30/12/2010

29/12/10: La filière nazie d'Electrolux ...

Les liaisons nazies des impérialistes anglo-américains

La filière nazie d'Electrolux

Le fabricant suédois d'électroménagers Electrolux a été fondé en 1919 et repris dans les années 1930 par le riche suédois et collaborateur nazi Axel Wenner-Gren. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, l'amitié Wenner-Gren avec le commandant en chef nazi de la Luftwaffe, Hermann Goering, et le duc de Windsor, qui a dû abdiquer le trône d'Angleterre en 1938 à cause de son soutien aux nazis, a conduit les Alliés à mettre Wenner-Gren sur une liste noire des entreprises et entrepreneurs. Wenner-Gren a également fait partie d'un partenariat avec le propriétaire d'ITT, Sosthène Behn, et le président de SKF, Sven Wingquist (voir ci- dessous), dans l'empire géant des munitions Bofors, acheté par Krupp, qui a fourni en armes l'Allemagne. ITT possédait 25 % de Focke Wulfe, qui a produit des avions de chasse pour la Luftwaffe allemande. ITT a également financé le coup d'État militaire sanglant de Pinochet, au Chili, en 1973.

En 1957, Wenner-Gren a proposé un plan au premier ministre W.A.C. Bennett de la Colombie-Britannique pour exploiter les ressources d'un territoire de 100 000 km carrés (représentant un dixième de la Colombie-Britannique) dénommé « la fosse des Rocheuses », dans le nord de la province. Le plan comprenait un « barrage plus grand que le barrage Hoover », mais seulement un chemin de fer reliant Prince-George à l'Alaska a été complété. Quelques années après la mort de Wenner-Gren, en 1961, le gouvernement de la Colombie-Britannique a construit le barrage WAC Bennett sur le lac Williston.


Un avion de combat Focke Wulfe 190.

En 1956, Wenner-Gren a vendu ses actions d'Electrolux aux Wallenberg, les plus puissants financiers capitalistes de la Suède. Marcus Wallenberg est le président actuel d'Electrolux et les Wallenberg contrôlent 27,6 % de la société. Marcus Wallenberg est également président de la banque appartenant à la famille Wallenberg, Skandinaviska Enskilda Banken (SEB), avec des filiales en Estonie, Lettonie, Lituanie, Ukraine, Russie, Allemagne et à New York. Il est président du fournisseur de matériel militaire Saab, vice-président du géant des télécommunications Ericsson et président de la Chambre de commerce internationale (CCI), une organisation commerciale mondiale qui comprend des milliers d'entreprises dans plus de 130 pays. Les Wallenberg détiennent également une participation importante dans Saab, Ericsson, SKF Bearing inc, Skandinavian Airlines Systems (SAS), Husqvarna, Atlas Copco, Astra Zeneca, et de nombreuses autres sociétés.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la Suède, qui est devenue avec la fin de la guerre le pays le plus riche en Europe, a été officiellement « neutre » mais ce n'est qu'un mythe. Les entreprises suédoises ont grandement collaboré avec les nazis, y compris en fournissant à l'Allemagne du minerai de fer, des roulements à billes, des denrées alimentaires, du bois et beaucoup d'autres matières premières, tout en offrant du crédit qui a permis la livraison de matériel de guerre à la Wermacht, fournissant le transport ferroviaire afin d'aider à l'invasion de la Norvège et agissant comme un intermédiaire pour le transit des marchandises et des devises à destination et en provenance d'Allemagne. Le roi de Suède Gustave V a été un ami proche de Herman Goering (dont la première femme était suédoise) et d'autres hauts responsables nazis.

Après la guerre, la Suède « neutre » a accepté de payer près de 70 millions $ de réparations, mais ne l'a toujours pas fait et elle détient toujours plusieurs tonnes d'or pris par les nazis, quelque part dans ses coffres de banque. Aujourd'hui, en Suède « neutre », le parti Svenskarnas qui se proclame néo-nazi est autorisé à participer officiellement à la politique suédoise, alors qu'il incite à des attaques racistes contre les immigrants et les « non-Suédois ».[1]

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, autant Electrolux (alors propriété de Wenner-Gren) que la famille Wallenberg ont collaboré avec les nazis. Selon l'American Jewish Committee[2], Electrolux AG à Berlin a utilisé de la main-d'oeuvre esclave pour fabriquer ses produits. En 2005, Electrolux a acheté la marque AEG, le plus grand fabriquant allemand de produits électriques durant la guerre, et maintenant transige « fièrement » à la bourse en utilisant la marque AEG-Electrolux, même si, pendant la Deuxième Guerre mondiale, AEG a donné de l'argent aux nazis, a fait partie du « Cercle des Amis » de Himmler et a exploité de la main-d'oeuvre esclave, y compris au camp de concentration d'Auschwitz.

La banque de Wallenberg, Enskilda Banken (qui a fusionné en 1972 avec Skandinaviska Banken pour former Skandinaviska Enskilda Banken), a collaboré avec les nazis en les aidant à disposer de millions de dollars en avoirs confisqués aux prisonniers, en convertissant l'or volé nazi en monnaie suédoise. Au cours de l'année 1939-1940, la Banque Enskilda a secrètement acheté toutes les succursales étrangères du groupe Robert Bosch, un fabricant allemand de bougies qui utilisait de la main d'oeuvre esclave. À son tour, Bosch a facilité la vente de 3,6 millions $ d'obligations allemandes détenues par Enskilda. La Banque Enskilda a également aidé les sociétés nazies telles IG Farben et Krupp à dissimuler leurs filiales à l'étranger pour éviter la confiscation par les Alliés.

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Morgenthau, dans une lettre adressée au secrétaire d'État américain, en février 1945, a accusé Enskilda de faire des prêts importants sans garantie aux nazis et d'effectuer des investissements clandestins pour des capitalistes allemands dans les industries des États-Unis.

SKF Bearing appartenant à Wallenberg, le plus grand fabricant mondial de roulements à billes, a collaboré avec les nazis en leur fournissant des roulements à billes en acier, tout en retenant en même temps la fourniture aux Alliés. Jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, 60 % de la production de SKF a été acheminée vers l'Allemagne. SKF a été intimement lié à tous les groupes industriels en Suède et les administrateurs de SKF ont représenté des sociétés qui ont dirigé toute l'économie suédoise.

SKF a également contrôlé des mines de fer, des aciéries et des usines aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. Sven Wingquist, un partenaire des Wallenberg et d'Axel Wenner-Gren, et un ami de Goering et du duc de Windsor, était directeur de la société SKF. Le cousin de Goering, le comte Hugo von Rosen, a été un administrateur américain de SKF pendant toute la guerre.

Bien que de petite taille, les roulements à billes de SKF ont été absolument essentiels pour les nazis. La Luftwaffe n'aurait pas pu voler sans roulements à billes, les chars et les véhicules blindés n'auraient pas pu rouler sans eux. Les canons nazis, les viseurs, les génératrices et les moteurs, les systèmes de ventilation, les U-boats, les chemins de fer, les machines d'exploitation minière et les dispositifs de communication n'auraient pas fonctionné sans roulements à billes. En fait, les nazis n'ont pu combattre durant la guerre si SKF Wallenberg n'avait pas fourni tous les roulements à billes dont ils ont eu besoin.[3]

Notes

1. Il a également été récemment révélé que le père de la reine actuelle de Suède a été membre du parti nazi, a travaillé pour une filiale brésilienne d'une société allemande qui a utilisé de la main-d'oeuvre esclave, puis est retourné en 1939 en Allemagne pour devenir riche en fabriquant de l'armement pour les nazis dans une usine volée à leurs propriétaires juifs, Wechsler et Henning.
2. Information provenant de Jewish Virtual Library Page, les données fournies par Berliner Geschichtswerkstatt)
3. La plupart des informations sur Enskilda et SKF proviennent de Higham, Charles, « Trading with the Enemy : An Exposure of the Nazi-American Money Plot », 1933-1949. New York, Dell, 1983.

 

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Décès d'un éminent spécialiste
en fusées nazi étasunien

Walter Haeussermann, un membre dirigeant de l'équipe de spécialistes en fusées dirigée par le colonel nazi S.S. Werner von Braun, et qui fut expédiée aux États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale afin d'aider à développer des missiles téléguidés étasuniens, est décédé le 8 décembre à Huntsville, en Alabama. Il y fut directeur du Centre de vol spatial Marshall. De 1939 à 1942, Haeusserman a travaillé pour les nazis à Peenemünde, en Allemagne, où il a contribué à développer le V-1, la « bombe volante » ainsi que les fusées supersoniques V-2. Lancées comme une pluie destructrice sur la population de Londres et d'Antwerpen en Belgique, les attaques par V-1 ont fait 22 892 victimes dont 8 000 morts, et ont détruit ou endommagé plus d'un million de maisons, tandis que les V-2 tuèrent 2 541 civils et en blessèrent 5 923 autres.

En 1942, Haeussermann fut envoyé à Darmstadt pour y développer un système de guidage gyroscopique pour le V-2. Les Alliés ayant bombardé Peenemünde en 1943-44, la production de V-1 et de V-2 fut déménagée à Mittelwerk, une installation souterraine mise en place par le gouvernement nazi dans les montagnes de Kohnstein, à proximité de Nordhausen. Une main d'oeuvre esclave provenant du camp de concentration de Buchenwald fut forcée de construire l'installation et de vivre dans ses tunnels. Cette main d'oeuvre fut ensuite forcée de construire un camp de concentration du nom de Dora ou Mittelbau près de l'installation, et fut forcée aussi de travailler dans l'usine souterraine de Mittelwork afin d'y produire des armes nazies. Près de vingt compagnies allemandes participèrent à la construction de Mittelwerk ainsi qu'au processus d'assemblage des fusées, y inclus Siemens, BMW et Telefunken.

Le grand patron nazi de Haeussermann, Werner von Braun, visita Dora en 1944-45. Ainsi, l'équipe de spécialistes en fusée était au courant des conditions inhumaines qui y sévissaient. Environ 60 000 personnes constituant une main d'oeuvre esclave et provenant de 21 pays, principalement de l'Union soviétique, de la Pologne et de la France, travaillèrent à Dora, et tous furent traités avec une grande cruauté, ce qui a entraîné la maladie, les blessures et la mort. Ces travailleurs peinaient de leurs mains nues 18 heures par jour, afin que le directeur des opérations, Arthur Rudolph, en tant que membre loyal du Parti nazi, puisse respecter l'objectif fixé par Hitler de produire 5 000 fusées V-2 afin de les faire pleuvoir sur Londres en un seul coup. L'endroit de travail le plus dangereux était l'atelier de galvanisation, où l'effet cumulatif des gaz toxiques tuait les travailleurs en moins d'un mois.

On estime que 25 000 personnes constituant cette main d'oeuvre esclave périrent à Dora : 9 000 sont mortes d'épuisement et d'affaissement, 350 furent pendues (dont 200 pour actes de sabotage), et les autres sont mortes suite aux maladies, aux privations ou par balles. La vibration des machines en rendit plusieurs déments. Après la guerre, les seules personnes soumises à des accusations criminelles furent seize gardiens de Dora. Le directeur des opérations, Arthur Rudolph, le directeur général de Mittelwerk, Georg Rickhy, ainsi que tous les autres scientifiques, ingénieurs et directeurs, s'en tirèrent sans qu'aucune accusation ne soit portée contre eux.

La Deuxième Guerre mondiale venait à peine de finir que Haeusserman et ses collègues nazis, y inclus von Braun, Rudolph et Rickhy, furent mutés aux États-Unis grâce au service de renseignement des États-Unis et son opération « Paperclip », malgré leur notoriété en tant que criminels de guerre. Operation Paperclip, qui existait encore en 1973, n'avait qu'un but et celui-ci devait être atteint à tout prix : se servir des scientifiques nazis dans la recherche militaire des États-Unis afin de développer des armes pour combattre l'Union soviétique. Le concept du missile de croisière, qui fut le sujet d'opposition massive lorsque testé au Canada, s'inspire du V-1.


Assermentation de 39 scientifiques d'origine allemande,
dont deux nazis, amenés aux États-Unis pour l'Opération
Paperclip, devenus citoyens américains le 11 novembre
1954 (Jour des anciens combattants aux États-Unis).

Les architectes du programme Paperclip n'ont pas hésité à utiliser la recherche meurtrière que les nazis avaient menée sur des sujets humains en état de captivité. Les scientifiques associés à Paperclip ont trempé dans l'évaluation de drogues psychoactives telles que le LSD sur environ 7 000 soldats étasuniens entre 1955 et 1975, sans qu'ils en soient conscients, sous prétexte de développer un « sérum de la vérité ». Un éminent scientifique nazi, Hubertus Strughold, en tant que dirigeant de l'Institut de la Force aérienne pour la médecine aéronautique, avait mené des expériences inhumaines au camp de concentration de Dachau, menant à la torture et à la mort des détenus à qui on administrait de l'eau salée, qu'on submergeait dans l'eau à des températures glaciales ou qu'on soumettait à de hautes pressions atmosphériques. Ce même Strughold débuta sa carrière aux États-Unis à l'École de médecine aéronautique, sur la Base des forces aériennes Brooks, au Texas, où des humains furent soumis à l'irradiation totale et à l'aveuglement par l'éclair, expériences reliées aux essais d'armes atomiques.

Il est estimé qu'au moins 1600 scientifiques nazis furent recrutés dans la période 1945-55, même si Operation Paperclip prétendait exclure tout individu « ayant été membre du Parti nazi, ayant été plus qu'un participant secondaire dans ses activités, ou ayant activement supporté le militarisme nazi ». Afin d'apaiser l'opinion publique, les renseignements étasuniens ont fabriqué des biographies pour les scientifiques nazis et ont éliminé tout document prouvant qu'ils avaient été membres du Parti nazi. Haeussermann et les autres nazis ont nié leur culpabilité jusqu'à la fin, déclarant qu'ils ne faisaient qu'exécuter les ordres (un argument de « défense » qui fut rejeté par les tribunaux de Nuremberg). Ils prétendaient aussi qu'ils n'étaient pas au courant de la main d'oeuvre esclave. En 1954, Haeussermann fut récompensé pour ses loyaux services aux nazis ainsi qu'à l'oligarchie financière étasunienne. On fit de lui un citoyen des États-Unis.

 

(Soutce : Hunt, Linda. Secret Agenda : The United States Government, Nazi Scientists, and Project Paperclip, 1945 to 1990. New York : St. Martin's Press. 1991)

12:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, nazisme, canada, usa, guerre, impérialisme, médias, silence, capitalisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/05/2010

25/05/10: Retour au Conseil National de la Résistance : François Ruffin : "Je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s’inverser" ...

Retour au Conseil National de la Résistance : François Ruffin : "Je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s’inverser"

Comment t’es-tu spécialement intéressé au programme du Conseil National de la Résistance ?

D’abord pour Les Jours Heureux, le livre collectif dirigé par Jean-Luc Porquet, qui m’a demandé un papier sur la presse et les ordonnances de 1945. Ensuite, pour le dernier numéro de Fakir : là, je me suis plongé dans des centaine d’articles portant sur l’évolution des retraites, des banques publiques, de la Sécurité Sociale, des nationalisations. Je me suis rendu compte que, au fond, pour toutes ces conquêtes aujourd’hui grignotées, on racontait la même histoire. Et que celle-ci pouvait aisément se découper en quatre grandes étapes

1945-1947 : la mise en place du programme du CNR

La première phase démarre en 1944, c’est ça ?

Oui, au printemps 1944, quand le programme du CNR est rédigé par sept organisations de résistance. A l’automne 1944 et au début de l’année 1945, on assiste au début de la mise en place de ce programme. Il ne faut pas croire que ça s’est passé comme dans du beurre, que ça s’est fait tout seul : il y avait encore des forces d’opposition qui ne voulaient pas de la Sécurité sociale ou des retraites.

Mais ils ont dû accepter ?

Oui. Mais pas d’eux-mêmes. Parce qu’à la Libération de la France, les résistants ne lâchent pas prise. Le mouvement continue : des cahiers de doléances circulent et des manifestations sont organisées par les grands noms de la résistance. Eux battent le rappel, font pression pour – justement – que la pression ne retombe pas. Leur modèle, c’est la Révolution française : leur campagne passe d’ailleurs par un grand meeting final qui se tient le 14 juillet 1945. Et ils appellent ça les États généraux de la renaissance française.

Si les réformes passent, en 1945, ce n’est pas parce que De Gaulle et les partis politiques l’avaient inscrit à leur agenda. Mais parce qu’il y a eu une poussée militante pour soutenir les ministres – notamment communistes – du gouvernement qui se battent pour mettre en place une sécurité sociale, un système de retraite, contre d’autres ministres qui traînent des pieds. Les ministres communistes menacent éventuellement de démissionner. Et conduisent une vraie bataille pour lancer la Sécurité sociale en six mois : ils savaient que le soufflé allait retomber, ils voyaient bien que ceux d’en face jouaient la montre.

C’est une parenthèse, mais j’interrogeais hier [4] l’économiste Frédéric Lordon, dans le cadre de l’assemblée générale des actionnaires de Casino. Et le gérant d’un petit Casino est intervenu en disant : « Ce qui est dégueulasse, c’est qu’on ne peut s’en prendre aux Casino que devant les tribunaux. Mais quand on gagne, ils font appel ; quand on gagne en appel, ils vont en Cassation : ça nous prend cinq ans, on n’a pas les moyens de les affronter sur le terrain juridique. » Et Lordon de répondre : « C’est l’éternel combat entre le travail et le capital. Le travail n’a pas le temps, tandis que le capital en a à foison. » En 1945, c’est la même chose : au gouvernement, par exemple, René Pleven, ministre des Finances et représentant du MRP, joue la montre, notamment sur les nationalisations des sociétés d’électricité. Et il a bien sûr des soutiens dans la bourgeoisie : les médecins libéraux montent au créneau contre la Sécurité sociale, les assureurs affichent leur hostilité à la retraite par répartition. Ils protestent que c’est techniquement impossible, que ça va coûter trop cher… De 1945 à 1947, ces protestations sont constantes, beaucoup de gens font leur maximum pour que les réformes du CNR n’adviennent pas.

Et pourtant…

Et pourtant, elles adviennent. Parce que le travail militant se poursuit. Et aussi parce qu’il y a le poids du Parti communiste, qui fait d’autant plus peur à la bourgeoisie qu’il est armé : on sort de la guerre, il y a des armes partout et les bourgeois craignent réellement la révolution. D’où la formule de L’Aube, le journal du MRP, qui revendique « la révolution par la loi ». Une façon, justement, de repousser toute idée d’insurrection par les armes. Tout en accordant des concessions.

Mais en deux ans – jusqu’en 1947 et jusqu’au départ des ministres communistes du gouvernement – un travail est mené. En matière de sécurité sociale ou de retraite, les bases sont largement jetées. Pour la presse, c’est beaucoup plus nuancé : les réformes commencent déjà à être rognées. Et en matière de crédits publics - il s’agit de la nationalisation des banques - le programme n’a été qu’à moitié réalisé : René Pleven et les milieux d’affaire ont pesé pour limiter la réforme aux banques de dépôts - les banques d’affaire ne sont pas nationalisées. Enfin, la nationalisation d’EDF est lancée, mais dans la douleur : une campagne attaque très durement Marcel Paul, le ministre communiste qui l’effectue.

Qui n’est pas resté dans l’histoire, d’ailleurs : on ne le connaît pas...

Pas plus que vous ne connaissez Ambroise Croizat, j’imagine ? C’est pourtant lui qui a bâti la Sécurité sociale ! Je crois que ça veut dire beaucoup, pour la mémoire collective, quand on ne connaît plus le nom de celui qui a porté la Sécurité sociale. Il était surnommé "le ministre des travailleurs" et quand il est mort, en 1951, le cimetière du Père-Lachaise débordait de gens venus lui rendre hommage. C’est frappant de constater combien, une fois que le système du PC s’est écroulé, on a perdu la mémoire de ces gens, qui ont pourtant réalisé un travail considérable. La mémoire a disparu avec l’institution.

Je dis "travail considérable" parce qu’ils ont aussi su profiter de la faiblesse momentanée de l’adversaire. De son discrédit, notamment : parce qu’elle s’était grandement commis avec l’occupant ou avec Vichy, la bourgeoisie était en ruine. Il lui a fallu un peu de temps pour reconstituer ses forces et une idéologie. Quand la bourgeoisie est faible, il faut que l’histoire avance vite. Ça a été en partie le cas.

1947-1981 : grignotage dans les faits, maintien dans les têtes

En partie, seulement ?

Cela dépend des secteurs, en fait. Dans la presse, par exemple, le grignotage du programme du CNR par les capitalistes est allé beaucoup plus vite qu’ailleurs. En 1947, Albert Camus quitte le journal Combat parce qu’il est racheté par un homme d’affaire. Lui écrit alors : « Nous étions désarmés, puisque nous étions honnêtes. Cette presse, que nous voulions digne et fière, elle est aujourd’hui la honte de ce malheureux pays. » Cette même année, Hachette se paye 50 % de France-Soir, d’Elle, de France-Dimanche, alors même que la toute nouvelle loi sur la concentration l’interdit - une ordonnance de 1945 prévoit qu’un individu n’a pas le droit de posséder plus d’un titre de presse. C’est déjà un premier grignotage. Par contre, en matière de sécurité sociale, cette offensive vient largement plus tard : la première contre-réforme arrive en 1967.

De façon générale et à l’exception de la presse, on peut avoir l’impression qu’il y a une longue parenthèse enchantée - disons, de 1945 à la fin des années 60 - au cours de laquelle les réformes issues du CNR ne sont pas attaquées. C’est faux, il y a des tentatives pour les remettre partiellement en cause, mais chacune d’entre elles soulève une vague de protestations. En 1967, par exemple, se déroulent de grosses manifestations pour contester la décision d’évincer les représentants d’usagers des comités de caisses de sécurité sociale.

