11/01/2011

2010/12/18: HAITI: LES MENSONGES DE BILL CLINTON ...

-----Message d'origine-----
From: Xarlo@aol.com
Sent: Saturday, December 18, 2010 10:02 PM
To:
Subject: On rattrappe plus vite un menteur qu'un boiteux, dit un proverbe...
 
Un coup de pied de Fidel au cul de Clinton...
 
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LES MENSONGES DE BILL CLINTON
 
Je regrette vraiment  d’avoir à le démentir. Aujourd’hui, ce n’est plus
que quelqu’un à l’aspect  bonhomme, consacré au legs historique, comme si l’
histoire de l’Empire, voire  quelque chose de plus important : le sort de l’
humanité, étaient garantis  au-delà de quelques dizaines d’années, et ce à
condition qu’aucune guerre  nucléaire n’éclate au sujet de la Corée, de l’
Iran ou de tout autre point chaud. 
L’Organisation des Nations Unies, on le sait, l’a nommé son « envoyé
spécial  » en Haïti.
Clinton –président des États-Unis entre les deux Bush – empêcha  l’ancien
président Carter, par jalousie politique ridicule, de participer aux 
négociations migratoires avec Cuba, signa la loi Helms-Burton et fut complice  des
actions de la Fondation nationale cubano-américaine contre notre patrie. 
Il existe abondance de preuves sur sa conduite, mais nous ne le prenions
pas  trop au sérieux pour autant et nous n’étions pas hostiles à ses activités
au  sujet de la mission que l’ONU lui avait assignée pour des raisons
évidentes. 
Nous coopérions avec ce pays frère depuis bien des années dans plusieurs 
domaines, notamment dans la formation de médecins et la prestation de
services à  la population, et Clinton ne nous gênait en rien. S’il désirait
remporter  quelques petits succès, nous n’avions pas de raisons de bloquer notre 
coopération avec Haïti sur un terrain aussi sensible.  Puis sont venus le 
terrible séisme qui a causé tant de morts et de destructions, et l’épidémie. 
Une réunion qui s’est déroulée avant-hier dans la capitale de la République
dominicaine au sujet de la reconstruction d’Haïti, et qui a rassemblé
environ  quatre-vingts personnes, dont plusieurs ambassadeurs des pays donateur
de plus  de cent millions de dollars, de nombreux membres de la Fondation
Clinton, ainsi  que des gouvernements étasunien et haïtien, est venue
compliquer les choses. 
Peu de gens y ont pris la parole, entre autres l’ambassadeur du Venezuela, 
parce que son pays est l’un des donateurs les plus importants, une
intervention  brève, émue et sûre. Quasiment tout le reste de cette réunion qui a
duré de 17 h  30 à minuit, c’est Clinton qui l’a occupé. L’ambassadeur cubain
était là, tel un  convive de pierre, à la demande d’Haïti et de
Saint-Domingue. On ne lui a pas  concédé la parole, ce qui en a fait un simple témoin d’
une rencontre qui n’a  réglé absolument rien. Elle devait se prolonger le
lendemain,  mais rien ne  s’est passé.
Cette réunion de République dominicaine a été une manœuvre  trompeuse, et
les Haïtiens étaient indignés à juste titre. Leur pays, détruit  par le
séisme de janvier dernier, a été en fait livré à son sort. 
Aujourd’hui, jeudi  16 décembre, une dépêche de l’agence de presse 
étasunienne AP, affirme ce qui suit :
« L’ancien président Bill Clinton a  exprimé sa confiance dans les efforts
de reconstruction d’Haïti, durant une  visite d’une journée au milieu de
désordres civils, d’un mal endémique et d’une  crise politique inextricable.
« L’envoyé spécial de l’ONU en Haïti s’est  rendu dans ce pays affligé, un
jour après que la Commission intérimaire de  reconstruction, dont il
partage la présidence, a été contrainte de se réunir  dans la République
dominicaine voisine, à cause de la violence qui a éclaté  après les élections
présidentielles aux résultats controversés tenues en Haïti  le 28 novembre.
« Clinton a visité une clinique spécialisée pour  cholériques, gérée par
Médecins sans frontière, qui a traité cent mille  personnes touchées par l’
épidémie qui a éclaté en octobre. Puis il s’est rendu  sur la principale base
de troupes de pacification de l’ONU pour rencontrer des  fonctionnaires
haïtiens et internationaux.
« La réunion de la veille a  approuvé des projets pour environ 430 millions
de dollars. Mais le plus notable,  ce sont les expressions d’indignation
devant la lenteur de la reconstruction et  une lettre adressée par des
Haïtiens frustrés qui affirment qu’on les tient à  l’écart des décisions et que
les projets approuvés "ne contribuent pas à la  reconstruction d’Haïti ni au
développement à long terme". »
Mais observez ce  que Clinton a ajouté ensuite en conférence de presse :
« "Je partage leur  frustration".
« …des centaines de milliers d’Haïtiens trouveront un logement  permanent l
’an prochain et bien plus cesseront de vivre sous la tente, comme le  font
plus d’un million de personnes depuis le séisme du 12 janvier.
« Ces  promesses ont déjà été faites. […] De  plus, des 5,7 milliards  de 
dollars promis en aide pour 2010-2011, seuls 897 millions sont arrivés. »
En  fait, ces 897 millions ne se voient nulle part.
C’est par ailleurs prendre  vraiment beaucoup de libertés avec la vérité
que d’affirmer qu’une clinique  gérée par Médecins sans frontière a traité
cent mille personnes !
La  doctoresse Lea Guido, représentante de l’Organisation panaméricaine de
la  santé/Organisation mondiale de la santé en Haïti, vient d’informer
aujourd’hui  dans un communiqué de presse que le nombre de cholériques s’était
élevé au 11  décembre à 104 918, une quantité de malades vraiment sans
précédent que Médecins  sans frontières n’a pas pu traiter dans une clinique.
L’Europe, les USA et  le Canada – et M. Clinton le sait pertinemment –
enlèvent des médecins, du  personnel infirmier et de rétablissement et d’autres
techniciens de la santé aux  pays caribéens et n’ont pas le personnel
requis pour remplir une telle mission,  sauf  honorables exceptions.
Clinton prétend de toute évidence, par ses  mensonges, passer sous silence
le travail réalisé par plus de mille médecins,  personnels infirmiers et
techniciens cubains et latino-américains qui mènent le  plus gros de la
bataille pour vaincre l’épidémie de la seule façon possible : en  allant dans les
endroits les plus reculés du pays dont la moitié des presque dix  millions d’
habitants vit dans des zones rurales.
Il aurait été impossible,  dans de telles conditions, de traiter un si
grand nombre de personnes sans  l’appui de l’éminente Latino-Américaine qui
représente l’OPS-OMS à Cuba et en  Haïti.
Notre pays s’est engagé à mobiliser le personnel humain requis pour 
remplir cette noble tâche.
Lea Guido a affirmé : « Les ressources humaines  que Cuba envoie sont
destinées actuellement aux zones les plus isolées de cette  nation. Et c’est tout
à fait opportun. »
Ces ressources arrivent, et le  reste du personnel nécessaire sera très
vite sur place.
Hier, la Brigade  médicale cubaine a traité 931 patients, dont deux sont
décédés, soit un taux de  mortalité de 0,2 p. 100.
 
 
Fidel Castro Ruz
Le 16  décembre 2010

21:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, actualité, haïti, amérique, presse, silence, médias, télévision, solidarité, cuba, venezuela, politique | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/04/2010

26/04/10: Le massacre de Katyn...: autre son de cloches que la propagande officielle capitaliste contre l'Urss et Staline...

Sent: Monday, April 26, 2010 8:58 AM
To:
Subject: Document

Le massacre de Katyn

par Ella Rule, Stalin Society

À la fin de la Première Guerre mondiale, la frontière entre la Russie et la Pologne fut établie le long d'une ligne que l'on appela la «ligne Curzon», du nom de Lord Curzon, l'homme d'État britannique qui l'avait proposée.

Cette ligne de démarcation n'était guère du goût des Polonais, qui partirent bientôt en guerre contre l'Union soviétique, dans l'espoir de repousser quelque peu leurs frontières vers l'est. L'Union soviétique contre-attaqua, prête non seulement à se défendre mais, contre l'avis de Staline, à libérer également l'ensemble de la Pologne. Staline considérait cet objectif comme étant voué à l'échec parce que, disait-il, le nationalisme polonais n'était pas encore arrivé au bout de son parcours. Les Polonais étaient fermement décidés à NE PAS être libérés, de sorte que cela ne valait même pas la peine d'essayer de le faire. Par conséquent, les Polonais opposèrent une violente résistance à la progression soviétique. Et, finalement, l'Union soviétique fut contrainte de se replier et même de céder à la Pologne une portion de territoire située à l'est de la ligne Curzon et composée de l'ouest de la Biélorussie et de l'ouest de l'Ukraine - des régions habitées en grande majorité,respectivement, par des Biélorusses et des Ukrainiens plutôt que par des Polonais. Tout cet incident ne pouvait qu'exacerber davantage encore l'animosité mutuelle entre Polonais et Russes.

Le 1er septembre1939, l'Allemagne nazie envahissait la Pologne. Le 17 septembre, l'Union soviétique se mettait en campagne pour réoccuper les territoires annexés par la Pologne à l'est de la ligne Curzon. Après les avoir repris, l'Union soviétique se mit à distribuer la terre aux paysans et à introduire ce genre de réformes démocratiques très populaires auprès du peuple mais beaucoup moins chez les exploiteurs. Durant les combats pour la reprise des territoires à l'est de la ligne Curzon, l'Union soviétique captura quelque 10.000 officiers polonais, qui devinrent des prisonniers de guerre, furent installés dans des camps situés dans la zone litigieuse et, après cela, mis au travail à la construction de routes, etc.

Deux ans plus tard, le 22 juin 1941, l'Allemagne nazie attaquait l'Union soviétique par surprise. L'Armée rouge était forcée de battre en retraite en toute hâte et l'Ukraine était reprise par les Allemands. Durant la retraite précipitée, il ne fut pas possible d'évacuer les prisonniers de guerre polonais vers l'intérieur de l'Union soviétique. Le responsable du camp n°1, le major Vetoshnikov, fournit la preuve qu'il avait demandé au responsable du trafic de la section de Smolensk des Chemins de Fer de l'Ouest qu'on lui fournisse des wagons pour l'évacuation des prisonniers polonais, mais il lui fut répondu que la chose ne serait sans doute pas possible. L'ingénieur Ivanov qui, à l'époque, avait été le responsable du trafic dans la région, confirma qu'on n'avait pu réserver des wagons pour cette évacuation. «En outre», dit-il, «nous ne pouvions envoyer des wagons vers la ligne Gussino, où se trouvaient la majorité des prisonniers polonais, puisque cette ligne était déjà sous la ligne de feu.» Il en résulta qu'après le retrait des Soviétiques de cette zone, les prisonniers polonais devinrent prisonniers des Allemands.

En avril 1943, les hitlériens annoncèrent que les Allemands avaient découvert plusieurs fosses communes dans la forêt de Katyn, près de Smolensk, lesquelles contenaient les corps de milliers d'officiers polonais supposés avoir été tués par les Russes.

Cette «révélation» était destinée à miner encore plus les efforts de coopération entre Polonais et Soviétiques en vue de vaincre les Allemands. L'alliance russo-polonaise fut toujours malaisée du fait que le gouvernement polonais en exil, installé à Londres, était manifestement un gouvernement qui représentait les classes des exploiteurs. Ils devaient s'opposer aux Allemands, puisque ces derniers avaient cyniquement envahi la Pologne pour agrandir leur lebensraum (espace vital). La position de l'Union soviétique était la suivante : Aussi longtemps que l'Union soviétique aurait pu conserver les territoires situés à l'est de la ligne Curzon, elle n'aurait pas eu de problèmes avec le rétablissement d'un gouvernement bourgeois en Pologne. Mais l'alliance connaissait déjà des difficultés du fait que le gouvernement polonais en exil, dirigé par le général Sikorski et installé à Londres, n’aurait pas été d'accord avec la restitution de ces territoires à l'Union soviétique. Ceci, malgré le fait qu'en 1941, après l'invasion de la Pologne par Hitler, l'Union soviétique et le gouvernement polonais en exil avaient non seulement rétabli des relations diplomatiques, mais avaient également convenu que l'Union soviétique allait financer - «sous les ordres d'un chef désigné par le gouvernement polonais en exil mais approuvé par le gouvernement soviétique» - la mise sur pied d'une armée polonaise. Ce chef aurait été en l'occurrence le général Anders, un homme absolument hostile aux Soviétique et prisonnier chez eux depuis 1939. Le 25 octobre 1941, cette armée comptait 41.000 hommes, dont 2.630 officiers. Le général Anders, toutefois, finit par refuser de combattre sur le front germano-soviétique en raison du différend frontalier opposant l'Union soviétique et la Pologne et il fallut envoyer l'armée polonaise combattre ailleurs, c'est-à-dire en Iran.

Pourtant, en dépit de l'hostilité du gouvernement polonais en exil, une section importante des Polonais résidant en Union soviétique et non hostiles aux Soviétiques acceptaient les prétentions de ces derniers sur les territoires situés à l'est de la ligne Curzon. Bon nombre d'entre eux étaient juifs. Ces gens constituèrent l'Union des patriotes polonais, laquelle constitua l'épine dorsale d'une alternative au gouvernement polonais en exil.

La propagande nazie autour du massacre de Katyn avait pour but d'empêcher irrémédiablement toute tractation entre Soviétiques et Polonais. Le général Sikorski reprit la propagande nazie par vengeance, en prétendant auprès de Churchill qu'il disposait d'une «montagne de preuves». La façon dont il avait obtenu ces «preuves», au même moment où les Allemands «révélaient» ces prétendues atrocités soviétiques, est loin d'être claire, bien que l'affaire indique de toute évidence qu'il y eut une collaboration cachée entre Sikorski et les nazis. Les Allemands avaient fait état de leur «découverte» le 13 avril. Le 16 avril, le gouvernement soviétique publiait un communiqué officiel réfutant «les affabulations scandaleuses concernant de prétendues exécutions massives par des organes soviétiques, au cours du printemps 1940 dans la région de Smolensk». Le communiqué disait encore: «Les allégations allemandes ne laissent aucun doute sur le sort tragique des anciens prisonniers de guerre polonais qui, en 1941, avaient été engagés dans des travaux de construction dans les régions situées à l'ouest de Smolensk et qui, en même temps que de nombreux Soviétiques, étaient tombés aux mains des bourreaux allemands après le repli des troupes soviétiques. »

En fabriquant leur histoire, les Allemands avaient même décidé de l'embellir d'un tour antisémite en prétendant être en mesure de nommer des officiers soviétiques responsables du massacre, lesquels avaient tous des patronymes juifs. Le 19 avril, la Pravda répondait: «Conscients de l'indignation de l'ensemble de l'humanité progressiste à propos du massacre de citoyens paisibles et en particulier de juifs par leurs troupes, les Allemands essaient maintenant de susciter la colère des gens crédules contre les juifs. Pour cette raison, ils ont inventé toute une série de 'commissaires juifs' qui, disent-ils, ont participé à l'assassinat de 10.000 officiers polonais. Pour des faussaires aussi expérimentés, il n'était pas difficile d'inventer quelques noms de personnes qui n'ont jamais existé - Lev Rybak, Avraam Brodninsky, Chaim Fineberg. Ces personnes n'ont jamais existé, ni dans la 'section de Smolensk de l'OGPU' ni dans aucun département du NLVD.»

L'insistance de Sikorski à appuyer la propagande allemande se solda par une complète rupture des relations entre le gouvernement polonais en exil à Londres et le gouvernement soviétique. À ce propos, Goebbels eut le commentaire suivant dans son journal personnel: «Cette rupture constitue une victoire à cent pour-cent pour la propagande allemande et tout particulièrement pour moi-même, personnellement(.) Nous avons été à même de transformer l'incident de Katyn en une question hautement politique.»

À l'époque, la presse britannique condamna Sikorski pour son intransigeance:

Le Times du 28avril 1943 écrivait: «Ils devront éprouver surprise et regret, ceux qui, ayant eu tant de bonnes raisons de comprendre la perfidie et l'ingéniosité de la machine de propagande de Goebbels, n'ont pu éviter de tomber dans le piège que celle-ci leur tendait. Les Polonais n'auront guère oublié un ouvrage largement diffusé durant le premier hiver de la guerre et dépeignant avec force détails et preuves circonstanciés, y compris des photos, les prétendues atrocités polonaises contre les paisibles habitants allemands de la Pologne.»

L'entêtement de Sikorski à prétendre que le massacre avait été perpétré par les Soviétiques plutôt que par les Allemands trouvait sa nourriture dans le différend concernant les territoires situés à l'est de la ligne Curzon.

Sikorski essaya d'utiliser la propagande allemande pour mobiliser l’impérialisme occidental derrière les prétentions polonaises sur ces territoires, pour tenter de le faire revenir sur sa position, estimait Sikorski, qui consistait à prendre parti pour l'Union soviétique dans cette affaire de litige frontalier.

Si on parcourt les sources bourgeoises aujourd'hui, toutes affirment que l'Union soviétique a été responsable du massacre de Katyn et elles le font avec une telle assurance et un tel acharnement qu'à vouloir prétendre le contraire, on se sent dans la peau d'un révisionniste nazi tentant de nier le massacre des juifs par Hitler. Après l'effondrement de l'Union soviétique, Gorbatchev fut même enrôlé dans cette campagne de désinformation et il produisit du matériel supposé provenir des archives soviétiques et «prouvant» que c'étaient bien les Soviétiques qui avaient commis ces atrocités et que, bien sûr, s'ils avaient agi de la sorte, c’était sur les ordres de Staline. Évidemment, nous savons l'intérêt que tous les Gorbatchev de ce monde ont à diaboliser Staline. Leur cible n'est pas tant Staline que le socialisme. Leur but, en dénigrant le socialisme, est de restaurer le capitalisme et de s'offrir à eux-mêmes et à leurs partisans des existences de parasites de luxe au détriment de la souffrance de masse des peuples soviétiques. Leur cynisme vaut bien celui des nazis allemands et il n'est guère surprenant de les entendre chanter leurs hymnes d'après les mêmes partitions.

Les sources bourgeoises affirment allègrement que les preuves soviétiques permettant d'accuser les Allemands de ce massacre sont soit totalement absentes, soit simplement fondées sur des preuves par ouï-dire émanant des habitants terrorisés de la région. Elles ne mentionnent même pas un élément de preuve dont Goebbels en personne devait pourtant admettre qu'il était passablement embarrassant. À ce propos, le 8 mai 1943, il écrivait dans son journal: «Malheureusement, on a retrouvé des munitions allemandes dans les fosses de Katyn. (.) Il est essentiel que cet incident reste ultra-secret. S'il devait être porté à la connaissance de l'ennemi, il faudrait laisser tomber toute cette affaire de Katyn.»

En 1971, un échange de lettres était publié dans le Times. L'une d'elles suggérait que les massacres de Katyn ne pouvaient être imputés aux Allemands puisqu'ils se servaient de mitrailleuses et de chambres à gaz au lieu d'expédier les prisonniers de la façon dont les victimes de Katyn avaient été tuées, c'est-à-dire en leur tirant une balle dans la nuque. Un ancien soldat allemand vivant à Godalming, dans le Surrey, était intervenu dans cet échange de courrier: «En tant que soldat allemand, convaincu à l'époque de la légitimité de notre cause, j'ai participé à de nombreuses batailles et actions au cours de la campagne de Russie. Je n'ai pas été à Katyn ni dans la forêt avoisinante.

Mais je me souviens bien du tintouin qui a éclaté en 1943, à l'annonce de la découverte des horribles fosses communes près de Katyn, dont la région était alors menacée par l'Armée rouge.

«Josef Goebbels, comme le montrent les sources historiques, a trompé bien des gens. Après tout, c’était son boulot et peu de personnes, aujourd'hui, contesteraient sa maîtrise presque absolue en la matière. Toutefois, ce qui surprend, c'est qu'on en a toujours la preuve aujourd'hui, trente et quelques années plus tard, dans les pages du Times. Écrivant par expérience, je ne pense pas qu'à cette tardive époque de la guerre, Goebbels soit parvenu à tromper de nombreux soldats allemands en Russie, en ce qui concerne l'affaire de Katyn (.) Les soldats allemands étaient bien au courant de cette façon de procéder en tirant une balle dans la nuque (.)

Nous, les soldats allemands, savions pertinemment bien que les officiers polonais avaient été liquidés par nos hommes, et par personne d'autre.»

En outre, d’innombrables témoins s'étaient présentés pour attester de la présence de prisonniers polonais dans la région après que les Allemands l'eurent reconquise.

Maria Alexandrovna Sachneva, une institutrice de l'endroit, en avait fourni les preuves devant une commission spéciale instaurée par l'Union soviétique en septembre 1943, immédiatement après que la région eut été libérée des Allemands. Ces preuves établissaient qu'en août 1941, soit deux mois après le repli des soviétiques, Sachneva avait caché un prisonnier de guerre polonais dans sa maison. L'homme s'appelait Juzeph Lock et il lui avait parlé des mauvais traitements infligés par les Allemands aux prisonniers polonais.

«Quand les Allemands sont arrivés, ils se sont emparés du camp polonais et y ont instauré un régime très dur. Les Allemands ne considéraient pas les Polonais comme des êtres humains. Ils les opprimaient et les brimaient de toutes les façons possibles. En certaines occasions, des Polonais étaient abattus sans la moindre raison. Le prisonnier, Juseph Lock, avait décidé de s'évader.»

Plusieurs autres témoins ont fourni des preuves qu'ils avaient vu les Polonais travaillant aux routes en août et septembre 1941.

Par ailleurs, d’autres témoins encore ont également affirmé que les Allemands avaient traqué et rassemblé des prisonniers polonais évadés en automne 1941. Danilenko, un fermier local, figurait parmi ces témoins:

«Plusieurs rafles ont eu lieu dans notre localité pour rattraper des prisonniers de guerre polonais qui s'étaient évadés. À deux ou trois reprises, les Allemands sont venus perquisitionner dans ma propre maison.

Après l'une de ces visites, j'ai demandé au chef qui ils cherchaient dans notre village. Il m'a répondu qu'il avait reçu un ordre de la Kommandantur allemande disant qu'il fallait fouiller toutes les maisons sans exception, vu que des prisonniers de guerre polonais évadés du camp se cachaient dans notre village.»

Manifestement, les Allemands n'abattaient pas les Polonais en présence des témoins locaux, mais les gens de l'endroit ont toutefois fourni d'importantes preuves de ce qui se passait. L'un de ces témoins était Alexeïeva, que le chef de son village avait affectée au service du personnel allemand d'une résidence de campagne située à Kozy Gory, une section de la forêt de Katyn. La résidence avait servi de maison de repos pour l'administration de Smolensk du Commissariat populaire aux Affaires internes et elle se trouvait à 700 mètres environ de l'endroit où l'on avait découvert les fosses communes. Alexeïeva déclara: «À la fin du mois d'août et pendant presque tout le mois de septembre 1941, plusieurs camions sont venus, presque quotidiennement, à la résidence de Kozy Gory. D'abord, je n'y ai pas prêté attention mais, plus tard, j'ai remarqué que chaque fois que ces camions arrivaient sur le terrain de la résidence, ils s'arrêtaient durant une demi-heure, et parfois même toute une heure, quelque part sur la route forestière qui relie la résidence à la grand-route. C'est ce que j'ai conclu, parce que peu de temps après que les camions avaient atteint le terrain de la résidence, le bruit des moteurs cessait.

«Au moment où le bruit des moteurs cessait, on entendait des détonations au coup par coup. Elles se suivaient à intervalles brefs mais approximativement égaux. Ensuite, les coups de feu cessaient et, juste après, les camions arrivaient à la résidence. Des soldats allemands et leurs sous-officiers descendaient des camions. Tout en parlant bruyamment, ils allaient se laver aux sanitaires, après quoi ils se lançaient dans des orgies de boisson.

«Les jours où les camions arrivaient, d'autres soldats des unités militaires allemandes venaient aussi plus nombreux à la résidence. Pour eux, on préparait des lits spéciaux (.). Un peu avant que les camions n'arrivent à la résidence, des soldats en armes se rendaient dans la forêt, manifestement à l'endroit où les camions s'arrêtaient, parce qu'une demi-heure après, ils revenaient dans ces camions, en compagnie des soldats qui vivaient en permanence à la résidence.

«À plusieurs reprises, j'ai remarqué des traces de sang frais sur les vêtements de deux soldats de première classe. De tout cela, j'ai déduit que les Allemands amenaient des gens par camions à la propriété et qu'ils les exécutaient.»Alexeyeïeva avait également découvert que les gens abattus étaient des prisonniers polonais.

«Un jour, je suis restée à la résidence un peu plus longtemps que d'habitude (.).Avant que j'aie terminé le travail qui me retenait, un soldat est entré et m'adit que je pouvais m'en aller (.). Il m'a ensuite raccompagnée jusqu'à la grand-route.

«Sur la grand-route, à 150 ou 200 mètres de l'embranchement vers la résidence, j'ai vu un groupe d'environ 30 prisonniers de guerre polonais qui avançaient sous une lourde escorte d'Allemands (.). Je me suis arrêtée au bord de la route pour voir où on les conduisait et j'ai vu qu'ils bifurquaient vers notre résidence de Kozy Gory.

«Du fait qu'à ce moment-là, je m'étais mise à surveiller de près tout ce qui se passait à la résidence, la chose m'a intriguée. J'ai rebroussé chemin sur une certaine distance le long de la route, puis je me suis cachée dans des buissons à proximité de la route et j'ai attendu. Vingt ou trente minutes plus tard, j'ai entendu les détonations habituelles.»

Les deux autres servantes réquisitionnées à la résidence, Mikhaïlova et Konakhovskaïa, fournirent des éléments confirmant cette déclaration. D'autres résidents de la région firent eux aussi des déclarations allant dans le même sens.

Basilevski, le directeur de l'observatoire de Smolensk, fut désigné comme bourgmestre adjoint de Menchaguine, un collaborateur nazi. Basilevsky tentait d'obtenir la libération d'une enseignante incarcérée par les Allemands et il persuada Menchaguine de s'adresser au commandant allemand de la région, Von Schwetz, à propos de ce problème. Menchanguine s'exécuta mais il revint en disant qu'il était impossible d'obtenir cette libération parce que «Berlin avait envoyé des instructions prescrivant que fût maintenu le plus strict des régimes».

Basilevsky raconta alors sa conversation avec Menchaguine: «(.) Involontairement, j'ai répliqué: 'Peut-on imaginer quelque chose de plus sévère que le régime existant dans le camp?' Menchaguine m'a regardé d'un drôle d'airet, se penchant à mon oreille, il m'a répondu à voix basse: 'Oui, cela existe!Au moins, on laisse les Russes mourir, tout simplement, mais, pour ce qui est des prisonniers de guerre polonais, les ordres disent qu'ils doivent être carrément liquidés.'»

Après la libération, on découvrit le carnet de notes de Menchaguine, rédigé de sa propre main, comme l'ont confirmé les experts en graphologie. À la page 10, datée du 15 août 1941, on peut lire: «Tous les prisonniers de guerre fugitifs devront être enfermés et remis au bureau du commandant.»

En soi, ceci prouve que les prisonniers polonais étaient toujours vivants à l'époque. À la page 15, Menchaguine a noté: «Y a-t-il des rumeurs parmi la population à propos de l'exécution de prisonniers de guerre polonais à Kozy Gory (pour Umnov)?» (Umnov était le chef de la police russe.)

Nombre de témoins ont fourni la preuve qu'ils avaient subi des pressions de la part des Allemands, en 1942-43, afin de livrer des faux témoignages confirmant les exécutions des Polonais par les Russes.

Parfem Gavrilovitch Kisselev, un habitant du village le plus proche de Kozy Gory,témoigna qu'il avait été convoqué à la Gestapo, durant l'automne 1942, et qu'il y avait eu un entretien avec un officier allemand. «L'officier avait déclaré que, selon une information mise à la disposition de la Gestapo, en 1940, dans la région de Kozy Gory, et plus précisément dans la forêt de Katyn, des membres du Commissariat populaire aux Affaires internes avaient exécuté des officiers polonais. Il m'a demandé dans quelle mesure je pouvais témoigner là-dessus. J'ai répondu que je n'avais jamais entendu dire que le Commissariat populaire aux Affaires internes avait abattu des gens à Kozy Gory et que, de toute façon, c'était impossible, ai-je expliqué à l'officier, puisque Kozy Gory est un endroit absolument ouvert et très fréquenté et que si des exécutions avaient eu lieu là-bas, toute la population des villages avoisinants l'aurait su. «(.) Toutefois, l'interprète ne m'a pas écouté, mais a pris un document manuscrit sur le bureau et me l'a lu. Il y était dit que moi, Kisselev, habitant d'un hameau de la région de Kozy Gory, j'avais assisté personnellement, en 1940, à l'exécution d'officiers polonais par des membres du Commissariat populaire aux Affaires internes.

«Après m'avoir lu le document, l'interprète m'a ordonné de le signer.

J'ai refusé (.).Finalement, il s'est mis à hurler: 'Ou bien, tu le signes tout de suite, ou bien, nous allons te liquider. Fais ton choix!'«Effrayé par ces menaces, j'ai signé le document en pensant que l'affaire s'arrêterait là.» Mais l'affaire n'allait pas s'arrêter là, parce que les Allemands attendaient de Kissilev qu'il fournisse des confirmations orales de ce qu'il avait «vu» à des groupes de «délégués» invités par les Allemands à venir visiter la région et y découvrir les preuves des prétendues atrocités russes.

Peu de temps après que les autorités allemandes eurent révélé au monde l'existence des fosses communes, en avril 1943, «l'interprète de la Gestapo est venu chez moi et m'a emmené dans la forêt, dans la région de Kozy Gory.

«Quand nous avons quitté la maison et que nous avons été seuls ensemble, l'interprète m'a prévenu que je devais répéter, aux gens qui seraient présents dans la forêt, exactement ce que j'avais lu sur le document que j'avais signé à la Gestapo.

«Quand je suis arrivé sur place, dans les bois, j'ai vu les tombes ouvertes et un groupe d'étrangers. L'interprète m'a dit que c'étaient des délégués polonais qui étaient arrivés pour inspecter les tombes. Quand nous nous sommes approchés de celles-ci, les délégués se sont mis à me poser diverses questions en russe concernant l'exécution des Polonais. Mais, comme plus d'un mois s'était passé depuis ma convocation à la Gestapo, j'avais oublié tout ce qui se trouvait dans le document que j'avais signé, j'étais déboussolé et, finalement, je leur ai dit que je ne savais rien de l'exécution des officiers polonais.

«L'officier allemand était furieux. L'interprète m'a écarté sans ménagement de la 'délégation' et m'a congédié. Le lendemain, au matin, une voiture avec un officier de la Gestapo est montée jusque chez moi. L'homme est venu me trouver dans la cour, m'a dit que j'étais en état d'arrestation, puis m'a fait monter dans la voiture et m'a emmené à la prison de Smolensk. (.)

«Après mon arrestation, j'ai été interrogé à de nombreuses reprises, mais je recevais plus de coups que de questions. La première fois qu'ils m'ont fait venir, ils m'ont frappé et insulté avec une brutalité incroyable, se plaignant que je les avais laissé tomber, après quoi ils m'ont renvoyé en cellule. Au cours des convocations suivantes, ils m'ont dit que je devais déclarer publiquement que j'avais assisté à l'exécution de prisonniers polonais par les bolcheviks et que, tant que la Gestapo ne serait pas satisfaite de ma bonne foi, je ne sortirais pas de prison. J'ai dit à l'officier que je préférais rester en prison plutôt que de mentir effrontément à des gens. Sur ce, j'ai été vilainement tabassé.

«Il y a eu plusieurs interrogatoires du même genre, accompagnés de séances de coups, à la suite de quoi j'ai perdu toute ma force, je n'entendais plus très bien et je ne pouvais plus remuer mon bras droit. Environ un mois après mon arrestation, un officier allemand m'a fait venir et m'a dit: 'Vous voyez les conséquences de votre obstination, Kisselev. Nous avons décidé de vous exécuter. Le matin, nous allons vous emmener à la forêt de Katyn et vous pendre.' J'ai demandé à l'officier de ne pas le faire et je me suis mis à plaider ma cause en leur disant que je ne convenais pas pour le rôle de 'témoin oculaire' des exécutions, puisque je ne savais pas mentir et que, de ce fait, j'allais une fois de plus tout mélanger. «L'officier a continué à insister. Plusieurs minutes plus tard, des soldats sont entrés dans la pièce et se sont mis à me cogner dessus avec des gourdins en caoutchouc. Incapable de supporter les coups et la torture, j'ai accepté d'apparaître publiquement et de raconter une histoire fallacieuse sur les exécutions de Polonais par les bolcheviks. Après cela, on m'a relâché, à condition qu'à la première requête des Allemands, je parlerais devant les 'délégations' à la forêt de Katyn. (.)

«Chaque fois, avant de m'emmener aux fosses, dans la forêt, l'interprète venait chez moi, m'appelait dans la cour, me prenait à part pour être sûr que personne n'entendrait et, durant une demi-heure, il me faisait apprendre par cour tout ce que je pourrais avoir à dire à propos des supposées exécutions d'officiers polonais par le Commissariat populaire aux Affaires internes, en 1940.

«Je me rappelle que l'interprète m'a dit de répéter quelque chose de ce genre : 'Je vis dans une fermette dans la région de Kozy Gory, non loin de la résidence du Commissariat populaire aux Affaires internes. Certaines nuits, au printemps1940, j'ai vu des Polonais emmenés vers la forêt où on les exécutait ensuite. 'Puis il était impératif que je déclare littéralement que 'c'était l'œuvre du Commissariat populaire aux Affaires internes.'

Après que j'eus retenu par cœur ce que l'interprète m'avait répété, il devait m'emmener auprès des fosses communes, dans la forêt, et m'obliger à répéter toute l'histoire en présence des délégations venues sur place.

«Mes déclarations étaient strictement contrôlées et dirigées par l'interprète de la Gestapo. Un jour, comme je parlais devant l'une ou l'autre 'délégation', on m'a posé la question: 'Aviez-vous vu personnellement ces Polonais avant qu'ils ne soient exécutés par les bolcheviks?' Je n'étais pas préparé à ce genre de question et je répondis en disant la vérité, c'est-à-dire que j'avais vu des prisonniers polonais avant la guerre, quand ils marchaient sur les routes. Ensuite, l'interprète m'a tiré brusquement sur le côté et m'a ramené chez moi.

«Je vous prie de me croire quand je dis que je n'arrête pas d'avoir des tiraillements de conscience, puisque je sais qu'en réalité, les officiers polonais ont été exécutés par les Allemands en 1941. Je n'avais pas le choix, étant constamment menacé d'être arrêté et torturé à nouveau. »

De nombreuses personnes corroborèrent le témoignage de Kisselev et un examen médical confirma le récit des tortures que lui avaient infligées les Allemands.

Ivanov, un employé de la gare locale (Gnezdovo) subit également des pressions afin de faire un faux témoignage:

«L'officier m'a demandé si je savais qu'au printemps 1940, d'importants groupes d'officiers polonais capturés étaient arrivés à Gnezdovo dans plusieurs trains. J'ai dit que j'étais au courant, effectivement.

L'officier m'a ensuite demandé si je savais qu'au cours du même printemps 1940, peu après l'arrivée des officiers polonais, les bolcheviks les avaient tous exécutés dans la forêt de Katyn. J'ai répondu que je n'en savais rien et qu'il ne pouvait en avoir été ainsi, puisqu'au cours des années 1940-1941 et jusqu'au moment de l'occupation de Smolensk par les Allemands, j'avais rencontré des officiers polonais capturés qui avaient débarqué à la gare de Gnezdovo au printemps 1940 et qu'on les avait employés dans la construction de routes.

«L'officier m'a répondu que si un officier allemand prétendait que les Polonais avaient été exécutés par les bolcheviks, c'est que c'était un fait établi. 'Par conséquent', a poursuivi l'officier, 'vous n'avez strictement rien à craindre et c'est avec la conscience tranquille que vous pouvez signer un protocole affirmant que les officiers polonais capturés ont été exécutés par les bolcheviks et que vous en avez été témoin.'

«J'ai répondu que j'étais déjà un vieillard, que j'avais 61 ans et que je ne tenais pas à commettre un péché à cet âge. Tout ce que je pouvais déclarer, c'est que les Polonais capturés étaient réellement arrivés à la gare de Gnezdovo au printemps 1940. L'officier allemand a commencé à vouloir me persuader de donner le témoignage requis en me promettant que si j'acceptais, il allait me promouvoir du poste de garde-barrière à un passage à niveau à celui de chef de gare de Gnezdovo, poste que j'avais d'ailleurs occupé sous le gouvernement soviétique, et qu'il allait également subvenir à mes besoins matériels. «L'interprète a insisté sur le fait que mon témoignage en tant qu'ancien fonctionnaire des chemins de fer à la gare de Gnezdovo, la gare la plus proche de la forêt de Katyn, était d'une extrême importance pour le commandement allemand et que je ne regretterais pas de faire ce témoignage.

Je comprenais que je m'étais fourré dans une situation très difficile et qu'un triste sort m'attendait. Toutefois, une fois encore, j'ai refusé de donner un faux témoignage à l'officier allemand. Il a commencé à me crier dessus, m'a menacé de me battre et de me tuer et m'a dit que je ne comprenais pas ce qui était bon pour moi. Pourtant, j'ai tenu bon. L'interprète a ensuite sorti un bref protocole en allemand, une seule page, et m'a donné la traduction libre de son contenu. Le protocole ne mentionnait, comme me l'a dit l'interprète, que le seul fait de l'arrivée des prisonniers de guerre polonais à la gare de Gnezdovo. Quand je lui ai demandé que mon témoignage soit rédigé non seulement en allemand, mais aussi en russe, l’officier a fini par sortir de ses gonds et il m'a tapé dessus avec une matraque en caoutchouc,puis m'a fait sortir des bâtiments.»

Savvateïev fut lui aussi harcelé par les Allemands afin de leur livrer un faux témoignage. Il déclara à la Commission soviétique d'enquête:

«À la Gestapo, j’ai témoigné qu'au printemps 1940, des prisonniers de guerre polonais étaient arrivés à la garde de Gnezdovo dans plusieurs trains et qu'ils étaient ensuite montés dans des camions, mais que je ne savais pas où on les avait emmenés. J'ai également ajouté que j'avais rencontré ces Polonais plusieurs fois par la suite, sur la grand-route Moscou-Minsk, où ils travaillaient en petits groupes aux réparations routières. L'officier m'a dit que je mélangeais les faits, que je ne pouvais pas avoir rencontré les Polonais sur la grand-route, puisqu'ils avaient été exécutés par les bolcheviks, et il a exigé que je témoigne en ce sens.

«J'ai refusé. Après m'avoir menacé et tenté de me soudoyé pendant un bout de temps, l’officier a consulté l'interprète en allemand, après quoi celui-ci a rédigé un court texte et me l'a donné à signer. Il a expliqué que c'était un compte rendu de mon témoignage. J'ai demandé à l'interprète de me laisser lire le papier moi-même, mais il m'a interrompu en m'insultant, me commandant de le signer tout de suite et de sortir. J'ai hésité une minute.

L'interprète a attrapé un gourdin en caoutchouc accroché au mur et a fait mine de me frapper dessus. Après cela, j'ai signé le protocole qu'on m'avait mis sous le nez. L'interprète m'a dit de sortir et de rentrer chez moi et de ne parler à personne, sinon j'allais être fusillé (.).»

D'autres personnes ont également témoigné en ce sens.

Des preuves ont également été fournies sur la façon dont les Allemands ont trafiqué les tombes des victimes dans l'espoir d'éliminer les preuves que le massacre n'avait pas eu lieu en automne 1941 mais au printemps 1940, peu après l'arrivée des Polonais dans la région. Durant l'occupation allemande, Alexandra Mikhaïlovna avait travaillé dans la cuisine d'une unité de la Wehrmacht. En mars 1943, elle avait découvert un prisonnier de guerre russe caché dans sa remise:

«D'une conversation que j'ai eue avec lui, j'ai appris qu'il s'appelait Nikolaï Yegorov et qu'il venait de Leningrad. Depuis la fin 1941, il avait été dans le camp allemand n° 126 pour prisonniers de guerre, dans la ville de Smolensk. Au début mars 1943, il avait quitté le camp avec une colonne de plusieurs centaines de prisonniers de guerre et on les avait envoyés dans la forêt de Katyn. Sur place, les prisonniers, y compris Yegorov, avaient été forcés de creuser des tombes contenant des cadavres vêtus d'uniformes d'officiers polonais, de sortir ces corps des tombes et de vider leurs poches de leurs documents, lettres, photographies et autres articles. «Les ordres des Allemands étaient stricts: rien ne pouvait être laissé dans les poches des cadavres. Deux prisonniers de guerre ont été abattus parce que, après qu'ils eurent fouillé ces corps, un officier allemand avait découvert des papiers sur ces mêmes corps. Objets, documents et lettres tirés des vêtements des cadavres étaient ensuite examinés par les officiers allemands qui, après cela, forçaient les prisonniers de remettre une partie des papiers dans les poches des morts, tandis que le reste était jeté sur un tas d'objets et de documents prélevés sur les cadavres. Et on brûlait le tout.

«En outre, les Allemands avaient forcé les prisonniers à placer dans les poches des officiers polonais certains papiers provenant de serviettes ou de valises - je ne me souviens plus très bien - qu'ils avaient eux-mêmes amenées. Tous les prisonniers de guerre vivaient dans la forêt de Katyn dans des conditions épouvantables et à ciel ouvert et ils étaient très sévèrement gardés. (.) Au début d'avril 1943, tout le travail planifié par les Allemands était apparemment achevé et, au cours des trois jours suivants, aucun des prisonniers de guerre n'a eu à travailler (.).

«Soudain, la nuit, tous sans exception ont été éveillés et conduits quelque part. La garde avait été renforcée. Yegorov a senti que quelque chose ne tournait pas rond et il a commencé à surveiller de très près ce qui se passait. Ils ont marché pendant trois ou quatre heures dans une direction inconnue. Ils se sont arrêtés dans la forêt près d'une fosse, dans une clairière. Yegorov a vu qu'on séparait un groupe de prisonniers de guerre du reste des hommes et qu'on les conduisait près de la fosse, avant de les abattre. Non loin de Yegorov, plusieurs prisonniers de guerre ont attaqué les gardes. D'autres gardes se sont précipités sur les lieux. Yegorov a tiré parti de la confusion pour s'enfuir dans la noirceur de la forêt, tout en entendant des cris et des coups de feu.

