27/10/2007

27/10/2007: Mais que va donc faire un socialiste à la tête du FMI ?

 -------- Message original --------

Sujet: FILOCHE CONTRE STRAUSS KAHN
Date: Sat, 27 Oct 2007 19:07:32 +0200 (CEST)
De: FISCHER BERNARD <fischer02003@yahoo.fr>


 -------- Message original --------
Sujet: FILOCHE CONTRE STRAUSS KAHN
Date: Sat, 27 Oct 2007 19:07:32 +0200 (CEST)
De: FISCHER BERNARD <fischer02003@yahoo.fr>


Mais que va donc faire un socialiste à la tête du FMI ?
 
 
Les dirigeants de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) démissionnent beaucoup. L'’Allemand Horst Köhler  démissionnait en 2004 de la direction du FMI, l'’Espagnol Rodrigo de Rato en 2007. Népotisme aidant, l’'américain Paul Wolfowitz n’'a pu faire autrement que démissionner de la présidence de la Banque mondiale en 2007. La démission de Rodrigo Rato a permis à Dominique Strauss Khan d'’être élu Directeur général du FMI. Il prendra ses fonctions le 1er novembre 2007.
Il est toutefois possible, malgré les félicitations que lui ont adressées aussi bien François Hollande que Ségolène Royal, de se demander ce que peut bien avoir à faire quelqu’'un qui se réclame du socialisme à la tête d'’un organisme tel que le FMI. Un organisme qui, du fait de son absence totale de démocratie et de sa politique, subit aujourd'’hui une triple crise : une crise démocratique, une crise de légitimité, une crise existentielle. .
 
 
Une crise démocratique
 
L'’Inde et la Chine ont toujours, aujourd’'hui,  le même poids dans la direction du FMI qu'’en 1945. Pourtant, leurs économies et leurs populations n’'ont strictement plus rien de comparable.
56,28 % des droits de vote du FMI sont détenus par 10 pays industrialisés sur un total de 24 administrateurs. Cinq pays dominent le Conseil d’'administration : les Etats-Unis (17,35 % des voix), le Japon (6,22 %), l’'Allemagne (6,08 %), la France (5,02 %), le Royaume Uni (5,02 %).
Les 177 autres Etats membres sont divisés en groupes dirigés à chaque fois par un pays qui siège comme administrateur.
Le groupe le plus important (5,21 % des voix) est dirigé par la Belgique qui représente au Conseil d’'administration du FMI : l'’Autriche, la Biélorussie, la Tchéquie, la Hongrie, le Kazakhstan, le Luxembourg, la Slovaquie, la Slovénie et la Turquie.
Le groupe le moins important (1,17 % des vois) est présidé par le Gabon qui représente : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Cap Vert, la République Centrafricaine, le Tchad, les Comores, la République du Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, la Guinée Equatoriale, la Guinée, la Guinée-Bissau, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, l'’Ile Maurice, le Niger, le Rwanda, Sào Tomé et Principe, le Sénégal et le Togo. 
 
Un chef d’'oeœuvre baroque à défaut d’'être un chef d'oe’œuvre démocratique !
 
 
Une crise de légitimité
 
Le FMI a trop bien réussi dans son rôle de gendarme et lamentablement échoué dans son rôle de pompier.
 
Son rôle de gendarme consiste à obliger les pays en développement à s'’ouvrir, contraints et forcés, à la mondialisation libérale. Il utilise pour cela le levier de la dette que ces pays avaient contracté auprès des banques du Nord. Cette dette, bien souvent le fait de dictateurs (Chili, Uruguay, Brésil, Argentine, Equateur, Philippines, Rwanda, Zaïre, Philippines…), avait étranglé les pays en voie de développement lorsque Reagan avaient décidé l’'augmentation incroyablement brutale des taux d’'intérêts en 1979.
Pour faire face au paiement des intérêts de leur dette, devenus colossaux, les pays en voie de développement ont dès lors été obligés d'’en passer par des prêts de la Banque Mondiale et du FMI. Ces prêts étaient, à chaque fois conditionnés à la mise en oeœuvre des « plans d’ajustement structurels » du FMI. Ces plans ont ruiné des pans entiers de la population de ces pays et livré les banques, les entreprises publiques et privées, les forêts de ces mêmes pays aux appétits des multinationales du Nord.
 
