18/09/2006

18/09/2006: QUI ARME ISRAËL: ISRAËL, MEMBRE DE LA FRANCOPHONIE ?...:Gaza est une prison

 

QUI ARME ISRAËL ? par Xavière Jardez (p. 3 à 5)

 

 

n°64

  18 septembre 2006

 

 

- ISRAËL, MEMBRE DE LA FRANCOPHONIE ?...

- Non, merci !

 

                                                                    par Gilles Munier

 

Les 28 et 29 septembre, se tiendra à Bucarest le XIème Sommet de la Francophonie. Cinquante trois pays devraient y participer. Selon certains observateurs, l’absence du Liban - si elle est confirmée – va permettre à Israël d’adhérer à l’organisation internationale.

 

Il faut savoir que les décisions aux sommets de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) se prennent à l’unanimité des membres présents. Les pressions exercées par la France sur la Roumanie pour qu’elle n’invite pas le Président libanais Emile Lahoud ayant été suivies d’effets : il n’y aura pas de veto libanais à l’entrée d’Israël dans la Francophonie. Il suffira que le Canada propose la candidature de l’Etat hébreu -  comme on lui en prête l’intention - pour qu’elle soit acceptée, probablement sans discussion.

 

Lobbying israélien

Tout a commencé avec l’accord Bush-Chirac de partage du « Grand Moyen-Orient ». Les Etats-Unis acceptaient que la France « mette de l’ordre » dans son pré carré : la Syrie et Le Liban, pays faisant partie de sa zone d’influence après la Première guerre mondiale. Les grandes manœuvres ont commencé en septembre 2004 avec le vote de la résolution 1559 de l’ONU et le refus du président français d’accepter la prolongation pour 3 ans du mandat d’Emile Lahoud à la présidence du Liban. Depuis, les ministres français de passage à Beyrouth refusent de le rencontrer.

 

L’idée de Jacques Chirac d’intégrer rapidement Israël dans la Francophonie date aussi de 2004. En février, recevant à Paris le Président israélien Moshé Katsav, il avait déclaré qu’un consensus devait «permettre dès que possible l’admission d’Israël… au sein des instances de la Francophonie ». Rafic Hariri, alors Premier ministre du Liban, était sans aucun doute dans la confidence. L’Etat hébreu qui s’estime marginalisé dans les organisations internationales, pourrait donc présenter sa candidature au sommet de l’OIF, ce dont il s’était abstenu jusque là, sûr d’essuyer une rebuffade, ce qui en diplomatie est assimilé à un affront.

 

Depuis la visite de Moshé Katsav, le Haut Conseil scientifique franco-israélien est en activité. Les ventes d’armes et la coopération militaire franco-israélienne ont été discrètement relancées. Trois villes israéliennes : Tel-Aviv, Eilat et Natanya, ont intégré l’Association francophone internationale de coopération décentralisée (AFICOD). En 2005, l’université de Tel-Aviv a été admise sein de l’AUPELF (Association des universités partiellement ou entièrement de langue française). Israël est devenu un des principaux partenaires du Forum francophone des affaires… etc… etc…

 

En juin 2006, le Sénateur André Ferrand (1) et Philippe Richert –  Président du groupe France-Israël au Sénat – pouvaient se frotter les mains : Edouard Balladur, Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, avait dit à Shimon Pérès, à Jérusalem, qu’il souhaitait « une entrée rapide d’Israël dans la francophonie » et  que « le seul obstacle était le Liban » (2). A Paris, Ehud Olmet passait pour un « homme de paix », et Israël était présenté -  sans rire - comme un pays francophone … et francophile. Un mois plus tard, « Tsahal » agressait le Liban, les victimes civiles dépassaient le millier et les infrastructures du pays détruites. Qana était de nouveau synonyme de crime de guerre

 

« Ingérence directe » dans les affaires du Liban

On aurait pu penser que cette guerre allait renvoyer aux calendes grecques le projet de candidature israélienne à la Francophonie. Il n’en est rien. Christian Prada, ministre d’Etat roumain chargé de la Francophonie, était à Beyrouth début septembre pour convaincre Fouad Siniora, Premier ministre libanais, d’assister au sommet. Il lui a proposé d’y « poursuivre des négociations sérieuses sur le processus en cours au Liban » (2). L’an dernier, Jacques Saada, ministre canadien responsable de la francophonie, était allé plus loin en suggérant l’adhésion simultanée d’Israël et de l’Autorité palestinienne à l’OIF, afin que leur présence soit une « valeur ajoutée au processus de paix israélo-palestinien » (3).

 

L’interdiction faite au Président Lahoud de participer au sommet de Bucarest est condamnée par la majorité des Libanais. Le 21 juin 2006, il avait rappelé, avec le soutien du Général Aoun, que ce n’est pas à la France de « décider de la personne qui présidera la délégation libanaise au sommet ». Une violente campagne anti-Chirac s’était alors développée, accusant le Président français d’ « ingérence directe » dans les affaires libanaises.

 

Fouad Siniora, Premier ministre déjà contesté pour ses amitiés à l’étranger, est bien embarrassé. S’il se rend en Roumanie, il passera définitivement pour un traître. Il a certes déclaré, le 30 août 2006, que « le Liban sera le dernier pays du monde arabe à ratifier un traité de paix avec Israël », mais en ajoutant qu’il ne signera «aucun accord séparé tant qu'une paix globale et juste ne sera pas instaurée dans la région sur la base de l'initiative saoudienne » (4), mais il n’a pas précisé s’il était hostile à des contacts indirects avec l’Etat hébreu dans cette arène internationale.

 

L’adhésion à part entière d’Israël à la Francophonie va être interprétée comme un gage donné au terrorisme d’Etat. Qui peut croire qu’après cela les Israéliens ne lorgneront plus vers les eaux du Litani ? Ou que l’Etat hébreu va démanteler ses colonies de peuplement et mettre son arrogance en sourdine ? Au nom de la solidarité entre pays « francophones », est-on prêt à avoir pour ennemis prioritaires ceux qu’Israël nous désignera ? Deux mois après l’agression contre le Liban, pays considéré à juste titre comme un des piliers de la francophonie dans le monde, il ne faudra pas s’étonner si le tour de passe-passe chiraquien est perçu par les pays musulmans comme un coup de force pro israélien. 

 

Notes :

(1) Et par ailleurs Président du groupe France-Yémen au Sénat !

(2) Edouard Balladur à Jérusalem souhaite une entrée rapide d'Israël dans la francophonie. Commentaires de Max Semory (7/6/06 – audio)

http://www.a7fr.com/Default.aspx?tabid=52&articleType=ArticleView&articleId=8466

 (2) Bucarest « insiste » sur la présence de Siniora au sommet de la francophonie (L’Orient-Le Jour – 8/9/06).