«Après avoir entendu cette terrible histoire, qui est gravée dans ma mémoire pour le reste de mes jours, j'ai été très ennuyée pour Yegorov et lui ai dit de venir dans ma chambre, de s'y réchauffer et de se cacher chez moi jusqu'au moment où il aurait repris des forces. Mais il a refusé. (.) Il disait que peu lui importait ce qui allait lui arriver, qu'il allait s'en aller cette même nuit et qu'il avait l'intention de traverser le front pour retrouver l'Armée rouge. Le matin, quand je suis allée voir s'il était parti, il était toujours dans la remise. En fait, la nuit, il avait bien essayé de s'en aller, mais il avait à peine fait une cinquantaine de pas qu'il s'était senti très faible et qu'il avait été forcé de revenir. Cet épuisement était provoqué par sa longue détention dans le camp et par les privations des derniers jours. Nous avons donc décidé qu'il resterait chez moi quelques jours de plus pour reprendre des forces. Après lui avoir donné à manger, je suis allée travailler. Quand je suis revenue, le soir, mes voisines Branova, Mariya Ivanovna, Kabanovskaya, Yekaterina Viktorovna m'ont dit que,l'après-midi, au cours d'une visite de la police allemande, le prisonnier de guerre de l'Armée rouge avait été découvert et qu'on l'avait emmené.»

D'autres confirmations ont été données par un ingénieur mécanicien appelé Soukhatchev, qui avait travaillé sous les Allemands en tant que mécanicien au moulin municipal de Smolensk:

«Je travaillais au moulin dans la seconde moitié de mars 1943. Là, j'ai bavardé avec un chauffeur allemand qui parlait un peu le russe et, puisqu'il transportait de la farine pour les troupes au village de Savenki et qu'il rentrait le lendemain à Smolensk, je lui ai demandé de m'emmener pour que je puisse acheter un peu de graisse au village. Mon idée, c'était que faire le trajet dans un camion allemand allait m'épargner le risque d'être retenu aux postes de contrôle. L'Allemand a été d'accord de me prendre, moyennant paiement.

«Le même jour, à10 heures du soir, nous roulions sur la grand-route Smolensk-Vitebsk, moi, et le chauffeur allemand au volant. La nuit était claire et seul un peu de brouillard sur la route réduisait la visibilité. À environ 22 ou 23 kilomètres de Smolensk, près d'un pont démoli sur la chaussée, il y avait une descente assez raide sur la déviation. Nous avons commencé à quitter la chaussée quand, brusquement, un camion a jailli du brouillard et nous a foncé dessus. Soit parce que nos freins n'étaient pas en ordre, soit parce que le chauffeur était inexpérimenté, nous avons été incapables de faire arrêter le camion et, puisque le passage était très étroit, nous avons heurté l'autre qui venait en face de nous. Le choc n'a pas été très violent, puisque le chauffeur de l'autre camion a fait un écart, à la suite de quoi, les camions se sont touchés avant de glisser l'un contre l'autre.

«Toutefois, la roue droite de l'autre camion a versé dans le fossé et le camion s'est renversé sur la pente. Le nôtre, lui, était resté droit.

Le chauffeur et moi avons tout de suite sauté de la cabine et nous avons couru vers le camion qui s'était renversé. Nous avons été assaillis par une lourde puanteur de chair en putréfaction venant évidemment du camion.

«En m'approchant, j’ai vu que le camion transportait un chargement couvert d'une bâche nouée avec des cordes. Les cordes avaient lâché avec le choc et une partie du chargement s'était renversée sur la route. C'était horrible, ce chargement: des corps humains vêtus d'uniformes militaires. Pour autant que je m'en souvienne, il y avait six ou sept hommes près du camion: un conducteur allemand, deux autres Allemands armés de mitraillettes et, le reste, des prisonniers de guerre russes, puisqu'ils parlaient russe et qu'ils étaient habillés en prisonniers.

«Les Allemands se sont mis à insulter mon chauffeur et ont ensuite fait plusieurs tentatives pour redresser le camion. En deux minutes à peine, deux autres camions sont arrivés sur les lieux de l'accident et ont poussé l'autre. Un groupe d'Allemands et de prisonniers de guerre russes, une dizaine d'hommes en tout, sont descendus de ces camions et sont venus vers nous. (.)

En joignant nos efforts, nous avons commencé à soulever le camion.

Tirant parti d'un moment favorable, j'ai demandé à l'un des prisonniers de guerre russes et à voix basse: 'C'est quoi, ça ?' Il m'a répondu très calmement :

'Cela fait pas mal de nuits déjà qu'on transporte des cadavres vers la forêt de Katyn.'

«Avant qu'on soit arrivé à redresser le camion renversé, un sous-officier allemand est venu vers moi et vers mon chauffeur et nous a dit de nous en aller immédiatement. Comme notre camion n'avait pas de dégâts sérieux, le chauffeur a fait une manœuvre sur le côté et est remonté sur la grand-route, et nous sommes repartis. Quand nous sommes passés devant les deux camions bâchés qui étaient arrivés après l'accident, j'ai senti à nouveau cette puanteur horrible de cadavres en décomposition.»

Diverses autres personnes ont également témoigné avoir vu des camions chargés de cadavres.

Un certain Tchoukhov, un pathologiste qui, en fait, a visité les tombes en avril 1943 à l'invitation des Allemands, a également apporté des preuves: «Les vêtements des cadavres, particulièrement les capotes, les chaussures et les ceintures, étaient en bon état de conservation. Les parties métalliques des vêtements -les boucles de ceintures, les boutons et les clous des semelles de chaussures, etc. - n'étaient pas très rouillés et, dans certains cas, le métal gardait encore son brillant. Les sections visibles de la peau des corps -visages, cous, bras - étaient généralement d'un vert sale et, dans certains cas, d'un brun sale, mais il n'y avait pas désintégration complète des tissus, pas de putréfaction. Dans certains cas, on pouvait encore voir des tendons à vif, de couleur blanchâtre, et certaines parties de muscles.

«Alors que je me trouvais près des fosses, des gens travaillaient et retiraient des corps du fond d'une grande excavation. À cet effet, ils avaient des bêches et d'autres outils et ils attrapaient les corps avec leurs mains et les traînaient d'un endroit à l'autre par les bras, les jambes ou les vêtements. Je n'ai pas vu un seul cas où ces corps soient tombés en pièces ou aient perdu un membre.

«Si on considère ce qui précède, j'en suis arrivé à la conclusion que les corps étaient restés dans la terre, non pas trois ans, comme les Allemands l'affirmaient, mais beaucoup moins longtemps. Sachant que dans les fosses communes, et particulièrement quand il n'y a pas de cercueils, la putréfaction progresse plus rapidement que dans de simples tombes, j'en ai conclu que les exécutions de masse des Polonais avaient eu lieu environ un an et demi plus tôt, et elles auraient pu se produire en automne 1941 ou au printemps 1942. À la suite de ma visite au site dégagé, j'ai été fermement convaincu qu'un crime monstrueux avait été commis par les Allemands.»

Plusieurs autres personnes qui ont visité les tombes à l'époque donnent le même témoignage.

En outre, des pathologistes qui ont examiné les corps en 1943 ont conclu qu'ils ne pouvaient être morts depuis plus de deux ans. De plus, on découvrit sur certains corps des documents qui avaient manifestement échappé aux Allemands lorsqu'ils avaient truqué les preuves. Parmi ces documents, une lettre datée de septembre 1940, une carte postale datée du 12 novembre 1940, un billet de mont-de-piété encaissé le 14 mars 1941 et un autre le 25 mars de la même année. Des reçus datés du 6 avril, du 5 mai et du 15 mai 1941 et une carte postale en polonais, non postée et datée du 20 juin 1941.

Bien que toutes ces dates précèdent le repli soviétique, elles sont postérieures à toutes les exécutions présumées des prisonniers par les autorités soviétiques au printemps 1940, la date que citent comme étant celle du supposé massacre tous ceux que les Allemands ont été en mesure de tromper en leur servant leurs faux témoignages. Si, comme le prétendent les propagandistes bourgeois, ces documents sont des faux, rien n'aurait été plus facile que de falsifier des documents et de les dater postérieurement au départ des Soviétiques, mais ce ne fut pas fait - et ce ne fut pas fait pour la simplissime raison que les documents découverts étaient incontestablement authentiques.

[Traduction Jean-Marie FLEMAL]
Les dossiers du BIP, No 111, p 20

11:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, presse, guerre, television, romain, allemagne, europe, fascisme, euro-dictature, propagande, silence, urss, medias, hitler, gorbatchev, staline, mensonge, nazisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/03/2010

14/03/10: La Chine et les États-Unis :: La fin du rêve américain ?

From: nicolas
Sent: Saturday, March 13, 2010 10:15 PM
To:
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] La Chine et les États-Unis :: La fin du rêve américain ? SOLIDAIRE

 

 

9 mars 2010 16:41 | Il y a : 4  jour(s) |

La Chine et les États-Unis :: La fin du rêve américain ?

« La Chine sort victorieuse de la crise du crédit. » Ce n’est pas Solidaire qui le dit, mais De Tijd. Pour une partie de la classe dirigeante américaine, ce revirement donne lieu à une agressivité croissante.

Baudouin Deckers

Au début de l’année 2009, la plupart des analystes occidentaux concluaient que la Chine pourrait déjà s’estimer heureuse avec une croissance de 6 à 7 % de son produit intérieur brut. La Chine a conclu l’année 2009 avec une croissance de 8,7 %. Et le pays n’a pas dû aider des banques dans le besoin, puisqu’il leur était interdit d’investir dans les produits financiers toxiques de l’Occident. Le pays socialiste a investi massivement dans ses entreprises d’État. Il a augmenté les salaires minimaux, renforcé sa sécurité sociale et assuré une hausse du revenu de ses 700 millions de paysans. La Chine s’est mise à faire du commerce en Asie avec ses propres devises, non plus avec des dollars, monnaie peu sûre.

« La Chine sort victorieuse de la crise du crédit », lit-on dans De Tijd. « D’importants indicateurs économiques, dont la production industrielle, les investissements et la croissance de la quantité d’argent, ont rattrapé les niveaux d’avant la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. La crise contribue à ce qu’en 2010, l’économie chinoise va devenir plus importante que celle du Japon… » En 2027, la Chine prendra la place de première économie de la planète, dit encore De Tijd. « En ce mois de février, la Chine est devenue le premier pays exportateur au monde », annonce également le New York Times.

La Chine se porte donc très bien. Ce n’est pas le cas des États-Unis. De nombreux analystes occidentaux craignent que la crise financière de 2008 ne signifie la fin définitive de la suprématie américaine. Voici quelques mois, le professeur et prix Nobel Joseph Stiglitz écrivait que, plus tard, les historiens feraient remarquer que la période du triomphalisme américain n’avait à peine duré que vingt ans.

Coups d’épingle américains

Souvent, Barak Obama répète « Yes we can ». Mais d’autres fois, dans des articles ou conférences un peu plus sérieux, cela devient souvent « nous devons reconduire l’hégémonie américaine ». Mais la crise a poussé encore plus à l’avant-plan la Chine et d’autres nations émergentes. Les États-Unis se résigneront-ils à cet état des choses ? La question est souvent posée.

Le déficit commercial américain par rapport à la Chine déborde depuis longtemps. Obama veut que Pékin réévalue sa monnaie. Il impose à la Chine des limitations aux importations. Fin février, Washington décidait d’imposer une taxe à l’importation de 11 à 13 % aux tuyauteries en acier originaire de la Chine. Obama fournit pour 9 milliards de dollars d’armes à Taiwan – alors que les relations entre la Chine et cette province sont précisément en train de s’améliorer. Il reçoit le dalaï-lama, qui veut une scission du Tibet de la Chine.

Ce ne sont que les coups d’épingle « classiques » des États-Unis envers la Chine. Mais, aujourd’hui, ils expriment l’impatience croissante d’une partie non négligeable de la classe dirigeante, des hautes instances militaires, des faucons. « Il se pourrait que nous cédions le contrôle du sort de l’Amérique aux mains d’une grande puissance rivale sans même avoir tiré un seul coup de feu », bougonne le Pentagone, s’il faut en croire Arthur Herman, journaliste au New York Post.

En fait, la Chine ne menace aucun pays, pas même les États-Unis. La Chine a besoin d’un environnement pacifique pour pouvoir continuer à aller de l’avant sur le plan économique et assurer à son 1,3 milliard d’habitants développement et prospérité. Le programme d’Obama prévoit 60 000 hommes de plus dans son armée de terre et 27 000 autres dans ses troupes d’élite, les marines. Bien que, sous Bush, les États-Unis aient déjà dépensé presque autant que le reste du monde en défense (48,37 % du budget mondial !), Obama en remet une couche de 6,7 milliards de dollars.

Les États-Unis doivent se montrer prudents car la Chine possède plus d’un cinquième de leur dette extérieure. Chine et Etats-Unis sont des partenaires commerciaux dépendants l'un de l'autre  – ce qui comporte aussi nombre de risques pour la Chine. D’où, les efforts de Pékin pour accroître le commerce avec d’autres partenaires. Personne ne voit aujourd’hui ce que Washington pourrait entreprendre contre l’immense Chine, alors qu’il ne parvient même pas à se dépêtrer du bourbier afghan. Pourtant, les États-Unis installent de plus en plus de bases militaires sur le continent asiatique… La crise mondiale est grave. Les années 30 doivent nous rendre vigilants. Le mouvement pour la paix a encore beaucoup de pain sur la planche !

20:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, usa, presse, television, romain, belgique, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/01/2010

14/12/09: Il y a 70 ans, la France déclare la guerre à l’Allemagne, mais la fait aux communistes...

 
 
 

Il y a 70 ans, la France déclare la guerre à l’Allemagne, mais la fait aux communistes. Par Jean Lévy

lundi 14 décembre 2009, par Comité Valmy


POURQUOI CE SILENCE ENTOURANT LE DEBUT DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ?

Alors que nous venons de subir la mobilisation totale des médias, communiant dans une même campagne anticommuniste, à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, il est bon de comparer cette campagne avec le quasi silence entourant le 70ème anniversaire de la Seconde Guerre mondiale.

Et pourtant cet évènement a davantage affecté notre propre histoire.

Revenons donc au rappel de la situation politique et militaire au cours de ce qu’on appelait, à l’époque, « la drôle de guerre ».

Faisant fi une fois de plus à ses promesses, l’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre.1939

Le 3, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne.

On aurait pu penser que profitant de l’engagement massif des panzers et de l’aviation nazis à l’Est, les forces occidentales allaient en profiter pour mener l’offensive à l’Ouest, la ligne Siegfried non terminée, n’étant pas en état de constituer un obstacle infranchissable.

Et bien non !

L’armée française reste l’arme au pied, se contentant d’activité de patrouilles, dans le forêt frontière de la Warndt.

Le gouvernement Daladier est trop occupé à traquer les militants communistes et à faire procéder à la déchéance des députés du PCF, fidèles à leur parti, dissous dès septembre.

Seul, « l’ennemi intérieur » est visé par les autorités, pas l’ennemi de l’autre côté du Rhin.

Raison invoquée pour « justifier » cette répression de masse visant, non l’Etat à qui on a déclaré la guerre, mais un parti d’opposition, hostile au conflit : le pacte de non-agression germano-soviétique, signé le 23 août précédent.

Il s’ensuit, dans notre pays, une campagne anticommuniste féroce, d’une envergure jamais atteinte. Tous les partis, de gauche comme de droite, toute la presse, se sont joints au hallali « antirouge ». La presse communiste étant interdite depuis fin août, donc avant la déclaration de guerre, aucune voix ne s’élève publiquement contre ce déferlement de haine.

Mais, pourquoi cette offensive intérieure ?

Disons-le tout net : la signature du pacte de non-agression met en échec la stratégie envisagée par la bourgeoisie française. Celle-ci souhaitait un affrontement militaire entre l’Allemagne et l’URSS, en laissant cette dernière, seule, face à la Wehrmacht, espérant un effondrement de l’Armée Rouge.

Sans la signature du pacte, ce scénario aurait été, sans doute, possible.

L’Allemagne aurait, dès lors, dominé l’Europe pour une très longue période, sans possible éventualité d’un retournement militaire.

Qui peut croire que, face aux 200 divisions nazies, retenues en Union soviétique, un débarquement anglo-saxon eut été possible en Normandie, en juin 44 ?

La défaite française de mai-juin 40, préparée de longue date par les forces du capital, montre clairement que celles-ci avaient, bien avant Montoire, l’objectif d’une France intégrée dans une Europe allemande.

C’est donc la signature du fameux pacte de non-agression, signé par von Ribbentrop et Molotov, le 23 août, qui met bas ce sinistre scénario. L’URSS gagne ainsi deux ans de répit, qui lui permet de contenir devant Moscou les divisions hitlériennes, et d’infliger, ensuite, les défaites que l’on sait à la Wehrmacht, de Stalingrad jusqu’à Berlin.

Notre bourgeoisie a mesuré, dès l’automne 39, l’ampleur de l’échec de sa stratégie. Elle en a fait payer le prix au seul parti qui avait défendu le pacte, le Parti communiste français, celui-ci ayant analysé sa portée et ses conséquences.

On peut même dire que les forces du Capital n’ont pas encore digéré, de nos jours, l’échec subi en août 39. Comment expliquer, sans cela, la persistance actuelle d’une campagne toujours massive contre, ce que les médias à leur service, appellent « la collusion Hitler-Staline » et contre les « communistes qui ont approuvé le Pacte germano-soviétique » ?

Il est vrai que l’objectif d’une Europe intégrée, sous domination économique allemande, est toujours à l’ordre du jour

Jean LEVY

18:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, communisme, presse, guerre, television, romain, allemagne, fascisme, imperialisme, capitalisme, silence, urss, information, hitler, nazisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

28/12/2009

26/12/09: LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE...

 

Réflexions du compañero Fidel 
 
 
LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE

 

Les changements climatiques causent d’ores et déjà des dommages considérables, et des centaines de millions de pauvres en souffrent les conséquences.

Les centres de recherche les plus avancés assurent qu’il reste très peu de temps pour échapper à une catastrophe irréversible. Selon James Hansen, de l’Institut Goddard, de la NASA, un niveau de trois cent cinquante parties de dioxyde de carbone par million est encore tolérable ; or, il dépasse actuellement trois cent quatre-vingt-dix et il augmente tous les ans à raison de deux parties par million, soit plus que les niveaux d’il y a six cent mille ans. Les deux dernières décennies ont été les plus chaudes depuis qu’il existe des mesures. Ce gaz a augmenté de quatre-vingts parties par million ces cent cinquante dernières années.

Les glaces de la mer Arctique, l’énorme couche de deux kilomètres d’épaisseur qui couvre le Groenland, les glaciers d’Amérique du Sud qui alimentent les principales sources d’eau douce de cette région, le volume colossal qui couvre l’Antarctique, la couche qui reste encore sur le Kilimandjaro, les neiges qui couvrent l’Himalaya et l’énorme masse gelée de la Sibérie fondent à vue d’œil. Des scientifiques prestigieux redoutent des sauts quantitatifs dans les phénomènes naturels qui provoquent les changements.

L’humanité avait placé de grands espoirs dans le Sommet de Copenhague, qui devait prolonger le Protocole de Kyoto souscrit en 1996 mais entré en vigueur seulement en 2005. L’échec éclatant de ce Sommet a engendré des épisodes honteux qu’il faut dûment éclaircir.

Les États-Unis, qui comptent moins de 5 p. 100 de la population mondiale, émettent le quart du dioxyde de carbone. Leur nouveau président avait promis de coopérer aux efforts internationaux pour faire face à un problème qui touche son pays autant que le reste du monde. Les réunions préalables au Sommet ont mis en lumière que les dirigeants de cette nation et ceux des pays les plus riches manœuvraient pour faire retomber le poids des sacrifices sur les pays émergents et les pays pauvres.

Beaucoup de dirigeants et des milliers d22222e représentants des mouvements sociaux et des institutions scientifiques, décidés à se battre pour préserver l’humanité du pire risque qu’elle a encouru dans son Histoire, se sont rendus à Copenhague à l’invitation des organisateurs du Sommet. Je m’abstiens d’entrer dans le détail de la brutalité dont ont fait preuve les forces de l’ordre danoises contre les milliers de manifestants et d’invités des mouvements sociaux et scientifiques pour me concentrer sur les aspects politiques du Sommet.

Un véritable chaos a régné à Copenhague et des choses incroyables s’y sont passées. Les mouvements sociaux et les institutions scientifiques n’ont pas eu le droit d’assister aux débats. Des chefs d’État ou de gouvernement n’ont même pas eu la possibilité de donner leur opinion sur des problèmes vitaux. Obama et les dirigeants des pays les plus riches ont séquestré la conférence avec la complicité du gouvernement danois, et les institutions des Nations Unis ont été mises sur la touche.

Barack Obama, qui est arrivé le dernier jour du Sommet et n’y est resté que douze heures, s’est réuni avec deux groupes d’invités triés sur le volet par lui-même et ses collaborateurs. Et c’est accompagné de l’un de ces groupes qu’il a eu une réunion dans la salle plénière avec le reste des délégations de plus haut niveau. Aussitôt  après avoir pris la parole, il s’est retiré par une porte dérobée. À cette réunion plénière, hormis le petit groupe choisi par lui, les autres représentants des États n’ont pas eu le droit de prendre la parole. Si les présidents bolivien et vénézuélien ont pu le faire, c’est seulement parce qu’ils l’ont réclamé avec énergie, soutenus par les autres, et que le président du Sommet n’a pas eu d’autre solution que de la leur céder.

Dans une salle contiguë, Obama a réuni les dirigeants des pays les plus riches, de plusieurs nations émergentes les plus importantes et de deux pays très pauvres. Il y a présenté un document négocié avec deux ou trois des principaux pays, il a ignoré l’Assemblée générale des Nations Unies, il a donné des conférences de presse et il est reparti, tel Jules César qui s’exclama au terme d’une ses campagnes victorieuses en Asie mineure : Vini, vidi, vici !

Le Premier ministre en personne du Royaume-Uni, Gordon Brown, avait affirmé le 19 octobre : « Si nous n’aboutissons pas à un accord dans les prochains mois, il ne fait pas le moindre doute qu’une fois que l’élévation débridée des émissions aura provoqué des dommages, aucun accord mondial rétrospectif à quelque moment du futur ne pourra en éliminer les effets. À cette date, il sera alors irrémédiablement trop tard. »

Et il avait conclu son discours sur cette péroraison dramatique : « Nous ne pouvons nous donner le luxe de l’échec. Si nous échouons maintenant, le prix à payer sera très lourd.  Si nous agissons maintenant, si nous agissons de concert, si nous agissons en faisant preuve de hauteur de vue et de détermination, nous pouvons encore remporter la victoire à Copenhague. Mais, si nous échouons, la planète Terre sera en danger, et il n’existe pas de plan de rechange. »

Il affirme pourtant à présent avec arrogance que l’Organisation des Nations Unies a été prise en otage par un petit groupe de pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et Tuvalu,  et il accuse la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres nations émergentes d’avoir cédé aux séductions des États-Unis pour souscrire un accord qui expédie aux oubliettes le Protocole de Kyoto et ne contient aucun engagement contraignant pour les États-Unis et leurs riches alliés.

Je me vois obligé de rappeler que l’Organisation des Nations Unies a vu le jour voilà à peine soixante ans, après la Deuxième Guerre mondiale, alors que les pays indépendants ne dépassaient pas la cinquantaine. Elle compte aujourd’hui plus de cent quatre-vingt-dix États indépendants, après que la lutte décidée des peuples a eu liquidé l’odieux système colonial.

La République populaire de Chine s’est même vu refuser pendant des années le droit d’entrée à l’ONU, un gouvernement fantoche y usurpant sa représentation à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. C’est grâce au soutien tenace d’un nombre croissant de pays du Tiers-monde que la Chine bénéficia peu à peu de la reconnaissance de la communauté internationale, ce qui fut un facteur très important pour que les USA et leurs alliés de l’OTAN reconnaissent ses droits à l’ONU.

C’est l’Union soviétique qui contribua le plus par sa lutte héroïque à la défaite du fascisme, au prix de plus de vingt-cinq millions de morts et d’énormes destructions dans tout le pays. C’est au terme de cette lutte qu’elle émergea comme une superpuissance capable de contrebalancer en partie la domination absolue qu’exerçait le système impérial des USA et des anciennes nations coloniales, et sa mise à sac impitoyable des peuples du Tiers-monde. La désintégration de l’URSS a permis aux USA d’étendre leur pouvoir politique et militaire en direction de l’Est, vers le cœur de la Russie, et de renforcer leur influence sur le reste de l’Europe. Ce qui s’est passé à Copenhague n’a donc rien d’étonnant.

Je tiens à souligner les déclarations injustes et outrageantes du Premier ministre britannique et la tentative des États-Unis d’imposer comme accord du Sommet un document dont les pays participants n’ont discuté à aucun moment.

Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, a affirmé dans la conférence de presse qu’il a donnée le 21 décembre des vérités absolument indéniables. J’en cite quelques paragraphes:

« À Copenhague, je tiens à le souligner, la Conférence des Parties n’a adopté aucun accord, aucune décision concernant des engagements, qu’ils soient contraignants ou pas, ni absolument aucune décision relevant du droit international : à Copenhague, il n’y a pas eu d’accord, tout simplement !

« Le Sommet a été un échec, et l’on veut pourtant berner l’opinion publique mondiale. […] la carence de volonté politique a sauté aux yeux…

« …il a constitué un recul dans l’action de la communauté internationale pour prévenir ou alléger les retombées des changements climatiques…

« …la température mondiale pourrait s’élever de 5º en moyenne… »

Puis notre ministre a apporté d’autres données intéressantes sur les conséquences possibles de cet échec, selon les dernières recherches scientifiques :

« …de la date du Protocole de Kyoto à ce jour, les pays développés ont élevé leurs émissions de 12,8 p. 100… 55 p. 100 de ce volume correspondant aux USA

« Un Étasunien consomme en moyenne 25 barils de pétrole par an, un Européen 11, un Chinois moins de 2, un Latino-Américain ou un Caribéen, moins de 1.

« Trente pays, dont ceux de l’Union européenne, consomment 80 p. 100 des combustibles produits. »

Le fait est que les pays développés signataires du Protocole de Kyoto ont élevé radicalement leurs émissions. Ils veulent toutefois substituer maintenant à la base adoptée pour calculer ces émissions, autrement dit 1990, une nouvelle base, 2005, de sorte que les engagements envisagés par les USA, les plus gros pollueurs, ne représenteraient qu’une réduction de 3 p. 100 par rapport à vingt-cinq ans avant ! C’est là se moquer d’une manière éhontée de l’opinion mondiale…

Le ministre cubain, parlant au nom des pays de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), et défendant la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres États importants à économie émergeante, a ratifié le concept dégagé à Kyoto de

« responsabilités partagées, mais différenciées, ce qui veut dire que les pays à accumulation historique et les pays développés, responsables de cette catastrophe, ont des responsabilités différentes de celles des petits États insulaires ou des pays du Sud, surtout des pays les moins avancés… »

« Responsabilités veut dire financement ; responsabilités veut dire transfert de technologies dans des conditions acceptables. Mais Obama joue sur les mots, et au lieu de parler de "responsabilités" partagées mais différenciées, il parle de "réponses" partagées, mais différenciées…

« …il abandonne la salle plénière sans même daigner écouter qui que ce soit, de même qu’il n’avait écouté personne avant son intervention. »

Obama avait affirmé lors d’une conférence de presse ayant précédé son départ de la capitale danoise : « Nous avons généré ici à Copenhague un accord substantiel sans précédent : pour la première fois dans l’Histoire, les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités. »

Dans son exposé clair et irréfutable, notre ministre s’est exclamé :

« Que signifie : "…les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités" ? Ça veut dire qu’il fait retomber une part importante du fardeau que représente le financement des mesures d’atténuation et d’adaptation que doivent adopter les pays, surtout ceux du Sud, face aux changements climatiques, sur la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. Car, il faut bien le dire, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et tous les pays appelés par euphémisme en développement ont été victimes d’un braquage, d’un hold-up !

Voilà dans quels termes frappants et irréfutables notre ministre a raconté ce qu’il s’est passé à Copenhague.

Je dois ajouter que le 19 décembre, à dix heures du matin, alors que notre vice-président Esteban Lazo et notre ministre des Relations extérieures étaient déjà repartis, on a assisté à une tentative tardive de ressusciter le document mort-né de Copenhague en tant que document du Sommet. Il ne restait plus alors pratiquement aucun chef d’État et seuls quelques ministres. De nouveau, la dénonciation des membres restants des délégations de Cuba, du Venezuela, de Bolivie, du Nicaragua et d’autres pays a fait capoter la manœuvre. Voilà comme s’est conclu le Sommet : sans gloire !

On ne saurait non plus oublier qu’aux heures les plus critiques de cette journée-là, tard dans la nuit, le ministre cubain des Relations extérieures, et les délégations qui livraient cette digne bataille, ont offert leur coopération au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans la lutte toujours plus dure qui se déroulait et dans les efforts à consentir à l’avenir pour préserver notre espèce.

L’organisation écologique World Wide Fund (WWF) a averti que les changements climatiques échapperaient à tout contrôle dans les cinq à dix prochaines années si les émissions n’étaient pas réduites radicalement.

Mais Obama lui-même m’épargne la peine de démontrer ce que j’ai dit sur ses agissements.

Il a déclaré le 23 décembre, dans une interview à la chaîne de télévision CBS, que les gens avaient raison d’être déçus des résultats du Sommet sur les changements climatiques : « …au lieu d’un échec total, d’une inaction totale, ce qui aurait été un énorme recul, nous avons pu du moins nous maintenir en gros là où nous étions… »

Selon l’agence de presse, Obama est le plus critiqué par les pays qui sentent presque à l’unanimité que le Sommet s’est achevé sur un désastre.

L’ONU est maintenant dans une impasse. Demander à de nombreux autres États d’adhérer à un accord arrogant et antidémocratique serait humiliant.

Poursuivre la bataille et exiger à toutes les conférences, surtout celles de Bonn et de Mexico, le droit de l’humanité à l’existence, en nous fondant sur la morale et la force que nous donne la vérité, telle est à mon avis la seule voie.

Fidel Castro Ruz

Le 26 décembre 2009

18:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, cuba, usa, presse, television, romain, euro-dictature, capitalisme, silence, castro, medias, information, copenhague | |  Facebook | |  Imprimer | | |

19/12/2009

16/12/09: Copenhague ou le marché des dupes...

Sent: Wednesday, December 16, 2009 10:18 PM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] CRISE ECONOMIQUE ET CRISE ECOLOGIQUE

Copenhague ou le marché des dupes

Un poème de William Wordsworth écrit en 1802 et publié en 1807 semble aujourd’hui d’une irrécusable actualité, et conviendrait à la fois comme exergue au sommet mondial sur la dégradation des conditions climatiques qui doit se tenir à Copenhague le 6 décembre 2009 et source de méditation pour les participants.

Si, depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, nous devons accorder crédit aux contenus argumentés et chiffrés d’articles de quotidiens et d’hebdomadaires ou aux essais plus substantiels publiés dans des revues spécialisées, la planète frôle aujourd’hui une catastrophe climatologique, géographique et agricole irréversible où se mêlera, selon les régions du globe, d’un côté la submersion par les océans des zones basses, côtes et deltas, et de l’autre, la disparition des vastes zones humides continentales (mer d’Aral, lac Tchad) avec pour conséquence immédiate une désertification massive, l’assèchement des plus grands fleuves par exemple en Chine et dans la Péninsule indochinoise, où, en raison de la disparition prévue des glaciers de l’Himalaya, le Yang-Tsé-Kiang et le Mékong risquent de voir leur niveau d’eau baisser vers un étiage sans précédent pour la survie des populations. À cela il faut bien
évidemment souligner les désastres des urbanisations sans limite : que ce soit d’un côté Dubai et le délire de l’hybris financière, ou de l’autre Calcutta, Le Caire ou Lagos comme enfer d’une insigne misère. Mais, comme le disait Marx, « pour qu’il y ait des riches il faut des pauvres », dès lors, logiquement, pour qu’il y ait de très riches, il faut beaucoup de très pauvres.

En ce sens « The world is too much with us », relève, après s’être énoncé naguère comme la sombre prophétie d’un poète romantique effrayé par les débuts systématiques du machinisme et du déploiement industriel, d’une réalité évidente à tous ceux qui jettent un regard sans fard sur notre monde et son quotidien. Le sombre et très conservateur romantique Wordsworth me remet en mémoire un autre romantique, socialement libéral (au sens que ce terme impliquait au début du XIXe siècle en Angleterre, aujourd’hui on dirait social-démocrate), beaucoup plus flamboyant certes, mais surtout beaucoup plus optimiste, Shelley, qui écrivait dans The Ode of the West Wind (L'Ode au Vent d'Ouest), « The trumpet of a prophecy ! O Wind, /If Winter comes, can Spring be far behind ? » (Les trompettes d’une prophétie ! Ô vent, / Alors, quand l’hiver vient, le printemps est là, qui attend derrière lui, en embuscade). Mais présentement,
l’ultime vers de ce somptueux poème devrait se réécrire : If Spring comes can Winter be far behind and for ever (Si le printemps vient l’hiver attend, derrière lui en embuscade et pour toujours). Cet hiver sera un désert qui croit sans cesse, un hiver désertique réel, et aussi un hiver comme métaphore d’un désert de l’âme ou de l’esprit des peuples et des élites qu’unit un même égarement, une même inconscience, une même insouciance aveuglée de la frénésie du manque sous sa double modalité spectaculaire : la voracité consumériste et l’avidité insatiable du profit. Interview ici, déclarations solennelles là, intensification des voyages officiels préparatoires, le président Sarkozy tente de convaincre les plus puissants parmi les pays émergents (Brésil, Inde, par exemple) qu’il convient impérativement de trouver le consensus d’un moratoire pour abaisser le taux de gaz à effet de serre… De plus, États-Unis
et Chine avancent pour la première fois des données chiffrées des réductions auxquelles ils pourraient consentir. Bonnes intentions et vœux pieux, effets d’annonce multiples se disputent l’approbation populaire dans un halo d’incertitudes. D’un côté des scientifiques sérieux aidés de journalistes appelés par le sensationnel qui fait vendre du papier, nous annoncent la pire des catastrophes planétaires, de l’autre, d’autres scientifiques, moins nombreux certes, mais non moins puissants nous mettent en garde contre ce qu’ils nomment les « affabulations des demi-savants et des charlatans ».

Aussi l’homme simple se demande-t-il qui doit-je croire ? Les uns qui vivent ici ou là, à quelques dizaines de mètres au-dessus du niveau de la mer, ou plus haut, ou plus éloignés des littoraux, perçoivent-ils cette menace que les peuples des littoraux saisissent journellement ? Les autres qui vivent dans les pays européens tempérés, saisissent fort mal l’inexorable avancée du désert de sable et ne peuvent témoigner d’une expérience existentielle de l’assèchement du lit des fleuves qui est si familière à d’autres vivants au cœur des climats continentaux.

Certes, le glacier du Mont-blanc recule, ceux de l’Everest aussi, et pis, celui du Groenland qui couvrait naguère un quasi continent, se rétrécit comme peau de chagrin. On peut noter encore les tempêtes régulières sur l’Europe occidentale qui ressemblent de plus en plus à des tornades tropicales et le fait aujourd’hui avéré que l’augmentation constante du niveau des Océans provoquera en France dans une cinquantaine d’années la disparition de la Camargue, de la zone côtière du célèbre Marais poitevin, ainsi qu’une moitié de l’île de Ré. Pourtant, une fois passé le souffle des tempêtes, les destructions de biens parfois fort graves et l’étonnement qu’elles suscitent, tout revient à la normale, pas même les sécheresses estivales et l’effondrement des nappes phréatiques n’alarment le bon peuple. Le citoyen roumain quant à lui, hystérisé par des campagnes électorales et une vie politique où l’essentiel
n’est jamais abordé, a-t-il entendu dire une fois que le delta du Danube est menacé purement et simplement de disparition, comme la Camargue ou celui du Gange au Bengale ? Sait-il le peuple roumain que la sécheresse menace simultanément le sud du pays d’une véritable désertification ? Si le peuple est inconscient c’est en partie de sa faute, mais c’est aussi parce que les élites, ces belles âmes démocratiques de la parade du spectacle anticommuniste, ces chantres du libéralisme, voire bien plus rarement ces prétendus critiques d’une pseudo-gauche tout aussi crapuleuse que la pseudo-droite ne s’occupent que de rafistolages idéologiques : la liberté, laquelle ? Celle des prédateurs impunis, voleurs de la richesse collective ! Ou celle d’un soi-disant artiste créateur dont on s’aperçoit bien vite qu’il n’est plus commandé que par le seul goût du lucre ! Et, last but not least, le chevalier de l’anticommunisme sans
plus de communisme , un combat sans risque, sauf à recevoir les prébendes de ses maîtres publics et privés qui l’emploient ! Tout un fatras de bla-bla entretenus par de grotesques demi-savants…

Regardons ce qui se passe et nommons un chat un chat. Dubai, la vitrine de la finance déliée de toute base industrielle vient d’entrer dans l’état d’une faillite retentissante. En une génération, des anciens bédouins sont passés du dos des dromadaires, des tentes plantées dans le désert, d’un ascétisme certain au gratte-ciel de 800 mètres de haut et aux îles artificielles comme centre d’un tourisme hyperluxueux ; en moins de trente ans, ils sont devenus des dirigeants mégalomanes, l’esprit perdu sous l’effet de l’hybris d’un capitalisme fondé sur le crédit illimité (garanti par la rente pétrolière des Émirats) et la spéculation foncière effrénée, pris dans un tournis identique à celui qui alimenta les surprimes étasuniennes sans que personne ne protestât parmi les ONG écologiques ni les gouvernements prétendument soucieux de l’avenir de la planète. Et, en dépit de leur affirmation, mettre en œuvre un
capitalisme « islamique » tempéré par les préceptes économiques de la Charia, on constate qu’il s’agit là, une fois encore, d’une énième imposture du grand, très grand business et ce quelle que soit la religion de ceux qui en sont les acteurs dominants. Classés comme les pays provoquant le pire impact écologique dans la mer (plus que les États-Unis ou la Chine !), ils consomment de l’eau dessalée en masse (environ 2000 litres par jour et par habitant !) et deux millions de litres par semaine pour chacun de sept golfs qui entourent la ville-État plantée dans le désert du Rub al-Khali qui court jusqu’en bordure du Golfe persique!

Avec nombre de non-dits, l’affaire semble mal partie… Aussi Copenhague risque-t-il de ne présenter qu’un spectacle clinquant pour amuser les peuples, mais dans les faits, il se révélera un sinistre flop. En effet, si l’on s’en tient aux gaz à effet de serre, aux ravages chimiques et agronomiques des terres agricoles (intensification de l’usage des engrais chimiques, de la déforestation, de la monoculture), aux abus sans limite du pompage de l’eau dans les nappes phréatiques et son usage irréfléchi, à la sécheresse des terres continentales que cela entraîne et qui augmente, ce ne sont pas des modifications techniques des techniques de production appelées « développement durable » qui seront à même de nous protéger d’une catastrophe planétaire qui est déjà là, devant nous, à nos portes.

La crise écologique du début du vingt et unième siècle révèle quelque chose de bien plus abyssal que la crise économique, bien que cette dernière, pur produit du capitalisme du crédit globalisé, en soit l’un des symptômes parmi d’autres. Cette crise écologique qui devient au fil des ans un authentique désastre global dans le cadre de l’économie de marché planétarisée, révèle l’impasse, la banqueroute, la totale déconfiture du mode-à-être-dans-le-monde de l’homme moderne. Or, il ne s’agit plus de communisme ou d’anticommunisme primaires, secondaires ou tertiaires, il s’agit de ce mode-à-être qui inclut et l’expérience passée du socialisme réel et celle toujours présente du capitalisme arrivé à sa troisième révolution technique, nommé la modernité tardive… Ce mode-à-être se présente comme un Janus bifrons : simultanément le capitalisme financier et son horizon indépassable, le profit comme
Weltanschauung et télos du passé, du présent et du devenir, et le déchaînement de la techno-science comme objectivation totale (idéalement sans reste) où toutes activités humaines et toutes choses naturelles se transforment en connaissance comme possibilité du produire indéfini… Or, ce que proposent les hommes politiques, les scientifiques, les divers agitateurs écologiques ne sont que de piteux palliatifs, pis, des techniques de substitution qui souvent détruisent plus de nature que celles auxquelles elles doivent se substituer (la fabrication de nouvelles générations d’instruments électroniques, d’ordinateurs, de téléphones cellulaires exigent toujours plus de très rares métaux ou de l’or dont les recherchent détruisent encore et encore des pans entiers de forêts vierges congolaises par exemple !) ou des instruments qui défigurent la surface de la terre l’enlaidissant plus encore qu’auparavant (par exemple les
éoliennes sur terre et en mer !).

Ce qui ne sera pas dit à Copenhague sera l’essentiel, lequel est résumé dans l’introduction d’un remarquable petit livre de la physicienne indienne Vadana Shiva qui s’est attachée à la défense du droit des agriculteurs et de la diversité biologique: « La culture mercantile est en guerre avec les diverses cultures du partage, dans lesquelles l’eau est offerte et reçue en tant que don. La culture du plastique, cette production non viable, non renouvelable et polluante, est en guerre avec les civilisations basées sur la terre et la boue, le renouveau et le rajeunissement. Imaginons que la tradition d’offrir de l’eau des Piyaos se perde, et qu’un milliard d’Indiens doive se désaltérer avec de l’eau en bouteille plastique. Combien cela fera-t-il de montagnes de déchets d’emballages ? Quelle sera la quantité d’eau polluée par le stockage de ces déchets ? Or tous les préparatifs de Copenhague ne parlent que de gaz à
effet de serre et de réchauffement de la terre, mais, que je sache, non de ce qui a déjà lieu et qui ne fera que se renforcer, ce que prédisait il y a quinze ans le président de la Banque mondiale (institution peu suspecte de marginalité intellectuelle !), Ismail Serageldin : « Si les guerres de ce siècle [le XXe siècle] ont été celles du pétrole, les guerres du siècle prochain seront celles de l’eau. » En effet, tout est préparé pour ces guerres qui ont déjà commencé et que la vulgate politico-journalistique nous présente souvent et à tort comme des guerres tribales, des guerres mettant aux prises des tenants de l’extrémisme religieux, du terrorisme, alors qu’il s’agit tout bonnement de s’approprier, de voler pour dominer la gestion d’eaux vives (fleuves, rivières et torrents) traversant plusieurs pays riverains. Le texte de Vandana Shiva nous présente un mode-à-être dans le monde qui se fonde sur la consommation
modérée de ressources naturelles avec des moyens techniques venus directement de produits locaux dont le renouvellement n’épuise pas, tant s’en faut, ce même milieu naturel, fût-ce une nature modelée de longue date par le travail de l’homme. Or, pour les grands pouvoirs économiques du monde, il n’est surtout pas question de remettre en question le capitalisme dont le renforcement et la protection semblent toujours à l’ordre du jour. Son motto demeure : toujours plus de production, toujours plus de profits. Voilà donc l’essentiel, hormis une augmentation catastrophique du chômage en Occident qui n’inquiète que dans la mesure il est porteur graves troubles sociaux potentiels.