Le rôle de pompier du FMI consiste à intervenir au moment d'’une crise financière pour résorber aussitôt cette crise et éviter son extension. Le FMI a totalement échoué dans ce rôle.
En janvier 1998, à Davos, Jeffrey Sachs, professeur d'’économie à Harvard (ainsi que le relate Jean-Marc Vittori « Le FMI, pompier pyromane » dans Les Echos du 07/09/07) revenait « devant une trentaine de spectateurs médusés », sur le déroulement  de la crise asiatique de 1997. Il démontrait preuve à l’appui que la monnaie de chacun des pays touchés (Thaïlande, Philippines, Corée du Sud, Indonésie..) s'’était écroulée non pas avant, mais après l’intervention du FMI. Dans chaque pays, en effet, le FMI avaient imposé la fermeture de banques provoquant la panique des déposants, la hausse des taux d'’intérêts, des coupes drastiques dans le budget de l'’Etat. Les conséquences avaient été rapides et partout identiques: chute brutale de la production et extension de crise à l’'ensemble des pays émergents de la région.
Pire, pour le FMI, les seuls pays émergents qui avaient échappé à la crise financière du Sud-est asiatique étaient ceux qui avaient refusé les remèdes imposés par le FMI : la Malaisie qui avait rétabli le contrôle des mouvements de capitaux, la Chine qui réalisait, à son propre rythme, son ouverture commerciale et financière sans passer sous les fourches caudines du FMI.
 
La Thaïlande n’'était pas le seul  « meilleur élève du FMI. L’'Argentine lui disputait cet « honneur ». Dans les deux cas, les deux pays avaient été jusqu'’au bout des instructions du FMI et avaient lié leur monnaie au dollar. Un baht valait un dollar et un peso valait un dollar.
En 2001 et 2002, l’'économie argentine s'’était complètement effondrée. « L'’Argentine est anéantie » s'’était d’ailleurs écrié en janvier 2002, le troisième président de la République de ce pays en moins de quinze jours, les deux premiers ayant été balayés par deux gigantesques soulèvements populaires.
 
 
Une crise existentielle
 
Tirant les leçons des politiques mises en oeœuvre par le FMI, les pays émergents font tout ce qu’'ils peuvent pour ne plus avoir à faire avec le FMI.
La conjoncture économique les y aide. Les prix élevés des matières premières et de certains produits agricoles depuis 2004 leur ont permis de constituer d’'importantes réserves de change. En 2007, ces réserves représentent plus de 3 000 milliards de dollars, le double de celles des pays industrialisés.
Plusieurs gouvernements ont choisi de rembourser de manière anticipée leurs dettes au FMI, à la Banque Mondiale, au Club de Paris et aux banquiers privés. Neuf pays d’'Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Guyana, Paraguay, Surinam, Uruguay, Venezuela) ont décidé de créer une « Banque du Sud » pour financer leur intégration régionale et leurs projets sociaux.
Comme le constate Eric Toussaint (Comité pour l'’Annulation de la Dette du Tiers Monde) « Les signes de distance par rapport à la Banque Mondiale et au FMI se multiplient : l'’Equateur a expulsé le représentant permanent de la Banque Mondiale à Quito fin avril 2007, le Venezuela envisage de se retirer de la Banque Mondiale et du FMI), la Bolivie ne reconnaît plus l'’autorité du CIRDI (filiale de la Banque mondiale chargée de régler les litiges en matière d'’investissement » ».
 
 
Un ravalement autre que de façade ?
 
La règle non écrite qui veut que la présidence de la Banque mondiale revienne à un Américain (des Etats-Unis !) et la direction du FMI à un Européen de l'’Ouest a, encore une fois, été respectée. Robert Zoellick a remplacé Paul Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale et DSK a été élu pour remplacer Rodrigo de Rato à la direction du FMI. Après avoir été le candidat de Sarkozy, DSK est devenu le candidat de l'’Union européenne puis celui de Bush. Il a donc été élu sans problème, malgré l'’opposition de très nombreux pays en voie de développement. Tout cela laisse mal augurer d’'un quelconque changement démocratique à la tête de ces institutions. Il était difficile, au contraire, d'’indiquer plus clairement qu’'avec un autre Européen à la tête de l’OMC (Pascal Lamy) et un américain à la tête de la Banque mondiale, les gouvernements de l'’Europe de l'’Ouest et des Etats-Unis voulaient conserver un contrôle sans faille de la finance et du commerce international.
Que DSK conduise un ravalement de façade du FMI paraît une évidence et recueille, d’'ailleurs,  l'’adhésion de tous ceux qui veulent sauver l'’institution, à commencer par les Etats-Unis. Mais que ce ravalement aboutisse à transformer le FMI en institution démocratique est une toute autre affaire pour la simple et bonne raison que les statuts du FMI prévoit une minorité de blocage de 15 % des voix et que les Etats-Unis disposent de plus de 17 % de ces voix. Mais peut-être DSK l'’ignorait-il lorsqu’'il a postulé à la direction du FMI.
 