(3) Israël et la Palestine futurs membres de la Francophonie, par Elias Lévy (The Canadian jewish news, 1/9/05   http://www.cjnews.com/viewarticle.asp?id=7160&s=1

(4) Siniora pessimiste pour un traité de paix entre le Liban et Israël (Libaniews - 30/8/06)

http://www.libnanews.com/2006/08/sanioura_pessim.html

 

Palestine : Gaza est une prison 

par Patrick Cockburn - The Independent – Extrait - 7/9/06

 

«C'est notre pire année depuis 1948 [année du début de l'exode massif de réfugiés palestiniens à Gaza», affirme le Dr Maged Abu-Ramadan, ophtalmologiste devenu maire de la ville de Gaza.  «Gaza est une prison.  Ni les personnes ni les marchandises n'ont le droit de quitter la région.  Les gens connaissent déjà la famine.  Ils essaient de survivre en mangeant du pain, des falafels (boulettes frites de fèves sèches et de pois chiches), et les quelques tomates et concombres qu'ils font pousser

 

Les rares moyens que les habitants/antes de Gaza avaient pour faire un peu d'argent ont disparu.  Le Dr Abu-Ramadan dit que les Israéliens «ont détruit 70% des orangeraies pour créer des zones de sécurité».  Les oeillets et les fraises, deux principaux produits d'exportation de Gaza, ont été jetés ou abandonnés et pourrissent. Un bombardement aérien israélien a détruit la centrale électrique et 55% de l'énergie électrique est maintenant presque aussi intermittente qu'à Bagdad.

 

L'offensive israélienne au cours des deux derniers mois a frappé une société déjà durement affectée par le retrait des subventions de l'Union européenne après qu'en mars le Hamas a été élu en tant que gouvernement palestinien.  Israël retient les taxes prélevées sur les marchandises qui entrent à Gaza.  Ployant sous les pressions des États-Unis, les banques arabes à l'étranger ne remettent pas les fonds au gouvernement.       Traduction : Collectif de traduction - pueblo@sympatico.ca 

Texte intégral : http://news.independent.co.uk/world/middle_east/article1372026.ece

Dossier : Qui arme Israël ?

 

Armes israéliennes :

« Le cessez-le-feu n’est pas dans l’intérêt d’Israël »

selon le Pentagone

 

par Xavière Jardez

 

C’est avec une insistance malsaine que les médias français et autres ont souligné et soulignent toujours l’origine syrienne et iranienne des armes  du Hezbollah, armes qui ne se comparent en rien à l’arsenal israélien (voir encadré), le Hezbollah ne disposant d’aucune capacité de défense aérienne, et qu’un silence de plomb sur l’origine US des armes d’Israël a été respecté.

 

La dépendance vis-à vis de l’Iran des chefs de la résistance libanaise est bien moindre que celle des politiciens  israéliens vis-à-vis des Etats-Unis où un lobby pro-israélien a tous les pouvoirs ou celle de la communauté juive à l’étranger vis-à-vis d’Israël.

 

Toutes les armes qui équipent l’armée israélienne, et qu’elle utilise dans ses attaques contre les populations, palestinienne et libanaise, pour ses assassinats ciblés, dans ses démolitions de maisons (bulldozer Caterpillar),  etc… comme le rapportent les documents du Département d’Etat sur les droits de l’homme de 2003, 2004 et 2005 proviennent dans leur grande majorité des Etats-Unis. Il peut y avoir quelques avions de chasse français, mais ses F-16 produits à Forth Worth, ses hélicoptères Apache, ses missiles Sparrow et Sidewinter, tout cela vient des Etats-Unis. Et l’usage qu’en fait l’Etat sioniste est en complète violation de la loi américaine sur le contrôle de l’exportation d’armes (Arms Export Control Act) : les armes d’origine US ne peuvent être utilisées que pour une défense légitime et la sécurité intérieure.

 

L’aide militaire à Israël, via le Foreign Military Financing,  qui en a été le bénéficiaire le plus important de tous temps, a largement augmenté depuis 2001 et les ventes d’armes à ce pays ont atteint des sommets vertigineux par rapport à sa population qui est de 0 ;01% de la population mondiale !!! Elles se chiffrent à 3 milliards de dollars par an pour l’aide militaire, un total 10.5 milliards de dollars  – soit 500 dollars pour chaque Israélien - et 6,3 milliards de dollars pour les ventes d’armes, depuis la venue de l’administration Bush au pouvoir*. Pour 2007, Bush a demandé au Congrès une rallonge budgétaire pour Israël de 2,24 milliards de dollars.

 

Traitement privilégié

Mais les relations d’Israël avec les Etats-Unis sont aussi uniques en ce sens que les Etats-Unis fournissent 20% du budget militaire israélien annuel. 70% de cette somme sont  dépensés directement par Israël en armes auprès des sociétés suivantes, Lockheed Martin, Boeing (pour les F-18 et F 14), Raytheon (pour les missiles Tomawak, Sidewinder, autres missiles de haute technologie) sans qu’Israël ait à débourser un centime. Récemment, Lockeheed Martin et l’industrie militaire israélienne  ont signé directement un accord pour la production conjointe d’une version du F-16 appelé Sufa qui sera construit en partie à Tel Aviv et terminé à Fort Worth, Texas, d’une valeur de 4,5 milliards de dollars. On assiste là au développement de relations supranationales entre des multinationales de l’armement et un Etat, sans que le ministère de la Défense américain n’intervienne. Aucun autre pays désirant acheter du matériel US ne connaît un tel privilège d’autant que toute commande d’armement doit dépasser 100 000 dollars, sauf pour Israël.

 

Par ailleurs, Israël reçoit du Economic Support Funds des fonds d’un montant, pour 2006 ; de 273 millions de dollars en une seule fois et non par trimestre, forçant ainsi  les Etats-Unis à payer de 50 à 60 millions d’intérêt pour les sommes qu’ils empruntent à cette fin. Ou abandonnent le remboursement de prêts consentis pour des besoins militaires.

 

Les Etats-Unis garantissent aussi  les recherches et les applications militaires en Israël. Ils ont contribué des milliards de dollars au développement du tank Merkava et de l’avion d’attaque au sol Lavi.  Depuis 1995, les Etats-Unis et Israël ont activement développé une arme à infra rouge avancée, dans le cadre d'un programme commun anti missile, programme connu sous le nom de Tactical High Energy Laser (THEL). Le THEL est une arme laser chimique mobile et déployant une grande quantité d'énergie. Ce programme commun, « Nautilus », a permis la mise au point de systèmes d'armements laser. Sont impliquées les sociétés israéliennes d'armement aérospatiales Rafael, Israël Aircraft Industries (IAI) et  Tadiran 6.

 

La dépendance d’Israël  à l’égard de Washington s’étend aussi à l’accès au renseignement militaire, à la maintenance et à l’assistance technique pour une performance optimale, qui  s’élève à 629 millions de dollars. Mais, en cas d’urgence les Etats-Unis sont prêts à l’épauler.  Ainsi  le 14 juillet, les Etats-Unis ont décidé de vendre pour 120 millions de carburant d’avions à l’armée israélienne  « pour promouvoir la paix et la sécurité dans la région » selon la  formulation de la Defence Security Cooperation Agency. Ou encore, la livraison anticipée de bombes laser et à guidage de précision (bombes anti-bunkers GB 4 28, construite par Lockheed pendant la guerre d’Irak en 1991), dans le cadre d’une vente d’armes dans lequel Israël peut puiser à volonté, considérée par des responsables du Pentagone comme « inhabituelle ». Cette pratique n’est pas nouvelle puisque après la première Intifada, Israël avait demandé la livraison additionnelle d’hélicoptères Black Hawk et Apache et en 2001, celle de 50 d’avions de combat F-16. A l’époque, Israël n’était pas engagé militairement à l’extérieur de ses frontières !

