27/01/2008

Un «charognard» britannique plume la très pauvre Zambie ...

Un juge londonien a exprimé la semaine dernière son dégoût pour un « charognard » britannique qui avait racheté la dette de la Zambie à la Roumanie. Mais la Zambie doit lui rembourser son emprunt.

Arno Roblares
07-03-2007

L’histoire commence en 1979, lorsque la Zambie emprunte 15 millions de dollars à la Roumanie pour acheter des tracteurs. En 1999, la Zambie ne peut plus rembourser cet emprunt. La Roumanie cède alors les traites à Donegal International, la boîte de Michael Sheehan, pour 3 millions de dollars. Ensuite, Sheehan intente un procès à la pauvre Zambie et réclame 55 millions de dollars car, selon lui, c’est actuellement la valeur de l’emprunt, une fois les intérêts comptés.

 

L’affaire s’est retrouvée la semaine dernière devant un tribunal londonien. Sur le banc des accusés, la Zambie, un pays d’Afrique parmi les plus pauvres, où le revenu moyen par habitant se situe en dessous d’un euro par jour et où un enfant sur trois ne verra jamais l’école primaire. Le plaignant : Michael Sheehan, « vautour » britannique.

Le juge s’est indigné du côté immoral de la plainte, mais a dû admettre que les pratiques de Sheehan n’avaient rien d’illégal. La Zambie va donc devoir payer. Heureusement, le juge a donné à entendre que le montant serait bien plus modique que ce que réclame ce « charognard » de Sheehan.

Il semble que celui-ci ne soit pas le seul à utiliser de telles méthodes pour ramasser des superprofits. Prenons par exemple les « vulture funds » ou « fonds de charognards ». Il s’agit de spéculateurs qui rachètent les dettes d’entreprises au bord de la faillite. De telles reconnaissances de dette sont très bon marché parce qu’il n’y a guère d’espoir de pouvoir les récupérer par la voie normale. Mais les « vautours » sont des spécialistes pour récupérer par la suite leur investissement auprès des tribunaux, et avec bénéfice en plus.

Les plus agressifs de ces spéculateurs sortent leur boîte à malices également contre des pays. Ainsi, c’est un « vautour » américain qui, en 2002, lorsque l’économie de l’Argentine s’était effondrée, avait racheté pour trois fois rien une bonne partie des dettes du pays. Aujourd’hui, devant un tribunal américain, il exige 700 millions de dollars du gouvernement argentin et il tient ainsi le pays dans un étau économique. Le pays ne peut en effet cracher une telle somme.

11:32 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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