Jean-Jacques Chavigné
 
 
Les dirigeants de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) démissionnent beaucoup. L'’Allemand Horst Köhler  démissionnait en 2004 de la direction du FMI, l'’Espagnol Rodrigo de Rato en 2007. Népotisme aidant, l’'américain Paul Wolfowitz n’'a pu faire autrement que démissionner de la présidence de la Banque mondiale en 2007. La démission de Rodrigo Rato a permis à Dominique Strauss Khan d'’être élu Directeur général du FMI. Il prendra ses fonctions le 1er novembre 2007.
Il est toutefois possible, malgré les félicitations que lui ont adressées aussi bien François Hollande que Ségolène Royal, de se demander ce que peut bien avoir à faire quelqu’'un qui se réclame du socialisme à la tête d'’un organisme tel que le FMI. Un organisme qui, du fait de son absence totale de démocratie et de sa politique, subit aujourd'’hui une triple crise : une crise démocratique, une crise de légitimité, une crise existentielle. .
 
 
Une crise démocratique
 
L'’Inde et la Chine ont toujours, aujourd’'hui,  le même poids dans la direction du FMI qu'’en 1945. Pourtant, leurs économies et leurs populations n’'ont strictement plus rien de comparable.
56,28 % des droits de vote du FMI sont détenus par 10 pays industrialisés sur un total de 24 administrateurs. Cinq pays dominent le Conseil d’'administration : les Etats-Unis (17,35 % des voix), le Japon (6,22 %), l’'Allemagne (6,08 %), la France (5,02 %), le Royaume Uni (5,02 %).
Les 177 autres Etats membres sont divisés en groupes dirigés à chaque fois par un pays qui siège comme administrateur.
Le groupe le plus important (5,21 % des voix) est dirigé par la Belgique qui représente au Conseil d’'administration du FMI : l'’Autriche, la Biélorussie, la Tchéquie, la Hongrie, le Kazakhstan, le Luxembourg, la Slovaquie, la Slovénie et la Turquie.
Le groupe le moins important (1,17 % des vois) est présidé par le Gabon qui représente : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Cap Vert, la République Centrafricaine, le Tchad, les Comores, la République du Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, la Guinée Equatoriale, la Guinée, la Guinée-Bissau, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, l'’Ile Maurice, le Niger, le Rwanda, Sào Tomé et Principe, le Sénégal et le Togo. 
 
Un chef d’'oeœuvre baroque à défaut d’'être un chef d'oe’œuvre démocratique !
 
 
Une crise de légitimité
 
Le FMI a trop bien réussi dans son rôle de gendarme et lamentablement échoué dans son rôle de pompier.
 
Son rôle de gendarme consiste à obliger les pays en développement à s'’ouvrir, contraints et forcés, à la mondialisation libérale. Il utilise pour cela le levier de la dette que ces pays avaient contracté auprès des banques du Nord. Cette dette, bien souvent le fait de dictateurs (Chili, Uruguay, Brésil, Argentine, Equateur, Philippines, Rwanda, Zaïre, Philippines…), avait étranglé les pays en voie de développement lorsque Reagan avaient décidé l’'augmentation incroyablement brutale des taux d’'intérêts en 1979.
Pour faire face au paiement des intérêts de leur dette, devenus colossaux, les pays en voie de développement ont dès lors été obligés d'’en passer par des prêts de la Banque Mondiale et du FMI. Ces prêts étaient, à chaque fois conditionnés à la mise en oeœuvre des « plans d’ajustement structurels » du FMI. Ces plans ont ruiné des pans entiers de la population de ces pays et livré les banques, les entreprises publiques et privées, les forêts de ces mêmes pays aux appétits des multinationales du Nord.
 