 

On a fait beaucoup de cas des missiles lancés sur le nord d’Israël par le Hezbollah prétendument sur des zones civiles. Peut-être que quelque mille missiles Fafjr 3 d’origine iranienne ou syrienne avec un rayon d’action de  50 kms ont touché cette région avec des pertes civiles se montant à 30 ou 40 personnes. Qui peut croire que cette zone du pays n’était pas une zone d’activité  militaire avec ses arsenaux, ses usines de production d’armes, etc…? Mais on oublie d’annoncer que l’arsenal israélien de ce type d’armes est plutôt impressionnant : 1000 missiles Redeye, 400 missiles terre-air, 400 missiles de défense portables Stinger, 444 missiles Harpoon. (Voir encadré)

 

Armes interdites

La liste ne s’arrête pas à l’armement lourd. On y trouve aussi des bombes à fragmentation  (cluster bomb). Inventées au moment de la guerre du Vietnam, fournies à Israël, elles ont été largement disséminées au Liban où  249 localités sont un foyer de bombes non-explosées notamment de type M  42 spécialement conçues pour les personnes et de type M 77, venant vraisemblablement des Etats-Unis.  C’est ce devrait déterminer une enquête en cours à Washington, lancée pour des motifs de  relations publiques

 

Au Liban, la découverte de corps présentant des caractéristiques inconnues – brûlures sans être brûlé, odeur nauséabonde, membres tordus- ont conduit des médecins et l’OMS à ouvrir  une enquête pour déterminer si Israël a eu recours à des armes chimiques ou biologiques (bactériologique ou virale) . Leurs effets se comparent à ceux des pesticides car ils paralysent le système nerveux, bloquent la respiration et provoquent des hémorragies internes. L’armée libanaise évoque l’utilisation de bombes emplies d’un produit spécial, totalement interdites par les Conventions de Genève. Il pourrait s’agir d’une « Emptying bomb ». Ces bombes vident le corps de son air, entraînant la mort par asphyxie et arrêt du cœur. N’oublions pas qu’Israël n’a jamais ratifié la Convention sur les Armes chimiques tout comme il n’a pas ratifié le Traité de non-prolifération et n’a jamais soumis ses installations nucléaires à une quelconque inspection.  Des rumeurs circulent sur l’existence d’un programme d’armes chimiques qui serait installé à Israel Institute for Biological Research à Ness Ziona.

 

L’agression israélienne au Liban et la faible performance, en apparence, de l’armée israélienne vont conduire, selon Shimon Péres, à l’émergence d’une nouvelle catégorie d’armes « armes miniaturisées » ou « robots télécommandés » ou même d’ armes basées sur les nanotechnologies. On peut concevoir que les Etats-Unis pousseront Israël à parfaire et expérimenter sur le terrain une arme nouvelle testée en Irak, le « Rayon de la Mort » qui consiste en l’envoi sur une personne d’ondes courtes électro-magnétiques semblables à celles du micro-ondes. La chaîne italienne Ray News 24  a présenté, en mai dernier, un reportage de journalistes irakiens à ce sujet qui fait l’objet d’une investigation par le Strategic Research Institute de Californie.

 

Vu l’arsenal israélien peut-être la 4ème armée du monde  pour reprendre une comparaison à la mode pour  l’Irak-! – on aurait pu penser qu’Israël se suffisait de son partenaire américain. Mais, non. La France, l’Allemagne et la Grande Bretagne  concourent pour le sauver.  Depuis mars 2006, la coopération entre EADS et l’IAI (Israeli Aircraft Industries) en matière de production de drones a débouché sur la constitution d’un véritable partenariat intégré, situé en Israël même, dont la première conséquence est le soutien économique français de plusieurs centaines de millions de  dollars à l’effort de guerre israélien et le transfert de technologie et de compétences militaires de la France vers Israël utilisées pour affamer et massacrer Palestiniens et Libanais.

 

La Grande Bretagne, elle, a cherché à améliorer la force de frappe des F-16 en vendant des composants à l’Etat sioniste via Lockheed Martin, le 7 juillet dernier en contravention avec la législation interdisant l’exportation d’armes s’il existe « un risque clair que le récipiendaire utiliserait le produit…de manière agressive contre un pays tiers…ou (pour) une revendication territoriale avec usage de la force ».

 

Quant à l’Allemagne, elle permettra, avec la construction de deux sous-marins nucléaires  U 212 de type Dolphin, pour une valeur de 1,27 milliards de dollars, dont un tiers financé par l’Allemagne, d’accroître la capacité nucléaire d’Israël. Ces deux bâtiments s’ajouteront aux trois autres déjà construits  et payés par l’Allemagne dans les années 90 qui sillonnent en  permanence l’un, la Mer rouge et le Golfe Persique, l’autre, la Méditerranée. Ils seront équipés pour permettre le lancement de missiles porteurs de charges nucléaires  ayant un rayon d’action de 4500 kms sans être repérés et peuvent atteindre un objectif situé à 1500 kms. 

Israël, 3ème pays exportateurs d'armes.

Israël, marchand d’armes, pourrait paraître un paradoxe pour un pays dit « démocratique » et  sur la défensive. Les ventes d'armes, hors du processus officiel (Défense, Mossad, armée), très secret (v. Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), sont un secteur très peu régulé et cette activité lucrative des trafiquants d'armes israéliens a lieu au grand jour. Elle est bien connue des services du ministère de la défense israélienne, qui l’encourage et la soutient,  des officiers de l'armée israélienne et de toute personne familière avec l'industrie de l'armement du pays. C’est après la guerre du Ramadan, en 1973 que les fabricants d’armes pour la Défense israélienne ont conquis les marchés internationaux et permis la survie de l’Etat sioniste même. En 2001, les exportations d’armes ont rapporté quelque 2.6 milliards de dollars et en 2002, elles ont augmenté de 40%, plaçant Israël, pour certains,  juste derrière les Etats-Unis et la Russie.

 

Il n'y a pratiquement pas un seul conflit militaire, confrontation ethnique ou guerre civile, passé ou présent (Sierra Leone Libéria, Côte d’Ivoire, Sri Lanka, Philippines, Népal où les armes israéliennes ont été commandées pour les partisans du roi par l’ambassadeur US, l’Afrique du Sud de l’apartheid, le Chili de Pinochet, le cartel de la drogue colombienne, Rwanda au plus fort du génocide) qui n’ait été le destinataire d’armement israélien et le champ d’opération de trafiquants d'armes, de consultants en sécurité, d'instructeurs, et d'unités de protection indépendants qui lavent Israël de toute opprobre  en cas de publicité embarrassante.

