01/09/2007

30/08/2007: Une leçon de lutte pour tous !

-------- Message original --------
Sujet: déclaration sur le combat des grévistes du CSP59
Date: Thu, 30 Aug 2007 23:36:44 +0200
De: Coordination Communiste 59/62


Le combat des grévistes du CSP59 :

Une leçon de lutte pour tous !



La lutte exemplaire de nos camarades Sans Papiers en grève de la faim met en lumière la nouvelle méthode Sarkozy de « résolution » (répression) des conflits sociaux. Bien que locale, cette lutte s’inscrit objectivement à l’échelle nationale (les grévistes sont les pionniers de la résistance anti-Sarkozy depuis son élection) et même à l’échelle internationale (opposition à la police française à Conakry –Guinée– lors de l’expulsion de plusieurs grévistes de la faim, soutien d’organisations progressistes d’Inde, du Vénézuéla, du Chili, etc.). Elle présente deux dimensions principales : lutte démocratique et lutte de classe.



A l’heure où le ministère « de l’Immigration et de l’Identité Nationale » impose une certaine conception de la nation, plusieurs soutiens impliqués dans la lutte déclarent avoir « honte d’être français »…

Rappelons que s’il est normal d’avoir honte de notre Etat (donc de ce ministère), il ne faut pas confondre ce dernier et la France, nation incluant objectivement tous les travailleurs, y compris immigrés. Cette confusion Etat bourgeois / Nation est le prolongement direct de l’idéologie d’un Etat volontairement raciste et diviseur. La tactique du « diviser pour mieux régner » s’est par exemple illustrée en Août par une tentative d’ethnicisation du conflit (recours aux patriarches de la communauté Diakanké en France dans l’espoir de briser la grève). On a identifié clairement la majorité des grévistes à leur « ethnie » plutôt qu’à leur classe. Ces derniers ne se sont pas laissés duper.

La lutte des Sans Papiers pour leur régularisation, autour de laquelle s’organise la solidarité de nombreux travailleurs français et immigrés, a ici un enjeu démocratique et antifasciste, dans le sens où elle s’oppose à la « lepénisation des esprits », à la fascisation de l’appareil d’Etat et au recul des droits démocratiques en France.



Mais ce combat se définit plus fondamentalement comme une lutte de classe. Les Sans Papiers sont à la fois les travailleurs les plus exploités et les plus exposés, au sein de la classe ouvrière. Exploités par des patrons négriers, exposés comme boucs émissaires quand le chômage explose.

Sans papiers donc sans contrat de travail, sans droit de grève, etc., ils sont « utiles » à l’ensemble du patronat français. Pour celui ci d’ailleurs, il s’agit moins d’expulser (20 000 expulsions sur les 120 000 clandestins travaillant en moyenne en France annuellement) que de terroriser par un chantage à l’expulsion une main d’œuvre corvéable à merci.

Malgré tous les efforts de la préfecture (donc de Sarkozy) pour dissimuler les grévistes depuis leur expulsion de la Bourse du Travail (lieu de leur visibilité et de leur existence), les habitants des quartiers populaires en contact avec les grévistes refusés par les hôpitaux voisins, leur ont manifesté un soutien significatif. Soutien de classe, même si certains d’entre eux avaient voté Sarkozy (comme à la ZUP de la Bourgogne à Tourcoing). Les syndicalistes de nombreux secteurs ont été très présents aux portes des hôpitaux pendant tout le mois d’Août.

Une des réussites de cette guerre de David contre Goliath a été de démontrer que l’unité de classe est plus que jamais nécessaire et réelle. Gardons à l’esprit les enseignements de cette lutte pour mener celles qui ne manqueront pas de surgir à tous les niveaux dès la rentrée.

Un exemple : la création/instrumentalisation d’associations « kapos » non choisies par les grévistes et se substituant au Comité des Sans Papiers 59 dans la négociation, préfigure sans doute à l’échelle nationale, le « dialogue social » que Sarkozy entend instaurer avec de très « modernes » syndicats jaunes, contre les syndicats historiques et en particulier la CGT.



Pour toutes ces raisons, la Coordination Communiste soutient, quelle qu’en soit l’issue, la lutte menée cet été par les Sans Papiers grévistes de la faim, et rend hommage à leur organisation légitime, le CSP59 !