Mais, comme d’aucuns ont pu le constater, la grande crise économique de l’automne 2008 n’a rien changé à la marche économique de la finance. Les pertes ont été épongées par les gouvernements avec les deniers publics prêtés à taux quasi nuls aux banques, tandis qu’elles-mêmes continuaient à prêter aux particuliers et aux entreprises industrielles et commerciales à des taux bien plus élevés. Ainsi, après un an, le capitalisme de troisième type, comme le Phénix, a ressurgi de ses cendres, régénéré, si bien que les banques ayant survécu à l’ouragan des surprimes en sont sorties renforcées, et la finance plus concentrée qu’auparavant.

Au risque de choquer les esprits légers, ignares, menés par un « idéalisme de rêve » selon l’expression de Nietzsche, il faut dire sans détour que rien de sérieux n’est fait à Copenhague ni ne sera fait plus tard pour sauver la planète d’un désastre annoncé et que le roman de Cormac McCarthy, The Road, suggère et illustre de manière plus foncièrement pessimiste (c’est-à-dire plus réaliste) que le Brave New World d’Huxley.

En effet, les solutions de Vandana Shiva valent pour une Inde où le monde rural représente encore 50% de la population active, aussi pour la Chine où les ruraux sont environ 55% de la population active et pour deux trois grands pays émergents à la puissance industrielle et financière (Brésil, Indonésie). Toutefois, il faut aussi rappeler que depuis une dizaine d’années une majorité de plus en plus marquée de la population mondiale vit dans des villes qui sont devenues des mégapoles monstrueuses pour lesquelles ces solutions d’harmonie consumériste rurale ou pararurale ne sont pas de mise : Tokyo (33 millions), Bombay (22 millions), New York (21 millions), Séoul et Mexico City (20 millions), Delhi (19 millions), San Paolo (18 millions), Shanghai et Lagos (17 millions), Le Caire et Calcutta (15 millions), plus une quarantaine d’autres qui dépassent les 5 millions d’habitants, nous ramènent à la cruelle réalité…

Comment alimenter ces gens et leur fournir l’énergie nécessaire dès lors que bien des activités sont centrées sur des moyens techniques grands consommateurs d’électricité ? Comment les alimenter sans que les rendements et les plantes sélectionnées ne détruisent la terre ? Comment leur assurer de l’eau potable sans que la consommation n’épuise les réserves terrestres ? S’il faut par exemple dessaler l’eau de mer, la consommation d’énergie est si importante qu’elle contribue à la ruine de la terre. À ces remarques réalistes, les discours écologiques ne répondent que par des simulacres ou des faux-semblants ou même n’y répondent pas du tout car ils mettraient en cause le système économique global de domination. Deux thèmes seront particulièrement omis, celui de l’eau d’une part, et, de l’autre, celui des pollutions exportées, les masses de déchets médicaux envoyés depuis l’Europe occidentale vers les
pays du tiers-monde européen (Roumanie et Bulgarie), ou pis, les déchets électroniques expédiés en Afrique où ils empoisonnent les enfants ! Seuls les rejets de CO2 seront le thème de ces débats, car pour le moment ils représentent le seul aspect de la pollution écologique qui semble très partiellement maîtrisable en offrant de nouveaux débouchés à l’industrie… et au profit…

Une première manière propre à ce simulacre de questionnement énonce une piètre contradiction qui, néanmoins, marche auprès des peuples lobotomisés par la publicité et la mise en scène de la convoitise. D’un côté on laisse tomber une larme compassionnelle sur le réchauffement de la terre, la pollution de l’air, la disparition des espèces menacées, de l’autre, on prend des mesures fiscales pour maintenir et augmenter la production et donc la consommation d’automobiles. Mieux, on prévoit que le Mondial de football prévu en Afrique du Sud l’an prochain polluera neuf fois plus que le précédent qui s’était tenu en Allemagne, en raison des trajets en avion plus longs pour y venir … Une seconde manière dévoile la possibilité de profits immenses en faisant fond sur une création accélérée d’objets ou d’action dites écologiques dont on ne dit rien du coût environnemental !

Ce qui en anglais se nomme le « green business » semble devenir, comme l’imposture de l’agriculture bio, une très bonne affaire. Un article publié dans Le Temps de Genève par Luis Lema son correspondant à New York sous le titre « Le green business sera le moteur de l’économie de demain » donne le ton : « Pour le professeur américain Daniel Kammen , les énergies renouvelables constitueront les grandes opportunités économiques dans un avenir pas si lointain. » On pressent déjà les conflits économiques derrière les larmes de crocodile du réchauffement climatique. En effet, dès lors que le développement écologique et « durable » s’articulera sur des notions purement mercantiles, ce qui dominera ce ne sera pas l’attention préventive aux dégâts multiples dus à la production, fût-elle « écologique », mais aux possibilités de profits maxima. Ce ne sera point la terre qui sera au centre du souci de l’homme post
moderne en son habitat terrestre, mais encore et toujours le profit…

Certes, à la veille du sommet les journaux titrent sur l’optimisme qui anime les délégations , mais, en contrepoint et sur la même page on peut lire un autre titre qui dit tout : « Pékin juge prioritaire sa croissance ». Et comme il n’y a pas que Pékin, il y a aussi New Delhi, Brasilia, etc… On comprend que l’optimisme n’est qu’une posture, qu’une volonté d’effet sans réel accord de fond.

De fait les contradictions écologiques formulées par les hommes politiques et les journalistes aux ordres ne posent jamais la seule problématique qui implique la nature abyssale et révolutionnaire des solutions qu’il conviendrait d’envisager. Ce qui aujourd’hui remet en cause la vie de l’homme sur terre n’est rien de moins que son mode-à-être qui, de fait, est son mode-à-produire et à-se-produire, mode de la quantité, puisqu’elle seule assure les très grands profits.

Or, remplacer le produire actuel par un produire écologique toujours fondé sur le quantitatif sera, pendant un temps, le renouvellement bienvenu de la lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit (ce que furent dans les années 1990 le téléphone et l’ordinateur portables). Mais en son fonds rien n’aura changé quant à l’essence du produire capitaliste… Car, que je sache, il s’agit une fois encore du capitalisme (privé ou d’État) comme fabrique du monde, avec toujours le même motto : « toujours plus », « toujours nouveau »… Or, ce qui se produit représente bien plus que le résultat d’une Weltanschauung, c’est l’incarnation de la forme ultime de la métaphysique (cf., Heidegger, « Question de la technique », ou « A propos de la question de l’être ») qui détermine l’horizon des espérances, la formulation du « bon gouvernement » et l’« éthique positive » des hommes. Tant qu’il en sera ainsi, on
peut s’attendre à voir fondre sur nous cette catastrophe dont nul ne peut prédire l’ampleur qu’elle revêtira, mais, à coup sûr, envisager les effets qu’elle déploiera : la violence sauvage et la féroce barbarie de l’éternelle nature humaine quêtant sa survie, celle de l’homo homini lupus.

Claude Karnoouh Paris décembre 2009

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-crise-economique-et-crise-ecologique-41301544.html

11:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, usa, presse, romain, chine, climat, silence, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

18/09/2009

17/09/2009: de Michel COLLON, journaliste politique belge...

Sent: Thursday, September 17, 2009 8:06 PM
Subject: NOUVEAU: Freddy à Tel Aviv, Gabon, Serbie, Tibet, Lockerbie, Chavez, humanitaire...

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23/02/2009

22/02/2009: Marx est plus vivant que jamais ...


From: nicolas
Sent: Sunday, February 22, 2009 10:52 PM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fw: Le vieux semble avoir pris un coup de jeune



----- Original Message -----
, February 22, 2009 9:58 PM
Subject: Le vieux semble avoir pris un coup de jeune


" Ceux qui possèdent les capitaux vont chercher à influencer sur la classe ouvrière pour qu'elle achète de plus en plus de biens chers, de
maisons et de technologie en la forçant à emprunter des crédits de plus en plus élevs jusqu'au moment où les dettes deviendront
irremboursables. Les dettes non remboursées vont amener les banques à la banqueroute et il faudra les nationaliser. C'est ainsi que l'Etat
prendra le chemin qui, en fin de compte, mènera au communisme3

Karl Marx 1867

16:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, banque, bourse, finance, marxisme, socialisme, information, presse, recession, silence, societe, courcelles, romain, histoire, capitalisme, oppression capitaliste, communisme, chomage, crise, medias, television | |  Facebook | |  Imprimer | | |

11/02/2009

09/02/2009: Le "massacre" serbe de Racak n'a jamais eu lieu ...

Sulla vicenda si vedano i numerosi altri documenti da noi diffusi su JUGOINFO: http://it.groups.yahoo.com/group/crj-mailinglist/msearch?MT=Racak+Ranta&MM=contains&pos=20&cnt=10 )


Le "massacre" serbe de Racak n'a jamais eu lieu


1) Le "massacre" serbe de Racak n'a jamais eu lieu (L. Magnin)

2) October 2008: Helena Ranta: Foreign Ministry tried to influence Kosovo reports / Controversy over events that triggered NATO attacks / Ranta speaks out about "Racak massacre" 


=== 1 ===


Le "massacre" serbe de Racak n'a jamais eu lieu

Le prétexte qui a justifié le bombardement de la Yougoslavie était un énorme mensonge

Louis Magnin
 
La Dr Helena Ranta, responsable de l'équipe d'enquêteurs sur le terrain, révèle comment elle a été obligée de confirmer la version officielle d'une sinistre mise en scène.
 
Helena Ranta, une spécialiste finlandaise de médecine légale de renommée mondiale, âgée de 62 ans, vient de publier sa biographie à Helsinki, écrite avec l’aide de Kaius Niemi, un des directeurs du journal Helsingin Sanomat. Elle était la responsable de l’équipe d’enquêteurs internationaux chargée sur place du rapport sur les événements qui s’étaient déroulés dans le village de Racak, au Kosovo, où 45 cadavres avaient été découverts en 1999. La sinistre trouvaille avait été immédiatement transformée par les médias occidentaux en un massacre de civils albanais attribué aux Serbes, suscitant l’indignation mondiale, et servant de prétexte justificatif du bombardement de la Yougoslavie. Dans son livre, Helena Ranta fait des révélations spectaculaires sur les pressions qu’elle a subies pour accréditer la fausse version de la culpabilité serbe, faisant ainsi voler en éclats un des plus grands mensonges de la guerre dans les Balkans. 
Elle y raconte que William Walker, le chef américain de la mission de l’OSCE au Kosovo pendant l’hiver 1998-1999, a brisé son crayon en bois et lancé les morceaux à sa figure, furieux des conclusions de son rapport, qui n’avaient pas utilisé “un langage suffisamment convaincant” à propos des atrocités serbes. Elle y décrit les pressions de trois fonctionnaires du ministère finlandais des Affaires étrangères qui exigeaient d’elle “des conclusions plus approfondies”. “J’ai conservé leurs e-mails” a-t-elle dit à son éditeur à Helsinki. 

Une déclaration imposée 

En 1999, elle avait été obligée de déclarer à la presse “oui, il s’agit d’un crime contre l’humanité”. Mais le journaliste finlandais Ari Rusila, expert pour les Balkans, écrit dans un article sur le livre d’Helena Ranta que, pendant son enquête, elle avait voulu que ses résultats ne soient en faveur ni des uns ni des autres et avait essayé de se soustraire aux infleunces politiques, mais que, dès le début, elle travaillait sous une intense pression de sa hiérarchie et des médias. Les autorités voulaient qu’elle prouve que les coups de feu ayant tué les victimes étaient les coups de grâce d’une exécution. L’objectif de Walker était d’aider l’UCK et de mettre en scène un massacre attribué aux Serbes permettant l’intervention militaire des Occidentaux, qui s’est produite au printemps 1999. 
Ranta précise que le chef à l’époque de la section politique du ministère, Pertti Torstila, aujourd’hui secrétaire d’Etat, lui a demandé de retirer de son rapport un commentaire “modérément critique” de la politique du gouvernement. Torstila a démenti cette affirmation en se prétendant “stupéfait”. 
L’intérêt de ces révélations est qu’elles confirment de façon définitive des doutes qui se manifestaient déjà à l’époque. Un article du 1er février 2001 de FAIR (Fairness & Accuracy in Reporting – Equité et exactitude dans le reportage) fait état du black-out des médias à leur propos. Il revient sur le déroulement des faits. 

Un “horrible massacre” 

En janvier 1999, William Walker annonce que les soldats serbes ont massacré 45 Albanais du village de Racak. Il qualifie la tuerie d’“horrible massacre”, précisant que les victimes étaient toutes des civils, brutalement exécutés, certains d’entre eux même mutilés après leur mort. 
Une fois l’histoire du massacre évoquée dans ses plus bouleversants détails par les grands médias du monde entier, la poussée vers la guerre s’est intensifiée et les alliés européens hésitants ont fait un pas décisif en ce qui concernait l’autorisation de frappes aériennes. Selon un article du Washington Post du 18 avril 1999, “Racak a transformé la politique balkanique de l’Occident comme peu d’événements isolés ont pu le faire.” 

Des doutes font surface 

Des questions troublantes ont pourtant vite vu le jour, mettant le massacre en doute et évoquant la possibilité que l’incident ait été manipulé pour pousser l’OTAN à la guerre, mais elles ont été complètement ignorées par les médias américains de l’époque. 
Des articles importants de correspondants chevronnés en Yougoslavie s’interrogeant sur la version de William Walker ont pourtant été publiés par des journaux français comme Le Figaro (“Nuages noirs sur un massacre”, 20/1/99), et Le Monde (“Les morts de Racak ont-ils réellement été massacrés de sang-froid ?”, 21/1/99). Le quotidien allemand Berliner Zeitung a rapporté, le 13/3/99, que plusieurs gouvernements, dont l’Allemagne et l’Italie, demandaient à l’OSCE de renvoyer William Walker, à la lumière d’informations reçues de contrôleurs de l’OSCE au Kosovo selon lesquelles les corps de Racak “n’étaient pas – comme le prétend Walker – des victimes d’un massacre serbe de civils” mais ceux de combattants de l’UCK tués au combat. 

Un rapport occulté pendant deux ans 

Le Sunday Times de Londres (12/3/99) a écrit que l’équipe d’observateurs américains de Walker travaillait secrètement avec la CIA pour pousser l’OTAN à la guerre. Selon le journal, “Les diplomates européens collaborant à l’époque avec l’OSCE affirment avoir été trahis par une politique américaine rendant les frappes aériennes inévitables.” 
Après le massacre, l’Union européenne a embauché l’équipe de scientifiques finlandais dirigée par Ranta pour enquêter sur les morts. Son rapport a été gardé secret pendant deux ans. Les médias US l’ont ignoré, malgré le fait que le rapport ait conclu qu’il y avait eu en effet des morts à Racak, mais qu’il n’y avait aucune preuve de massacre. 
Selon le Berliner Zeitung du 16/1/01, les enquêteurs finlandais n’ont pas pu établir que les victimes étaient des civils, s’ils étaient de Racak, ni où ils avaient été tués. De plus, ils n’ont trouvé qu’un seul cadavre montrant des traces d’exécution, et aucune preuve que des corps aient été mutilés. Le journal précise que ces conclusions avaient été finalisées en juin 2000, mais qu’elles ont été occultées par l’ONU et l’UE. Aucun journal américain n’en a parlé. 
Un second article de FAIR, daté du 18 juillet 2001, soulève à nouveau des questions. 
De nouvelles informations sur l’incident de Racak ont vu le jour. 

Des douilles introuvables 

Selon le documentaire de la Canadian Broadcasting Company, “La route de Racak” (The World at Six, 29/5/2000), quand l’envoyé spécial du Figaro Renaud Girard est arrivé au village, il a été surpris de voir que William Walker n’avait pas isolé la scène du crime pour permettre l’enquête. Il s’est également étonné de ne trouver pratiquement aucune douille sur le sol. “C’était étrange, a-t-il dit à la CBC. Peut-être quelqu’un les avait ramassées.” De retour à Pristina le même jour, il a parlé à son confrère Christophe Cha-telot du Monde de l’apparente absence de douilles. Chatelot a demandé à l’un des observateurs de Walker, un capitaine de l’armée américaine, pourquoi on n’en avait pas trouvées. “C’est parce que je les ai prises, a répondu le capitaine, j’en fais collection.” Le capitaine “a déclaré à Chatelot qu’il avait ramassé toutes les douilles en arrivant sur la scène.” 
Intrigué, Chatelot est retourné à Racak le lendemain. Quand il a essayé de trouver le capitaine américain, celui-ci était “tout à coup introuvable”. Chatelot affirme que la mission de l’OSCE lui a dit : “Nous ne le connaissons pas. Il n’a jamais été ici.” Quand il a demandé à parler aux quatre contrôleurs qui étaient présents à Racak et dans ses environs le jour de la tuerie, on lui a dit que leurs noms étaient subitement devenus un secret “classé confidentiel”. “C’est très curieux”, a-t-il dit à la CBC. 

Des agents de la CIA 

Plus tard, il est apparu que l’équipe d’observateurs américains de Walker était en grande partie composée d’agents secrets appartenant à la CIA. 
Dans son discours à la nation du 19 mars 1999, annonçant la décision de l’OTAN de lancer les frappes aériennes sur la Yougoslavie, le président Bill Clinton a dit : “Au moment où nous nous préparons à agir, nous devons nous rappeler des leçons apprises dans les Balkans. Nous devons nous souvenir de ce qui est arrivé dans le village de Racak en janvier – des hommes innocents, des femmes et des enfants ont été arrachés à leurs foyers, amenés dans un ravin, forcés à s’agenouiller dans la boue et mitraillés – pas pour quelque chose qu’ils auraient fait, mais simplement pour ce qu’ils étaient.” 
Tout récemment, le Byzantine Blog a marqué le neuvième anniversaire de l’affaire de Racak en rappelant que le jour de Noël 1993, 49 civils serbes avaient été massacrés dans le village bosniaque de Kravice par des troupes musulmanes basées à Srebrenica, un épisode qui n’a entraîné qu’une prudente condamnation des responsables internationaux, bien loin de l’impitoyable bombardement de 78 jours qui a suivi la mort à Racak de 45 Albanais armés. 
Le site en profite pour rappeler quelques détails supplémentaires que nos grands médias ont passé sous silence. 

Une brigade sur place de l’UCK 

Dès son arrivée sur place, Walker a accusé la police serbe du massacre, alors que c’était une police yougoslave multiethnique qui menait les actions antiterroristes au Kosovo. Ses opérations ont été suivies par les contrôleurs de l’OSCE, deux équipes de télévision étrangères et un grand nombre d’envoyés spéciaux de différents pays : aucun d’entre n’a assisté à un massacre avant que Walker n’en ait vu un. Au début de janvier 1999, le poste de commandement d’une brigade de l’UCK de 126 hommes avait été installé à Racak. Parmi eux se trouvait la famille Mujota, connue pour avoir assassiné six policiers serbes. Les villages environnants de Petrovo, Luzak et Rance étaient sous le contrôle de l’UCK. 

Une opération contrôlée par l’OSCE 

La police yougoslave a informé la mission de l’OSCE de son intention de lancer un raid anti-terroriste sur le village de Racak. L’action a débuté à 8 heures. Selon Renaud Girard, la police n’avait rien à cacher, puisqu’à 8 h 30 elle a invité une équipe de TV (deux reporters d’Associated Press) à filmer l’opération. Des membres de l’OSCE étaient présents et des contrôleurs ont observé le village pendant toute la journée à partir d’une vallée voisine. 
A 15 h, un rapport de la police a été rendu public par le International Press Center de Pristina, qui précisait qu’au cours des combats à Racak, 15 terroristes de l’UCK avaient été tués, et qu’une quantité significative d’armes avait été confisquée. A 15 h 30, les forces de police, accompagnée par l’équipe de TV d’Associated Press, ont quitté le village, emportant une pièce lourde d’artillerie de calibre 12,7 mm, deux engins d’artillerie portables, deux fusils de snipers et 30 kalashnikovs fabriqués en Chine. A 16 h 30, un reporter français a traversé le village en voiture, et y a vu trois véhicules oranges de l’OSCE. Les contrôleurs internationaux parlaient tranquillement avec trois adultes albanais en civil. Ils cherchaient des civils éventuellement blessés. En retournant au village à 18 h, le reporter les a vus emmener deux femmes et deux vieillards légèrement atteints. 

126 terroristes et 4 instructeurs 

Au centre du village, dans une maison où avait été installée la base de l’UCK, la police a trouvé un ordinateur contenant des informations sur la brigade de l’UCK et la liste de ses 126 membres, dont faisaient partie quatre personnes avec des noms anglo-saxons, qui ont été considérées comme des instructeurs étrangers. 
Quand les policiers yougoslaves ont investi le village, et commencé à sécuriser les routes et les tranchées, ils ont été attaqués par les Albanais à partir du Lake Mountain (Jezerska planina) et des villages avoisinants. Pris sous le feu d’une forte offensive et placés en contre-bas, ils ont du se replier. C’est alors qu’a eu lieu la grande mise en scène destinée à impressionner le monde entier. 

Des cadavres déplacés et rhabillés 

Les membres de l’UCK revenus dans Racak ont récupéré dans les ravins et vallons les corps des Albanais tués pendant le combat et les ont rassemblés dans un champ où auparavant il n’y en avait aucun. L’équipe de TV d’AP qui était entrée plus tôt dans le village avec la police a certifié que le champ où on avait empilé les cadavres des victimes soi-disant exécutées était à ce moment vide. Les Albanais ont rhabillé en civils une quarantaine de morts, et ont emmené les autres cadavres en uniforme à Budakovo, où ils les ont probablement enterrés. 
Le lendemain matin tôt, Walker est arrivé au champ pour indiquer comment les corps devaient être disposés pour faire croire à un massacre. La mise en place achevée, il a fait venir les équipes de TV et les journalistes. La description détaillée de l’épisode figure dans le livre du reporter Milorad Drecun intitulé “La seconde bataille du Kosovo”, au chapitre “Le mensonge de Racak”. 

Les frappes “humanitaires” 

L’agence Tanjug rappelle, à l’occasion de cet anniversaire, que la secrétaire d’Etat US de l’époque, Madeleine Albright, avait dit à CBS que “des dizaines de personnes avaient été égorgées à Racak” et que la seule solution était “des frappes aériennes humanitaires sur la Yougoslavie”. 
Dossier préparé par Louis MAGNIN. 
B. I. n° 138, décembre 2008.

21:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, actualite, mensonges, romain, histoire, guerre, paix, fascisme, imperialisme, colonialisme, europe, euro-dictature, usa, presse, medias, information, television, silence, otan, kosovo, nazisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

26/12/2008

14/12/2008: Une certaine écologie est-elle un égoisme de classe bobo ?

----- Original Message -----

Sent: Sunday, December 14, 2008 9:15 PM
Subject: Une certaine écologie est-elle un égoisme de classe bobo ?

Si l'on en croit les sondages d'opinions, 75% des électeurs du parti Vert en Allemagne appartiendraient au 25% de la tranche supérieure des
revenus allemands. Les enquêteurs n'ont pas trouvé ...un seul ouvrier parmi les électeurs de ce parti. ...Même si ce parti a mis dans sa
direction un "Turc", visiblement aussi branché que hussein obama, un peu plus peut-être que condoléances Rice ou le "chimiste aux fiolles"
collin powell, eux, un peu déconnectés ces derniers temps.

Une thèse apparait, peut-être à cause de la crise, et l'écologie "coute" cher;
 peut-être à cause de l'apparition d'une classe de bobos écolos branchés ex-68ards bourgeois qui, avec un cynisme illimité, brandit
humanitarisme guerrier de salon et soucis pour les papillons et les baleines (et mépris des "classes dangereuses" : vive la prostitution libre au
Kosovo ! Liberté pour les mafias albanaises ! Mort a Saddam là mais à bas la guillotine ici ! Vive la théodémocratie tibétaine écolo ! Vive la
sagesse des moines esclavagistes tibétains et harro sur les barbus de nos "sales" banlieues ! Danton contre Robespierre ! ingérence
humanitaire là-bas, indifférence humaniste ici ! etc, etc.).
 Peut-être est-ce aussi à cause du ras-le-bol devant la "civilisation de la peur" (dixit Tariq Ramadan), que nos élites nous construisent :
pollution, mafias, terrorismes, délinquances, etc, autant de peurs (imaginaires ? inventées ? manipulées ?) qui poussent les bourgeois riches
vers les "gated cities" écolos, "hygiéniques", stérilisées ...et stériles. A propos, le mot "écologie" a été inventé en Allemagne à la fin du XIXe
siècle dans les milieux scientifiques allemands proches de la droite guerrière extrémiste et biologiste. Pas très lumineux tout cela.

Alors cette thèse vaut la peine qu'on y réfléchisse. L'écologie n'est-elle pas, en partie au moins, réactionnaire ?

Si l'on en croit l'interprétation de l'écologie donnée par le comique US-américain George Carline, l'écologie serait une forme d'égoïsme de
classe :

"... Les gens passent d'un jour à l'autre, en ayant peur à chaque minute, en fait de tout. De l'air, de l'eau et de la terre. Appeurés par les
produits insecticides, les pesticides, les émulsifiants dans la nourriture, les produits cancérigènes. Appeurés par les produits radio-actifs et
l'amiante. Appeurés par la disparition des espèces. (...) Or, 90% de toutes les espèces qui ont vécu sur la terre ont disparu. Elles sont mortes !

Nous ne les avons pas toutes tuées. Elles ont tout simplement disparu. C'est une loi de la nature. 25 espèces disparaissent chaque jour,
indépendamment de nos activités. Indépendamment de ce que nous faisons sur cette planète, il y a 25 espèces qui existent aujourd'hui et qui
disparaitront demain. (...)
 
Je suis fatigué de toute cette gangrène. Très fatigué. Fatigué par cet enc... de "Jour de la Terre", fatigué par ces écologistes contents d'eux-
mêmes, des blancs, des bourgeois libéraux qui pensent que le seul malheur existant, c'est le nombre insuffisant de pistes cyclables.
    Ils cherchent en fait à avoir de l'espace sécurisé pour leurs volvos ! Ils s'en foutent de la planète. Vous savez ce qui les intéressent ? Un
espace propre, entretenu, pour pouvoir vivre. Dans leur propre milieu. Ils se font du soucis, car un jour ils sentent qu'ils pourraient rencontrer
de l'inconfort. Cet égoïsme étroit, éloigné de toute esprit lumineux, ne m'impressionne pas. A part cela, il n'y a rien de mal qui se passe avec
notre planète. Rien de mal.

   La terre va bien. Ce sont les gens qui sont devenus idiots. La terre est là depuis quatre milliards et demis d'années. Nous, depuis 100 000
ans ...Et nous devrions penser que nous représentons une menace pour cette belle boule bleu-verte qui tourne autour du Soleil ? ....."

une thèse à mettre au dossier de notre réflexion.
BD

__._,_.___ 

21:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, courcelles, capitalisme, exploitation, exploitation capitaliste, histoire, medias, presse, propagande, politique, romain, silence, societe, verts, ecolo, environnement, nature, mensonges, information | |  Facebook | |  Imprimer | | |

22/11/2008

21/11/2008: "les americains ont realise la plus grande escroquerie financiere de l'humanite"...

 

 

Sent: Friday, November 21, 2008 8:18 PM
Subject: [Transfer_info] CRISE : Les USA ont realisé la plus grande escroquerie financière de l'humanité

 "les americains ont realise la plus grande escroquerie financiere de l'humanite"

 
nov 02 2008
 

L´élection annoncée de Barack Obama sera interprétée comme

une régénération de la démocratie américaine, affirme Emmanuel Todd.

Suffira-t-elle pourtant à opérer les ruptures espérées?

Historien, démographe, auteur en 2002 d´un «essai sur la décomposition

du système américain», Todd ne cache pas sa perplexité.

S´il accueille avec enthousiasme l´accession d´un président noir

à la Maison-Blanche, il craint, dit-il, que l´événement ne s´inscrive

dans un «processus de dislocation».

- Voilà six ans, vous dressiez le tableau d´un pays devenu «un facteur

de désordre international». Une élection de Barack Obama pourrait-elle

modifier ce constat?
- Elle donnera dans un premier temps l´image d´une Amérique qui rebondit.

Avec Bush, on a eu le pire des présidents - une sorte de Rantanplan, qui

 fait la guerre, qui par sa maladresse accélère la destruction de l´empire américain.

Avec Obama, resurgit le visage d´une Amérique optimiste et dynamique.

Une Amérique civilisée, à la politique étrangère plus raisonnable, qui aspire à

se retirer d´Irak, qui ne veut pas déclarer la guerre à l´Iran.

Une Amérique qui pourrait néanmoins rester aussi anti-russe que la précédente,

les démocrates ciblant la Russie comme le seul véritable adversaire

stratégique des Etats-Unis.

Dans le climat actuel de débâcle, de déroute financière et morale, et compte-tenu

de la responsabilité inouie de l´Amérique dans le désordre du monde, la victoire

d´Obama va permettre aux pro-Américains des pays occidentaux de dire que

l´Amérique est redevenue merveilleuse. Elle redonnera quelques années

de vie supplémentaires à l´empire.

- L´accession d´un élu noir à la Maison-Blanche ne confirme-t-elle pas

les mutations intervenues au sein de la société américaine?
- Il se produit des événements vraiment extraordinaires aux Etats-Unis.

L´implosion du système financier et du mythe économique, d´un côté;

l´implosion de la structuration raciale, de l´autre. On comprend dans ces conditions

que les Américains vivent dans une sorte d´état d´apesanteur.

Cela dit, si l´affaissement du sentiment racial est évidemment une bonne

nouvelle, le racisme aura vraiment disparu le jour où les électeurs n´attendront

rien de particulier d´un président noir.

Obama est un homme politique américain. Son discours est truffé des

habituelles références aux valeurs religieuses. Il est entouré des personnalités

issues de l´establishment démocrate - ces mêmes démocrates qui ont, plus

nombreux encore que les républicains, voté les subventions au système bancaire.

- L´élection de Barack Obama ne plaide-t-elle pas pour la vitalité

de la démocratie américaine?
- Ce qui se passe est étrange, et paradoxal.

Si l´on observe l´histoire des Etats-Unis, on constate en effet que le racisme

n´est pas du tout un petit défaut de la démocratie blanche: il en est le fondement.

 Au départ, les colons anglais n´attachaient pas une grande importance à

la valeur de l´égalité, que ce soit dans la famille ou ailleurs.

Ce qui a permis alors d´assimiler des Européens d´origines très diverses,

c´est la fixation de la différence sur les Indiens et les Noirs.

Dans l´Amérique jacksonienne, le président était un héros des guerres contre

les Indiens. Le racisme a été le moteur de l´émergence démocratique.

Aujourd´hui, on assiste à l´avènement d´une ploutocratie irresponsable:

la montée des inégalités constitue la dynamique fondamentale de la société

américaine. L´Amérique cesse d´être démocratique au sens économique du terme.

Le racisme y est en baisse, mais la démocratie est malade.

Elle pourrit sous nos yeux. Dès lors, j´ai peur que l´on tombe très vite de haut.

Une partie de l´oligarchie est derrière Obama. Il a du reste ramassé plus d´argent

chez les riches que McCain. Son élection sera interprétée comme une regénération

de la démocratie américaine. J´ai quant à moi le sentiment qu´elle fait plutôt

partie d´un processus de dislocation.

- Les Etats-Unis comptent certaines des meilleures universités du monde.

Ils attirent de partout les capitaux, les chercheurs, les entrepreneurs

de la nouvelle économie. Ces atouts-là ne leur assurent-ils pas une place

centrale dans la compétition internationale?
- Quelques universités sont en effet très bonnes. Mais la majorité d´entre elles

est d´une médiocrité absolue.

Sur le terrain de la production scientifique et technologique, les chiffres

sont sans équivoque: l´Europe est redevenue le centre de gravité du monde.

Ce sont les Européens qui savent construire les centrales nucléaires modernes,

ou qui fabriquent des avions gros porteurs - même avec retard.
L´ouragan Katrina avait en 2005 constitué un premier moment de vérité.

On a compris tout à coup que les Américains ne disposaient pas d´assez

d´ingénieurs pour protéger les villes, ou les reconstruire. Je pense aussi que

le conflit au Caucase a contribué au cours de l´été dernier à précipiter

la crise financière. L´inexistence de l´Amérique a été perçue comme

un moment d´atterrissage dans la réalité.

- Il reste pour l´industrie américaine des secteurs porteurs.

L´informatique, la Silicon Valley...
- Si l´on songe à ce qu´étaient les Etats-Unis en 1945, il serait étonnant

qu´il ne reste rien de leur puissance industrielle et technologique.

Mais alors qu´ils étaient excédentaires dans tous les domaines,

ils enregistrent aujourd´hui un déficit commercial de 800 milliards de dollars.

La vitesse de régression est hallucinante, et elle n´épargnera pas l´informatique:

l´Inde va bientôt porter l´estocade.

- Le projet économique du candidat démocrate peut-il contrecarrer

la dépression qui menace?
- Il n´a pas de programme économique. Au début de sa campagne, il a

bien proposé quelques mesures protectionnistes, mais le déficit commercial est

tel que le protectionnisme entraînerait dans une première période une baisse

dramatique du niveau de vie.
Obama se confond avec son image. Or les difficultés américaines vont bien

au delà d´une image. Pour le moment, le dollar tient, car à l´extérieur, des institutions,

des gens riches, des Etats veulent que les Etats-Unis restent au centre du monde.

Mais la situation ne changera pas: elle devrait même se dégrader encore.

La question est maintenant de savoir comment, avec la fin de la mécanique

des subprimes, on va donner aux Américains les moyens financiers de continuer

à vivre aux frais de la planète.

- Les Etats-Unis gardent une forte capacité d´influence sur les leaders

d´opinion du monde occidental. Leur image est-elle en train de se troubler?
- L´Amérique, c´est une image. On ne peut en parler sans évoquer le cinéma,

 les scénarios de feuilletons télévisés, Hollywood.

Il y a dans tout ce qui est américain un côté extraordinairement virtuel.

Et voilà que par étape on voit émerger la réalité.

Il sera en ce sens très intéressant de suivre l´évolution de l´opinion dans

les oligarchies financières occidentales. Elles éprouvent un sentiment de solidarité

avec l´Amérique. Mais elles viennent aussi de se faire plumer...

Je n´aimerais pas être en ce moment un ploutocrate français de la sphère

financière.

- La notion d´«hyperpuissance» a-t-elle un sens pour vous?
- Dans le domaine militaire, le monde est déjà multipolaire. L´incertitude tient

aux illusions que les Américains entretiennent encore sur eux-mêmes.

Ils sont un peu comme les Russes, au moment de l´effondrement (??????) du

communisme. Lorsqu´ une puissance de cette nature possède encore une armée,

elle n´est pas à l´abri de réactions irrationnelles.
Les Etats-Unis ont également perdu la place centrale qu´ils occupaient sur

le terrain économique. Avec l´aventure des subprimes, ils ne viennent pas

moins de réaliser la plus grande escroquerie financière de l´histoire de

l´humanité. Autrement dit, ils ne sont plus dans ce domaine une hyperpuissance,

mais compte-tenu de l´absence de régulation de l´économie mondiale,

ils détiennent une «hypercapacité de nuisance».

Emmanuel Todd vient de signer chez Gallimard «Après la démocratie».

Source : TdG

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15:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, romain, belgique, presse, medias, histoire, imperialisme, courcelles, colonialisme, silence, actualite | |  Facebook | |  Imprimer | | |

24/10/2008

03/10/2008: La Chine critique la politique financière des Etats-Unis ...

La Chine critique la politique financière des Etats-Unis
Peter Franssen  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Le quotidien du Parti communiste chinois estime qu’il faut un nouvel ordre financier mondial qui ne soit plus dépendant des États-Unis et du dollar. La politique financière américaine est responsable de la crise, écrit l’éditorialiste. La question sous-jacente est celle-ci : Pourquoi le monde devrait-il payer l’addition ?
 
Le commentaire se trouve dans l’édition pour l’étranger du People's Daily (17 septembre). L’éditorial est de la plume du professeur Shi Jianxun de l’université Tongji à Shanghai. « La crise aux États-Unis montre qu’il y a de grands manquements dans le contrôle et la surveillance du monde financier américain. Cette situation à provoqué la faillite de (la banque d’affaires) Lehman Brothers et elle peut dégénérer en un véritable tsunami financier. La faillite de Lehman Brothers peut avoir un effet domino. Elle aura également un contrecoup négatif sur l’économie dans d’autres pays. Le monde a un urgent besoin d’une monnaie diversifiée et d’un ordre financier qui soit juste et non plus dépendant des États-Unis », écrit le professeur Shi Jianxun.

Le dollar perd de son statut

En novembre dernier, le monde financier avait déjà été effrayé par un discours de Cheng Siwei, le vice-président du Parlement chinois. À ce moment, la Chine disposait de presque 1500 milliards de dollars en réserves de devises étrangères. Cheng déclarait : « La Chine doit équilibrer ses réserves de façon à ce que les devises fortes comme l’euro contrebalancent les devises faibles comme le dollar. »

Au même moment, un haut fonctionnaire de la Banque nationale chinoise disait que le dollar était « occupé à perdre son statut de principale monnaie de réserve dans le monde ».

Certains décideurs politiques estiment donc que la Chine ferait mieux de se couvrir contre les oscillations de cours du dollar en diversifiant ses devises étrangères. L’article de tête du People's Daily montre que ce point de vue gagne en influence dans les hautes sphères de l’État chinois.

Les conséquences négatives de la crise

La faillite de Lehman Brothers a des conséquences négatives immédiates pour trois banques chinoises qui ont des parts de Lehman ou de ses filiales. La China Merchants Bank a pour 70 millions de dollars d’actions de Lehman Brothers. L’Industrial & Commercial Bank of China pour 151 millions de dollars et la Bank of China pour 75 millions de dollars plus 53 millions de dollars de prêts à Lehman. Il est très vraisemblable que les Chinois peuvent faire une croix définitive sur ces 350 millions de dollars.

Ce sont les pertes immédiates. Ensuite, l’économie chinoise, à l’instar de l’économie mondiale, va également subir l’influence négative de la crise financière aux États-Unis. Le People's Daily écrit que la faute en incombe à la politique américaine. Ce que bien des banquiers centraux ailleurs dans le monde pensent également. Cette critique renforce, et pas dans une moindre mesure, le groupe de pays qui veulent se débarrasser de l’hégémonie du dollar. Aucun pays n’a envie de payer pour ce que même le candidat à la présidence Barrack Obama appelle « l’échec total de notre politique financière ».

Le chœur s’étoffe

Les deux bourses pétrolières dominantes dans le monde sont celles de Londres et de New York. Les deux sont aux mains d’entreprises américaines. Le pétrole, cela va de soi, est traité en dollars. Mais, à la mi-février de cette année, une bourse iranienne du pétrole s’est ouverte. L’or noir n’y est plus traité en dollars, mais en rial, la monnaie iranienne.

Une semaine avant l’ouverture de la bourse iranienne, Abdullah al-Badri, secrétaire général de l’OPEP, avait déclaré que, dans les dix ans à venir, les pays exportateurs de pétrole auraient troqué le dollar pour l’euro.

Le ministre irakien du pétrole, Hussein al-Shahristani, a dit à cette occasion : « L’OPEP va instaurer une commission afin d’étudier le passage du dollar vers toute une corbeille de monnaies. »

Au sein de l’OPEP, le Venezuela s’emploie en même temps que l’Iran à une accélération de ce processus.

D’autres pays producteurs de pétrole ne faisant pas partie de l’OPEP, telles la Norvège et la Russie, sont également prêts à laisser tomber le dollar. La décision de deux ou trois autres pays supplémentaires de passer à l’euro, au yen ou à une corbeille de monnaies est sans doute suffisante pour envoyer par le fond le navire amiral de l’hégémonie du dollar dans le monde, c’est-à-dire le pétrodollar. D’où ce commentaire de ce spéculateur hors format qu’est George Soros, au printemps dernier : « Le monde fonce vers la fin de l ‘ère du dollar. »

Jusqu’à présent, les États-Unis ont pu exporter la majeure partie de leur crise économique, tout simplement en augmentant le volume des dollars. Le monde avait besoin de ces dollars car le pétrole et les autres matières premières sont traités en dollars. C’est ainsi que 70 pour cent de toutes les réserves étrangères dans le monde sont constituées en dollars. Cette masse de dollars n’est plus, depuis bien longtemps, en rapport avec le volume réel de l’économie des Etats-Unis.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand la Grande-Bretagne et la livre britannique se sont retrouvées grièvement blessées, c’est le dollar qui est devenu la monnaie d’échange de la planète. Le point de vue du People's Daily montre que cette période court à sa fin.


Les lignes ci-dessus sont de la plume de Peter Franssen, rédacteur de www.infochina.be, le 19 septembre 2008.
 

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11/10/2008

23/09/2008: Les Etats-Unis ont besoin d’un esprit révolutionnaire...

 

sur: www.michelcollon. info

Les Etats-Unis ont besoin d’un esprit révolutionnaire

Howard Zinn  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Al Jazeera s’entretient avec Howard Zinn, écrivain, historien de l’Amérique, critique social et activiste, de la manière dont la guerre en Irak a changé le regard des autres sur les Etats-Unis et des raisons pour lesquelles « l’Empire » serait près de l’effondrement.
 
9 septembre 2008


Howard Zinn: Depuis un certain temps, et à coup sûr aujourd’hui, l’Amérique évolue vers moins de pouvoir et moins d’influence dans le monde.

Manifestement, depuis la guerre en Irak, le reste du monde s’est détourné des Etats-Unis et, si la politique étrangère américaine persiste dans cette voie agressive, violente et indifférente aux sentiments et réflexions des autres peuples, alors oui, l’influence des Etats-Unis va poursuivre son déclin.
C ‘est l’empire le plus puissant qui ait jamais existé tout en étant en train de s’écrouler, un empire qui n’a pas d’avenir… parce que le reste du monde lui devient étranger et tout simplement aussi parce qu’il croule sous les engagements militaires, avec des bases partout dans le monde alors qu’il est à bout de ressources sur son propre territoire.

Cette situation entraîne un mécontentement croissant au pays et je pense que l’empire américain va dès lors suivre le chemin des autres empires avant lui, c’est ce qui est en train de se produire.


