14/03/2007

13/03/2004: "Staline, le tyran rouge", sur M6 ce soir

 

De : cisc1 [mailto:comite-honecker@comite-honecker.org]
Envoyé : mardi 13 mars 2007 18:47
À : roro
Objet : Déclaration sur l'émission "Staline, le tyran rouge", sur M6 ce soir
Importance : Haute

 

retrouvez sur notre site www.comite-honecker.org  Notre Déclaration sur l'émission:

"Staline, le tyran rouge", sur M6 ce soir,  en page "URSS", puis Russie 

Mise à jour également de la Page "Chants - Poésie"

avec un poeme de Pablo Néruda, ainsi que "liberté" et "La Rose et le Réséda" dit par leurs auteurs.

prière de diffuser largement, merci d'avance, l'administrateur du site

 

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"Staline, le tyran rouge", M6

A nouveau nos "libres" médias aux mains du grand capital se livrent au bourrage de crâne anticommuniste et antisoviétique. sous le titre "Staline, le tyran rouge", M6 se prépare, si l'on se fie aux bandes annonces et au titre de l'émission, à livrer un document où l'exagération, la caricature, le manichéisme et l'ignorance délibérée du contexte historique sont bien partis pour l'emporter sur le débat scientifique. Bien entendu l'inévitable procureur Nicolas Werth, spécialisé dans l'anticommunisme avec son maître Courtois, servira de caution universitaire à l'entreprise. Bien entendu, pour dénoncer le "totalitarisme rouge", il n'y aura qu'un seul point de vue représenté... et aucun contradicteur, vive le "pluralisme"! Bien entendu, l'URSS, qui nous a délivrés du nazisme au prix d'immenses sacrifices, et qui pendant 70 ans a permis au camp du travail de tenir tête au capital sur la scène mondiale, sera de nouveau diabolisée...  Le CISC réagira à cette émission après l'avoir dûment visionnée car qui sait, comme il se doit et si l'émission comporte par extraordinaire des aspects instructifs, nous le signalerons objectivement. Nous proposons aux visiteurs de ce site de nous faire part de leurs réactions, nous les transmettrons éventuellement à la direction de la chaîne et au CSA avec nos propres commentaires en réclamant qu'une véritable émission historique, donnant également la parole aux amis de la Révolution d'Octobre, soit enfin organisée sur les grandes chaînes audiovisuelles nationales. Nous ne réclamons aucune idéalisation du passé soviétique, seulement une approche objective, tenant compte de tous les faits, du contexte, ne grossissant pas démesurément les faits de répression tout en ignorant les apports indéniables de l'URSS à la défense de la paix, à la cause du socialisme, du progrès social, de l'antifascisme et de l'émancipation sociale et nationale dans le monde. 

 

DANS LA RUSSIE DE POUTINE

 

(Traduction de l’article de John FOSTER, 'Morning Star' du mardi 21 novembre 2006)

 

 

Le communiste russe SLAVA TETEKINE explique que le gouvernement de Vladimir POUTINE n'apporte rien au peuple.

 

Des sondages d'opinion en Russie juste avant l'anniversaire de la Révolution d'Octobre indiquent que plus de 60 pour cent de la population voient positivement les acquis de la révolution.

 

Seuls 20 % étaient d'opinion contraire. Pour la classe ouvrière, l'ère post-soviétique a été  désastreuse. Après deux décennies de capitalisme débridé le PNB a baissé de 10 % depuis le renoncement à la planification socialiste. 30 % des habitants vivent dans la pauvreté totale.

 

50 % se sont appauvris depuis la fin de l'URSS, devant faire face à des loyers et des coûts énergétiques en augmentation constante, des services publics en décrépitude,  des salaires en baisse et un chômage croissant. Seuls 10 % n'ont rien perdu au change tandis que 2 % font partie des super-riches.

 

Il reste cependant un gros réservoir de soutien au socialisme, qui s'est traduit cette dernière année par un virage à gauche de la vie politique. Lors des récentes élections  à la Douma, le candidat communiste pour l'île de Sakhaline, célèbre pour ses ressources pétrolières, a reçu 41 % des voix, contre 30 % pour le parti au pouvoir. Même à Moscou, dominée par les super-riches qui contrôlent les banques et les industries des services, les communistes ont obtenu 17,5 % des voix, malgré le monopole exercé par Poutine sur les mass media.

 

*****

Annie Lacroix Riz et le Canard Enchainé

Cher Canard,

On vous connaît pour la qualité de vos informations, qui vous rend lisible et même agréable à lire par des personnes d’appartenance politique et idéologique très diverse. Tel courant de lecteurs (dont je fais partie) supporte votre antibolchevisme d'origine (qui n’a pas attendu Staline), qu’après tout il connaît – et qui songerait à vous demander de modifier votre anarchisme droitier... Ledit courant est accoutumé à lire vos propos routiniers sur la dictature cubaine et les horreurs coréennes. Mais il vous sait gré d’avoir parfois et même souvent plus de sympathie pour les humbles que pour les puissants. Et il sait qu’il peut compter sur vous pour observer certaines prudences sur les questions liées à la Deuxième Guerre mondiale. Nul ne saurait par ailleurs vous accuser de complaisance pour les persécuteurs de juifs de naguère, à commencer par Papon.