Une même vague de protestation éclate quand, en 1972, Robert Hersant - alors sur le devant de la scène - décide de racheter Paris-Normandie. Des tracts très durs sont imprimés, qui rappellent son passé de collaborateur – Hersant a été frappé de dix ans d’indignité nationale pour avoir apporté son aide à l’Allemagne. Les syndicats écrivent ainsi : « D’où sort le chef de bande Robert Hersant ? De la tanière des fauves qui pullulèrent de 1940 à 1944 sur les cadavres des persécutés raciaux et des résistants. » Une pétition circule aussi, signée par des grands intellectuels de l’époque – René Char, Jankélévitch, Roland Dorgelès, Vercors… Tout ça pour le "petit" Paris-Normandie… Ça devient une affaire nationale, le ministre de la Culture de Valéry Giscard d’Estaing dénonce « la violation des principes proclamés à la Libération » et une plainte est même instruite contre Robert Hersant. Quant au Monde, il titre sur La presse comme marchandise, propose la mise sous séquestre du titre et publie un éditorial pointant « la constitution d’un énorme groupe de presse quotidienne, l’ensemble possédé par un seul homme. C’est un monopole. Du monopole de l’argent, le pas est vite franchi – il l’est déjà – au monopole d’opinion ». Ce qu’on appelle « un énorme groupe de presse quotidienne », c’est juste quelques journaux de province : Centre-Presse, Le Berry Républicain et La Nouvelle République des Pyrénées... On est très loin de Lagardère, Bouygues, Dassault… C’est même microscopique, comparé aux actuels groupes médiatiques. Aujourd’hui, le journal Le Monde – qui a failli entrer en Bourse – est en train d’être racheté par Lagardère : on ne voit pas de pétitions circuler parmi les intellectuels pour protester et réclamer la mise sous séquestre du Monde.

Le tollé pour Paris-Normandie, le silence aujourd’hui : c’est révélateur…

Bien sûr, ça veut dire quelque chose. Ça veut dire que même s’il y a un grignotage dans les faits, dans les années 70, le programme du CNR demeure intact dans les têtes. Ainsi, que propose Mitterrand pour la presse en 1981 ? Tout simplement le rétablissement des ordonnances sur la presse de 1945.

Il y a d’ailleurs d’énormes similitudes entre le programme du CNR et le programme commun de la gauche, ou les 110 propositions de Mitterrand en 1981. Au fond, à cette époque, la gauche considère qu’en 1945, le programme du CNR n’a pas été mené à son terme et que si elle parvient au pouvoir elle achèvera cet ouvrage. Il ne s’agit pas seulement préserver ses acquis, mais de le mettre réellement en œuvre. En 1981, ils est donc prévu la reprise des nationalisations, dont la nationalisation du crédit.

Les années 80 : le programme du CNR devient « archaïque »

Ce sont là des mots. Dans la pratique, la présidence Mitterrand sera très éloignée de ces ambitions…

On en vient justement au point de bascule. Le moment-clé, c’est évidemment 1983, soit le tournant de la rigueur, décidé par les socialistes dans un mouvement mondial d’expansion des idées libérales. Partout dans le monde - et aussi dans les médias français - le socialisme apparaît comme ringard, dépassé. Se multiplient ainsi les incitations à devenir moderne, à miser sur l’entreprise, à ne plus avoir peur du profit.

C’est frappant pour ce qui concerne les médias. Dans ses premiers mois d’exercice du pouvoir, Mitterrand a hésité à faire éclater le groupe Hersant - et donc Lagardère dans le même élan. Interrogations, atermoiements : le temps passe. Et quand le temps passe, comme le disait Lordon, c’est le capital qui gagne à la fin. Finalement, le projet de liquidation du groupe Hersant arrive trop tard, quand la vague rose est déjà en reflux : le projet est lourdement combattu à l’Assemblée, au cours de ce qui sera la plus longue séance de l’histoire parlementaire. Les députés – dont Séguin, Toubon, Madelin… - posent des milliers de questions, ça n’en finit plus. Quand le projet arrive enfin devant le Conseil constitutionnel, celui-ci s’oppose à la loi anti-concentration pour des raisons de droit. Dans les faits, on le sait, le droit s’adapte aux rapports de force.

Dans le même temps, Mitterrand décide la libéralisation des ondes FM, qui vont devenir des déversoirs à pub, confie Canal + à André Rousselet, son directeur de cabinet, et décide de créer la Cinq, censée être confiée à Sylvio Berlusconi (auquel viendra s’ajouter ensuite Robert Hersant). Y a t-il indépendance à l’égard du pouvoir ? Pas du tout. Àl’égard des puissances étrangères et de l’argent ? Non plus.

En même temps, c’est Mitterrand : il n’est pas à une traîtrise près…

On peut dire que Mitterrand est un sale traître, sans doute. Mais ça ne fait pas beaucoup avancer la compréhension. Qu’importe les causes, pour aujourd’hui, revenons au basculement.

En 1981 ne se pose par exemple pas la question de repousser l’âge de départ en retraite : au contraire même, celui-ci passe de 65 à 60 ans. La vraie question est donc celle-ci : pourquoi, dès 1984, le discours opposé, sur le déficit des retraites, la capitalisation nécessaire, pourquoi ce discours émerge-t-il dans les années suivantes ? Est-ce que la démographie a considérablement changé en trois ans ? Je ne le crois pas. Est-ce que les données économiques ont considérablement changé en trois ans ? Je ne le crois pas non plus. Le seul changement d’ampleur est en fait idéologique. Jusqu’en 1981, toucher au programme du CNR - les retraites en font partie - n’est pas possible, pas permis. En 1984, alors que le libéralisme est en train de triompher dans le monde, dans les médias, chez les artistes et les politiques, dans la gauche elle-même, la conjoncture idéologique permet de s’attaquer aux retraites.

Cela va aussi vite que ça ?

Bien sûr. Pour le montrer, je vais continuer sur l’exemple des retraites. En 1983, le démographe Alfred Sauvy se désole dans Le Figaro que « l’opinion reste assez indifférente » à la question des déficits. Le même explique que pour faire entrer les retraites dans l’ère libérale, « il faut informer les hommes au lieu de les faire rêver. C’est simple, c’est tout simple, mais quelle bataille ». Il le dit clairement : il y a une bataille idéologique à mener pour que les Français cessent de considérer que tout va bien sur le sujet. Deux ans plus tard, en 1985, les lobbys patronaux – en l’occurrence, il s’agit de l’Institut de l’entreprise – recommandent « une retraite à la carte plutôt qu’une retraite couperet ». La même année, l’universitaire André Babeau publie un livre intitulé La fin des retraites ? - cet homme est depuis devenu administrateur de deux sociétés d’assurance…

Les sondeurs sortent alors du bois. En 1986, un sondage Ipsos affirme que « 87 % des salariés jugent très ou assez préoccupants pour l’avenir l’équilibre des caisses de retraite ». Au printemps 1987, un sondage BVA pose que 58 % des Français auraient une opinion négative sur la question de l’avenir des retraites. Et à l’automne 1987, nouveau sondage : 62 % des personnes interrogées estiment que les retraites qu’elles toucheront seront insuffisantes pour vivre. En 1988, enfin, un sondage CSA-Le Parisien-AGF (là, c’est carrément une société d’assurances qui finance le sondage publié par Le Parisien…) révèle que les Français n’ont plus confiance dans le seul régime de retraite par répartition et commencent à capitaliser. C’est là le rêve des assureurs depuis 1945 : qu’on en revienne à la capitalisation, c’est-à-dire que tout l’argent passe par les banques et eux. Ils en rêvent depuis 1945, mais pendant 35 ans, ils n’ont pas osé le dire ou ils n’ont pas été écoutés. A partir des années 1980, la conjoncture idéologique leur redonne espoir. Et en 1989, la une du Parisien affirme : « Retraites : les Français ne comptent plus que sur eux-mêmes. En un an, les contrats d’assurance ont fait un bond de 32 % ». Là, on peut dire que l’investissement réalisé par AGF en 1988 pour le sondage a été rentable…

Tout cela n’est pas anecdotique : les argumentaires, les idées qui se forgent alors ont toujours cours. Il a juste fallu le temps que les gens intègrent ce discours. Depuis lors, le programme du CNR apparaît comme un joli bibelot, mais qui appartient au passé.

2004-2010 : la parenthèse libérale se referme

C’est encore le cas aujourd’hui…

Justement : j’en viens à ce que je trouve intéressant dans la republication du programme du CNR. En fait, il me semble que la parenthèse libérale de la gauche, ouverte en 1983, est en train de se refermer. Je pense même que c’est déjà le cas dans les têtes : sur le plan idéologique, le triomphe de l’ère libérale est terminé. La preuve la plus éclatante, c’est le rejet du Traité constitutionnel européen par 55 % des Français en 2005 – et plus exactement par 80 % des ouvriers, 71 % des chômeurs et 67 % des employés, soit un vrai vote de classe. Là, il y a eu un discrédit dans les urnes du modèle libéral. Celui-ci reste sans aucun doute le schéma de pensée et de fonctionnement des élites, mais à la base, c’est fini.

Si on s’intéresse aux dates… En 2004, est fêté, à l’initiative d’ATTAC, le soixantième anniversaire du CNR, et à cette occasion, des grands noms de la Résistance, les Aubrac, Hessel, Kriegel-Valrimont, etc. signent un appel pour un nouveau programme du CNR. Pour moi, ça signifie que la parenthèse commence déjà à se refermer : en 1994, pour le cinquantième anniversaire, on n’avait assisté à aucune revendication de cet héritage. En 2005, c’est le vote sur le TCE, puis en 2006, le CPE est rejeté dans la rue. Enfin, en 2007 se tient le premier rassemblement au plateau des Glières.

2007, c’est aussi l’élection de Sarkozy…

Nicolas Sarkozy était là pour mener – et Denis Kessler l’a énoncé – « une entreprise de liquidation du programme du CNR ». Il est arrivé en pavoisant, en promettant l’Amérique, en jurant de tout bouleverser au bulldozer. Mais la conjoncture a complètement changé et lui n’a eu d’autre choix que d’en rabattre, de faire comme ceux qui l’avaient précédé : du grignotage. Il venait pour mener une entreprise de liquidation, mais n’a pas effectué le badaboum promis. Et celui qui se présentait comme « décomplexé » est désormais complexé : nous ne sommes plus dans un mouvement de libéralisme triomphant. Je ne suis pas vraiment un optimiste de nature, mais je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s’inverser. Ça va mettre du temps, mais c’est en marche. Et notre responsabilité est de faire que le paquebot tourne plus vite. Il y a là pour moi un problème majeur – et c’est là que vous allez me traiter d’abominable "organisé" : je considère que si on veut que ce renversement intellectuel s’opère, il faut des forces organisées à gauche.

On ne peut pas publier ça… (rires) Ou alors, propose plutôt de saboter la salle des machines du paquebot…

L’un des problèmes, pour accélérer le mouvement, c’est que la bataille des idées se conduit aujourd’hui en-dehors des lieux où elle devrait centralement se mener. C’est-à-dire – je sais que vous n’êtes pas d’accord, mais c’est ma conviction – dans les partis et dans les syndicats. Il faut des forces pour porter auprès des masses la bataille des idées. Parce qu’en face, ils ont ces forces organisées : quand ils repèrent un universitaire qui peut glisser dans leur sens, ils le rémunèrent considérablement. Ils ont les médias à leur botte. Ils ont tout… Si nous, de notre côté, nous n’avons pas de forces organisées pour peser dans le débat, le paquebot ne peut pas virer de bord.

(Le débat devient chaotique, fin de l’entretien)

Notes

[1] Note, d’ailleurs, que la vignette de cet entretien est tiré de l’affiche du (très bon) film de Gilles Perret, Walter, retour en résistance.

[2] Aux éditions La Découverte :

Note de RoRo:

Ambroise Croizat est un homme politique français né le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) il est mort le 11 février 1951 à Suresnes.Il fut également secrétaire Général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie.

Son père, Antoine Croizat était ouvrier et sa mère employée dans un tissage de velours. Ambroise Croizat est député communiste de la Seine de 1936 à 1940. Après avoir purgé une peine de prison pour son appartenance au PC, interdit sous le gouvernement de Vichy, il est transféré en Algérie. Libéré, il devient membre de l'Assemblée consultative d'Alger dans laquelle il représente la CGT. À la Libération, il est élu membre des deux Assemblées constituantes puis de l'Assemblée Nationale de 1946 à 1951.

Croizat est ministre du Travail du général de Gaulle du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946 puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 (gouvernements Gouin et Bidault) et du 22 janvier au 4 mai 1947 (fin de la participation communiste au gouvernement).

Surnommé le « ministre des travailleurs », son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la Sécurité sociale (Mise en place de celle-ci, organisation administrative des caisses et des élections aux conseils d'administration des caisses et régimes des fonctionnaires), son influence s'exerce aussi sur les projets concernant les comités d'entreprise, le statut des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales. En vingt-huit mois, il accomplit ainsi une œuvre considérable.

Il a siégé au Comité central du Parti communiste français.

Il meurt à la suite d'une grave intervention chirurgicale quelques mois après le décès de son fils dans un accident du travail. Le Parti communiste lui fait de grandioses funérailles. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

14:46 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, presse, television, france, romain, europe, euro-dictature, capitalisme, silence, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/01/2010

14/12/09: Il y a 70 ans, la France déclare la guerre à l’Allemagne, mais la fait aux communistes...

 
 
 

Il y a 70 ans, la France déclare la guerre à l’Allemagne, mais la fait aux communistes. Par Jean Lévy

lundi 14 décembre 2009, par Comité Valmy


POURQUOI CE SILENCE ENTOURANT LE DEBUT DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ?

Alors que nous venons de subir la mobilisation totale des médias, communiant dans une même campagne anticommuniste, à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, il est bon de comparer cette campagne avec le quasi silence entourant le 70ème anniversaire de la Seconde Guerre mondiale.

Et pourtant cet évènement a davantage affecté notre propre histoire.

Revenons donc au rappel de la situation politique et militaire au cours de ce qu’on appelait, à l’époque, « la drôle de guerre ».

Faisant fi une fois de plus à ses promesses, l’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre.1939

Le 3, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne.

On aurait pu penser que profitant de l’engagement massif des panzers et de l’aviation nazis à l’Est, les forces occidentales allaient en profiter pour mener l’offensive à l’Ouest, la ligne Siegfried non terminée, n’étant pas en état de constituer un obstacle infranchissable.

Et bien non !

L’armée française reste l’arme au pied, se contentant d’activité de patrouilles, dans le forêt frontière de la Warndt.

Le gouvernement Daladier est trop occupé à traquer les militants communistes et à faire procéder à la déchéance des députés du PCF, fidèles à leur parti, dissous dès septembre.

Seul, « l’ennemi intérieur » est visé par les autorités, pas l’ennemi de l’autre côté du Rhin.

Raison invoquée pour « justifier » cette répression de masse visant, non l’Etat à qui on a déclaré la guerre, mais un parti d’opposition, hostile au conflit : le pacte de non-agression germano-soviétique, signé le 23 août précédent.

Il s’ensuit, dans notre pays, une campagne anticommuniste féroce, d’une envergure jamais atteinte. Tous les partis, de gauche comme de droite, toute la presse, se sont joints au hallali « antirouge ». La presse communiste étant interdite depuis fin août, donc avant la déclaration de guerre, aucune voix ne s’élève publiquement contre ce déferlement de haine.

Mais, pourquoi cette offensive intérieure ?

Disons-le tout net : la signature du pacte de non-agression met en échec la stratégie envisagée par la bourgeoisie française. Celle-ci souhaitait un affrontement militaire entre l’Allemagne et l’URSS, en laissant cette dernière, seule, face à la Wehrmacht, espérant un effondrement de l’Armée Rouge.

Sans la signature du pacte, ce scénario aurait été, sans doute, possible.

L’Allemagne aurait, dès lors, dominé l’Europe pour une très longue période, sans possible éventualité d’un retournement militaire.

Qui peut croire que, face aux 200 divisions nazies, retenues en Union soviétique, un débarquement anglo-saxon eut été possible en Normandie, en juin 44 ?

La défaite française de mai-juin 40, préparée de longue date par les forces du capital, montre clairement que celles-ci avaient, bien avant Montoire, l’objectif d’une France intégrée dans une Europe allemande.

C’est donc la signature du fameux pacte de non-agression, signé par von Ribbentrop et Molotov, le 23 août, qui met bas ce sinistre scénario. L’URSS gagne ainsi deux ans de répit, qui lui permet de contenir devant Moscou les divisions hitlériennes, et d’infliger, ensuite, les défaites que l’on sait à la Wehrmacht, de Stalingrad jusqu’à Berlin.

Notre bourgeoisie a mesuré, dès l’automne 39, l’ampleur de l’échec de sa stratégie. Elle en a fait payer le prix au seul parti qui avait défendu le pacte, le Parti communiste français, celui-ci ayant analysé sa portée et ses conséquences.

On peut même dire que les forces du Capital n’ont pas encore digéré, de nos jours, l’échec subi en août 39. Comment expliquer, sans cela, la persistance actuelle d’une campagne toujours massive contre, ce que les médias à leur service, appellent « la collusion Hitler-Staline » et contre les « communistes qui ont approuvé le Pacte germano-soviétique » ?

Il est vrai que l’objectif d’une Europe intégrée, sous domination économique allemande, est toujours à l’ordre du jour

Jean LEVY

18:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, communisme, presse, guerre, television, romain, allemagne, fascisme, imperialisme, capitalisme, silence, urss, information, hitler, nazisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

31/12/2009

28/12/09: Un article très, très intéressant quand même, à plus d'un titre, cet article sur BellaCiao - Fr ...

Très, très intéressant quand même, à plus d'un titre, cet article sur BellaCiao - Fr
RoRo
 
 

From: anonymous
Sent: Monday, December 28, 2009 4:15 PM
Subject: Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin 


Pierre Kulemann
Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin !
Décryptons ensemble les "décrypteurs" !
Avant-propos
Le journal "L'Humanité" a publié un hors-série exceptionnel à l'occasion du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin 1
Marie-George Buffet, secrétaire générale du PCF, Pierre Laurent, coordinateur du PCF et Francis Wurtz, membre éminent du Conseil national du PCF ont contribué à ce hors-série, ce qui (...)
 
Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin 
lundi 28 décembre 2009 (15h48)

Pierre Kulemann

Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin !

Décryptons ensemble les "décrypteurs" !

Avant-propos

Le journal "L’Humanité" a publié un hors-série exceptionnel à l’occasion du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin 1

Marie-George Buffet, secrétaire générale du PCF, Pierre Laurent, coordinateur du PCF et Francis Wurtz, membre éminent du Conseil national du PCF ont contribué à ce hors-série, ce qui permet raisonnablement d’affirmer qu’on a là la position des courants principaux de la direction du PCF sur le sens à donner à la chute du mur de Berlin. Bruno Odent, responsable de la rubrique internationale de "L’humanité" nous dit que""L’Humanité" et "L’Humanité Dimanche" se sont mobilisées pour décrypter la signification profonde de l’évènement"2 .

Je vous invite, si vous en avez le temps et le goût, à vous livrer avec moi à une petite enquête politique pour "décrypter les décrypteurs", et abonder dans leur sens ou encore tenter d’enrichir leur analyse, si cela nous paraît pertinent !

1. Avant-propos 2. Le mur de Berlin et Gorbatchev 3. "La fin de l’histoire" du socialisme réellement existant? 4. Zhao Gao,"De la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval" 5. Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne !

Le mur de Berlin et Gorbatchev

Examinons d’abord la liste des invités à ce "débat" et commençons par Andrei Gratchev, ancien conseiller du président Mikhail Gorbatchev. Il nous dit :"Je suis fier du rôle primordial de déclencheur politique de cette transformation globale de la situation mondiale qu’a joué le projet de démocratisation lancé par la perestroïka"3

Nos lecteurs savent-ils que ce n’est pas l’opinion des Russes, pourtant directement concernés ! Ainsi quand Gorbatchev s’est présenté comme candidat à la présidence de la Fédération de Russie en 1996, les résultats ont été pathétiques comme le rapporte le magazine français "Libération" :"Mikhaïl Gorbatchev est en tournée électorale. A 65 ans, le dernier dirigeant de l’Union soviétique se présente pour la première fois de sa vie au suffrage des Russes. Imperturbable, malgré les sondages qui le créditent d’un score ridicule entre 0,6 et 1% des voix , et les titres de la presse qui ironisent sur «Gorbatchev, le retour»... A Saint-Pétersbourg, à Rostov-sur-le-Don ou même à Stavropol, sa région natale, les insultes pleuvent. A Omsk, en Sibérie, un individu lui flanque son poing sur le visage. Raïssa, sa femme, hostile depuis le début à sa participation à l’élection présidentielle, refuse d’en supporter davantage et ne l’accompagne plus.4

Depuis Gorbatchev se console en vendant des sacs Vuiton ! "Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l’Union Soviétique, est le nouvel ambassadeur de la maison de luxe Louis Vuitton. Il apparaîtra dans les publicités de la griffe dès le début du mois d’août, dans la presse économique internationale. Il est mis en scène dans une limousine, avec un sac posé sur la banquette. Le cliché a été réalisé par la photographe Annie Leibovitz qui a, par ailleurs, réalisé une campagne complète pour Louis Vuitton."5 Quant à Andreï Gratchev lui-même, il bénéficie de la présomption d’innocence dans une affaire de corruption dans le cadre de l’Angolagate 6

C’était en 1996. Est-ce que la régression du "socialisme réellement existant" est mieux vue en 2009 par les Russes et par les peuples du monde, tant qu’à y être? Non, pas vraiment ! En effet il y a dans le hors-série de "L’Humanité" sur la chute du mur un invité très discret qui figure dans un petit cadre vers la fin à la page 61. Il s’agit tout simplement des peuples du monde ! En effet, il s’agit d’un sondage du monde gigantesque ! 29 033 personnes dans 27 pays ont été sondées pour la BBC World Service par l’insitut international de sondage GlobeScan en collaboration avec le Program on International Policy Attitudes (PIPA) de l’Université du Maryland aux USA du 19 juin au 13 octobre 2009. C’est un document d’une extraordinaire richesse que je vous invite à consulter et que je compte bien utiliser ici pour compléter le Hors-série que nous décryptons ensemble 7

Voici donc ce que répondent les peuples, y compris les Russes, à cette "démocratisation" vantée par Gorbatchev, Gratchev et, semble-t-il, par les courants majoritaires de la direction actuelle du PCF : 61 % des Russes et 54 % des Ukrainiens regrettent la fin de l’Union soviétique. Malgré la propagande antisoviétique universelle, 12 pays sur les 27 pays sondés regrettent aussi la fin de l’Union soviétique !

