22/11/2008

21/11/2008: "les americains ont realise la plus grande escroquerie financiere de l'humanite"...

 

 

Sent: Friday, November 21, 2008 8:18 PM
Subject: [Transfer_info] CRISE : Les USA ont realisé la plus grande escroquerie financière de l'humanité

 "les americains ont realise la plus grande escroquerie financiere de l'humanite"

 
nov 02 2008
 

L´élection annoncée de Barack Obama sera interprétée comme

une régénération de la démocratie américaine, affirme Emmanuel Todd.

Suffira-t-elle pourtant à opérer les ruptures espérées?

Historien, démographe, auteur en 2002 d´un «essai sur la décomposition

du système américain», Todd ne cache pas sa perplexité.

S´il accueille avec enthousiasme l´accession d´un président noir

à la Maison-Blanche, il craint, dit-il, que l´événement ne s´inscrive

dans un «processus de dislocation».

- Voilà six ans, vous dressiez le tableau d´un pays devenu «un facteur

de désordre international». Une élection de Barack Obama pourrait-elle

modifier ce constat?
- Elle donnera dans un premier temps l´image d´une Amérique qui rebondit.

Avec Bush, on a eu le pire des présidents - une sorte de Rantanplan, qui

 fait la guerre, qui par sa maladresse accélère la destruction de l´empire américain.

Avec Obama, resurgit le visage d´une Amérique optimiste et dynamique.

Une Amérique civilisée, à la politique étrangère plus raisonnable, qui aspire à

se retirer d´Irak, qui ne veut pas déclarer la guerre à l´Iran.

Une Amérique qui pourrait néanmoins rester aussi anti-russe que la précédente,

les démocrates ciblant la Russie comme le seul véritable adversaire

stratégique des Etats-Unis.

Dans le climat actuel de débâcle, de déroute financière et morale, et compte-tenu

de la responsabilité inouie de l´Amérique dans le désordre du monde, la victoire

d´Obama va permettre aux pro-Américains des pays occidentaux de dire que

l´Amérique est redevenue merveilleuse. Elle redonnera quelques années

de vie supplémentaires à l´empire.

- L´accession d´un élu noir à la Maison-Blanche ne confirme-t-elle pas

les mutations intervenues au sein de la société américaine?
- Il se produit des événements vraiment extraordinaires aux Etats-Unis.

L´implosion du système financier et du mythe économique, d´un côté;

l´implosion de la structuration raciale, de l´autre. On comprend dans ces conditions

que les Américains vivent dans une sorte d´état d´apesanteur.

Cela dit, si l´affaissement du sentiment racial est évidemment une bonne

nouvelle, le racisme aura vraiment disparu le jour où les électeurs n´attendront

rien de particulier d´un président noir.

Obama est un homme politique américain. Son discours est truffé des

habituelles références aux valeurs religieuses. Il est entouré des personnalités

issues de l´establishment démocrate - ces mêmes démocrates qui ont, plus

nombreux encore que les républicains, voté les subventions au système bancaire.

- L´élection de Barack Obama ne plaide-t-elle pas pour la vitalité

de la démocratie américaine?
- Ce qui se passe est étrange, et paradoxal.

Si l´on observe l´histoire des Etats-Unis, on constate en effet que le racisme

n´est pas du tout un petit défaut de la démocratie blanche: il en est le fondement.

 Au départ, les colons anglais n´attachaient pas une grande importance à

la valeur de l´égalité, que ce soit dans la famille ou ailleurs.

Ce qui a permis alors d´assimiler des Européens d´origines très diverses,

c´est la fixation de la différence sur les Indiens et les Noirs.

Dans l´Amérique jacksonienne, le président était un héros des guerres contre

les Indiens. Le racisme a été le moteur de l´émergence démocratique.

Aujourd´hui, on assiste à l´avènement d´une ploutocratie irresponsable:

la montée des inégalités constitue la dynamique fondamentale de la société

américaine. L´Amérique cesse d´être démocratique au sens économique du terme.

Le racisme y est en baisse, mais la démocratie est malade.

Elle pourrit sous nos yeux. Dès lors, j´ai peur que l´on tombe très vite de haut.

Une partie de l´oligarchie est derrière Obama. Il a du reste ramassé plus d´argent

chez les riches que McCain. Son élection sera interprétée comme une regénération

de la démocratie américaine. J´ai quant à moi le sentiment qu´elle fait plutôt

partie d´un processus de dislocation.