Vous permettrez donc à l’historienne que je suis, spécialiste des relations internationales qui (sur la base de longues années de consultation d’archives) ne partage pas vos vues habituelles sur l’URSS, et à la petite-fille de déporté assassiné à Auschwitz (lequel eût sans doute apprécié que l’armée rouge pût arriver avant sa saisie pour les marches de la mort) d’exprimer sa stupeur à la lecture d’un article de " P.L. " mettant sur le même plan Eichmann et Staline : le premier remplit les camps d’extermination; nul ne peut (j’y insiste) imputer au second l’extermination des juifs.

Pour l’histoire, que vous prisez grandement, je vous rappelle que ses détracteurs qualifiaient naguère le régime de Staline (et pas seulement de Lénine) de " règne des juifs " - si, si, les officiers de notre État-major général. Vous pourrez lire dans mon livre à paraître dans quelques mois (Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin), un rapport du capitaine Sauzey, retour d’URSS, ricanant en octobre 1936 sur ce royaume des juifs, document puisé dans la série 7 N 3184, SHAT (Service historique de l'armée de terre de Vincennes), et significatif de l’antisémitisme à couper au couteau régnant au plus haut de notre armée à cette époque (et dont vous avez été souvent, en son temps, l’excellent analyste) : ce texte a le mérite de montrer que ces milieux n’ accablaient pas alors le régime soviétique et son chef pour leur antisémitisme mais pour leur sémitophilie (si je puis dire). Les époques se suivent et ne se ressemblent pas toujours.

Je vous signale enfin que les juifs de la couronne de territoires soustraits à la jeune Russie des Soviets par le Reich puis par les Alliés et leur " cordon sanitaire ", juifs fort nombreux (1,5 million), savaient assez qu’il valait mieux vivre avec les bolcheviques qu’avec les Polonais, les Baltes et les Roumains (réalité que les lamentations du jour masquent en martyre des derniers peuples cités). De sorte que ces juifs persécutés de longue date par les antisémites polonais, baltes et roumains, et menacés au surplus d’occupation allemands imminente (si, si, j’ai des sources à votre disposition) accueillirent à bras ouverts (c’est aussi incontestable) les Soviets récupérant à la faveur des circonstances lesdits territoires. Même les plus riches de ces juifs, qui furent lésés par les nationalisations, préféraient perdre leurs biens que la vie – et donc préféraient les Soviétiques aux Allemands. La chose est remarquablement étudiée par un auteur qu’on ne saurait qualifier de " self hating Jew ", Dov Levin, The lesser of two evils : Eastern European Jewry under Soviet rule, 1939-1941, The Jewish Publications Society, Philadelphia-Jérusalem, 1995.

Malheureusement pas traduit en français, cet ouvrage est infiniment plus sérieux que Jan T. Gross, Les voisins. 10 juillet 1941, un massacre de Juifs en Pologne, Fayard, Paris, 2002, qui a eu, lui, les honneurs de la traduction française pour avoir assimilé les pogromistes polonais de 1941 aux... communistes polonais d’après-guerre qui organisèrent des procès contre les premiers. C’est précisément parce qu’il est sérieux et documenté que le premier n’a pas été traduit, subissant le sort de la plupart des travaux de qualité en langue étrangère.

Bref, on ne peut pas, en ce temps d’assimilation sans complexe nazis-communistes, tendance à laquelle vous vous étiez, jusqu'ici, gardé d’ adhérer, et même quand on brocarde tout et n'importe quoi, assimiler Eichmann et Staline. Le Canard enchaîné n'est pas Stéphane Courtois.

Nombre de Français incultes ou intoxiqués, de quelque religion que ce soit, agnostiques ou athées, ne le savent pas ou plus. Mais nombre de vieillards le savent (et il y en a sans doute parmi vos lecteurs). Il est probable que s’il est dans votre personnel des petits-enfants de juifs issus de la région considérée (dont la naissance est en dernière analyse imputable au fait que leurs grands-parents se sont trouvés du bon côté des frontières), ils le savent aussi. Ils ont été sans doute été profondément choqués par cette violation d’un tabou commise par " P.L. " au nom de la défense de la petite-fille de Papon licenciée pour motif familial d’un poste de cabinet. J’espère qu’ ils ont notifié à " P.L. " leur façon de penser et lui ont administré un sérieux " pan sur le bec ".

Une de mes étudiantes, qui vous a lu aujourd'hui, a été aussi horrifiée que moi.

Après Serge Klarsfeld imputant sans rire la semaine dernière sur France-Inter (Le téléphone sonne) le sauvetage des criminels de guerre depuis 1943 par l’Église romaine à son sens de la charité, dans la continuité de son sauvetage des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale (voir mon ouvrage Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, coll. " Références " Histoire, 1996), Le Canard enchaîné assimile Eichmann et Staline...

Où va-t-on s’arrêter?

Vous excuserez la citation de deux de mes travaux, qui n’a pour but que de vous montrer que je sais de quoi je parle. Si je suis la seule à vous écrire, c’est que la situation dans notre pays est encore plus grave que je ne le pense.