Nous pourrions ajouter que le Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF), le deuxième parti politique en importance de Russie, nous dit : "Soyons réalistes, demandons l’impossible : retour au socialisme et restauration de l’URSS !" et ajoute « Même dans des circonstances de fraudes électorales massives, le Parti Communiste reçoit systématiquement entre 15 et 20% lors des différentes scrutins. Nous savons, toutefois, que notre potentiel de soutien va bien au-delà. » 8 Vous me direz que 15 à 20 %, ce n’est pas la majorité absolue, ni relative puisque c’est le Parti de Poutine qui a la majorité actuellement en Russie.

C’est cependant beaucoup plus que notre PCF qui se rapproche plus électoralement, politiquement et idéologiquement de Gorvatchev et Gratchev que des communistes russes ! C’est bien Andreï Gratchev, comme conseiller de Gorbatchev qui est invité dans le Hors-série, tandis que les Communistes russes, eux, ne sont pas invités.

Chers lecteurs, vous pourriez me demander par quelle sorte de logique je commence ma partie du décryptage par la Russie, alors que le thème du hors-série du PCF est la chute du mur de Berlin que beaucoup célèbrent mais que beaucoup aussi déplorent ! C’est un autre invité du Hors-série, Egon Krenz, qui explique mon choix. Krenz nous dit en effet :"Le 1er novembre 1989, Gorbatchev me dit "Egon, la réunification n’est pas à l’ordre du jour[...], tu dois te méfier de Khol". Au même moment, Gorbatchev envoyait plusieurs émissaires à Bonn. Gorbatchev a joué double jeu. Il nous a poignardé dans le dos" 9 Krenz semble donc avoir été un des nombreux dirigeants et militants communistes, sans parler des peuples des pays socialistes, qui ont cru à la perestroïka (reconstruction) et à la glasnost (transparence). Egon Krenz, longtemps adjoint de Eric Honecker, et dernier président du Conseil d’État de la République démocratique allemande (RDA) a cru à Gorbatchev, qu’il connaissait bien, et a compris trop tard que la Glasnost n’était qu’un masque et il a perdu confiance dans l’avenir du "socialisme réellement existant" :"le système ancien est définitivement mort" affirme-t-il10 .

Hans Moodrow, qui, à la différence de Krenz, voulait rayer le rôle dirigeant du parti communiste (SED) en RDA rejoint Krenz sur la question de la responsabilité de Gorbatchev ;"Lors d’un autre sommet, celui du COMECON qui eut lieu du 9 au 10 janvier 1990 à Sofia [...] le représentant soviétique a annoncé que la forme de coopération entre nos deux pays, fondée sur le rouble convertible était terminée [...] En clair, cela signifiait que la RDA [...] n’avait plus aucune chance de subsister.

Notons que le peuple de l’ex-RDA, de l’Allemagne de l’Est, comme on l’appelle souvent, regrette lui aussi la chute du mur. En 1999, la revue étasunienne "USA today" écrivait : "Quand le mur de Berlin s’est écroulé, les Allemands de l’Est ont imaginé une vie de liberté où les biens de consommation étaient abondants et où les épreuves allaient disparaître. Dix ans plus tard, chose remarquable, 51 % d’entre eux disent qu’ils étaient plus heureux sous le communisme" 11 Ce n’est pas une grosse majorité, mais tout de même c’est "remarquable" comme le dit USA Today. En dehors des pays développés de l’Ouest, c’est différent. Selon le sondage de la BBC déjà cité, 69 % des Egyptiens déplorent la fin de l’Union soviétique. En Inde, au Kénya, en Indonésie, les opinions sont partagées. Le Wall Street journal nous apprend que "Dans les années 1980, des centaines de familles civiles soviétiques vivaient à Kaboul sans protection particulière. Aujourd’hui, tous les Occidentaux vivent emmurés dans des complexes lourdement gardés" 12 Le Wall Street Journal ajoute "Contrairement à toutes les prédictions, après le départ du dernier soldat soviétique en février 1989, le gouvernement (communiste) de M. Najibullah, au lieu de s’écrouler, passa à l’offensive. Il marqua des victoires décisives contre les rebelles et survécut à la chute de l’Union soviétique et ne perdit que quand les vivres et les armes russes ont manqué. Sans la continuation de l’aide étasunienne aux guérillas, ce gouvernement aurait pu durer encore très longtemps affirment de nombreux moudjahidins" 13 Là encore la "déconstruction" de Gorbatchev semble jouer un rôle central ! Il a privé la RDA, le tiers-monde en général, Cuba, le Viet-Nam et l’Afghanistan entres autres, de l’aide soviétique pendant que les USA redoublaient leur terrorisme dans ces mêmes lieux ! Mais ne nous éloignons pas trop du sujet, même si tout est lié, et revenons au mur de Berlin et à ce que certains, de gauche comme de droite, voudraient qu’il symbolise.

"La fin de l’histoire" du socialisme réellement existant?

"Le concept de « fin de l’histoire » avait d’abord été élaboré par Hegel, puis repris de diverses manières par plusieurs philosophes, dont Alexandre Kojève et critiqué par Karl Marx pour qui l’humanité n’était pas encore sortie de sa préhistoire. Pour Fukuyama comme pour Hegel, l’Histoire s’achèvera le jour où un consensus universel sur la démocratie mettra un point final aux conflits idéologiques. Fukuyama publia un premier article sur le sujet (The end of History?) au cours de l’été 1989 dans la revue The National Interest (article repris dans la revue française Commentaire n° 47, automne 1989). Il en développe les thèses dans un livre controversé publié en 1992, La Fin de l’Histoire et le dernier homme, dans lequel il défend l’idée que la progression de l’histoire humaine, envisagée comme un combat entre des idéologies, touche à sa fin avec le consensus sur la démocratie libérale qui tendrait à se former après la fin de la Guerre froide."14

Sommes-nous, avec cet Hors-série, avec les courants principaux de la direction du PCF et avec les autres "Gorbatchéviens" dans le monde en face d’une variante de la théorie de la "Fin de l’histoire" au moins pour "le socialisme réellement existant"? Quant au communisme, il demeurerait seulement comme "l’avenir d’une espérance" comme le dit le sous-titre du livre de Patrice Cohen-Séat, dirigeant du PCF, ou "une utopie"15 comme le dit François Hollande, dirigeant socialiste français, donc irréalisable. On ne pourrait que s’en approcher, tout en restant dans le monde de la démocratie des pays capitalistes développés. Faisons d’abord une liste d’affirmations "gratuites" (Je dois dire que je suis abasourdi quand je vois des personnes intelligentes, des historiens chevronnés, des journalistes de valeur, affirmer avec "autorité" des prédictions qui relèvent plutôt de la boule de cristal des voyants escrocs) :

1) Bruno Odent, responsable de la rubrique internationale du journal "L’Humanité" :"Il y a vingt ans la chute du mur de Berlin allait entraîner avec elle la disparition d’un monde qui se réclamait du socialisme "réellement existant" [...] Jusqu’à l’inéluctable écroulement"16

2)Francis Wurtz, membre éminent de la direction du PCF, du Parti de la Gauche Européenne (PGE) : "Avec la chute du mur, un système s’est définitivement effondré..."17 "S’agissant de la sympathie vis-à-vis de l’Union soviétique, je pense qu’il faut relativiser celle qui existait entre les communistes français et l’URSS.(...) L’URSS n’était pas la boussole."18 On croit rêver ! "Si on fait référence à ce qui s’autoproclamait communisme dans les pays de l’Est, alors non. Cette acception est morte"19

3) Susan George : "Je n’ai jamais eu de sympathie particulière pour l’Union soviétique"20 "...certains parlent de révolution. Je ne sais pas ce que ça veut dire aujourd’hui. Je ne connais ni le nom ni l’adresse du Tsar"21 (Ce à quoi Francis Wurtz répond :"Ce que vous dites sur le Palais d’hiver fait partie d’une mythologie enterrée au PCF"22 Francis Wurtz confond peut-être le PCF avec les courants actuellement dominants de sa direction !

4) Hans Modrow, dirigeant du SED critiqué par Honecker qui jugeait qu’il nuisait au Parti, premier ministre à la veille de la chûte du mur, a aboli le rôle dirigeant du Parti que Krenz voulait maintenir. Il rejoint cependant Krenz en ce qui concerne la responsabilité de Gorbatchev en disant que, quand au sommet du COMECON de janvier 1990, l’Union soviétique a mis fin au rouble convertible "En clair, cela signifiait que la RDA qui était le plus gros partenaire commercial de l’Union soviétique [...] n’avait plus aucune chance de subsister"23

5) Gregor Gysi, dirigeant du SED en novembre 1989 et co-président du groupe parlementaire de l’actuel Die Linke en Allemagne, est plus nuancé. Il concède que le peuple était attaché à la RDA, qu’il a cru, avec la chute du mur "qu’ils allaient maintenant bénéficier de leurs droits politiques, tout en conservant leurs droits sociaux", mais, comme tous les intervenants du Hors-série"que le moment n’est pas venu pour un dépassement"24 du capitalisme.

6) Dans le débat des historiens dans le Hors-série, Pierre Grosser, professeur d’histoire à Science-Po à Paris voit dans la chute du mur la suite de la chute de dictateurs comme Ferdinand Marcos aux Philippines ! Personne dans la table ronde ne lui réplique sur ce point ! Grosser y voit le "symbole de la chute du communisme"25 . Pourtant, Pierre Grosser dit que "Les sociétés de l’Est ne rêvaient pas de dérégulation ni de capitalisme à l’américaine, mais plutôt de bénéficier des deux systèmes"26.Il se contredit un peu ! C’est en effet ce que Gorbatchev a réussi à faire croire et ce que les courants dominants de la direction actuelle du PCF voudraient aussi nous faire croire. On voudrait nous faire croire qu’on peut, sans révolution, bénéficier du niveau de vie et des libertés politique des classes aisées des pays capitalistes avancés et en même temps des protections sociales des pays du "socialisme réellement existant".C’est un leurre qui a couté bien cher à ceux qui y ont cru ;Le sondage de la BBC confirme que c’est bien ce que les gens ont cru avant de réaliser que c’était impossible, trop tard pour faire rapidement marche arrière !

7) Marie-Pierre Rey, professeur d’histoire soviétique à la Sorbonne se souvient du discours de Gobatchev de décembre 1988 à l’ONU où il déclare que l’URSS n’interviendra plus par la force dans les démocraties populaires. "C’est une renonciation claire à la doctrine Brejnev, une façon de commencer à rendre ces démocraties à leur destin" 27

Zhao Gao,"De la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval"

Connaissez-vous l’histoire de l’eunuque Zhao Gao, conseiller de l’empereur. Il montrait à l’empereur un daim et faisait répéter par ses nombreux complices à la cour à l’empereur qu’il s’agissait d’un cheval. Finalement, l’empereur se demanda s’il ne devenait pas fou, et crut que c’est à tort qu’il voyait un daim. Eh bien, notre hors-série est presque un nouveau Zhao Gao !

Avec des différences que nous avons décortiquées, il est vrai, tous les intervenants, sauf un, affirment que "le 9 novembre 1989, c’est l’effondrement du mur de Berlin. C’est l’échec définitif d’une expérience d’alternative au capitalisme, qui aura finalement tourné le dos à l’espoir soulevé au début du XXe siècle".

Nous avons déjà vu, grâce au sondage d’opinion réalisé pour la BBC, que telle n’est pas l’opinion des peuples du monde. Et puis, non, le daim n’est pas un cheval ! Seul intervenant à le constater, même si c’est avec regret, Serge Wolikow nous dit un peu pompeusement : "Je note que des pays se réclament toujours du communisme d’État" et que cela ne contribue pas à crédibiliser la démarche émancipatrice de l’idée communiste. [Grosser tente de se rattrapper en ajoutant] "Le modèle qui disparaît après novembre 1989 ne saurait constituer une référence pour cette notion de culture politique communiste"28 Eh oui, le "socialisme réellement existant" se réforme constamment et existe bel et bien, entre autres, à Cuba, au Viet-Nam, en Chine. Des partis communistes qui ont toujours confiance dans un "socialisme réellement existant" font partie d’un gouvernement de coalition, entre autres, en Afrique du Sud, dans divers Etats de l’Inde, à Chypre, en Moldavie. Enfin, des partis qui ont toujours confiance dans un "socialisme réellement existant" sont solidement installés en Grèce, au Portugal, en Russie même. Quel dommage que ces partis communistes n’aient pas été invités à participer au Hors-série, cela aurait mis un peu d’animation, de pluralisme. On aurait tout de suite vu que le daim n’est pas un cheval ! D’autant plus que les invités au hors-série, dans la droite ligne de Gorbatchev de l’eurocommunisme, du communisme critique, de l’alter-communisme, enfin tous ceux, sous un nom ou un autre, qui jugent qu’une révolution n’est pas à l’ordre du jour et qu’il faut seulement rêver de liberté et d’égalité (on se demande pourquoi la fraternité n’est pas mentionnée) ont du mal à grandir ou même dans certains cas à survivre, comme en France, en Espagne, en Italie.

Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne !

Laissons le mot de la fin à Marie-George Buffet, l’actuelle secrétaire générale du PCF : "La division du monde en deux blocs, dont le mur était l’expression, a placé les deux camps dans l’incapacité de répondre aux grands défis du siècle. Ces défis de développement équitables appellent non une logique de domination, mais celle des coopérations : l’humanité vit une seule aventure !" 29 Les deux blocs n’existent plus, mais la lutte entre le camp du capitalisme et celui du communisme est plus rude que jamais. Le nier a un nom : la collaboration de classe ! Pour que l’échiquier politique en France cesse de glisser vers la droite, il me semble nécessaire que le Parti communiste français redevienne révolutionnaire et reprenne sa place dans le camp communiste. Cela pourrait contribuer à rendre le Parti socialiste français socialiste. Soit les dirigeants actuels prennent conscience que le daim n’est pas un cheval, ou s’ils se cramponnent dans leur gorbatchevisme, il faudrait une nouvelle équipe dirigeante ! Il n’y a pas de raison que le rejet des nombreuse dérives autoritaires, dictatoriales et parfois criminelles qui ont eu lieu dans les pays communistes nous amènent à défendre une "démocratie" capitaliste qui a "esclavagé", puis colonisé des continents entiers et qui fait encore aujourd’hui mourir de faim un enfant toutes les cinq secondes. C’est comme si les crimes de la Révolution française (car la Révolution française a eu aussi ses dérives) devaient nous ramener à Louis XVI !

Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne !

notes

1 1989, Un mur tombe. 2009, la Crise. Et maintenant, que Faire?,Hors-série, Paris, novembre-décembre 2009

2 Idem, p.3

3 Idem, p. 72

4http://www.liberation.fr/portrait/0...

5 http://www.plurielles.fr/mode/mikha...

6 http://suitedesnouvelles.com/politi...

7 http://www.globescan.com/news_archi...

8 http://solidarite-internationale-pc...

9 Hors-série, opus cité, p. 47

10 Idem, p. 47

11 USA Today, 11 octobre 1999, p.1 (Le pourcentage a augmenté depuis avecla crise des subprime.

12 The Wall Street Journal ; 30 novembre 2009, P. 21

13 Idem, P. 21

14 http://fr.wikipedia.org/w/index.php...

15 Hors-série, p. 59

16 Hors-série, opus cité, p. 3

17 Idem, P. 20

18 Idem, p.21

19 Idem ; p. 22

20 Idem, p.22

21 Idem, p. 22

22 Idem, p. 22

23 Idem, p. 28

24 Idem, p. 32

25 Idem, p. 48

26 Idem, p.51

27 Idem. p. 50

28 Idem, p.51

29 Idem, p.59



De : Pierre K
lundi 28 décembre 2009

15:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, courcelles, presse, television, capitalisme, berlin, silence, urss, medias, information, pc, gorbatchev, 28 12 09 romain, pcf | |  Facebook | |  Imprimer | | |

28/12/2009

26/12/09: LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE...

 

Réflexions du compañero Fidel 
 
 
LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE

 

Les changements climatiques causent d’ores et déjà des dommages considérables, et des centaines de millions de pauvres en souffrent les conséquences.

Les centres de recherche les plus avancés assurent qu’il reste très peu de temps pour échapper à une catastrophe irréversible. Selon James Hansen, de l’Institut Goddard, de la NASA, un niveau de trois cent cinquante parties de dioxyde de carbone par million est encore tolérable ; or, il dépasse actuellement trois cent quatre-vingt-dix et il augmente tous les ans à raison de deux parties par million, soit plus que les niveaux d’il y a six cent mille ans. Les deux dernières décennies ont été les plus chaudes depuis qu’il existe des mesures. Ce gaz a augmenté de quatre-vingts parties par million ces cent cinquante dernières années.

Les glaces de la mer Arctique, l’énorme couche de deux kilomètres d’épaisseur qui couvre le Groenland, les glaciers d’Amérique du Sud qui alimentent les principales sources d’eau douce de cette région, le volume colossal qui couvre l’Antarctique, la couche qui reste encore sur le Kilimandjaro, les neiges qui couvrent l’Himalaya et l’énorme masse gelée de la Sibérie fondent à vue d’œil. Des scientifiques prestigieux redoutent des sauts quantitatifs dans les phénomènes naturels qui provoquent les changements.

L’humanité avait placé de grands espoirs dans le Sommet de Copenhague, qui devait prolonger le Protocole de Kyoto souscrit en 1996 mais entré en vigueur seulement en 2005. L’échec éclatant de ce Sommet a engendré des épisodes honteux qu’il faut dûment éclaircir.

Les États-Unis, qui comptent moins de 5 p. 100 de la population mondiale, émettent le quart du dioxyde de carbone. Leur nouveau président avait promis de coopérer aux efforts internationaux pour faire face à un problème qui touche son pays autant que le reste du monde. Les réunions préalables au Sommet ont mis en lumière que les dirigeants de cette nation et ceux des pays les plus riches manœuvraient pour faire retomber le poids des sacrifices sur les pays émergents et les pays pauvres.

Beaucoup de dirigeants et des milliers d22222e représentants des mouvements sociaux et des institutions scientifiques, décidés à se battre pour préserver l’humanité du pire risque qu’elle a encouru dans son Histoire, se sont rendus à Copenhague à l’invitation des organisateurs du Sommet. Je m’abstiens d’entrer dans le détail de la brutalité dont ont fait preuve les forces de l’ordre danoises contre les milliers de manifestants et d’invités des mouvements sociaux et scientifiques pour me concentrer sur les aspects politiques du Sommet.

Un véritable chaos a régné à Copenhague et des choses incroyables s’y sont passées. Les mouvements sociaux et les institutions scientifiques n’ont pas eu le droit d’assister aux débats. Des chefs d’État ou de gouvernement n’ont même pas eu la possibilité de donner leur opinion sur des problèmes vitaux. Obama et les dirigeants des pays les plus riches ont séquestré la conférence avec la complicité du gouvernement danois, et les institutions des Nations Unis ont été mises sur la touche.

Barack Obama, qui est arrivé le dernier jour du Sommet et n’y est resté que douze heures, s’est réuni avec deux groupes d’invités triés sur le volet par lui-même et ses collaborateurs. Et c’est accompagné de l’un de ces groupes qu’il a eu une réunion dans la salle plénière avec le reste des délégations de plus haut niveau. Aussitôt  après avoir pris la parole, il s’est retiré par une porte dérobée. À cette réunion plénière, hormis le petit groupe choisi par lui, les autres représentants des États n’ont pas eu le droit de prendre la parole. Si les présidents bolivien et vénézuélien ont pu le faire, c’est seulement parce qu’ils l’ont réclamé avec énergie, soutenus par les autres, et que le président du Sommet n’a pas eu d’autre solution que de la leur céder.

Dans une salle contiguë, Obama a réuni les dirigeants des pays les plus riches, de plusieurs nations émergentes les plus importantes et de deux pays très pauvres. Il y a présenté un document négocié avec deux ou trois des principaux pays, il a ignoré l’Assemblée générale des Nations Unies, il a donné des conférences de presse et il est reparti, tel Jules César qui s’exclama au terme d’une ses campagnes victorieuses en Asie mineure : Vini, vidi, vici !

