23/09/2007

23/09/2007: Kouchner l'Américain ...

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Sujet: : Kouchner l'Américain
Date: Sun, 23 Sep 2007 14:53:13 +0200
De: melusine <melusine@nerim.net>
Pour :: sortir de l europe <sortirdeleurope@yahoogroupes.fr>



Washington confidential

Kouchner l'Américain

21/09/2007-10h21 - Patrick Sabatier - © Le Point.fr

« Kouchner va-t-en guerre sans frontières ! » proclamaient les banderoles brandies jeudi après-midi par des militantes pacifistes et féministes du mouvement Code Pink (Alerte Rose) au milieu du parterre d’'experts, diplomates, lobbyistes, fonctionnaires fédéraux et journalistes rassemblés dans le grand salon du Capitol Hill Hilton par le CSIS (Center for Strategic and International Studies) pour écouter le ministre français prononcer, dans un anglais très made in France, un discours sur Les Etats-Unis, la France et l'’Europe dans un monde incertain.

« Elles ont raison, elles sont courageuses. C’est bien de venir s’'exprimer comme ça, si elles sont convaincues que je veux faire la guerre à l'’Iran » a commenté Kouchner. « Le seul problème est qu’elles se trompent. Je suis encore plus pacifiste qu’'elles. » Sur le moment, il avait su désarmer avec une adresse héritée de sa longue expérience militante les contestataires, en demandant qu'’on les laisse revenir dans la salle après qu’'elles en eurent été expulsées sans ménagement par la sécurité, les invitant à l'’écouter avant de le juger, puis à dialoguer avec lui.

Venu à Washington consacrer « l'’amitié renouée entre les Etats Unis et la France », Kouchner a passé une bonne partie de sa première journée dans la capitale à jouer les démineurs, continuant ses explications de textes sur « ce mot tabou qu'’il ne faut pas prononcer », la guerre (contre l’'Iran) –  dont il répète à qui veut l’'entendre qu'’il ne l'’avait évoqué que « parce que je veux tout faire pour l'’empêcher ».

Cela allait mieux en le disant, même s’'il n’a pu s'’empêcher d’'ironiser sur le « diplomatiquement correct ». Au même moment à Paris, Sarkozy confiait que pour sa part il « n'’aurait pas employé le mot guerre », et George W. Bush lui-même, interrogé lors d'’une conférence de presse à la Maison-Blanche sur les propos du ministre français, avait pris la peine de tourner sept fois sa langue dans sa bouche pour éviter lui aussi le mot tabou. Compte tenu de ce qu’'on entend ces jours-ci à Washington sur les débats sur l'’Iran au sein de l’'administration Bush, les propos du ministre français avaient fait l'’effet (venant après ceux de Sarkozy sur le choix qui risque de devoir être fait entre « la bombe iranienne » ou « des bombes sur l’'Iran ») comme un tir de barrage verbal préparatoire au pire. Au moins Kouchner s’'était-il assuré de la sorte que sa visite ne passe pas inaperçue.

Paradoxalement, un des problèmes de la nouvelle diplomatie française, définie par le ministre comme « ni anti-américaine, ni alignée » sur Washington, est, comme il en a publiquement mis en garde ses interlocuteurs et son public, de ne pas susciter de trop grands espoirs de ce côté-ci de l’'Atlantique. Depuis l'’élection de Nicolas Sarkozy, les médias américains ont en effet les yeux de Chimène pour la « révolution sarkozyenne ». Le 250e anniversaire de la naissance de La Fayette a donné lieu à force embrassades et rappels du rôle éminent que les Français ont joué dans la naissance des Etats-Unis.

Kouchner, accueilli en nouveau « héros des deux mondes », s’'est employé à rappeler que « l’'amitié permettant de parler franc, il y aura inévitablement d’'autres désaccords entre nous dans l'’avenir».  Sur l'’Iran pour commencer. Si la France est favorable à un durcissement des sanctions contre Téhéran (par l’'Onu, ou l'’Union européenne ou la France), elle s’'inquiète aussi de la Loi antiprolifération de 2007, votée le 31 juillet par la Chambre des représentants et qui devrait l'’être prochainement par le Sénat. Loi qui prévoit des pénalités contre les sociétés, américaines ou installées aux Etats-Unis, qui auraient investi plus de 20 millions de dollars en Iran. Shell, Repsol mais aussi Total et bien d’autres sociétés et banques françaises (et européennes) en affaires avec Téhéran tomberaient sous le coup de la loi.

Du coup, le ministre s'’est livré auprès de ses interlocuteurs de Capitol Hill à l'’art très washingtonien du lobbying, pour tenter de les convaincre de l’'extrême nocivité de ce genre de lois « extraterritoriales », qui semblent encore plus inacceptables que l’'idée que l’'Iran puisse se doter de l’arme nucléaire.

21:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : euro-dictature, fascisme, france, democratie, liberte, imperialisme, guerre, usa, iran, colonialisme, otan | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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