Recevez les meilleures pensées, fort émues cependant, d’une abonnée de plusieurs années et lectrice aussi régulière de très longue date.

Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine, université Paris 7

 

***** 

Honneur à Lénine et à la Révolution d’Octobre 17

" motion votée à l'unanimité par l'A.G. du Comité Internationaliste pour la Solidarité Internationaliste (CISC), dont le comité de parrainage est présidé par Margot et Erich Honecker (+), Henri Alleg et Mumia Abu-Jamal. " 

 

Poutine vient de décider que le mausolée de Lénine serait définitivement fermé le 7 novembre 2005 et que la dépouille mortelle du fondateur de l’Union Soviétique serait extirpée de son tombeau à cette date anniversaire de la Révolution socialiste d’octobre 1917.

Cette attaque contre la mémoire de Lénine et de l'Union soviétique va de pair avec la tentative de substituer à la journée fériée prolétarienne du 7 novembre (anniversaire d'Octobre 1917) une prétendue "journée de la réconciliation" qui sert surtout à réhabiliter l'armée blanche des aristocrates fauteurs de guerre civile et relais de l'intervention impérialiste.

Le débat existe certes, entre communistes et léninistes sur la façon dont la jeune République des soviets décida en 1924 d’honorer la mémoire de Lénine. Mais ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas de savoir s’il était juste ou pas d ‘ériger un mausolée en 1924.

Il s’agit aujourd’hui, pour tous les communistes, pour tous les résistants à la vague contre-révolutionnaire qui déferle sur la planète suite à la destruction du camp socialiste, de s’opposer fermement et sans équivoque à la décision renégate et provocatrice de Poutine, dont le seul but est de provoquer et d’humilier les communistes de l’ex-URSS, les révolutionnaires et les progressistes du monde entier, de bafouer la mémoire et la sépulture du plus grand révolutionnaire du 20ème siècle, d’entacher d’un goût de défaite la date anniversaire d’Octobre, d’accélérer l’offensive du pouvoir russe contre ce qui subsiste des acquis sociaux de l’URSS à l’hure où les travailleurs russes mesurent de mieux en mieux les acquis perdus de l’époque soviétique.

Cette décision de Poutine, célébré par toute la réaction occidentale, est un crime contre la nation russe car elle sépare ce pays de ses alliés naturels à l’étranger au moment ou l’Europe capitaliste et l’impérialiste US encerclent politiquement et militairement la Russie pour s’en partager les richesses.

Le CISC (ex comité Honecker) invite donc l’ensemble des organisations communistes et progressistes à réagir ensemble le 7 novembre pour s’opposer à cet acte barbare et négationniste et défendre l’héritage d’Octobre en lien avec les luttes actuelles

HONNEUR A LENINE !

SOLIDARITE INTERNATIONALISTE DE TOUS LES RESISTANTS A LA REMONDIALISATION DU CAPITALISME EXPLOITEUR !

 

France

40 / 50 boulevard Lannes 75116 Paris

tel : 01.45.04.05.50 fax : 01.45.53.68.56 ou 01 45 04 17 05

E-Mail : ambrus@wanadoo.fr 

BELGIQUE

  1. avenue de fre 1180 Bruxelles / Brussels

tel : (02) 373.35.69, 374.34.06

SUISSE

Brunaderrein 37, 3006 Berne

Case postale 3000 Berne 15

Tel : (031) 362.05.66 ou 031.352.64.65

Fax : 031.352.55.95


Ambassade de Russie en Allemagne 


Embassy of the Russian Federation in Berlin, Germany


http://www.russische-botschaft.de

CANADA

285 , Sharlotta Street, Ottawa .

tel : (613) 235.43.41

CONSULAT GENERAL A MONTREAL

tel : 3655 rue du musée, Montreal

tel : (514) 843.59.01

 

TUNISIE

Adresse: 4, Rue des Bergamotes, B.P. 48, El Manar I, Tunis 2092

Tél.: (+216) 71-882-446 / (+216) 71-882-458

Fax: (+216) 71-882-478

E-mail: russie@emb_rus.intl.tn / ambrustn@mail.ru

 

Ambassade de Russie au JAPON

http://www.embassy-avenue.jp/russia/index.htm


Ambassade de Russie aux Etats-Unis

Embassy of the Russian Federation in Washington, United States of America

http://www.russianembassy.org


ARGENTINE

Embassy of the Russian Federation in Buenos Aires, Argentina

http://www.embajadarusia.org.ar

 

 

 

Les Amis de Kark Marx 

Notre but : la révolution

Monsieur l’Ambassadeur de Russie

40, Boulevard de Lannes

75116 PARIS 16

 

Boucau le 25 octobre 2005

Monsieur l’Ambassadeur,

Vladimir Poutine vient de décider que le mausolée de LENINE serait définitivement fermé le 7 novembre 2005 et que la dépouille mortelle du fondateur de l’UNION SOVIETIQUE serait extirpée de son tombeau à cette date anniversaire de la REVOLUTION SOCIALISTE D’OCTOBRE 1917.