Le Premier ministre en personne du Royaume-Uni, Gordon Brown, avait affirmé le 19 octobre : « Si nous n’aboutissons pas à un accord dans les prochains mois, il ne fait pas le moindre doute qu’une fois que l’élévation débridée des émissions aura provoqué des dommages, aucun accord mondial rétrospectif à quelque moment du futur ne pourra en éliminer les effets. À cette date, il sera alors irrémédiablement trop tard. »

Et il avait conclu son discours sur cette péroraison dramatique : « Nous ne pouvons nous donner le luxe de l’échec. Si nous échouons maintenant, le prix à payer sera très lourd.  Si nous agissons maintenant, si nous agissons de concert, si nous agissons en faisant preuve de hauteur de vue et de détermination, nous pouvons encore remporter la victoire à Copenhague. Mais, si nous échouons, la planète Terre sera en danger, et il n’existe pas de plan de rechange. »

Il affirme pourtant à présent avec arrogance que l’Organisation des Nations Unies a été prise en otage par un petit groupe de pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et Tuvalu,  et il accuse la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres nations émergentes d’avoir cédé aux séductions des États-Unis pour souscrire un accord qui expédie aux oubliettes le Protocole de Kyoto et ne contient aucun engagement contraignant pour les États-Unis et leurs riches alliés.

Je me vois obligé de rappeler que l’Organisation des Nations Unies a vu le jour voilà à peine soixante ans, après la Deuxième Guerre mondiale, alors que les pays indépendants ne dépassaient pas la cinquantaine. Elle compte aujourd’hui plus de cent quatre-vingt-dix États indépendants, après que la lutte décidée des peuples a eu liquidé l’odieux système colonial.

La République populaire de Chine s’est même vu refuser pendant des années le droit d’entrée à l’ONU, un gouvernement fantoche y usurpant sa représentation à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. C’est grâce au soutien tenace d’un nombre croissant de pays du Tiers-monde que la Chine bénéficia peu à peu de la reconnaissance de la communauté internationale, ce qui fut un facteur très important pour que les USA et leurs alliés de l’OTAN reconnaissent ses droits à l’ONU.

C’est l’Union soviétique qui contribua le plus par sa lutte héroïque à la défaite du fascisme, au prix de plus de vingt-cinq millions de morts et d’énormes destructions dans tout le pays. C’est au terme de cette lutte qu’elle émergea comme une superpuissance capable de contrebalancer en partie la domination absolue qu’exerçait le système impérial des USA et des anciennes nations coloniales, et sa mise à sac impitoyable des peuples du Tiers-monde. La désintégration de l’URSS a permis aux USA d’étendre leur pouvoir politique et militaire en direction de l’Est, vers le cœur de la Russie, et de renforcer leur influence sur le reste de l’Europe. Ce qui s’est passé à Copenhague n’a donc rien d’étonnant.

Je tiens à souligner les déclarations injustes et outrageantes du Premier ministre britannique et la tentative des États-Unis d’imposer comme accord du Sommet un document dont les pays participants n’ont discuté à aucun moment.

Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, a affirmé dans la conférence de presse qu’il a donnée le 21 décembre des vérités absolument indéniables. J’en cite quelques paragraphes:

« À Copenhague, je tiens à le souligner, la Conférence des Parties n’a adopté aucun accord, aucune décision concernant des engagements, qu’ils soient contraignants ou pas, ni absolument aucune décision relevant du droit international : à Copenhague, il n’y a pas eu d’accord, tout simplement !

« Le Sommet a été un échec, et l’on veut pourtant berner l’opinion publique mondiale. […] la carence de volonté politique a sauté aux yeux…

« …il a constitué un recul dans l’action de la communauté internationale pour prévenir ou alléger les retombées des changements climatiques…

« …la température mondiale pourrait s’élever de 5º en moyenne… »

Puis notre ministre a apporté d’autres données intéressantes sur les conséquences possibles de cet échec, selon les dernières recherches scientifiques :

« …de la date du Protocole de Kyoto à ce jour, les pays développés ont élevé leurs émissions de 12,8 p. 100… 55 p. 100 de ce volume correspondant aux USA

« Un Étasunien consomme en moyenne 25 barils de pétrole par an, un Européen 11, un Chinois moins de 2, un Latino-Américain ou un Caribéen, moins de 1.

« Trente pays, dont ceux de l’Union européenne, consomment 80 p. 100 des combustibles produits. »

Le fait est que les pays développés signataires du Protocole de Kyoto ont élevé radicalement leurs émissions. Ils veulent toutefois substituer maintenant à la base adoptée pour calculer ces émissions, autrement dit 1990, une nouvelle base, 2005, de sorte que les engagements envisagés par les USA, les plus gros pollueurs, ne représenteraient qu’une réduction de 3 p. 100 par rapport à vingt-cinq ans avant ! C’est là se moquer d’une manière éhontée de l’opinion mondiale…

Le ministre cubain, parlant au nom des pays de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), et défendant la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres États importants à économie émergeante, a ratifié le concept dégagé à Kyoto de

« responsabilités partagées, mais différenciées, ce qui veut dire que les pays à accumulation historique et les pays développés, responsables de cette catastrophe, ont des responsabilités différentes de celles des petits États insulaires ou des pays du Sud, surtout des pays les moins avancés… »

« Responsabilités veut dire financement ; responsabilités veut dire transfert de technologies dans des conditions acceptables. Mais Obama joue sur les mots, et au lieu de parler de "responsabilités" partagées mais différenciées, il parle de "réponses" partagées, mais différenciées…

« …il abandonne la salle plénière sans même daigner écouter qui que ce soit, de même qu’il n’avait écouté personne avant son intervention. »

Obama avait affirmé lors d’une conférence de presse ayant précédé son départ de la capitale danoise : « Nous avons généré ici à Copenhague un accord substantiel sans précédent : pour la première fois dans l’Histoire, les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités. »

Dans son exposé clair et irréfutable, notre ministre s’est exclamé :

« Que signifie : "…les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités" ? Ça veut dire qu’il fait retomber une part importante du fardeau que représente le financement des mesures d’atténuation et d’adaptation que doivent adopter les pays, surtout ceux du Sud, face aux changements climatiques, sur la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. Car, il faut bien le dire, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et tous les pays appelés par euphémisme en développement ont été victimes d’un braquage, d’un hold-up !

Voilà dans quels termes frappants et irréfutables notre ministre a raconté ce qu’il s’est passé à Copenhague.

Je dois ajouter que le 19 décembre, à dix heures du matin, alors que notre vice-président Esteban Lazo et notre ministre des Relations extérieures étaient déjà repartis, on a assisté à une tentative tardive de ressusciter le document mort-né de Copenhague en tant que document du Sommet. Il ne restait plus alors pratiquement aucun chef d’État et seuls quelques ministres. De nouveau, la dénonciation des membres restants des délégations de Cuba, du Venezuela, de Bolivie, du Nicaragua et d’autres pays a fait capoter la manœuvre. Voilà comme s’est conclu le Sommet : sans gloire !

On ne saurait non plus oublier qu’aux heures les plus critiques de cette journée-là, tard dans la nuit, le ministre cubain des Relations extérieures, et les délégations qui livraient cette digne bataille, ont offert leur coopération au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans la lutte toujours plus dure qui se déroulait et dans les efforts à consentir à l’avenir pour préserver notre espèce.

L’organisation écologique World Wide Fund (WWF) a averti que les changements climatiques échapperaient à tout contrôle dans les cinq à dix prochaines années si les émissions n’étaient pas réduites radicalement.

Mais Obama lui-même m’épargne la peine de démontrer ce que j’ai dit sur ses agissements.

Il a déclaré le 23 décembre, dans une interview à la chaîne de télévision CBS, que les gens avaient raison d’être déçus des résultats du Sommet sur les changements climatiques : « …au lieu d’un échec total, d’une inaction totale, ce qui aurait été un énorme recul, nous avons pu du moins nous maintenir en gros là où nous étions… »

Selon l’agence de presse, Obama est le plus critiqué par les pays qui sentent presque à l’unanimité que le Sommet s’est achevé sur un désastre.

L’ONU est maintenant dans une impasse. Demander à de nombreux autres États d’adhérer à un accord arrogant et antidémocratique serait humiliant.

Poursuivre la bataille et exiger à toutes les conférences, surtout celles de Bonn et de Mexico, le droit de l’humanité à l’existence, en nous fondant sur la morale et la force que nous donne la vérité, telle est à mon avis la seule voie.

Fidel Castro Ruz

Le 26 décembre 2009

18:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, cuba, usa, presse, television, romain, euro-dictature, capitalisme, silence, castro, medias, information, copenhague | |  Facebook | |  Imprimer | | |

09/11/2009

10/10/09: Contre le révisionnisme historique... sur les origines du fascisme et de la Seconde Guerre Mondiale...

Contre le révisionnisme historique... sur les origines du fascisme et de la Seconde Guerre Mondiale

Sur le fascisme...

 par Jorge Cadima, collaborateur au secteur international du PC Portugais

 

Pour le numéro 301 de Juillet/Août d'O Militante, revue théorique du Parti Communiste Portugais

 

Traduction AC pour solidarite-internationale-pcf.over-blog.net  

Il y a 70 ans, commençait la Deuxième Guerre Mondiale. Pour la seconde fois en un quart de siècle, les rivalités et le bellicisme inhérents au capitalisme coûtaient la vie à des dizaines de milliers d'êtres humains et semaient la destruction. Entre les deux grandes guerres, la planète a été touchée par la plus grande crise économique du capitalisme connue jusqu'alors. Des entrailles d'un système d'exploitation en agonie ont surgi les monstres du fascisme et du nazisme, qui ont précipité la catastrophe de 1939-1945 et sont parvenu à établir leur empire sur quasiment tout le continent européen.


Mais le début du Vingtième siècle a été aussi une période de lutte et de progrès pour les peuples et le mouvement ouvrier depuis la grande Révolution d'Octobre, en passant par la résistance armée qui a joué un rôle décisif dans la défaite du fascisme et du nazisme, jusqu'aux profondes transformations de l'après-guerre, qui ont laissé une empreinte positive sur quasiment toute la seconde moitié du siècle. Les travailleurs et les peuples sont devenus des acteurs de premier plan de l'histoire de l'Humanité. Sans ignorer les grandes transformations ayant eu lieu entre-temps, les événements et les leçons de cette période sont toujours d'actualité au moment où l'Humanité se voit de nouveau confrontée à un capitalisme en profonde crise.



La Première Guerre Mondiale

 

 

En Août, 95 ans avaient passé depuis le déclenchement de la Première Guerre Mondiale, « une guerre impérialiste (c'est-à-dire, une guerre de conquête, de pillage et de brigandage), une guerre pour le partage du monde, pour la division et la redistribution des colonies, des 'sphères d'influence' du capital financier »1 dans les termes de Lénine.


La Première Guerre Mondiale n'a pas opposé des adversaires idéologiques ou des ennemis de classe, elle n'a pas été non plus un « choc des civilisations ». Les 15 millions de morts de la guerre de 1914-18 furent des victimes des rivalités entre les classes dirigeantes des grandes puissances européennes, « chrétiennes », défenseurs d'un même système socio-économique: le capitalisme. Ce système a connu, après 1870, un développement rapide, accompagné par la création de gigantesques monopoles, par les liens toujours plus étroits entre industrie et finance, par la financiarisation croissante de l'économie, par la nécessité d'exporter les énormes excédents de capitaux accumulés entre temps et de contrôler les sources de matière première, avec la colonisation qui en découle et le pillage des pays « périphériques ». Dans cette autre « mondialisation » on alterne entre l'entente et la rivalité. Les « vieilles » puissances impérialistes entrèrent alors en conflit avec la « jeune » Allemagne, qui est parvenu tardivement à son unification nationale mais qui, avec des taux de croissance économiques plus rapides, s'est senti dans son bon droit d'agir comme une grande puissance.2 Lénine se demande: « sur le terrain du capitalisme, quel autre moyen pouvait-il exister, si ce n'est la guerre, pour éliminer, d'une part, la disproportion entre le développement des forces productives et l'accumulation de capital, et d'autre part, le partage des colonies et des 'sphères d'influence' du capital financier? »3

 

 

La faillite de la Seconde Internationale et la Révolution d'Octobre

 

 

Le mouvement ouvrier a connu un grand développement dans les décennies qui ont précédé la Première Guerre Mondiale. A côté du renforcement syndical, se sont créés de leur côté des partis ouvriers, qui ont formé la Seconde Internationale. Mais la guerre a plongé la Seconde Internationale dans une crise profonde, due au fait que ses dirigeants ont trahi les principes toujours proclamés. Lénine a écrit: « Les socialistes du monde entier ont déclaré solennellement en 1912 [lors de la conférence de] Bâle qu'ils considéraient la future guerre européenne comme une entreprise 'criminelle' et ultra-réactionnaire de tous les gouvernements, qui devait accélérer la chute du capitalisme, en générant inévitablement la révolution contre elle. La guerre a éclaté, ainsi que la crise. Au lieu de la tactique révolutionnaire, la majorité des partis sociaux-démocrates ont adopté une tactique réactionnaire, se rangeant du côté de leurs gouvernements et de leur bourgeoisie. Cette trahison du socialisme signifie la faillite de la Seconde Internationale »4En analysant les causes de cette trahison, Lénine parle des « super-profits » résultants de l'exploitation impérialiste et de ses conséquences chez une mince couche de bénéficiaires. « Les conditions objectives de la fin du XIXème siècle ont renforcé particulièrement l'opportunisme, transformant l'utilisation de la légalité bourgeoise en servilité vis-à-vis d'elle, créant une mince couche bureaucratique et aristocratique au sein de la classe ouvrière (…). La guerre a accéléré son développement, transformant l'opportunisme en social-chauvinisme, et l'alliance secrète des opportunistes avec la bourgeoisie en une alliance ouverte ».


Les origines du mouvement communiste international se trouvent dans la rupture avec ceux qui ont défendu les bourgeoisies de leur pays dans la guerre qui a fauché des millions de personnes. La fidélité des bolchéviques à la « tactique révolutionnaire » et la justesse de son jugement sur les conditions objectives de la Russie, ont conduit, même en pleine guerre, à la Révolution Socialiste d'Octobre, neuf mois après la chute du tsarisme. Les travailleurs et le peuple, premières victimes de la guerre impérialiste, ont pris en main leur destin, lors d'un acte historique qui devait bouleverser le cours de l'Humanité et marquer tout le Vingtième siècle.



Les conséquences de la Première Guerre Mondiale

 


En Novembre 1918, avec une situation militaire et économique toujours plus difficile et les marins révoltés, les travailleurs allemands déclenchaient une révolution qui renverse le Kaiser, installe la République et met un terme à la guerre. Dans les mois qui suivent, et sous l'inspiration de la Révolution d'Octobre, émergent des situations pré-révolutionnaires dans plusieurs pays (Allemagne, Hongrie, Italie), qui sont réprimées de manière violente. Les bourgeoisies européennes vivent dans la peur de dénouements révolutionnaires. En 1922, en Italie, la réaction des classes dirigeantes à la montée de la lutte de masses se traduit par une nouvelle forme de pouvoir de classe, avec la violence extrême des squadre d'azione (escouades d'action), l'anti-communisme féroce, l'attaque impitoyable menée contre le mouvement populaire et même contre la démocratie bourgeoise. Le fascisme de Mussolini, en manipulant les peurs de la petite bourgeoisie ruinée par la guerre, la frustration des soldats démobilisés et en jouant sur les aspirations à « l'ordre » et au « salut de la Nation », canalise la révolte de vastes secteurs de la société, non contre les véritables causes de leurs problèmes, mais contre ses victimes.


Les théorisations actuelles, qui cherchent à découvrir des parallèles entre fascisme et communisme, se base sur la plus grossière falsification de la vérité historique. Les communistes et le mouvement ouvrier ne furent pas seulement, dès la première heure, les principales cibles et victimes de la terreur fasciste, mais le fascisme mussolinien a aussi servi d'inspiration aux bourgeoisies de l'ensemble des pays européens. A titre d'exemple, on peut noter les mots de Winston Churchill, le plus important dirigeant de la bourgeoisie anglaise du Vingtième Siècle, après une visite en Italie Fasciste, en 1927: « Ce pays donne une image de discipline, d'ordre, de bonne volonté, de visages souriants »; « si j'étais italien, je suis sûr que j'aurais été de tout mon cœur avec vous, dès la première heure, dans votre lutte triomphante contre les passions et les appétits animaux du Léninisme ».5


Dans les années qui ont suivi, la peste fasciste s'était étendue à d'autres pays, parmi lesquels le Portugal, et a conquis de nouveaux soutiens parmi les classes dirigeantes surtout après l'éclosion de la grande crise du capitalisme, en 1929. Et c'est en Allemagne, vaincue lors de la Première Guerre Mondiale et humiliée par le Traité de Versailles, que l'ascension du fascisme était destinée à avoir un impact terrible.

 

 

De Versailles à Hitler

 


La crainte de révolutions ouvrières n'a pas empêché, qu'après la guerre, les rivalités inter-impérialistes continuent à jouer un rôle de premier plan dans la politique des grandes puissances. Le Traité de Versailles, imposé à l'Allemagne après sa défaite, lui a enlevé ses (maigres) colonies, l'a amputée de plusieurs morceaux de son territoire européen, et lui a imposé le paiement de sommes gigantesques comme réparation des préjudices de guerre.


Dans les mots de l'ambassadeur soviétique au Royaume-Uni (1932-43), Ivan Maiski, le Traité de Versailles visait à garantir « trois choses: (1) la domination inconditionnelle en Europe de la coalition victorieuse anglo-franco-américaine (le groupe dirigeant de l'impérialisme Etats-unien aspirait déjà à ce moment-là à la domination mondiale, mais n'avait pas encore décidé de l'afficher ouvertement); (2) la subordination inconditionnelle de l'Allemagne vaincue à la coalition anglo-franco-allemande; (3) la situation d'infériorité de la Russie révolutionnaire jusqu'au moment où notre pays, comme les dirigeants de la coalition le souhaitaient sans aucun doute, tomberait sous les coups militaires et économiques de l'Alliance et serait obligé de retourner dans le giron du capitalisme »6


Les réparations de guerre imposées à l'Allemagne ont joué un rôle central dans l'hyper-inflation qui a frappé le pays entre 1921 et 1923 et ruiné de larges secteurs de la population. Mais pour la grande finance des puissances impérialistes, les années 1920 furent une manne. Selon le Professeur en Histoire économique de Cambridge, Adam Tooze, « le petit manège par lequel les allemands empruntaient aux américains pour payer les britanniques et les français, qui à leur tour payaient les américaines [des dettes contractées vis-à-vis des Etats-Unis durant la guerre] suscitait de l'anxiété de toute part. Mais il atteignait son objectif. »7 Les niveaux insupportables de l'endettement résultants de ce « petit manège » étaient à la base de l'écroulement du système financier allemand en 19318, événement qui a aggravé qualitativement la grande crise mondiale du capitalisme commencée par le krach de Wall Street en 1929.


La crise continue du capitalisme allemand entre 1914 et 33, et l'incapacité à la surmonter dans le cadre de la République de Weimar (que les franges les plus réactionnaires des classes dominantes ont toujours regardé avec méfiance), fut le facteur décisif de l'ascension de la plus violente et terrible forme de domination de classe jamais générée par le capitalisme: le nazisme hitlérien. Les communistes (qui lors des élections de Novembre 1932, avaient obtenu près de 6 millions de voix – 16,9% - et élu 100 députés) et le mouvement ouvrier furent les premières et les principales victimes du nazisme, alors qu'une partie importante de la bourgeoisie pseudo-libérale, qui aujourd'hui tente de falsifier l'Histoire, fut complaisante et complice de l'ascension d'Hitler. Tout juste après avoir été nommé Premier Ministre le 30 Janvier 1933 (sans majorité parlementaire et après avoir perdu 2 millions de voix) Hitler a organisé l'incendie du Parlement (le Reichstag), qu'il a imputé aux communistes et qui a servi de prétexte pour déchaîner la première vague de répression: « Près de 4 000 dirigeants communistes et de nombreux sociaux-démocrates et libéraux furent faits prisonniers, y compris des députés au Reichstag qui, légalement, jouissaient de l'immunité. (…) Des camions remplis de troupes de choc patrouillaient dans les rues des villes Allemandes, violant les domiciles des particuliers, rassemblant leurs victimes qui étaient menées aux quartiers des SA où elles étaient torturées et battues. La presse et les activités publiques des communistes étaient supprimées »9L'ascension du nazisme a été appuyée par le grand capital allemand. Le magnat de la métallurgie, Thyssen, finançait déjà le Parti Nazi depuis 192310Le Professeur Tooze – au-dessus de tout soupçon – a écrit: « Ce que Hitler et son gouvernement promettait, c'était de mettre fin à la démocratie parlementaire et de détruire la gauche allemande, et la majorité du grand capital allemand était disposée à apporter une contribution importante à cette entreprise. (…) Et le résultat obtenu, fin 1934, était justement celui espéré: une démobilisation populaire globale. (…) Le mouvement syndical était détruit. (…) avec la combinaison du gel des salaires dès 1933, le démantèlement des syndicats et une altitude hautement laxiste vis-à-vis des cartels industriels, (…) les perspectives de profit étaient assurément très favorables »11S'inspirant directement du modèle mussolinien, Hitler lui a adjoint une caractéristique spécifique: le racisme anti-sémite, qui lui a permis d'allier démagogie prétendument-capitaliste (en identifiant les juifs au système financier international qui a ruiné la petite et la moyenne bourgeoisie allemande) et anti-communisme (par le biais de la thèse du « complot judéo-bolchevique » visant à ruiner l'Allemagne). Ici aussi, et contrairement à ce que l'on prétend nous faire croire aujourd'hui, l'hitlérisme a montré ses affinités avec les classes dominantes européennes, où l'anti-sémitisme était monnaie courante. L'affaire Dreyfus en France12 a été seulement un épisode illustratif de conceptions dont Churchill a été aussi un partisan: « Churchill insistait sur ce qu'il considérait être l'essence juive du Bolchevisme. En privé, il décrivait le gouvernement soviétique au Ministère des Affaires Étrangères de Curzon comme “un gouvernement tyrannique de Commissaires juifs” et même en public il parlait d' “état communiste mondial sous domination juive”. Dans son discours public à Sunderland, en 1920, il parlait du “Soviet international du juif russe et polonais”. En Avril 1922 il écrivait une lettre [...] décrivant les bolcheviques comme des “ces conspirateurs Sémites”»13


L'ascension d'Hitler a été vue positivement par une bonne partie des bourgeoisies européennes. Le capitalisme vivait alors une crise sans précédents, au cours de laquelle la production industrielle planétaire était tombé de près de 40%, la bourse de 70% et le volume du commerce mondial de près de 30%. Le chômage touchait des millions de travailleurs et la crise économique était accompagnée de crises politiques. La survie du capitalisme était mise en doute, même par ses défenseurs. Parallèlement, la jeune Union Soviétique socialiste connaissait des taux de croissance économiques impressionnants avec les plans quinquennaux et les conquêtes sociales (emplois, éducation, santé, culture). Le contraste avec le capitalisme en crise était évident et lourd de sens politique. Les idées de transformation sociale révolutionnaire gagnaient du terrain. La grande bourgeoisie vivait une nouvelle période de peur.