 

Ce qui précède n’est qu’un faible aperçu de la puissance militaire d’Israël au service de la défense des « intérêts stratégiques » des Etats-Unisau Moyen Orient. Israël a aidé ces derniers  à « l’anéantissement des mouvements nationalistes radicaux » et à  «  tester les armes américaines ». De plus, les agences de renseignements de deux pays ont « collaboré » et « Israël a drainé vers des pays tiers les armes que les Etats-Unis ne pouvaient envoyer directement » (ex: l’Irangate). écrit le professeur Zunes de l’Université de San Francisco, citant un analyste israélien  « C’est comme si Israël était devenu une autre agence fédérale qu’il est utile d’utiliser quand vous désirez faire quelque chose en toute discrétion ».

 

* L’administration US a à peine réussi à donner 320 millions de dollars pour la lutte contre le Sida

Sources : World Policy Institute : US military assistance and Arms Transfer to Israel: US Aid, companies Fuel Israeli Military 20  juillet 2006- Il Manifesto, 26 aoûtt 2006—Nada Sayad, Global Research, 23 août 2006- Loubnan ya Loubnan: La France, Israël et le marché de l’armement ,août 2006 ; http://www.arcuk.org/pages/arms_unto_the_nation.htm-

 

La loi du plus fort

Israël a une armée forte de 163 500 hommes plus 425 000 réserviste et 8000 garde-frontières. L’Autorité Palestinienne n’a pas d’armée, au plus 35 000 paramilitaires. L’armée israélienne dispose de 3 930 chars lourds, les Palestiniens aucun et n’ont rien pour faire face aux 855 canons automoteurs (calibre 155 et plus) de « Tsahal », rien face aux 520 canons tractés (calibre 105 et plus), rien face aux 198 lance-roquettes (calibre 122 mm et plus), rien face aux 770 mortiers de 120 mm et plus, rien face aux 1300 missiles (Stinger, Redeye et Chaparral). La marine israélienne aligne trois sous-marins et 47 bâtiments. Aucune vague pour les Palestiniens. L’aviation israélienne dispose de 446 avions de combat et 250 en réserves dont 98 F-15 et 237 F-16 et 133 hélicoptères. Côté palestinien, le déséquilibre est abyssal : un avion militaire aussi avion de transport et 4 hélicoptères cloués au sol.

Il ne reste aux Palestiniens que les pierres comme lors de la première bataille du Prophète.

Source : Le Débat Stratégique n° 61- mars 2002

 

Le Conseil Mondial des Eglises accuse Israël

d’avoir planifié la destruction du Liban

 

L’assaut d’Israël contre le Liban a été planifié avant l’opération du  Hezbollah  et avait pour but de monter les unes contre les autres les différentes religions vivant actuellement en  paix dans ce pays, selon une délégation du Conseil Mondial des Eglises, de retour d’une visite à Beyrouth et Jérusalem. La délégation, composée d’un membre du clergé catholique, protestant et d’un représentant du Conseil, a rencontré des  chefs religieux et des responsables libanais et palestiniens.

 

«  De retour du Liban, nous avons l’impression  que ces destructions ont été préparées. Si l’action du Hezbollah a été le déclencheur, cela aussi a été prévu » a déclaré, à Genève, Jean Arnold de Clermont, Président de la Conférence des Eglises Européennes et pasteur de l’Eglise Réformée de France. Il a ajouté, au cours d’une conférence de presse, qu’Israël ne voulait pas d’un Liban démocratique où Juifs, Chrétiens et Musulmans vivraient en harmonie car il ne veut pas voir un Etat voisin réussir là où il a échoué. Pour de Clermont, « le Hezbollah est un bouc émissaire. » « C’est le conflit israélo-palestinien qui est au cœur de la crise présente et non le rôle et les actions du Hezbollah » a poursuivi de Clermont. « Il n’y a aucun signe qui prouve que le gouvernement israélien ait remarqué la présence de la délégation alors que  (le premier ministre du Liban)  Siniora a insisté pour nous recevoir et a souligné l’importance du message spirituel en ce temps de crise »

 

Le  communiqué  conjoint émis par le Conseil et d’autres institutions ecclésiastiques souligne que  « Les représentants des différentes communautés que nous avons rencontrés au Liban s’accordent pour dire que les destructions ont été délibérées et planifiées ».

 

Source : Jérusalem Post – 16/8/06

 

 

FINUL: LA FRANCE PIÉGÉE AU LIBAN ?

par Gilles Munier

 

La FINUL  (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) a été créée par le Conseil de sécurité en 1978 « pour confirmer le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, rétablir la paix et la sécurité internationales et aider le Gouvernement libanais à assurer le rétablissement de son autorité effective dans la région ». Elle n’a pu remplir sa mission pour la simple et bonne raison qu’Israël ne respecte aucune résolution des Nations unies : elle a donc assisté, impuissante, à deux invasions du Liban en 1982 et 2006, à l’occupation prolongée d’une partie du pays, à la création de camps de concentration. La FINUL a signalé à l’ONU, scrupuleusement, les infractions commises par les Israéliens : opérations de commandos, violations de l’espace aérien et bombardements meurtriers de civils, sans autre résultat qu’être accusée par Israël de « complicité avec le Hezbollah »…

 

« Erreurs de tirs » et objectifs visés « apparemment délibérément »

Entre 1978 et 2000, le Liban étant occupé, la FINUL s’est retrouvée derrière les lignes israéliennes, transformée en une sorte d’organisation humanitaire ! Qui sait que l’ONU a perdu au Liban 258 soldats victimes pour la plupart d’« erreurs de tirs » de « Tsahal » ou de snippers de l’Armée du Liban-Sud, une milice contrôlée par les renseignements militaires israéliens ? Qui se souvient du bombardement par Israël du camp de la FINUL à Qana le 18 avril 1996, et de la mort de 102 civils qui s’y étaient réfugiés ? L’ordre de tirer avait été donné par Shimon Perez… prix Nobel de la Paix en 1994 !

 

Avant d’engager de nouvelles troupes au Liban, Jacques Chirac se devait de réclamer les résultats de l’enquête demandée par Michèle Alliot-Marie après la mort du Commandant Jean-Louis Valet, le 9 janvier 2005 près de la frontière libano-israélienne. La FINUL avait conclu à « un acte délibéré » de l’armée israélienne… Une fin de non recevoir aurait été inacceptable, d’autant que le 25 juillet dernier, « Tsahal » a encore tué quatre casques bleus (1). Selon Kofi Annan, l’armée israélienne a visé leur position « apparemment délibérément ». L’affaire a évidement été classée, comme a été passé sous silence le contrôle humiliant par la marine de guerre israélienne des bâtiments français quittant Beyrouth avec des réfugiés, ou transportant vers le Liban les hommes et le matériel nécessaires à la FINUL. Cela ne présage rien de bon pour la suite des relations entre les casques bleus français et l’Etat hébreu.

