03/02/2012

Il y a 20 ans, l'URSS par Jacques Lanctôt , Québec

 
 
C’est un assez bon constat des évènements et de la situation actuelle . Mais très simplifié...
RoRo
 
-----Message d'origine-----
From: Xarlo@aol.com
Sent: Wednesday, February 01, 2012 6:28 AM
 
Subject: Il y a 20 ans, l'URSS par Jacques Lanctôt , Québec
 
Il y a 20 ans, l'URSS ,Jacques Lanctôt , Québec
 
Il y a 20 ans, l'Union des républiques socialistes soviétiques cessait 
d'exister, deux ans après la chute du mur de Berlin et la séparation de la 
grande fédération soviétique de plusieurs républiques qui revendiquaient un 
statut d'autonomie. Certains pays de l'Europe de l'Est, comme la Hongrie et la
Pologne, avaient déjà entrepris un processus de libéralisation et
d'ouverture à  l'ouest.
La situation économique, dans l'ex-URSS, était devenue  catastrophique, à
la suite de mauvaises récoltes et de la chute de la production  industrielle.
Le gazoduc transsibérien, qui devait acheminer le gaz naturel de  Sibérie
jusqu'aux portes de l'Europe, avait été saboté par l'introduction d'un  virus
à retardement qui provoqua une explosion de turbines digne d'une explosion 
nucléaire, retardant de plusieurs années la mise en œuvre de cet audacieux 
projet de développement qui devait enfin apporter la prospérité au
gouvernement  communiste. Ce fut une étape importante dans la guerre économique que
livraient  les États-Unis à l'URSS.
L'invasion de l'Afghanistan, commencée en 1979,  avait été extrêmement
coûteuse en vies humaines et n'avait certes pas amélioré  la situation
économique de la fédération soviétique, de sorte qu'en 1989, le  Kremlin avait dû
ordonner le retrait de ses troupes (plus de 100 000 hommes) de  ce pays, face à
des combattants moudjahidines désormais armés par les  Américains.
 
Après une série d'évènements dramatiques suivis de mesures  de
libéralisation, le 24 août 1991, le président soviétique Gorbatchev  démissionne de ses
fonctions de secrétaire général du Parti communiste. Du même  coup, il
annonce la dissolution du Comité central du PC, l'interdiction pour les  cellules
communistes de s'adonner à des activités politiques au sein des forces 
armées, du KGB et du ministère de l'Intérieur, et la confiscation de leurs 
biens. Le Parti communiste se retrouve, du coup, sans possibilité de poursuivre
ses activités. Bientôt, on interdit même son existence.
Profitant de la  faiblesse (???) de Gorbatchev, Boris Eltsine, qui est alors
président de la puissante  République socialiste de Russie, place ses hommes de
confiance aux principaux  postes de pouvoir. La restauration du système
capitaliste est en marche, avec la  complicité évidente des États-Unis et de
George Bush père, qui veillent de près  au démantèlement de la fédération
soviétique. Le 8 décembre 1991, la dissolution  de l'Union soviétique est
officiellement proclamée. On s'empresse aussitôt  d'obtenir l'aval de Washington et
le drapeau rouge, qui flottait sur le Kremlin  depuis des décennies, est
retiré.
 
Il existait un réel mécontentement  populaire contre les dirigeants
soviétiques pour leur mauvaise gestion de  l'économie, personne ne peut le nier.
Mais cela ne signifiait nullement une  remise en question du système
communiste. Avec la destruction de l'Union  soviétique, l'abandon des programmes
sociaux et la privatisation de grands pans  de l'économie, la situation allait
rapidement empirer, entraînant davantage de  pauvreté et d'injustices. Une
nouvelle classe de riches et de mafieux apparaît.  La production industrielle
et agricole s'effondre encore davantage. La recherche  scientifique et la
culture, deux fleurons de la grande fédération soviétique,  écopent tout
particulièrement. Des guerres fratricides éclatent entre  d'ex-républiques
soviétiques pour le contrôle des richesses pétrolières et  gazières.
Pour l'humanité, cela signifiait la fin d'un monde bipolaire et de  la
guerre froide et le début d'une nouvelle ère où les États-Unis et leurs  alliés
de l'OTAN allaient pouvoir faire la pluie et le beau temps aux quatre  coins
de la planète. Après l'invasion du Panama en 1989, les États-Unis 
envahissent, deux ans plus tard, une première fois l'Irak (et le Koweït) pour y 
revenir en 2003. Entre-temps, ils ont remplacé les troupes soviétiques en 
Afghanistan. Puis, en 1994, ils débarqueront en Haïti soi-disant pour y 
restaurer la démocratie après avoir contribué, quelques années auparavant, à 
renverser le gouvernement légitime de Bertrand Aristide.
 