Question : Y a-t-il un espoir de voir les Etats-Unis aborder sous un autre angle le reste du monde ?

HZ : s’il y a un espoir, il ne peut être porté que par le peuple américain.

Par un peuple américain suffisamment révolté et indigné par ce qui est arrivé à son pays, par la dégradation de son image aux yeux du monde, par l’épuisement de ses ressources humaines, les carences en éducation et dans le domaine de la santé ainsi que par la mainmise du monde des affaires sur la politique, avec les répercussions que cela entraîne sur la vie au quotidien du peuple américain.

Sans compter les prix à la hausse de la nourriture, l’insécurité croissante et la mobilisation des jeunes pour la guerre.
Je pense que tout cela peut faire naître un mouvement de révolte.

Nous avons assisté à des soulèvements dans le passé : le mouvement ouvrier, les droits civils, la mobilisation contre la guerre au Vietnam. Je pense que si les Etats-Unis poursuivent dans la même direction, nous pourrions assister à la naissance d’un nouveau mouvement populaire. C’est le seul espoir pour les Etats-Unis.


Q : Comment les Etats-Unis en sont-ils arrivés là ?

HZ : Si nous en sommes arrivés là, je présume que c’est parce que la population américaine a laissé les choses se dégrader à ce point, c’est-à-dire qu’il s’est trouvé assez d’Américains pour s’estimer satisfaits de leur situation, juste assez.

Bien sûr, beaucoup d’Américains ne le sont pas, c’est pourquoi la moitié de la population ne vote pas, elle se sent exclue.
Mais il y a juste assez d’Américains qui sont satisfaits, qui estiment recevoir assez de petits cadeaux de l’Empire, juste assez de personnes suffisamment satisfaites pour perpétuer le système. Nous en sommes arrivés là grâce à l’aptitude du système à se maintenir en satisfaisant juste assez de monde pour maintenir sa légitimité.
Mais je pense que cette époque sera bientôt révolue.


Q : Que devrait savoir le monde à propos des Etats-Unis ?

HZ : Je pense que beaucoup dans le monde ignorent qu’il existe une opposition aux Etats-Unis.

Très souvent, les gens dans le monde croient que Bush est populaire chez nous, ils pensent : « oh, il a été élu à deux reprises » ; ils ne comprennent pas la perversité du système politique américain qui a permis à Bush de l’emporter deux fois.
Ils ne comprennent pas la nature fondamentalement anti-démocratique d’un système dans lequel tout le pouvoir est aux mains de deux partis qui ne diffèrent guère l’un de l’autre et dont les gens ne peuvent saisir les différences.

Dès lors, nous sommes dans une situation où il va falloir des changements fondamentaux de la société américaine si nous voulons que la population soit à nouveau en harmonie avec elle.


Q : Pensez vous que les Etats-Unis puissent se remettre de leur situation actuelle ?

HZ : Et bien, j’espère en un rétablissement mais à ce jour, nous n’avons rien vu venir.

Vous m’avez interrogé au sujet de ce que le reste du monde ignore à propos des Etats-Unis et, comme je vous l’ai dit, il ignore l’existence d’une vraie opposition.
Il y a toujours eu une opposition, mais elle a toujours été écrasée ou anesthésiée, maintenue à l’ombre ou marginalisée en sorte que sa voix ne puisse être entendue.

Les gens dans le monde n’entendent que les voix des dirigeants américains.
Ils n’entendent pas les voix de tous ceux qui dans ce pays n’approuvent pas les dirigeants et veulent des politiques différentes.

Je pense aussi que le reste du monde devrait savoir que ce qui se passe en Irak n’est que le prolongement d’une longue politique impériale d’expansion dans le monde.

Je pense aussi que beaucoup croient que cette guerre en Irak n’est qu’une aberration ponctuelle et qu’avant cette guerre les Etats-Unis étaient un pouvoir inoffensif.
Ils n’ont jamais été un pouvoir inoffensif et cela depuis le tout début, dès la révolution américaine, depuis la confiscation des terres des Indiens, la guerre du Mexique, la guerre hispano-américaine…
C’est embarrassant à dire, mais nous avons dans ce pays une longue histoire d’expansion violente et je pense que non seulement beaucoup d’étrangers l’ignorent, mais aussi beaucoup d’Américains.


Q : Peut-on améliorer cette situation ?

HZ : Vous savez, cet espoir, s’il existe, réside dans ce grand nombre de citoyens américains qui sont corrects, ne veulent pas la guerre, ne veulent pas tuer d’autres peuples.

Il est difficile d’entrevoir cette espérance parce que les Américains qui pensent ainsi sont exclus des médias, leurs voix ne sont pas entendues et on ne les voit jamais à la TV.

J’ai participé dans ma vie à nombre de mouvements sociaux et j’ai pu voir qu’au début ou juste avant le développement de ces mouvements, il semblait n’y avoir aucun espoir.
J’ai vécu dans le Sud pendant sept ans, pendant les années du mouvement des droits civils, et la situation semblait désespérée mais il y avait de l’espoir en profondeur.
Quand les personnes s’organisent, commencent à agir, commencent à travailler ensemble, alors elles osent prendre des risques, s’opposer à l’ordre établi et commettre des actes de désobéissance civile.

Alors l’espoir devient évident et se concrétise en changement.


Q : Pensez vous qu’il existe une façon pour les Etats-Unis de retrouver une influence positive sur la marche du monde ?

HZ : Oui mais pour cela nous avons besoin d’une nouvelle direction politique qui soit sensible aux vrais besoins des Américains et ni la guerre ni l’agression ne font partie de ces besoins.

Elle devra être également sensible aux besoins des autres peuples et comprendre que les ressources américaines, au lieu de financer les guerres, pourraient contribuer à aider ceux qui souffrent.

Il y a eu des tremblements de terre et des catastrophes naturelles partout dans le monde et aux Etats-Unis aussi, mais cela a entraîné bien peu de réactions, voyez l’ouragan Katrina.
Les gens dans ce pays, particulièrement les pauvres et les gens de couleur ont été victimes du pouvoir Américain comme d’autres peuples ailleurs dans le monde.


Q : Pourriez-vous nous faire une synthèse de ce dont nous venons de débattre, le pouvoir et l’influence des Etats-Unis ?

HZ : Le pouvoir et l’influence des Etats-Unis ont décliné rapidement depuis la guerre en Irak parce que cette guerre a exposé, comme cela n’avait jamais été le cas dans l’Histoire, la manière dont s’exerçait le pouvoir américain dans ce type de situation et dans d’autres.

Dès lors que l’influence US décroît, son pouvoir décroît aussi.
Si forte que soit la machine de guerre, le pouvoir ne dépend pas que d’elle. Au total, le pouvoir décroît.
À terme, le pouvoir repose sur la légitimité morale du système et les Etats-unis ont perdu cette légitimité morale.

Mon espoir est que le peuple Américain se soulève spontanément et change cette situation pour son plus grand bénéfice et celui du reste du monde.



Traduit par Oscar GROSJEAN pour Investig'Action

Source: 09/09/08 « Al Jazeera »

21:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, courcelles, liberte, mensonges, presse, politique, romain, resistance, silence, societe, television, usa, actualite, amerique, collon, capitalisme, democratie, dictature, histoire | |  Facebook | |  Imprimer | | |

02/10/2008

01/10/2008: Gibier de potence...

Sent: Wednesday, October 01, 2008 11:31 AM
 
les textes de shamir

Mercredi 1 Octobre 2008 6h59mn 32s
le texte de la conf du 25 sept, et l'avant propos du livre, à la suite..
Gibier de potence

(L’effondrement de la grande pyramide) par Israël Shamir (traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier) 25 septembre 2008
Au lieu d’annoncer un désastre, l’effondrement financier offre une occasion unique de soigner tous les maux de l’Amérique. Une occasion à ne pas rater !
Sept ans après les attentats du 11 septembre, nous assistons derechef à un effondrement, plus grandiose et encore plus jouissif - celui de la pyramide financière américaine. Il avait fallu deux décennies pour la construire ; son effondrement n’a nécessité que quelques semaines. Coupons court aux pleurnicheries hypocrites : c’est là un show magnifique. Pas de regrets, pas de ‘mais’… Les bourses des valeurs américaines avaient flambé tandis que les Etats-Unis bombardaient Bagdad et Belgrade, elles avaient prospéré tandis qu’ils dévalisaient Moscou et qu’ils pressaient Pékin comme un citron pour en extraire les dernières gouttes de sueur. Tant qu’ils se payaient du bon temps, ils n’en avaient que davantage de fric pour envahir l’Irak, menacer l’Iran et étrangler la Palestine. En résumé : quand c’était ‘bon pour eux’, c’était mauvais pour nous. Rendons-leur, pour une fois, la monnaie de leur pièce, et
faisons-leur avaler leur propre potion amère…
Quand je dis « rendons-leur », je veux dire « à eux précisément », ici, et non pas les Américains, et quant au « nous », ce ne sont pas tous les autres habitants de notre chère planète. Non : « eux », c’est une minuscule pellicule de la population américaine, c’est la bande d’opulents enrichis du jour au lendemain de la côte Est, à Manhattan et autres hauts-lieux de la finance. Ces vingt dernières années, nous avons assisté à un grand transfert d’argent vers le haut, vers un quarteron extraordinairement exclusif et restreint d’animaux voraces. Alors que la majorité des Américains perdaient la possibilité d’envoyer leurs enfants dans les universités, ces gros matous se payaient de luxueuses villas en Floride et des immeubles de rapport à Tel Aviv. Pire : ils ont dépensé des milliards pour acheter les médias, afin de subvertir la démocratie américaine et d’envoyer des soldats américains faire la guerre aux
antipodes. Une grande partie de l’argent ainsi volé a été soustraite à l’économie américaine et siphonnée vers Israël, où les prix de l’immobilier ont crevé le plafond, et où ils n’ont d’ailleurs pas fini de monter.
Bien fait pour leurs tronches : ils étaient extrêmement fiers de savoir les chartes financières des Etats-Unis et du monde entier écrites dans un petit bureau réservé à Henry Paulson (du Trésor), à Ben Bernanke et à Alan Greenspan (de la Réserve fédérale), à Maurice Greenberg de l’A.I.G... Ils s’étaient construit leur monde à part, entourés des Lehman Brothers, de Merrill Lynch, de Goldman Sachs, Marc Rich, Michael Milen, Andrew Fastow, George Soros et consorts. Leur nouveau monde de Lexus et Nexus était glorifié par Tom Friedman, du New York Times. N’ont-ils pas décerné le Prix Nobel d’économie à Myron Scholes et à Robert C. Merton, les fiers PDG d’un fonds de placement à la réputation désormais infamante, le Long Term Capital Management Hedge Fund, qui a été racheté par la Réserve Fédérale de New York pour non moins de 3,6 milliards de dollars ? Le président Bush les a récompensés de leur irresponsabilité
en les exonérant d’impôts. Alors, aujourd’hui : qu’ils crachent au bassinet ! Qu’ils paient pour tout le bon temps qu’ils se sont payés!
Ils ont raflé vos dollars sonnants et trébuchants, et ils en ont fait de la monnaie de singe, en les transformant en assignats non convertibles, ne dégageant aucun intérêt, de la Banque Fédérale , gagés uniquement sur la confiance des « gogos », pour reprendre les termes d’un internaute avisé. La ruine des ouvriers américains (et même de la classe moyenne américaine) est inéluctable. La grande peur autour du grand accélérateur de particules hadrons de Genève, supposé capable de créer un trou noir avalant la planète Terre toute entière était [sans doute inconsciemment] fondée sur une sensation d’être aspirés par le fond, celle-la même que génère le spectacle des ultra-riches américains en train de disparaître, avalés par leur trou noir financier.
Ce n’est certes pas la première entourloupe à base de confiance trahie de l’Histoire : ainsi, Jay Gould et Joseph Seligman avaient provoqué le crack boursier du « Vendredi Noir », à la fin du XIXème siècle. Jacob Schiff, lui, provoqua la célèbre panique financière du « Jeudi Noir », qui entraîna une dépression économique d’ampleur nationale [1]. Seligman avait déjà été le deus ex-machina du scandale de Panama, une escroquerie boursière devenue proverbiale, en France. L’escroquerie avait été montée par deux juifs d’origine allemande, Jacques Reinach et Cornelius Herz, qui avaient acheté les députés français. Tandis que Reinach s’occupait des députés de droite, l’équivalent français des « Républicains » américains, Herz se chargeait d’acheter les « Démocrates ». L’encyclopédie en ligne sur Internet Wikipédia cite la philosophe Hanna Arendt, qui a écrit à ce sujet que les hommes assurant
l’interface entre le secteur privé et l’Etat étaient quasi-exclusivement des juifs. C’est cette étreinte torride entre l’Etat et le monde du business qui fut la recette assurée du désastre.
Manifestement, les choses ont changé, depuis lors. Aujourd’hui, les Mammonites sont membres de diverses confessions religieuses, y compris des adeptes de la Christian Science comme Hank Paulson, dont le revenu annuel net est estimé à 700 millions de dollars et dont la carrière chez Goldman Sach (dont il a été le président de 1998 à 2006) a fait de lui le candidat qui allait de soi pour le poste de Secrétaire au Trésor américain. Seule, leur dévotion au dieu de la Rapacité n’a pas changé. Dans un monde capitaliste idéal, dans le monde de l’ « économie de marché » qu’ils n’ont cessé de célébrer, ils devraient normalement payer les pots cassés. Dans le roman extrêmement divertissant de Glen David Gold, « Carter bat le Diable » [Carter Beats the Devil], leur ancêtre spirituel se voit condamné au goudron et aux plumes par le peuple vigoureux du Connecticut, autour de l’an de grâce 1670, pour avoir acheté toute une
cargaison de produits importés dans l’intention malhonnête de devenir riche du jour au lendemain en s’emparant des marchés et en saignant à blanc ses concitoyens. Aujourd’hui, un tel malfaiteur recevrait la médaille du Fonds néolibéral Milton Friedman, il serait cité au tableau d’honneur du Jinsa, cette boîte à idées à l’intitulé évocateur d’ « Institut juif pour les Questions de Sécurité nationale » (Jewish Institute for National Security Affairs) et la prestigieuse Harvard Business School le citerait en exemple…
Aujourd’hui, ils ont l’intention d’utiliser leur contrôle sur le gouvernement américain pour faire payer les pots cassés au peuple américain. Que l’on qualifie cette manœuvre de « nationalisation », de « privatisation » ou de « rachat », le résultat des courses sera qu’un nombre énorme d’Américains vont se retrouver sur la paille, et que tous les Américains crouleront sous le poids des impôts. Quant aux organisateurs de la pyramide financière, ils joueront des flûtes : ils se retireront dans leurs manoirs douillets pour gérer en toute quiétude leurs investissements hyper-protégés, en béton, comme ils l’ont toujours fait.
On s’est foutu de la gueule des Américains ; on les a dévalisés tout aussi facilement que des Albanais peu au fait des questions financières, voici de cela quelques années. C’est même pire : les Albanais avaient décroché leurs tromblons à gros sel et ils avaient pourchassé les voleurs ; les Américains, eux, s’aplatissent, et ils tendent l’autre joue.
Les Américains ont le droit de savoir qui les a dévalisés, eux et leurs enfants : ce sont ces hommes qui se sont enrichis d’une manière tellement ostentatoire durant ces vingt dernières années. Il faut que ces gens-là paient leur forfaiture. Et si le gouvernement, le président, le Congrès et le Sénat, les Démocrates et les Républicains traînent les pieds pour faire passer la justice, les citoyens américains ordinaires ont tout-à-fait la possibilité de faire ce que leurs ancêtres yankees du Connecticut avaient fait : ils peuvent les tartiner généreusement de goudron et les rouler dans le duvet de quelques polochons. Si ça ne suffit pas : accrochez ces salauds aux lampadaires !
Est-ce que ce n’est pas là, en l’occurrence, l’occasion ou jamais de se souvenir pour quelle raison précise les Pères Fondateurs de l’Amérique ont gravé dans le marbre du Deuxième Amendement de leur constitution le droit des gens à posséder et à porter des armes. Grâce à Dieu, il n’a pas encore été supprimé. Ces armes, ce n’est pas aux voleurs de s’en servir mais au peuple, quand les autres moyens ne marchent pas. Aux armes ! comme disaient les Français en se ruant sur les escrocs. L’Amérique a une grande tradition d’application directe et immédiate de la justice, leur mot d’ordre du grand Ouest : « pendez-les haut et court ! » C’est le moment ou jamais.
Faisons rentrer les soldats américains d’une guerre totalement inutile, et supprimons les bases militaires américaines dans le monde entier : le véritable ennemi des Américains est chez eux, aux Etats-Unis. Pour reprendre les paroles de Lénine, qui résonnent toujours, et restent d’actualité, transformons la guerre impérialiste en une guerre civile, contre ces bâtards cupides ! Au lieu de pressurer les contribuables, faisons des Etats-Unis une zone ‘milliardaire-free’. Les milliardaires, ces rats de la pire rapacité, se sont fait des c.uilles en or avec leur Grande Pyramide : mettons-les sur la paille ! Vidons leurs comptes bancaires numérotés ! La disparition de trillions de dollars de leurs comptes bancaires numérisés fera remonter la valeur du billet vert ; et vous, vous toucherez vos salaires en argent réel, et non plus en monnaie de singe.
Et, cerise sur le gâteau, étant donné que plus de la moitié de tous les milliardaires du globe sont des membres revendiqués du lobby israélien, cela résoudra par la même occasion les problèmes du Moyen-Orient. Pour plus de sûreté, confisquez tous les avoirs des bâtisseurs de Pyramide financière : ceux de Paulson et de Bernanke, ceux des PDG de Merrill Lynch et de Goldman Sachs, sans oublier ceux du président George Deubeuliou Bush, qui a fermé les yeux sur tout ça. La paix reviendra, ou plus exactement adviendra, en Palestine, en Afghanistan et en Irak ; les Américains pourront, à nouveau, être fiers de leur pays. Une telle auto-restitution massive réinstaurera la démocratie aux Etats-Unis : les prochains candidats à la présidence n’iront plus, chapeau à la main, déclarer leur féauté devant le congrès de l’Aipac. La défaite de la rapacité permettra au peuple de se tourner vers Dieu ; le ballast balancé par-dessus bord
permettra d’apporter à tous les citoyens la sécurité sociale, les soins médicaux et l’éducation gratuite. Ainsi, bien loin d’être une catastrophe, l’effondrement financier offre une opportunité unique de guérir tous les maux de l’Amérique ! Une occasion à ne manquer sous aucun prétexte !
Quant à vous, citoyens du monde entier en-dehors de l’Amérique, permettez-moi de vous donner un conseil : ne jetez pas par les fenêtres un argent honnêtement gagné pour, soi-disant, sauver la monnaie de singe. Rejetez les ronronnements séducteurs venant de Washington. Considérez que vos dépôts aux Etats-Unis sont d’ores et déjà foutus. Si vous en obtenez quand-même un petit quelque-chose : tant mieux ! Mais ne gaspillez ni votre argent, ni vos efforts, dans l’espoir vain de récupérer ce qui est, de toute manière, déjà parti en fumée. Il y a un avoir d’une valeur inestimable, que vous pouvez obtenir en échange de vos placements bidonnés : votre liberté, et votre indépendance. Le dollar effondré, cela veut dire que votre économie sera sauvée. L’effondrement de la Pyramide financière américaine vous rendra libres !
[1] Benjamin Ginsberg, The Fatal Embrace: Jews and the State, University of Chicago Pres, Chicago 1993, p 73.
°°°°°°°°
La Bataille du Discours, Avant-propos
par Israël Adam Shamir, p. 11-17, BookSurge 2008
http://www.amazon.fr/Bataille-discours-Israel-Adam-shamir/dp/1439211434
Traduction par Marcel Charbonnier


[Inscription sur le tank: “Today Baghdad , Tomorrow Paris”]

Sur ce tank, photographié sur la terre irakienne, on peut lire le slogan : « Aujourd’hui à Bagdad, demain à Paris ! ».. Durant la guerre en Irak, aux jours de l’opposition de Jacques Chirac à l’agression des Etats-Unis, cette animosité était très répandue parmi les Yankees : en la France , ils voyaient leur pire ennemi. Mais le pire qu’ils aient pu commettre, c’était de rebaptiser les « French Fries » (les frites) en « Freedom Sticks » (bâtonnets de la Liberté ), ce qui a beaucoup fait s’esclaffer les gens intelligents. Toutefois, quelques années plus tard, ce slogan est devenu la réalité : après la prise de Bagdad, Paris aussi est tombé aux mains des forces américaines. Pour installer un fantoche américain à Bagdad, les Américains avaient dû se battre durant plusieurs semaines. Mais le fantoche américain du Palais de l’Elysée y a été installé sans qu’on ait eu à tirer la moindre balle.
En dépit de son look de Panthère Rose, Sarkozy restera comme un des personnages les plus sinistres de l’histoire de France. La France avait été le seul pays, au monde, qui eût réussi à se débarrasser de l’occupation yankee ; c’est désormais du passé. Le Président Sarkozy a décidé de détricoter le grand œuvre de Charles de Gaulle, lequel avait réussi à chasser l’armée américaine d’occupation et à placer l’armée française sous le contrôle de la nation. Sarkozy a remis l’armée française sous la coupe de l’Otan. Il a envoyé des soldats français en Afghanistan, versant leur sang sur l’autel de la soumission à l’atlantisme. Dans un de ces discours pompeux dont il a le secret, il a juré « de ne pas livrer l’Afghanistan » [aux Afghans, j’imagine…] « Une guerre est en cours, dans ce pays – une guerre contre le terrorisme, contre le fanatisme, une guerre que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre,
et que nous ne perdrons pas ! » Il n’a fait que répéter les propos tenus par Jacques Doriot, lorsque celui-ci décida d’envoyer des ‘volontaires’ français se battre aux côtés du Troisième Reich, contre l’Union soviétique.
Alors : « Bienvenue en France occupée » ? Oh non : quelle absurdité ! La vie n’est pas si horrible : les cafés sont ouverts, les théâtres sont pleins, les Français sont libres de s’exprimer, allez-vous objecter. Mais, sous l’occupation allemande, les cafés étaient tout aussi pleins, et les Halles étaient tout aussi achalandées. Récemment, il y a eu une exposition de photos prises par André Zucca, intitulée « Les Parisiens sous l’Occupation », et cette expo nous a rappelé que le train-train quotidien se déroulait comme d’habitude, même alors. Maimonide a écrit, très sagement, que la vie continuera comme d’habitude, même une fois le Messie venu : le soleil se lèvera, puis il se couchera, les filles tomberont amoureuses, et les gars se battront.
Sans même y prendre garde, la France –et avec elle l’Europe– est passée de l’ère de la démocratie à la tyrannie du libéralisme totalitaire, fondé sur trois pouvoirs a-démocratiques et non élus –celui des banques, celui des médias et celui des juges– et soutenu par les armées et par les banques des USA. Cette tyrannie sans nom n’a pas non plus de visage : nous n’élisons pas ceux qui tiennent notre sort en leurs mains ; nous ne les connaissons même pas, ni ce qu’ils veulent faire de nous, mais nous en ressentons le pouvoir écrasant.

Les essais ici réunis ont été écrits principalement en Israël/Palestine, et ce lieu de leur écriture m’a rendu particulièrement sensible à un trait étrange, et quelque peu inattendu, de la nouvelle tyrannie : généralement dépourvue de tout sentiment humaniste, elle est extrêmement partiale, dès lors qu’il s’agit des juifs (en leur faveur, bien entendu). Pour un centième de ce que font les juifs, quotidiennement, les Palestiniens peuvent être affamés jusqu’à ce que mort s’ensuive, les Libanais bombardés, les Iraniens vitrifiés et les Russes ostracisés. Ce sont les hauts postes tenus par des juifs, dans les trois branches non-élues du pouvoir, qui fournissent une explication d’une telle partialité.
Les hommes politiques français le sentent bien: à chaque fois qu’un juif est blessé, tous les dirigeants politiques français se précipitent à son chevet, et des milliers d’hommes et de femmes bien intentionnés défilent, en solidarité. Si le mur d’une synagogue est sali de graffitis, le président de la République accourt, afin de faire part de sa colère et de sa tristesse. Mieux vaut nier la Création du monde et la Crucifixion du Christ que douter de la suprême importance de l’Holocauste, cette nouvelle religion élitiste et antidémocratique, fondement de l’interventionnisme et de la supériorité des riches-et-puissants. Bien que ce culte démente la soi-disant séparation de l’Eglise et de l’Etat, nul émule de Voltaire n’écrase l’infâme et, quand bien même y en aurait-il un qui le veuille, la République a de nouvelles prisons, qui valent bien celle de la Bastille.
Essayez seulement, pour voir, de formuler la moindre critique au sujet de l’apartheid à direction juive en Palestine, de ses racines historiques et idéologiques. On ne vous expédiera pas dans un camp, c’est vrai, mais on vous submergera sous les pénalités jusqu’à vous faire disparaître. Mon ouvrage consacré à cette question, The Galilee Flowers, a été publié en plusieurs langues et dans beaucoup de pays, tant en Europe qu’ailleurs. Il a été publié, également, en France, sous le titre L’Autre Visage d’Israël. Mais il n’y a qu’en France que la première édition de ce livre a été brûlée, sur les injonctions du CRIF, et que l’éditeur de la deuxième édition a été condamné à une amende d’un montant de quinze mille euros.

Ainsi, moi, qui suis Israélien, j’ai été poursuivi par le CRIF pour manque de respect envers les juifs, et un tribunal français a reçu la plainte transmise par la LICRA. Y a-t-il une autre communauté, existe-t-il une autre religion ou un autre groupe de personnes qui jouissent d’une telle protection ? Ne vous y trompez pas : ces jugements ne sont nullement fondés sur le droit, mais uniquement sur son interprétation biaisée. Quand un raciste antimusulman est poursuivi pour offense à l’Islam, les tribunaux rejettent, indignés, de telles plaintes, au nom de la liberté d’expression. En fait, les tribunaux ne jouissent jamais d’une totale liberté de décision : ils sont susceptibles d’accepter une plainte afin de protéger la dignité de quelqu’un, ou bien ils peuvent la rejeter, afin de protéger les libertés. Les juges sont des êtres humains : ils savent surtout ce qui est bon pour eux-mêmes. S’ils interdisaient les attaques
contre l’Islam, tout en autorisant la critique de la judéité, ils pourraient probablement dire adieu à leur promotion, pour commencer… Aujourd’hui, les juifs sont dans la position de l’aristocratie sous l’ancien régime : ils sont au-dessus de toute critique et il est tout simplement inenvisageable de les mettre en cause.

Nombreux sont ceux qui ont remarqué les origines juives de Sarkozy. Mais cela ne veut pas dire grand-chose. Si vous voulez observer ce que sont le véritable sycophantisme et l’authentique soumission aux juifs, alors écoutez plutôt Fadela Amara, la secrétaire d’Etat française (d’origine algérienne) chargée de la Politique de la Ville *. Pour elle, seuls importent la souffrance juive, les droits juifs, la mémoire juive. Et rien d’autre ; ni les peines des Français, ni celles de son propre peuple. Elle donne de la voix pour défendre le sang de responsables juifs potentiellement déloyaux. Elle « regrette » le malheur des Algériens ou des Africains colonisés, mais « cela ne saurait être comparé » au sort des juifs. Elle hait le Hamas, le gouvernement palestinien démocratiquement élu, elle abhorre le président de l’Iran ; elle soutient les caricatures et les films antimusulmans, et se elle sent comme chez elle en Israël.
Elle vous gouverne, dans l’ombre courte Sarkozy. Un autre ministre, celui des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, fut le gauleiter de l’Otan au Kosovo occupé ; sous son administration bienveillante, des milliers de Kosovars de la « mauvaise » ethnie ou de la « mauvaise » croyance religieuse ont été chassés de chez eux, ou tués. Aujourd’hui, il vous gouverne. Sioniste et activiste droit-de-l’hommiste, il a soutenu toutes les interventions militaires fondées sur les « droits de l’homme » : bombardements de la Serbie , invasion de la Somalie , invasion de l’Irak… (Remplissez les pointillés…) Il a gouverné le Kosovo conquis par l’Otan, et il a autorisé ses chouchous, les gangs albanais, à brûler des églises et à expulser les Serbes. Aujourd’hui – normal – il soutient les plans d’attaque de l’Iran fomentés par Bush, et les projets israéliens d’étranglement de Gaza.

Ni Sarkozy, ni Kouchner ne seraient parvenus au pouvoir, si ces puissances non-élues que sont les médias, les banques et la justice, n’avaient pas comploté contre votre liberté, placé BHL et Finklelkraut à l’intérieur de chaque téléviseur et de chaque poste de radio, arrêté et jeté en prison des gens pensant différemment, et financé exclusivement certains projets bien particuliers, à l’exclusion de tous les autres. Il faut réinstaurer la démocratie ; les pouvoirs non-élus doivent être placés sous le contrôle des électeurs.
Ce qui se passe en France préoccupe énormément le monde entier. La France était un phare de civilisation, un bastion de culture et le pays par excellence où il faisait bon vivre. Nous, les milliards d’étrangers, nous aimerions que vous restiez à la hauteur de vos glorieuses traditions françaises. Nous en vous conjurons : ne devenez pas, à votre tour, des clones produits en masse !

Israel Adam Shamir
Jaffa


*La gauchiste (de service) de Sarkozy (extraits)
par Adara Primor, le 26 août 2008, in Haaretz (Israël)
https://www.haaretz.co.il/hasen/pages/ShArtStEngPE.jhtml?itemNo=971505

Fadela Amara (43 ans), secrétaire d’Etat à la Politique de la Ville , est féministe et célibataire, militante dans l’âme et elle a l’anti-islamisme dans le sang. Bien que liée à la gauche idéologique, elle est ministre dans un gouvernement de droite…


Comme chez elle, en Israël

Amara dit qu’en Israël, elle s’est sentie, de fait, comme chez elle.


L’Holocauste : incomparable

L’Algérie : « Il est exact que mon père, né sous le colonialisme, était privé de ses droits. Il n’avait pas pu aller à l’école, et je ne peux que regretter ces « intervalles malheureux » qui parsèment l’histoire de la France. Mais il n’y a rien de commun, en cela, avec la Solution finale. Le terrible Holocauste fut l’acte le plus barbare auquel le monde ait eu jamais à faire face. Cela n’est comparable à absolument rien d’autre. Même pas au génocide, au Rwanda. »


Mais, au Rwanda, il s’agissait d’un génocide organisé, cependant ?

« Certes, mais il n’avait pas été planifié, ni mis à exécution, de la même manière, mécaniste et perverse. A mon avis, le piège auquel certains intellectuels tentent de recourir en mettant tout sur le même plan, au nom d’une sorte de compétition entre les différentes mémoires, représente le summum de l’antisémitisme. C’est là un acte d’antisémitisme de luxe… L’antisémitisme est en train de revenir, sous une nouvelle formule, dans les banlieues, où les Islamistes ont pourri le cerveau de nos gamins. Si nous avions rempli nos rôle comme il aurait fallu, et si nous avions radicalement réduit l’antisémitisme en France, y compris dans l’administration, nous n’assisterions pas, aujourd’hui, dans les banlieues, à sa forme islamiste, ni à son discours, qui a des tonalités fascistes. Tout cela, c’est le résultat de notre lâcheté, et aussi du fait que nous n’avons pas voulu l’admettre, que nous voulions ne
pas savoir.


Soutenez-vous la proposition controversée du Président Sarkozy, d’assigner à chaque élève des écoles élémentaires la tâche de se souvenir d’un enfant juif particulier ayant péri dans l’Holocauste ?

« Oui. Je suis si terriblement angoissée à l’idée que cela puisse se produire à nouveau, que je ferais n’importe quoi à ce sujet. L’idée de l’adoption de la mémoire d’un enfant disparu dans l’Holocauste – peut-être pas par un élève en particulier, mais par une classe entière – est une idée qui est, à la fois, bonne, efficace et nécessaire. En particulier, aujourd’hui.

« Les gens évoquent un si grand nombre de mémoires – colonisation, esclavage, etc… Mais c’est sur l’Holocauste qu’il faut mettre l’accent, parce que nous n’en avons pas suffisamment internalisé la mémoire.

« Etant quelqu’un qui respecte la démocratie, et opposée aux forces islamistes, j’ai été très très triste, quand le Hamas a remporté les élections...

« Quoi qu’il en soit, on ne peut permettre à quiconque de remettre en cause le droit à l’existence d’Israël, comme le fait ce psychopathe de président iranien !...


Ce « président psychopathe », comme vous dites, vous effraie-t-il ?

« Quiconque affirme ne pas avoir peur de quelqu’un comme lui est aussi fou que lui ! »


Quelle est votre position en ce qui concerne la publication de la caricature du Prophète Mahomet ?

« En tant que partisane fanatique de la liberté d’expression, je la défends. Je comprends que d’aucuns puissent avoir été offensés par cette publication, mais je ne comprends toujours pas pourquoi elle a pu provoquer un tel tollé ? »


Et vous soutenez aussi la distribution du film produit par le Hollandais d’extrême-droite Geert Wilders, qui affirme que le Coran est d’essence fasciste, et qui le compare au Mein Kampf d’Adolf Hitler ?

« Oui ! », répond Amara avec ferveur. « Je suis contre la comparaison établie avec Mein Kampf, mais j’exige qu’on me permette de combattre pour que les gens puissent s’exprimer conformément à leurs idées et à leurs croyances. »


Même s’ils ont l’intention de provoquer ?

« Oui. S’il existe des gens qui pensent que l’Islam est une religion de terroristes, je dois être en mesure de les entendre dire cela, et de leur répliquer sur ce point : c’est l’essence même de la démocratie ».
 

13/08/2008

12/08/2008: ouvrage De Munich à Vichy...

-------- Message original --------

Sujet: TR: Réf. : Interview ALR sur De Munich à Vichy
Date: Tue, 12 Aug 2008 22:40:28 +0200
De: Annie Lacroix-Riz <annie.lacroix-riz@wanadoo.fr>


De : Annie Lacroix-Riz [mailto:annie.lacroix-riz@wanadoo.fr]
Envoyé : mardi 12 août 2008 22:39
Objet : TR: Réf. : Interview ALR sur De Munich à Vichy

 

Chers amis et camarades,

Mon ouvrage De Munich à Vichy sort demain.

Voir ci-dessous les deux textes suivants, qui y ont été consacrés par deux lecteurs de ses épreuves, Jean Lévy et Jean-Christophe Grellety.

 

Bonne lecture,

 

Amitiés,

 

Annie

 

Signature à la fête de l'Huma

 

 

1° Le blog du 4 août 2008 de Jean Lévy

De Munich à Vichy

 

Nous commençons ce 'blog' par une 'histoire'.

Il s'agit d'une des nombreuses apostrophes attribuées au général de Gaulle.

Le chef de la France libre rencontre pour la première fois le général Giraud.

Nous sommes au Maroc, en janvier 1943. Les troupes anglo-américaines ont débarqué en Afrique du Nord, le 7 novembre 1942. Giraud, fraîchement arrivé de Vichy (où il avait adoubé Pétain), venait d'être promu, par le représentant de Roosevelt, « proconsul » français, en Afrique du Nord.

De Gaulle, tenu en dehors des opérations militaires alliées en Afrique du Nord, écarté de toute responsabilité politique par les plans US, rechigne.

Il impose sa venue et une nouvelle redistribution des cartes. Au repas de 'réconciliation', en présence du président des Etats-Unis et de Churchill, Giraud, très disert, raconte avec force détails son évasion d'Allemagne.

Son récit terminé, de Gaulle le félicite et poursuit :

«Vous pourriez peut-être nous conter maintenant comment vous fûtes fait prisonnier    ».

Cette 'histoire' a une morale. si les victoires et les moments glorieux de notre passé, sont célébrés avec faste, et sont accompagnés d'officielles et récurrentes cérémonies commémoratives, les évènements sombres, les époques noires passent souvent à la trappe de l'Histoire.

On rend hommage chaque année aux héros de la « Grande guerre » chaque 11 novembre. On fête la Libération de Paris d'août 44, la capitulation allemande du 8 mai 45.

Si la capitale a été libérée, c'est que le pays a été envahi, et s'il a été envahi, c'est que notre pays a subi un désastre militaire sans précédent (il a fallu 35 jours aux panzers nazis pour occuper Paris), Mais pose-t-on la question :  « comment la France en est-elle arrivée là ? ».

 

Certes, des « explications » diverses ont été données très succinctement.

D'un côté, on prétend que « notre armée (considérée en 1939 comme la première du monde) a été mal conduite, avec des généraux incapables, un armement insuffisant et inadapté ».

De l'autre, on met en cause 'les 40 heures qui auraient réduit nos capacités  industrielles d'armement', le Front Populaire et son 'esprit de jouissance(qui) l'aurait emporté sur l'esprit de sacrifice' (dixit Pétain), la 'faiblesse' de la IIIème République face aux Etats 'virils' (l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste).

Mais le motif, le plus souvent évoqué depuis des décennies, c'est « la trahison de l'Union soviétique » qui, en signant en août 1939, un pacte de non-agression avec l'Allemagne hitlérienne, aurait donné « un coup de poignard dans le dos aux Alliés ».

Cette affirmation, sans cesse assénée, tant par les médias que dans nos collèges et lycées, distillée comme « vérité officielle », depuis près de soixante-dix ans, est devenue l'Histoire, avec un grand H.

Cette version des faits répond à la volonté de la classe dirigeante de corrompre les esprits, non seulement en fonction du passé, mais également du présent. Cette attitude délibérée s'insère dans la lutte idéologique actuelle que mène, tous azimuts, le capitalisme financier contreles forces qui s'opposent à sa domination.

 

Certes, des livres militants ont tenté de donner d'autres explications. Ils ont rappelé les faits, la trahison rampante de la bourgeoisie, « préférant Hitler au Front populaire », le chemin qui a mené de la République à l'Etat français.

Mais il manquait des ouvrages savants, écrits par des historiens, nourris aux sources des archives croisées dont on dispose aujourd'hui, soucieux de prendre en compte la réalité politique et économique de la période précédant la seconde guerre mondiale et des attitudes des principaux acteurs, qui ont joué un rôle dans la décennie des années trente.

Annie Lacroix-Riz, professeur à Paris-VII, s'inspirant de cette méthodologie

 

rigoureuse, nous apporte, depuis des années, ouvrage après ouvrage, les réponses aux questions posées par la Seconde guerre mondiale, la défaite, l'Occupation.

Après « Banquiers et industriels sous l'Occupation », puis « Le choix de la défaite », Annie Lacroix-Riz publie « De Munich à Vichy, L'assassinat de la Troisième République ».* Cet ouvrage, qui couvre les deux dernières années qui ont précédé la défaite, de 1938 à 1940, s'appuie sur l'ensemble des archives disponibles, françaises, allemandes, britanniques, américaine, portant sur les sources diplomatiques, policières, économiques et politiques des camps en présence.

Annie Lacroix-Riz, en 300 pages, avec plus de 50 pages de références qui authentifient les affirmations de l'auteur, une ample bibliographie et une chronologie des évènements, restitue la vérité sur cette période décisive, vérité délibérément occultée par l'histoire officielle. L'historienne permet de comprendre l'enchaînement des évènements, les raisons d'une défaite programmée par les élites de ce temps, « l'assassinat » orchestré de la Troisième République. La réussite de ce plan supposait l'écrasement de toute résistance populaire, la mise hors la loi du Parti Communiste français

 

et de ses militants. Ce qui fut réalisé AVANT LA DEFAITE par le personnel politique en place, de droite comme, prétendument, de 'gauche'.

Pour arriver à ses fins, il fallait pervertir les esprits et falsifier l'Histoire.

Ce qui fut fait à l'époque et qui se perpétue de nos jours.

Il faut lire Annie Lacroix-Riz.

Même les esprits ouverts, tous ceux qui avaient compris la réalité de la trahison des élites dans les années trente, même ceux-là restent ébahis par l'énormité du complot, la « collaboration » avant la lettre, dès 1938, et même bien avant, entre politiciens français et nazis allemands, entre la police française et la Gestapo,

 

Cette année marquera le 70ième anniversaire de la honteuse capitulation de Munich du 28 septembre 1938. Puis, la fin de la « semaine des deux dimanches », l'écrasement de la résistance ouvrière avec la grève du 30 novembre (deux ans après le Front populaire), la réception des dignitaires hitlériens à Paris, le 6 décembre suivant, par le gouvernement Daladier- Bonnet-Reynaud (d'où furent exclus les ministres juifs), les décrets instituant les premiers camps de concentration visant les « étrangers indésirables ».

Il serait donc bon, avec le dernier ouvrage d'Annie Lacroix-Riz, de faire connaître au plus grand nombre, la vérité sur ces évènements qui préparaient la défaite et ouvraient la voie à Vichy.

 

Au-delà de notre histoire enfin restituée, cette bataille idéologique s'intègre à celle que nous menons, aujourd'hui, vis-à-vis des mêmes ennemis, l'élite de la grande bourgeoisie, ses politiciens soumis et leurs médias, contre la nouvelle trahison nationale que constitue la « collaboration européenne » au sein de l'Union, au détriment de notre peuple, de sa souveraineté, de son indépendance.

 

*Annie LACROIX-RIZ, « De Munich à Vichy,

        L'assassinat de la Troisième République 1938-1940 »

        publié chez Armand COLIN

Cet ouvrage doit sortir au mois d'août.

 

2° l’entretien avec Jean-Christophe Grellety, paru ce jour, http://jeanchristophegrellety.typepad.com

15:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, paix, propagande, politique, histoire, liberte, socialisme, guerre, paris, pc, resistance, silence, television, urss, actualite, agenda, france, fascisme, hitler, staline, imperialisme, mensonges, medias, presse, usa, agressions, courcelles, capitalisme, communisme, europhe, information | |  Facebook | |  Imprimer | | |

20/07/2008

19/07/2008: La bataille de Cuito Cuanavale et l’épopée internationaliste...

Sur le blog Changement de société

From: socio13
Sent: Saturday, July 19, 2008 6:43 AM
Subject: La bataille de Cuito Cuanavale et l’épopée internationaliste


La bataille de Cuito Cuanavale et l’épopée internationaliste

Le 18 juillet 2008,  Mandela fêtait ses 90 ans. Au même moment, Bush et les autres occidentaux parlent d’envahir le Darfour pour le pétrole et sous des prétextes humanitaires, l’impérialisme humanitaire comme l’a désigné Bricmont. Mon ami Bricmont qui n’est pas communiste l’a souvent répété, depuis que les communistes ont été battus, avec la chute de l’URSS, la politique a perdu son sens, comme si les enjeux s’étaient rétrécis, comme si la médiocrité et l’hypocrisie des intérêts, le tout à l’égo, avaient remplacé l’épopée humaine. Mais il parle de notre triste Europe, de notre triste occident, heureusement ailleurs le monde s’est remis en marche, et les communistes, les vrais sont là…  Il parlent d’un autre monde, du socialisme, ils sont debouts.