Cette attaque contre la mémoire de LENINE et de l’UNION SOVIETIQUE va de pair avec la tentative de substituer à la journée fériée prolétarienne du 7 NOVEMBRE (anniversaire d’OCTOBRE 1917) une prétendue " journée de réconciliation " qui sert surtout à réhabiliter l’armée blanche des aristocrates fauteurs de guerre civile et relais de l’impérialisme.

Nous tenons à vous exprimer toute notre indignation face à cette scandaleuse provocation, dont le seul but est d’humilier les communistes de l’ex-URSS, les révolutionnaires et les progressistes du monde entier, de bafouer la mémoire et la sépulture du plus grand révolutionnaire du 20ème siècle, d’entacher d’un goût de défaite la date anniversaire d’OCTOBRE, d’accélérer l’offensive du pouvoir russe contre ce qui subsiste des acquis sociaux de l’URSS à l’heure où les travailleurs russes mesurent de mieux en mieux les acquis perdus de l’époque soviétique.

Cette décision, célébrée par toute la réaction occidentale, est un crime contre la nation russe car elle sépare ce pays de ses alliés naturels à l’étranger au moment où l’Europe capitaliste et l’impérialisme US encerclent politiquement et militairement la Russie pour s’en partager les richesses.

Veuillez croire, Monsieur l’Ambassadeurs, que nous sommes fiers de combattre ceux que vous servez.

Vive LENINE ! Vivent les communistes russes !

 

Le président le secrétaire

André FAROPPA Daniel MAISONNAVE

 

Association " les amis de Karl Marx " 7, rue Maurice Perse – B.P. 59 – 64340 BOUCAU

*******

Centre de Documentation et de Recherches Marxistes

( C.D.R.M.)

135 Avenue Lacassagne 69003 Lyon France

www.encyclopedie-marxiste.com

20 Octobre 2005

 

Ambassade de Russie en France

40 / 50 boulevard Lannes

75116 Paris

 

A l’attention de M. Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie

aux bons soins de Monsieur l’Ambassadeur de Russie à Paris

 

 

 

Monsieur le Président,

Nous avons appris avec effroi, que vous et votre gouvernement envisageait de fermer le Mausolée de Lénine .

Nous tenons à protester, nous ne serions laisser faire cette acte profondément inhumain, depuis que l’homme est homme , il enterre et respecte la dépouille de ses congénères, inconnus ou célèbres.

Lénine, probablement le plus grand dirigeant de tous les temps du peuple russe, à fait de la Russie tsariste et arriérée, un pays moderne.

 

Nous vous demandons, ainsi qu’a votre gouvernement d’annuler purement et simplement ce projet.

 

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses pour votre pays et votre peuple.

Stéphane Dubois,

Président du CDRM

 

Copie à Désiré Marle, Président du CISC 

*******

Georges Hagedéputé du Nord

doyen de l’Assemblée nationale française l

Lettre ouverte à M. Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie

aux bons soins de Monsieur l’Ambassadeur de Russie à Paris

copie à

M. Alain Bocquet, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale

MM. les secrétaires généraux des Partis se réclamant du communisme en Russie et dans les autres Républiques de l’ex-URSS ;

Aux médias russes et français ;

M. Désiré Marle, président du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe

Monsieur le Président,

alerté par le Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe, dont je suis membre d’honneur aux côtés de Margot Honecker, Mumia Abu-Jamal et Henri Alleg, je suis certain de traduire l’indignation de centaines de milliers de travailleurs, de communistes, d’internationalistes et de progressistes français, en m’insurgeant contre la décision prise par les autorités russes d’expulser la dépouille mortelle de Lénine du mausolée de la Place rouge, qui plus est... à l’occasion du 88ème anniversaire de la Révolution socialiste d’Octobre 1917 !

Nul ne peut être dupe des prétextes invoqués pour cette sinistre opération, qui attente, non seulement aux valeurs du peuple russe, mais à l’héritage de toute l’humanité progressiste..

Quoi qu’on pense de la manière dont la Russie soviétique décida en 1924 d’honorer un militant et un chef d’Etat vénéré par les ouvriers et les paysans russes, l’attentat contre la dépouille mortelle de V. I. Oulianov ne relève en rien d’une quelconque volonté de respecter sa mémoire : il s’agit au contraire de satisfaire la volonté revancharde de la contre-révolution anticommuniste et antisoviétique provisoirement triomphante dans votre pays. L’objectif des forces de réaction est d’extirper Lénine, Octobre 1917, l’URSS et le communisme de la mémoire du peuple russe dans le but de sceller la restauration de l’exploitation capitaliste, de donner de nouveaux gages à la réaction mondiale, d’accentuer l’offensive néo-libérale poursuivie par votre gouvernement contre les derniers acquis sociaux hérités de l’ère soviétique, de donner un nouveau signal pour l’offensive mondiale contre les travailleurs du monde entier.