Le rôle de pompier du FMI consiste à intervenir au moment d'’une crise financière pour résorber aussitôt cette crise et éviter son extension. Le FMI a totalement échoué dans ce rôle.
En janvier 1998, à Davos, Jeffrey Sachs, professeur d'’économie à Harvard (ainsi que le relate Jean-Marc Vittori « Le FMI, pompier pyromane » dans Les Echos du 07/09/07) revenait « devant une trentaine de spectateurs médusés », sur le déroulement  de la crise asiatique de 1997. Il démontrait preuve à l’appui que la monnaie de chacun des pays touchés (Thaïlande, Philippines, Corée du Sud, Indonésie..) s'’était écroulée non pas avant, mais après l’intervention du FMI. Dans chaque pays, en effet, le FMI avaient imposé la fermeture de banques provoquant la panique des déposants, la hausse des taux d'’intérêts, des coupes drastiques dans le budget de l'’Etat. Les conséquences avaient été rapides et partout identiques: chute brutale de la production et extension de crise à l’'ensemble des pays émergents de la région.
Pire, pour le FMI, les seuls pays émergents qui avaient échappé à la crise financière du Sud-est asiatique étaient ceux qui avaient refusé les remèdes imposés par le FMI : la Malaisie qui avait rétabli le contrôle des mouvements de capitaux, la Chine qui réalisait, à son propre rythme, son ouverture commerciale et financière sans passer sous les fourches caudines du FMI.
 
La Thaïlande n’'était pas le seul  « meilleur élève du FMI. L’'Argentine lui disputait cet « honneur ». Dans les deux cas, les deux pays avaient été jusqu'’au bout des instructions du FMI et avaient lié leur monnaie au dollar. Un baht valait un dollar et un peso valait un dollar.
En 2001 et 2002, l’'économie argentine s'’était complètement effondrée. « L'’Argentine est anéantie » s'’était d’ailleurs écrié en janvier 2002, le troisième président de la République de ce pays en moins de quinze jours, les deux premiers ayant été balayés par deux gigantesques soulèvements populaires.
 
 
Une crise existentielle
 
Tirant les leçons des politiques mises en oeœuvre par le FMI, les pays émergents font tout ce qu’'ils peuvent pour ne plus avoir à faire avec le FMI.
La conjoncture économique les y aide. Les prix élevés des matières premières et de certains produits agricoles depuis 2004 leur ont permis de constituer d’'importantes réserves de change. En 2007, ces réserves représentent plus de 3 000 milliards de dollars, le double de celles des pays industrialisés.
Plusieurs gouvernements ont choisi de rembourser de manière anticipée leurs dettes au FMI, à la Banque Mondiale, au Club de Paris et aux banquiers privés. Neuf pays d’'Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Guyana, Paraguay, Surinam, Uruguay, Venezuela) ont décidé de créer une « Banque du Sud » pour financer leur intégration régionale et leurs projets sociaux.
Comme le constate Eric Toussaint (Comité pour l'’Annulation de la Dette du Tiers Monde) « Les signes de distance par rapport à la Banque Mondiale et au FMI se multiplient : l'’Equateur a expulsé le représentant permanent de la Banque Mondiale à Quito fin avril 2007, le Venezuela envisage de se retirer de la Banque Mondiale et du FMI), la Bolivie ne reconnaît plus l'’autorité du CIRDI (filiale de la Banque mondiale chargée de régler les litiges en matière d'’investissement » ».
 
 
Un ravalement autre que de façade ?
 
La règle non écrite qui veut que la présidence de la Banque mondiale revienne à un Américain (des Etats-Unis !) et la direction du FMI à un Européen de l'’Ouest a, encore une fois, été respectée. Robert Zoellick a remplacé Paul Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale et DSK a été élu pour remplacer Rodrigo de Rato à la direction du FMI. Après avoir été le candidat de Sarkozy, DSK est devenu le candidat de l'’Union européenne puis celui de Bush. Il a donc été élu sans problème, malgré l'’opposition de très nombreux pays en voie de développement. Tout cela laisse mal augurer d’'un quelconque changement démocratique à la tête de ces institutions. Il était difficile, au contraire, d'’indiquer plus clairement qu’'avec un autre Européen à la tête de l’OMC (Pascal Lamy) et un américain à la tête de la Banque mondiale, les gouvernements de l'’Europe de l'’Ouest et des Etats-Unis voulaient conserver un contrôle sans faille de la finance et du commerce international.
Que DSK conduise un ravalement de façade du FMI paraît une évidence et recueille, d’'ailleurs,  l'’adhésion de tous ceux qui veulent sauver l'’institution, à commencer par les Etats-Unis. Mais que ce ravalement aboutisse à transformer le FMI en institution démocratique est une toute autre affaire pour la simple et bonne raison que les statuts du FMI prévoit une minorité de blocage de 15 % des voix et que les Etats-Unis disposent de plus de 17 % de ces voix. Mais peut-être DSK l'’ignorait-il lorsqu’'il a postulé à la direction du FMI.
 
      Jean-Jacques Chavigné

20:47 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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