Quelquefois, ici même, certains me reprochent mes colères… Comment ne pas ressentir de la colère quand on voit comment les communistes acceptent de contribuer à ce qu’on les dépouille de leur histoire, de leur présent même puisque les luttes partout se poursuivent, que partout les communistes sont là? On cache aux communistes français l’existence de cette humanité qui est repartie à l’assaut du ciel aux côtés des victimes de la famine, de la misère, luttes  plus d’actualité que jamais.

L’ABANDON DE L’INTERNATIONALISME

Comment ne pas ressentir de la colère devant l’acceptation de grotesques mesquineries, le débat réduit à des propos et des pratiques de commères…  Quand on voit des cloportes oser s’attaquer à un géant comme Fidel et de surcroît accuser d’idolâtrie ceux qui exigent le respect, c’est la politique de nos dirigeants, les “staliniens” accusent de “stalinisme” ceux qui ont refusé de se mettre à genoux et eux perpétuent le véritable légitimisme dogmatique, le culte sacré de l’imbécilité.  Aboyant à gauche et mordillant les révolutionnaires, les géants, et se couchant devant le capital, ce faisant on prive les communistes de mémoire, comme de pouvoir se situer dans le monde actuel… Les communistes dont j’ai eu la chance de partager l’existence étaient différents, puisqu’il est question d’Afrique du sud de lutte contre l’apartheid, je me souviens de mon mari qui en phase terminale d’un cancer m’interrogeait: “As-tu envoyé ma signature pour les dix de Soweto? “  Je me souviens de toi mon ami cubain qui dirigea cette lutte et me redonna espoir face à la trahison des communistes français.

Nous étions la planète… J’ai pleuré de bonheur devant la prise de SaIgon-Ho-chi Minh et j’ai pleuré de douleur à la mort d’Allende… Jusqu’à mon dernier souffle, pour cet homme qui en mourant pensait au combat des autres,  je contribuerais à rétablir la vérité sur l’épopée des communistes. Et voici au premier rang de cette épopée, Fidel et le peuple cubain. Est-ce un hasard si les deux figures les plus lumineuses aujourd’hui sont celles du Che Guevara et celle de Nelson Mandela. Ce sont les figures de l’internationalisme. Vous, on vous a seulement appris à trahir: “les gens ne votent pas sur les problèmes internationaux“!!! “On en a assez pris avec le soutien de l’URSS!” Voici ce qu’on vous répète depuis des années, voilà ce que à quoi des dirigeants stupides ont réduit l’épopée humaine communiste… Avec ce cynisme qu’ils prennent pour de la stratégie alors qu’il n’est que la preuve de leur renoncement, de leur débilité.

Ecoutez-vous, regardez-vous dans un miroir, vous n’osez même plus admirer ce qui est admirable, respecter ce qui mérite le respect, vous ne pouvez dire votre accord sans l’assortir d’une dénégation “je ne pratique pas l’ idolâtrie” et qui vous le demande ? L’admiration, le respect vont avec ce que l’on exige de soi-même… Ne voyez-vous pas le ridicule de ne pas oser admirer, respecter qui le mérite et ne pas oser déboulonner votre propre dirigeants qui ont failli… Comme me le disait un ami cubain : “Que l’on tremble devant Staline, que l’on soit impressionné par la stature de Fidel Castro, mais que l’on n’ose pas s’élever contre un Robert Hue ou une Marie Georges Buffet, c’est incompréhensible!”…

Est-ce que pour autant cela vous rend plus modestes, plus sincères ?  Que nenni, à vous on ne l’a fait pas… Vous savez tout… Il y a même une étrange secte celle qui ose de la France endormie juger de qui est un meilleur révolutionnaire de Fidel, de Chavez, des Farc et prendre position, diviser comme s’il était chez lui… Exiger que la Chine fasse la preuve de son socialisme… de quel droit, quels sont vos exploits ?

On vous a transformé en donneurs de leçons, vous jugez les autres à partir de ce que les maîtres des médias vous obligent à penser, ou alors en pure réaction avec de pseudo outrances révolutionnaires, il n’y a plus de politique, d’action, mais le bien ou le mal généralement construit par les autres, là aussi vous avez perdu le sens de la résistance et avec elle votre liberté de penser et d’agir. Et pour tenter d’oublier ce que l’on fait de vous, vous donnez des leçons à qui ne les demande pas… Et vous êtes aussi ignorants que présomptueux dans vos jugements, on vous a privé du temps et de l’espace pour penser votre vie, pour la transformer…

NELSON MANDELA A DECRIT….

Avant de vous parler de la bataille de Cuito Cuanavale, je voudrais vous citer une page de notre livre (1), nous l’avons écrite pour cette mission sacrée du révolutionnaire (2), il raconte un moment particulier: Nelson Mandela était l’invité d’honneur de la célébration du 26 juillet 1991: il est libre, et c’est son premier voyage à l’étranger depuis sa libération le 11 février 1990. Le moment est terrible, c’est celui de l’effondrement du socialisme, les Cubains vont choisir la folie de la résistance, la même que celle de Mandela au fond de sa prison, sans savoir ce qu’il adviendra, mais parce que les uns et les autres ont connu l’esclavage et ils ne veulent pas y retourner. L’horizon est bouché.

Voici comment Fidel caractérise ce moment :

“c’est la terrible vague de néo-libéralisme qu’il y a dans toute l’Amérique latine et dans tout le monde… Autrement dit, le capitalisme jubile devant les désastres politiques survenus dans les pays socialistes de l’Est de l’Europe pour des raisons que nous ne pouvons pas analyser ici…. Parmi ceux qui avaient des idées très claires, très claires, extrêmement claires, plus claires que les eaux de Varadero, il y avait le Che, comme prophète qui avait entrevu les fruits que donneraient certaines pratiques utilisées dans la construction du socialisme… Il faut faire des études sérieuses et profondes… chacun doit être responsable de ses propres faits et de ses propres actes, et la révolution cubaine l’est, historiquement, parce qu’elles ont été nôtres et pas d’autrui, et que nous avons nos idées, nos conceptions, et que nous avons fait les choses à notre manière.”

Prenant la parole avant Fidel, Nelson Mandela visiblement ému de se trouver face au peuple qui a si généreusement versé son sang pour l’Afrique, avait affirmé:

Le peuple cubain occupe une place spéciale dans le coeur du peuple africain. Les internationalistes cubains ont apporté à l’indépendance, à la liberté et à la justice en Afrique une contribution hors de pair par son caractère de principe et désintéressée. Nous en Afrique, nous sommes d’ordinaire victimes de pays qui souhaitent morceler notre territoire ou saper notre souveraineté. Il n’existe pas de précédent dans l’histoire de l’Afrique qu’un autre peuple se lève pour défendre l’un de nous. la défaite de l’armée de l’apartheid a été une inspiration pour le peuple sud-africain combattant! Sans la défaite de Cuito Cuanavale, nos organisations seraient encore interdites! La défaite de l’armée raciste à Cuito carnavale m’a permis d’être ici aujourd’hui! Cuito Cuanavale a été un tournant dans l’histoire de la lutte pour la libération de l’Afrique australe“.

La bataille de Cuito Cuanavale par José STEINSLEGER 

20:58 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, solidarite, socialisme, exploitation capitaliste, castro, france, actualite, courcelles, communisme, cuba, marxisme, medias, politique, pc, societe, urss, histoire, leninisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

15/07/2008

10/07/2008: Ce que le Dalaï Lama ne dit pas sur le Tibet et sur sa doctrine ...

Sur le site de Michel Collon: http://www.michelcollon.info
Ce que le Dalaï Lama ne dit pas sur le Tibet et sur sa doctrine
Elisabeth Martens  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Les raisons qui m’ont poussé à écrire ce livre qui va à l’encontre des idées toutes faites à propos du Tibet, de son histoire et de sa religion : de plus en plus d’amis proches écoutaient religieusement les discours du Dalaï Lama, se disaient sympathisants du Bouddhisme tibétain, et du même coup, adhéraient aux thèses du mouvement pour l’indépendance du Tibet. Au point où moi-même - plus sensibilisée à la question tibétaine parce que j’ai habité en Chine trois ans et parce que je donne des cours sur la pensée chinoise -, j’ai été amenée à me positionner. Dès lors, je me suis documentée et j’ai constaté que les informations disponibles, ici en Occident, à propos de l’histoire du Tibet et du Bouddhisme au Tibet sont soit détournées, soit inexistantes. De là, ma recherche.
 
« Histoire du Bouddhisme tibétain, la Compassion des Puissants »,
édition L’Harmattan, collection « Recherches asiatiques », 2007
ISBN : 978-2-296-04033-5, prix : 25,50 €

Texte de présentation du livre

Mon livre, résultat de cette recherche, raconte l’histoire du Bouddhisme tibétain (lire : BT dans la suite du texte), depuis sa formation jusqu’à son actualité brûlante ; il est divisé en trois parties distinctes : entrée, plat consistant et dessert… comme un bon repas de famille après lequel on n’a plus qu’à aller faire la sieste ! Pas de panique : il est écrit dans un style allègre et avec un brin d’ironie, ce qui allège la digestion. Toutefois il peut se lire comme trois petits livres, chacun relatant une époque du BT. L’entrée de notre petit repas familial concerne la période de gestation du BT, depuis l’enseignement du Bouddha (6ème AC), jusqu’à la formation de l’école bouddhiste qui, au 9ème PC, s’implante sur le Haut Plateau Tibétain : le Vajrayana ou Véhicule tantrique ou Tantrisme. Après avoir esquissé le Dharma (ou « enseignement du Bouddha »), je rappelle la scission que connut le Bouddhisme au 1er PC et les cheminements différents du Hinayana et du Mahayana (Petit et Grand Véhicules). Je survole ensuite l’évolution du Mahayana en Inde avec ses senteurs hindouistes et la naissance du Vajrayana au 6ème PC.

Je raconte un peu plus longuement l’entrée du Mahayana en Chine, son utilisation politique lors de l’éclatement de l’Empire chinois, et les questions que le Bouddhisme a posé à la pensée chinoise. Celle-ci, ne pensant pas en-dehors du monde physique et temporel, limité et duel, qui est le nôtre, n’était pas prête à entendre le message de délivrance du Dharma : pour la Chine, la souffrance (la « dukkha » du Bouddhisme) est l’autre facette du bien-être, et qui ne connaît pas l’un ne peut jouir de l’autre. Il n’empêche que la venue du Bouddhisme en Chine a placé celle-ci au pied de son mur philosophique : « transcendance ou immanence ? », la question était clairement posée. La Chine, après un millénaire d’influence bouddhiste, a résolument opté pour la dialectique et le Relativisme. Comme vous pouvez le constater, j’ai profité de cette première partie pour me poser des questions philosophiques et existentielles : qu’est-ce qu’une religion ? comment la distinguer d’une philosophie ? l’enseignement du Bouddha n’est-il pas aussi une religion, malgré ce qu’en disent actuellement ses adeptes ? quel est le rôle des religions dans la vie psychique des êtres humains ? quel est leur rôle dans l’évolution d’une société ? les religions sont-elles encore nécessaires ? ne peut-on se passer de la religion tout en développant notre côté spirituel ? etc. Autant de questions auxquelles je m’attarde, sans doute pour mettre mes propres idées au clair, tout en sachant que ces questions touchent la plupart d’entre nous. Donc, cette première partie de mon livre est écrite comme un essai.

La seconde partie du livre est le « plat consistant », le gros oeuvre après le hors-d’œuvre. Il s’agit de l’histoire du Bouddhisme au Tibet, depuis son arrivée au Tibet (vers le 6ème PC) jusqu’à sa pratique actuelle, au Tibet. Pour engager cette partie de l’histoire, j’ai voulu planter le décor : qu’appelle-t-on le « Tibet » avant l’arrivée du Bouddhisme ? La géographie du Haut Plateau explique comment des êtres humains ont atterri si haut et si loin de tout, dans des régions qui sont devenues inhospitalières, alors qu’elles ne l’étaient pas lorsque les premiers venus s’y sont installés. Qui sont ces gens, d’où venaient-ils ?

On s’aperçoit que ce que nous appelons le « peuple tibétain », sont des populations composites : les unes venant de l’Ouest (Asie centrale), les autres du Sud-Ouest (vallée de l’Indus), ou du Sud-Est (fonds des forêts birmanes), de l’Est (vallée du Yangzi), et du Nord (vallée du Fleuve Jaune). Cette diversité ethnique est encore visible aujourd’hui : d’une vallée à l’autre, l’architecture des maisons, les vêtements et même la langue, sont parfois différents. De ce fait, avant l’arrivée du Bouddhisme qui, au Tibet, a servi de ciment culturel et politique, le Haut Plateau tibétain était sillonné de populations de croyances et de cultures nettement plus variées. Leurs cultes étaient animistes et elles étaient influencées par une religion venue, semble-t-il, de l’Ouest (Asie centrale) : le Bön. Depuis le 4ème AC, il existait bien un petit royaume tibétain dans la vallée centrale du Yarlong (ou Brahmapoutre) avec la dynastie des Tubo, mais ce n’est qu’au 7ème PC que le roi SongTsen Gampo voulut agrandir son territoire. A la manière du célèbre Gengis Khan, le roi réunit les diverses populations du Haut Plateau en vue d’attaquer son puissant voisin, la Chine des Tang. Et c’est là que tout commença : la Chine repoussa les Tibétains, puis l’empereur des Tang offrit au roi tibétain sa fille en mariage.

Cette première alliance entre la Chine et le Tibet permit au Bouddhisme (école chinoise du JingTu) d’entrer à la cour royale du Tibet, où il resta coincé pendant quelques siècles. Au 9ème, la dynastie Tubo s’effrite et plonge les Tibétains dans l’instabilité politique, et ce jusqu’à l’arrivée des Mongols (13ème). Pendant ce temps-là, au 11ème, le Nord de l’Inde est assailli par des marées musulmanes. Or c’était justement dans le Nord de l’Inde que se trouvaient les plus importantes écoles du Tantrisme (ou Vajrayana formé en Inde vers le 6ème PC). Sous l’assaut des Musulmans, les maîtres tantriques fuient l’Inde et se réfugient de l’autre côté des montagnes de l’Himalaya : dans un Tibet sans foi ni loi. Le Bouddhisme, version tantrique, connaît alors une véritable explosion au Tibet : les maîtres importent les textes sacrés et les font traduire en tibétain (dont l’écriture est proche du sanskrit), les communautés tantriques se multiplient à vive allure, les écoles se subdivisent en de nombreuses sous-entités, dont les derniers nés (au 14ème) sont les plus connus : les Bonnets Jaunes. Les populations tibétaines, soumises jusque-là au bon vouloir des seigneurs et aux rivalités entre grandes familles de la noblesse tibétaine, se convertissent en masse au Bouddhisme et se mettent au service des communautés tantriques: la structure ecclésiastique du Tantrisme leur apporte sécurité et stabilité.

De cette manière, le Bouddhisme a permis d’instaurer au Tibet une société féodale. Le pouvoir est partagé entre la noblesse tibétaine et les communautés bouddhistes, plus de 90 % de la population est placée en servitude. C’est un système bien huilé qui va perdurer jusqu’à la moitié du 20ème siècle, pour le bonheur et le plaisir de quelques uns (noblesse et autorités tantriques) et au détriment de l’écrasante majorité (serfs et esclaves). L’arrivée des Mongols au 13ème ne va que conforter la structure féodale du Tibet ; les Mongols feront du Tibet une annexe de leur Empire chinois. Les Mandchous qui contrôlent l’Empire chinois du 17ème au 19ème divisent la Chine en 18 provinces ; depuis, le Tibet est une des 18 provinces chinoises.

Or, à la fin du 19ème, la Chine se vend par concessions successives et de plus en plus ridicules aux puissances occidentales. Le Tibet qui, grâce à la puissance de son pouvoir ecclésiastique, a amassé de grandes richesses, est convoité par les Anglais : le lieu de villégiature privilégié des lords britanniques pendant la saison des moussons - Darjeeling, Kalimpong, le Sikkim, etc.- sont autant de régions où aboutissent les caravanes de laine et de sel en provenance du Tibet. Constatant l’intérêt gourmand des Tsars russes pour le Haut Plateau, les Anglais ne font ni une ni deux : ils envahissent le Tibet, s’installent et ouvrent des comptoirs de commerce. Se retroussant les moustaches, ils jouent au bridge et au tennis devant le palais d’été du 13ème Dalaï Lama, principale autorité tibétaine à cette époque, sans omettre de l’inviter à une partie de badminton. Le grand Lama se trouble : Mandchous, Russes, Anglais, et même Japonais se pressent sur le pas de sa porte et louvoient dans les couloirs du Potala. « L’accord de Simla », qui devait être signé en 1913, signe en réalité le désaccord entre la Chine, le Tibet et l’Angleterre : la Chine ne cèdera pas le Tibet à l’Angleterre, le Tibet restera chinois ; plus tard, les Nations Unies approuveront.

Suite à la Seconde Guerre Mondiale, les Anglais sont remplacés par les Américains sur le Toit du Monde, et les parties de bridge par des boîtes de biscuits à l’huile d’arachide offertes par le président Roosevelt. Cette fois, le jeune 14ème Dalaï Lama est tiraillé entre, d’une part, la Chine communiste qui lui fait miroiter le développement économique du Tibet et une relative autonomie dans les prises de décisions concernant la politique intérieure du Tibet, et d’autre part, les Etats-Unis qui lui promettent une sécurité financière et logistique et une complète indépendance dans un futur à déterminer. Somme toute, il préfère les biscuits, même à l’huile de cacahuète. En 1959, il prend ses cliques et ses claques et s’en va avec ses tambours et ses trompettes, plus quelques carpettes, on ne sait jamais si elles commençaient à léviter. Ce que le Bouddhisme est devenu au Tibet suite au départ du Dalaï Lama, quelle a été son évolution, ses périodes difficiles, sa reconstruction, le regain d’intérêt de la Chine pour le BT, tout cela est relaté dans la fin de la seconde partie du livre. Vous l’aurez compris, ce second chapitre est une étude historique, fruit d’un long travail de documentation (voir biblio). J’ai voulu écrire cette partie, plus ardue pour le lecteur, dans un style naturel et laissant apparaître une progression dans le récit.

Le dessert, comme tous les grands desserts, plonge d’abord l’assemblée dans un profond silence, un recueillement presque méditatif, mêlé d’une certaine gêne, pour exploser ensuite en un fou rire général et se terminer en une bonne humeur communicative. Bref, je me suis beaucoup amusé dans le dernier chapitre et pour cause : dérision et autodérision étaient les fils conducteurs de ce pamphlet. Il retrace l’étrange parcours que le BT connut en Occident. Au 19ème, il fut recueilli avec ferveur par Helena Blavatsky, fille d’un colonel tsariste, et mise en contact avec des maîtres tantriques dès son jeune âge. Grâce à ses soins attentifs, les rites du BT vont servir, parmi d’autres pratiques ésotériques, à calmer les frayeurs de la bourgeoisie face à la montée du Socialisme.

Les successeurs de l’école de Théosophie fondée par Blavatsky ne sont autres que les nombreuses nébuleuses du New Age qui, dès le début du 20ème, défendront les thèses les plus « réactionnaires » : nostalgie des époques révolues, retour vers la terre-mère, culte de la race pure et des racines aryennes cachées dans les replis de l’Himalaya… un langage que l’idéologie nazie n’aura pas beaucoup de mal à récupérer avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Pour le Dalaï Lama qui débarque en Europe fin des années 70, il valait mieux mettre ce passé récent au portemanteau des oubliettes. Avec l’aide de son généreux sponsor étasunien, il s’y est pris avec intelligence et patience : depuis 50 ans (un demi siècle !), la même histoire du pauvre roi-dieu déchu de son trône par l’horrible diable rouge à queue fourchue nous est servie au Mac Donald des mythes modernes, réveillant en nous le même archétype du bon père de famille qui acquit sa liberté et celle de son clan grâce à l’exil et à la souffrance, les mêmes clichés quant à la tolérance, la compassion, le détachement qui seraient les qualités innées du BT, le même déni systématique de l’histoire du Tibet, bref, le même manque de discernement dès qu’il s’agit de la question tibétaine.

Pourtant, dès qu’on se demande les raisons qui ont poussé les Etats-Unis à faire un tel cas de leur « citoyen modèle » (le Dalaï Lama vient de recevoir, des mains de G.W.Bush, la médaille d’or du meilleur citoyen américain, juste pendant que se tenait le congrès quinquennal du PCC !), la réponse est limpide : au lendemain de la « Grande Guerre », il était une effigie idéale pour soutenir la lutte contre le communisme chinois. Puis, dans la foulée de la guerre du Vietnam et du mouvement hippie, le Dalaï Lama a mis ses efforts dans un « retour aux sources du Bouddhisme », en nettoyant le BT de son aspect ésotérique et en le « philosophisant » (c’est depuis qu’on dit, chez nous, que le Bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie). Cela permit aux semi bourgeois intellectuels et post-68, que nous sommes, de ne plus « bêtement » croire en Dieu, mais d’adhérer au nouvel « athéisme qui embrasse l’absolu ». Qui plus est, le Bouddhisme, dans sa version dalaïste, ne demandait pas d’engagement, ce qui convenait parfaitement à notre egotisme.

Ce fut une étape délicate dans l’opération de séduction qu’entreprit le BT sur l’Occident intellectuel, mais ce fut une réussite, couronnée par un prix Nobel discerné au grand Dalaï en ’89, peu après les événements de la Place TianAnMen et la chute du Mur de Berlin ! Réussite totale pour le Dalaï Lama, à tel point qu’actuellement, une large majorité de la gauche intellectuelle, même celle qui se dit « progressiste » ou, encore plus, celle qui se dit « écologiste », et même en accord avec la droite (dont on ne peut pas vraiment dire qu’elle soit intellectuelle) adhère sans réserve à ses discours. Mais si le Dalaï Lama met « l’Occident pensant » dans sa manche en utilisant sa propre religion, n’est-ce pas pour mieux servir les desseins des Etats-Unis : fragiliser la Chine, la déstabiliser de l’intérieur par nos assauts incessants du « politiquement correct », pendant que les troupes américaines installent leurs bases militaires tout autour des frontières chinoises.


TABLE des MATIèRES

Introduction

Chapitre 1 : le Bouddhisme avant son entrée au Tibet

1.1. L’enseignement originel du Bouddha, le Dharma

Siddhârta Gautama, le Bouddha historique
La Transcendance bouddhiste : un Au-delà de la souffrance
Quelques originalités de la réflexion du Bouddha
« Les Quatre Nobles Vérités et le Sentier aux Huit Embranchements »
Le karma et la loi de « Cause à Effet »

1.2. Le Bouddhisme du Grand Véhicule, le Mahayana

Schisme fatal dans la communauté bouddhiste (1er AC)
Le Petit Véhicule se dirige vers l’Asie du Sud-Est
Le Grand Véhicule ouvre ses portes à l’ésotérisme
Principe de Vacuité, fondement des écoles du Grand Véhicule
Ecoles de la « Voie du Milieu » et de la « Pratique du Yoga »
La Vacuité bouddhiste et la physique quantique
Convergences entre Bouddhisme, Taoïsme et Relativisme
Divergences entre pensées bouddhiste et chinoise
D’où nous vient la pensée de la Transcendance ?
La poésie du « sentiment océanique »
Modèle chinois d’adoption de notre condition humaine
En Inde comme en Chine, le panthéon mahayaniste se multiplie
Le Tantrisme ou Vajrayana, ultime sursaut bouddhiste
« Expérimenter » : Voie tantrique vers l’Eveil
Le Tantrisme : paradis perdu ou enfer retrouvé ?
Fusion tantrique entre maître et disciple
Les divinités tantriques s’accouplent à leur shakti
Où donc se cache Siddhârta Gautama ?

1.3. Expansion du Grand Véhicule en Chine

Contexte de la Chine lors de l’arrivée du Bouddhisme (1er PC)
L’entré du Bouddhisme en Chine passe quasi inaperçue
Idéologie des Han lors de l’arrivée du Bouddhisme
La pensée holiste des Han, source d’inspiration pour le Tantrisme ?
A la recherche de l’unité perdue… ou acceptation de nos dualités ?
Le Bouddhisme s’installe en Chine grâce à sa confusion avec le Taoïsme
Le Bouddhisme, pacificateur des populations du Nord de la Chine (3-6ème PC)
Le JingTu, école bouddhiste la plus populaire en Chine
L’école du Vide, mais de quel « vide » s’agit-il ?
Au Sud, les avis sont partagés entre « gradualistes » et « subitistes »
Indianisation du Bouddhisme chinois et naissance du Tantrisme en Inde
Durant les Tang (7-9ème) : apogée du Bouddhisme chinois et contact avec le Tibet
Première répression du Bouddhisme en Chine : l’édit impérial de 845
Le MiZong, ou « l’école du Mystère », atteint le Tibet


Chapitre 2 : Histoire du Bouddhisme au Tibet

2.1. Paysages du Tibet avant l’arrivée du Bouddhisme

Le Plateau tibétain entre déserts, précipices et autres monstres sacrés
Le Bön, religion autochtone du Tibet
Première phase du Bön, reflet d’une société tribale et matriarcale
Polyandrie et démographie, de l’ancien Tibet au Tibet moderne
Seconde phase du Bön, naissance d’une doctrine influencée par l’Hindouisme
Le yungdrung, ou swastika, emblème du Bön

2.2. Phase d’implantation du Bouddhisme au Tibet (7-9ème)

Le Bouddhisme chinois sert les ambitions de Songtsen Gampo, roi des Tubo
Les conquêtes des Tubo génèrent un changement de structure sociale
Le Bouddhisme, catalyseur du patriarcat tibétain
Padmasambhava, maître tantrique indien, devient le père du Bouddhisme tibétain
Première école du Bouddhisme tibétain : l’école des Nyingmapa
Troisième phase du Bön et sa division en blanc, noir et zébré
Fin de règne des Tubo et premières persécutions bouddhistes

2.3. Renaissance du Bouddhisme tibétain (9-11ème)

Le Bouddhisme tibétain se réinstalle peu à peu sur le Haut Plateau
Une floraison de nouvelles écoles : Sakyapa, Kagyupa, Kadampa, etcetera
Le tantra de Kalachakra ou du « Maître de la Roue du Temps »
Le Royaume de Shambala : mythe ou réalité ?
Le Kalachakra revendique son authenticité
L’Islam, ennemi principal du Bouddhisme tibétain
Quels sont les autres ennemis de la « Bonne Doctrine » ?
Le rituel de Kalachakra œuvre-t-il pour la paix dans le monde ?
Le Tibet, l’écrin précieux des trois Véhicules
La population du Tibet subit les sévices de Kalachakra

2.4. Expansion du Bouddhisme tibétain (12-13ème)

La dynastie mongole des Yuan annexe le Tibet à l’Empire chinois
Les Mongols se convertissent au Bouddhisme tibétain
Phagpa Rinpotché nommé « précepteur impérial du Tibet »
L’histoire du « Bardo Thödol », le « Livre tibétain des morts »
Le Bardo Thödol à l’occidentale
Le Bouddhisme tibétain s’étend aux steppes mongoles

2.5. La réforme du Bouddhisme tibétain (14-15ème)

Tsongkapa, réformateur du Bouddhisme tibétain et fondateur des Bonnets Jaunes
Retour à un « Gradualisme » modéré pour l’école des Bonnet Jaunes
Les trois étapes de la Voie du Milieu
Mantra, mudra, mandala : voies sacrées de Réalisation
La petite porte du fond : voie douteuse vers la Réalisation
Le fulgurant succès des Bonnets Jaunes
Hiérarchie et discipline chez les Bonnets Jaunes
Le système des « tulkous » assure la succession et le maintien des biens

2.6. Le règne des douze premiers Dalaï Lamas (15 -19ème)

Le titre honorifique de « Dalaï Lama » est conféré par Altan Khan
Guerre civile entre écoles bouddhistes : le massacre de Drepung
Construction du palais du Potala sous le règne du Grand Cinquième
La dynastie mandchoue des Qing (1644-1911) place le Tibet sous son contrôle
La compagnie de Jésus rencontre le Bouddhisme tibétain
Guerre civile pour un Océan de Sagesse : second massacre de Drepung
L’établissement du « kashag », assemblée gouvernementale tibétaine
Les Mandchous tracent les frontières de la province tibétaine
Code civil tibétain décrété par les Mandchous
Du 8ème au 12ème Dalaï Lama : un siècle meurtrier pour les Dalaï !
Au 19ème, le Bouddhisme tibétain doit composer avec L’Empire britannique
La Russie des Tsars contaminée par le tantra de Kalachakra

2.7. Le Bouddhisme tibétain sous influence occidentale (19-20ème)

Des slaloms périlleux pour le Grand Treizième !
Une demande d’indépendance du Tibet avancée par le 13ème Dalaï Lama
Quelle modernisation pour quel Tibet ?
L’héritage spirituel et temporel du Grand Treizième
Le Bouddhisme tibétain s’allie à l’impérialisme nippon
En 1940, intrônisation du 14ème Dalaï Lama

2.8. Le Bouddhisme tibétain sous drapeau chinois (20-21ème)

En 1951, l’Armée Populaire de Chine arrive à Lhassa
Un début de règne difficile pour le 14ème Dalaï Lama
Le 14ème Dalaï Lama : « semi-bouddhiste, semi-marxiste » ?
Guerriers du Bouddha, soldats de la Libération et agents de la CIA sur le Toit du Monde
L’organisation de la résistance tibétaine est soutenue par la CIA
Exil du Dalaï Lama : forcé ou volontaire ?
Dharamsala, centre névralgique du mouvement pour l’indépendance du Tibet
Quelle démocratie à Dharamsala ?
La première bévue de la Chine : l’Arunachal-pradesh
La Révolution Culturelle, qu’eut-elle de « culturel » ?
Bouddhisme ou marxisme : risque de dérapage des « ismes »
Une grave erreur du PCC : avoir voulu éradiquer les religions
Résurgence du Bouddhisme tibétain sur le Haut Plateau à partir des années 80
Les émeutes de 1987 et 1988 à Lhassa
Amélioration du niveau de vie pour les Tibétains
Sa Sainteté le Dalaï Lama, prix Nobel de la Paix
Un nouvel objectif pour le Dalaï Lama : la re-bouddhéisation de la Chine
L’encerclement de la Chine par les USA
La réponse de la Chine
Liberté de religion en République Populaire de Chine ? et le FaLunGong ?


Chapitre 3 : Le Bouddhisme tibétain en Occident

3.1. Le Tibet, un mythe né en Occident

Quelques caractéristiques du Bouddhisme qui favorisent son implantation
Contexte idéologique de l’Europe lors de l’arrivée du Bouddhisme tibétain (19ème)
Le trait d’union : Helena Blavatsky, une étoile parmi les Tsars
La Société théosophique en marche contre le Matérialisme
Fin du 19ème, les touristes sont mal venus sur le Toit du Monde
D’Alexandra David-Neel à Lobsang Rampa, fils de plombier anglais
C.G. Jung et R. Wilhelm, un espoir pour l’orientalisme
Deux dissidents de la Théosophie : Krishnamurti et Steiner
Big Brother surveille les galaxies du Verseau
René Guénon : la « Tradition universelle » vient du Tibet !
Julius Evola ou le Bouddhisme tibétain au service du national-socialisme
L’Ahnenerbe en voyage initiatique au pays de Shambala
«…et si le Dalaï Lama devenait un criminel de guerre ! », dit le Dalaï Lama
Le mythe de la « bonne guerre », version zen
« Le sabre qui donne la vie » : une expression de D.T. Suzuki
Le Bouddhisme au service de la Guerre Froide
Golden sixties et beatnik : « let it be ! »
Durckheim et Herrigel, deux constructeurs d’ego

3.2. Usage postmoderne du mythe tibétain

La Bonne Doctrine s’implante au coeur de notre « matérialisme spirituel »
Chogyam Trungpa, précurseur de la vague dalaïste
La France, pays d’acceuil du Bouddhisme tibétain en Europe
Les mauvaises fréquentations du Dalaï Lama
Une fracture intellectuelle nécessaire à l’Eveil
Du génocide ethnique au génocide culturel
Bio branchés, BT-light ou dalaïstes convaincus : de quelle gauche s’agit-il ?
1989, l’année de tous les dangers… et de la naissance d’Arte
Les « aimables fadaises » du Dalaï Lama
Il faut un ego surdimensionné pour adhérer au Dharma
Le Bouddhisme tibétain joue la carte du « retour aux sources »
Bouddhisme et Christianisme : deux religions de salut
Les dialogues interreligieux : une internationale contre le relativisme

3.3. Critique de la bouddhomania actuelle

Phénoménologie bouddhiste et psychanalyse
Le Bouddhisme tibétain à la conquête du monde scientifique
Les pensées positives du Bouddhisme tibétain
Le dessein intelligent du Dalaï Lama
Le Bouddhisme tibétain jusqu’au cœur de nos écoles primaires
Bouddhisme tibétain et engagement social
« Se changer soi-même pour changer le monde »
Le Bouddhisme tibétain n’est pas une exception sur le marché des religions
Transcendance et concurrence en terre bouddhiste
Le marketing du Bouddhisme tibétain


Conclusion


Bibliographie




Bibliographie






Par auteurs

1. Andreyev A., « The Tsar’s Generals and Tibet. A propos of some ‘white spots’ in the history of Russo-Tibetan relations », in « Tibet And Her Neighbours, A History », ouvrage collectif sous la direction d’Alex McKay, Ed. Hansjörg Mayer, 2003
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3. Ariès P., « Les sectes à l’assaut de la santé, le pluralisme thérapeutique en danger », Ed ; Golias, 2000
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« Tibetan and her Neighbours, A History », ouvrage collectif sous la direction d’Alex McKay, Ed. Hansjörg Mayer, 2003
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168. www.tibet-info.org/amisdutibet/: site des « Amis du Tibet »
169. www.trimondi.de/Kalachakra/literatur.ka.htm
170. www.trimondi.de: forum critique sur le Kalachakra
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12/07/2008

09/07/2008: Mugabe, ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal…

[http://pagesperso-orange.fr/polex/bulletin/bulletin_46_art4.htm]
Parlons clair n°46

Mugabe, ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal…

Les grands médias français, journaux de droite et de gauche, télés privées et publiques au service de Sarkozy, ont enfin trouvé un sujet qui fait leur unanimité : le Zimbabwe est un enfer africain, et Robert Mugabe, son président inamovible, un vieillard criminel responsable des maux qui affligent son peuple. Même le journal « L’Humanité », qui fut autrefois anti-impérialiste, et qui est en 2008 désireux de ne pas être différent des autres, a titré l’autre jour : « Mugabe, au ban de l’Afrique » ! Ce qui est à la fois un mensonge, comme le montre la récente réunion de l’OUA, et une falsification des propos de Mandela par exemple. Car le père de la nation arc-en-ciel, et Zuma, dirigeant élu de l’ANC, s’ils ont condamné l’obstination de Mugabe à s’accrocher à un pouvoir ébranlé, et déploré « l’échec tragique du Zimbabwe », ne l’ont jamais attribué à son seul président. Il serait donc temps d’informer l’opinion française, manipulée, de quelques vérités que l’on sait, d’Alger à Pretoria.1-Le Zimbabwe, autrefois Rhodésie, a subi très longtemps le pillage colonial par l’Empire britannique. Le peuple noir du Zimbabwe n’a réussi à arracher son indépendance qu’après de longues années de lutte armée, sous la direction de militants courageux et populaires comme Robert Mugabe et ses compagnons, les partisans de la ZANU. Ils en conservent encore le prestige, une génération plus tard.2-L’indépendance politique arrachée au Royaume Uni Britannique laissait au nouveau Zimbabwe un lourd passif, sous-développement industriel, chômage et extraordinaire inégalité agraire : les trois-quarts des terres les plus fertiles restaient entre les mains de quelques dizaines de milliers de familles de grands propriétaires d’origine européenne, qui y produisaient essentiellement du tabac destiné à l’exportation. Aux termes des accords d’indépendance, la redistribution des terres, aspiration populaire incluse dans le programme des mouvements nationalistes arrivant au pouvoir, devait se faire en quelques années, grâce à l’indemnisation des colons expropriés par la Grande Bretagne. Les autorités britanniques n’ayant jamais tenu leur promesse, la réforme agraire était toujours à faire une génération plus tard.3-Le régime élu du Président Mugabe, soutenu en cela par la population, a lancé il y a quelques années un début de réforme agraire, sans indemnisation des grands propriétaires expropriés. Malheureusement, cela s’est fait de façon chaotique, trop souvent au seul profit de clients politiques du pouvoir plutôt que des paysans nécessiteux. Parallèlement, l’asphyxie économique du pays par les Britanniques et l’occident (aucun crédit du FMI, embargo commercial) entraînait une inflation énorme et la ruine d’une agriculture d’exportation incapable de poursuivre les investissements nécessaires (engrais, machines, etc).4-Une réforme agraire, donc, entamée dans les pires conditions, qui n’étaient pas du seul fait de Mugabe et son entourage, se termine en désastre économique, et l’émigration massive vers l’Afrique du Sud, au point d’y provoquer de véritables pogroms xénophobes. Le mécontentement populaire s’est exprimé majoritairement lors des élections législatives de 2008. L’obstination de Mugabe s’accrochant au-delà du raisonnable au pouvoir, en truquant les élections présidentielles, en faisant régner la terreur grâce à des gros bras recrutés dans le « lumpen prolétariat » de Harare et des villages, n’est évidemment pas la solution adaptée à longue échéance. Mais il est malhonnête de présenter le parti d’opposition (MDC) et notamment son dirigeant Tsvangirai, ancien syndicaliste, comme des démocrates progressistes : le syndicalisme peut conduire au pouvoir, à condition d’en sortir et de donner des gages politiques à des sponsors qui n’ont rien de désintéressé. Le MDC dont le programme est flou, hormis sa volonté d’accéder au gouvernement, est soutenu et financé par les dirigeants occidentaux et les agrariens « blancs » du Zimbabwe, menacés de réforme agraire.5-Si les solutions apportées par Mugabe et son parti sont inadaptées, le problème de l’inégalité agraire est bien réel, et la réforme agraire toujours nécessaire. Mieux, le même problème hérité de la civilisation européenne, existe aussi dans les pays voisins, et surtout en Afrique du Sud. Faute de réforme agraire depuis la fin de l’apartheid, il reste explosif, se traduit par une criminalité très forte à la campagne, un chômage massif (+ de 25%) que l’industrie ne peut absorber, et peut déboucher sur le pire si l’ANC ne sait pas le résoudre.6-Pour l’instant, il s’agit d’éviter le pire en ne se joignant pas à la meute des médias occidentaux qui envisage froidement de faire du drame zimbabwéen le prétexte d’une intervention impérialiste en Afrique Australe, à l’image de ce qui se passe au Tchad, en Somalie, etc…Relayés par les « Européens », les dirigeants britanniques et Georges Bush exigent de la « communauté internationale » de ne plus reconnaître les autorités du Zimbabwe (alors qu’ils maintiennent au pouvoir « leurs » dictateurs africains, du Camerounais Biya au Tchadien Deby). Prêts à combattre pour « la démocratie » jusqu’au dernier Zimbabwéen, ils envisagent froidement la guerre civile à Harare, et une intervention militaire internationale pour y « rétablir la paix », ce qui serait une ingérence directe de l’impérialisme en Afrique Australe. Le Zimbabwe, dans ce schéma impérial, pourrait devenir un nouvel Irak. La seule issue politique est la négociation pacifique entre Zimbabwéens, sans ingérence extérieure.
Il serait ahurissant que des anti-impérialistes français, par ignorance ou par opportunisme, prêtent la main à cette opération de l’impérialisme mondial, Bush, Gordon Brown et Sarkozy réunis.
Francis Arzalier

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Envoyé par Romain dans Ce que la grande presse "libre", "neutre" et "indépendante" capitaliste ne vous dira pas le 7/09/2008 07:15:00 PM

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16:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, histoire, actualite, presse, medias, democratie, liberte, propagande, silence, information, television, capitalisme, colonialisme, imperialisme, euro-dictature, afrique, zimbabwe, romain | |  Facebook | |  Imprimer | | |

06/07/2008

08/06//2008: L'Erythrée, un îlot résistant en Afrique de l'Est...

 -------- Message original --------

Sujet: : L'Erythrée, un îlot résistant en Afrique de l'Est
Date: Sun, 8 Jun 2008 14:02:37 +0200
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Samedi 7 juin 2008
 Il y a deux semaines, dans un entretien au Monde du 20 mai, le président érythréen Isaias Afwerki accusait Washington d'attiser les différends frontaliers entre Asmara et ses voisins, Djibouti et l'Ethiopie, et déclarait que le processus de démocratisation dans son pays ne reprendrait que si les Etats-Unis mettaient fin à l'état de guerre qu'ils entretiennent dans la zone  (http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/05/19/isaias-afwerki-la-politique-americaine-dans-la-corne-de-l-afrique-est-un-echec_1046809_3212.html). Le même jour le quotidien atlantiste accusait Asmara d'être un régime "intransigeant et nationaliste". Il devait cependant reconnaître que si presque partout en Afrique les Etats sont faibles, l'Erythrée faisait exception et que "l’éducation et l’accès aux soins sont gratuits. Le chômage est minime. Lourdement sanctionnée, la corruption est inexistante, tout comme la délinquance et la criminalité." (http://www.awetom.com/?p=430). La force de l'Etat en Erythrée constitue notamment un atout important dans le contexte actuel de crise alimentaire malgré la grande pauvreté de ce pays, qui a été sérieusement aggravée la guerre avec son voisin éthiopien de 1998-2000 (http://www.reliefweb.int/rw/RWB.NSF/db900SID/ASIN-7FBQPG?OpenDocument&rc=1&cc=eri).