Il en va de même de l’entreprise négationniste consistant à substituer de prétendues " fêtes de la réconciliation nationale" au traditionnel jour férié prolétarien du 7 novembre. Dois-je rappeler au membre du PCUS que vous fûtes qu’Octobre 17 fut une immense victoire du prolétariat russe et international (la communiste française Jeanne Labourbe y laissa la vie et la mutinerie de la Flotte française de la Mer noire rendit impossible la poursuite de l’intervention impérialiste française aux côtés des Blancs) et non une grande date de la réconciliation entre, d’une part, les ouvriers et paysans rouges et, d’autre part, les Blancs au service du capital, de l’impérialisme et des propriétaires fonciers ? J’observe d’ailleurs qu’au moment même où il chasse le corps de Lénine du mausolée, l’Etat que vous présidez s’agenouille devant le général blanc Denikine, et cela après avoir célébré en grandes pompes il y a quelques années Nicolas II, le tsar que chassa la révolution populaire de février 1917 ? La " réconciliation " n’est donc qu’un camouflage hypocrite pour masquer le vrai but des autorités actuelles : humilier les descendants des Rouges, c’est-à-dire la Russie ouvrière et paysanne, provoquer le Mouvement ouvrier international, tout en réhabilitant la Russie blanche des aristocrates, serviteurs de l’impérialisme occidental et précurseurs de ces " nouveaux Russes " qui étalent leurs richesses à Monte-Carlo pendant que des milliers de travailleurs et de retraités russes vivent dans un terrible dénuement. Pour parfaire leur tentative de brouillage idéologique, les autorités " post-soviétiques " auront-elles le front d’exhumer le corps de Lénine au son de l’ancien hymne soviétique, totalement vidé de son sens, et du drapeau rouge, redevenu drapeau de l’armée russe mais privé de la signification de classe anti-impérialiste et antifasciste qu’il avait à Koursk, à Leningrad et à Stalingrad ?

En bafouant le corps et la mémoire du grand Lénine, les forces de contre-révolution veulent puérilement exorciser sept décennies de socialisme. Cette première expérience socialiste de l’histoire, dont nous connaissons les ombres sans cesser d’en revendiquer les grandes lumières, avait fait de la Russie soviétique une puissance progressiste planétaire, victorieuse du nazisme, tenant tête à l’impérialisme américain, défendant la paix mondiale et l’émancipation des peuples, imposant par sa seule existence aux capitalistes occidentaux de faire des concessions aux travailleurs de leurs pays respectifs, un Etat multinational garantissant à ses citoyens le plein emploi, le droit aux soins médicaux, au logement et à l’éducation, leur assurant un haut niveau scientifique, artistique et culturel, donnant à la Russie un prestige international qu’a totalement dilapidé le régime " post-soviétique " actuel. En réalité, il aura fallu plusieurs interventions impérialistes contre la Russie soviétique, il aura fallu une accablante course aux armements imposée à l’URSS par le complexe militaro-industriel américain, il aura fallu la menace nucléaire permanente des Truman, Nixon, Reagan, Bush Senior et Cie contre le prétendu " Empire du mal ", il aura fallu le renfort et la trahison de hauts dirigeants bureaucratisés et dé-communisés, pour défaire cet Etat multinational, démolir le camp socialiste, araser les acquis populaires et livrer l’humanité tout entière à l’actuelle re-mondialisation du capitalisme le plus sauvage !

Mais l’attentat programmé contre la dépouille mortelle de Lénine n’est pas seulement un coup honteux contre les travailleurs et les peuples du monde entier : c’est aussi un mauvais coup contre la nation russe elle-même. Bien que ses gouvernants successifs aient renié le socialisme, les Etats impérialistes " installés " n’entendent pas faire la moindre place à la " Russie post-soviétique " dans le nouveau partage du monde. A l’Ouest de la Russie, les dirigeants capitalistes de l’Union européenne expansionniste poussent les feux de prétendues " révolutions oranges " sous influence dans le but de détacher de la Russie ses voisins occidentaux ; dans les pays baltes phagocytés par l’UE et l’OTAN, les populations russophones sont discriminées ; au Sud de la Russie, dans les ex-Républiques soviétiques d’Orient, l’impérialisme U.S. a installé une série de bases militaires tournées contre la Chine, l’Inde et la Russie. Bref, alors que Gorbatchev prétendait " réconcilier " la Russie et l’Occident en renonçant au socialisme, la Russie capitaliste est plus encerclée et menacée militairement que jamais ! Le Mouvement ouvrier international, les forces anti-impérialistes du monde entier sont évidemment vigilantes contre ces manoeuvres anti-russes lourdes de dangers pour toute l’humanité. Dès lors, est-ce en violant la sépulture de Lénine, l’immortel auteur de l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, est-ce en bafouant la mémoire du pionnier des luttes anti-impérialistes au 20ème siècle, que vous aiderez les forces pacifiques et internationalistes du monde entier à voir clair sur la menace politico-militaire qui pèse sur votre pays ?