Comme l'affirmait le journaliste américain William Shirer, qui fut correspondant en Europe, « je me rappelle que ce fut à ce moment-là que j'ai commencé à entendre dans les cercles de la haute société un commentaire qui est devenu presque un cantique: “plutôt Hitler que [Léon] Blum”»14


Pour la grande bourgeoisie des puissances impérialistes, l'ascension du nazisme ne représentait pas seulement une solution de force pour sauver le capitalisme allemand, mais aussi un moyen de détruire par la force la première expérience mondiale de construction du socialisme, en cours en URSS. Les plans d'expansion territoriaux et la colonisation de l'Est de l'Europe par l'Allemagne étaient clairement affichés dans le livre d'Hitler, Mein Kampf. En parlant des théories de « l'espace vital » (Lebensraum), Hitler critiquait ses prédécesseurs qui avaient créé un Empire allemand en Afrique. « La conquête de nouveaux territoires, poursuivait Hitler, (…) “est seulement possible à l'Est (...) Si nous revendiquons de nouveaux territoires en Europe, ceux-ci ne peuvent qu'être obtenus fondamentalement aux dépens de la Russie”».15La « poussée vers l'Est » (Drang nach Osten) théorisée par le nazisme représentait une issue aux rivalités inter-impérialistes et une « solution au problème russe »16 qui enchantait de larges secteurs de la grande bourgeoisie mondiale. Et cela explique l'honteuse collaboration de classe accompagnant l'ascension du nazisme, aujourd'hui niée par une bourgeoisie qui cherche à ré-écrire l'histoire.

 

 

De Madrid à Munich



La Guerre Civile d'Espagne a révélé au grand jour le collaborationnisme philo-fasciste. En 1936 le Front Populaire gagne les élections. Cette alliance de la gauche républicaine bourgeoise avec le Parti Socialiste et un Parti Communiste encore peu influent a été vue comme une menace par la réaction espagnole, parmi laquelle les latifundiaires et l'Église catholique avait une grande influence. En juillet 1936 le Général Franco déclenchait un coup d'Etat. En dépit de l'appui d'une partie considérable des forces armées, le coup d'Etat a été mis en échec dans les grandes villes par la résistance des masses. Mais les « démocraties », et parmi elles l'Angleterre, la France et les Etats-Unis, ont affiché leur « neutralité » entre un gouvernement légitimé par la Constitution et le vote, et les putschistes fascistes. La politique de « Non-intervention » est un coup mortel à la République démocratique, en grande mesure désarmée par la trahison des militaires. Grâce au soutien des masses, la République résiste pendant trois années héroïques, durant lesquelles le Parti Communiste d'Espagne se révèle un grand parti national. Mais la situation militaire est déséquilibrée de manière décisive avec l'envoi de 130 000 soldats par les puissances fascistes pour combattre aux côtés de Franco, tandis que le Comité de Non-Intervention créé par les anglais et les français empêchait la République d'acheter des armes à l'étranger. Churchill se fait l'écho, à nouveau, de vastes secteurs de la bourgeoisie quand il écrit en 1936 que le gouvernement républicain « était sous l'emprise de forces obscures et violentes qui de plus en plus montraient leur vrai visage et agissaient par le biais de l'assassinat, du pillage et des troubles syndicaux », représentant « un prolétariat misérable et arriéré qui exige la fin de l'Église, de l'État et de la propriété et l'instauration d'un régime communiste », tandis que du côté fasciste on retrouvait « des forces patriotiques, religieuses et bourgeoises, sous le commandement des forces armées (…) qui combattent pour rétablir l'ordre en instaurant une dictature militaire »17 Ce fut encore Churchill qui, en Juillet 1937, lors d'une intervention au Parlement britannique, a demandé la reconnaissance des franquistes comme gouvernement légitime de l'Espagne.18


Le collaborationisme anglo-français vis-à-vis des agressions fascistes est apparu clairement lors de l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie, en 1935, s'est poursuivi avec l'annexion de l'Autriche (l'Anschluss de Février 1938) et a atteint son apogée avec l'honteux Traité de Munich. Dans les derniers jours de Septembre 1938, les Premiers Ministres Français et Anglais se sont réunis avec Hitler et Mussolini pour concéder à l'Allemagne d'importantes parcelles du territoire de la Tchécoslovaquie. Laissant les représentants légitimes tchèques en dehors de la réunion, Chamberlain et Daladier ont approuvé le démembrement du pays, en dépit du Traité selon lequel la France s'engageait à défendre la Tchécoslovaquie en cas d'agression. A la honte de la capitulation a succédé l'humiliation de voir Hitler piétiner, en l'espace de quelques semaines, les propres termes de l'accord, annexant le reste du territoire tchèque en Mars 1939.

 

 

La guerre et la défaite du nazisme et du fascisme

 

 

La politique de collaboration a renforcé le monstre nazi et a rendu la guerre inévitable. En incitant l'expansionnisme allemand, les classes dirigeantes des autres puissances impérialistes se sont condamnées à être elles-mêmes les victimes du militarisme nazi. Sur certains aspects, la Deuxième Guerre Mondiale fut le prolongement de la Première Grande Guerre. Le nazisme, dictature terroriste du grand capital allemand, n'a pas oublié les leçons de l'Histoire et la manière dont l'Allemagne fut traitée par ses « frères de classe » en 1918. Comprenant que les démocraties bourgeoises occidentales, et en particulier en France, étaient profondément corrompues par le collaborationnisme, Hitler a décidé de déclencher la guerre à l'Occident avant d'entreprendre son objectif stratégique, celui d'attaquer l'URSS, afin d'éviter le danger qui avait condamné l'Allemagne à la défaite de 1918: avoir à combattre simultanément sur deux fronts. La bourgeoisie française a poussé l'aveuglement jusqu'à ses ultimes conséquences. Confrontée à l'agression nazie, en juin 1940, elle a capitulé en quelques semaines, une bonne partie de sa classe dirigeante se couchant devant le régime fantoche et collaborateur, mené par le Maréchal Pétain. La combativité de la classe dirigeante française s'est juste révélée dans la lutte contre le Parti Communiste Français, qui fut interdit et poursuivi à partir de septembre 193919Mais ce furent les communistes qui, dans les conditions très difficiles du moment, ont hissé le drapeau de la résistance et ont construit une guerrilla populaire qui a contribué de manière importante à la défaite du nazisme. La grande bourgeoisie anglaise n'a pas eu d'autre choix que de réorienter (via Churchill) toute sa politique.


Il est ridicule d'affirmer que le Traité de Non-agression signé entre l'URSS et l'Allemagne en Août 1939 a été la cause de la guerre, faisant table rase de la nature du régime nazi, de la collaboration des puissances capitalistes et de la manière dont elles ont encouragé l'expansionnisme allemand à l'Est. Jusqu'à la fin, les dirigeants soviétiques ont lancé des initiatives répétées et insistantes pour signer, avec l'Angleterre, la France et d'autres puissances européennes, des traités de défense mutuelle ou donner des garanties à d'autres pays menacés par le nazisme et le fascisme. Ce fut le refus de cette collaboration et l'aveuglement anti-communiste et philo-fasciste de cercles importantes des classes dirigeantes européennes qui ont conduit à la guerre. Un historien militaire français et gaulliste écrit: « Il n'est pas correct, comme le firent plus tard les pays occidentaux, d'invoquer une quelconque similitude entre l'URSS et l'Allemagne pour voir dans ce fait le fondement véritable du pacte germano-soviétique. L'hostilité féroce envers le communisme et la volonté de le détruire sous toutes ses formes, étaient à l'origine même des mouvements fascistes. Hitler a toujours présenté le national-socialisme comme un instrument de mort dirigé contre le bolchévisme. (…) C'est le Parti Communiste Allemand qui l'a interdit et détruit en premier lieu (…) Mais c'était les données stratégiques qui devaient décider du choix fait à Moscou et qui, en fin de compte, ont prévalu sur tout le reste »20 L'URSS signe le Traité pour éviter de se trouver dans la même situation que la République Espagnole.


Tout comme les communistes furent les premières et les principales victimes du fascisme partout, ce furent aussi les communistes qui ont apporté la contribution principale et décisive à la défaite du nazi-fascisme, surtout grâce à l'Armée Rouge et à l'URSS, qui ont affronté et vaincu le gros de l'armée nazi. Quand à l'hiver 1941 les troupes allemandes étaient aux portes de Moscou, la quasi totalité de l'Europe était sous l'empire du fascisme et de des alliés. Les batailles décisives de la Deuxième Guerre Mondiale, qui ont changé le cours des événements, se sont déroulées (aux grands regrets donc d'Hollwood, de discours d'Obama et de la mythologie négationniste de notre époque) sur le sol soviétique en 1941-43. Ce fut à Moscou, à Stalingrad, dans la résistance héroïque pendant le siège de Leningrad, à Kursk et dans tant d'autres villes où, au prix de terribles sacrifices et pertes humaines et matérielles, le peuple et les communistes soviétiques ont vaincu la machine de guerre allemande. Quand les troupes anglo-américaines ont débarqué en Normandie, en juin 1944, l'Armée Rouge avait libéré la quasi totalité du territoire soviétique et combattu pour la libération des pays limitrophes. Et dans les pays occupés, en Italie, en Grèce, en France, en Yougoslavie, en Chine, et dans tant d'autres, les communistes furent les premiers et les principaux acteurs de la résistance armée qui a assuré la défaite finale de la plus terrible expression de la domination capitaliste.


Quand aujourd'hui on réécrit l'Histoire, en réhabilitant le fascisme, en occultant le rôle décisif des communistes dans sa défaite, ou en en arrivant à cette tentative extrême honteuse de mettre sur une même plan communisme et fascisme (comme l'a fait récemment le Parlement Européen), ce n'est pas seulement une injustice terrible et une falsification historique. C'est aussi ouvrir les portes, à nouveau, pour qu'un capitalisme en profonde crise et créateur de misère, de guerre et d'exploitation, puisse recourir à des solutions de force et de violence extrême pour tenter de maintenir sa domination. La défense de la vérité historique est, pour cela même, partie intégrante des luttes qu'il est nécessaire de mener aujourd'hui.


Site d'O Militante:

18:05 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, guerre, romain, allemagne, europe, fascisme, imperialisme, euro-dictature, capitalisme, silence, urss, nazisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

03/11/2009

02/11/09: EURONEWS a lâché la phrase ...

EURONEWS a lâché la phrase ...
 
La propaganda des médias capitalistes va de plus en plus loin dans la campagne anti-communiste de plus en plus orchestrée.
 
Le 20e anniversaire de la "chute du mur" (comprenez l' Anschluss de la R.D.A) en est une nouvelle occasion.
 
Ce mardi, 03 novembre 2009, EURONEWS la chaîne télévisée de l' Euro-dictature capitaliste se livre à une interview du général  JARUZELSKI, apparemment reconverti lui aussi, puisqu'il se livre à une espèce de mea-culpa télévisé. C' est d'ailleurs pour cette raison et dans cet esprit que la chaîne l'interroge.
 
Mais la chaîne va plus loin. En préambule, elle explique que le général est inculpé en Pologne pour "crimes COMMUNISTES"...
 
Les boches parlaient des terroristes communistes.
 
Dans 20 ans, nos "démocrates", en peaux de lapin" parleront des criminels communistes...
 
Pour nos propagandistes de la pensée unique, les archives de la Stasi parlent... La Stasi avaient paraît-il 180.000 collaborateurs. Elles contiendraient 38 millions de dossiers.
 
Rappelons quand même qu' avant la "chute du mur", la propaganda occidentale affirmait sans rire qu' un Allemand de l' Est sur quatre travaillait pour la Stasi. La Rda avait quelque 18 millions d' âmes (On ne nous dit pas si les 38 millions de fichés ont fini ou non au goulag  ...).
 
Toutes les polices politiques du monde (y compris dans nos "démocraties" ont établi des fichiers), y compris en Belgique (Camille Huysmans avait aussi son dossier), et aux Usa qui ont connu la période oubliée du McCarthysme. La Rfa a connu les interdits professionnels et l'interdiction du Parti communiste d' Allemagne (sans doute parce qu'il fut là aussi à la tête de l'opposition anti-nazie ??? C' est pour enfermer en premier les communistes que l' Allemagne nazie ET CAPITALISTE a créé ses premiers camps de concentration et les Allemands, y compris ceux de l' Est, ont à une certaine époque assassiné plus de 20 millions de civiles soviétiques et des millions d' autres dans les autres pays envahis) .
 
La Belgique actuellement compte un flic en uniforme au km2. En Grande-Bretagne, il y a une caméra de surveillance pour 12 habitants. Dans toute l'Euro-dictature capitaliste, nos "démocrates" ne cessent de renforcer la répression et les forces de répression au service de l'ordre capitaliste.
 
Il y a plus d' emprisonnés aux Usa que dans l' ensemble des prisons du reste du monde... Les murs du camp de concentration ricain de Guantanamo comptent toujours des gens kidnappés dans leur pays depuis des années, enfermés sans inculpation, sans procès, sans condamnation, à l' abri des yeux et des oreilles du monde. La tâche est tellement immonde que même Obama n' arrive pas à s'en débarrasser sans l' aide de ses alliés complices européens... Les kidnappés en route pour de Guantanamo ont d' ailleurs transité en secret dans des aéroports de l' Euro-dictature...
 
En nous n' en sommes qu'au début. Les Robocops hantent les rues de Bruxelles et d' ailleurs ... dans l' entièreté du "Monde libre" en lutte contre le "terrorisme" des autres qu'il a créé, engendré par toutes ses interventions, ses injustices, son colonialisme, ses agressions, ses exploitations, ses pillages ... 
 
Où en seraient donc nos prétendues "démocraties" occidentales, s'il n'y avaient pas eu les communistes, l'Urss, Stalingrad et ... Staline, pour participer à leur sauvetage à une certaine époque ??? Au service de qui travailleraient aujourd'hui la plupart de nos braves chercheurs, historiens, analystes, journalistes, spécialistes de la propaganda ??? La guerre d'Hitler, Horthy, Mussolini, Franco, Salazar, Pinochet,...  continue avec l' aide de ses nouveaux Kollabos, complices et de tas de renégats ...
 
RoRo

13:08 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, usa, communisme, presse, television, romain, europe, democratie, fascisme, imperialisme, euro-dictature, capitalisme, propagande, silence, liberte, urss, medias, repression, staline, nazisme, rda | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/08/2009

29/08/2009: Démantèlement de l´empire militaire et financier US ?

From: FISCHER BERNARD
Sent: Saturday, August 29, 2009 6:58 PM
To: fischer02003@yahoo.fr
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] COMMENT LA CHINE FINANCE LA CRISE


  Michael Hudson : Démantèlement de l´empire militaire et financier US ?

La ville Russe de Iekaterinbourg, la plus importante à l´est de l´Oural, pourrait désormais être connue comme le lieu où sont morts non seulement les tsars mais aussi l´hégémonie américaine.

Non pas uniquement l´endroit où le pilote américain Gary Powers a été abattu en 1960, mais aussi celui où l´ordre financier international dominé par les USA a été mis à bas.

La remise en cause de l´Amérique sera le thème principal des réunions élargies de Iekaterinbourg, en Russie (ex-Sverdlovsk) des 15 et 16 Juin rassemblant le président chinois Hu Jintao, le président russe Dmitri Medvedev et les représentant les six pays de l´ Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).

Cette alliance regroupe la Russie , la Chine , le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l´Ouzbékistan.

L´Iran, l´Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d´observateurs. Mardi le Brésil s´y joindra pour les discussions commerciales entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).

Les participants ont assuré à des diplomates américains que leur objectif n´était pas le démantèlement de l´ empire financier et militaire des États-Unis. Ils veulent simplement discuter de l´aide mutuelle, indépendamment du rôle des États-Unis, de l´OTAN ou du dollar américain en tant que support du commerce international.

Les diplomates américains se demandent ce que cela signifie vraiment, si ce n´est une étape visant à rendre l´hégémonie américaine obsolète. C´est ce que signifie « monde multipolaire », après tout.

Pour commencer, en 2005, l´OCS avait demandé à Washington d´établir un calendrier de retrait de ses bases militaires en Asie centrale. Deux ans plus tard, les pays de l´OCS se sont ralliés officiellement à la position des ex-républiques de la CEI appartenant à l´Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), qui avait été fondée en 2002 en tant que contrepoids à l´OTAN.

Pourtant, la réunion n´a suscité que le désintérêt collectif de la presse aux États-Unis et même en Europe, bien que l´ ordre du jour y soit de remplacer le standard mondial du dollar par un nouveau système financier, ainsi qu´un nouveau système de coopération pour la defense. Un porte-parole du Conseil des Relations Extérieures (Un institut d´études géopolitiques américain, ndt) a déclaré qu´il pouvait difficilement imaginer que la Russie et la Chine puissent surmonter leurs rivalités géopolitiques [1], suggérant que l´Amérique peut pratiquer le « diviser pour régner » que la Grande-Bretagne a si habilement utilisé durant de nombreux siècles pour fragmenter les opposition dans son propre empire. Mais George W. Bush ( qui déclarait « Je suis un rassembleur, non un diviseur ») s´est placé dans la continuité de l´administration Clinton pour pousser la Russie , la Chine et leurs voisins à trouver un terrain
d´entente, lorsqu´il s´agit de trouver une alternative au dollar, et du même coup à la possibilité pour les Etats-Unis de prolonger indéfiniment leur déficit de la balance des paiements.

Cette séquence, qui pourrait représenter les dernières manifestations de l´hégémonie américaine, a débuté dès le mois d´avril lors de la conférence du G-20, et est devenue encore plus explicite à Saint-Pétersbourg au Forum économique international du 5 Juin, lorsque M. Medvedev a demandé à la Chine , la Russie et l´Inde de « construire un ordre mondial de plus en plus multipolaire. » Ce qui signifie en clair : nous avons atteint nos limites en ce qui concerne les subventions à l´encerclement militaire de l´Eurasie par les Etats-Unis, tout en les laissant s´approprier nos exportations, nos entreprises, les actifs et les biens immobiliers en échange d´une monnaie de papier de valeur douteuse.

« Le système unipolaire maintenu artificiellement » dont a parlé M. Medvedev [2], est fondé sur « un seul grand centre de consommation, financé par un déficit croissant, et donc de plus en plus de dettes, une monnaie de réserve jadis forte et une domination dans le système de l´évaluation des actifs et des risques. » A la racine de la crise financière mondiale, a t-il conclu, il y a le fait que les États-Unis produisent trop peu et dépensent trop. Leurs dépenses militaires sont particulièrement choquantes, comme par exemple le renforcement de l´aide militaire américaine à la Georgie annoncé la semaine dernière, le bouclier de l´OTAN en Europe de l´Est, et la mainmise des États-Unis dans les régions riches en pétrole comme le Moyen-Orient et l´Asie centrale.

Le point de friction avec tous ces pays est celui de la capacité qu´ont les États-Unis de faire fonctionner indéfiniment la planche à billets. Le surplus de dépenses d´importations des consommateurs américains par rapport aux exportations, les rachats par les USA de quantités de sociétés étrangères et de biens immobiliers, les dépenses que le Pentagone effectue à l´étranger : tous ces dollars aboutissent dans les banques centrales étrangères. Elles sont ensuite confrontées à un choix difficile : soit recycler ces dollars aux États-Unis en achetant des bons du trésor américains, soit laisser le « marché libre » déterminer le cours de leur monnaie par rapport au dollar - et par là même à déterminer le prix de leurs exportations sur les marchés mondiaux, créant ainsi du chômage et provoquant la faillite d´entreprises.

Lorsque la Chine et d´autres pays recyclent leurs flux de dollar US en achetant des bons du Trésor pour « investir » aux États-Unis, cette accumulation n´est pas vraiment volontaire. Cela ne reflète pas une foi en l´économie américaine qui rémunèrerait l´épargne des banques centrales, ni une quelconque préférence d´investissement, mais tout simplement un manque d´alternatives. Les « marchés libres » à la mode des USA piègent les pays dans un système qui les oblige à accepter indéfiniment des dollars. Mais désormais, ils veulent en sortir.