L'Erythrée fait l'objet de pressions permanentes. Djibouti (qui accueille une base française et une base américaine sur son sol) a récemment accusé l’armée érythréenne d’avoir violé sa frontière nord (ce qu'Asmara a démenti), et le différend frontalier avec l'Ethiopie (client de Washington, qui occupe en ce moment militairement la Somalie) n'est toujours pas réglé. Le thème religieux fonctionne comme instrument de l'impérialisme occidental contre l'Erythrée. En 2004 la Commission sur la Liberté religieuse internationale américaine (USCIRF) - un organisme gouvernemental étatsunien - a dépêché une délégation en Erythrée en 2004. Elle a classé en 2005 l'Erythrée dans la liste de ses "pays de préoccupation particulière" (countries of particular concern), avec le Myanmar, la China, l'Iran, la Corée du nord, l'Arabie Saoudite, le Soudan, le Turkéménistan, l'Ouzbékistan, la Pakistan et le Vietnam (
http://www.uscirf.gov/index.php?option=com_content&task=view&id=1456&Itemid=59). Comme conséquence de cette inscription, l'Erythrée a fait l'objet par le Département d'Etat en septembre 2005 d'un embargo sur les ventes d'armes. Le rapport de l'USCIRF pour 2006 lui reproche d'être méfiante ("suspicious") à l'égard des groupes religieux baptistes, pentecôtistes, évangélistes et autres groupes chrétiens qui ne sont pas traditionnellement implantés en Erythrée (à la différence de l'Eglise copte et de l'Eglise catholique qui y sont institutionnalisées) - http://www.uscirf.gov/images/AR_2007/eritrea.pdf. On rappellera que les églises évangélistes sont directement liées aux intérêts étatsuniens. Par exemple, via leurs ONG, elles tentent de diffuser des OGM auprès des paysans, comme cela s'est produit en Ouzbékistan (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-12868350.html).  L'USCIRFdans son dernier rapport encourage le financement d'une commission des droits de l'homme "indépendante" (c'est à dire pro-occidentale) en Erythrée. L'Agence d'Etat pour le Développement international américaine USAID a fermé ses bureaux à Asmara le 31 décembre 2005 à la demande du gouvernement érythréen.

Les relations avec l'Union européenne, alliée des Etats-Unis, ont aussi été souvent tendues. En novembre 2001, l'Eythrée avait expulsé l'ambassadeur d'Italie après une ingérence dans sa politique de réglementation des médias. Le Parlement de Strasbourg a voté une résolution contre le gouvernement érythréen 7 février 2002
(http://www.shaebia.org/natural_to_protest_unfair_resolution.html) L'Union européenne depuis lors multiplie régulièrement les demandes d'instauration du pluralisme dans ce pays en vue du développement de partis plus favorables aux intérêts occidentaux (http://www.eritreadaily.net/News0407/article0907193.htm). Elle incite aussi le gouvernment érythréen à favoriser davantage le secteur privé capitaliste en libéralisant le marché et diminuant les impôts sur les sociétés (http://www.deleri.ec.europa.eu/eu_and_eritrea/country_strategy_paper_2002-2007.pdf p. 11)

A l'heure où Washington multiplie les sources de conflits (au Soudan, en Somalie) pour contrôler la Corne de l'Afrique sur la route du pétrole, l'Erythrée serait-elle pour les pouvoirs occidentaux un nouveau village d'Astérix à renverser ?

FD.

21:12 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, histoire, usa, afrique, courcelles, colonialisme, democratie, information, imperialisme, liberte, medias, otan, presse, romain, europe, euro-dictature | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/06/2008

08/06/2008: 'Comment les États-Unis ont appauvri Haïti' ?


-------- Message original --------
Sujet: FW: comment ils l'ont appauvri...
Date: Sun, 8 Jun 2008 19:22:08 +0200
De: Joss Rovélas <jossrovelas@msn.com>


From: g.archimede@wanadoo.fr

Quelques informations:
 
'Comment les États-Unis ont appauvri Haïti'
 
source : San Francisco Bay View / Posté le 13 septembre 2003. Par J. Damu 

 
Même si la demande de réparations d'Haïti à la France est juste, cela masque le rôle que les États-Unis ont  joué dans le processus d'appauvrissement d'Haïti, un  rôle qui se poursuit jusqu'à ce jour.  Aujourd'hui, Haïti est un pays grandement endetté dont le rapport de la dette à exporter est de près de 300%, un chiffre bien plus élevé que ce qui est considéré viable même par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Ces deux institutions sont dominées par les États-Unis.  En 1980, la dette d'Haïti était de $302 millions.


Depuis, elle a plus que triplé pour atteindre $1,1 milliards, soit environ 40% du produit national brut du pays. L'année dernière, Haïti a payé de plus grands montants pour la dette que pour les services médicaux à la population. 
Les fonctionnaires d'Haïti disent que plus de 80% de la dette actuelle a été contractée sous les régimes de François et Jean-Claude Duvalier, Papa Doc et BabyDoc. Ces deux régimes ont opéré sous l'oil bienveillant des États-Unis dont la longue et sordide histoire de garder Haïti bien à l'intérieur de leur sphère d'influence économique et politique est bien connue. 


C'est bien connu que la première cause de l'appauvrissement chronique d'Haïti est les réparations que le pays a dû payer aux anciens propriétaires de plantations qui sont partis après la révolution de 1804. Certains descendants blancs des anciens propriétaires de plantations, vivant maintenant en Nouvelle-Orléans, ont encore les coupons d'indemnisation distribués par la France. On peut ainsi dire qu'une certaine partie des réparations payées par Haïti ont servi au développement des États-Unis. En 1825, Haïti fut forcée d'emprunter 24 millions de francs des banques privées françaises pour commencer le remboursement de la dette écrasante d'indemnité.

Haïti n'a reconnu cette dette que pour obtenir en échange la reconnaissance de son indépendance par les Français, un principe qui continuera de caractériser les relations internationales d'Haïti.  Ces paiements d'indemnité ont causé une situation d'urgence financière continuelle et des perturbations politiques. En 51 ans, Haïti a été dirigée par 16 présidents différents - les nouveaux présidents prenant souvent le pouvoir à la tête d'une armée rebelle.  Néanmoins, Haïti a toujours effectué les paiements d'indemnité - et ensuite, les paiements de prêts à la banque - en respectant les délais.

Cependant, l'intervention de 1915 par les Marines en faveur des intérêts financiers américains a changé tout cela.  Le prélude à l'intervention américaine de 1915 a commencé en 1910 lorsque la Banque Nationale d'Haïti, fondée en 1881 avec un capital français et chargée dès le départ d'administrer le Trésor haïtien, disparut.

Elle fut remplacée par l'institution financière connue sous le nom de la Banque Nationale de la République d'Haïti.  Une partie du capital de la nouvelle banque nationale fut versée à la National City Bank of New York (Banque Nationale de la ville de New York), indiquant ainsi, pour la première fois, un intérêt américain dans les affaires financières d'Haïti. 


La motivation de départ de l'intérêt financier américain en Haïti était les projets de plusieurs corporations américaines en lien avec la National City Bank pour construire un chemin de fer dans ce pays. Pour que ces corporations - y compris la W.R.Grace Corp. - puissent protéger leurs investissements, elles ont fait pression sur le Président Woodrow Wilson et son Secrétaire d'Etat, William Jennings Bryan, afin de trouver des façons de stabiliser l'économie haïtienne, en obtenant une participation majoritaire dans les bureaux de la douane haïtienne, la principale source de revenus du gouvernement. 

Lorsque le Secrétaire d'état Bryan fut mis au courant de toutes les affaires d'Haïti par ses conseillers, il s'exclama : ' Je n'en crois pas mes oreilles ! Des nègres qui parlent français ! '.

Ironiquement, cependant, Bryan, un anti-impérialiste de longue date, était contre toute forme de relations d'exploitation entre les États-Unis et Haïti ou tout autre pays de l'hémisphère occidental. En fait, il avait demandé depuis longtemps d'annuler les dettes des plus petits pays afin que ces derniers puissent grandir normalement et se développer. Il n'est pas surprenant que les idées de Bryan n'étaient pas bien reçues à Washington ni à Wall Street. 


À cause de l'ignorance presque complète au sujet d'Haïti au Département d'Etat et à Washington, Bryan fut forcé de se tourner vers n'importe qui possédant des informations de première main. Il se trouva que cette personne était Roger L.Farnham, une des rares personnes étant très familières avec les affaires haïtiennes.  Farnham était très familier avec les affaires haïtiennes parce qu'il était vice-président de la National City Bank of New York et de la Banque Nationale de la République d'Haïti et président du Chemin de Fer National d'Haïti.

Malgré l'hostilité du Secrétaire d'Etat envers Wall Street et l'évident conflit d'intérêt de Farnham, Bryan compta beaucoup sur Farnham pour ses informations et ses conseils.  Étant vice-président de la National City Bank ainsi que de la Banque Nationale de la République d'Haïti, Farnham joua au chat et à la souris avec la législature haïtienne et le président.

À tour de rôle, il les menaçait d'une intervention américaine directe ou de bloquer les fonds du gouvernement s'ils refusaient de déléguer le contrôle des bureaux de douane haïtiens à la National City Bank. Pour défendre l'indépendance haïtienne, les législateurs refusèrent à chaque moment. 

Finalement, en 1914, avec le déclenchement de la Première Guerre Mondiale, Farnham réussit à convaincre Washington que la France et l'Allemagne représentaient des menaces directes pour les États-Unis par leur présence en Haïti. Chacun de ces pays avait une petite colonie de gens d'affaires là-bas. 

En décembre 1914, Farnham prit un arrangement avec les Marines américains pour que ces derniers débarquent à Port-au-Prince, entrent dans la Banque Nationale d'Haïti et volent deux coffres-forts contenant $500,000 en monnaie haïtienne et naviguent jusqu'à New York, où l'argent fut placé dans la New York City Bank. Avec cette manouvre, le gouvernement haïtien devint totalement dépendant de Farnham en ce qui a trait aux finances nécessaires aux opérations. 


La décision finale et immédiate d'intervenir en Haïti fut prise en juillet 1915, avec un autre renversement d'un président haïtien, s'agissant cette fois-ci de la fin sanglante de Vilbrun Guillaume Sam.  Durant les 19 années qui ont suivi, les Etats-Unis exercèrent une autorité suprême partout en Haïti, en utilisant souvent la distribution de médicaments ou de nourriture comme des formes douces de pacification.

Après quelques années cependant, des accusations pour les massacres de paysans haïtiens furent portées contre les militaires lorsque les Haïtiens se révoltèrent contre les programmes de construction des routes qui exigeaient du travail forcéLors d'un incident de la sorte à Fort Reviere, les Marines tuèrent 51 Haïtiens, tout en n'accusant aucune perte de leur côté.

Le secrétaire adjoint de la Marine, Franklin D.Roosevelt, remit la Médaille d'honneur du congrès au major Smedley D.Butler. Une situation relativement semblable à la remise de Médailles d'honneur aux ' héros ' du massacre à Wounded Knee, lorsque des centaines d'Indiens d'Amérique Sioux avaient été massacrés en 1890.  Des rapports d'abus des militaires américains contre les Haïtiens devinrent monnaie courante à un point que le responsable de la NAACP, James Weldon Johnson envoya une délégation pour enquêter sur les accusations, qui ont alors été confirmées. 

L'occupation américaine connaissait quelques succès - le système de santé fut amélioré et la devise stabilisée - mais ce fut d'autres sphères économiques qui subirent le plus de dommages. Durant les 19 années de l'intervention, un maximum d'effort fut mis en place pour rembourser les créanciers américains d'Haïti, tout en n'accordant que très peu ou pas du tout d'attention au développement de l'économie. 

En 1922, l'ancien Commandant de la brigade des Marines, John Russel, fut nommé Haut commissaire en Haïti, un poste qu'il occupa jusqu'aux derniers jours de l'occupation. Sous l'influence de Russel, toutes les différences d'opinion politique furent étouffées et les revenus des bureaux de douane furent détournés, souvent des mois d'avance, vers les créanciers américains d'Haïti, qui avaient endossé des prêts originellement accordés à Haïti pour payer les réparations aux propriétaires de plantation français ! 

En 1929, cependant, avec la dépression économique du monde occidental et la baisse du niveau de vie partout en Haïti, les sérieuses grèves d'étudiants et les révoltes de travailleurs, combinées à l'incapacité de Wall Street d'attirer de sérieux investisseurs là-bas, Washington décida qu'il était temps de mettre un terme à l'occupation militaire. Lorsque le président Franklin D.Roosevelt visita Haïti en 1934 pour annoncer le retrait des troupes, il fut le premier chef d'une nation étrangère dans l'histoire d'Haïti à s'y rendre en visite. 


Malgré le retrait des troupes américaines, les administrateurs financiers américains continuèrent de dominer l'économie haïtienne jusqu'à ce que la dernière dette des premiers prêts fut retirée en 1947.
 
Peu après le retrait américain d'Haïti, un genre de mouvement de sensibilisation noire prit naissance, un précurseur au mouvement de la ' négritude ' popularisé par Aimé Césaire et Léopold Senghor.

François Duvalier, croyant dès le début à la ' négritude ', prit le pouvoir à la fin des années 1950, rendant populaires des idées acceptées par une population qui avait résisté à une occupation étrangère blanche pendant des années.  Lorsque Duvalier prit la présidence de la première république noire du monde établie par les anciens peuples esclaves, Haïti avait expérimenté plus de 150 ans d'appauvrissement chronique et de politiques de prêts discriminatoires de la part des institutions et pouvoirs financiers les plus importants au monde.

Les prévisions économiques d'Haïti ne sont pas meilleures, même depuis l'élection démocratique de Jean-Bertrand Aristide, ce dernier étant constamment démonisé dans la presse américaine et mondiale

Il est maintenant temps de se rendre à l'évidence et de faire le nécessaire.  Répondre à la demande de réparations d'Haïti.

22:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, capitalisme, courcelles, histoire, actualite, usa, france, imperialisme, democratie, liberte, colonialisme, medias, presse, information, television, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

03/06/2008

29/05/2008: La hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays...



From: socio13
Sent: Thursday, May 29, 2008 5:01 PM
Subject: La hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays


Table ronde télévisée : La Crise mondiale des aliments, tenue dans les studios de l’Institut cubain de radio et télévision (ICRT), le 15 avril 2008RandyAlonso. Bonsoir, chers téléspectateurs et auditeurs. La FOA alerte que la hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays. De leur côté, la Banque mondiale [...]

La hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays

Table ronde télévisée : La Crise mondiale des aliments, tenue dans les studios de l’Institut cubain de radio et télévision (ICRT), le 15 avril 2008

Randy Alonso. Bonsoir, chers téléspectateurs et auditeurs. La FOA alerte que la hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays. De leur côté, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international évoquent aussi les risques dont la situation menace les pays les plus pauvres.
C’est sur cette question importante, qui a aussi des retombées dans notre pays, que portera notre Table ronde informative : « La Crise mondiale des aliments », dont les intervenants seront Igor Montero Brito, vice-président de la société cubaine ALIMPORT, Ramón Pichs Madruga, sous-directeur du Centre de recherche sur l’économie mondiale, Eduardo Dimas et Ariel Terrero, collègues de la télévision cubaine et de la revue Bohemia, tandis que, comme de coutume, la journaliste Aixa Hevia suivra pour nous les informations sur Internet.
Nos invités sont aujourd’hui des élèves et professeurs de l’Ecole de formation accélérée de professeurs Vicente Pérez Noa et des travailleurs de la direction nationale des Comités de défense de la Révolution.


Avant de nous lancer dans la question qui nous occupe aujourd’hui, je tiens à  vous lire les Réflexions que le compañero Fidel Castro vient de nous faire parvenir, sous le titre :

« NE PAS FAIRE DE CONCESSIONS À L’IDÉOLOGIE ENNEMIE

« J’ai décidé d’écrire ces Réflexions après avoir entendu un commentaire public d’un média de la Révolution, dont je vais taire le nom.
« Il faut faire très attention à ce que l’on affirme pour ne pas faire le jeu de l’idéologie ennemie. On ne peut accuser la Période spéciale du système que l’impérialisme a imposé au monde ; elle n’a pas inventé les changements climatiques, la civilisation dépendante de la consommation des hydrocarbures, le transport de chaque membre d’une famille dans une voiture qui voyage quasiment à vide, ni l’idée néfaste de convertir les aliments en carburant ; elle n’a pas inventé les guerres mondiales pour le partage de la planète, les bases militaires, les armes atomiques et radio-électroniques, les satellites spatiaux qui épient toute chose et dirigent vers la cible des rayons meurtriers, les missiles téléguidés, les sous-marins qui tirent depuis mille mètres de profondeur, la science et la technologie au service de la mort et de la destruction.
« Elle n’a pas non plus inventé la géographie politique et les terres dont dispose chaque nation, qui ont été le fruit d’autres facteurs historiques.
« Que l’on réfléchisse bien à ce que l’on dit, à ce que l’on affirme, pour ne pas faire d’honteuses concessions. Que l’on analyse la nature et la psychologie des êtres humains ; leur durée d’action est très brève et constitue à peine une fraction de seconde dans l’histoire de notre espèce. Le comprendre est un grand remède contre la vanité.
« La Période spéciale a été la conséquence inévitable de la disparition de l’URSS qui a perdu la bataille idéologique et qui nous a poussés à une étape de résistance héroïque dont nous ne sommes pas encore totalement sortis.
« Qu’il est difficile d’être bref dans la Bataille d’idées ! »
Fidel Castro Ruz
15 avril 2008
16 h  45
[Documentaire d’introduction au thème, par Marisela Recaséns :

La crise alimentaire a commencé cette année à se présenter dans toute sa vérité. Ces dernières décennies, la faim rôdait dans les campagnes ou dans les zones marginales des pays sous-développés ; de nos jours, la hausse des cours des aliments sur le marché mondial menace de se propager dans tout le Tiers-monde. Selon des statistiques de la FAO, les cours du riz ont doublé en un an à peine, battant un record historique le 8 avril dernier avec une hausse de 2,3 p. 100 en un seul jour à la bourse de Chicago ; les cours de blé ont atteint leur maximum en vingt-huit ans ; ceux du lait en poudre ont triplé en un peu plus de deux ans, et ceux du maïs restent à la hausse.
 La Banque mondiale reconnaît dans une étude que cette flambée obéit à la production croissante d’agrocarburants, à la hausse des cours de l’énergie et des engrais, à la faiblesse du dollar et aux prohibitions touchant les exportations agricoles.
 De toute façon, selon des experts, trois crises se combinent en une sorte de logique perverse pour déclencher ce chaos : crise économique, crise énergétique et crise environnementale.
 Selon la FAO, si cette tendance se poursuit, le continent américain comptera en 2015 environ  40 millions de dénutris, surtout en Amérique centrale.
 Le Programme alimentaire mondial (PAM),  une institution des Nations Unies créée pour répondre aux urgences alimentaires, a besoin d’au moins 500 millions de dollars supplémentaires pour faire face à la tragédie, faute de quoi beaucoup de personnes souffriront de faim et en mourront.
 Selon le rapporteur de l’ONU pour l’alimentation, « la planète  se trouve au seuil d’une situation dangereuse ». Rien de bien neuf, assurément : Fidel en avertit depuis au moins une dizaine d’années : « L’espèce humaine est en danger d’extinction. » [Fin du documentaire d’introduction.]

 Randy Alonso. Nous ne pouvons oublier que la première des Réflexions de Fidel – ces Réflexions devenues à la longue un facteur clé dans notre Bataille d’idées – datée du 28 mars 2007, voilà donc plus d’un an, s’intitulait : « Pus de trois milliards de personnes dans le monde condamnées à mourir prématurément de faim et de soif ». Ces prédictions se sont avérées exactes au fil de ces derniers mois. Cette très grave situation suscite l’inquiétude de toute la communauté internationale et de nombreuses organisations internationales.
Comme le dit Marisela Recaséns dans son documentaire, plusieurs facteurs jouent dans cette flambée des cours internationaux des denrées alimentaires, en particulier le facteur pétrole, l’un des plus importants, celui dont on parle le plus et dont le cours ont atteint des niveaux scandaleux. J’aimerais donc commencer notre Table ronde par le pétrole. Pichs, pourquoi et comment le pétrole influe-t-il sur les cours des aliments ? Quels rapports existent-ils entre l’énergie et la production de denrées alimentaires dans le monde ?
Ramón Pichs. De fait, l’un des axes essentiels de cette équation relative à la crise mondiale des aliments est sans aucun doute l’évolution des cours pétroliers ces derniers temps.  Selon les dernières informations boursières d’aujourd’hui, le pétrole frôle les 114 dollars le baril, concrètement 113,79 dollars à la bourse de New York, dont le brut, le West Texas Intermediate, sert de référence sur le continent américain. Bien que le facteur pétrole n’ait jamais cessé de jouer depuis le début du siècle, puisque la tendance haussière des hydrocarbures apparaît dès 1999, une série de circonstances agit dernièrement. Du côté de la production, une offre rigide, inflexible ; du côté de la demande, un marché en croissance rapide ces derniers temps ; à quoi il faut ajouter l’instabilité au Moyen-Orient, une région particulièrement importante pour ce marché puisqu’elle concentre les deux tiers des réserves de pétrole mondiales, et la faiblesse du dollar, la monnaie de cotisation boursière du pétrole : logiquement, face à la dévaluation de cette monnaie, les agents de change cherchent très souvent refuge dans des matières premières stratégiques, comme le pétrole, l’or, mais aussi les aliments.
Voilà quelques-uns des facteurs sous-tendant la flambée des cours pétroliers ces derniers temps, un marché très tendu, en proie somme toute à la spéculation, à l’incertitude. Par ailleurs, la situation créée au Moyen-Orient, la présence militaire, l’occupation d’un des principaux pays producteurs de pétrole au monde, l’Iraq, par des troupes étasuniennes et alliées, a constitué la toile de fond de ce marché incertain et instable.
Les cours élevés du pétrole influent essentiellement de deux manières sur les cours des aliments. Logiquement, si le pétrole renchérit, les coûts de production et de transport des aliments en font autant. Tout simplement parce que les intrants utilisés en agriculture contiennent une force composante pétrolière : les engrais, par exemple, sont très influencés par les cours pétroliers. De même, plus ceux-ci flambent, et plus le coût du transport augmente, aussi bien celui des intrants que celui des denrées alimentaires.
Randy Alonso. Les engins agricoles, aussi.
Ramón Pichs. Aussi. Le pétrole apparaît tout au long de la chaîne de production et de transport des aliments, ce qui explique, entre autres facteurs clefs, la situation actuelle.
Mais il en est un autre. Cette hausse constante des cours du pétrole a servi de détonateur à l’expansion massive des biocarburants, censément comme une option énergétique durable. Je dis censément, parce qu’elle est en fait intenable dans la mesure où elle ne tient pas dûment compte des retombées sociales et environnementales qu’elle entraîne. Ainsi donc, la proposition du gouvernement étasunien de 2007 de réduire de 20 p. 100 en dix ans la consommation d’essence en lui substituant des biocarburants, sans modifier en absolument rien le modèle de consommation énergétique fondé sur le gaspillage, a eu une influence extrêmement négative sur les cours des aliments.
Deux facteurs, donc : 1) l’incidence des cours élevés du pétrole sur les coûts de production et de transport des aliments ; 2) la façon dont ceci s’articule à cette formule intenable de promouvoir les biocarburants à grande échelle. Ces deux facteurs commencent d’ores et déjà à avoir un coût social élevé en termes d’insécurité non seulement alimentaire, mais encore environnementale : dégradation des écosystèmes, déforestation, diminution des ressources hydriques de nombreux pays, etc.
De plus, on ne saurait oublier que la plupart des quatre-vingt-deux pays à déficit alimentaire sont en même temps des importateurs nets de pétrole. Bref, tous ces facteurs se combinent pour exercer une influence extrêmement défavorable sur des pays qui sont par ailleurs les plus faibles et les plus vulnérables dans l’économie mondiale.
Randy Alonso. Je voudrais insister sur deux points : le fait que la plupart des importateurs d’aliments sont en même temps de gros importateurs de pétrole ; et le fait que le rapport pétrole/denrées alimentaires ne se situe plus seulement de nos jours au niveau de la production dans les champs, dans la mesure où la plupart des produits alimentaires sont traités industriellement dans des usines qui consomment à leur tour de l’énergie. Tout ceci renchérit doublement les coûts.
Ramón Pichs. Exat. C’est toute la chaîne agro-industrielle de la production alimentaire qui est touchée.
Randy Alonso. Pichs a introduit la question des biocarburants. Fidel, je le répète, l’avait abordé dès la première de ces Réflexions, mais aussi dans plusieurs autres, et de nouveau dans la dernière qu’il vient de nous adresser cet après-midi. De toute évidence, le facteur que les observateurs et spécialistes en thèmes alimentaires signalent le plus de nos jours est bel et bien celui des biocarburants.
Eduardo Dimas. Et même, ce qui soulève davantage l’attention, certains qui ne le sont pas, comme Robert Zoellick, qui est en fin de compte un néoconservateur, mais qui vient d’affirmer que le motif de la flambée des cours alimentaires, c’est justement l’utilisation de céréales pour produire de l’éthanol.
Randy Alonso. L’actuel président de la Banque mondiale.
Eduardo Dimas. Oui, mais il avait été avant représentant commercial des Etats-Unis. C’est de toute façon un personnage très lié aux groupes néoconservateurs qui dirigent actuellement les USA.
Je ne sais si vous vous rappelez la fameuse « tournée de l’éthanol », autrement dit celle que Bush a faite en Amérique latine, au Brésil et dans d’autres pays, pour promouvoir la production de ce produit, ce qui a été, si j’ai bonne mémoire, le point de départ des réflexions de Fidel. En tout, depuis, on a continue de produire de l’alcool en grandes quantités, et la production d’éthanol a fait un bond : ainsi, au Brésil, quoique là, la production se fasse à partir de la canne à sucre, autrement dit des mélasses d’arrière-produit qu’elle fournit. Dans ce dernier cas, donc, la canne a donc produit quelque chose, un aliment, du sucre, bien que le Brésil soit en train de produire une canne transgénique qui ne donne plus de sucre, mais uniquement de l’alcool. Pas dans toutes les sucreries brésiliennes, bien entendu, mais c’est là un processus en cours.
Mais les Etats-Unis, eux, en revanche, produisent de l’éthanol essentiellement à parti du maïs ! Dans d’autres pays, le point de départ est le riz. Et au Brésil, la production de soja en hausse dans ce but est en train de provoquer la déforestation de l’Amazonie : il ne s’agit pas de produire de l’huile, mais du biodiesel, ce qui a enclenché bien entendu une hausse des cours des huiles comestibles sur les marchés mondiaux.
Pour en revenir aux Etats-Unis, ils vont y consacrer cette année le tiers de leur production de maïs, qui est en plus subventionnée par le gouvernement, à la production d’éthanol. Ce qui veut dire que le maïs, dont les cours ont déjà doublé – deux cents dollars et quelque la tonne actuellement  – va sans doute continuer sa hausse, mais aussi qu’il commence à manquer sur le marché mondial puisqu’on en consacre une partie à la production d’alcool.
Mais il ne faut pas oublier que le maïs sert aussi à alimenter le bétail, les volailles, de sorte que toute hausse des cours du maïs a des retombées sur ceux de la viande, du poulet et de tous les types de viande. Mais c’est aussi le fondement de l’alimentation de nombreuses cultures : au Mexique, par exemple, où le prix de la tortilla, autrement de la galette de maïs qui est l’aliment de base, a doublé, des manifestations ont éclaté tout récemment.
Donc, les USA vont consacrer le tiers de leur production de maïs à l’éthanol. Oui, mais il faut savoir que cette production a beaucoup augmenté, parce qu’ils ont consacré ces derniers temps au maïs des terres autrefois consacrées au blé et à d’autres grains, ce qui a bien entendu à son tour des répercussions sur les cours de ces derniers produits.
Ainsi donc, la production d’alcool afin de maintenir les standards de vie et les niveaux de consommation d’une société vraiment aliénée de ce point de vue entraîne la conséquence suivante : des centaines de millions de personnes – voire, sur le long terme, trois milliards, comme le dit Fidel – risquent d’avoir faim dans le monde, justement à cause de cette folie consistant à produire de l’alcool, dans ce cas, des carburants, à partir d’aliments de base.
Jean Ziegler, qui est le rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, affirme : « L’utilisation des biocarburants est un crime contre l’humanité. » Cette phrase, associée aux Réflexions de Fidel du 28 mars 2007, donne une idée du fond du problème : sacrifier des centaines de millions de personnes pour qu’un groupe minoritaire puisse avoir toute l’essence et toutes les choses dont il a besoin ! D’autant que, pour produire de l’alcool, il faut aussi des combustibles !
Randy Alonso. Selon certains scientifiques, il faut plus d’un litre de combustible pour produire un litre d’éthanol.
Eduardo Dimas. C’est exact. Du moins, ça l’était à l’époque où je travaillais dans une distillerie…
 Randy Alonso. Ça l’est toujours.
 Eduardo Dimas. Peut-être qu’avec les techniques actuelles…
 Randy Alonso. Non, non, ça l’est toujours.
 Eduardo Dimas. Alors, c’est découvrir saint Pierre pour vêtir saint Paul… Ou pis encore. Je vais vous lire quelque chose de terrible, une dépêche de l’AFP, depuis Bruxelles : « Malgré les dures critiques tournées contre les biocarburants, accusés d’être “un crime contre l’humanité”,  l’Union européenne refuse d’abandonner se projets fondés sur cette source d’énergie, car cela impliquerait d’inverser tout son plan de lutte contre les changements climatiques. “Il n’est pas prévu de suspendre pour le moment l’objectif fixé pour les biocarburants”, a affirmé ce lundi la porte-parole européenne pour l’environnement, Barbara Helfferich. “Nous ne pouvons pas changer un objectif politique, car nous devrions alors avoir un débat sur tous les autres objectifs”, a-t-elle affirmé. »
 Ainsi donc, pour ne pas éliminer un objectif politique : produire de l’éthanol – et pour produire de l’éthanol en Europe, il faut utiliser la betterave, le maïs et d’autres aliments – on va sacrifier des centaines de millions de gens ? Est-ce là le monde où nous vivons ?
 Randy Alonso. À quoi il faut ajouter la concurrence croissante, non planifiée, mais certaine, qu’on va constater dans le monde entre les aliments pour les humains et les aliments pour les animaux. S’il y a rareté dans les aliments destinés aux humains, ce n’est pas seulement à cause de ceux qui sont destinés aux biocarburants, mais aussi parce que toujours plus d’animaux – bovins, porcins, volailles et autres producteurs de viande –  sont alimentés essentiellement de céréales.
 Eduardo Dimas. Mais surtout de maïs, ce qui élève les prix de la viande, de la volaille, de tous les produits à base de viande. Ma question est la suivante : va-t-on sacrifier des centaines de millions de personnes pour maintenir des niveaux de vie et surtout pour n’avoir pas à débattre d’un programme politique ?
 Randy Alonso. À ce sujet, Dimas, je me rappelle des déclarations faites par le principal conseiller scientifique de Gordon Brown, le Premier ministre britannique, le 7 mars dernier. Quand il occupe son poste, John Beddington provoque un grand esclandre en Grande-Bretagne, parce que l’une de ses premières déclarations est que la course accélérée aux biocarburants dans de nombreux pays signifie que toujours plus de terres arables seront consacrées à la production d’agrocarburants et non d’aliments. Selon une dépêche de l’AFP de ces jours-là, « le débat sur les biocarburants, tel l’éthanol produit à partir de la canne à sucre, a été relancé en Grande-Bretagne. L’expert, qui est le principal conseiller en questions scientifiques du gouvernement de Gordon Brown, a clairement affirmé que la priorité croissante accordée aux biocarburants, juste au moment où la demande de vivres a fortement augmenté dans le monde, avait des retombées négatives sur la production d’aliments. Dans son premier discours public important depuis sa désignation au poste de conseiller scientifique du gouvernement, Beddington a souligné que les biocarburants représentaient par conséquent un vrai danger pour la vie de millions de personnes sur la planète. En lançant cette mise en garde, il entre en conflit avec son gouvernement qui s’est engagé à accroître l’utilisation des biocarburants dans les prochaines décennies. »
 Mais c’est aussi une mise en garde à l’adresse de la communauté internationale, car il contredit les discours de plusieurs gouvernements, en particulier des Etats-Unis et d’Europe, en matière de biocarburants.
 Eduardo Dimas. Nous sommes par-dessus tout en face d’une grosse affaire au nom de laquelle peu importe de sacrifier des centaines de millions d’êtres humains, comme cela s’est passé tant de fois. Et le coût de cette grosse affaire est épouvantable. Rappelle-toi Le Rapport Lugano, un livre que tout le monde devrait lire, de Susan George. C’est de la fiction, assurément, mais quand on voit ce qu’il se passe dans le monde actuel, on se rend compte qu’elle ne l’a pas écrit par plaisir et qu’elle a raison de l’avoir fait. Mais il est trop long pour l’aborder ici.
 Randy Alonso. Merci, Dimas, de ton commentaire.

 [Nouveau documentaire sur le thème de la Table ronde, par Marisela Recaséns.] :
 Marisela Recaséns : Un combat artificiel contre les changements climatiques sous les auspices des gouvernements occidentaux, qui le présentent comme une campagne écologique, a favorisé la production et la demande d’agrocarburants. Duperie masquant une nouvelle recolonisation des économies paysannes et de la souveraineté alimentaire du Tiers-monde, dont l’essence est la suivante : semer des aliments pour nourrir des voitures.
 Eric Toussaint (président d’Annulation de la dette) : C’est la conséquence de la décision de gouvernements du Nord, mais aussi du Sud, de réduire les surfaces agricoles consacrées à la production d’aliments au profit de la production d’agrocarburants, ce qui implique moins de terres semées en vue d’aliments, moins d’offre alimentaire et donc hausse des cours.
 Marisela Recaséns : De nombreux pays du Sud sont tombés dans le piège. Au Brésil, où l’on dit que produire de l’éthanol à partir de la canne à sucre peut donner de meilleurs résultats, on occulte un chiffre brutal dénoncé par les exclus et d’autres mouvements sociaux :
 Delmar Mattis (Brésil) : C’est inadmissible. On porte préjudice aux besoins essentiels des peuples, entre autres l’alimentation, pour produire des agrocarburants au profit des voitures des grands centres urbains. Et dans le cas des pays du Tiers-monde, des agrocarburants pour les voitures du Premier monde. Tel est le meilleur diagnostic qu’on peut émettre. C’est la variante d’un modèle qui a à un bout l’agrobusiness – avec aussi le soja – l’élevage, les plantations, les monocultures et la biomasse, tel l’eucalyptus, et à l’autre bout la misère, l’expulsion des petits paysans, avec au Brésil un travail semi-esclave.
 Militant social du Guatemala : Dans mon pays, le Guatemala, à la saison des récoltes, de décembre à janvier, le maïs tombe normalement à 40 quetzals le quintal ; mais aujourd’hui, il se maintient à 150-160 quetzals. Qui peut acheter à ces prix-là alors que le salaire atteint à peine 20-25 quetzals par jour ?  On ôte les aliments aux populations indigènes pour nourrir la population des villes qui mangent du pain. Et le quintal de farine est passé en trois mois de 280 quetzals à 398. Qu’est-ce que ça veut dire ? Que le prix du pain a augmenté bien entendu. On nous ôte les aliments, et c’est une situation désastreuse dans le monde.
 Marisela Recaséns : Un ensemble de raisons explique pourquoi la production d’agrocarburants n’a rien à voir avec une campagne écologique, mais avec un juteux négoce. Il suffit de voir quels sont ceux qui l’orchestrent. Les industries de l’automobile et du pétrole sont les investisseurs ; les transnationales céréalières monopolisent la distribution, tandis que les transnationales des semences et des engrais toxiques produisent en même temps des organismes transgéniques, peu importe si ceux-ci cessent d’être comestibles à la longue et provoquent des désastres en matière de pollution. Aucune des ces transnationales ne se soucient des coûts environnementaux et sociaux élevés de l’agrobusiness, et la plupart de leurs slogans publicitaires sont faux.]

 Randy Alonso. L’une des nouvelles les plus importants de la journée est le nouveau record battu par le baril de pétrole sur le marché international : selon une dépêche de l’AFP, « le baril de pétrole a atteint ce matin un record historique à la bouse de New York, pour atteindre 113,66 dollars, compte tenu de la faiblesse du dollar qui réduit le brut pour les investisseurs à monnaie plus forte et d’un ajustement de l’offre énergétique ». Un nouveau record, donc, qui nous permet de comprendre comment cette question de l’énergie et des aliments ne cesse de se compliquer.
 Ariel Terrero, comment ces cours des aliments influent-ils sur la situation internationale dans ce secteur, sur la crise financière et économique qui se développe aux USA qui a déjà des effets sur le reste du monde ?
 Ariel Terrero. Une série de facteurs influe sur la situation économique mondiale et provoque tous les problèmes de hausse des cours des aliments qu sont en train de causer des mouvements de protestation sociales dans de nombreux pays d’Afrique, mais aussi, tout dernièrement, en Haïti sur notre continent. Cette situation de si grande incertitude s’explique par une série de facteurs difficiles à solutionner, du moins en fonction des règles du jeu du système capitaliste mondial.
 Et parmi ces règles du jeu, il y a le dollar, d’une part, la spéculation, de l’autre.
 Le dollar. Qu’ont fait les USA avec ? Quel piège ont-ils tendu au reste du monde ?  Eh bien, ils ont décidé en 1973 de le faire flotter librement en le séparant de l’étalon-or, et ils en ont fait la monnaie de référence, la monnaie de change dans le monde. Depuis, ils émettent librement une quantité énorme de papier monnaie sans le moindre soutien économique derrière – par exemple l’or ou un autre métal précieux – pour couvrir justement la soif de consommation illimitée et inapaisable de leur population et leurs déficits commerciaux et fiscaux faramineux.  C’est là la manière qu’ils ont trouvé de s’en sortir. Faire fonctionne la planche à billet.
 Or, n’importe quel manuel d’économie politique vous le dira, cette augmentation effrénée de la masse monétaire entraîne une dévaluation de la monnaie, laquelle dévaluation entraîne à son tour une inflation, autrement dit la hausse des prix. Corrélativement, quand le dollar chute, les cours des matières premières, tels les aliments de base, augmentent à leur tour. Voilà ce qui explique la flambée des cours des produits ces trois dernières années : ainsi, ceux du blé, du riz et du maïs ont augmenté en moyenne de 83 p. 100 dans le monde et ont battu tous les records cette année-ci, en plus du soja.
 Certains de ces chiffres sont éloquents. Les cours mondiaux des aliments ont augmenté de 40 p. 100 l’an dernier, mais ceux du dollar ont chuté de 28 p. 100 par rapport à l’euro et de 130 p. 100 face à l’or, un autre produit dont les cours ont eux aussi flambé pour battre des records depuis le début de l’année, pour atteindre plus de 900 dollars l’once.
 Qu’est-ce qui provoque cette tendance ? A quoi il faut ajouter la crise financière qui a éclaté en août de l’an dernier par explosion de la bulle immobilière aux USA, et la crise des crédits et des hypothèques, tout ceci ayant accéléré la tendance à la récession.
 Certains refusent toujours de parler de récession aux USA, bien que toujours plus de données le prouvent.  Je veux parler des macro-indicateurs fournis par les Etats-Unis, comme les ventes au détail, comme le marché immobilier qui sont fondamentaux dans l’économie étasunienne. Parallèlement, il faut dire que le dollar a perdu de son prestige, a perdu de son intérêt pour les spéculateurs, ce n’est plus une monnaie forte, ce n’est plus une garantie d’investir ou de virer des capitaux dans cette monnaie. Alors, que font les spéculateurs ? Eh bien, face à l’inflation, ils cherchent un refuge ou une protection dans des matières premières comme le pétrole, par exemple, ce qui explique les cours records que tu donnais voilà quelques minutes, mais aussi comme l’or, qui bat des records, ou les céréales, essentielles pour l’alimentation et dont la flambée semble irrépressible.
 On constate une tendance générale à la hausse des cours de tous les produits alimentaires,  mais, quand on s’en tient aux chiffres de l’année actuelle, on voit qu’elle a été plus accélérée pour le soja, le maïs, le blé et le riz. Ce qui, bien entendu, entraîne un intérêt accru des spéculateurs pour les produits les plus rentables…
 Randy Alonso. Il vaut avoir en ce moment des tonnes de maïs que des billets verts…
 Ariel Terrero. Le papier ne se mange pas, et je ne crois pas qu’il ferait beaucoup de bien à la santé, tandis que le riz, le blé, le pétrole, les investisseurs et spéculateurs espèrent qu’ils vont continuer de monter, ce qui constitue en quelque sorte un cercle vicieux. Si vous placez votre agent dans le dollar, qui est en chute libre, vous êtes sûrs de perdre, tandis que si vous le placez dans ces produits, dans ces céréales, dans l’or, dans le pétrole, vous êtes sûrs de gagner.
 Randy Alonso. Autrement dit, selon toi, ce ne sont pas seulement des facteurs objectifs, comme la hausse du pétrole, des biocarburants, ou encore la crise elle-même, qui jouent, mais aussi la spéculation.
 Ariel Terrero. Exact. Comme tout le monde vend ces produits, mise sur eux, il existe un rapport d’offre et de demande, d’achat et de vente : j’achète un produit, son prix s’élève ; je vends un produit, son prix diminue. Que  font alors les spéculateurs ? Ils liquident leurs possessions en dollars, si bien que ces ventes entraînent la chute de la valeur de cette monnaie ; mais ils achètent ces produits alimentaires ou autres, ils misent sur eux, et leurs cours s’élèvent.  Ce qui vient s’ajouter aux autres facteurs dont nous avons parlé : la dévaluation du dollar implique en soi une tendance inflationniste sur les produits. Ceci s’ajoute au phénomène de biocarburants dont parlait Dimas, et aussi à la tendance réelle de pays en plein essor économique, comme la Chine, l’Inde et d’autres qui, de ce fait, achètent plus. A quoi viennent encore s’ajouter les stratégies des gouvernements eux-mêmes pour se prémunir d’une situation qui s’annonce chaotique : ainsi, des pays nettement exportateurs d’aliments comme le Vietnam pour le riz, l’Argentine pour le blé ou le soja – l’Australie connaît une grave sécheresse, et la Chine aussi – ont adopté des politiques pour freiner – ou du moins ne pas élever – leurs exportations. Par ailleurs, des pays achètent toujours plus : le Mexique, par exemple, a triplé le volume de ses importations de maïs blanc et de maïs jaune pour garantir ses réserves d’un produit essentiel pour ses habitants et pour la fabrication d’aliments pour animaux. Donc, de nombreux pays achètent maintenant pour faire des réserves stratégiques, pour se protéger, ces achats massifs ayant à leur tour influé sur le cours de ces produits.
 Mais le facteur essentiel de tout ce chaos, à mon avis, c’est la politique des USA vis-à-vis du dollar, une politique scandaleuse, ce que tout le monde reconnaît, ce que reconnaissent les principales institutions bancaires et financières du monde, qui ne peuvent pourtant rien faire pratiquement, parce qu’elles sont liées d’une manière ou d’autre à cette monnaie. Il ne convient à aucun pays de commence à liquider ses réserves en dollars, parce que cette monnaie se déprécierait encore plus. Et l’autre facteur clef, c’est la liberté absolue dont jouissent les spéculateurs sur le marché mondial, qui manient des billions de dollars tous les jours sans le moindre contrôle, même si les pays du premier monde commencent à parler d’adoption de mesures destinées à freiner un peu ce qu’ils appellent la volatilité excessive des marchés financiers.  Honnêtement, j’attends pour voir, parce que je ne crois pas que, compte tenu des règles du jeu, ils puissent faire grand-chose.
 La tendance va donc être aux achats effrénés de ces produits par les spéculateurs, ce qui va continuer de faire flamber les cours, en plus des autres facteurs signalés ici. La situation est extrêmement tendue, mais telle est la perspective à court terme ou du moins pour le restant de l’année, car la récession est bel et bien installée aux USA, ce qui va aggraver encore plus le peu de certitude ou de confiance : rares sont les économistes qui voient dans le placement de dollars une alternative sérieuse.
 Randy Alonso. Ce à quoi il faut ajouter, comme le signalait Marisela, les conditions climatiques qui influent à leur tour sur la production mondiale et donc sur les cours de ces produits. En fait, on vit en plein paradoxe : la FAO, les agences de presse internationales et différents observateurs annoncent que la production de céréales mondiale battra des records cette année-ci ! Ainsi, le 3 avril dernier, la FAO a annoncé une augmentation de la production mondiale de riz de 1,8 p. 100 pour 2008, soit 12 millions de tonnes en cas de conditions météorologiques normales, mais aussi, parallèlement, une élévation des cours de ce produit de plus de 50 p. 100 ces derniers mois. Voyons donc le reportage télévisé suivant :

 Journaliste. A Hong Kong, les acheteurs ont emporté tout le riz possible.  La crise de la hausse des cours a touché presque toute l’Asie, de la Chine à la Thaïlande et aux Philippines. A Manille, les acheteurs ont fait la queue pour acheter du riz pour apprendre finalement qu’ils ne pouvaient acheter que trois kilos par personne à un prix qui est pratiquement le double d’il y a  trois mois.
 Mila Gorospe, cliente. Bien sûr que la hausse du prix du riz nous affecte beaucoup. Comment on peut acheter du riz à  40 ou 50 pesos le kilo, alors que nous n’avons même pas de travail ?
 Journaliste. Les prix élevés ont déjà déclenché des protestations aux Philippines, un des plus gros importateurs de riz au monde. Pour apaiser l’indignation de la population, la présidente philippine, Gloria Macapagal Arroyo, a fait importer davantage de livraisons du Vietnam et de Thaïlande, et le gouvernement a pris des mesures énergiques contre l’accaparement.
 Piolito Santos, directeur adjoint régional. Je ne vois aucune raison pour que les Philippins s’inquiètent pour l’instant de la crise du riz. Nous déchargeons assez de riz en provenance de Thaïlande et du Vietnam.
 Journaliste. Le gouvernement a beau dire, la crise ne semble pas diminuer. Au Vietnam les cultures ont été attaquées par un virus qui a réduit les stocks. Qu’a fait le pays ? Réduire ses exportations de 25 p. 100. Le gouvernement tente de conserver plus de riz dans le pays et d’éviter la hausse des prix.
 D’autres exportateurs de riz limitent aussi leurs ventes, ce qui cause de l’inquiétude au sujet des stocks. Les organisations d’aide disent que les pauvres ont commencé à souffrir dans le monde pour avoir dû rationner leurs livraisons.
 Ceci pourrait causer des troubles dans des pays asiatiques et africains, quand les prix élevés commenceront à frapper les gens aux moindres ressources.
 Les experts ne voient aucun allègement à l’horizon. Ils envisagent plutôt un doublement éventuel des cours du riz, un élément de base pour presque la moitié de la population mondiale, dans les prochains mois.