 

La France dans un « guêpier »

Que cachait l’insistance de George W. Bush demandant à la France de participer à la FINUL  renforcée? Le général Jean Salvan, ancien commandant de cette force, a raison d’avoir « des doutes extrêmement sérieux sur l'efficacité » du nouveau déploiement onusien. Il faudrait l’écouter. Il craint que la France s’engage dans un « guêpier » (2), qu’on laisse « passer  les Israéliens » et demande de « taper sur  les chiites du Hezbollah » (3). En d’autres termes, la FINUL devrait plutôt  protéger le Liban des Israéliens !

 

Après la chute de Bagdad, Jacques Chirac a compromis la France dans le plan américano-israélien de remodelage du Proche-Orient et tablé sur le succès de ce bouleversement. Avec l’appui de son ami Rafic Hariri, ancien Premier ministre libanais, il pensait renverser facilement le régime à Damas et créer un Liban nouveau. Depuis l’assassinat inexpliqué de ce dernier, les seules assurances qui lui restent d’avoir une certaine influence française sur ces pays sont celles des néo conservateurs américains et d’Ehud Olmert. C’est peu. Le Président français sait que ce genre de promesses n’engage que ceux qui y croient ! Pour éviter la mort de soldats français et un désastre diplomatique, Jacques Chirac doit renouer avec la politique arabe de la France et – pourquoi pas – décréter un embargo sur les armes à destination d’Israël, comme l’a fait le Général de Gaulle en 1967.

 

Les troupes françaises seront bien accueillies au sud du Liban tant qu’elles respecteront la résistance. Dans le cas contraire, la France s’enfoncera dans un bourbier au regard duquel celui où pataugent les Américains en Irak semblera être une partie de plaisir.

 

Sur Internet : http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BR&langue=1&id=24899 (français)

http://www.albasrah.net/pages/mod.php?mod=art&lapage=../en_articles_2006/0906/gilles_120906.htm (anglais)

http://www.eurasia-rivista.org/cogit_content/articoli/UNIFIL_la_Francia_intrappo.shtml (italien)

 

(1) L'ONU étaye ses soupçons contre Israël après les tirs contre la FINUL (Le Monde, 28/8/06)

(2) Le général Salvan a  «des doutes » sur l'efficacité de la FINUL au Liban (Associated Press, 25/8/06)

(3) Interview du général Salvan (RFI, 25/8/06 - http://www.rfi.fr/actufr/articles/080/article_45766.asp

 

 

Campagne pour la libération du Président Saddam Hussein

Une coalition de 300 chefs de tribu, parmi lesquels celles des Al-Obeidi (1,5 million de membres), réclame la libération du Président Saddam Hussein. Elle va faire campagne pour que les charges pesant sur lui et ses compagnons soient levées. (Washington Post -3/9/06)

Un « Mouvement de jeunes des tribus du sud de l’Irak occupé » a rejoint cette initiative, appelant les « Chiites d’Ali » à lutter contre les envahisseurs occidentaux et  « iraniens safavides ».

Selon un responsable américain proche du « tribunal » qui juge le Président irakien, si la peine de mort réclamée contre lui dans l’affaire dite de Doujaïl est confirmée en appel, il pourrait être exécuté dans les 30 jours. Le procès se poursuivrait sans lui.

Atrocités israéliennes en Palestine :

du 24 au 30 août 2006

 

Pendant l’agression israélienne au Liban, les crimes et exactions de  l’armée d’occupation israélienne en Palestine ont été soigneusement passés sous silence.  En voici un aperçu, sans commentaire, sur 6 jours :

 

·          30 Palestiniens tués dont 3 enfants, un handicapé mental et une femme 

·          20 personnes ont été tuées à Shojaeya, dans la banlieue de  Gaza,

·          3 personnes ont été illégalement exécutées par les forces israéliennes en Cisjordanie

·          52 civils palestiniens, dont 18 enfants et une femme ont été blessés par des tirs israéliens

·          Des bombardements aériens ont détruit un certain nombre de maisons dans la bande de Gaza

·          3 maisons ont été détruites à Jabalya et à Gaza

·          Les FDI (Forces de défense israéliennes) ont mené 40 incursions contre des villes palestiniennes en Cisjordanie et ont envahi Shojaeya, dans la banlieue de Gaza.

·          50 civils palestiniens dont 6 enfants ont été arrêtés

·          Les FDI ont saisi un membre du Parlement palestinien à Ramallah

·          Elles ont arrêté 7 civils dans la bande de Gaza

·          Elles ont démoli 4 maisons à Naplouse

·          Elles ont détruit des biens appartenant à des civils dans la banlieue de Gaza, à Shojaeya

·          Elles ont poursuivi leur siège de la Palestine occupée en  accentuant leur blocus de la bande de Gaza qui ont entraîné des pénuries de nourriture et de pétrole. Elles ont installé des barrages à divers endroits de la Cisjordanie et arrêté 5 Palestiniens.

·          Elles ont poursuivi la construction du Mur d’Annexion en Cisjordanie et rasé des terrains tout autour de la ville d’Hébron à cet effet.

·          Les colons israéliens ont continué d’attaquer des civils et des biens palestiniens, notamment à Hébron

      Un enfant a été blessé à Beit Fourk, prés de Naplouse.

 

       http://www.pchrgaza.org/files/W_report/English/2006/31-08-2006.htm

 

 

 

TURKMENELI

Le Front Turkmène Irakien (Irak Türkmen Cephesi) a tenu sa deuxième assemblée consultative à Ankara les 22 et 23 août 2006.

 

Dans son communiqué final, il estime que « les autorités d’occupation ont commis une grave erreur concernant le nombre des Turkmènes en Irak et elles se sont montrées particulièrement injustes à leur égard lorsqu’elles ont décidé de les classer dans la catégorie des ‘minorités’ alors que les Turkmènes sont en réalité le troisième groupe ethnique important d’Irak et la troisième communauté principale qui compose le peuple irakien avec les Arabes et les Kurdes ».

 

Le Front « refuse catégoriquement l’annexion de Kirkouk à la région du nord de l’Irak », rappelant que  « selon les registres officiels le nombre d’habitants de Kirkouk qui a été déplacé de cette ville par le régime précédent est en dessous de 12.000 alors que le nombre de Kurdes qui a été amené et installé à Kirkouk depuis l’invasion américaine dépasse déjà le nombre de 600.000 ».

 

Les Turcomans demandent que leurs droits démocratiques soient respectés par les autorités kurdes à Erbil, et que Tell Afar et Tuz Kurmatu, deux grandes villes turcomanes, soient proclamées villes irakiennes.

BRÈVES

Partition de l’Irak - Abdel Aziz Al-Hakim, chef du  SCIRI (Conseil Suprême de la Révolution Islamique - pro iranien), propose la création de 3 super-régions dans le sud de l’Irak où sont situés 60% des réserves pétrolières. La sécurité en serait assurée par une force composée d’anciens miliciens chiites, notamment de la Brigade Badr.

Nasir Al-Saadi, proche de Moqtada al-Sadr, a déclaré qu’il n’était pas opposé à la création de régions, mais qu’il fallait d’abord libérer l’Irak. « L’heure n’est pas au fédéralisme » a-t-il ajouté.

