06/07/2006

05/07/2006: IRAQ : LE CRIME DE MAHMOUDIYA



De : Quibla [mailto:redactionquibla@yahoo.fr]
Envoyé : mercredi 5 juillet 2006 23:48
À : undisclosed-recipients:
Objet : [TLAXCALA] IRAQ : LE CRIME DE MAHMOUDIYA

À publier, à diffuser  !


Le crime de Mahmoudiya

Des soldats usaméricains ont planifié durant une semaine le viol d¹une jeune fille iraquienne de 16 ans, Abir Al Janabi, son assassinat et celui  de sa famille


Sources : aljazeera.net, islamonline.net et Mafkarat Al Islam (Islam Mémo)

Traduit de l¹arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d¹en respecter l¹intégrité et d¹en citer les sources et les auteurs.

Trois mois après les faits, un nouveau crime perpétré par des soldats usaméricains en Iraq a été révélé au grand jour. Des soldats ont violé une jeune fille iraquienne avant de l¹assassiner avec trois membres de sa famille, dont un enfant, dans une zone située à 9 Km au nord de Mahmoudiya (sud de Bagdad).
Les premières investigations de l¹armée usaméricaine ont révélé la barbarie du crime, perpétré au mois de mars dernier, avec préméditation, puisque préparé durant une semaine, ce qui expose les auteurs à la peine de mort, selon un officier usaméricain.
L¹agence Associated Press a indiqué le samedi 1er juillet 2006, sur la foi des déclarations d¹un responsable usaméricain proche de l¹enquête « que les soldats s¹étaient introduits dans la maison d¹une famille arabe sunnite, avaient séparé la femme de trois membres masculins de la famille, l¹ont violée puis brûlée vive à l¹aide d¹un liquide inflammable en vue de camoufler le crime, puis tué les autres membres de la famille ».
Le responsable, qui a réclamé l¹anonymat, a indiqué aussi que les soldats ont étudié les victimes durant une semaine et qu¹ils avaient prémédité leur forfait ». Un autre haut responsable militaire usaméricain, qui lui aussi a réclamé l¹anonymat, a révélé que l¹une des victimes était un enfant et que l¹affaire a été éventée au cours d¹une séance de discussion de routine, indiquant qu¹un soldat avait reconnu son rôle dans les faits et qu¹il a été appréhendé.
 
Un crime d¹opportunité
Le même responsable reconnaît que le crime semble être le fruit d¹une « certaine opportunité », puisque les soldats impliqués n¹ont pas subi l¹attaque d¹éléments armés, mais avaient tout simplement remarqué la femme, qu¹ils ont ensuite violé et assassiné, au cours de leurs précédentes patrouilles.
Un soldat non impliqué dans l¹affaire a apporté son témoignage : il avait aperçu ses compagnons lors de la préparation de leur forfait, puis une fois celui-ci commis, remarqué leurs habits ensanglantés.
Des responsables usaméricains ont reconnu qu¹ils étaient au courant des assassinats des membres de la famille, mais  croyaient que c¹était le fait des violences interconfessionnelles.
Les premières soupçons se sont orientés vers deux soldats de la 502ème Division d¹Infanterie, aperçus le 12 mars avec du sang sur leur tenue après le crime, attribué à l¹époque à des hommes armés de la région. Mais un officier de police de Mahmoudiya, le capitaine Ihsane Abderrahmane, a indiqué qu¹il avait reçu le lendemain du crime, le 13 mars, un rapport accusant les soldats usaméricains de l¹assassinat de la famille iraquienne dans la zone de Khassir Abiad, proche de Mahmoudiya.
Le porte-parole des forces usaméricaines a déclaré pour sa part dans un bref communiqué diffusé le vendredi 30 juin, que le général James Thorman, le plus haut gradé militaire usaméricain dans la région de Bagdad, a demandé à la direction des enquêtes criminelles de l¹armée d¹entreprendre une enquête systématique, un jour après les révélations faites par deux soldats.
 