Cela implique la création d´une nouvelle alternative. Plutôt que de faire simplement « des changements cosmétiques comme certains pays et peut-être les organisations financières internationales pourraient le vouloir », comme l´a dit M. Medvedev à Saint-Pétersbourg : « ce dont nous avons besoin, ce sont des institutions financières d´un type tout à fait nouveau, où ne domineraient ni les problèmes politiques et les motivations [sous-jacentes] , ni aucun pays en particulier. »

Lorsque les dépenses militaires à l´étranger ont provoqué le déficit la balance des paiements US et ont conduit les Etats-Unis à abandonner l´étalon or en 1971, les banques centrales se sont trouvées démunies de cet actif traditionnellement utilisé pour solder les déséquilibres des paiements. La solution par défaut a consisté à investir les flux issus des paiements ultérieurs en obligations du Trésor américain, comme si celles-ci étaient « aussi fiables que l´or ». Les banques centrales détiennent maintenant pour 4 000 milliards de dollars de ces obligations dans leurs réserves internationales. Ces prêts ont également financé la plupart des déficits budgétaires du gouvernement américain depuis maintenant plus de trois décennies ! Etant donné que la moitié environ des dépenses discrétionnaires du gouvernement américain est consacrée aux opérations militaires - dont plus de 750 bases militaires à l´étranger et dans des opérations de plus en plus coûteuses dans les pays producteurs de pétrole et ceux qui permettent son transit - le système financier international est organisé de manière à financer le Pentagone, ainsi que les rachats par les États-Unis d´actifs étrangers censés rapporter beaucoup plus que les bons du Trésor que les banques centrales étrangères détiennent.

La principale question à laquelle sont confrontées les banques centrales mondiales est donc de savoir comment éviter d´ajouter encore plus de dollars US à leurs réserves et, par conséquent, de financer encore plus les dépenses qui creusent le déficit des États-Unis - y compris les dépenses militaires à leurs propres frontières ?

Pour commencer, les six pays de SCO et les pays du BRIC ont l´intention de commercer dans leurs propres monnaies afin de bénéficier mutuellement du crédit que les États-Unis avait monopolisé jusqu´à présent à son profit. À cette fin, la Chine a passé des accords bilatéraux avec l´Argentine et le Brésil pour effectuer leur échanges commerciaux en renminbi, la monnaie chinoise, plutôt qu´en dollar, en livre sterling ou en euros [3] . Il y a deux semaines, la Chine a également conclu un accord avec la Malaisie pour que les deux pays commercent en renminbi [4]. L´ancien Premier ministre, le Dr. Tun Mahathir Mohamad, m´a expliqué en janvier qu´en tant que pays musulman la Malaisie voulait éviter de faire tout ce qui pourrait faciliter l´action militaire américaine contre les pays islamiques, y compris la Palestine. La nation a trop d´actifs en dollars, ont expliqué ses collègues. Le gouverneur de la Banque centrale
chinoise, Zhou Xiao chuan, a écrit officiellement sur son site Internet que l´objectif est maintenant de créer une monnaie de réserve « indépendante d´une nation particulière » [5]. C´est l´objet des discussions à Iekaterinbourg.

En plus d´éviter de financer la prise de contrôle par les États-Unis de leur propre industrie et l´encerclement militaire américain de la planète, la Chine , la Russie et d´autres pays voudraient certainement se développer comme l´Amérique l´a fait. En fait, ils considèrent les États-Unis comme une nation hors-la-loi, financièrement et militairement. Comment caractériser autrement une nation qui promulgue un ensemble de lois pour les autres - sur la guerre, le remboursement de la dette et le traitement des détenus - mais n´en tient pas compte elle-même ? Les États-Unis sont maintenant le plus grand débiteur mais ont évité la punition des « ajustements structurels » imposés à d´autres pays endettés. Les taux d´intérêt US et les réductions d´impôt, alors les déficits commerciaux et budgétaires explosent, sont considérés comme le comble de l´hypocrisie, lorsqu´ils sont comparés à l´austérité que les
programmes de Washington imposent aux autres pays par le biais du FMI et des officines de Washington.

Les États-Unis demandent aux pays endettés de vendre leurs services publics et leurs ressources naturelles, d´augmenter leurs taux d´intérêts et d´augmenter les impôts au détriment de la paix sociale pour dégager un maximum d´argent et payer les créanciers.

Et aux USA, le Congrès a empêché la société Chinoise CNOOK d´acheter Unocal pour des raisons de sécurité nationale, tout comme il a empêché Dubaï d´acquérir des exploitations portuaires américaines et empêché des fonds souverains d´acheter des infrastructures clés. Les étrangers sont invités à imiter les japonais qui avaient investi dans des « éléphants blancs » comme le Rockfeller Center, sur lequel les investisseurs ont rapidement perdu un milliard de dollars puis ont fini par se retirer.

À cet égard, les États-Unis n´ont pas vraiment laissé à la Chine et aux autres pays en situation d´excédent de la balance des paiements d´autres choix que de devoir trouver un moyen d´éviter de nouvelles accumulations de dollars. À ce jour, la Chine tente de diversifier ses avoirs en dollars ailleurs qu´en bons du Trésor US, qui ne se sont pas révélés très fructueux. Hank Paulson, qui venait de la banque Goldman Sachs, avait conseillé à la banque centrale chinoise d´investir dans les titres à haut rendement émis par Fannie Mae et Freddie Mac, en expliquant que ceux-ci étaient de facto des obligations publiques. Ces titres se sont effondrés en 2008, mais au moins, le gouvernement américain a repris ces deux organismes de prêt hypothécaire, augmentant de facto de 5 200 milliards de dollars la dette nationale. En fait, ce renflouement a été rendu nécessaire en grande partie à cause des investissements effectués par les
Etats étrangers.

Infliger des pertes aux investisseurs gouvernementaux étrangers aurait quelque peu atteint la réputation des bons du Trésor, non seulement en détruisant la crédibilité des États-Unis, mais aussi parce que les émissions d´obligations par le gouvernement étaient insuffisantes pour absorber les dollars qui coulaient à flot dans l´économie mondiale avec la montée en flèche du solde déficitaire de la balance des paiements des États-Unis.

En recherchant de nouveaux actifs pour protéger la valeur de leurs avoirs en dollars alors que la bulle de crédit de la Réserve fédérale se traduisait par une baisse des taux d´intérêt, les fonds souverains chinois ont cherché à se diversifier à la fin de 2007. La Chine a pris des participations dans les fonds d´ investissement Blackstone et Morgan Stanley à Wall Street, Barclays en Grande-Bretagne, dans la Standard Bank d´Afrique du Sud (qui fut affiliée à la Chase Manhattan du temps de l´apartheid dans les années 1960) et dans le conglomérat financier belge Fortis proche de l´effondrement. Mais le secteur financier américain s´écroulait sous le poids de sa dette phénoménale, la valeur des actions des banques et des firmes d´investissement a plongé dans le monde entier.

Les étrangers voient le FMI, la Banque mondiale et l´Organisation Mondiale du Commerce comme les représentants de Washington dans un système financier soutenu par les bases militaires américaines et les porte-avions qui entourent la planète. Mais cette domination militaire est un vestige d´un empire américain qui n´est plus en mesure de régner par sa force économique. La puissance militaire américaine est basée davantage sur des armes atomiques et les frappes aériennes à longue distance que sur les opérations au sol, qu´il est devenu politiquement trop impopulaire de monter sur une grande échelle.

Sur le front économique, on ne voit pas comment les États-Unis pourraient trouver les 4 000 milliards de dollars qu´ils doivent aux gouvernements étrangers, à leurs banques centrales et aux fonds souverains mis en place pour écluser la surabondance de dollars. L´Amérique est devenue un mauvais payeur et de fait, une mauvais payeur agressif sur le plan militaire, car elle cherche à conserver le pouvoir sans pareil jadis gagné sur le plan économique. La question qui se pose est de savoir comment peser sur son comportement. Yu Yongding, un ancien conseiller de la banque centrale de Chine désormais membre de l´Académie des Sciences chinoise, a proposé de faire remarquer au secrétaire américain au Trésor Tim Geithner que les États-Unis devraient « épargner » d´abord et avant tout en pratiquant une réduction de leur budget militaire. « Les recettes fiscales des Etats-Unis ne sont pas susceptibles d´augmenter à court terme en
raison de la faible croissance économique, de la rigidité des dépenses et du coût de mener deux guerres. » [6]

À l´heure actuelle, c´est l´épargne étrangère, et non pas celle des américains, qui finance le déficit budgétaire américain en achetant la plupart des bons du Trésor. Cela se traduit par un impôt levé sans la contrepartie d´une représentation des électeurs étrangers sur la manière dont le gouvernement des États-Unis utilise leur épargne forcée. Pour les « diplomates » du système financier , il est donc nécessaire d´élargir le champ d´application de leurs politiques, au-delà du seul marché de secteur privé. Les taux de change sont déterminés par de nombreux facteurs, en plus de celui des « consommateurs brandissant des cartes de crédit » , pour reprendre l´euphémisme habituel qu´utilisent les médias américains à propos du déficit de la balance des paiements. Depuis le 13ème siècle, la guerre a été un facteur dominant dans la balance des paiements des grandes nations - et de leurs dettes. Les
obligations d´Etat financent essentiellement des dettes de guerre, dans la mesure ou en temps de paix les budgets ont tendance à être équilibrés. Ceci relie directement le budget de la guerre à la balance des paiements et aux taux de change.

Les pays étrangers se voient encombrés de reconnaissances de dette qui ne seront pas honorées - dans des conditions telles que s´ils agissent afin de mettre fin au festin américain, le dollar va plonger et leurs avoirs en dollars vont chuter par rapport à leur monnaie nationale et aux autres devises. Si la monnaie chinoise s´apprécie de 10% par rapport au dollar, sa banque centrale enregistrera l´équivalent de 200 milliards de dollars de pertes sur ses 2 000 milliards de dollars.

Cela explique pourquoi, quand les agences de notation envisagent que les titres du Trésor des États-Unis puissent perdre leur notation AAA, elles ne veulent pas signifier que le gouvernement ne serait pas en mesure d´imprimer des dollars papier pour honorer ses dettes. Elles indiquent plutôt que la valeur du dollar va se déprécier internationalement. Et c´est exactement ce qui se passe en ce moment. Lorsque M. Geithner prit un visage grave pour déclarer devant un auditoire à l´Université de Pékin au début du mois de Juin qu´il croyait en un « dollar fort » et que les investissements de la Chine aux États-Unis étaient sûrs, il a été accueilli par des rires sarcastiques [7].

L´anticipation d´une hausse des taux de change de la Chine incite les spéculateurs à chercher à emprunter des dollars pour acheter du renminbi et bénéficier de la hausse. Pour la Chine , le problème est que ce flux spéculatif deviendrait une prophétie auto-réalisatrice en faisant grimper sa monnaie. De ce fait, le problème des réserves est intrinsèquement lié à celui des contrôles de capitaux. Pourquoi la Chine devrait-elle voir ses compagnies rentables vendues pour des dollars fraîchement créés, que la banque centrale doit utiliser pour acheter à faible taux des bons du trésor américain ou perdre encore plus d´argent à Wall Street ? Pour éviter ce dilemme, il est nécessaire d´inverser la philosophie de l´ouverture des marchés de capitaux que le monde a adopté depuis Bretton Woods en 1944...

A l´occasion de la visite de M. Geithner en Chine, « Zhou Xiaochuan, directeur de la Banque populaire de Chine, la banque centrale du pays, a déclaré que c´était la première fois depuis que les pourparlers semestriels ont commencé en 2006, que la Chine avait besoin d´apprendre des erreurs de l´Amérique tout comme de ses succès » lorsqu´il fut question de la déréglementation des marchés de capitaux et du démantèlement des contrôles.

Une ère est donc arrivée à son terme. Face à des dépenses démesurées des Etats-Unis, la dé-dollarisation menace de forcer les pays à revenir aux doubles taux de change, qui furent fréquents entre les deux guerres mondiales : un taux de change pour le commerce des produits, un autre pour les mouvements de capitaux et les investissements, tout au moins pour les économies de la zone dollar [8]...

Même sans contrôle des capitaux, les pays réunis à Iekaterinbourg prennent des mesures pour éviter de recevoir involontairement de plus en plus de dollars. Voyant que l´hégémonie globale des États-Unis ne peut pas se poursuivre en l´absence du pouvoir d´achat qu´ils leur procurent eux-mêmes, ces gouvernements cherchent à hâter ce que Chalmers Johnson a nommé dans son ouvrage « les douleurs de l´empire » : la faillite de l´ordre mondial financier et militaire américain. Si la Chine , la Russie et leurs alliés non-alignés suivent leur propre chemin, les États-Unis ne pourront plus vivre grâce à l´épargne des autres (sous la forme de leurs propres dollars recyclés), ni disposer de cet argent pour financer des dépenses militaires illimitées.

Des responsables américains voulaient assister à la réunion de Iekaterinbourg en tant qu´observateurs. On leur a répondu : non. C´est un mot que les américains vont entendre beaucoup plus souvent à l´avenir.

Article original en anglais, De-Dollarization: Dismantling America´s Financial-Military Empire, The Yekaterinburg Turning Point, publié le 13 juin 2009.

Traduction Madeleine Chevassus pour Contre Info. .

Michael Hudson est un économiste spécialisé dans le domaine de la balance des paiements. Il a été le conseiller économique en chef du candidat Démocrate à la présidentielle Dennis Kucinich. Il est l´auteur de nombreux ouvrages, dont : « Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire ».

Michael Hudson

http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=va&...

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-35418281.html

20:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, usa, romain, belgique, capitalisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

23/02/2009

22/02/2009: Marx est plus vivant que jamais ...


From: nicolas
Sent: Sunday, February 22, 2009 10:52 PM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fw: Le vieux semble avoir pris un coup de jeune



----- Original Message -----
, February 22, 2009 9:58 PM
Subject: Le vieux semble avoir pris un coup de jeune


" Ceux qui possèdent les capitaux vont chercher à influencer sur la classe ouvrière pour qu'elle achète de plus en plus de biens chers, de
maisons et de technologie en la forçant à emprunter des crédits de plus en plus élevs jusqu'au moment où les dettes deviendront
irremboursables. Les dettes non remboursées vont amener les banques à la banqueroute et il faudra les nationaliser. C'est ainsi que l'Etat
prendra le chemin qui, en fin de compte, mènera au communisme3

Karl Marx 1867

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15/01/2009

15/01/2008: La crise financière de l'automne 2008

 
 

 
 
Dimanche, 12 Octobre 2008
La crise financière de l'automne 2008
Alain de Benoist
 
On dit souvent que le capitalisme est synonyme de crise, qu’il se nourrit des crises qu’il provoque, ou encore que sa « faculté d’adaptation » est sans limites, laissant ainsi entendre qu’il est indestructible. En réalité, il faut distinguer les crises cycliques, conjoncturelles (on connaît les célèbres cycles de Kondratieff), et les crises systémiques, structurelles (comme celles qui ont eu lieu entre 1870 et 1893, lors de la Grande Dépression de 1929, ou entre 1973 et 1982, lorsqu’un chômage structurel a commencé à apparaître dans les pays occidentaux). Avec la crise financière actuelle, il ne fait pas de doute que nous sommes devant une crise conjoncturelle, correspondant à une rupture de la pertinence logique et de la cohérence dynamique de l’ensemble du système. Venant après la crise du marché des actions de 1987, la récession américaine de 1991, la crise asiatique de 1997, l’explosion de la bulle des valeurs Internet de 2001, cette crise, beaucoup plus forte que les précédentes, est de toute évidence la plus grave que l’on ait connue depuis les années trente.

La plupart des gens ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe. On leur a pendant des années vanté les mérites du « modèle américain » et assuré des bienfaits de la « mondialisation heureuse ». Ils voient maintenant le modèle américain s’effondrer et la globalisation accroître la misère sociale. Le spectacle des banques centrales, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, qui ont injecté, depuis le 15 septembre, des centaines de milliards de dollars et d’euros sur les marchés financiers, les laisse songeurs : d’où vient tout cet argent ? Les interrogations se nourrissent encore du sentiment que personne ne semble vraiment savoir ce qu’on peut faire. Le silence relatif de la plupart des hommes politiques est à cet égard significatif. Enfin, les gens se demandent si cette crise était ou non prévisible. Si elle était prévisible, pourquoi n’a-t-on rien fait avant ? Si elle était imprévisible, n’est-ce pas la preuve que plus personne ne contrôle un système financier lancé dans une folle course en avant ?

C’est en fait à une triple crise que nous nous trouvons confrontés : crise du système capitaliste, crise de la mondialisation libérale, crise de l’hégémonie américaine.

L’explication la plus souvent avancée pour interpréter la crise actuelle est l’endettement des ménages américains par le biais des prêts hypothécaires immobiliers (les fameux « subprimes »). On oublie seulement de dire pourquoi ils se sont endettés.

L’un des traits dominants du « turbo-capitalisme », correspondant à la troisième vague de l’histoire du capitalisme, est la complète domination des marchés financiers globalisés. Cette domination donne un pouvoir accru aux détenteurs du capital, et plus particulièrement aux actionnaires, qui sont aujourd’hui les véritables propriétaires des sociétés cotées en Bourse. Désireux d’obtenir un rendement maximal aussi rapide que possible de leurs investissements, les actionnaires poussent à la compression des salaires et à la délocalisation opportuniste de la production vers des pays émergents où la hausse de la productivité va de pair avec de très bas coûts salariaux. Résultat : partout, l’augmentation de la valeur ajoutée profite aux revenus du capital plutôt qu’aux revenus du travail, la déflation salariale se traduisant par la stagnation ou la baisse du pouvoir d’achat de la plupart des gens, et la diminution de la demande solvable globale.

La stratégie actuelle de la Forme-Capital est donc de comprimer toujours plus les salaires, d’ aggraver toujours plus la précarité du marché du travail, produisant ainsi une paupérisation relative des classes populaires et des classes moyennes qui, dans l’espoir de maintenir leur niveau de vie, n’ont d’autre ressource que de s’ endetter, alors même que leur solvabilité diminue.

La possibilité offerte aux ménages d’emprunter pour couvrir leurs dépenses courantes ou acquérir un logement a été l’ innovation financière majeure du capitalisme d’après-guerre. Les économies ont alors été stimulées par une demande artificiellement fondée sur les facilités du crédit. Outre-Atlantique, cette tendance a été encouragée depuis les années 1990 par l’octroi de conditions de crédit de plus en plus favorables (apport personnel voisin de 0 %), sans aucune considération de la solvabilité des emprunteurs. On a ainsi cherché à compenser la baisse de la demande solvable résultant de la compression des salaires par l’ emballement de la machine à crédit. En d’ autres termes, on a stimulé la consommation à travers le crédit, faute de pouvoir la stimuler par l’ augmentation du pouvoir d’ achat. C’était là le seul moyen, pour les détenteurs de portefeuilles financiers, de trouver de nouveaux gisements de rentabilité, fût-ce au prix de risques inconsidérés

D’ où le surendettement pharamineux des ménages américains qui ont depuis longtemps choisi de consommer plutôt que d’ épargner (alors que 17 % de la population est déjà dépourvue de toute couverture sociale). Les ménages américains sont aujourd’hui deux fois plus endettés que les ménages français, trois fois plus endettés que les ménages italiens. Leur surendettement est même pratiquement égal au produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis.

Après quoi, on a spéculé sur ces « créances pourries » par le biais de la « titrisation », qui a permis aux grands acteurs de la sphère du crédit de se décharger, en les rendant liquides, des risques d’ insolvabilité de leurs emprunteurs. La « titrisation », qui est une autre des innovations financières majeures du capitalisme d’ après guerre, consiste à découper en tranches, dites obligations, les prêts accordés par une banque ou une société de crédits, puis à en revendre le montant, c’est-à-dire le risque, à d’ autres agents financiers appartenant au monde des fonds de placement. Il se crée ainsi un vaste marché du crédit, qui est aussi un marché du risque. C’ est l’ effondrement de ce marché qui a provoqué la crise actuelle.

Mais celle-ci est aussi une crise de la mondialisation libérale. La transmission brutale de la crise hypothécaire américaine aux marchés européens est le fruit direct d’ une mondialisation conçue et réalisée par les apprentis sorciers de la finance. Au-delà de sa cause immédiate, elle constitue l’aboutissement de 40 ans de déréglementation voulue par un modèle économique globalisé selon les recettes libérales. C’ est en effet l’ idéologie de la dérégulation qui a rendu possible le surendettement américain, tout comme elle avait déjà été à l’origine des crises mexicaine (1995), asiatique (1997), russe (1998), argentine (2001), etc. D’ autre part, c’ est aussi la globalisation qui a créé une situation dans laquelle les crises majeures se propagent désormais presque instantanément, de façon « virale » aurait dit Jean Baudrillard, à l’ ensemble de la planète. C’ est pourquoi la crise américaine a touché aussi vite les marchés financiers européens, à commencer par les marchés du crédit, avec toutes les conséquences que peut avoir une pareille onde de choc à un moment où l’ économie américaine comme celle de l’ Europe sont au bord de la récession, sinon de la dépression.

De ce point de vue, il est d’un irrésistible comique de voir ceux qui n’ont cessé de gloser sur les mérites de la « main invisible » et les vertus du marché « autorégulé » (« c’ est le marché qui doit s’ occuper du marché », lit-on régulièrement dans le Financial Times) se précipiter vers les pouvoirs publics pour demander leur recapitalisation ou leur nationalisation de fait. C’ est le vieux principe de l’ hypocrisie libérale : privatisation des bénéfices et socialisation des pertes. On savait déjà que les Etats-Unis, grands défenseurs du libre-échange, ne se privent jamais de recourir au protectionnisme chaque fois que celui-ci sert leurs intérêts. On voit maintenant comment les adversaires du « big governement » se tournent vers l’ Etat quand ils sont au bord de la faillite. La nationalisation de fait de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du prêt hypothécaire américains, représente à cet égard un fait sans précédent. Alors qu’en 1929, le gouvernement américain avait fait l’erreur de confier la gestion de la crise à un « syndicat de banquiers » dirigé par Rockefeller, Henry Paulson, secrétaire au trésor, et Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale, ont décidé de nationaliser les établissements les plus menacés. Décision unique dans l’histoire des Etats-Unis depuis l’époque de Ronald Reagan, et intervention la plus radicale jamais faite dans le monde privé de la finance de toute l’histoire de la Réserve fédérale. On peut y voir un brutal retour du principe de réalité. Mais c’est aussi, pour l’idéologie libérale, un effondrement de l’un de ses principes de légitimation (la sphère publique ne doit jamais interférer avec les mécanismes du marché, sous peine d’en diminuer l’efficacité).