 

Sistani – L’ayatollah Sistani se plaint de ne plus être écouté. Ali al-Jaberi, son porte parole à Bagdad, a récemment déclaré : « Après la guerre, les politiciens lui rendaient visite tous les mois. Avant de prendre une décision, ils demandaient son avis. Aucun d’entre eux n’est venu depuis deux ou trois mois. »

http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2006/09/03/wirq03.xml

 

Colonisation de la Palestine - Ehud Olmert qui a été élu sur un plan de désengagement de Cisjordanie a donné son accord à l’Administration foncière israélienne pour qu’elle finance la construction de 700 logements pour les colons israéliens de Cisjordanie, alors que toutes les implantations sont considérées illégales par la Cour internationale de justice. Le nombre des colons dans cette région palestinienne avoisine les 240 000.   http://news.independent.co.uk/world/middle_east/article1362687.ece

 

LIVRE

 

« Aux origines de la tragédie arabe »

par René Naba

 

Dans son dernier livre – Aux origines de la tragédie arabe - Réné Naba n’y va pas par quatre chemins : « Par trois fois en un siècle, le Monde arabe a perdu la bataille de la modernité et du décollage économique, perpétuant durablement sa sujétion ». Et, avec lui, il ne s’agit pas d’une phrase en l’air : c’est  en homme de terrain qu’il parle.

 

A cheval sur deux cultures – l’arabe et la française - journaliste au  service diplomatique de l’AFP pendant 8 ans, puis conseiller du Directeur général de RMC Moyen-Orient de 1989 à 1994, il décrit sans état d’âme l’envers du décor proche oriental et analyse le processus qui a conduit les idéaux nationalistes et progressistes à la déliquescence. Aucun chef d’Etat ou roi n’est épargné, à commencer par ceux encore aux commandes : le colonel Khadafi est pour lui « un des principaux fossoyeurs du nationalisme arabe et de la soumission du monde arabe à l’ordre américain » ; et la monarchie saoudienne ne vaut guère mieux : c’est une « illustration caricaturale de la réalité paralytique arabe », qui fait l’objet d’une « détestatation quasi générale dans le monde musulman ». Il explique pourquoi.

 

Le bilan qu’il dresse est dramatique. Aujourd’hui, dit René Naba, le monde arabe est « exsangue », épuisé par un demi siècle de violence ininterrompue. Il dérive « sans cohésion, sans thèmes mobilisateurs, ni objectifs fédérateurs ». Au Proche-Orient, le renouveau viendra -  peut être  - d’ « agitateurs d’idées » comme le Palestinien Marwan Barghouti, l’Irakien Moqtada  Al-Sadr ou le Libanais Hassan Nasrallah.

 

Spécialiste de la guerre médiatique (1), René Naba nous apprend, chiffres et documents à l’appui, comment les Etats-Unis sont parvenu à monopoliser le récit médiatique dans le monde arabe, comment  ils gèrent « le flot ininterrompu d’informations, de désinformations et de surinformations qui mène à la perte de repaires ».

 

A l’heure où en France certains milieux politiques s’inquiètent de l’influence d’Al-Manarla chaîne du Hezbollah libanais – sur les banlieues, qui sait que les côtes arabes de la Méditerranée sont littéralement bombardées par plus d’une centaine de radios évangélistes qui émettent dans toutes les langues et dialectes ? Qui sait surtout qu’à la veille de l’agression américaine contre l’Irak, alors que Dominique de Villepin prononçait son fameux discours aux Nations unies, Radio France International (RFI) louait son antenne la nuit aux organes américains de propagande religieuse ? RFI perçoit 2,2 millions d’euros par an pour ce service, c'est-à-dire l’équivalent de la moitié de la subvention allouée par le Quai d’Orsay !

 

Depuis l’agression américaine contre l’Irak la pression médiatique s’est encore développée. Les « commandos solos », ces studios volants installés sur des avions Hercules C-135, qui tentèrent d’intimider les Irakiens à la veille de l’invasion, ont été remplacés par Radio Sawa - dotée d’un budget de 16 millions de dollars - et par la chaîne de télévision Al-Hurra.

 

La presse écrite arabe, notamment Al-Hayat, n’est pas épargnée. Le quotidien londonien, dit de référence, est totalement inféodé à la dynastie wahhabite. Lors de sa création, il puisait déjà ses « informations et contre-informations auprès de spécialistes américains de la guerre psychologique ». Passé sous le contrôle du Prince Khaled Ben Sultan, fils du ministre saoudien de la Défense, qui a recruté « au prix fort les plus en vue des intellectuels de la diaspora arabe » et qui éponge le déficit : 15 millions de dollars par an !

 

Les médias indépendants comme Al Jazeera sont accusés de faire le jeu du terrorisme international. Pour domestiquer la chaîne qatariote, les Etats-Unis ont bombardé ses locaux « par erreur », ont fait licencier son directeur sous prétexte de collusion avec Saddam Hussein, emprisonner un de ses journalistes en l’accusant de liens avec Al-Qaïda, menacé même l’Emir de Qatar d’un coup d’Etat…

 

Le livre de René Naba ouvre un des volets du débat sur l’avenir du monde arabe et des relations Islam-Occident, à l’heure où la France semble changer de camp. Passionnant, éminemment instructif. A lire absolument.

                                                                                                                                                    G.M

 

(1) On lui doit : Guerre des Ondes – Guerre des Religions, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen (L’Harmattan, 1998)

 

 

Aux origines de la tragédie arabe, par René Naba

Editions Bachari, Paris 2006 (18 euros)

 

REVUE DE PRESSE

 

§                     Pourquoi allons-nous payer ?

Michel Collon

 

Nous, petits contribuables belges, français ou européens, allons payer pour reconstruire le Liban. C'est-à-dire pour réparer ce qu'Israël détruira de nouveau dans deux ou trois ans.

 

Les victimes libanaises en bénéficieront-elles ? Très peu car ce style de « reconstruction » les endettera et profitera surtout à quelques grosses entreprises européennes. Détruire et reconstruire, elles adorent.

 

En Europe, on n'a pas d'argent pour l'emploi, les écoles ou les pensions trop basses. Mais pour gonfler les profits de nos exportateurs, oui.

 

En Justice, c'est le coupable qui doit payer ce qu'il a cassé. En politique, pas du tout. Ce sont d'autres victimes. Cette hypocrisie de l'U. E. aidera les Etats-Unis à maintenir Israël dans son rôle de « flic » local. Chargé de patrouiller au Moyen-Orient, afin qu'Esso continue à augmenter chaque année ses bénéfices – records. Pendant que les peuples arabes subiront la pauvreté.

 

Ne serait-il pas plus logique d'adresser la facture à Washington d'où viennent les missiles, les chars, les bombes à fragmentation et surtout les ordres ?

 

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2006...

 

§                     Quelle reconstruction pour le Liban ?

