège, Mons, Anvers, Louvain, Kleine Brogel, Gand

Les armes nucléaires de Kleine Brogel sont illégales.
La strategie d'armement nucléaire de l'OTAN est illégale.
C'est clair depuis le jugement de la cour internationale de justice du 8 juillet 1996.
Le 8 juillet 2006, la Belgique est en infraction depuis 10 ans.
Depuis 10 ans, l'OTAN mène une stratégie illégale d'armement nucléaire.
Depuis 10 ans, la justice refuse d'intervenir contre ces crimes de guerre.

Le 8 juillet 2006, les Bombe-spotters mènent dix actions à dix endroits liés à la stratégie illégale d’armement nucléaire de l’OTAN.

Plus d'info sur www.bomspotting.be

5 AOUT 2006 : Commémoration Hiroshima au Parc Ibakusha de l’Université de Mons

Les infos détaillées paraîtront bientôt sur le site du CSO (http://www.csotan.org)


Et enfin... le nerf de la paix

Alerte OTAN ne vit que par la volonté de ses sympathisants.
Nous comptons toujours sur votre soutien financier, aussi minime soit-il.
CCP du CSO : 068-2447491-14
Merci de votre sympathie !

19:30 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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