On ne doit pas perdre de vue, enfin, que cette crise mondiale a sa source aux Etats-Unis, c’est-à-dire dans un pays qui doit déjà faire face à un déficit budgétaire abyssal, une dette extérieure qui ne cesse de croître et un déficit commercial colossal. Depuis dix ans, l’économie américaine n’a plus pour moteur la croissance due à la production réelle, mais l’expansion de la dette et la rente monétaire résultant de la domination mondiale du dollar. L’endettement total (dette publique + dette des ménages + dette des entreprises) représente aujourd’hui 13 000 milliards de dollars, soit l’équivalent de 410 % du PIB – l’adoption du plan Paulson étant encore appelée à aggraver le déficit !

Or, la crise ne peut que contribuer à éroder la confiance dans le dollar, lequel sera probablement amené encore à baisser. Le fait que le dollar soit à la fois une monnaie nationale et une unité de compte internationale, qui plus est libérée de tout lien avec l’or depuis 1971, a longtemps permis aux Etats-Unis d’affirmer et de faire peser leur hégémonie tout en contribuant d’enregistrer des déficits colossaux. Le procédé a consisté pour les Américains à exporter systématiquement leurs titres de dettes vers des pays excédentaires. A l’avenir, l’inquiétude des grands fonds publics et privés qui, notamment en Asie, détiennent des quantités considérables de titres publics et parapublics américains (bons du Trésor, etc.), et donc autant de créances sur les Etats-Unis, sera déterminante. A l’heure actuelle, 70 % de toutes les réserves étrangères dans le monde sont constituées en dollars, cette masse n’ayant plus depuis longtemps le moindre rapport avec le volume réel de l’économie américaine. Dans les années qui viennent, il n’est pas impossible que les pays exportateurs de pétrole abandonnent peu à peu le dollar (les fameux « pétrodollars ») pour l’euro. A long terme, cette situation pourrait aboutir à ce que des pays comme la Chine et la Russie postulent à des responsabilités financières internationales, voire à ce qu’ils se concertent pour concevoir un projet alternatif à l’ordre financier international actuel. George Soros, au printemps dernier, le disait sans ambages : « Le monde fonce vers la fin de l’ère du dollar ».

On assure maintenant qu’il suffirait de « réguler » ou de « moraliser » le système pour éviter ce genre de crises. Les hommes politiques, à commencer par François Fillon et Nicolas Sarkozy, parlent de « dévoiement de la finance », tandis que d’autres stigmatisent l’« irresponsabilité » des banquiers, laissant ainsi entendre que la crise n’est due qu’à une insuffisance de réglementation et qu’un retour à des pratiques plus « transparentes » permettrait de faire revenir sur la scène un capitalisme moins carnassier. C’est une double erreur. D’abord parce que c’est précisément l’impuissance des politiques à faire face à la crise d’efficacité du capital qui a ouvert la voie à la libéralisation totale du système financier. Ensuite et surtout, parce que c’est ignorer la nature même du capitalisme. « Le capital ressent toute limite comme une entrave », disait déjà Karl Marx. La logique de l’accumulation du capital, c’est l’illimitation, le refus de toute limite, l’arraisonnement du monde par la raison marchande, la transformation de toutes les valeurs en marchandises, le Gestell dont parlait Heidegger.

L’adoption du plan Paulson était certes nécessaire, mais elle aura sans doute des effets pervers. En effet, si les banques et les grosses sociétés au bord de la faillite sont par avance assurées du soutien financier des pouvoirs publics, cela représente une incitation indirecte à ce que les mêmes dysfonctionnements se reproduisent, débouchant ainsi sur de nouvelles crises spéculatives.

Dans l’immédiat, il est significatif que ni les injections de liquidités en provenance de la Réserve fédérale et des banques centrales, ni l’adoption du plan Paulson, ne semblent avoir provoqué la réaction positive escomptée de la part des marchés. C’est une claire démonstration des limites d’une politique purement monétaire.

Dans les phases de suraccumulation du capital, le renforcement du pouvoir financier devient le levier déterminant de toute stratégie visant à augmenter la rentabilité du capital. Au-delà de la seule finance, c’est en fait la régulation de l’économie tout entière par le seul critère du taux de profit, sans considération des facteurs humains, des vies broyées, de l’épuisement des ressources naturelles, des coûts non marchands (les « externalités négatives »), qui est mise en question par la crise financière. La cause finale de cette crise, c’est la recherche du profit financier le plus élevé possible dans le minimum de temps possible, en clair la recherche de l’augmentation maximale de la valeur des capitaux engagés à l’exclusion de toute autre considération.

Par un effet de « dominos », la crise peut-elle entraîner à terme des défauts de paiement en chaîne de tous les agents économiques, et donc un effondrement de tout le système financier mondial ? On n’en est pas là. Il est possible que les mesures prises ces dernières semaines soient de nature à empêcher le système financier de s’écrouler complètement. Mais dans le meilleur des cas, la crise économique va durablement se maintenir, avec une récession (voire une dépression) aux Etats-Unis et un très fort ralentissement en Europe, qui provoquera une remontée du chômage. Il devrait en résulter une baisse importante des profits, qui se répercutera inévitablement sur les marchés et les cours de la Bourse. Contrairement à ce que l’on dit parfois, le lien entre l’économie spéculative et l’économie réelle est bien réel. Les entreprises dépendent en effet du système bancaire, ne serait-ce que pour le crédit dont elles besoin pour leurs investissements. Or, la crise fait que les banques, fragilisées par l’accumulation de mauvaises dettes issues de l’immobilier, réduisent aujourd’hui brutalement leurs crédits (c’est le « credit-crunch »). Les conséquences politiques et sociales se feront très vite sentir.

Les difficultés ne font que commencer.

 
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26/12/2008

14/12/2008: Une certaine écologie est-elle un égoisme de classe bobo ?

----- Original Message -----

Sent: Sunday, December 14, 2008 9:15 PM
Subject: Une certaine écologie est-elle un égoisme de classe bobo ?

Si l'on en croit les sondages d'opinions, 75% des électeurs du parti Vert en Allemagne appartiendraient au 25% de la tranche supérieure des
revenus allemands. Les enquêteurs n'ont pas trouvé ...un seul ouvrier parmi les électeurs de ce parti. ...Même si ce parti a mis dans sa
direction un "Turc", visiblement aussi branché que hussein obama, un peu plus peut-être que condoléances Rice ou le "chimiste aux fiolles"
collin powell, eux, un peu déconnectés ces derniers temps.

Une thèse apparait, peut-être à cause de la crise, et l'écologie "coute" cher;
 peut-être à cause de l'apparition d'une classe de bobos écolos branchés ex-68ards bourgeois qui, avec un cynisme illimité, brandit
humanitarisme guerrier de salon et soucis pour les papillons et les baleines (et mépris des "classes dangereuses" : vive la prostitution libre au
Kosovo ! Liberté pour les mafias albanaises ! Mort a Saddam là mais à bas la guillotine ici ! Vive la théodémocratie tibétaine écolo ! Vive la
sagesse des moines esclavagistes tibétains et harro sur les barbus de nos "sales" banlieues ! Danton contre Robespierre ! ingérence
humanitaire là-bas, indifférence humaniste ici ! etc, etc.).
 Peut-être est-ce aussi à cause du ras-le-bol devant la "civilisation de la peur" (dixit Tariq Ramadan), que nos élites nous construisent :
pollution, mafias, terrorismes, délinquances, etc, autant de peurs (imaginaires ? inventées ? manipulées ?) qui poussent les bourgeois riches
vers les "gated cities" écolos, "hygiéniques", stérilisées ...et stériles. A propos, le mot "écologie" a été inventé en Allemagne à la fin du XIXe
siècle dans les milieux scientifiques allemands proches de la droite guerrière extrémiste et biologiste. Pas très lumineux tout cela.

Alors cette thèse vaut la peine qu'on y réfléchisse. L'écologie n'est-elle pas, en partie au moins, réactionnaire ?

Si l'on en croit l'interprétation de l'écologie donnée par le comique US-américain George Carline, l'écologie serait une forme d'égoïsme de
classe :

"... Les gens passent d'un jour à l'autre, en ayant peur à chaque minute, en fait de tout. De l'air, de l'eau et de la terre. Appeurés par les
produits insecticides, les pesticides, les émulsifiants dans la nourriture, les produits cancérigènes. Appeurés par les produits radio-actifs et
l'amiante. Appeurés par la disparition des espèces. (...) Or, 90% de toutes les espèces qui ont vécu sur la terre ont disparu. Elles sont mortes !

Nous ne les avons pas toutes tuées. Elles ont tout simplement disparu. C'est une loi de la nature. 25 espèces disparaissent chaque jour,
indépendamment de nos activités. Indépendamment de ce que nous faisons sur cette planète, il y a 25 espèces qui existent aujourd'hui et qui
disparaitront demain. (...)
 
Je suis fatigué de toute cette gangrène. Très fatigué. Fatigué par cet enc... de "Jour de la Terre", fatigué par ces écologistes contents d'eux-
mêmes, des blancs, des bourgeois libéraux qui pensent que le seul malheur existant, c'est le nombre insuffisant de pistes cyclables.
    Ils cherchent en fait à avoir de l'espace sécurisé pour leurs volvos ! Ils s'en foutent de la planète. Vous savez ce qui les intéressent ? Un
espace propre, entretenu, pour pouvoir vivre. Dans leur propre milieu. Ils se font du soucis, car un jour ils sentent qu'ils pourraient rencontrer
de l'inconfort. Cet égoïsme étroit, éloigné de toute esprit lumineux, ne m'impressionne pas. A part cela, il n'y a rien de mal qui se passe avec
notre planète. Rien de mal.

   La terre va bien. Ce sont les gens qui sont devenus idiots. La terre est là depuis quatre milliards et demis d'années. Nous, depuis 100 000
ans ...Et nous devrions penser que nous représentons une menace pour cette belle boule bleu-verte qui tourne autour du Soleil ? ....."

une thèse à mettre au dossier de notre réflexion.
BD

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21:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, courcelles, capitalisme, exploitation, exploitation capitaliste, histoire, medias, presse, propagande, politique, romain, silence, societe, verts, ecolo, environnement, nature, mensonges, information | |  Facebook | |  Imprimer | | |

24/10/2008

03/10/2008: La Chine critique la politique financière des Etats-Unis ...

La Chine critique la politique financière des Etats-Unis
Peter Franssen  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Le quotidien du Parti communiste chinois estime qu’il faut un nouvel ordre financier mondial qui ne soit plus dépendant des États-Unis et du dollar. La politique financière américaine est responsable de la crise, écrit l’éditorialiste. La question sous-jacente est celle-ci : Pourquoi le monde devrait-il payer l’addition ?
 
Le commentaire se trouve dans l’édition pour l’étranger du People's Daily (17 septembre). L’éditorial est de la plume du professeur Shi Jianxun de l’université Tongji à Shanghai. « La crise aux États-Unis montre qu’il y a de grands manquements dans le contrôle et la surveillance du monde financier américain. Cette situation à provoqué la faillite de (la banque d’affaires) Lehman Brothers et elle peut dégénérer en un véritable tsunami financier. La faillite de Lehman Brothers peut avoir un effet domino. Elle aura également un contrecoup négatif sur l’économie dans d’autres pays. Le monde a un urgent besoin d’une monnaie diversifiée et d’un ordre financier qui soit juste et non plus dépendant des États-Unis », écrit le professeur Shi Jianxun.

Le dollar perd de son statut

En novembre dernier, le monde financier avait déjà été effrayé par un discours de Cheng Siwei, le vice-président du Parlement chinois. À ce moment, la Chine disposait de presque 1500 milliards de dollars en réserves de devises étrangères. Cheng déclarait : « La Chine doit équilibrer ses réserves de façon à ce que les devises fortes comme l’euro contrebalancent les devises faibles comme le dollar. »

Au même moment, un haut fonctionnaire de la Banque nationale chinoise disait que le dollar était « occupé à perdre son statut de principale monnaie de réserve dans le monde ».

Certains décideurs politiques estiment donc que la Chine ferait mieux de se couvrir contre les oscillations de cours du dollar en diversifiant ses devises étrangères. L’article de tête du People's Daily montre que ce point de vue gagne en influence dans les hautes sphères de l’État chinois.

Les conséquences négatives de la crise

La faillite de Lehman Brothers a des conséquences négatives immédiates pour trois banques chinoises qui ont des parts de Lehman ou de ses filiales. La China Merchants Bank a pour 70 millions de dollars d’actions de Lehman Brothers. L’Industrial & Commercial Bank of China pour 151 millions de dollars et la Bank of China pour 75 millions de dollars plus 53 millions de dollars de prêts à Lehman. Il est très vraisemblable que les Chinois peuvent faire une croix définitive sur ces 350 millions de dollars.

Ce sont les pertes immédiates. Ensuite, l’économie chinoise, à l’instar de l’économie mondiale, va également subir l’influence négative de la crise financière aux États-Unis. Le People's Daily écrit que la faute en incombe à la politique américaine. Ce que bien des banquiers centraux ailleurs dans le monde pensent également. Cette critique renforce, et pas dans une moindre mesure, le groupe de pays qui veulent se débarrasser de l’hégémonie du dollar. Aucun pays n’a envie de payer pour ce que même le candidat à la présidence Barrack Obama appelle « l’échec total de notre politique financière ».

Le chœur s’étoffe

Les deux bourses pétrolières dominantes dans le monde sont celles de Londres et de New York. Les deux sont aux mains d’entreprises américaines. Le pétrole, cela va de soi, est traité en dollars. Mais, à la mi-février de cette année, une bourse iranienne du pétrole s’est ouverte. L’or noir n’y est plus traité en dollars, mais en rial, la monnaie iranienne.

Une semaine avant l’ouverture de la bourse iranienne, Abdullah al-Badri, secrétaire général de l’OPEP, avait déclaré que, dans les dix ans à venir, les pays exportateurs de pétrole auraient troqué le dollar pour l’euro.

Le ministre irakien du pétrole, Hussein al-Shahristani, a dit à cette occasion : « L’OPEP va instaurer une commission afin d’étudier le passage du dollar vers toute une corbeille de monnaies. »

Au sein de l’OPEP, le Venezuela s’emploie en même temps que l’Iran à une accélération de ce processus.

D’autres pays producteurs de pétrole ne faisant pas partie de l’OPEP, telles la Norvège et la Russie, sont également prêts à laisser tomber le dollar. La décision de deux ou trois autres pays supplémentaires de passer à l’euro, au yen ou à une corbeille de monnaies est sans doute suffisante pour envoyer par le fond le navire amiral de l’hégémonie du dollar dans le monde, c’est-à-dire le pétrodollar. D’où ce commentaire de ce spéculateur hors format qu’est George Soros, au printemps dernier : « Le monde fonce vers la fin de l ‘ère du dollar. »

Jusqu’à présent, les États-Unis ont pu exporter la majeure partie de leur crise économique, tout simplement en augmentant le volume des dollars. Le monde avait besoin de ces dollars car le pétrole et les autres matières premières sont traités en dollars. C’est ainsi que 70 pour cent de toutes les réserves étrangères dans le monde sont constituées en dollars. Cette masse de dollars n’est plus, depuis bien longtemps, en rapport avec le volume réel de l’économie des Etats-Unis.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand la Grande-Bretagne et la livre britannique se sont retrouvées grièvement blessées, c’est le dollar qui est devenu la monnaie d’échange de la planète. Le point de vue du People's Daily montre que cette période court à sa fin.


Les lignes ci-dessus sont de la plume de Peter Franssen, rédacteur de www.infochina.be, le 19 septembre 2008.
 

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11/10/2008

23/09/2008: Les Etats-Unis ont besoin d’un esprit révolutionnaire...

 

sur: www.michelcollon. info

Les Etats-Unis ont besoin d’un esprit révolutionnaire

Howard Zinn  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Al Jazeera s’entretient avec Howard Zinn, écrivain, historien de l’Amérique, critique social et activiste, de la manière dont la guerre en Irak a changé le regard des autres sur les Etats-Unis et des raisons pour lesquelles « l’Empire » serait près de l’effondrement.
 
9 septembre 2008


Howard Zinn: Depuis un certain temps, et à coup sûr aujourd’hui, l’Amérique évolue vers moins de pouvoir et moins d’influence dans le monde.

Manifestement, depuis la guerre en Irak, le reste du monde s’est détourné des Etats-Unis et, si la politique étrangère américaine persiste dans cette voie agressive, violente et indifférente aux sentiments et réflexions des autres peuples, alors oui, l’influence des Etats-Unis va poursuivre son déclin.
C ‘est l’empire le plus puissant qui ait jamais existé tout en étant en train de s’écrouler, un empire qui n’a pas d’avenir… parce que le reste du monde lui devient étranger et tout simplement aussi parce qu’il croule sous les engagements militaires, avec des bases partout dans le monde alors qu’il est à bout de ressources sur son propre territoire.

Cette situation entraîne un mécontentement croissant au pays et je pense que l’empire américain va dès lors suivre le chemin des autres empires avant lui, c’est ce qui est en train de se produire.


Question : Y a-t-il un espoir de voir les Etats-Unis aborder sous un autre angle le reste du monde ?

HZ : s’il y a un espoir, il ne peut être porté que par le peuple américain.

Par un peuple américain suffisamment révolté et indigné par ce qui est arrivé à son pays, par la dégradation de son image aux yeux du monde, par l’épuisement de ses ressources humaines, les carences en éducation et dans le domaine de la santé ainsi que par la mainmise du monde des affaires sur la politique, avec les répercussions que cela entraîne sur la vie au quotidien du peuple américain.

Sans compter les prix à la hausse de la nourriture, l’insécurité croissante et la mobilisation des jeunes pour la guerre.
Je pense que tout cela peut faire naître un mouvement de révolte.

Nous avons assisté à des soulèvements dans le passé : le mouvement ouvrier, les droits civils, la mobilisation contre la guerre au Vietnam. Je pense que si les Etats-Unis poursuivent dans la même direction, nous pourrions assister à la naissance d’un nouveau mouvement populaire. C’est le seul espoir pour les Etats-Unis.


Q : Comment les Etats-Unis en sont-ils arrivés là ?

HZ : Si nous en sommes arrivés là, je présume que c’est parce que la population américaine a laissé les choses se dégrader à ce point, c’est-à-dire qu’il s’est trouvé assez d’Américains pour s’estimer satisfaits de leur situation, juste assez.

Bien sûr, beaucoup d’Américains ne le sont pas, c’est pourquoi la moitié de la population ne vote pas, elle se sent exclue.
Mais il y a juste assez d’Américains qui sont satisfaits, qui estiment recevoir assez de petits cadeaux de l’Empire, juste assez de personnes suffisamment satisfaites pour perpétuer le système. Nous en sommes arrivés là grâce à l’aptitude du système à se maintenir en satisfaisant juste assez de monde pour maintenir sa légitimité.
Mais je pense que cette époque sera bientôt révolue.


Q : Que devrait savoir le monde à propos des Etats-Unis ?

HZ : Je pense que beaucoup dans le monde ignorent qu’il existe une opposition aux Etats-Unis.

Très souvent, les gens dans le monde croient que Bush est populaire chez nous, ils pensent : « oh, il a été élu à deux reprises » ; ils ne comprennent pas la perversité du système politique américain qui a permis à Bush de l’emporter deux fois.
Ils ne comprennent pas la nature fondamentalement anti-démocratique d’un système dans lequel tout le pouvoir est aux mains de deux partis qui ne diffèrent guère l’un de l’autre et dont les gens ne peuvent saisir les différences.

Dès lors, nous sommes dans une situation où il va falloir des changements fondamentaux de la société américaine si nous voulons que la population soit à nouveau en harmonie avec elle.


Q : Pensez vous que les Etats-Unis puissent se remettre de leur situation actuelle ?

HZ : Et bien, j’espère en un rétablissement mais à ce jour, nous n’avons rien vu venir.

Vous m’avez interrogé au sujet de ce que le reste du monde ignore à propos des Etats-Unis et, comme je vous l’ai dit, il ignore l’existence d’une vraie opposition.
Il y a toujours eu une opposition, mais elle a toujours été écrasée ou anesthésiée, maintenue à l’ombre ou marginalisée en sorte que sa voix ne puisse être entendue.

Les gens dans le monde n’entendent que les voix des dirigeants américains.
Ils n’entendent pas les voix de tous ceux qui dans ce pays n’approuvent pas les dirigeants et veulent des politiques différentes.

Je pense aussi que le reste du monde devrait savoir que ce qui se passe en Irak n’est que le prolongement d’une longue politique impériale d’expansion dans le monde.

Je pense aussi que beaucoup croient que cette guerre en Irak n’est qu’une aberration ponctuelle et qu’avant cette guerre les Etats-Unis étaient un pouvoir inoffensif.
Ils n’ont jamais été un pouvoir inoffensif et cela depuis le tout début, dès la révolution américaine, depuis la confiscation des terres des Indiens, la guerre du Mexique, la guerre hispano-américaine…
C’est embarrassant à dire, mais nous avons dans ce pays une longue histoire d’expansion violente et je pense que non seulement beaucoup d’étrangers l’ignorent, mais aussi beaucoup d’Américains.


Q : Peut-on améliorer cette situation ?

HZ : Vous savez, cet espoir, s’il existe, réside dans ce grand nombre de citoyens américains qui sont corrects, ne veulent pas la guerre, ne veulent pas tuer d’autres peuples.