 Randy Alonso. Igor Montero, vice-président de la société cubaine ALIMPORT, qui se charge d’importer les aliments dans notre pays, est bien placé pour nous parler de cette hausse effrénée des cours des aliments – et aussi du pétrole bien entendu – ces dernières années. Comment cette tendance haussière s’est-elle reflétée pour certains des aliments les plus vendus et les plus consommés par la population mondiale ?
 Igor Montero. La tendance a été comme nous l’avions prévue, car les facteurs analysés ici étaient déjà en jeu dès le début de la décennie : contraction de la production, demande accrue, coûts plus élevés, à qui se joignent plus récemment les biocarburants, la spéculation et la faiblesse du dollar. Bref, on voyait que tout ceci allait influer très négativement sur les cours des aliments : pratiquement depuis 2004,  un marché qui était d’acheteurs est devenu un marché de vendeurs.
 Prenez le cas des Philippines, qu’on vient de voir. Elles ont voulu acheter récemment plus d’un million de tonnes de riz sur le marché international et, tout en ayant les ressources requises, elles n’ont pas pu compléter leurs achats, faute de trouver le produit.
 Cette carence a eu bien entendu pour conséquence la flambée des cours des aliments, surtout ces deux dernières années.
 Je voudrais m’aider de quelques graphiques qui montrent bien cette tendance de 2002 à  2008. J’ai choisi des produits qui font partie du panier de la ménagère, non seulement à Cuba, mais dans le monde entier. Le blé, par exemple, dont on fait le pain, un des produits les plus consommés au monde, est passé de 155 dollars la tonne en 2o02 à 435 actuellement, et la tendance est à la hausse.
 Le maïs – qui veut dire œufs, viande et lait – est passé de 127 dollars la tonne à 315 dollars.
 Le riz, de seulement 223 dollars la tonne, est passé à 855 – avec des cotisations minimales de 1 000 dollars – et c’est l’un des produits dont la hausse peut être la plus élevée sur le court terme. Le riz, nous le savons, est un aliment de base dans le monde entier, pas seulement à Cuba : trois milliards de personnes en dépendent, pratiquement la moitié de la population mondiale.
 Les haricots sont passés de 420 dollars la tonne à 1 100 ; les pois chiches, de 250 à presque 800.
 En ce qui concerne le soja, ce qui veut dire, en plus de la consommation directe, lait, œufs et viande, la farine est passé de 200 dollars la tonne à 465 ; l’huile, de seulement 50o dollars à 1 400 et plus.
 Randy Alonso. Presque le triple.
 Igor Monero. Presque le triple. Le poulet et le poisson, des produits de consommation directe, sont passés, pour le poulet, de 600 dollars la tonne en moyenne à 1 300 ; et, pour le poisson, concrètement la carangue gros yeux, celui que nous importons le plus, de 700 à 1 300 dollars, et la tendance est à la hausse. La Niña agit actuellement dans le Pacifique-Sud, ce qui limite sa prise et réduit donc l’offre de ce poisson.
 La situation est donc bien complexe. Mais je crois que le champion dans tout ça, c’est le lait, qui est passé de 1 567 dollars la tonne en 20o2 à plus de 5 000 dollars en 2008, pour se stabiliser maintenant autour de 4 800-4 950 dollars.
 L’an dernier, répondant à une interview de Granma, autour du 26 octobre, j’analysais ce que nous avons coûté cette hausse des cours entre 2006 et 2007 : pour acheter les mêmes quantités d’aliments, nous avons dû payer 250 millions de plus.
 Si l’on compare maintenant entre 2002 et 2008, cette différence en plus est de près d’un milliard de dollars. En 20o2, les produits du panier de la ménagère nous coûtaient 700 millions de dollars ; aujourd’hui, indépendamment de l’augmentation des achats et en ne tenant compte que des cours, ils nous coûtent un milliard de plus ! Voilà la situation actuelle.
 Tout semble indiquer qu’elle se maintiendra en 2008. Certains produits vont subir des crises plus accélérées que d’autres, bien entendu, comme le riz par exemple, ou les produits oléagineux dont les cours sont partis en flèche à cause des gelées qui ont frappé la Chine en début d’année.  Dans le cas du Vietnam, son riz, en plus des basses températures enregistrées dans le Nord du pays, a été victime d’un parasite, ce qui a réduit ses capacités de production et d’exportation, au point que le pays a dû cesser d’exporter un million de tonnes de riz en quelques jours.
 Randy Alonso. Donc, la situation internationale est bien complexe. Pratiquement, tous les aliments les plus importants ont doublé ou triplé de prix sur le marché mondial. Comme le disait Igor, acheter les même aliments qu’en 2002 coûtera cette année à notre pays un milliard de plus. Et merci de tes commentaires.
 La question que nous analysons a une importance capitale, car il s’agit en fait de la survie même de notre espèce. C’est justement à ce sujet que la FAO a lancé un cri d’alerte ces derniers temps. Une réunion importante se déroule même en ce moment à Brasilia qui aborde la question des biocarburants et où plusieurs pays, dont le nôtre, ont dénoncé le rôle que joue leur production dans la réduction des aliments à l’échelle internationale. Pichs ?
 Ramón Pichs. Oui, la FAO et d’autres institutions internationales ont attiré l’attention sur cette urgence alimentaire qui frappe, bien entendu, les pays les plus pauvres, en particulier trente-sept où, dans beaucoup, ont éclaté de violentes émeutes : en  Haïti, en Egypte, au Maroc, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina-Faso, et dans des pays asiatiques.  Autrement dit, un groupe importants de pays où cette flambée des cours alimentaires s’est traduite par de sérieux problèmes, surtout pour les secteurs les plus pauvres.
 Pour ces populations pauvres, les familles consacrent souvent plus de 60 p. 100 de leurs revenus à l’achat d’aliments, alors que dans le monde développé, ce chiffre n’est que de 10 à 20 p. 100. Ceci provoque une situation très difficile pour trois milliards d’être humains pour lesquels une hausse de prix, si minime qu’elle soit, cause de gros problèmes.
 Par ailleurs,  notre monde compte actuellement 850 millions d’affamés. Or, ces chiffres d’affamés ne cessent d’augmenter – il faut constamment les réviser – dans la mesure où les cours des produits alimentaires de base augmentent aussi pour cette combinaison de facteurs dont nous avons parlé.
 La FAO attire l’attention sur le fait que la facture des importations de céréales augmentera  cette année de 56 p. 100 dans les pays pauvres, – après l’avoir fait de 37 p. 100 l’an dernier – voire de jusqu’à 74 p. 100 dans les pays les plus pauvres, autrement dit, les pays africains à déficit alimentaire, des pays extrêmement pauvres et très vulnérables. Comment peuvent-ils faire face à ce genre de situation ?
 Dans les années 80, nombre de ces pays pauvres et déjà fortement endettés ont été contraints d’une manière ou d’une autre de mettre en place des programmes d’ajustement structurel conçus par certaines des institutions qui font maintenant semblant de s’inquiéter de la situation actuelle, telles que le Fonds monétaire international, alors que ce qui l’inquiète le plus, ce sont les troubles, les émeutes, les manifestions contre le système, et non la sécurité alimentaire de ces pauvres. Dans le cadre des ces programmes d’ajustement structurel, donc, nombre de ces pays débiteurs ont été forcés d’orienter fondamentalement leur agriculture vers l’exportation au détriment de l’agriculture de subsistance et de toute une série de produits agricoles qui constituaient la base de leur alimentation.
 Bien entendu, ces programmes visaient à ce que ces pays disposent à tout prix de ressources d’exportation suffisantes pour payer avant tout leur dette et son service. Leur production agricole à des fins intérieures a tellement diminué qu’ils ne sont plus en mesure maintenant de faire face à cette flambée des cours alimentaires. Leur capacité de manœuvre est extrêmement réduite. Si l’on tient compte du fait qu’on a voulu, ces dernières années, suivre une politique très semblable avec les biocarburants, au point qu’on a accordé à ces pays des crédits et d’autres facilités, non pour remettre sur pied leur économie de subsistance totalement désarticulée, mais pour produire des agrocarburants et les exporter – ce qui revient à reprendre le modèle antérieur – et satisfaire ainsi les gaspillages énergétiques du Nord. Cette combinaison de facteurs se traduit par de graves problèmes pour ces pays dont trente-sept, selon les calculs de la FAO, connaissent une situation plus critique.
 Une conférence régionale de la FAO se déroule cette semaine à Brasilia et a pour thème prioritaire la sécurité alimentaire. Début juin, une conférence de haut niveau de cette même institution spécialisée se tiendra à Rome pour aborder ensemble trois des points que nous avons traités à cette Table ronde et à d’autres précédentes : la sécurité alimentaire mondiale, les problèmes des changements climatiques et les biocarburants.
 Le directeur de la FAO, Jacques Diouf, a souligné qu’il ne s’agit pas seulement d’un problème économique, mais aussi d’un problème social, d’un problème politique qui doit constituer un avertissement et une préoccupation pour le monde en général.
 Randy Alonso. À ce propos, notre Table ronde est allée demander des déclarations au représentant de la FAO  dans notre pays :

Aglaya Díaz, journaliste. La FAO ne cesse de rappeler que le monde compte 850 millions d’affamés. Ce n’est pourtant que maintenant que les grands médias internationaux se décident à parler de crise alimentaire.
Marcio Porto. Oui, c’est seulement maintenant qu’on parle de la faim à ce niveau avec de nouveaux interlocuteurs, et pas seulement avec ceux qui ont vraiment faim. Le problème actuel n’est pas un simple problème de faim : c’est un problème de commerce, de cours des produits, et il y a une grande différence entre parler de marché et de commerce et de parler de la faim.
Aglaya Díaz. La hausse des cours des aliments est le résultat d’une série de facteurs simultanés.
Marcio Porto. Ce sont essentiellement quatre facteurs : 1) la flambée inouïe des cours du pétrole, à plus de 110 dollars le baril, si bien que les coûts de production agricole ont augmenté, ceux des intrants, du transport et de la distribution, qui ont des retombées négatives sur les cours des aliments ; 2) la croissance économique de pays émergents, surtout des pays très peuplés comme la Chine et l’Inde ; 3) des phénomènes climatiques, dont beaucoup sont survenus l’an dernier, qui ont causé des pertes de semailles et de récoltes ; 4) la spéculation sur les marchés, où joue la concurrence entre la production d’aliments et la production d’agrocarburants.
Aglaya Díaz. Selon cet expert, bien que l’idée de produire des agrocarburants à partir d’aliments soit née dans les années 70, c’est maintenant qu’elle constitue un problème à cause de l’ampleur avec laquelle les pays développés prétendent la développer.
Marcio Porto. Le problème est double : l’échelle à laquelle on pense substituer les carburants aux aliments et la matière première que l’on prétend employer. Aux USA, par exemple, c’est le maïs. Il est difficile de comparer l’effet qu’ont l’utilisation de la canne à sucre et l’utilisation du maïs pour produire de l’éthanol sur la production des aliments, car les gens consomment beaucoup plus de maïs que de sucre. Donc, le choix de la matière première est important.
Aglaya Díaz. L’expert de la FAO estime que l’avenir est peu prometteur, que la situation est critique, surtout en matière de distribution.
Marcio Porto. Le problème n’est pas une carence d’aliments, mais une mauvaise distribution. Le monde produit plus d’aliments qu’il n’en consomme. Notre continent, par exemple, en est un exportateur net : il produit 30 p. 100 de plus que ce dont il a besoin. Si la situation est toutefois critique, c’est que l’accès aux aliments n’est pas le même pour tous. Dans ce domaine, l’inégalité est criante, ce qui explique essentiellement pourquoi notre monde compte encore 854 millions de personnes à insécurité alimentaire, dont 52 millions de Latino-Américains.
Aglaya Díaz. La FAO a convoqué une réunion de haut niveau en juin prochain sur la sécurité alimentaire, sur les changements climatiques et sur les agrocarburants.
Marcio Porto. Elle est très importante. Cuba a un rôle très important à jouer dans cette réunion de ce niveau, dans la mesure où elle n’a cessé d’alerter le reste du monde au sujet des cours des aliments. Cette conférence aura donc beaucoup à gagner avec la présence de Cuba. Et c’est cela que souhaite la FAO : que ses membres discutent à haut niveau des stratégies à mettre en place.
Aglaya Diaz. Le système de distribution est intenable. La FAO avertit que seuls le consensus et la recherche créatrice de solutions de rechange pourront permettre de régler le problème alimentaire dans le monde.

 Randy Alonso. Comme le signalait Pichs, d’autres institutions bien discréditées, mais qui continuent d’avoir des échos dans les médias internationaux, comme le Fonds monétaire et la Banque mondiale, cherchent à attirer l’attention de la communauté internationale sur cette flambée des cours alimentaires et lancent des avertissements. Que dis-tu de ces opinions-là ?
 Ariel Terrero. Elles feraient rire si la situation n’était pas si dramatique et si la vie de tant de millions de gens, dont celle d’enfants, n’était pas en jeu. Ainsi, la semaine passée, on a eu droit à des déclarations d’organismes comme le FMI, qui a été le gendarme financier de l’ensemble de la politique néolibérale imposé depuis les années 90, ou la Banque mondiale et les groupes de pouvoir du capitalisme mondial – je parle de ceux qui tiennent si mal les rênes du pouvoir dans les nations riches, le groupe des sept nations les plus industrialisées, auquel se joint maintenant la Russie, le Groupe des Huit. Ces institutions et ces groupes de pouvoir sont bien entendu très inquiets non de la faim en soi – que les gens meurent de faim n’est malheureusement pas une nouveauté – mais des conséquences que cette situation pourrait avoir sur la stabilité du système.
 J’ai devant moi une dépêche de vendredi dernier tout à fait surprenante, et dont je vais vous lire le chapeau pour que vous voyiez les choses qui peuvent arriver dans notre monde : « Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a tenu à inscrire la hausse des cours des aliments à l’ordre du jour mondial en appelant les leaders du Groupe des Huit à la contrecarrer et à examiner les retombées de la production d’agrocarburants sur les coûts des aliments. » Il a adressé une lettre à ses pairs des nations les plus riches parce qu’ils sont tous très inquiets. Inscrire la hausse des prix à l’ordre du jour mondial ! Je n’en crois pas mes yeux. Comme s’il avait été le premier !
 Mais, bien entendu, ce serait trop demander à ces gros capitalistes de reconnaître que c’est Fidel qui, parmi les dirigeants mondiaux, a été le premier à alerter, et très tôt, au sujet des agrocarburants. Mais des chercheurs, des scientifiques et même des hommes d’affaires ont averti au sujet de ce grave problème aliments/biocarburants. Depuis, on ne cesse d’en parler. Alors, comment affirmer que c’est l’ineffable Premier ministre britannique qui a découvert le pot aux roses !
 Mais n’en restons pas là. Robert Zoellick, l’homme de la Banque mondiale, lance aussi un appel à un New Deal, à la façon dont Franklin Delano Roosevelt avait lancé cette politique dans les années 30 pour faire face à la Grande Dépression et sauver le capitalisme. Quel parallèle historique ! Un pacte des puissants pour tenter de freiner le désastre alimentaire qui s’approche. Mais ce n’est pas tout. Le tout récent président du Fonds monétaire, le Français Dominique Strauss-Kahn, a affirmé que des centaines de milliers de personnes couraient des risques d’inanition ! Seulement des centaines de milliers ? Avec la moitié de la population mondiale vivant au seuil de la pauvreté et environ un milliard de personnes qui se couchent la faim au ventre !
 Randy Alonso. C’est un peu juste, en effet…
 Ariel Terrero. Un peu juste, non ; c’est insultant ! Des centaines de milliers ! Voyez ce que dit cet homme : « Des milliers, des centaines de milliers de personnes souffriront de faim ; les enfants souffriront de malnutrition, ce qui aura des conséquences pour le restant de leurs jours. »  Non seulement, il donne des chiffres ridiculement bas, mais il parle en plus au futur : « souffriront », « des choses graves vont arriver »… Oui, on peut se demander : que se passe-t-il donc pour qu’après tant d’années de catastrophes économiques, de la moitié du monde plongée dans la pauvreté et la marginalisation, ces organismes s’en inquiètent maintenant ? Est-ce donc les biocarburants qui les tracassent, ou alors la stabilité du monde, les risques que peuvent provoquer ces politiques-là, ces émeutes, ces révolutions qui pourraient voir le jour, et qui sont même en train de le voir sur notre continent ? Ont-ils donc peur pour la stabilité d’un monde fondé avant tout – et créé dans ce but – sur une distribution foncièrement déséquilibrée, inéquitable des richesses, où le Nord riche vit grâce à la pauvreté du Sud ? On dirait que les pauvres du Sud commencent à se lasser de leur rôle, et c’est cela qui inquiète le Nord. Pourtant, ce Nord n’a même pas la décence d’appeler les choses par leur nom et nous affirme sans broncher : « Des centaines de milliers de personnes vont avoir faim » !
 Randy Alonso. La sinistre ironie de la politique actuelle… En tout cas, les pays les plus pauvres, tu le disais, vivent une situation tragique. Sur notre continent, c’est le cas d’Haïti, dont on a parlé ces derniers jours. Voyons comment Telesur voit les choses :

Citoyen. Lundi matin, si le prix du riz ne descend pas beaucoup, nous descendrons de nouveau dans la rue, parce que rien n’a changé pour l’instant.
Journaliste. La baisse des prix du riz se fera de concert avec les importateurs privés qui assumeront un manque à gagner de trois dollars par sac, tandis que le gouvernement prendra le reste en charge.
René Préval, président haïtien. Nous n’allons pas subventionner avec de l’argent public. Grâce à la coopération internationale, nous disposons de trois millions de dollars en vue de subventions : nous apporterons cinq dollars pour que le sac puisse passer à quarante-trois dollars. Si nous pouvons disposer de plus, nous l’ajouterons pour que le sac puisse diminuer encore plus.
Journaliste. En attendant, le parlement étudie la nomination d’un nouveau Premier ministre, après que les sénateurs de l’opposition ont obtenu la démission de Jacques-Edouard Alexis, l’accusant de ne pas être arrivé à contrecarrer la hausse constante du coût de la vie.  Le président Préval, bien qu’en désaccord, a accepté cette motion de censure contre son Premier ministre.

 Randy Alonso. Voilà la situation en Haïti : un Premier ministre chute à la suite des émeutes massives qu’0nt provoquées les hausses du prix du riz. Ces émeutes dont parlent des politiciens et que redoutent tant les organismes internationaux. Et ils ont raison, parce que, dans les pays les plus pauvres, les habitants ne supportent plus leur faim au ventre et les hausses continuelles des denrées alimentaires. Des médias alertent à ce sujet, et des observateurs, des spécialistes. Ce dont nous parle notre journaliste Aixa Hevia, surfant sur Internet.
 Axia Hevia. La première nouvelle concerne une autre institution internationale, l’Unicef, dont la porte-parole, Véronique Taveau, s’est dite extrêmement inquiète devant la hausse des produits de première nécessité, car cela aurait de graves conséquences sur les foyers, car les familles seraient obligées de réduire leurs dépenses et de retirer leurs enfants de l’école pour les faire travailler. Ici, l’inquiétude porte sur l’éducation.
 Même les médias étasuniens ont commencé à s’inquiéter de cette crise alimentaire causée par la hausse des prix, comme le confirment les articles d’opinion. Ainsi, certains commentaires affirment que les aliments et le pétrole bon marché appartiennent à une époque révolue dans le monde.  Des médias alternatifs analysent cette crise alimentaire. Ainsi, Juan Carlos Guerra analyse dans Rebelión, ce media espagnol, la hausse des prix, en 2007, du blé, du riz et du soja qui sont, avec le riz, les aliments les plus consommés au monde : le riz, le blé et le maïs constituent à eux  trois plus de la moitié de la production alimentaire mondiale. Selon la FAO, le blé est l’aliment de base de 2,5 milliards de personnes et celui qui fournit le plus de calories et de protéines ; il occupe 17 p. 100 des terres arables dans le monde, tandis que le riz et le maïs sont les aliments les plus consommés en Asie, en Amérique latine et en Afrique, constituant le quart de la consommation alimentaire des régions les plus pauvres de la planète. L’article analyse les conséquences de cette flambée des cours pour ces régions.
 On parle aussi des explosions sociales que cause cette hausse des aliments dans nombre de ces pays,  non seulement dans notre région, mais encore en Afrique.
 La FAO alerte au sujet de ce qui risque d’arriver, et voici l’une des informations les plus diffusées sur Internet : « Début avril, la hausse des cours des produits agricoles a engendré de graves émeutes sociales dans la région », a signalé José Graciano da Silva, directeur général de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes, ce que d’autres fonctionnaires ont affirmé ces jours-ci.
 En Haïti, ces protestations ont causé la mort de cinq personnes dans la semaine. En Egypte, la crise du pain, l’aliment essentiel, a causé la mort de plus de cinquante personnes ces deux derniers mois à cause des bousculades pour en acheter, dont quinze morts rien qu’en une semaine. Le prix du pain a monté de 35 p. 100, et celui de l’huile de 26 p. 100.
 On trouve aussi sur Internet de tristes images de troubles en Inde, en Côte-d’Ivoire, aux Philippines, dans ce cas pour le riz.
 Selon Europa Press, de ce lundi, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a alerté au sujet de la hausse rapide des aliments et dit que cent millions de personnes de plus pourraient sombrer dans la misère.
 Les informations selon lesquelles le FMI et la Banque mondiale accusent maintenant les agrocarburants de la crise ont été largement diffusées ces jours-ci. L’Europe est préoccupée à son tour des conséquences des biocarburants.
 J’ai aussi découvert quelque chose de très intéressant : pour les médias, surtout alternatifs, qui s’attachent à analyser les phénomènes agro-écologiques, les Réflexions de Fidel sont des références.  De même, depuis avril-mai de l’an dernier, l’ONU partageait les inquiétudes de Fidel au sujet des agrocarburants, tandis que des organes aussi prestigieux dans le monde que The Economist et The New York Times donnaient raison à Fidel.
 
Randy Alonso. A ces nouvelles d’Aixa, il faudrait en ajouter une de cet après-midi : l’Unesco a averti que la hausse des cours des produits alimentaires risquait de provoquer une explosion sociale imminente si les pays agricoles ne réforment pas leurs politiques, tandis que des pays touchés, comme les Philippines et l’Indonésie, tentent d’organiser l’approvisionnement des plus pauvres.  Le document, élaboré par quatre cents scientifiques, se fait l’écho de cette crainte d’une vague planétaire de troubles sociaux et politiques. Je te remercie, Aixa, de tes commentaires.

[Documentaire vidéo :
Journaliste. Le problème de la faim s’observe techniquement sous deux formes : en tant que sous-alimentation, il traduit une consommation quotidienne de calories insuffisante ; en tant que dénutrition, il expose les difficultés des gens à absorber les nutriments des aliments. Mais, indépendamment de ces concepts techniques, la persistance de la faim compromet la vie de ceux qui en souffrent. 14 p. 100 de la population mondiale souffre de la faim. Trois continents concentrent 93 p. 100 de la population mondiale dans ce cas. En Asie et dans le Pacifique, la faim touche 16 p. 10o de la population ; en Afrique et au Moyen-Orient, 42 p. 100 ; en Amérique latine et dans les Caraïbes, 10 p. 100, avec de plus forts pourcentages en Haïti, au Guatemala, au Nicaragua, en Equateur, au Pérou, en Bolivie et au Paraguay.
 Elizabeth Gutiérrez, médecin péruvien. Dans ce département, il y a une grande quantité d’enfants dénutris. Il n’y aura aucun développement tant qu’on ne luttera pas contre la dénutrition. Le développement humain n’y existera pas.
José Graciano da Silva, représentant de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Si les enfants ont faim, ils auront beau aller à l’école, mais ils n’apprendront rien ; si une maman a faim, elle ne peut pas alimenter correctement son enfant ; un travailleur affamé a une faible productivité.
Francisca Madani, Bolivienne. Parfois, on a mangé, parfois pas, parce que Dieu seul sait pourquoi il n’y a pas de travail.
José Graciano da Silva. Sauf en Afrique, l’existence d’affamés est faute de ressources, et non faute de produits : autrement dit, les gens n’ont pas d’argent pour acheter les produits nécessaires, c’est le cas de l’Amérique latine. On estime aujourd’hui que la production alimentaire de l’Amérique latine est quatre fois supérieure aux besoins réels. Bref, ça devrait être un sous-continent où la faim n’existe pas.
Carmelo Gallardo, du Programme de sécurité alimentaire pour l’Amérique centrale. Toute une série de problèmes structurels très difficiles à régler se maintient : une grande inégalité, une géographie difficile à vulnérabilité environnementale, des problèmes de propriété de la terre, les changements climatiques, des sécheresses plus prolongées.
Journaliste. Eliminer la pauvreté extrême et la faim sont le premier des Objectifs du millénaire pour le développement adoptés en 2000 par 184 pays des Nations Unies.
José Graciano da Silva. La pauvreté engendre la faim,  mais la faim engendre aussi la pauvreté.
Jorge Chediek, coordinateur de l’ONU au Pérou. Ni la pauvreté ni la faim ne se solutionnent par une approche unisectorielle, il faut des réponses multisectorielles. Par exemple, la faim n’est pas simplement un problème de repas ou de production de repas, il existe des facteurs culturels, des facteurs d’eau, d’assainissement, d’éducation, de coction des aliments. Si tout ceci n’est pas abordé intégralement, l’impact voulu ne sera pas atteint.
Journaliste. Le concept du droit à l’alimentation a été repris pour donne la priorité à la suppression de la faim.
Carlos Condorin, Bolivien. Tout être humain devrait avoir ce droit à pouvoir d’une certaine manière protéger sa santé, se nourrir.
Walter Belik, coordonnateur de l’Initiative de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Les gens peuvent, en poussant les choses à l’extrême, engager un procès contre l’Etat s’ils n’ont pas de quoi manger. C’est un pas important dans l’évolution des droits.
José Graciano da Silva. C’est pour cela que nous nous battons : que les pays acceptent à titre de loi le droit de l’homme à l’alimentation.].

 Randy Alonso.  Nous sommes donc devant une crise internationale qui aura une importance capitale pour l’avenir de l’humanité. Qu’en penses-tu, Dimas ?
 Eduardo Dimas. Une crise qui, comme toute les autres, frappent surtout les pays pauvre, autrement dit ceux qui ont le moins de capacité de réponse. Ces trente-sept pays dont on parle comprennent vingt et un pays africains, neuf asiatiques, parmi lesquels il vaut la peine d’en signaler deux : l’Iraq et l’Afghanistan, les deux pays attaqués par les USA, quatre latino-américains et deux européens.
 Mais je voudrais signaler un point important : quel sont les gros bénéficiaires de cette crise ? Les transnationales qui vendent des produits alimentaires et les transnationales produisant des OGM. Pour les premières, il est facile de comprendre pourquoi ; pour les secondes, c’est le meilleur moment pour introduire des semences transgéniques qui transforment les paysans, quels qu’ils soient, nous le savons, en dépendants de ces OGM. Nous ne pouvons l’oublier, car ce facteur est latent dans toute cette crise.
 Randy Alonso. Igor, cette crise internationale touche bien entendu Cuba, qui doit dépenser infiniment plus pour acheter les mêmes quantités de produits alimentaires. Comment Cuba s’en sort-elle ?
 Igor Montero. Oui, c’est un gros problème, bien sûr. Notre pays, toutefois, prévoyant cette situation parce qu’il était au courant depuis longtemps, a pris une série de mesures qui ont pu amortir un peu les effets de cette facture alimentaire accrue. Mais la solution n’est pas là. Pour paraphraser ce que disait le compañero Raúl Castro le 26 juillet dernier, la solution est qu’il faut produire pour avoir plus. Et nous devons produire en faisant preuve de rationalité et d’efficience, afin de pouvoir réduire nos importations, surtout des produits que nous pouvons faire pousser ici. Or, la production agricole nationale est loin de satisfaire les besoins.
 Mais on commence à constater les premiers résultats. Ariel signalait précisément dans son programme de la matinée une augmentation des productions de lait, d’œufs, de viande de porc. Il existe une politique bien coordonnée pour substituer des importations de produits de base, pas seulement ceux du panier de la ménagère, mais aussi de produits destinés au tourisme et au marché intérieur en devises. Et notre pays étudie toute une série d’autres mesures pour mieux rationaliser certaines consommations en les adoptant à la réalité actuelle.
 Mais nous ne devons jamais oublier que notre pays, à la différence de tous les autres, est soumis depuis très longtemps à un blocus économique, commercial et financier rigoureux, et maintenant renforcé depuis Bush, de la part des USA. Nous devons donc être très prévoyants sur le plan économique et adopter toute les mesures requises justement pour réduire les effets désormais mondiaux de la crise qui, dans notre cas, viennent aggraver ceux du blocus.
 Randy Alonso. Ariel aborde cette situation depuis longtemps dans ses commentaires télévisés et dans sa chronique de la revue  Bohemia. Notre pays, faut-il le rappeler, a garanti le droit de tous ses citoyens à l’alimentation, sans la moindre exclusion, et il doit donc faire face à cette crise en conservant cette politique de non-exclusion. Mais je crois que nos meilleures réserves, indépendamment de ce que notre pays peut faire en matière d’importations de produits étrangers, sont en nous-mêmes.
 Ariel Terrero. Exact. La différence avec les autres pays, c’est que les Cubains pensent que nous sommes à part de cette situation, parce qu’il ne constate pas dans sa consommation quotidienne les brusques hausses des prix qui sont monnaie courante ailleurs, et même dans les pays du premier monde – je me rappelle que, l’an dernier, les Italiens ont fait en quelque sorte la « grève des spaghettis » pendant une journée pour protester contre les prix élevés de ce produit. Ici, les prix ne flambent pas ou n’oscillent pas comme ils le font ailleurs.
 Ainsi, même si la farine de blé, on l’a vu, a énormément renchéri, le prix du pain est resté le même. Oui, mais ce maintien des prix intérieurs pèse lourdement sur l’économie nationale, sur notre Etat, qui doit dès lors y consacrer des sommes qu’il pourrait destiner à d’autres investissements en faveur de la population. Ce qui nous ramène à un point clef : la sécurité alimentaire qui est pour nous, comme le rappelait Igor, doublement importante à cause du blocus et à cause de la crise mondiale.
 Notre pays a fait de nombreux investissements, depuis la construction de silos pour augmenter les capacités de stockage des réserves alimentaires jusqu’aux mesures actuellement en cours pour élever la production nationale et mieux satisfaire par conséquent nos besoins sans avoir à tant importer.
 Un exemple : la hausse des prix d’achat aux producteurs de lait a entraîné une élévation de la production. Pareil pour la production de viande de porc, au point que, depuis février de l’an dernier,  notre pays a cessé d’en importer et satisfait à ses propres besoins, même dans le tourisme.
 Randy Alonso. Je me rappelle que dans un des ses interventions spéciales en 2005, Fidel avait annoncé ce genre de mesures qui donnent maintenant leurs premiers fruits.
 Ariel Terrero. Exact. Il se passe la même chose dans la production de pommes de terre, dans d’autres productions, dans celle du riz, par exemple, qui a commencé à décoller, quoique encore très lentement. Cuba est en mesure de produire du riz. Ce n’est pas le cas du blé, à cause du climat, et nous devrons toujours en importer, mais nous devrions être capables de produire tout le riz dont nous avons besoin et de produire des céréales destinées à l’alimentation du bétail. Bref, Cuba dispose des capacités et nous devons les utiliser à fond.  Les mesures récemment adoptées vont dans ce sens et peuvent donner de bonnes surprises sur ce point clef : la sécurité alimentaire.
 Randy Alonso. Je vous remercie tous de vos interventions à cette Table ronde qui constitue, je crois, une petit contribution pour mieux faire comprendre à notre population la réalité dans ce domaine, pour lui faire mieux prendre conscience, pour élever sa culture économique, parce que la situation alimentaire mondiale a forcément des retombées sur notre pays et doit nous inviter tous à chercher des solutions, à être plus efficaces, à chercher nos propres solutions pour faire face à cette très grave crise alimentaire mondiale.
Bonsoir à tous et à demain.
 

22:12 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, courcelles, histoire, actualite, romain, economie, presse, medias, silence, information, television, capitalisme, democratie | |  Facebook | |  Imprimer | | |

27/05/2008

02/02/2008: STALINGRAD !

Le 2 février 1943, avec la capitulation des derniers soldats et officiers de la VIème armée allemande, se terminait la bataille de Stalingrad. "Trois jours de deuil national", décrétait alors, le Führer. 
Fin août 1942, les forces nazie atteignaient la Volga,  au nord, puis au sud de la  ville. Stalingrad, adossée au grand fleuve, était totalement encerclée. Ce furent d'abord les milices ouvrières, avec les chars à peine peints, sortant directement des usines de la ville, qui opposèrent la première résistance. Début novembre, la cité fut occupée à 90% par la Wehrmacht. 
Tout au long de ces trois mois, la bataille fit rage dans chaque rue, dans chaque maison. On se battait d'étage à étage. "Une fois la cuisine occupée, on se battait pour la salle de séjour..."et ça se poursuivait jusque dans les caves. Les Allemands appelaient ces combats la 'Rattenkrieg', 'la guerre des rats'. La fameuse colline de Mamaev, avec ses 102 mètres, objectif permanent des Allemands pour dominer l'autre rive fut prise et reprise plusieurs fois, au prix de 10.000 soviétiques tués, dans une seule journée. 
Les renforts de l'Armée rouge  traversaient la Volga sous un déluge de feu : les stukas, l'artillerie lourde bombardaient, jour et nuit, la ville et le fleuve. L'espérance de vie d'un soldat soviétique fraîchement lancé dans la fournaise, n'excédait pas 24 heures...
Forte de cette résistance héroïque, coûteuse en vies humaines, la 62ème armée du général Vassili Tchouikov, déclanchait, le 19 novembre, la contre-offensive au nord et au sud de la ville. 
Le 23 novembre, la 62ème armée allemande était encerclée. Des contre-attaques, menées de l'extérieur par les forces blindées de von Manstein, ne réussirent pas à briser l'étau qui se resserrait de jour en jour. Commencée le 31 janvier, la capitulation  est signée le 2 février, par le général Friedricht von Paulus, commandant la VIème armée,  fait maréchal la veille par Hitler, Plus de 90.000 prisonniers avec des milliers de chars et de canons, 
Des centaines de milliers de morts, tel est le bilan  de la plus sanglante bataille de l'histoire. 
Stalingrad constitue le premier désastre de l'Allemagne nazie. Il allait sceller son  destin.
Tous les peuples d'Europe, le nôtre entre autres, ont vite senti que la guerre, à Stalingrad, avait  pris un tournant décisif.  La résistance intérieure s'en est trouvée  renforcée. Les Alliés ont compris qu'il était temps de songer à préparer un second front, s'ils ne voulaient pas voir l'Union soviétique tirer seule les avantages de la victoire.

Mais la bataillede Stalingrad n'aurait pas été possible sans d'autres victoires, dont on ne parle pas assez. D'abord, à l'automne 1941, l'arrêt, puis le premier recul de la Wehrmacht devant la capitale. Hitler, le 2 octobre, triomphait : "Je vois d'ici les clochers de Moscou !". Et début décembre, le front s'en était approché à 30 kilomètres...C'est alors que la levée en masse des civils moscovites a bloqué l'avance ennemie, et permis ainsi de passer à la contre-offensive, qui rejeta les Allemands à plus de 50 kms. 
Il faut aussi rappeler le siège de Léningrad durant 900 jours. Le 8 septembre 1941, les soldats nazis atteignaient les faubourgs de la métropole du Nord, qu'ils parvenaient à encercler.  Ils ne devaient pas pénêtrer plus avant dans la ville de Lénine, Les Soviétiques ont payé le prix fort : 300.000 morts militaires, et plus d'un million de civils, victimes de la famine.

Le rôle capital joué par l'Union soviétique dans cette guerre est, aujourd'hui, occulté. Les victoires décisives remportées sur l'Allemagne hitlérienne par l'Armée rouge ne sont pas enseignées dans nos écoles.  Les politiques et les médias, porte-paroles du capital,  osent placer le communisme, au nom duquel tant de millions d'hommes sont morts pour la liberté, au même titre que le nazisme, auteur de tant de crimes ! 
Ce "déviasionnisme historique" a pour objectif de détourner les peuples de la lutte nécessaire contre l'asservissement et la domination de l'argent, en les privant d'espoir et de perspectives. 
Non, l'Histoire ne s'est pas arrêtée à Stalingrad ! 

par Jean Lévy publié dans : Internationalisme        recommander

16:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, actualite, histoire, belgique, urs, stalingrad, capitalisme, guerre, fascisme, imperialisme, liberte, democratie, medias, presse, information, television, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/05/2008

14/04/2008: RSF et Ménard impliqués dans un scandale de corruption ...

-------- Message original -------- Sujet: ben, ça alors ! RSF et Ménard impliqués dans un scandale de corruption
Date: Mon, 14 Apr 2008 04:23:11 EDT
Pour ::
Xarlo@aol.com

ça vous coupe la chique, non?
 
