30/12/2010

29/12/10: La filière nazie d'Electrolux ...

Les liaisons nazies des impérialistes anglo-américains

La filière nazie d'Electrolux

Le fabricant suédois d'électroménagers Electrolux a été fondé en 1919 et repris dans les années 1930 par le riche suédois et collaborateur nazi Axel Wenner-Gren. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, l'amitié Wenner-Gren avec le commandant en chef nazi de la Luftwaffe, Hermann Goering, et le duc de Windsor, qui a dû abdiquer le trône d'Angleterre en 1938 à cause de son soutien aux nazis, a conduit les Alliés à mettre Wenner-Gren sur une liste noire des entreprises et entrepreneurs. Wenner-Gren a également fait partie d'un partenariat avec le propriétaire d'ITT, Sosthène Behn, et le président de SKF, Sven Wingquist (voir ci- dessous), dans l'empire géant des munitions Bofors, acheté par Krupp, qui a fourni en armes l'Allemagne. ITT possédait 25 % de Focke Wulfe, qui a produit des avions de chasse pour la Luftwaffe allemande. ITT a également financé le coup d'État militaire sanglant de Pinochet, au Chili, en 1973.

En 1957, Wenner-Gren a proposé un plan au premier ministre W.A.C. Bennett de la Colombie-Britannique pour exploiter les ressources d'un territoire de 100 000 km carrés (représentant un dixième de la Colombie-Britannique) dénommé « la fosse des Rocheuses », dans le nord de la province. Le plan comprenait un « barrage plus grand que le barrage Hoover », mais seulement un chemin de fer reliant Prince-George à l'Alaska a été complété. Quelques années après la mort de Wenner-Gren, en 1961, le gouvernement de la Colombie-Britannique a construit le barrage WAC Bennett sur le lac Williston.


Un avion de combat Focke Wulfe 190.

En 1956, Wenner-Gren a vendu ses actions d'Electrolux aux Wallenberg, les plus puissants financiers capitalistes de la Suède. Marcus Wallenberg est le président actuel d'Electrolux et les Wallenberg contrôlent 27,6 % de la société. Marcus Wallenberg est également président de la banque appartenant à la famille Wallenberg, Skandinaviska Enskilda Banken (SEB), avec des filiales en Estonie, Lettonie, Lituanie, Ukraine, Russie, Allemagne et à New York. Il est président du fournisseur de matériel militaire Saab, vice-président du géant des télécommunications Ericsson et président de la Chambre de commerce internationale (CCI), une organisation commerciale mondiale qui comprend des milliers d'entreprises dans plus de 130 pays. Les Wallenberg détiennent également une participation importante dans Saab, Ericsson, SKF Bearing inc, Skandinavian Airlines Systems (SAS), Husqvarna, Atlas Copco, Astra Zeneca, et de nombreuses autres sociétés.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la Suède, qui est devenue avec la fin de la guerre le pays le plus riche en Europe, a été officiellement « neutre » mais ce n'est qu'un mythe. Les entreprises suédoises ont grandement collaboré avec les nazis, y compris en fournissant à l'Allemagne du minerai de fer, des roulements à billes, des denrées alimentaires, du bois et beaucoup d'autres matières premières, tout en offrant du crédit qui a permis la livraison de matériel de guerre à la Wermacht, fournissant le transport ferroviaire afin d'aider à l'invasion de la Norvège et agissant comme un intermédiaire pour le transit des marchandises et des devises à destination et en provenance d'Allemagne. Le roi de Suède Gustave V a été un ami proche de Herman Goering (dont la première femme était suédoise) et d'autres hauts responsables nazis.

Après la guerre, la Suède « neutre » a accepté de payer près de 70 millions $ de réparations, mais ne l'a toujours pas fait et elle détient toujours plusieurs tonnes d'or pris par les nazis, quelque part dans ses coffres de banque. Aujourd'hui, en Suède « neutre », le parti Svenskarnas qui se proclame néo-nazi est autorisé à participer officiellement à la politique suédoise, alors qu'il incite à des attaques racistes contre les immigrants et les « non-Suédois ».[1]

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, autant Electrolux (alors propriété de Wenner-Gren) que la famille Wallenberg ont collaboré avec les nazis. Selon l'American Jewish Committee[2], Electrolux AG à Berlin a utilisé de la main-d'oeuvre esclave pour fabriquer ses produits. En 2005, Electrolux a acheté la marque AEG, le plus grand fabriquant allemand de produits électriques durant la guerre, et maintenant transige « fièrement » à la bourse en utilisant la marque AEG-Electrolux, même si, pendant la Deuxième Guerre mondiale, AEG a donné de l'argent aux nazis, a fait partie du « Cercle des Amis » de Himmler et a exploité de la main-d'oeuvre esclave, y compris au camp de concentration d'Auschwitz.

