12/03/2012

RDC-Congo: Kabila ou .... Tshisededi ? Mais qui est donc Tshisekedi ?

 

C’était dans “'SOLIDAIRE”, hebdo du Ptb:

 

Congo :: Qui est Tshisekedi ?

Le perdant de la dernière élection présidentielle ne reconnait pas sa défaite. Pas étonnant, lorsque l'on jette un oeil au parcours du personnage...

Tony Busselen
 

Durant toute sa carrière politique, Tshisekedi (à gauche sur la photo) s’est tenu tout près du président Mobutu et de ses parrains occidentaux. Ici, lors d’une rencontre avec Mobutu, dans sa villa du Sud de la France, en novembre 1997. (Photo Patrick Hertzog)

1960-1980 : pionnier de la dictature mobutiste

14 septembre 1960 : Premier coup d’État de Mobutu contre le Premier ministre élu Lumumba. Tshisekedi devient membre du collège de commissaires qui remplace le gouvernement Lumumba, et est responsable de la justice. C’est sous la responsabilité politique de ce collège que Lumumba sera expédié au Katanga et assassiné.

28 novembre 1965 : Deuxième coup d’État, à la suite duquel Mobutu installe définitivement la dictature. Tshisekedi entre dans le gouvernement de Mobutu et devient d’abord ministre de l'Intérieur, de la Justice et du Plan ensuite. En tant que membre de ces gouvernements, il est politiquement coresponsable de la répression sanglante des partisans de Lumumba. Il collaborera à la rédaction du manifeste de Nsele, texte de base de l’idéologie du MPR, le parti unique via lequel, pendant trois décennies, Mobutu dirigera le pays.

1980-1996 : relation d’amour-haine avec Mobutu

Après 20 ans de dictature, les parrains occidentaux de Mobutu commencent à se poser des questions. Lors des guerres du Katanga en 1976 et 1977, il s’avère que Mobutu n’est pas en mesure de tenir debout tout seul, son régime doit être sauvé par les troupes françaises. Le banquier allemand Blumenthal est envoyé au Zaïre par le Fonds monétaire international pour y examiner de près les finances de l’État. Son rapport final (1982) est accablant pour Mobutu. L’Occident se met en quête d’une succession politique à Mobutu mais, en pleine Guerre froide, ne peut se permettre de laisser tomber le dictateur. C’est durant cette période que Tshisekedi quitte le MPR et fonde son parti : l’UDPS. Tshisekedi devient l’une des principales figures de l’opposition à Mobutu. Mais il s’avère que c’est une relation d’amour et de haine. Tshisekedi intervient comme un aventurier qui se démarque de Mobutu, mais recherche l’unité avec ce dernier quand cela le sert. Durant la période 1991-1996, il est nommé à trois reprises Premier ministre, alors que Mobutu reste à la présidence. Chaque fois, c’est de courte durée. Entre-temps, l’économie zaïroise continue à s’effondrer au rythme annuel de 5 %.

1996-2011 : « Tout vaut mieux que Kabila »

Tel est le résumé d’à peu près toutes les déclarations et actions politiques de Tshisekedi ces 14 dernières années. Fin octobre 1996, à un moment où, sous la direction de Laurent Kabila, la véritable opposition au régime mobutiste se prépare au combat final contre la dictature, Tshisekedi accourt à l’aide de Mobutu. Il déclare que l’unité de toute la classe politique est désormais nécessaire autour de Mobutu. Il utilise la guerre d’agression du Rwanda et de l’Ouganda contre le Congo comme un moyen de pression afin d’isoler Kabila et de chercher la formation d’un gouvernement d’unité nationale. Au moment où la fin de la guerre est proche, il se rend même à Kigali, capitale du Rwanda, afin de proposer une alliance au président rwandais Kagame et empêcher ainsi que soit conclu un accord dans lequel il ne tirerait pas assez de profit. En vain. Durant la période 2003-2006, il refuse de participer à la vie politique, parce qu’il passe à côté du poste de vice-président. En 2006, il lance un appel à boycotter le référendum de la Constitution et des élections.

Décembre 2011 : l’UDPS et Tshisekedi manipulés ?

Ces derniers temps, des centaines de Congolais ont manifesté dans plusieurs capitales européennes. Avec comme exigence : « Kabila doit partir ! Tshisekedi doit devenir président ! » Colette Braeckman (Le Soir) a écrit que, lors des manifestations dans le quartier bruxellois de Matonge, étaient présents des Congolais venus de Londres et de Paris, lesquels avaient déjà participé les mois précédents à des incidents violents contre, entre autres, l’ambassade du Rwanda. « Pendant les émeutes de Matonge, on a remarqué ces mêmes personnages dans les rangs des fauteurs de troubles. On peut se demander s’il ne s’agit pas d’une “main invisible” qui, utilisant la colère des membres de l’UDPS, a tenté d’extorquer un deuxième tour dans la rue même. Le but de ce deuxième tour serait de forcer le vainqueur des élections à accepter dans ses rangs des gens de l’opposition et ce, au nom de la réconciliation nationale. Ce n’est pas la stratégie de Tshisekedi lui-même qui, lui, est convaincu de sa victoire totale. »

20:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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