Au final, ce n’est pas la mémoire de Lénine que les hommes provisoires de la contre-révolution parviendraient à salir en violant la sépulture de Lénine. Economiste, philosophe, théoricien politique, personnalité de l’histoire russe de loin la plus célèbre, figure centrale de la révolution prolétarienne, de l’Internationale Communiste et de l’histoire mondiale du 20ème siècle, Lénine est un géant de l’histoire que les méprisables attaques dont il est la cible post mortem ne peuvent que grandir encore dans l’esprit de tous ceux qui résistent à la mondialisation capitaliste et à ses relais moscovites. L’acharnement, tout à la fois odieux et dérisoire, mis par la réaction à attaquer sa mémoire et sa dépouille mortelle prouve combien Lénine, même mort, continue à juste titre d’effrayer la réaction. En mettant à exécution leur lugubre menace d’expulser le corps de Lénine du mausolée, les fossoyeurs du socialisme achèveraient de se démasquer. En violant la sépulture d’Oulianov, en piétinant le respect dû aux défunts, cet acquis fondateur de l’humanité civilisée, les leaders de l’Etat post-soviétique et leurs supporteurs occidentaux ne pourraient qu’étaler au grand jour leurs tropismes barbares. Quant aux peuples, puissent-ils toujours mieux comprendre l’actualité de ce léninisme qu’on ne cesse de tuer périodiquement parce qu’il demeure la principale arme théorique et pratique à la disposition des exploités pour venir à bout d’un système capitaliste pourrissant, qui mène l’humanité à la barbarie, à l’indignité et à la mort !

A défaut de respecter vos engagements de jeunesse et les serments solennels que vous prêtâtes jadis à l’URSS et à son fondateur, j’ose encore espérer que vous comprendrez à temps combien l’opération lugubre que vous méditez serait nuisible à votre gouvernement et à votre Etat.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mon profond respect pour le peuple russe, un peuple qui, sous l’impulsion de Lénine, a donné plus que tout autre au 20ème siècle pour la cause de la paix, de l’émancipation ouvrière, de la libération nationale et du socialisme.

Georges HAGE

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UN OUVRAGE PASSIONANT SUR SUR LES CAUSES DE LA CHUTE DE L'URSS

Dans Heroic Struggle, Bitter Defeat (Lutte Héroîque, Défaite Amère, International Publishers, New York, 2003) Bahman Azad, du PCUSA, s'interroge sur les raisons, tant internes qu'externes, de l’effondrement de l'Union Soviétique. Après avoir rappelé ces dernières (les agressions fasciste et capitaliste, la course aux armements, le poids de la solidarité internationaliste et la trahison chinoise) il invoque, tout comme Moshe Lewin (Le Siècle Soviétique, 2003) la confusion des rôles entre le Parti et l'Etat pendant la période d'industrialisation rapide (1928-1945). En effet, vu l’urgence de cette politique, le Parti avait été amené à prendre en main ce processus. Or, vu la complexité de la nouvelle économie et la persistance de l'état de guerre (froide) après 1945, il ne put jamais s’en désengager (exemple significatif, le Congrès du Parti ne fut jamais convoqué entre 1939 et 1952).

Dans la période suivante, le XXe Congrès se contenta de rejeter toute faute sur 'le culte de la personnalité de Staline' sans chercher à approfondir. De nouveaux problèmes surgirent, relatifs cette fois à la politique économique : Azad relève la contradiction croissante entre les salaires, en augmentation constante à la fin des années soixante, et la stagnation du salaire social (espace de logement, équipement en eau et chauffage central) ainsi que du manque relatif d'articles de consommation, qui eurent pour effet d'encourager le système D, la corruption et les détournements .. aux dépens de l'importance du travail, l’une des grandes forces de l'URSS. Dans un même ordre d’idées, il incrimine le nivellement des écarts de salaire à ce stade, socialiste et non encore communiste, au profit de l'agriculture par rapport à l'industrie et des kolkhozes par rapport aux sovkhozes.

Tout comme Georges Gastaud (‘Etincelles’ n° 9, 2005) il blâme également le subjectivisme politique du XXIe Congrès qui, confondant socialisme et communisme, brûla les étapes, annonçant déjà la période de l'édification complète de la société communiste et donc la transition de 'à chacun selon son travail' à 'à chacun selon ses besoins' .... en l'absence d'une productivité suffisante du travail. Le XXIIe Congrès avalisa le passage de l'état prolétaire à 'l'etat du peuple tout entier' qui, sous-entendant qu'il n'y avait plus qu'une classe sociale aux intérêts uniques, ne correspondait pas à l'état réel des choses. La classe ouvrière perdait ainsi son hégémonie historique. Dans ces conditions, il était impossible de s'opposer aux couches bureaucratiques et technocratiques qui contrôlaient de plus en plus l'appareil d'état. Celles-ci encourageaient par exemple la survie de secteurs économiques non productifs pour maintenir leurs positions, ce qui entraîna à terme la stagnation brejnévienne. Ces couches investirent en masse le Parti entre le XXe et le XXIIe Congrès. Ce dernier reflétait également les vues de ces couches pour ce qui est de la politique étrangère : dans cette optique le capitalisme avait été affaibli, le système colonial s'était totalement désintégré et un monde entièrement socialiste était en vue ... Les relations entre pays socialistes devinrent des relations d'états amis, où tous se félicitaient que 'tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes' et non plus des relations entre partis ouvriers. Azad critique également le défi lancé par Khroutchev aux USA. En effet, tant dans le domaine économique (où les buts du socialisme diffèrent de ceux du capitalisme, qui bénéficie de surcroît de l’exploitation du tiers monde) que dans le domaine militaire (où les dépenses, bien que moins importantes que celles des Etats-Unis, qui vend des armes à des pays riches comme les pétro-monarchies alors que l'URSS en donnait à des pays pauvres, grevaient bien plus l'URSS dont le PNB leur était inférieur de 45 %), cette course représentait un fardeau insupportable pour le peuple soviétique, ne pouvant déboucher que sur des désillusions.