      Omayna Abdel-Latif, Al Ahram, 31 août- 6 septembre 2006

 

Pour les  visiteurs venant de Beyrouth, Al Dahiya, (dans la banlieue sud de Beyrouth) siège du Hezbollah, de ses dirigeants et  de la télévision Al Manar  est un  passage obligé. Aucune photo ne peut donner l’ampleur des destructions infligées par Israël sur cette ville. Vivement critiqué pour n’avoir pas suffisamment rapidement pris la mesure de l’ampleur de la reconstruction, le  Premier ministre libanais, Fouad Siniora, s’y est rendu. Certains ont même accusé le ministre des affaires sociales, Nayla  Maoud, membre pro-américain du Camp du 14 mars et adversaire farouche du Hezbollah, d’être à l’origine du peu d’empressement du gouvernement à traiter des indemnisations à accorder. L’idée est d’exercer des pressions sur le Hezbollah dans une zone qui est la sienne. « Beaucoup pensent que le gouvernement ne veut pas aider dans la mesure où il tient le Hezbollah responsable des dommages » explique un membre du Hezbollah ; « Ils disent que le Hezbollah devrait reconstruire avec l’argent qu’il obtient de l’Iran ».

Cette visite n’a pu dissimuler la bataille qui fait rage entre le Hezbollah et le gouvernement libanais dans le domaine de la reconstruction.

 

Agissant très vite, le Hezbollah a offert 12 000 dollars à ceux dont la maison avait été détruite, (15 000 maisons doivent être reconstruites à al Dahiya seulement) attisant ainsi les accusations d’un ministre d’être un Etat dans l’Etat et de vouloir affaiblir le gouvernement central en achetant les loyautés  ou le silence.  Répliquant sur  Al Manar, le Hezbollah a parlé d’un « Etat absent » n’ayant deux semaines après le cessez-le-feu « aucun plan  d’urgence pour la reconstruction dans le sud ou à Al Dahiya ». Jihad Al Binaa, une ONG de 1500 ingénieurs a travaillé avec acharnement pour déblayer les rues, les routes des décombres. Elle a terminé son recensement des zones résidentielles. «  Attendre que l’Etat intervienne est futile » dit Abu Mahdi, de Jihad al Binaa «  en deux semaines, il n’a pas envoyé un seul tracteur pour enlever les décombres ». «  C’est  une erreur de percevoir Al Dahiya comme un arrière-pays chiite. Il y a des Druzes, des Chrétiens et des Sunnites et tous ont reçu une compensation du Hezbollah ».

 

Al Fadl Shalaq, ancien responsable du Conseil pour le Développement et la Reconstruction, crée par Rafiq Hariri, estime les dommages infligés par Israël supérieurs à ceux de la guerre civile au Liban entre 1975 et 1990*. Il a été contraint à la démission à la suite d’un différend avec Fouad Siniora  et ce départ alimente les spéculations  sur l’effort de reconstruction. Le Hezbollah et le Mouvement  Patriotique Libre (tendance du Général Aoun), qui participe à la reconstruction, dénoncent à cet égard le manque total de transparence du gouvernement.

 

Dans un entretien sur New TV, le 27 août, le Secrétaire Général du Hezbollah, Nasrallah, a mis l’accent sur les compensations et la reconstruction, et déclaré que la balle était dans le camp du gouvernement car il attendrait que le gouvernement donne sa position avant d’annoncer le montant de ses contributions.

 

(*) Les dégâts  causés par la guerre civile en 15 ans étaient estimés à 12 milliards de dollars contre  3,4 milliards pour ceux causés par Israël en 34 jours.

 

Vidéo

Effects of depleted uranium

http://blog.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&friendID=51394997&blogID=163877236

 

REVUE DE PRESSE

 

Agression israélienne au Liban : points de vue

 

§         Tom Segev, historien israélien et éditorialiste de Haaretz

       http://www.hebdo.ch/index.cfm?&id=2738

« …Pour autant que je sache, le Conseil de sécurité a pris sa décision…Par le passé, les Etats-Unis sont intervenus au Conseil de sécurité pour nous sauver de nous-mêmes. Pas cette fois, les Américains voulaient que nous menions cette guerre. Ils voulaient que l’on se batte et les voilà déçus par l’armée israélienne. Et, vu d’ici, on peut leur en vouloir de n’avoir pas permis un cessez-le-feu plus tôt. Cette guerre n’était pas justifiée et ne pouvait pas être gagnée…. Ce cessez-le-feu consiste à gérer le conflit, non pas à le résoudre. Notre conflit est celui avec les Palestiniens, pas avec le Hezbollah. Et même si les Etats-Unis décidaient d’occuper Téhéran, notre problème avec les Palestiniens resterait. Cette guerre contre le Liban n’aurait jamais dû avoir lieu. C’est une immense manipulation, un dérapage pour évacuer la question palestinienne… Mais cette guerre, elle, n’aboutira à rien… »

 

§         Entretien avec Larry Wilkerson,

(proche collaborateur de  l’ancien Secrétaire d’Etat Colin Powell)

     par Gamal Essam El Din, Al Ahram, 17-23 août, 2006.

«  Que Bush ne soit pas sincère dans ses proclamations sur l’installation de la démocratie au Moyen Orient est manifeste car il n’est pas un démocrate. Voilà un président qui n’a de cesse d’ignorer les droits civiques des citoyens américains et qui a concentré trop de pouvoir entre ses mains….Le Vice-président US, Dick Cheney, est l’homme derrière toutes les erreurs de Bush en matière de politique étrangère. Il pense que les appels à la démocratisation au Moyen-Orient et en Russie pourraient être un moyen énorme pour obliger les dirigeants de ces régions à suivre la ligne américaine…. (Pensez-vous que le Président Bush place les intérêts d’Israël en tête de liste sur son calendrier du Moyen-orient ?).Oui . C’est tout à fait juste. Vous devriez savoir que les néo-conservateurs sont des évangélistes. Ils ressentent une affinité religieuse avec le peuple d’Israël. L’un d’entre eux est Douglas Feith qui a été le numéro 2 du Pentagone pendant des années. Il croit plus en Israël qu’aux Etats-Unis. C’est l’homme et ses acolytes qui ont été à l’origine de la guerre en Irak. Maintenant, ils pressent Bush d’attaquer l’Iran. Ils sont contre toutes solutions pacifiques.  Ils préfèrent les guerres et les confrontations militaires. Le soutien aveugle de Bush à Israël est la cause de cet anti-américanisme qui a atteint un niveau sans précédent. Israël a peut-être été un atout stratégique pendant la guerre froide, mais il est devenu maintenant un fardeau dans la guerre contre le terrorisme et les efforts plus larges des Etats-Unis pour s’occuper des Etats-voyous »

 

§         Lettre au Président Bush, Mohamed Hakki, 

      Analyste politique à Washington, Al Ahram, 31 août-6 septembre 2006.

« Quand vous avez utilisé cette expression (Islamo-facisme), il y a quelque temps, nous avons pensé que c’était un lapsus que vos conseillers expérimentés corrigeraient très vite. Quand le Général Boykin  l’a utilisée, nous avons pensé qu’il serait limogé très certainement. …Même après que vos actions- toutes vos actions eussent  trahi une admiration, une alliance et un soutien total pour Israël, surtout après la destruction totale du Liban, nous avons pensé que ces actes étaient simplement le résultat d’une confusion morale. Mais quand vous avez  comparé l’Islam au fascisme, alors là vous avez vraiment franchi les limites de la décence.

