30/03/2007

29/03/2007: CUBA • Fidel Castro reprend la plume ...

CUBA  •  Fidel Castro reprend la plume

 

C'est le premier article de Fidel  Castro depuis huit mois. Dans les colonnes

de Granma, le Commandante s'en prend  à l'Occident, accusé de vouloir affamer

le tiers-monde en favorisant la  production de biocarburant. Extraits.

 

AFP

 

Dans le monde, plus de  3 milliards de personnes mourront prématurément de

faim et de soif. Loin d'être  excessif, ce chiffre est une estimation prudente.

J'y ai beaucoup réfléchi  depuis la rencontre [le 26 mars dernier] entre le

président Bush et les  constructeurs automobiles américains. […] [Fidel Castro

insère alors une dépêche  de l'agence de presse AP racontant que le président

américain a annoncé qu'en  2007 les Etats-Unis devraient utiliser 132 milliards

de litres de biocarburant].  La sinistre idée de transformer la nourriture en

carburant est donc  définitivement devenue la grande orientation économique

de la politique  étrangère de Washington.

 

On sait aujourd'hui qu'une tonne de maïs ne  peut produire en moyenne que 413

litres d'éthanol. Il faut donc 320 millions de  tonnes de maïs pour produire

132 milliards de litres d'éthanol. Le prix moyen du  maïs dans les ports

américains s'établit à 167 dollars la tonne. Et, selon la  FAO, la production de

maïs en 2005 aux Etats-Unis était de 280,2 millions de  tonnes.

 

On ne manquera pas de nous citer toute une ribambelle de réussites  exemplaires

enregistrées par les agriculteurs américains, expérimentés et bien  organisés,

en termes de productivité par homme et par hectare : le maïs est  transformé

en éthanol, les résidus du maïs sont eux-mêmes transformés en  aliments pour

animaux contenant 26 % de protéines et les excréments du bétail à  leur tour

utilisés comme matière première pour la production de gaz. Bien  évidemment, tout

cela nécessite de lourds investissements et n'est à la portée  que des

entreprises les plus puissantes, qui ne fonctionnent pas sans  consommation

d'électricité et de carburant. Appliquez donc cette recette aux  pays du tiers-monde,

et vous verrez combien de personnes, parmi les masses  affamées de notre

planète, cesseront de consommer du maïs. Pire encore :  pourquoi pas des prêts aux

pays pauvres pour qu'ils produisent de l'éthanol de  maïs ou à base de

n'importe quel aliment ? Je vous garantis qu'il ne restera pas  un seul arbre à

l'ombre duquel pourra s'abriter l'humanité pour se protéger du  réchauffement

climatique.

 

D'autres pays prévoient déjà d'utiliser non  seulement le maïs, mais aussi le

blé, le tournesol et le colza, voire d'autres  plantes afin de produire du

carburant. Pour réduire la consommation de carburant  de leurs voitures et

nourrir leurs animaux, il faudrait que les Européens  importent l'intégralité de la

production mondiale de soja.

 

A Cuba, les  alcools étaient des sous-produits de la filière sucrière obtenus

après trois  extractions du sucre contenu dans le jus de canne à sucre. Mais

le changement  climatique affecte déjà notre production sucrière. L'alternance

de grandes  sécheresses et de pluies diluviennes permet à peine de maintenir

cent jours de  production à un rendement correct pendant les quelques mois de

nos doux hivers :  les quantités de sucre produites par tonne de canne ou de

canne récoltée par  hectare s'avèrent insuffisantes.

 

Tous les pays du monde sans exception,  qu'ils soient riches ou pauvres,

pourraient économiser des milliards de dollars  d'investissements et de dépenses

de carburant par un geste simple que tous les  foyers cubains ont déjà accompli

: remplacer les ampoules à incandescence par  des ampoules fluorescentes à

économie d'énergie. Voilà comment donner un nouveau  souffle à la lutte contre

le réchauffement de la planète, sans pour autant  condamner toutes les masses

pauvres du monde à mourir de faim.

 

Fidel  Castro

18:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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