La banque de Wallenberg, Enskilda Banken (qui a fusionné en 1972 avec Skandinaviska Banken pour former Skandinaviska Enskilda Banken), a collaboré avec les nazis en les aidant à disposer de millions de dollars en avoirs confisqués aux prisonniers, en convertissant l'or volé nazi en monnaie suédoise. Au cours de l'année 1939-1940, la Banque Enskilda a secrètement acheté toutes les succursales étrangères du groupe Robert Bosch, un fabricant allemand de bougies qui utilisait de la main d'oeuvre esclave. À son tour, Bosch a facilité la vente de 3,6 millions $ d'obligations allemandes détenues par Enskilda. La Banque Enskilda a également aidé les sociétés nazies telles IG Farben et Krupp à dissimuler leurs filiales à l'étranger pour éviter la confiscation par les Alliés.

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Morgenthau, dans une lettre adressée au secrétaire d'État américain, en février 1945, a accusé Enskilda de faire des prêts importants sans garantie aux nazis et d'effectuer des investissements clandestins pour des capitalistes allemands dans les industries des États-Unis.

SKF Bearing appartenant à Wallenberg, le plus grand fabricant mondial de roulements à billes, a collaboré avec les nazis en leur fournissant des roulements à billes en acier, tout en retenant en même temps la fourniture aux Alliés. Jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, 60 % de la production de SKF a été acheminée vers l'Allemagne. SKF a été intimement lié à tous les groupes industriels en Suède et les administrateurs de SKF ont représenté des sociétés qui ont dirigé toute l'économie suédoise.

SKF a également contrôlé des mines de fer, des aciéries et des usines aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. Sven Wingquist, un partenaire des Wallenberg et d'Axel Wenner-Gren, et un ami de Goering et du duc de Windsor, était directeur de la société SKF. Le cousin de Goering, le comte Hugo von Rosen, a été un administrateur américain de SKF pendant toute la guerre.

Bien que de petite taille, les roulements à billes de SKF ont été absolument essentiels pour les nazis. La Luftwaffe n'aurait pas pu voler sans roulements à billes, les chars et les véhicules blindés n'auraient pas pu rouler sans eux. Les canons nazis, les viseurs, les génératrices et les moteurs, les systèmes de ventilation, les U-boats, les chemins de fer, les machines d'exploitation minière et les dispositifs de communication n'auraient pas fonctionné sans roulements à billes. En fait, les nazis n'ont pu combattre durant la guerre si SKF Wallenberg n'avait pas fourni tous les roulements à billes dont ils ont eu besoin.[3]

Notes

1. Il a également été récemment révélé que le père de la reine actuelle de Suède a été membre du parti nazi, a travaillé pour une filiale brésilienne d'une société allemande qui a utilisé de la main-d'oeuvre esclave, puis est retourné en 1939 en Allemagne pour devenir riche en fabriquant de l'armement pour les nazis dans une usine volée à leurs propriétaires juifs, Wechsler et Henning.
2. Information provenant de Jewish Virtual Library Page, les données fournies par Berliner Geschichtswerkstatt)
3. La plupart des informations sur Enskilda et SKF proviennent de Higham, Charles, « Trading with the Enemy : An Exposure of the Nazi-American Money Plot », 1933-1949. New York, Dell, 1983.

 

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Décès d'un éminent spécialiste
en fusées nazi étasunien

Walter Haeussermann, un membre dirigeant de l'équipe de spécialistes en fusées dirigée par le colonel nazi S.S. Werner von Braun, et qui fut expédiée aux États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale afin d'aider à développer des missiles téléguidés étasuniens, est décédé le 8 décembre à Huntsville, en Alabama. Il y fut directeur du Centre de vol spatial Marshall. De 1939 à 1942, Haeusserman a travaillé pour les nazis à Peenemünde, en Allemagne, où il a contribué à développer le V-1, la « bombe volante » ainsi que les fusées supersoniques V-2. Lancées comme une pluie destructrice sur la population de Londres et d'Antwerpen en Belgique, les attaques par V-1 ont fait 22 892 victimes dont 8 000 morts, et ont détruit ou endommagé plus d'un million de maisons, tandis que les V-2 tuèrent 2 541 civils et en blessèrent 5 923 autres.

En 1942, Haeussermann fut envoyé à Darmstadt pour y développer un système de guidage gyroscopique pour le V-2. Les Alliés ayant bombardé Peenemünde en 1943-44, la production de V-1 et de V-2 fut déménagée à Mittelwerk, une installation souterraine mise en place par le gouvernement nazi dans les montagnes de Kohnstein, à proximité de Nordhausen. Une main d'oeuvre esclave provenant du camp de concentration de Buchenwald fut forcée de construire l'installation et de vivre dans ses tunnels. Cette main d'oeuvre fut ensuite forcée de construire un camp de concentration du nom de Dora ou Mittelbau près de l'installation, et fut forcée aussi de travailler dans l'usine souterraine de Mittelwork afin d'y produire des armes nazies. Près de vingt compagnies allemandes participèrent à la construction de Mittelwerk ainsi qu'au processus d'assemblage des fusées, y inclus Siemens, BMW et Telefunken.

