27/07/2006

23/07/2006: SPECIAL : PALESTINE - LIBAN

n°61
  23 juillet 2006
 
SPECIAL : PALESTINE - LIBAN
1 contre 9600
par Xavière Jardez
 
1 soldat israélien, prisonnier de guerre par nature et non otage, contre 9600 prisonniers palestiniens dans les goulags d’Israël, dont 95 femmes et 313 enfants, certains ayant moins de 18 ans,- nombre d’entre eux n’ayant jamais été jugés après avoir été capturés chez eux- : tel était l’enjeu de l’échange demandé par le Hamas, après l’attaque du point de contrôle de Karem Salem dans le sud de la bande de Gaza, qui a servi à Israël de prétexte au déluge de feu et de  sang et à l’enlèvement incroyable de 64 parlementaires du Hamas.
 
Alors que le Hamas a, depuis 18 mois, respecté un cessez-le-feu, et n’a causé que 18 morts sur la zone nord d’Israël depuis 1999, l’Etat juif n’a cessé ses violences, sa campagne de terreur contre les Palestiniens. A quoi sert de citer des chiffres de Palestiniens tués ou blessés ? Sont-ils 4760 tués, 50 000 blessés ? Plus ? Moins ? Dès que l’on a posé un bilan, dix, vingt, trente viennent tristement s’ajouter dans les quelques minutes qui suivent. Par ailleurs, sachant que l’armée israélienne, selon le New York Times,  arrête de 10 à 30 personnes par nuit, on peut effectivement évaluer le nombre de prisonniers. Et, si l’on ramène ces emprisonnements au sein d’une petite population  à celle des Etats-Unis, on arrive à 63 000 000 de personnes arrêtés depuis 1967 !!! (pas d’erreur dans les zéros). Saddam Hussein n’aurait pas pu faire mieux.
 
 
Le Mur de l’apartheid
Mais, il y a plus. Pilonner ne suffit pas ; il faut affamer et pour cela détruire, détruire. Maisons, plus de 71 470, 645 bâtiments publics, 316 écoles. Au cours de leurs « opérations » ou « incursions » selon la terminologie de la presse occidentale, et ce, avant la présente réoccupation de Gaza,  l’armée israélienne avait assiégé villes et villages plus de 60 fois, et  imposé un couvre-feu sur plus de 10 villes (Jenine, Naplouse, Tulkarem, Qalqilyia), personne ne pouvant ni y entrer ni en sortir. L’armée israélienne peut d’ailleurs compter sur le soutien sans faille des « colons », qui « déversent leur haine sur les propriétaires légitimes de ces terres dans une orgie de destruction, attaquant Hebron ainsi que d’autres villages, y mettant le feu et bulldozant 32 commerces, 12 serres, empoisonnant six puits et déracinant 600 oliviers, qui s’ajoutent aux 1 355 290 déjà détruits, (ce sur une surface de l’île de Rhodes) ». Plus de 76 867 dunums ont été, au cours des cinq dernières années, « confisqués » (volés par décret gouvernemental) ou simplement saisis par les colons, pour la construction du Mur de l’apartheid ou pour l’expansion des colonies en violation de tous les accords qu’Israël a pu signer, ce qui n’a rien d’étonnant. Six pour cent de la Palestine Historique restent pour les Palestiniens alors qu’un demi million de colonies sauvages s’est approprié la terre de 16 195 fermiers.
 
L’absence de liberté de circulation, d’accès aux soins médicaux, à l’école et aux ambulances, les obstacles dressés aux mouvements des candidats aux dernières élections aux 750 points de contrôle israéliens, aux heures interminables d’attente, illustrent à merveille la nature démocratique de l’Etat juif, faite d’arrogance impériale, de  conscience de sa supériorité raciale et son droit à détruire ou à humilier des êtres plus faibles. Amnesty International dans son dernier rapport confirmait que « le blocus militaire et les restrictions imposées à la circulation des Palestiniens a conduit à un haut niveau de chômage (67%) et à la pauvreté ». Pire, entre 2000 et 2004 plus de 60 femmes palestiniennes ont donné naissance à des points de contrôle israéliens selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 36 bébés sont morts, en conséquence.
 