A son arrivée aux responsabilités, Andropov diagnostiqua parfaitement la situation : observant que tout n'était pas rose, et que l'état soviétique devait faire face à des problèmes et des contradictions, il rappela l'importance primordiale de la dictature du prolétariat et du centralisme démocratique. Il avait 25 ans de perdus à rattraper. Il est à l'origine des concepts qui furent ensuite faussement attribués à Gorbatchev (lequel en détourna le sens) : perestroïka (réforme), glasnost (transparence), uskarienie (accélération économique). En 1986, soit deux ans après sa mort précoce, ces principes commençaient à être appliqués, et tant l'économie que la démocratie socialiste s'en ressentaient déjà. Le Parti Communiste prouvait ainsi qu'il pouvait, en un court laps de temps, reprendre l'initiative historique. Tragiquement, d'autres couches aussi faisaient preuve d'activité : la bureaucratie, aidée par les ennemis internationaux du prolétariat. On connaît la fin de l'histoire. Au XXVIIe Congrès, la couche technocratique s'empara de la direction du parti, sous la forme de Gorbatchev/Yakovlev/Chevernatze/Yeltsine. Cette faction, bien entendu soutenue à bout de bras par l'impérialisme, se mit immédiatement à l'oeuvre pour détruire le socialisme, tout en professant bien sûr du contraire. Le Comité Central fut progressivement purgé de ses vrais communistes. Au nom de la 'décentralisation' de l'économie, toute planification disparut, et les usines n'avaient plus de relations entre elles. L'accélération fut oubliée au profit du marché libre et de la démocratie à l'occidentale. Des économistes libéraux occidentaux étaient même invités en URSS pour faire cours aux Komsomols ! Le référendum promis sur la propriété privée ne vit jamais le jour. Des entreprises privées, officiellement nommées 'coopératives', surgirent en 1986 et se multiplièrent. Elles pouvaient s'approvisionner où elles le désiraient, y compris en dehors du COMECON. Le marché soviétique fut ainsi rapidement inondé par les marchandises étrangères. Profitant de la débâcle économique (recul du PNB, dette astronomique) la Russie de Yeltsine fit sécession, disloquant l'URSS contrairement aux voeux de 76 % de la population exprimés par référendum, et le parti communiste fut interdit.

Azad insiste que cette ascension des contre-révolutionnaires était tout à fait résistible. L'URSS se portait au mieux au début des changements. Depuis la guerre la production industrielle avait été multipliée par 24, et le revenu national par 16. De 1985 à 1989 la croissance et la construction de logements étaient plus fortes que jamais. Il en conclut que la chute de l'URSS ne fut pas due aux problèmes du système socialiste existant mais aux agissements et au sabotage par une faction au sein de la direction du parti.

Il reste à voir pourquoi, si une telle dérive pouvait être évitée, la majorité communiste du parti et la classe ouvrière n’opposèrent pas une résistance suffisante. D'après Abad, c'est précisément en raison de la confiance aveugle qu'elles plaçaient dans le parti et sa direction … laquelle avait été usurpée. De plus, en raison du délabrement de l'économie à partir de 1990, la population était désorientée. Quant au parti, il avait largement sous-estimé la possibilité d'une contre-révolution en raison de ses positions trop optimistes sur l'avenir du socialisme depuis le XXe Congrès.

Bahman Azad finit sur une note optimiste : l'erreur est humaine, et l'URSS a fait pratiquement cavalier seul pendant toute son existence, et ce dans un contexte mondial des plus hostile. La première expérience de socialisme a été provisoirement défaite, mais c'est une première capitale pour l'avenir de l'humanité, et qui servira de leçon aux suivantes, qui devront être plus vigilantes quant aux menées impérialistes.

 

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DE RECENTS OUVRAGES SUR LES PAYS SOCIALISTES

L'effondrement de l'URSSSur les causes de l'effondrement de l'URSS, Le Siècle Soviétique (éd.Fayard, 2003) est à recommander. Pour l'auteur, Moshe Lewin, qui raconte l'histoire de l'URSS sur la base des archives soviétiques dont des statistiques tout à fait édifiantes, la principale cause s'avère la dépolitisation er la perte de pouvoir du parti - au profit, sous Staline, de ce dernier et, après Kroutchev, de la machine étatique. 'Quand le Parti s'occupait de politique il perdait le contrôle de l'économie et de la

bureaucratie , mais quand il s'engageait pleinement dans le contrôle de l'économie et se mêlait directement de ce que faisaient les ministères et de la manière dont ils le faisaient, il perdait ses fonctions spécifiques, et même la compréhension de ce qu'elles étaient.' Vers la fin, toute volonté politique était paralysée. Un espoir subsistait pourtant : 'relancer la vie politique interne au parti était le programme que mettait en place Andropov un an avant de succéder à la maladie.'L'apport scientifique des démocraties populaires

Comme Lewin (pour qui 'le système soviétique a connu des réussites - l'éducation, la santé , la place accordée à la science - tout un capital que les piètres réformateurs ont largement dilapidé) 2 autres livres, certes plus discutables, reconnaissent le prestige du monde scientifique et la supériorité du système d'enseignement dans les ex-démocraties populaires.