Depuis une  dizaine d'années, la Chine, pays en voie de développement, est
devenue une  superpuissance avec laquelle il faut désormais compter, aux
côtés d'autres pays  émergents comme le Brésil, l'Argentine et le Venezuela qui
font désormais figure  de leaders dans ce combat pour reprendre possession
de leurs ressources  nationales au profit de leurs populations. Même chose
pour l'Iran qui réaffirme,  en ce moment plus que jamais, sa volonté de
demeurer pleinement maître de son  destin sans s'en laisser imposer par qui ce
soit.
 
En Amérique latine, la  Communauté des États latino-américains et des
Caraïbes (CELAC), qui regroupe 32  pays, vient de voir le jour, sans les
États-Unis et le Canada et avec la  participation de Cuba. C'est une première dans
l'histoire de ce continent où les  États-Unis avaient toujours réussi jusqu'à
maintenant à imposer leur volonté, à  travers un organisme comme l'OEA,
qu'on qualifiait de véritable ministère des  colonies des États-Unis.
En 20 ans, la face du Tiers Monde a changé  radicalement. Si, dans un
premier temps après l'effondrement de l'URSS, les  États-Unis ont pu imposer sans
trop d'efforts leur domination sur une partie de  l'humanité, aujourd'hui,
ils doivent se replier et battre en retraite dans de  nombreuses contrées et
leur prestige et leur influence ont diminué d'autant. On  peut en dire
autant des organismes qu'ils ont mis en place pour mieux contrôler  les
économies des pays en voie de développement. Le FMI, la Banque mondiale et  la
Banque interaméricaine de développement ont échoué dans leur tentative de 
conditionner leur aide au bon comportement des gouvernements progressistes 
latino-américains qui visent, eux, de plus en plus l'intégration économique 
régionale afin d'éliminer les inégalités sociales et donner un toit à tous. Ces 
pays possèdent d'énormes richesses naturelles et leur exploitation servira
enfin  à créer cette société plus solidaire.
 
S'il est trop tôt pour parler d'un  retour au monde bipolaire, avec un
nouvel équilibre des forces, on doit  constater que les États-Unis ne peuvent
plus agir comme bon leur semble, bien  que certains de leurs ressortissants,
comme des Marines de l'armée américaine,  se permettent d'humilier leurs
soi-disant ennemis assassinés par leurs armes en  leur urinant dessus. En 1949,
deux autres Marines, visiblement saouls ceux-là,  avaient uriné sur la
statue de José Marti à Cuba, déclenchant l'indignation  populaire. Devant de tels
gestes, on ne peut être que d'accord avec cette  affirmation selon laquelle
les États-Unis n'ont pas d'amis, ils n'ont que des  intérêts. L'exportation
par la force de leur «modèle démocratique», avec  invasions de territoires
souverains, attaques sournoises à l'aide de drones,  assassinats sélectifs
et chantages, ne sert qu'à créer encore plus de chaos et à  discréditer les
organismes internationaux chargé de faire respecter le droit  international,
comme on l'a vu en Irak, en Afghanistan et dans plusieurs pays  africains.
La tournée du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Venezuela,  à Cuba,
au Nicaragua et en Équateur suscite visiblement l'inquiétude à  Washington
mais elle constitue une autre preuve que de plus en plus de pays du  Tiers
Monde, les indignés depuis longtemps, sont décidés à s'unir et à agir non  pas
en fonction des directives imposées par l'empire américain mais bien en 
faveur des intérêts de leurs populations. Il y a dix ans, un tel affrontement,
pour ne pas dire affront, aurait été impensable, et seul Cuba tenait tête
à  l'empire étasunien, au prix d'énormes sacrifices, surtout depuis
l'effondrement  des pays du bloc de l'Est. Malgré toutes les difficultés et les
embûches, Cuba  continue d'être un dangereux exemple de solidarité.
 
Finalement, on peut  conclure que le nouveau rapport de forces, à l'échelle
mondiale, penche en  faveur des indignés, de ceux qui se prennent en main
pour mieux assurer le  bien-être de leur population. Dans ce grand combat
pour la souveraineté  nationale, le Québec aura sûrement son mot à dire un
jour, même si aujourd'hui  il semble demeurer silencieux. On apprend souvent
mieux dans le silence. 
 
«L'espérance est orpheline, a dit un poète, mais elle a beaucoup de  neveux
et nièces.»
Source : canoë

10:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.