Le combat des grévistes du CSP59 :

Une leçon de lutte pour tous !



La lutte exemplaire de nos camarades Sans Papiers en grève de la faim met en lumière la nouvelle méthode Sarkozy de « résolution » (répression) des conflits sociaux. Bien que locale, cette lutte s’inscrit objectivement à l’échelle nationale (les grévistes sont les pionniers de la résistance anti-Sarkozy depuis son élection) et même à l’échelle internationale (opposition à la police française à Conakry –Guinée– lors de l’expulsion de plusieurs grévistes de la faim, soutien d’organisations progressistes d’Inde, du Vénézuéla, du Chili, etc.). Elle présente deux dimensions principales : lutte démocratique et lutte de classe.



A l’heure où le ministère « de l’Immigration et de l’Identité Nationale » impose une certaine conception de la nation, plusieurs soutiens impliqués dans la lutte déclarent avoir « honte d’être français »…

Rappelons que s’il est normal d’avoir honte de notre Etat (donc de ce ministère), il ne faut pas confondre ce dernier et la France, nation incluant objectivement tous les travailleurs, y compris immigrés. Cette confusion Etat bourgeois / Nation est le prolongement direct de l’idéologie d’un Etat volontairement raciste et diviseur. La tactique du « diviser pour mieux régner » s’est par exemple illustrée en Août par une tentative d’ethnicisation du conflit (recours aux patriarches de la communauté Diakanké en France dans l’espoir de briser la grève). On a identifié clairement la majorité des grévistes à leur « ethnie » plutôt qu’à leur classe. Ces derniers ne se sont pas laissés duper.

La lutte des Sans Papiers pour leur régularisation, autour de laquelle s’organise la solidarité de nombreux travailleurs français et immigrés, a ici un enjeu démocratique et antifasciste, dans le sens où elle s’oppose à la « lepénisation des esprits », à la fascisation de l’appareil d’Etat et au recul des droits démocratiques en France.



Mais ce combat se définit plus fondamentalement comme une lutte de classe. Les Sans Papiers sont à la fois les travailleurs les plus exploités et les plus exposés, au sein de la classe ouvrière. Exploités par des patrons négriers, exposés comme boucs émissaires quand le chômage explose.

Sans papiers donc sans contrat de travail, sans droit de grève, etc., ils sont « utiles » à l’ensemble du patronat français. Pour celui ci d’ailleurs, il s’agit moins d’expulser (20 000 expulsions sur les 120 000 clandestins travaillant en moyenne en France annuellement) que de terroriser par un chantage à l’expulsion une main d’œuvre corvéable à mercie.

Malgré tous les efforts de la préfecture (donc de Sarkozy) pour dissimuler les grévistes depuis leur expulsion de la Bourse du Travail (lieu de leur visibilité et de leur existence), les habitants des quartiers populaires en contact avec les grévistes refusés par les hôpitaux voisins, leur ont manifesté un soutien significatif. Soutien de classe, même si certains d’entre eux avaient voté Sarkozy (comme à la ZUP de la Bourgogne à Tourcoing). Les syndicalistes de nombreux secteurs ont été très présents aux portes des hôpitaux pendant tout le mois d’Août.

Une des réussites de cette guerre de David contre Goliath a été de démontrer que l’unité de classe est plus que jamais nécessaire et réelle. Gardons à l’esprit les enseignements de cette lutte pour mener celles qui ne manqueront pas de surgir à tous les niveaux dès la rentrée.

Un exemple : la création/instrumentalisation d’associations « kapos » non choisies par les grévistes et se substituant au Comité des Sans Papiers 59 dans la négociation, préfigure sans doute à l’échelle nationale, le « dialogue social » que Sarkozy entend instaurer avec de très « modernes » syndicats jaunes, contre les syndicats historiques et en particulier la CGT.



Pour toutes ces raisons, la Coordination Communiste soutient, quelle qu’en soit l’issue, la lutte menée cet été par les Sans Papiers grévistes de la faim, et rend hommage à leur organisation légitime, le CSP59 !



Fait le Mercredi 29 août 2007

21:59 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.