Renforcer l’occupation
Quiconque s’est ainsi rendu en Palestine s’accorde pour dire que l’occupation israélienne est la véritable cause de la pauvreté actuelle de ce pays. Or, de 1993 à 2003, la Palestine occupée a reçu un montant d’aide internationale de l’ordre de 6 milliards de dollars. La moitié de ces fonds fut versée après la deuxième Intifada, consécutive à la provocation d’Ariel Sharon en visite sur le Haram Al Sharif (Promenade des Mosquées), à la fin de septembre 2000 et affectée non plus à des projets de développement mais à des opérations d’urgence. Qu’on se rappelle les destructions causées alors par les bombardements israéliens lors de représailles massives. Dix sept infrastructures, financées par le contribuable européen, d’un montant total de 17,29 millions d’euros furent réduites à néant dont l’aéroport international de Gaza à Rafah, les camps de la police civile de Gaza, l’Hôtel intercontinental de Bethléem, le laboratoire médico-légal, le port de Gaza, le bureau central de statistiques, le tout à l’égout à al Bireh, les systèmes d’irrigation à Jéricho, les infrastructures municipales à Qalqilya, etc… L’Europe n’eut pas le courage de réclamer à  son chouchou tyrannique, Israël, le remboursement des dommages infligés aux équipements et laissa filer pour ne pas avoir à remettre l’argent à l’Autorité Palestinienne et à Arafat, grand « terroriste » au même titre que  les membres du gouvernement élu du Hamas. Selon certains experts, cette aide internationale ne fait que « que renforcer l’occupation israélienne » et perpétuer la pauvreté des Palestiniens.
 
Transfert des populations palestiniennes
Une rétrospective des méfaits d’Israël, même imparfaite, s’avère nécessaire pour démonter la propagande israélienne, et occidentale. La capture du soldat Shalit n’a rien à voir avec l’invasion et le carnage commis d’abord à Gaza, puis au Liban. Elle n’est qu’un prétexte (les chars israéliens entouraient Gaza avant la capture du soldat) à une plus large opération de nettoyage ethnique et de confiscation de terres, permettant à Israël de réaliser ses ambitions territoriales. Nous en voulons pour preuve ce que déclarait  Ariel Sharon à l’AFP en 1998 comme l’ont fait ceux qui l’ont précédé depuis 1948 : «  Il est du devoir des dirigeants israéliens d’expliquer à l’opinion publique…..un certain nombre de faits oubliés avec le temps. …il n’existe pas de sionisme, de colonisation, ou d’Etat juif sans l’éviction des Arabes et l’expropriation de leurs terres ».
 
L’ampleur de l’offensive « Pluie d’été » suggère que les plans ont été mis sur pied depuis longtemps et que leurs objectifs visent plus loin encore. En est-on au début du transfert des populations palestiniennes ? La destruction délibérée des centrales électriques, de la distribution d’eau, des ponts, et autre infrastructure vitale, ainsi que l’interruption des circuits d’alimentation, des ressources financières (Israël retient 950 millions de dollars de taxes appartenant à l’Autorité Palestinienne) et des médicaments (certains disent que l’arme performante d’Israël s’appelle Plavix, Poside ou Atropine) indiquent qu’Israël resserre l’étau autour des Palestiniens pour les forcer à partir comme en 1948 ou en 1967. Réduire les Palestiniens de Gaza et de  Cisjordanie à la misère est pour Israël la méthode pour résoudre le problème démographique auquel il est confronté. La croissance de la population juive dans le monde avoisine le taux 0% et 37% de celle-ci vit actuellement en Israël. A moins que certaines mesures n’ y soient prises pour accroître encore la natalité, les juifs qui constituent 78% du total de la population israélienne ne dépasseront pas les 73 à 76% en 2020, et les 65 à 69% en 2050  selon les chiffres de l’Agence Juive qui s’attend à une diminution du nombre de juifs dans le monde pour atteindre seulement 12 millions vers le milieu du XXIe siècle.
 