 

« …Le fascisme, Monsieur le Président, est défini par le Webster’s New World Dictionnary of the American Language « comme un système de gouvernement caractérisé par une dictature de parti unique rigide, une répression de l’opposition par la force, une économie d’entreprise privée sous  contrôle centralisé de l’Etat, un nationalisme belliqueux, le racisme et le militarisme, etc… » Benito Mussolini a été le fondateur du fascisme moderne mais personne ne l’a jamais accusé d’être un « Christo-fasciste »…..Quant à vos appels à la démocratisation du Moyen-Orient, le magazine allemand Der Speigel, dans un entretien avec votre prédécesseur, Jimmy Carter, écrit : « Il n’est pas surprenant que cela ait été discrédité. Jimmy Carter a dit « Je suis d’autant plus préoccupé maintenant que les Etats-Unis soutiennent et encouragent Israël dans ses attaques injustifiées contre le Liban. Israël n’a aucune justification morale pour ses bombardements massifs du Liban tout entier. » Croyez-moi, Monsieur le Président, tous les Arabes que je connais, pensent que c’est un geste magnanime d’accepter qu’Israël vive parmi eux  à condition cependant qu’il accepte d’y vivre en paix, renonce à son expansionnisme, à ses annexions et multiplications de colonies rampantes. …. »

     

§         Entretien avec Noam Chomsky

      par Nermeen al Mufti, Al Ahram, 17-23 août, 2006

«  …Nous pouvons écarter Bush et Rice qui participent à l’invasion américano-israélienne au Liban.  Nous savons, qu’en vertu des principes de l’Occident, il n’existe aucune justification morale ou légale pour cette guerre. La preuve en est que, pendant des années, Israël a régulièrement kidnappé des Libanais pour les envoyer dans des prisons en Israël y compris des prisons secrètes comme le fameux Camp 1391, qui a été révélé par accident et totalement oublié (aux Etats-Unis, il n’a même jamais été mentionné par la presse). Personne n’a suggéré que le Liban ou tout autre avait le droit d’envahir et de détruire, en représailles, une grande partie d’Israël. Comme l’illustre cet historique terrible et long, les enlèvements de civils – un crime plus grand que la capture de soldats- n’a aucune importance aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, et autres pays occidentaux et, en leur sein, pour une opinion sûre d’elle, quand cela est fait par « nous ». …Cet acte (la capture du soldat Shalit par le Hamas, le 25 juin) a soulevé un immense tollé en Occident et engendré un soutien plus grand pour Israël dans son escalade militaire contre Gaza. Cependant, un jour avant, le 24 juin, les forces israéliennes avaient enlevé deux civils à Gaza, un docteur et son frère,.et les avaient envoyés quelque part dans une prison israélienne. Le fait a peu fait de bruit et aucun commentaire dans les journaux. Le moment choisi révèle avec une clarté évidente que le scandale suscité par la capture des deux soldats est une manipulation cynique  qui balaie tout semblant de légitimité aux opérations qui ont suivi….Il faut se rappeler qu’Israël ne peut  faire que ce que son protecteur à Washington lui permet et soutient. »

 

·         La guerre au Liban et la bataille pour le pétrole

        Michel Chossudovsky (Centre pour la Recherche sur la Mondialisation, 26/7/06)*

Le jour même où se déclenchait l’agression israélienne contre le Liban, était inauguré l’oléoduc Ceyhan-Tblisi-Baku (BTC) qui relie la mer Caspienne à la côte est de la Méditerranée…..Le ministre de l’Energie et de l’Infrastructure israélien, Benyamin Ben Elezer assistait à cette inauguration accompagné d’une importante délégation de personnalités israéliennes du pétrole.

 

Le BTC contourne totalement le territoire de la Fédération de Russie. Il transite à travers les anciennes républiques soviétiques d’Azerbaïdjan et de Géorgie qui, toutes deux, sont devenues des « protectorats »  américains, parties intégrantes d’une alliance militaire avec les Etats-Unis et l’OTAN. De plus, ces deux pays ont une longue histoire de coopération militaire avec Israël. En 2005, les compagnies géorgiennes ont reçu quelque 24 millions de dollars de contrats militaires financés sous couvert de l’assistance militaire à Israël dans le cadre du « Financement militaire étranger » (FMF).

 

Les champs pétrolifères d’Azerbaïdjan sont un enjeu considérable pour Israël puisqu’il importe 20% environ de ses besoins en pétrole. L’ouverture du BTC facilitera ainsi grandement ses importations en provenance de la mer Caspienne.

 

Mais, un autre aspect relie cette mise en service et la guerre au Liban : alors que la Russie s’est affaiblie, Israël se voit confier le rôle stratégique de « protéger » le transport et les corridors de l’oléoduc venant de Ceyhan vers la Méditerranée orientale. 

 

Militarisation de la Méditerranée orientale

Le bombardement du Liban fait partie d’un vaste plan militaire soigneusement élaboré car l’extension de la guerre à la Syrie et à l’Iran a déjà été envisagée par les stratèges militaires US et israéliens. Ce calendrier militaire colle intimement au pétrole et aux oléoducs et reçoit le soutien des grandes compagnies pétrolières, détentrices de ces oléoducs. Dans le contexte de la guerre au Liban, il vise au contrôle par Israël des côtes de la Méditerranée orientale. En avril 2006, Israël et la Turquie ont annoncé des projets de construction d’oléoducs sous-marins qui éviteraient la Syrie et le Liban ainsi qu’un pipeline pour approvisionner Israël en eau à partir de sources en amont du bassin fluvial du Tigre et de l’Euphrate en Anatolie…au détriment de la Syrie et de l’Irak ….

 

Déviation stratégique du pétrole de la mer Caspienne

Dérouter le pétrole et le gaz de la Caspienne vers la Méditerranée orientale (sous protection israélienne) pour une réexportation vers l’Asie sert à saper le marché de l’énergie en Asie qui repose sur le développement de corridors directs entre l’Asie centrale et la Russie vers l’Asie du Sud-est, la Chine et l’Extrême Orient. Il a aussi pour objectif de réduire le rôle de la Russie en Asie Centrale et de priver la Chine d’approvisionnement en pétrole. Il vise aussi à isoler l’Iran. Israël détient ainsi un rôle important sur le marché global de l’énergie.

 

Dans la conjoncture présente, la reconstitution par Israël  de réserves d’armes de destruction massive américaines signale une escale de la guerre à l’intérieur et au-delà des frontières du Liban.

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Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez – p.1 : Drapeau de la Francophonie

 

Contact AFI : Gilles Munier – Courriel : gilmun@club-internet.fr

 

Fax : 02 23 20 96 58 – Portable : 06 19 74 45 99 - Site Internet des AFI : http://www.iraqtual.com

 

: gilmun@club-internet.fr

 

 

ISSN : 1773 – 9780

20:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, courcelles, colonialisme, democratie, europe, euro-dictature, france, histoire, general, israel, imperialisme, liberte, paris, paix, palestine, liban, politique, presse, romain, racisme, resistance, sionisme, silence, solidarite, terrorisme, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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