Dans Vivre savant sous le Communisme (Belin, 2001) G. Ripka interviewe une dizaine de scientifiques de ces pays, tous plus ou moins anticommunistes (à une exception près) et d'intérêt inégal. Tous s'accordent cependant pour dire qu'il s'agissait d'un âge d'or pour la science et qu'en particulier ils avaient plus de temps pour mener à bien leurs recherches comme "les gens ne pensaient pas que l'argent était ce qui était le plus important au monde". Malgré quelques erreurs grossières (confusion entre Saratov et Volgograd, multiplication par dix des victimes du Goulag), certaines réflexions sont parfois saisissantes et démontrent qu'il y avait autant de différences entres les pays socialistes qu'entre les pays occidentaux, malgré le tableau uniforme qu'on en présente souvent. Pour un Tchèque, qui eut plus de problèmes avec les carriéristes opportunistes qu'avec les familles communistes traditionnelles, "la Russie contrôlait moins la culture à l'époque que ne le font actuellement les Etats-Unis". Pour un Polonais, après les événements de 1956 il était plus dur de voyager en URSS qu'en Occident. Un Croate explique que même sous Staline les savants étaient protégés, même si quelques erreurs théoriques furent commises (l'affaire Lyssenko, la critique de la théorie de la relativité d'Einstein, et de la mécanique quantique qui semblaient "remettre en cause le concept même de la matière" et le déterminisme).

Pourtant mal engagée (les Editions pourtant 'Ouvrières' annonçant d'entrée

'qu'il n'existe pas d'alternative politique aux valeurs qui sont le fondement des démocraties occidentales'!) la lecture de La Face cachée de l'Unification allemande (L'Atelier, 1999) s'avère néanmoins profitable. Les auteurs, Vilmar et Guittard, expliquent la chute de la RDA par le ralentissement économique des années 80 : 'Tandis qu'à la fin des années 70 l'Etat augmentait à la fois les investissements non productifs (construction de logements sociaux) et les revenus, il négligeait parallèllement les investissements dans le secteur industriel. Le consensus relatif qui existait entre la population et la direction politique (pour les auteurs, de 5 à 10 % des Est-Allemands étaient favorables au régime, et 3-5 % contre) s'évanouit dans les années 80, la majorité des citoyens n'étant plus prête à se contenter de promesses d'un avenir meilleur au détriment de la qualité de vie. L'apathie et surtout le désintérêt pour l'économie s'exprimaient par la passivité, le repli dans la sphère privée, le refus de donner le meilleur de soi.' Les auteurs décrivent ensuite chronologiquement l'unification désastreuse pour la partie orientale du pays. Les événements se sont précipités (en particulier l'union monétaire, qui fit que certaines entreprises est-allemandes, par ailleurs tout à fait compétitives, furent rachetées pour une bouchée de pain) contre la volonté explicite des habitants de RDA. Le potentiel économique de cette dernière fut privatisé, bradé pour être repris par des firmes ouest-allemandes désireuses d'éliminer la concurrence. Pour les auteurs la nouvelle Allemagne unifiée n'aurait pas dû renoncer aux acquis sociaux et culturels de la RDA mais les intégrer dans le nouveau cadre. Quelques remarques intéressantes ponctuent l'ensemble : les coopératives de RDA qui subsistent aujourd'hui sont plus compétitives que les entreprises familiales pourtant subventionnées selon par la loi allemande.

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APRES LA SUPPRESSION DU 7 NOVEMBRE COMME FETE NATIONALE EN RUSSIE

La Douma réactionnaire de Russie, dominée par le parti anticommuniste de Poutine, vient de décider que le 7 novembre, date anniversaire de la Révolution socialiste et prolétarienne d’Octobre 1917, ne serait plus jour férié en Russie. Lui sera substitué le 4 novembre, qui célèbre la fin de " l’époque des troubles " au 17ème siècle. Faut-il que le pouvoir restaurateur et contre-révolutionnaire de Poutine ait peur du souvenir de Lénine et des bolchéviks pour qu’il s’acharne ainsi sur une date qui, au-delà du peuple russe dont Octobre 17 constitue le plus grand événement historique, appartient à toute l’humanité progressiste à l’égal du 14 juillet 1789 ou de l’anniversaire de la victoire de Stalingrad ! Le mérite de cette décision clairement contre-révolutionnaire est de déchirer le voile d’illusions dont Poutine s’est entouré dans un premier temps en restaurant la musique (mais non les paroles) de l’hymne soviétique ou l’usage du drapeau rouge pour l’armée russe ! Puisse cette décision éclairer le peuple russe sur la nécessité de reprendre la lutte pour le socialisme et contre le capitalisme russe, synonyme d’abaissement national pour la Russie, de misère et de malheur pour la majorité de la population laborieuse. Puissent les communistes, les anti-impérialistes et les véritables progressistes se réapproprier la date du 7 novembre qui symbolisera de plus en plus, non seulement la grande Révolution d’Octobre, mais la résistance mondiale à la contre-révolution et à la remondialisation du capitalisme.

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10:39 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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