- Les Etats-Unis comptent certaines des meilleures universités du monde.

Ils attirent de partout les capitaux, les chercheurs, les entrepreneurs

de la nouvelle économie. Ces atouts-là ne leur assurent-ils pas une place

centrale dans la compétition internationale?
- Quelques universités sont en effet très bonnes. Mais la majorité d´entre elles

est d´une médiocrité absolue.

Sur le terrain de la production scientifique et technologique, les chiffres

sont sans équivoque: l´Europe est redevenue le centre de gravité du monde.

Ce sont les Européens qui savent construire les centrales nucléaires modernes,

ou qui fabriquent des avions gros porteurs - même avec retard.
L´ouragan Katrina avait en 2005 constitué un premier moment de vérité.

On a compris tout à coup que les Américains ne disposaient pas d´assez

d´ingénieurs pour protéger les villes, ou les reconstruire. Je pense aussi que

le conflit au Caucase a contribué au cours de l´été dernier à précipiter

la crise financière. L´inexistence de l´Amérique a été perçue comme

un moment d´atterrissage dans la réalité.

- Il reste pour l´industrie américaine des secteurs porteurs.

L´informatique, la Silicon Valley...
- Si l´on songe à ce qu´étaient les Etats-Unis en 1945, il serait étonnant

qu´il ne reste rien de leur puissance industrielle et technologique.

Mais alors qu´ils étaient excédentaires dans tous les domaines,

ils enregistrent aujourd´hui un déficit commercial de 800 milliards de dollars.

La vitesse de régression est hallucinante, et elle n´épargnera pas l´informatique:

l´Inde va bientôt porter l´estocade.

- Le projet économique du candidat démocrate peut-il contrecarrer

la dépression qui menace?
- Il n´a pas de programme économique. Au début de sa campagne, il a

bien proposé quelques mesures protectionnistes, mais le déficit commercial est

tel que le protectionnisme entraînerait dans une première période une baisse

dramatique du niveau de vie.
Obama se confond avec son image. Or les difficultés américaines vont bien

au delà d´une image. Pour le moment, le dollar tient, car à l´extérieur, des institutions,

des gens riches, des Etats veulent que les Etats-Unis restent au centre du monde.

Mais la situation ne changera pas: elle devrait même se dégrader encore.

La question est maintenant de savoir comment, avec la fin de la mécanique

des subprimes, on va donner aux Américains les moyens financiers de continuer

à vivre aux frais de la planète.

- Les Etats-Unis gardent une forte capacité d´influence sur les leaders

d´opinion du monde occidental. Leur image est-elle en train de se troubler?
- L´Amérique, c´est une image. On ne peut en parler sans évoquer le cinéma,

 les scénarios de feuilletons télévisés, Hollywood.

Il y a dans tout ce qui est américain un côté extraordinairement virtuel.

Et voilà que par étape on voit émerger la réalité.

Il sera en ce sens très intéressant de suivre l´évolution de l´opinion dans

les oligarchies financières occidentales. Elles éprouvent un sentiment de solidarité

avec l´Amérique. Mais elles viennent aussi de se faire plumer...

Je n´aimerais pas être en ce moment un ploutocrate français de la sphère

financière.

- La notion d´«hyperpuissance» a-t-elle un sens pour vous?
- Dans le domaine militaire, le monde est déjà multipolaire. L´incertitude tient

aux illusions que les Américains entretiennent encore sur eux-mêmes.

Ils sont un peu comme les Russes, au moment de l´effondrement (??????) du

communisme. Lorsqu´ une puissance de cette nature possède encore une armée,

elle n´est pas à l´abri de réactions irrationnelles.
Les Etats-Unis ont également perdu la place centrale qu´ils occupaient sur

le terrain économique. Avec l´aventure des subprimes, ils ne viennent pas

moins de réaliser la plus grande escroquerie financière de l´histoire de

l´humanité. Autrement dit, ils ne sont plus dans ce domaine une hyperpuissance,

mais compte-tenu de l´absence de régulation de l´économie mondiale,

ils détiennent une «hypercapacité de nuisance».

Emmanuel Todd vient de signer chez Gallimard «Après la démocratie».

Source : TdG

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15:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, romain, belgique, presse, medias, histoire, imperialisme, courcelles, colonialisme, silence, actualite | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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