Ainsi pilonné, affamé, privé d’avenir politique par la mise au ban de ses élus, enfermé et surveillé dans cette grande prison qu’est Gaza, le peuple palestinien épouse la comparaison avec le sort réservé aux juifs du ghetto de Varsovie. Les Occidentaux, comme les Arabes suiveurs, l’ont abandonné comme furent abandonnés par complaisance, par lâcheté, par complicité, les républicains espagnols en 1936.
 
La légitimité du Hezbollah
Puis Israël se tourna vers le Liban comme en 1982, lors de la capture d’un de ses soldats. Or, en 1982, en 1979, 1968, lors des invasions sionistes, le Hezbollah n’existait pas !! Alors… L’énumération jour après jour, des destructions au Liban par l’entité sioniste, sa politique de la terre brûlée donne la chair de poule et évoque le spectre de ces  chefs mongols, Attila, Houlagou, Tamerlan etc…qui dévastèrent tout sur leur passage. Israël est en fait le bras armé de la France, de la Grande Bretagne, des Etats-Unis en premier lieu. Il accomplit le travail que ces derniers, en raison d’invisibles principes, ne peuvent se permettre : depuis la résolution du Conseil de Sécurité 1559 de 2004 leur objectif est de démanteler le Hezbollah pour le remplacer soit par une armée faible, soit par des supplétifs israéliens déguisés en Libanais, l’armée du sud-Liban entre autres.
 
Il faut donc, comme à Gaza, détruire et TUER  et pire qu’à Gaza, car l’adversaire a eu, lui, le  temps de se constituer une structure militaire, politique et sociale. Il faut donc disperser cette base politique qui participe de la légitimité du Hezbollah. Il faut faire fuir la population, en  majorité chiite, du sud-Liban, en faire un no man’s land. Et c’est pourquoi il n’y a pas de crise humanitaire résultant d’une catastrophe mais un plan bien précis de dévastation  qui a reçu le feu vert des Etats-Unis et des autres. Et ni la Syrie, ni l’Iran ne sont les vrais fauteurs de troubles.
 
Pour apprécier ce qui se passe dans la région , Irak, Palestine, Liban, les événements doivent être pris dans une suite logique, non les uns après les autres comme le martèlent nos cher médias, pour comprendre qu’Israël poursuit deux buts aujourd’hui : s’approprier les eaux du Litani car l’accord entre Israël et la Turquie pour la fourniture par cette dernière de 50 millions de m3 d’eau est en voie d’expiration et déstabiliser le Liban en y déclenchant à nouveau une guerre civile pour le réduire à des communautés confessionnelles sur le modèle israélien, endogame et ethnique,  et y installer un protectorat israélo-américain de type jordanien.
 
A quand la Syrie ? C’est la question que tous se posent et à laquelle travaillent les Occidentaux qui ont déjà réussi à faire partir la Syrie du Liban pour laisser le champ libre à Israël.
 
S’il devait en être ainsi, les deux lignes bleues du drapeau sioniste représentant le Nil et l’Euphrate auraient pris vie.
 
Source:
Anne Gwynne, Living in Terror, Al Ahram, 2-8 février 2006
 
 
L’agression israélienne au Liban – juillet 2006
Photos de guerre publiées par le quotidien libanais As-Safir
 
 
 
PÉTITION
Non au terrorisme de l’État d’Israël
contre le peuple palestinien !
 
Signez et faites signer la pétition à l’adresse :
 
 
 2 340 signatures au 21 juillet 2006
 
 
LA VOIE DE LA PALESTINE
 
 
 
 
 
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Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez
 
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14:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, barbarie, crimes, colonialisme, fascisme, guerre, histoire, imperialisme, israel, liban, onu, ota, occupations, palestine, politique, presse, romain, racisme, sionisme, solidarite, terrorisme, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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