La peine capitale
À propos de la peine encourue par les auteurs des faits, au cas où ils seraient confondus, l¹agence AP dit que les soldats risquent la peine de mort selon le code pénal militaire usaméricain.
Les responsables militaires usaméricains déclarent que les 4 soldats impliqués dans cette affaire ont été désarmés et mis aux arrêts dans une base militaire proche de Mahmoudiya
L¹armée usaméricaine a déclaré que les soldats impliqués dans ce crime, appartiennent à la 502ème Division d¹Infanterie à laquelle appartenaient les deux soldats faits prisonniers (par la Résistance, NDT) et dont les corps avaient été retrouvés le 19 juin, trois jours après leur capture. Les deux corps portaient les traces de supplices et l¹un d¹eux avait la tête coupée.
Il semblerait, selon les militaires usaméricains, que cette situation avait fait naître un sentiment de culpabilité chez l¹un des soldats de cette division, ce qui l¹a poussé à révéler ce crime le 22 juin dernier.
Cette affaire est la plus grave que connaissent les soldats usaméricains après celle qui a conduit 14 d¹entre eux, la semaine dernière, à être accusés de meurtres de civils iraquiens. De nombreuses autres affaires du même genre font l¹objet d¹enquêtes, tels que le meurtre de 24 civils à Haditha le 19 novembre 2005, en représailles à la mort d¹un soldat dans l¹explosion d¹un engin, le meurtre avec préméditation de trois détenus dans la province de Salaheddine, l¹assassinat d¹un soldat iraquien au cours de son interrogatoire à Al KaïmŠ
Sur le plan politique, la députée iraquienne Safia Chebli, apparentée au groupe de Iyad Allaoui, a réclamé le 4 juin le questionnement du premier ministre Anouar Malki sur l¹affaire du viol de la jeune Abir, ainsi qu¹une enquête iraquienne indépendante. Le ministre de la justice quant à lui, a demandé l¹intervention du Conseil de sécurité pour lever l¹immunité des troupes usaméricaines, estimant que c¹est l¹impunité dont profitent leurs soldats face à la justice iraquienne qui les encourage à commettre de tels crimes.
En voyage au Koweit, le Premier ministre a déclaré pour sa part qu¹il allait engager une enquête indépendante sur cette affaire.
 

 

Le témoignage accablant d¹un voisin de la famille martyre

Le viol de nobles femmes iraquiennes par la soldatesque usaméricaine, est devenu monnaie courante dans la prison de Abou Ghraïb mais aussi dans la grande prison qu¹est devenu aujourd¹hui l¹Iraq.
Le crime que nous relatons ici a dépassé par son horreur, son ignominie et sa barbarie tout ce qu¹on peut imaginer en la matière.
Le correspondant de Mafkarat Al Islam dans la région de Mahmoudiya, ville sunnite au sud de Bagdad, a rapporté qu¹une force usaméricaine, composée de 10 à 15 soldats, a pénétré dans la maison de Kacem Hamza Rachid Al Janabi. Ce dernier est né en 1970, travaille comme gardien au dépôt de pommes de terre appartenant à l¹État et y réside avec son épouse et ses quatre enfants : les deux filles, Abir (la brise), née en 1991, et Hédil, née en 1999 et les deux garçons : Mohamed (1998) et Ahmed (1996).
Les soldats usaméricains commencèrent par arrêter le mari Kacem, son épouse, Fakhria Taha Mohsen et leurs deux filles Abir et Hédil, les deux garçons étant encore à l¹école. Il était 14 heures. Ils conduisirent les parents et la petite Hédil dans une même pièce et les exécutèrent à bout portant. Le père a reçu 4 balles dans la tête, la mère 5 balles dans le ventre et le bas-ventre et Hédil a été atteinte à la tête et à l¹épaule. Puis ils conduisent Abir dans la pièce voisine, la déshabillent dans un coin et la violent à 10, à tour de rôle. Dès qu¹ils accomplissent leur forfait, ils la frappent avec un objet tranchant sur la tête, selon le rapport d¹autopsie, puis mettent un coussin sur son visage pour l¹étouffer et y mettent le feu.
Le voisin de la famille martyre ajoute : « Une heure après les coups de feu, j¹ai aperçu de la fumée qui s¹échappait de la maison et j¹ai vu les soldats partir précipitamment pour encercler la zone avec des éléments de la Garde nationale fantoche. Ils nous informent que des terroristes d¹Al Qaïda se sont introduits dans la maison et ont tué toute la famille. Ils nous empêchent de pénétrer dans la maison. J¹ai informé l¹un des gardes que j¹étais un voisin et qu¹il me fallait voir les membres de la famille pour informer El Hadj Aboul Kacem le patriarche, du sort de son fils et de sa famille. C¹est ainsi que l¹on me laissa pénétrer à la maison.
En rentrant, j¹ai trouvé le père, sa femme et leur fille Hédil, sans vie, baignant dans leur sang, sans aucune réaction quand j¹ai touché les corps. Le sang continuait à couler et sortait de la pièce. Puis je suis rentré dans la deuxième pièce où se trouvait Abir. Le feu continuait à se dégager de ses cheveux, de sa bouche et de sa poitrine. Elle était dans un état indescriptible : ses habits étaient retroussés vers le haut et son soutien-gorge déchiré. Le sang continuait à couler d¹entre ses jambes bien qu¹elle fût morte depuis plus d¹un quart d¹heure et malgré le feu dans la pièce. J¹ai compris qu¹ils l¹avaient violée : elle était couchée sur le visage, son arrière-train soulevé, les pieds et les mains liés. Je n¹ai pu me retenir et j¹ai pleuré. J¹ai vite éteint le feu qui avait consumé une partie de sa tête, son visage, ses seins et ses cheveux et je l¹ai couverte d¹un bout de drap. J¹ai réfléchi un peu à la situation et je me suis dit que si je parlais et protestais, ils allaient m¹arrêter. J¹ai donc gardé le silence et je suis sorti de la maison sans rien dire pour pouvoir témoigner en temps utile.
Au bout de trois heures les soldats d¹occupation ont encerclé la maison et ont répandu la rumeur que la famille avait été assassinée par des terroristes parce qu¹elle était chiite. Personne n¹a évidemment cru à ce bobard parce que tout le monde se connaît et que la famille était bien connue de tous comme une famille des meilleurs sunnites. Face à cette situation, les forces d¹occupation ont procédé juste après la prière du Maghreb au transfert des quatre corps des victimes à la base militaire usaméricaine, puis le lendemain à l¹hôpital de Mahmoudiya, en donnant à son administration leur première version des faits. Le même jour, en compagnie des proches de la famille, nous avons pris les corps des suppliciés à l¹hôpital et avions procédé à leur inhumation par la grâce d¹Allah. »
 