****************
 
RSF et Ménard impliqués dans un scandale de corruption

PAR JEAN-GUY ALLARD
Reporters sans frontières (RSF) garde un silence total depuis quelques jours sur la scandale de corruption qui dégringole sur les principales sources de fonds aux Etats-Unis, le Cuban Freedom Center, de l'agent de la CIA, Frak Calzon, ami personnel du Secrétaire perpétuel et autoproclamé de l'organisation française Robert Ménard.
Le porte-parole de Bush, Scott Stanzel, a révélé il y a peu que le cas de Felipe Sixto, un conseiller présidentiel sur les questions cubaines et de Puerto Rico qui travaillait durant des années avec Calzon a été transféré au Département de la justice après qu'a été découvert que ce fonctionnaire était impliqué dans des activités de détournement de fonds.
Menard reçoit depuis longtemps de généreux subsides de l’organisation de Calzon, avec lequel il a noué des relations d'amitié.
L'utilisation illicite de fonds provenant de la United States Agency for International Development (USAID) a été détecté à la fin de janvier 2008, selon la confession de Calzon dans des déclarations publiques dans lesquelles il nie désespérément toute responsabilité dans les activités criminelles de son bras droit.
Selon AP, Sixto a laissé son poste à l'organisation de Calzon et s'est incorporé au bureau des Affaires intergouvernementales de la Maison Blanche comme conseiller spécial du Président au mois de juillet dernier et « avait comme mission le contact avec les fonctionnaires hispaniques, les groupes indiens et les législateurs des états dans les affaires concernant les relations avec Cuba, Puerto Rico, l'hygiène, les questions du travail, ou du milieu ambiant ».
Jusqu'à aujourd'hui, Calzon s'est abstenu d'expliquer pour quoi Sixto, qui était son plus indispensable collaborateur, a accepté subitement de quitter son organisation l'été dernier.
le GAO AVAIT DEJA MIS LE DOIGT DANS LA PLAIE
Résidant à Washington, le Cuban Freedom Center prétend passer pour une « organisation non gouvernementale » dont la mission est de promouvoir « les droits de l4homme et la transition démocratique » à Cuba. Sixto, un cubain de Miami résidant à .Frederick, Maryland, entretient des relations assidues avec les membres connus de la mafia cubanoaméricaine.
RSF possède en Floride des liens étroits avec des individus identifiés par le FBI lui-même comme terroristes et avec des groupes qui appuient ouvertement le terrorisme contre Cuba.
« Rien jusqu'ici ne met en relation le Cuban Freedom Center et je suis sûr que rien (en plus) ne l'a impliqué ou est actuellement impliqué dans ces activités », a juré Calzon à la AFP. L'agence Française affirme dans un câble que l'organisation de Calzon et de Sixto a envoyé à Cuba « des milliers de livres, ordinateurs portables, radios ondes courtes et médicaments »
Cependant, une enquête du General Accountability Office (GAO) un bureau de contrôle du gouvernement fédéral dans un rapport de 50 pages publié il y a quelques mois note que très peu des dizaines de millions distribués pour la USAID sous la Rubrique Cuba est effectivement parvenu dans l'île.
Un nombre important des organisations parasitaires de la « dissidence » de Miami s'est approprié cette fortune quand elle a touché la Floride.
Plus de 95% , c'est-à-dire la quasi-totalité des 65,4 millions du budget Cuba de la USAID examiné par le GAO a été attribué «en réponse à des propositions non sollicitées » sans justification légale, révélait le rapport.
Parmi les grands bénéficiaires de cette opération de détournement de fonds on trouve Cuban Freedom Center, de Calzón, qui a bénéficié de plus de 5 millions entre 1996 et 2005.
Comme si cela n'était pas suffisant, la USAID a reçu des subsides également de National Endowment for Democracy (IRI) et de la International Republican Institute (IRI), deux autres pourvoyeurs de RSF. Ce n'est pas par plaisir que Robert Ménard maintient un bureau à New York, et dispose d'une signature comptable en Virginie, à quelques minutes du Bunker de la CIA, en plus d'un compte bancaire nord-américain auquel lui seul a accès.
CALZON, UN EX TERRORISTE DU GROUPE ABDALA
A la fin des années 60, Frank Calzon, alors agent spécial de la CIA, a été le dirigeant du groupe terroriste Abdala, lié au mal nommé Front de Libération National de Cuba (FLNC).
Calzon devint à être directeur exécutif de la Fundación Nacional Cubano Americana (FNCA), depuis sa création en 1981, sous la directive de la Maison blanche de Ronald Reagan. Une organisation connue pour son appui aux activités criminelles du terroriste Luis Posada Carriles.
A partir de 1987, il passa à l'organisation d'extrême droite Freedom House pour là se créer une organisation propre,le Cuban Freedom Center, qui immédiatement reçut 400 mille dollars de la part du Gouvernement des Etats-Unis.
Ménard a connu Calzon à ce moment-là par l'intermédiaire de Otto Reich, un autre haut fonctionnaire nord américain, né à Cuba de père autrichien.
Durant ces années Robert Ménard nia ses relations avec Calzon.
En mars 2004, Ménard et Calzon se présentèrent en public ensemble, avec une mercenaire connue de Miami, Silvia Iriondo, dans une réunion avec les députés européens, provoquée par les alliés de José María Aznar dans l'Union Européenne.
En mai, Calzon mit la main sur 5 des 34 millions que Bush avait assignés pour la bonne marche de son plan d'annexion de Cuba. Reporters sans frontières s'est alors attribué une part du gâteau. Cependant, il fallut attendre un forum sur internet de l'hebdomadaire Nouvel Observateur, le 22 octobre 2004, pour que le chef de RSF reconnaisse ouvertement ses liens avec l'ex-agent de la CIA.
Pendant ce temps-là il développait en France des campagnes médiatiques qui montraient aux secteurs progressistes, que le chef de RSF obéissait aux directives très claires des renseignements nord-américains, Ce qui expliqua pourquoi il resta silencieux il y a peu quand d'importants médias progressistes comme la page web rebelion.org et l'Agence Bolivarienne d'Information ont été censurés par divers serveurs d'Intenet en Suisse et d'autres pays d'Europe.
Face au scandale Sixto-Calzon, Ménard a préféré éviter la question et réaliser en France une bruyante campagne contre la Chine, avec la presse française, propriété des mêmes grandes fortunes qui le soutiennent.
Néanmoins à Miami, il apparaît que la cas Sixto-Calzon est seulement la pointe de l'iceberg et que de nouvelles investigations pourraient promptement révéler d'autres scandaleux chapitres de la sale guerre contre Cuba menée depuis 50 ans par le gouvernement de Washington.
J.G.Allard
Canada

22:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, actualite, histoire, courcelles, rsf, tibet, chine, cia, democratie, liberte, presse, medias, information, television, usa, imperialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/04/2008: Robert Ménard a reçu 100 000 $ de Taïwan...

-------- Message original --------
Sujet: Fw: [CSP] Robert Ménard a reçu 100 000 $ de Ta ïwan
Date: Mon, 14 Apr 2008 18:05:24 +0200
Pour :: democrite <
democrite@neuf.fr>


----- Original Message ----- 

Sent: Monday, April 14, 2008 2:36 PM Subject: [CSP]

Robert Ménard a reçu 100 000 $ de Taïwan  

10 avril 2008 Jean-Guy Allard 

Aucun organe de presse français ne l'a publié à l'époque, mais la presse taïwanaise en a fait grand état en janvier 2007: Robert Ménard, le fondateur et secrétaire perpétuel de Reporters sans frontières (RSF) qui  coordonne en ce moment des manifestations hostiles contre la Chine, a reçu officiellement un chèque de 100 000 dollars de Taïwan, pays connu pour  son appui aux régimes de droite les plus récalcitrants.  Ménard a voyagé le 28 janvier 2007 au pays de Tchang Kaï-chek pour recevoir son prix des mains du président Chen Shui-bian qui agissait au  nom de la Fondation taïwanaise pour la démocratie, un organisme paragouvernemental fondé un an auparavant pour appuyer les partenaires  étrangers de ce bastion de l'extrême droite internationale.  Ménard et deux employés de RSF ont notamment provoqué des incidents à Athènes quand ils ont tenté de déployer une bannière «pour le respect des droits de l'homme en Chine, durant la cérémonie de remise de la flamme olympique», selon l'agence française AFP, associée au groupe. Le secrétaire à vie de RSF a déjà annoncé par ce même intermédiaire qu'il y aura «d'autres actions au cours des prochains mois avec le même objectif».  En acceptant son prix à Taïwan et le chèque qui l'accompagnait, Ménard s'est engagé à créer un site web pour continuer à attaquer la République populaire de Chine contre laquelle RSF s'acharne depuis déjà plusieurs années.  Il ne fait pas doute que des transferts bancaires ont eu lieu entre Taipei et Paris où est installé le groupe français, parrainé (comme il a été contraint de le reconnaître) par le gouvernement des États-Unis par l'intermédiaire de la National Endowment for Democracy et de l'International Republican Institute, en plus d'autres sources de financement occulte de la droite européenne.  D'un autre côté, le patron de RSF ne pouvait ignorer que le président taïwanais Chen Shui-bian était l'objet d'accusations de corruption et de contrefaçon et a échappé à l'emprisonnement grâce à son immunité face aux poursuites pénales.  Son épouse, Wu Shu-chen, a été aussi accusée de corruption dans le cadre d'une grande enquête sur des détournements de fonds au sein du Parti démocrate progressiste.  Selon une vaste étude au sujet de Taïwan publiée par le sociologue José Antonio Egido, «le gouvernement taïwanais poursuit la politique anticommuniste de ses prédécesseurs, comme le prouve l'appui politique (et sûrement financier) qu'offre la Fondation pour la démocratie de Taïwan à l'opposition (lire les mercenaires payés par Washington) contre-révolutionnaire  cubaine».  Taïwan s'est constitué au cours des années en un véritable nid de l'anticommunisme créé et protégé par les États-Unis.  Pour l'expert, «la corruption n'est pas seulement une pratique de politique extérieure de ce régime mais bien un héritage de la Chine de Tchang Kaï- chek que l'on s'efforce de préserver ».  Visiblement heureux de se retrouver face à d'aussi généreux admirateurs, Ménard fait l'éloge du régime de Taïwan qu'il a qualifié de «meilleur exemple de la démocratie asiatique», rapportait Taiwan Info, un site web officiel du Ministère de l'information de l'île.  http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=758 

21:33 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, romain, histoire, actualite, cia, tibet, chine, rsf, presse, information, medias, television, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

23/04/2008

23/0/2008: l'ânerie en politique ...



-------- Message original --------

Sujet: l'ânerie en politique
Date: Wed, 23 Apr 2008 11:46:02 +0200
De: Comité Valmy <info@comite-valmy.org>


 
Le Dalaï-lama "citoyen d'honneur" de Paris   ...  Ou de "l'ânerie en politique"...
brève de Charles Gilbert sur le site du Comité Valmy: www.comite-valmy.org

La ville de Paris logeait déjà un âne à l'Elysée. Voilà qu'elle en abrite un deuxième dans son  Hôtel de ville. Les braiements de cette nouvelle avant-garde de l'ânerie annonce à coup sûr la fusion de leurs semblables dans la nouvelle cavalânerie socialUMPiste en voie de formation.

L'âne de l'Elysée, le premier s'était  tiré une balle dans le pied en fonçant, front obtus,  sur le chiffon rouge agité par le Ménard sans frontière, mais pas sans dollars. Ses maîtres, atterrés par tant d'ânerie, ont dû lui ordonner un demi-tour sans protestation ni murmure en lui rappellant la fonction mercantile de ses pérégrinations dans l'Empire du Milieu (le Zhong Guo, seule terre entre les Océans et les Barbares) qu'il était en train de saccager. Il a, paraît-il des "conseillers" ! Que serait-ce donc s'il n'en avait pas ? Entre temps, deuxième balle dans le pied : des patrons employeurs de "sans papiers" entreprennent de casser son  programme touristique de charters expulsifs laborieusement installé !

Et voilà qu'en écho, un second âne, chaleureusement soutenu par les braiements du  marécage vert qui encombre l'Hôtel de Ville, se met à braire vers le vieux lama arrièré,  pensionnaire de la CIA et autres fondations pieuses. Admirons au passage l'héroïque audace de ces partis -communistes, et centristes- qui ont réussi à s'abstenir peut-être pour ne pas  fâcher trop leurs partenaires socialUMPistes, pensant probablement qu'il ne faut pas se mettre à dos une poignée de crétins parisiens pour un malheureux milliard et quelques de lointains chinois à peine sortis de la barbarie et pressés d'y rentrer à nouveau.
Bref, Paris étale jusqu'à l'obscènité la profonde misère politique des "Z'élites" françaises dont la soumission au maître angloricain en pleine débacle  n'en finit plus de nous faire vomir.

A quoi bon s'attarder sur ces lugubres débats d'un spectacle crépusculaire quand l'orage gronde à l'horizon ? 

18:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, chine, courcelles, dalai-lama, droits de l homme, france, medias, politique, propagande, repression, democratie, euro-dictature, general, histoire, imperialisme, liberte, paris, presse, romain, tibet, verts | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/04/2008

12/04/2008: "Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin"...


-------- Message original --------

Sujet: Daniel a dit
Date: Sat, 12 Apr 2008 10:06:25 +0200
Répondre à :: melusine <melusine@nerim.net>


"Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin"
Devinez qui a dit ça?
Cohn-Bendit,
le 26 mars en séance plénière au parlement européen 
Déclaration reprise sur son site personnel  
Il avait déjà été splendide en ce qui concerne la guerre pour démembrer  la Yougoslavie, il reste fidèle à lui-même pour ce qui concerne la Chine en 2008
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Site d'intellectuels chinois dénonçant les médias occidentaux qui manipulent à souhait les images des évènements de Lhassa

11/04/2008

10/04/2008: TIBET - HAITI: la différence ... ?


TIBET - HAITI: la différence ... ?

Je ne sais pas si vous avez effectué les comparaisons néccessaires (?).
-dès le début des émeutes de Lhassa, les ricanos-occidentaux, leurs médias sécurisés et domestiqués et tous les bourreurs de crane (Ménard-Rsf en tête), ont aussitôt parlé de manifestations pacifiques, de violations des "droits de l'homme", de répression et de désinformation de la part des Chnois. Et cela continue ...
-aujourd'hui les mêmes médias titrent "émeutes en Haïti". Là, le peuple est en  grève et en révolte dans un des pays du Monde "libre" parmi les plus pauvres du monde. La misère s'amplifie, les gens protestent contre la vie de plus en plus chère (jusqu'à 80% pour les produits de première nécessité) et vont bientôt crever de faim dans la rue, sont à bout ... Sans parler du reste sur le plan humain...
Là, pas question de répression, de violations des droits de l'homme ... Il est vrai qu'il y a 3 - 4 ans, Ricains, Canadiens et Français sont allés mettre leur nez et que la répression, dans ce pays désormais occupé lui aussi, se fait sous le sigle "UN".
Alors ? La vérité en Haïti, comme au Tibet, ne comptez pas sur nos journalistes "libres" et totalement "indépendants" pour vous la dire ... Chez nous la presse n' est pas censurée, elle est tout simplement manipulée par les comédiens de service...
RoRo

21:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, chine, cia, democratie, droits de l homme, histoire, imperialisme, medias, presse, propagande, romain, silence, usa, politique, dalai-lama, repression, courcelles | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/04/2008

10/04/2008: S’agit-il de s’intéresser au Tibet ou de développer un anti-communisme primaire ?



-------- Message original --------
Sujet: Tibet ou anticommunisme primaire?
Date: Thu, 10 Apr 2008 07:45:10 +0200
De: bleitrach.danielle <bleitrach.danielle@wanadoo.fr>


S’agit-il de s’intéresser au Tibet ou de développer un anti-communisme primaire ?

On peut s’interroger parfois à propos des faits divers, pourquoi tout à coup l’un d’entre eux prend de l’ampleur, donne lieu à des comportements de compassion qui frisent l’hystérie, la rumeur s’enfle, et nous sommes devant un espèce de nœud paranoïaque de la société.  Sur le plan politique, la presse et la radio tentent de chauffer à blanc l’opinion publique pour aboutir à des phénomènes semblables, y arrivent-elles ? Vous remarquerez qu’elles ne mettent “le paquet” que quand il s’agit de provoquer la haine, l’hystérie des masses contre les communistes, aucun autre sujet ne les mobilise. Le communiste dans leur imaginaire est toujours plus ou moins le mal absolu et il est sans rival. Même pas la haine anti-musulman, même pas le racisme anti-chinois, il y faut le piment de l’anti-communisme primaire.

Etrange ? Si l’on considère la folie du passage de la flamme à Paris, on peut effectivement noter un certain résultat en matière de crétinisation  des masses ou comment donner à la politique la passion du fait divers pédophile en montant l’équation : communisme égal dictature?  Pourtant si on y regarde de près le phénomène de la « contestation » tibétaine qui a bénéficié d’une couverture médiatique inouïe, qui a été préparé jour après jour par les radios et télévisions, a connu un succès limité. Assez pour nous rendre ridicules aux yeux de la planète, pas assez pour entrainer la population française.

Ce qui est frappant dans ce phénomène est le fait que la population française à qui radio et télévision serinent sans aucune contradiction que le peuple tibétain et le peuple chinois subissent un martyre quotidien de la part du pouvoir communiste chinois ne s’intéresse que très modérément à la question, rien à voir avec par exemple le fait divers pédophile. On sait que pour faire évoluer l’opinion publique très anti-guerre lors de la première guerre d’Irak, il a fallu inventer la fable des bébés kowétiens arrachés à leur couveuse par les méchants irakiens. Là au titre des fictions télévisuelles, il y a bien eu les photos de la police népalaise bastonnant les moines tibétains, photos devenues celles de la police chinoise, ou encore on a balancé sur internet une photo de soldats chinois figurants dans un film s’apprêtant à mettre  une robe de bonze, comme la preuve des exactions qu’auraient pour les médias (absents) concocté la « propagande «  chinoise.  Mais le moine tabassé ne provoque pas l’hystérie des foules française. Je n’ai pas pour habitude d’être exagérément optimiste ces derniers temps sur un peuple français capable d’élire un Nicolas Sarkozy -  je reconnais que le monde politicien ne lui offre aucun choix digne de ce nom- mais je puis vous assurer que l’hystérie pro-tibétaine n’a jamais dépassé le cercle du politico-médiatique et encore chez ces gens-là  il a été  rare d’atteindre les sommets d’un élu vert épris de la spiritualité tibétaine. Même Ayrault, le président du groupe socialiste qui a fait monter le drapeau tibétain sur le fronton de sa mairie, même Ségolène l’éternelle gourde qui a proposé le boycott des jeux olympiques comme elle avait refusé le nucléaire civil aux iraniens, toujours un cran au-dessus de Bush, ont eu du mal à tenir le rythme fou d’un élu vert déchaîné de passion pour le dalaï Lama (1). Il est vrai qu’en matière d’anti-communisme primaire on a rarement fait mieux même à droite qu’un vert. Mais la population française s’obstine à ne suivre qu’avec beaucoup de distance.

Certes, l’extrême-gauche a fait ce qu’elle a pu pour faire monter la sauce. Marie Georges Buffet, la « dirigeante » du PCF a renouvelé son exploit de 2003 quand elle en avait appelé à l’Europe contre Cuba, elle a demandé que l’Europe exige des Chinois qu’ils arrêtent la répression sur les Tibétains. La LCR elle a appelé à suivre le sulfureux Robert Ménard comme en 2003. On ne change pas une stratégie anti-communiste qui gagne et qui est en train de transformer le communisme en France en chapelle hystériques et groupusculaires. Ces étranges communistes solubles dans les médias qui d’ailleurs n’ont qu’un rêve : abandonner ce mot de communiste trop lourd à porter suivent san état d’âme le discours dominant qui fonctionne sur le modèle du fétichiste “je sais bien mais quand même”(2), le communisme n’est pas la dicature mais quand même là où il y a communiste il y a toujours dictature.

Ce qui nous vaut cet étrange paradoxe de la question tibétaine, non seulement la gauche volant à la rescousse de moines obscurantistes et féodaux, voire pire, mais alors qu’aucune nouvelle de repression ne parvient du Tibet et que visblement les victimes l’ont été de la part de brutes déchaînées, des tibétains massacrant d’une manière raciste d’autre chinois, ces appels pathétiques à faire cesser la répression chinoise.
 
De gaulle disait « la politique de la France ne se décide pas à la corbeille », là c’est pire la politique de la France est un doux mélange de la corbeille et de groupuscules atlantistes qui prétendent nous faire rejouer l’affaire Dreyfus et les luttes anti-coloniales de Sartre pour le plus grand profit des agents de la CIA. Mais honnêtement si je dois en croire radio-bistrot, toutes les conversations entendues ci et là, en France tout le monde se moque  parfaitement du dalaï Lama.Et l’opération contre la flamme olympique a été sévérement jugée.
 
Nous subodorons confusément que nous  avons eu affaire à  une bande de provocateurs professionnels,venus de toute l’Europe, grassement payés à ne rien foutre d’autre, je veux parler des tibétains professionnels qui autour de dalaï Lama recevant des subsides confortables de la NED (officine de la CIA) propagent leur religion, fondent des monastères et dont déjà un article de ria novosti s’interrogeait : sommes-nous en train d’assister à la naissance d’un fondamentalisme bouddhiste, une organisation terroriste donc contradictoire avec le pacifisme bouddhiste, un phénomène proche d’Al qaida ? Tout le laisse à penser. Il faut également citer au titre des stipendiés de la CIA, un produit made in France, Robert Ménard, un individu totalement grotesque qui a terminé la journée en faisant partir des pétards sur la façade de notre dame de paris. Les syndicats qui ont essayé d’occuper un point stratégique pour populariser leurs luttes apprécieront les complicités nécessaires dans la police française pour accomplir ce genre de choses, Comme les complicités nécessaires pour que quelques centaines de tibétains déguisés puissent occuper le terrain. Comment un pareille bande de branquignoles peut-elle paraître diriger la politique de la France ? Comment avons-nous réussi à donner au monde entier ce spectacle incroyable des rues de Paris débordées, d’une police entièrement mobilisée incapable de contenir une bande de deux ou trois cents provocateurs professionnels, quels ordres avaient reçu  la police française pour se montrer aussi incapable ?

Il y a certes la soumission de notre gouvernement et de son président non seulement aux Etats-Unis mais à son président le plus déconsidéré. Alors même que l’Europe a manifesté lors du sommet de Bucarest une timide résistance aux exigences d’un Bush sur le départ, Sarkozy frétillant comme un caniche a envoyé des soldats dans la guerre perdue d’Afghanistan. mais là encore l’événement illustre quelque chose de plus profond :  il s’agit de ne jamais se poser la question de savoir si le péril qui nous menacerait provient d’un quelconque pays du tiers-monde ou bien provient des Etats-Unis qui s’avère être aujourd’hui le pays le plus dangereux, le plus anti-démocratique pour la planète qui se puisse imaginer. Tout ce cirque autour de la Chine, des jeux olympiques évite cette question pourtant essentielle : qui menace la paix dans le monde ? Qui est à l’origine de la crise qui déferle sur nous ? Tant que cette question ne sera jamais posée par la gauche et l’extrême-gauche, il y a peu de chance pour qu’elle soit au centre de notre politique et Sarkozy aura les mains libres pour envoyer des soldats en Afghanistan, pour soutenir les crimes en irak et en Israël. Et les députés de gauche pourront se mêler à ceux de droite sur le parvis pour exiger… la fin des méfaitrs chinois.

C’est dans ce contexte qu’il faut interroger le style du pouvoir français. Le président, l’exhibitionniste compulsif a réussi en peu de temps à imprimer un style très particulier à toute la politique de la France, c’est un désordre permanent. Chaque initiative produit immédiatement sa caricature : l’engagement pour le Darfour, le soutien à la dictature tchadienne pour complaire aux USA et à Exxon tourne à l’arche de Zoe. Avec chaque fois la lancinante question, mais qui va payer ? Le président se lance-t-il dans la libération d’Ingrid Bétancourt, même désordre, ses copains Uribe et Bush lui savonnent la planche sous les pieds en massacrant les négociateurs. Alors à partir de là c’est le bordel intégral, un avion qui part revient, Kouchner qui propose d’aller dans la jungle. Tout est comme cela, les institutions sont coulées, le patronat se crêpe le chignon, les chouchous du président viennent insulter les députés, c’est à prendre ou à laisser dit Jacques Attali, suivi de près par la secrétaire d’Etat à l’environnement qui les traite de lâches, après la raclée prise aux municipales, tous ces gens l’ont mauvaise.  Sommes-nous face à un fou, voire comme s’enfle la rumeur quelqu’un qui userait trop de substances illicites ? Ca c’est ce que l’on tente de nous faire croire, en fait cette agitation, cette pipolisation, ces promesses non tenues, et cette vulgarité, sont simplement l’illustration du fait qu’il n’y a plus aucune alternative politique, plus d’opposition crédible et que donc les caprices du pouvoir, les intérêts débridés et la vulgarité médiatique n’a plus aucun contrepoids. La ridicule journée du passage de la flamme n’a fait que l’illustrer.

La droite est devenue folle parce qu’elle n’a plus aucune opposition devant elle.

Ce qui est sûr c’est que ce moment complètement paranoïaque du passage de la flamme dans les rues de Paris est révélatrice d’un mal plus profond, nous avons un Sarkozy comme président mais il n’est que le symptôme d’un politico-médiatique complètement dégénéré, incapable de définir une politique cohérente. C’est très inquiétant parce qu’au-delà de ces pitreries, nous sommes confrontés à une crise d’une grande violence qui va peser très lourdement sur nos vies, et déjà pèse sur notre emploi, notre pouvoir d’achat, si la France est devenue ce bordel, il y a des gens qui sont en capacité de continuer à défendre leurs intérêts et à nous faire payer cette crise de la finance, et à imposer par exemple de nouvelles augmentations du prix du gaz, la fin des droits sociaux à la SNCF, une accélération partout de la pression sur les plus pauvres. Et cette politique ubuesque, ce désordre généralisé n’est que le guignol destiné à nous faire croire que nos malheurs sont dû au méchant étranger, au « péril jaune ».

Il y a une logique impérialiste que reflète le politico-médiatique: les Etats-Unis veulent imposer un monde unipolaire où ils seraient tout puissant avec leurs vassaux européens et japonais. Mais tout témoigne de leur incapacité de soutenir une telle ambition, alors il faut imposer l’idée que toute concurrence à l’hégémonie, toute force émergente est un danger. Ce que l’on ne peut pas assimiler parce qu’il s’oppose au tout marché, parce qu’il développe de nouveaux rapports sud-sud, un développement endogène ne doit pas être toléré, c’est ce que l’on appelle le choc de civilisation. je ne suis pas sûre que l’on puisse parler de civilisation à propos de ce qui s’est passé à Paris.

Danielle bleitrach

(1) qu’il me soit permis de signaler aux « spiritualistes » verts que  dans les montagnes népalaises où sévit le tourisme occidental on en est à des opérations de nettoyage des sommets couverts de canettes de bière de l’ordre de 17 tonnes de déchet. Et si par hasard l’espèce humaine les intéresse, la démocratie les préoccupe toujours  au Népal où  des groupes terroristes assassinent les « maoistes » participant aux élections et bien placés pour les gagner, Hier sept d’entre eux ont été abattus dans l’ouest du pays, des attentats à l’explosifs ont lieu pour empêcher les élections. Pourquoi personne paraît-il s’intéresser aux meurtres commis à Katmandou, est-ce parce que le bailleur de fond est la CIA ? ou parce que pour les manifestants français un bon communiste est un communiste mort ?

(2) Octave Mannoni expliquait que le fétichiste fonctionnait sur le modèle: je sais bien que ma mère n’a pas de penis mais la paire de bottine suppléait à ce manque. L’anticommunisme fonctionne sur ce modèle. Il était frappant de constater que quand l’on démontrait à un de ces excités pro-tibétain que la photo qui était censée représenter les policiers chinois se déguisant en moine était une escroquerie, ils répondait “peut-être” mais de toute façon les Chinois font pire.

21:59 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, chine, usa, courcelles, dalai-lama, cia, colonialisme, communisme, droits de l homme, democratie, liberte, medias, politique, presse, propagtande, romain, repression, silence, socialisme, tibet, television | |  Facebook | |  Imprimer | | |

09/04/2008

08/04/2008: JE NE SUIS PAS D'ACCORD AVEC LE BOYCOTT DES JEUX DE PEKIN ET LA PROPAGANDE ANTI CHINOISE ...

Des morts au Tibet ? Sûrement ! Mais Chinois et/ou Tibétains ??? Qui répondra à cette question dans la presse domestiquée capitaliste, anti-chinoise et anti-communiste ???
RoRo


mardi 8 avril 2008 (20h13) :
Thibet, un autre son de cloche !


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JE NE SUIS PAS D'ACCORD AVEC LE BOYCOTT DES JEUX DE PEKIN ET LA PROPAGANDE ANTI CHINOISE

par Jean Luc Mélenchon

mardi 8 avril 2008

Je ne suis pas communiste chinois. Je ne le serai jamais. Mais je ne suis pas d'accord avec les manifestations en faveur du boycott des jeux olympiques. Je ne suis pas d'accord avec l'opération de Robert Menard contre les jeux olympique de Pékin. Je ne suis pas d'accord avec la réécriture de l'histoire de la Chine à laquelle toute cette opération donne lieu.

Je ne partage pas du tout l'enthousiasme béat pour le Dalaï Lama ni pour le régime qu'il incarne. Pour moi, le boycott des jeux est une agression injustifiée et insultante contre le peuple chinois. Si l'on voulait mettre en cause le régime de Pékin il fallait le faire au moment du choix de Pékin pour les jeux. Il ne fallait pas permettre à la Chine d'être candidate. Il fallait le dire en Chine. Ce qui se fait est une insulte gratuite et injustifiée contre les millions de Chinois qui ont voulu et préparent activement les jeux. Pour moi il flotte un relent nauséabond de racisme sur cette marmite !

UN PRETEXTE

Si un boycott devait être organisé, dans une logique agressive conséquente, ce n'est pas celui du sport qui est un moment d'ouverture et de fraternisation. Pourquoi pas plutôt celui des affaires et de la finance ? Naturellement aucun des activistes mondains actuels ne le propose ni n'entreprend quoi que ce soit dans ce sens. Si l'on devait vraiment se fâcher avec le gouvernement chinois, pourquoi le minimum de ce qui se fait dans les relations normales entre les nations ne se fait-il pas à cette occasion ? Le président de la République chinoise (combien de protestataires se soucient de savoir comment il s'appelle ?) a-t-il été approché ? Lui a -ton demandé quelque chose ? Quoi ? Qu'a-t-il répondu ? Le premier ministre (combien se sont préoccupés de connaitre son nom ?) a-t-il été interpellé ? L'ambassadeur de Chine en France a-t-il été reçu et a-t-on eu un échange avec lui ? Qui s'en soucie ? Avec une morgue ressemblant a du racisme, on proteste contre un gouvernement dont on ne cite pas le nom des dirigeants, et dont on fait comme s'il n'existait pas ? Pourquoi sinon parce qu'on pense par devers soi qu'il n'en est pas vraiment un. La superbe occidentale nie jusqu'au nom des gouvernants qui dirigent un peuple de un milliard quatre cents millions de personnes que l'on croit assez veules pour être maîtrisées par une simple police politique !

D'une façon générale je ressens, en voyant tout cela, l'écho du mépris des colons qui ont imposé en leur temps les armes à la main l'obligation pour les Chinois de faire le commerce de l'opium ! Si la volonté est d'affronter le régime politique de Pékin, aucun des moyens employés n'est de nature à modifier quoi que ce soit d'autre que l'opinion occidentale déjà totalement formatée sur le sujet.

Donc les évènements du Tibet sont un prétexte. Un prétexte entièrement construit à l'usage d'un public conditionné par la répétition d'images qui visent à créer de l'évidence davantage que de la réflexion. Exemple : seule l'enquête « d'arrêt sur image» rapporte que les « évènements du Tibet » ont commencé par un pogrom de commerçants chinois par des « tibétains ». Dans quel pays au monde de tels évènements restent-ils sans suite répressive ? La vie d'un commerçant chinois a-t-elle moins de valeur que celle du manifestant « tibétain » qui l'assassine à coups de bâton dans la rue ? Bien de l'amitié pour les Tibétains n'est qu'une variante nauséabonde du racisme contre les chinois. Elle se nourrit de tous les fantasmes que l'ignorance favorise. Que la répression ait été lourde est peut-être avéré. Comment l'apprécier ? Les seuls chiffres rabachés sont ceux du «gouvernement tibétain en exil ». Pourtant le gouvernement chinois, si j'ai bien entendu, annonce lui-même un nombre de blessés et de morts qui permet de comprendre qu'il y a eu une situation grave et sérieuse que les autorités admettent. Dans n'importe quelles circonstances on essaierait de comparer les informations. On essaierait de comprendre l'enchaînement des faits. Sinon autant dire que le gouvernement français de l'époque a ordonné de pousser deux jeunes dans un transformateur électrique à Clichy Sous Bois au motif qu'il avait alors une politique de main dure face aux banlieues. Personne n'oserait avancer une bêtise aussi infâme. Dans les émeutes urbaines américaines la répression a aussi la main lourde. Tout cela n'excuse rien. Mais cela permet de mettre des évènements en relation de comparaison.

UN PERSONNAGE SUSPECT

J'’exprime les plus nettes réserve à propos de l'action politique de monsieur Robert Ménard, principal organisateur des manifestations anti-chinoises. A présent, à propos du Tibet et des jeux olympiques, on ne voit que Robert Ménard. Il parle, parait-il, au nom de « Reporters sans frontière ». Cette association est réduite à la personne de Robert Ménard. Bien des anciens membres du conseil d'administration pourraient en dire long au sujet des conceptions démocratiques de monsieur Ménard dans sa propre association. Quand je me suis trouvé sur le plateau de radio à France Culture où l'on m'interrogeait sur le sujet du Tibet et des Jeux Olympiques, messieurs Marc Kravetz et Alexandre Adler sont restés silencieux quand j'en suis venu au rôle de monsieur Menard. Ils ne peuvent être soupçonnés de chercher à me complaire... Hors micro, les deux, exprimaient des réserves marquées sur les méthodes du personnage de Robert Ménard. Maxime Vivas a établi une analyse documentée extrêmement inquiétante sur ce personnage et ses sources de financements. Quoi qu'il en soit, il semble qu'il remplace aussi dorénavant les syndicats de journalistes, l'association internationale des droits de l'homme, Amnesty et ainsi de suite. Parfois même il remplace le Dalaï Lama. Robert Menard milite pour le boycott des jeux et ce que ne fait pas le Dalaï Lama. Celui-ci dit au contraire que le peuple chinois mérite les jeux. Robert Ménard est un défenseur des droits de l'homme à géométrie variable. A-t-il mené une seule action, même ultra symbolique, quand les Etats-Unis d'Amérique ont légalisé la torture ? A-t-il mené une seule action pour que les détenus de Guantanamo soient assistés d'avocat ? Robert Menard a un comportement qui soulève des questions sérieuses au sujet des motivations de son action.

LE REGIME THEOCRATIQUE EST INDEFENDABLE

A propos du Tibet. Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle. Lhassa était sous autorité chinoise puis mandchoue avant que Besançon ou Dôle soient sous l'autorité des rois de France. Parler « d'invasion » en 1959 pour qualifier un évènement à l'intérieur de la révolution chinoise est aberrant. Dit-on que la France a « envahi » la Vendée quand les armées de notre République y sont entrées contre les insurgés royalistes du cru ? Le Dalaï Lama et les autres seigneurs tibétains ont accepté tout ce que la Chine communiste leur proposait et offrait, comme par exemple le poste de vice-président de l'assemblée populaire que « sa sainteté » a occupé sans rechigner. Cela jusqu'au jour de 1956 où le régime communiste a décidé d'abolir le servage au Tibet et régions limitrophes.

Dans une négation des traditions, que j'approuve entièrement, les communistes ont abrogé les codes qui classaient la population en trois catégories et neuf classes dont le prix de la vie était précisé, codes qui donnaient aux propriétaires de serfs et d'esclaves le droit de vie, de mort et de tortures sur eux. On n'évoque pas le satut des femmes sous ce régime-là. Mais il est possible de se renseigner si l'on a le coeur bien accroché. L'autorité communiste a mis fin aux luttes violentes entre chefs locaux du prétendu paradis de la non-violence ainsi qu'aux divers châtiments sanglants que les moines infligeaient à ceux qui contrevenaient aux règles religieuses dont ils étaient les gardiens. La version tibétaine de la Charria a pris fin avec les communistes. La révolte de 1959 fut préparée, armée, entretenue et financée par les USA dans le cadre de la guerre froide. Voila ce qu'il en est des traditions charmantes du régime du Dalaï Lama avant les communistes et de l'horrible « invasion » qui y a mis fin. Depuis, la scolarisation des enfants du Tibet concerne 81% d'entre eux là où il n'y en avait que 2% au temps béni des traditions. Et l'espérance de vie dans l'enfer chinois contemporain prolonge la vie des esclaves de cette vallée de larmes de 35, 5 à 67 ans. En foi de quoi, l'anéantissement des Tibétains se manifeste par le doublement de la population tibétaine depuis 1959, faisant passer celle-ci de un million à deux millions et demi. Pour tout cela, la situation mérite mieux, davantage de circonspection, plus de respect pour les Chinois que les clichés ridicules que colportent des gens qui ne voudraient ni pour eux, ni pour leur compagne ni pour leurs enfants d'un régime aussi lamentable que celui du roi des moines bouddhistes du Tibet.

A l'heure actuelle, je n'éprouve aucune sympathie pour « le gouvernement en exil du Tibet » dont sa sainteté est le décideur ultime sur pratiquement toutes les questions, où siège un nombre de membres de sa famille qu'il est tout à fait inhabituel de trouver dans un gouvernement, même en exil, sans parler de leur présence aux postes-clefs de la finance et des affaires de cet exil. Je respecte le droit de sa sainteté de croire ce qu'elle veut et à ses partisans de même. Mais je m'accorde le droit d'être en désaccord total avec l'idée de leur régime théocratique.

Je suis également hostile à l'embrigadement d'enfants dans les monastères. Je suis opposé à l'existence du servage. Je suis laïque partout et pour tous et donc totalement opposé à l'autorité politique des religieux, même de ceux que l'album "Tintin au Tibet" a rendu attendrissants et qui ne l'ont pourtant jamais été. Je désapprouve aussi les prises de position du "roi des moines" contre l'avortement et les homosexuels. Même non violentes et entourées de sourires assez séducteurs, ses déclarations sur ces deux sujets sont à mes yeux aussi archaïques que son projet politique théocratique. Je n'ai jamais soutenu l'Ayatollah Khomeiny, même quand j'étais contre le Shah d'Iran. Je ne soutiens pas davantage ni n'encourage le Dalaï Lama, ni dans sa religion qui ne me concerne pas, ni dans ses prétentions politiques que je désapprouve ni dans ses tentatives sécessionistes que je condamne. Je demande : pourquoi pour exercer sa religion et la diriger, le Dalaï Lama aurait-il besoin d'un Etat ? Un Etat qui pour être constitué demanderait d'amputer la Chine du quart de sa surface ! Son magistère moral et religieux actuel souffre-t-il de n'être assis sur aucune royauté ?

FAUTEUR DE GUERRE

En ce qui concerne le droit international et la géopolitique, le dossier du Tibet tel que présenté par ses partisans est un facteur de violences, de guerres et de déstabilisation aussi considérable que celui des Balkans. Quel genre de Tibet est défendu ? Le "grand Tibet" incluant des régions comme le Yunnan et le Sichuan, sur les territoires des anciens seigneurs de la terre où sont organisés des troubles en même temps qu'à Lhassa ? Bien sûr, aucun de ceux qui s'agitent en ce moment ne se préoccupe de savoir de quoi il retourne à ce propos. Rien n'indique mieux le paternalisme néo-colonial ni le racisme sous-jacent à l'enthousiasme pro-tibétain que l'indifférence à ces questions qui mettent en cause la vie de millions de personnes et des siècles d'histoire et de culture chinoise.

J'ai lu que les athlètes français porteraient un maillot avec une déclaration un peu passe-partout qui est présentée comme une protestation politique . Je sais très bien que l'inscription "pour un monde meilleur" ne mange pas plus de pain là-bas qu'ici. Mais elle sera certainement vécue par les Chinois du commun comme un acte injurieux si son motif pro-Dalai Lama est connu. Peut-être est-il cependant aussi un peu hors limite des règles du sport international. Souvenons nous que la ligue européenne de natation a exclu des championnats d'Europe de natation le nageur serbe Milorad Cavic parce qu'il portait lors des remises de médailles un tee-shirt sur lequel était écrit : "le Kosovo est serbe". Cela fera-t-il jurisprudence ? Les champions français qui porteront un slogan annoncé comme politique seront-ils interdits de jeux ? Bien sûr que non !

Puisque le but c'est justement que le Tibet soit aux Chinois ce que le Kosovo a été aux serbes. Mais comme cela n'a rien de comparable, à part la volonté de dépeçage de l'ennemi et la mise en scène médiatique, il est fort probable que cela finisse à la confusion des agresseurs. Je le souhaite.

Je suis un ami de la Chine. Et je sais que l'intéret de mon pays et ses valeurs ne sont pas du côté où l'on voudrait les entrainer.

Lien : [www.rezocitoyen.org]

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05/04/2008

05/04/2008: Tibet: quelques vérités commencent donc à sortir, même dans la presse domestiquée et sécurisée du capitalisme...

Quelques vérités commencent donc à sortir, même dans la presse domestiquée et sécurisée du capitalisme...
RoRo

-------- Message original --------

Sujet: Tibet
Date: Sat, 5 Apr 2008 01:42:36 +0200
De: Demunter - Dellau <mmla@skynet.be>


Dans son numéro de ce vendredi, Le Monde publie sur 2 pages (photos et légendes explicites comprises) une "enquête" sur le déroulement des manifestations au Tibet.
De nombreuses descriptions, s'appuyant sur des témoignages de journalistes et touristes présents, vont à l'encontre des mensonges répandus ces derniers jours et confirment donc l'activisme et la brutalité des manifestants tibétains.
Quelques extraits significatifs :
Les Jeux Olympiques auronr lieu dans 5 mois, les projecteurs de la presse internationale sont braqués sur la Chine. Pour les Tibétains, c'est une aubaine. Ils entendent bien profiter de ce moment exceptionnel.
(...)
Des volées de pierre s'abattent sur les boucliers de la PAP (police armée du peuple) qui cède sous l'assaut 
(...)
Les émeutiers caillassent des camions de la police, s'en prennent à l'agence Chine nouvelle, aux bâtiments de la sécurité publique, au complexe commercial, à une mosquée dont la porte flambe. Ils frappent avec violence des Chinois han croisés en chemin, incendient toutes les échoppes appartenant à des non-Tibétains 
(...)
L'émeute prend un caractère ouvertement racial. C'était un un déversement de violence ethnique (citation de l''Economist)
(...)
L'ampleur des destructions et les traces de violence ont choqué certains Tibétains pourtant très anti-chinois (citation de Die Welt)
(...)
Des jeunes crânent : on leur a montré , aux Chinois, ce dont on était capables
(...)
22 morts, dont la plupart sont des innocents brûlés dans l'incendie de leur domicile
(...)
Aucune image disponible n'illustre une répression sanglante alors que nombre de documents attestent des agressions raciales anti-han et anti-hui
(...)
D'autres incidents graves éclatent à Luhuo (donc pas seulement à Lhassa). Ce sont les nonnes qui sont descendues les premières dans la rue
(...)
D'ailleurs, la réalité de tout cela est évidente puisque le pacifiste chef religieux du Tibet est, de son propre aveu, dépassé par ses ouailles :
Le dalaï lama avoue son impuissance à enrayer ce qu'il appelle un "mouvement populaire" et envisage de démissionner si les violences persistent
    
Mais, ho ! faudrait quand même pas passer pour un suppot du régime chinois
Et - il était temps - voilà donc le journal de s'interroger avec une évidente mauvaise foi sur ce qu'il appelle un "mystère très troublant" : pourquoi les forces chinoises, pourtant massivement déployées, ont-elles laissé les émeutiers piller, brûler et détruire ? Etaient-elles débordées ? Avaient-elles reçu des consignes de modération ?  Ou était-ce du machiavélisme pour justifier une répression ?
Bref, à l'encontre de sa propre description, le journal estime que l'histoire des émeutes reste à écrire !!!!!......
Très troublant mystère du journalisme, non ?
Martial Demunter

16:41 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, cia, dalai-lama, droits de l homme, actualite, belgique, courcelles, democratie, histoire, imperialisme, politique, presse, propagande, medias, romain, silence, television, liberte, tibet | |  Facebook | |  Imprimer | | |