Le grand patron nazi de Haeussermann, Werner von Braun, visita Dora en 1944-45. Ainsi, l'équipe de spécialistes en fusée était au courant des conditions inhumaines qui y sévissaient. Environ 60 000 personnes constituant une main d'oeuvre esclave et provenant de 21 pays, principalement de l'Union soviétique, de la Pologne et de la France, travaillèrent à Dora, et tous furent traités avec une grande cruauté, ce qui a entraîné la maladie, les blessures et la mort. Ces travailleurs peinaient de leurs mains nues 18 heures par jour, afin que le directeur des opérations, Arthur Rudolph, en tant que membre loyal du Parti nazi, puisse respecter l'objectif fixé par Hitler de produire 5 000 fusées V-2 afin de les faire pleuvoir sur Londres en un seul coup. L'endroit de travail le plus dangereux était l'atelier de galvanisation, où l'effet cumulatif des gaz toxiques tuait les travailleurs en moins d'un mois.

On estime que 25 000 personnes constituant cette main d'oeuvre esclave périrent à Dora : 9 000 sont mortes d'épuisement et d'affaissement, 350 furent pendues (dont 200 pour actes de sabotage), et les autres sont mortes suite aux maladies, aux privations ou par balles. La vibration des machines en rendit plusieurs déments. Après la guerre, les seules personnes soumises à des accusations criminelles furent seize gardiens de Dora. Le directeur des opérations, Arthur Rudolph, le directeur général de Mittelwerk, Georg Rickhy, ainsi que tous les autres scientifiques, ingénieurs et directeurs, s'en tirèrent sans qu'aucune accusation ne soit portée contre eux.

La Deuxième Guerre mondiale venait à peine de finir que Haeusserman et ses collègues nazis, y inclus von Braun, Rudolph et Rickhy, furent mutés aux États-Unis grâce au service de renseignement des États-Unis et son opération « Paperclip », malgré leur notoriété en tant que criminels de guerre. Operation Paperclip, qui existait encore en 1973, n'avait qu'un but et celui-ci devait être atteint à tout prix : se servir des scientifiques nazis dans la recherche militaire des États-Unis afin de développer des armes pour combattre l'Union soviétique. Le concept du missile de croisière, qui fut le sujet d'opposition massive lorsque testé au Canada, s'inspire du V-1.


Assermentation de 39 scientifiques d'origine allemande,
dont deux nazis, amenés aux États-Unis pour l'Opération
Paperclip, devenus citoyens américains le 11 novembre
1954 (Jour des anciens combattants aux États-Unis).

Les architectes du programme Paperclip n'ont pas hésité à utiliser la recherche meurtrière que les nazis avaient menée sur des sujets humains en état de captivité. Les scientifiques associés à Paperclip ont trempé dans l'évaluation de drogues psychoactives telles que le LSD sur environ 7 000 soldats étasuniens entre 1955 et 1975, sans qu'ils en soient conscients, sous prétexte de développer un « sérum de la vérité ». Un éminent scientifique nazi, Hubertus Strughold, en tant que dirigeant de l'Institut de la Force aérienne pour la médecine aéronautique, avait mené des expériences inhumaines au camp de concentration de Dachau, menant à la torture et à la mort des détenus à qui on administrait de l'eau salée, qu'on submergeait dans l'eau à des températures glaciales ou qu'on soumettait à de hautes pressions atmosphériques. Ce même Strughold débuta sa carrière aux États-Unis à l'École de médecine aéronautique, sur la Base des forces aériennes Brooks, au Texas, où des humains furent soumis à l'irradiation totale et à l'aveuglement par l'éclair, expériences reliées aux essais d'armes atomiques.

Il est estimé qu'au moins 1600 scientifiques nazis furent recrutés dans la période 1945-55, même si Operation Paperclip prétendait exclure tout individu « ayant été membre du Parti nazi, ayant été plus qu'un participant secondaire dans ses activités, ou ayant activement supporté le militarisme nazi ». Afin d'apaiser l'opinion publique, les renseignements étasuniens ont fabriqué des biographies pour les scientifiques nazis et ont éliminé tout document prouvant qu'ils avaient été membres du Parti nazi. Haeussermann et les autres nazis ont nié leur culpabilité jusqu'à la fin, déclarant qu'ils ne faisaient qu'exécuter les ordres (un argument de « défense » qui fut rejeté par les tribunaux de Nuremberg). Ils prétendaient aussi qu'ils n'étaient pas au courant de la main d'oeuvre esclave. En 1954, Haeussermann fut récompensé pour ses loyaux services aux nazis ainsi qu'à l'oligarchie financière étasunienne. On fit de lui un citoyen des États-Unis.

 

(Soutce : Hunt, Linda. Secret Agenda : The United States Government, Nazi Scientists, and Project Paperclip, 1945 to 1990. New York : St. Martin's Press. 1991)

12:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, nazisme, canada, usa, guerre, impérialisme, médias, silence, capitalisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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