Briser le silence

Le témoin ajoute : « Nous avons décidé de ne pas nous taire et avons demandé aux moujahidine de la région de réagir en urgence. C¹est ainsi qu¹ils ont monté une trentaine d¹opérations contre les forces d¹occupation en deux jours, faisant plus de quarante morts parmi les soldats usaméricains. Mais cela ne suffisait pas à nous calmer et nous nous sommes adressés aux médias, en commençant par la chaîne Al Arabiya, qui est puissante en Iraq. Personne ne nous a cru, estimant qu¹ils tiraient leurs informations des communiqués officiels usaméricains et ne pouvaient s¹engager dans une affaire qui les dépasse. C¹est le correspondant officiel de Al Arabiya en Iraq, Ahmed Assalah en personne qui nous l¹a dit. Nous nous sommes adressés à des journaux de Bagdad qui nous ont éconduits, parce que nous étions sunnites comme les victimes innocentes de ce drame. Les combattants nous ont conseillé la patience en nous promettant que le sang et l¹honneur de Abir et de sa famille seraient vengés comme ils le méritaient. »
 

Craintes fondées

Le voisin continue son récit : « Le 9 mars 2006, la mère d¹Abir est venue me demander si je pouvais héberger sa fille avec les miennes parce qu¹elle craignait pour elle. Cela ne m¹a pas étonné et j¹ai évidemment accepté.  Les soldats de l¹occupation, disait-elle, lui jetaient des mauvais regards quand elle sortait pour conduire les vaches au pré et qu¹elle passait par un contrôle usaméricain situé à 15 mètres de la maison paternelle. Mais dans mon for intérieur, j¹ai pensé que les craintes de la mère étaient mal fondées, la fille étant chétive et avait à peine 16 ans. Je n¹ai jamais pensé que les criminels exécuteraient leur crime en pleine journée. ».
Le témoin ajoute : « Les forces d¹occupation sont venues vendredi dernier - un jour avant que le correspondant de Mafkarat Al Islam  se rende sur les lieux du crime - et ont ordonné aux habitants d¹exhumer le corps d¹Abir pour des analyses. Ils m¹ont demandé aussi de rester à leur disposition en tant que témoin, ce que je ferai et je suis prêt à aller n¹importe où pour faire éclater la vérité.
Rappelons que Mafkarat Al Islam  a été la première agence d¹information à révéler ce nouveau crime des forces d¹occupation.  

12:53 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, crimes, guerre, irak, politique, usa, occupations | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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