19/11/2011

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Sent: Saturday, November 19, 2011 12:02 PM
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19/11/2011 12:02:02
Un nouvel article sur le blog canaille-le-rouge.over-blog.com

♫ ♫ 21 novembre 1831 la révolte des canuts

Il y a juste 180 ans les canuts se soulevaient contre les patrons de l'industrie de la soie lyonnaise. La production de soieries, activité de luxe, est fortement soumise aux aléas de la conjoncture.…

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Il y a juste 180 ans les canuts se soulevaient contre les patrons de l'industrie de la soie lyonnaise.

La production de soieries, activité de luxe, est fortement soumise aux aléas de la conjoncture.

Sous le 1er Empire, le gouvernement a dû accepter des premiers tarifs règlementés dans la branche lyonnaise où les ouvriers tentent de s'organiser. Il en a résulté une augmentation des salaires.

Après la crise économique des années 1820, les canuts et leurs compagnons ont créé des sociétés de secours mutuel, alors que les associations à caractère professionnel sont interdites par la loi Le Chapelier.

Soumis directement à la loi du marché, les salaires ont fortement baissé et la colère monte dans les ateliers.

Le 18 octobre 1831, les canuts interpellent le préfet du Rhône pour qu'il serve d'intermédiaires avec les fabricants (le patronat réel de l'industrie) pour obtenir un accord sur un tarif pour endiguer la baisse des prix. le 26 octobre une commission de patrons et d'ouvriers réunit à l'initiative du préfet établit un tarif. Le conseil des Prud'hommes est chargé de veiller à son application.

Nombre de fabricants, qui invoquant les principes de la Révolution et la loi Le Chapelier et le décret d'Allarde de 1791 qui ont consacré le principe de non-intervention de l'État dans les relations de travail. (ça ne vous rappelle rien?) rejettent l'action du préfet et les concessions de leurs représentants.104 d'entre eux, refusent d'appliquer le tarif, qu'ils dénoncent comme entrave à la liberté économique et rejettent comme exorbitantes les prétentions des canuts en matière de salaire (10 novembre 1831). Cette attitude provoque le 21 novembre le soulèvement des ouvriers.

Ce 21 novembre, plusieurs centaines de tisseurs parcourent la Croix Rousse (alors commune indépendante). Ils poussent et convainquent ceux qui travaillent encore à arrêter leurs métiers. Descendant de la Croix-Rousse ils sont arrêtés par la 1ère légion de la Garde Nationale composée principalement de négociants qui fait feu. Trois ouvriers sont tués, plusieurs sont blessés.
Les canuts remontent à la Croix Rousse et alertent la population en criant : « Aux armes, on assassine nos frères. » Des barricades sont dressées et les ouvriers marchent sur Lyon, drapeau noir en tête, bientôt rejoints par ceux des Brotteaux et de la Guillotière

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Le lendemain, dans Lyon, un affrontement violent à lieu au pont Morand. Les soldats et gardes nationaux, battus, reculent, les ouvriers prennent possession de la caserne du Bon Pasteur. Ayant subit le feu de la garde nationale, Ils s'arment. Des ouvriers de tous les quartiers se joignent aux canuts qui sont bientôt maîtres de toute la ville, à l'exception du quartier des Terreaux. Plusieurs corps de garde de l'armée ou de la Garde nationale sont attaqués et incendiés. L'infanterie essaie vainement de les arrêter, puis recule sous les tuiles et les balles, tandis que la Garde nationale, dont nombre de membres se recrutent parmi les canuts, passe du côté des émeutiers.


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Au terme d'une rude bataille – environ 600 victimes –, les insurgés se rendent maîtres de la ville. Dans la nuit du 22 au 23, le maire Victor Prunelle et le général Roguet qui commande la 7e division militaire, prennent la fuite.

Le 23 novembre, les canuts organisent la vie et interdisent tout pillage. Ils occupent l'Hôtel de Ville, mais se pose alors la question : que faire de ce pouvoir ? Les ouvriers n'étant « entrés en grève » que pour obtenir la correcte application de l'accord collectif.

Un comité insurrectionnel se forme sous l'impulsion de quelques républicains, mais ne prend pas de mesures concrètes, faute d'un véritable programme et aussi du soutien des canuts, qui refusent de voir leur mouvement récupéré à des fins politiques.

Cet épisode participera à la réflexion des républicains, des socialistes d'alors sur le besoin d'un projet politique et d'une organisation pour le porter, lacune pour une grande part comblée lors des Communes de 1871.

La semaine suivante, les ouvriers, pensant par la prise de la ville tenir leur tarif, reprennent le travail.

Le 25 novembre, Casimir Perier président du conseil mis en place pour établir l'ordre monarcho-bourgeois après les Trois Glorieuses de 1830 à Paris, annonce devant la Chambre des députés que le fils aîné du roi (duc d'Orleans) et le ministre de la Guerre (Soult maréchal d'empire et du pire), se mettent à la tête d'une armée de 20 000 hommes pour reconquérir Lyon.

Louis philippe les engage à la fermeté, mais – peur des réactions de solidarité et des effets trainées de poudre - leur interdit de recourir à des exécutions capitales. Ils rentrent dans Lyon le 3 décembre, sans combat.

Le 6 le préfet est révoqué la garde nationale dissoute

Casimir Perier déclare en décembre que la révolte a voulu s'armer « contre la liberté du commerce et de l'industrie » et affirme le 26 que « la société ne se laissera pas menacer impunément. »

L'État bourgeois capitaliste est assis.

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Moins de trois ans plus tard suite à une nouvelle provocation des industriels de la soie qui baissent les salaires. Une nouvelle émeute éclatera. Elle verra apparaitre un certain Adolphe Thiers qui se fera la main et durant la "Sanglante semaine" expérimentera la répression qu'il conduira lors de la commune 37 ans plus tard.

Parlant de la première révolte de 1831, Karl Marx dira : "le prolétariat urbain sonna à Lyon le tocsin d'alarme"

22:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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