Il est difficile d’entrevoir cette espérance parce que les Américains qui pensent ainsi sont exclus des médias, leurs voix ne sont pas entendues et on ne les voit jamais à la TV.

J’ai participé dans ma vie à nombre de mouvements sociaux et j’ai pu voir qu’au début ou juste avant le développement de ces mouvements, il semblait n’y avoir aucun espoir.
J’ai vécu dans le Sud pendant sept ans, pendant les années du mouvement des droits civils, et la situation semblait désespérée mais il y avait de l’espoir en profondeur.
Quand les personnes s’organisent, commencent à agir, commencent à travailler ensemble, alors elles osent prendre des risques, s’opposer à l’ordre établi et commettre des actes de désobéissance civile.

Alors l’espoir devient évident et se concrétise en changement.


Q : Pensez vous qu’il existe une façon pour les Etats-Unis de retrouver une influence positive sur la marche du monde ?

HZ : Oui mais pour cela nous avons besoin d’une nouvelle direction politique qui soit sensible aux vrais besoins des Américains et ni la guerre ni l’agression ne font partie de ces besoins.

Elle devra être également sensible aux besoins des autres peuples et comprendre que les ressources américaines, au lieu de financer les guerres, pourraient contribuer à aider ceux qui souffrent.

Il y a eu des tremblements de terre et des catastrophes naturelles partout dans le monde et aux Etats-Unis aussi, mais cela a entraîné bien peu de réactions, voyez l’ouragan Katrina.
Les gens dans ce pays, particulièrement les pauvres et les gens de couleur ont été victimes du pouvoir Américain comme d’autres peuples ailleurs dans le monde.


Q : Pourriez-vous nous faire une synthèse de ce dont nous venons de débattre, le pouvoir et l’influence des Etats-Unis ?

HZ : Le pouvoir et l’influence des Etats-Unis ont décliné rapidement depuis la guerre en Irak parce que cette guerre a exposé, comme cela n’avait jamais été le cas dans l’Histoire, la manière dont s’exerçait le pouvoir américain dans ce type de situation et dans d’autres.

Dès lors que l’influence US décroît, son pouvoir décroît aussi.
Si forte que soit la machine de guerre, le pouvoir ne dépend pas que d’elle. Au total, le pouvoir décroît.
À terme, le pouvoir repose sur la légitimité morale du système et les Etats-unis ont perdu cette légitimité morale.

Mon espoir est que le peuple Américain se soulève spontanément et change cette situation pour son plus grand bénéfice et celui du reste du monde.



Traduit par Oscar GROSJEAN pour Investig'Action

Source: 09/09/08 « Al Jazeera »

21:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, courcelles, liberte, mensonges, presse, politique, romain, resistance, silence, societe, television, usa, actualite, amerique, collon, capitalisme, democratie, dictature, histoire | |  Facebook | |  Imprimer | | |

02/10/2008

01/10/2008: Gibier de potence...

Sent: Wednesday, October 01, 2008 11:31 AM
 
les textes de shamir

Mercredi 1 Octobre 2008 6h59mn 32s
le texte de la conf du 25 sept, et l'avant propos du livre, à la suite..
Gibier de potence

(L’effondrement de la grande pyramide) par Israël Shamir (traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier) 25 septembre 2008
Au lieu d’annoncer un désastre, l’effondrement financier offre une occasion unique de soigner tous les maux de l’Amérique. Une occasion à ne pas rater !
Sept ans après les attentats du 11 septembre, nous assistons derechef à un effondrement, plus grandiose et encore plus jouissif - celui de la pyramide financière américaine. Il avait fallu deux décennies pour la construire ; son effondrement n’a nécessité que quelques semaines. Coupons court aux pleurnicheries hypocrites : c’est là un show magnifique. Pas de regrets, pas de ‘mais’… Les bourses des valeurs américaines avaient flambé tandis que les Etats-Unis bombardaient Bagdad et Belgrade, elles avaient prospéré tandis qu’ils dévalisaient Moscou et qu’ils pressaient Pékin comme un citron pour en extraire les dernières gouttes de sueur. Tant qu’ils se payaient du bon temps, ils n’en avaient que davantage de fric pour envahir l’Irak, menacer l’Iran et étrangler la Palestine. En résumé : quand c’était ‘bon pour eux’, c’était mauvais pour nous. Rendons-leur, pour une fois, la monnaie de leur pièce, et
faisons-leur avaler leur propre potion amère…
Quand je dis « rendons-leur », je veux dire « à eux précisément », ici, et non pas les Américains, et quant au « nous », ce ne sont pas tous les autres habitants de notre chère planète. Non : « eux », c’est une minuscule pellicule de la population américaine, c’est la bande d’opulents enrichis du jour au lendemain de la côte Est, à Manhattan et autres hauts-lieux de la finance. Ces vingt dernières années, nous avons assisté à un grand transfert d’argent vers le haut, vers un quarteron extraordinairement exclusif et restreint d’animaux voraces. Alors que la majorité des Américains perdaient la possibilité d’envoyer leurs enfants dans les universités, ces gros matous se payaient de luxueuses villas en Floride et des immeubles de rapport à Tel Aviv. Pire : ils ont dépensé des milliards pour acheter les médias, afin de subvertir la démocratie américaine et d’envoyer des soldats américains faire la guerre aux
antipodes. Une grande partie de l’argent ainsi volé a été soustraite à l’économie américaine et siphonnée vers Israël, où les prix de l’immobilier ont crevé le plafond, et où ils n’ont d’ailleurs pas fini de monter.
Bien fait pour leurs tronches : ils étaient extrêmement fiers de savoir les chartes financières des Etats-Unis et du monde entier écrites dans un petit bureau réservé à Henry Paulson (du Trésor), à Ben Bernanke et à Alan Greenspan (de la Réserve fédérale), à Maurice Greenberg de l’A.I.G... Ils s’étaient construit leur monde à part, entourés des Lehman Brothers, de Merrill Lynch, de Goldman Sachs, Marc Rich, Michael Milen, Andrew Fastow, George Soros et consorts. Leur nouveau monde de Lexus et Nexus était glorifié par Tom Friedman, du New York Times. N’ont-ils pas décerné le Prix Nobel d’économie à Myron Scholes et à Robert C. Merton, les fiers PDG d’un fonds de placement à la réputation désormais infamante, le Long Term Capital Management Hedge Fund, qui a été racheté par la Réserve Fédérale de New York pour non moins de 3,6 milliards de dollars ? Le président Bush les a récompensés de leur irresponsabilité
en les exonérant d’impôts. Alors, aujourd’hui : qu’ils crachent au bassinet ! Qu’ils paient pour tout le bon temps qu’ils se sont payés!
Ils ont raflé vos dollars sonnants et trébuchants, et ils en ont fait de la monnaie de singe, en les transformant en assignats non convertibles, ne dégageant aucun intérêt, de la Banque Fédérale , gagés uniquement sur la confiance des « gogos », pour reprendre les termes d’un internaute avisé. La ruine des ouvriers américains (et même de la classe moyenne américaine) est inéluctable. La grande peur autour du grand accélérateur de particules hadrons de Genève, supposé capable de créer un trou noir avalant la planète Terre toute entière était [sans doute inconsciemment] fondée sur une sensation d’être aspirés par le fond, celle-la même que génère le spectacle des ultra-riches américains en train de disparaître, avalés par leur trou noir financier.
Ce n’est certes pas la première entourloupe à base de confiance trahie de l’Histoire : ainsi, Jay Gould et Joseph Seligman avaient provoqué le crack boursier du « Vendredi Noir », à la fin du XIXème siècle. Jacob Schiff, lui, provoqua la célèbre panique financière du « Jeudi Noir », qui entraîna une dépression économique d’ampleur nationale [1]. Seligman avait déjà été le deus ex-machina du scandale de Panama, une escroquerie boursière devenue proverbiale, en France. L’escroquerie avait été montée par deux juifs d’origine allemande, Jacques Reinach et Cornelius Herz, qui avaient acheté les députés français. Tandis que Reinach s’occupait des députés de droite, l’équivalent français des « Républicains » américains, Herz se chargeait d’acheter les « Démocrates ». L’encyclopédie en ligne sur Internet Wikipédia cite la philosophe Hanna Arendt, qui a écrit à ce sujet que les hommes assurant
l’interface entre le secteur privé et l’Etat étaient quasi-exclusivement des juifs. C’est cette étreinte torride entre l’Etat et le monde du business qui fut la recette assurée du désastre.
Manifestement, les choses ont changé, depuis lors. Aujourd’hui, les Mammonites sont membres de diverses confessions religieuses, y compris des adeptes de la Christian Science comme Hank Paulson, dont le revenu annuel net est estimé à 700 millions de dollars et dont la carrière chez Goldman Sach (dont il a été le président de 1998 à 2006) a fait de lui le candidat qui allait de soi pour le poste de Secrétaire au Trésor américain. Seule, leur dévotion au dieu de la Rapacité n’a pas changé. Dans un monde capitaliste idéal, dans le monde de l’ « économie de marché » qu’ils n’ont cessé de célébrer, ils devraient normalement payer les pots cassés. Dans le roman extrêmement divertissant de Glen David Gold, « Carter bat le Diable » [Carter Beats the Devil], leur ancêtre spirituel se voit condamné au goudron et aux plumes par le peuple vigoureux du Connecticut, autour de l’an de grâce 1670, pour avoir acheté toute une
cargaison de produits importés dans l’intention malhonnête de devenir riche du jour au lendemain en s’emparant des marchés et en saignant à blanc ses concitoyens. Aujourd’hui, un tel malfaiteur recevrait la médaille du Fonds néolibéral Milton Friedman, il serait cité au tableau d’honneur du Jinsa, cette boîte à idées à l’intitulé évocateur d’ « Institut juif pour les Questions de Sécurité nationale » (Jewish Institute for National Security Affairs) et la prestigieuse Harvard Business School le citerait en exemple…
Aujourd’hui, ils ont l’intention d’utiliser leur contrôle sur le gouvernement américain pour faire payer les pots cassés au peuple américain. Que l’on qualifie cette manœuvre de « nationalisation », de « privatisation » ou de « rachat », le résultat des courses sera qu’un nombre énorme d’Américains vont se retrouver sur la paille, et que tous les Américains crouleront sous le poids des impôts. Quant aux organisateurs de la pyramide financière, ils joueront des flûtes : ils se retireront dans leurs manoirs douillets pour gérer en toute quiétude leurs investissements hyper-protégés, en béton, comme ils l’ont toujours fait.
On s’est foutu de la gueule des Américains ; on les a dévalisés tout aussi facilement que des Albanais peu au fait des questions financières, voici de cela quelques années. C’est même pire : les Albanais avaient décroché leurs tromblons à gros sel et ils avaient pourchassé les voleurs ; les Américains, eux, s’aplatissent, et ils tendent l’autre joue.
Les Américains ont le droit de savoir qui les a dévalisés, eux et leurs enfants : ce sont ces hommes qui se sont enrichis d’une manière tellement ostentatoire durant ces vingt dernières années. Il faut que ces gens-là paient leur forfaiture. Et si le gouvernement, le président, le Congrès et le Sénat, les Démocrates et les Républicains traînent les pieds pour faire passer la justice, les citoyens américains ordinaires ont tout-à-fait la possibilité de faire ce que leurs ancêtres yankees du Connecticut avaient fait : ils peuvent les tartiner généreusement de goudron et les rouler dans le duvet de quelques polochons. Si ça ne suffit pas : accrochez ces salauds aux lampadaires !
Est-ce que ce n’est pas là, en l’occurrence, l’occasion ou jamais de se souvenir pour quelle raison précise les Pères Fondateurs de l’Amérique ont gravé dans le marbre du Deuxième Amendement de leur constitution le droit des gens à posséder et à porter des armes. Grâce à Dieu, il n’a pas encore été supprimé. Ces armes, ce n’est pas aux voleurs de s’en servir mais au peuple, quand les autres moyens ne marchent pas. Aux armes ! comme disaient les Français en se ruant sur les escrocs. L’Amérique a une grande tradition d’application directe et immédiate de la justice, leur mot d’ordre du grand Ouest : « pendez-les haut et court ! » C’est le moment ou jamais.
Faisons rentrer les soldats américains d’une guerre totalement inutile, et supprimons les bases militaires américaines dans le monde entier : le véritable ennemi des Américains est chez eux, aux Etats-Unis. Pour reprendre les paroles de Lénine, qui résonnent toujours, et restent d’actualité, transformons la guerre impérialiste en une guerre civile, contre ces bâtards cupides ! Au lieu de pressurer les contribuables, faisons des Etats-Unis une zone ‘milliardaire-free’. Les milliardaires, ces rats de la pire rapacité, se sont fait des c.uilles en or avec leur Grande Pyramide : mettons-les sur la paille ! Vidons leurs comptes bancaires numérotés ! La disparition de trillions de dollars de leurs comptes bancaires numérisés fera remonter la valeur du billet vert ; et vous, vous toucherez vos salaires en argent réel, et non plus en monnaie de singe.
Et, cerise sur le gâteau, étant donné que plus de la moitié de tous les milliardaires du globe sont des membres revendiqués du lobby israélien, cela résoudra par la même occasion les problèmes du Moyen-Orient. Pour plus de sûreté, confisquez tous les avoirs des bâtisseurs de Pyramide financière : ceux de Paulson et de Bernanke, ceux des PDG de Merrill Lynch et de Goldman Sachs, sans oublier ceux du président George Deubeuliou Bush, qui a fermé les yeux sur tout ça. La paix reviendra, ou plus exactement adviendra, en Palestine, en Afghanistan et en Irak ; les Américains pourront, à nouveau, être fiers de leur pays. Une telle auto-restitution massive réinstaurera la démocratie aux Etats-Unis : les prochains candidats à la présidence n’iront plus, chapeau à la main, déclarer leur féauté devant le congrès de l’Aipac. La défaite de la rapacité permettra au peuple de se tourner vers Dieu ; le ballast balancé par-dessus bord
permettra d’apporter à tous les citoyens la sécurité sociale, les soins médicaux et l’éducation gratuite. Ainsi, bien loin d’être une catastrophe, l’effondrement financier offre une opportunité unique de guérir tous les maux de l’Amérique ! Une occasion à ne manquer sous aucun prétexte !
Quant à vous, citoyens du monde entier en-dehors de l’Amérique, permettez-moi de vous donner un conseil : ne jetez pas par les fenêtres un argent honnêtement gagné pour, soi-disant, sauver la monnaie de singe. Rejetez les ronronnements séducteurs venant de Washington. Considérez que vos dépôts aux Etats-Unis sont d’ores et déjà foutus. Si vous en obtenez quand-même un petit quelque-chose : tant mieux ! Mais ne gaspillez ni votre argent, ni vos efforts, dans l’espoir vain de récupérer ce qui est, de toute manière, déjà parti en fumée. Il y a un avoir d’une valeur inestimable, que vous pouvez obtenir en échange de vos placements bidonnés : votre liberté, et votre indépendance. Le dollar effondré, cela veut dire que votre économie sera sauvée. L’effondrement de la Pyramide financière américaine vous rendra libres !
[1] Benjamin Ginsberg, The Fatal Embrace: Jews and the State, University of Chicago Pres, Chicago 1993, p 73.
°°°°°°°°
La Bataille du Discours, Avant-propos
par Israël Adam Shamir, p. 11-17, BookSurge 2008
http://www.amazon.fr/Bataille-discours-Israel-Adam-shamir/dp/1439211434
Traduction par Marcel Charbonnier


[Inscription sur le tank: “Today Baghdad , Tomorrow Paris”]

Sur ce tank, photographié sur la terre irakienne, on peut lire le slogan : « Aujourd’hui à Bagdad, demain à Paris ! ».. Durant la guerre en Irak, aux jours de l’opposition de Jacques Chirac à l’agression des Etats-Unis, cette animosité était très répandue parmi les Yankees : en la France , ils voyaient leur pire ennemi. Mais le pire qu’ils aient pu commettre, c’était de rebaptiser les « French Fries » (les frites) en « Freedom Sticks » (bâtonnets de la Liberté ), ce qui a beaucoup fait s’esclaffer les gens intelligents. Toutefois, quelques années plus tard, ce slogan est devenu la réalité : après la prise de Bagdad, Paris aussi est tombé aux mains des forces américaines. Pour installer un fantoche américain à Bagdad, les Américains avaient dû se battre durant plusieurs semaines. Mais le fantoche américain du Palais de l’Elysée y a été installé sans qu’on ait eu à tirer la moindre balle.
En dépit de son look de Panthère Rose, Sarkozy restera comme un des personnages les plus sinistres de l’histoire de France. La France avait été le seul pays, au monde, qui eût réussi à se débarrasser de l’occupation yankee ; c’est désormais du passé. Le Président Sarkozy a décidé de détricoter le grand œuvre de Charles de Gaulle, lequel avait réussi à chasser l’armée américaine d’occupation et à placer l’armée française sous le contrôle de la nation. Sarkozy a remis l’armée française sous la coupe de l’Otan. Il a envoyé des soldats français en Afghanistan, versant leur sang sur l’autel de la soumission à l’atlantisme. Dans un de ces discours pompeux dont il a le secret, il a juré « de ne pas livrer l’Afghanistan » [aux Afghans, j’imagine…] « Une guerre est en cours, dans ce pays – une guerre contre le terrorisme, contre le fanatisme, une guerre que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre,
et que nous ne perdrons pas ! » Il n’a fait que répéter les propos tenus par Jacques Doriot, lorsque celui-ci décida d’envoyer des ‘volontaires’ français se battre aux côtés du Troisième Reich, contre l’Union soviétique.
Alors : « Bienvenue en France occupée » ? Oh non : quelle absurdité ! La vie n’est pas si horrible : les cafés sont ouverts, les théâtres sont pleins, les Français sont libres de s’exprimer, allez-vous objecter. Mais, sous l’occupation allemande, les cafés étaient tout aussi pleins, et les Halles étaient tout aussi achalandées. Récemment, il y a eu une exposition de photos prises par André Zucca, intitulée « Les Parisiens sous l’Occupation », et cette expo nous a rappelé que le train-train quotidien se déroulait comme d’habitude, même alors. Maimonide a écrit, très sagement, que la vie continuera comme d’habitude, même une fois le Messie venu : le soleil se lèvera, puis il se couchera, les filles tomberont amoureuses, et les gars se battront.
Sans même y prendre garde, la France –et avec elle l’Europe– est passée de l’ère de la démocratie à la tyrannie du libéralisme totalitaire, fondé sur trois pouvoirs a-démocratiques et non élus –celui des banques, celui des médias et celui des juges– et soutenu par les armées et par les banques des USA. Cette tyrannie sans nom n’a pas non plus de visage : nous n’élisons pas ceux qui tiennent notre sort en leurs mains ; nous ne les connaissons même pas, ni ce qu’ils veulent faire de nous, mais nous en ressentons le pouvoir écrasant.

Les essais ici réunis ont été écrits principalement en Israël/Palestine, et ce lieu de leur écriture m’a rendu particulièrement sensible à un trait étrange, et quelque peu inattendu, de la nouvelle tyrannie : généralement dépourvue de tout sentiment humaniste, elle est extrêmement partiale, dès lors qu’il s’agit des juifs (en leur faveur, bien entendu). Pour un centième de ce que font les juifs, quotidiennement, les Palestiniens peuvent être affamés jusqu’à ce que mort s’ensuive, les Libanais bombardés, les Iraniens vitrifiés et les Russes ostracisés. Ce sont les hauts postes tenus par des juifs, dans les trois branches non-élues du pouvoir, qui fournissent une explication d’une telle partialité.
Les hommes politiques français le sentent bien: à chaque fois qu’un juif est blessé, tous les dirigeants politiques français se précipitent à son chevet, et des milliers d’hommes et de femmes bien intentionnés défilent, en solidarité. Si le mur d’une synagogue est sali de graffitis, le président de la République accourt, afin de faire part de sa colère et de sa tristesse. Mieux vaut nier la Création du monde et la Crucifixion du Christ que douter de la suprême importance de l’Holocauste, cette nouvelle religion élitiste et antidémocratique, fondement de l’interventionnisme et de la supériorité des riches-et-puissants. Bien que ce culte démente la soi-disant séparation de l’Eglise et de l’Etat, nul émule de Voltaire n’écrase l’infâme et, quand bien même y en aurait-il un qui le veuille, la République a de nouvelles prisons, qui valent bien celle de la Bastille.
Essayez seulement, pour voir, de formuler la moindre critique au sujet de l’apartheid à direction juive en Palestine, de ses racines historiques et idéologiques. On ne vous expédiera pas dans un camp, c’est vrai, mais on vous submergera sous les pénalités jusqu’à vous faire disparaître. Mon ouvrage consacré à cette question, The Galilee Flowers, a été publié en plusieurs langues et dans beaucoup de pays, tant en Europe qu’ailleurs. Il a été publié, également, en France, sous le titre L’Autre Visage d’Israël. Mais il n’y a qu’en France que la première édition de ce livre a été brûlée, sur les injonctions du CRIF, et que l’éditeur de la deuxième édition a été condamné à une amende d’un montant de quinze mille euros.

Ainsi, moi, qui suis Israélien, j’ai été poursuivi par le CRIF pour manque de respect envers les juifs, et un tribunal français a reçu la plainte transmise par la LICRA. Y a-t-il une autre communauté, existe-t-il une autre religion ou un autre groupe de personnes qui jouissent d’une telle protection ? Ne vous y trompez pas : ces jugements ne sont nullement fondés sur le droit, mais uniquement sur son interprétation biaisée. Quand un raciste antimusulman est poursuivi pour offense à l’Islam, les tribunaux rejettent, indignés, de telles plaintes, au nom de la liberté d’expression. En fait, les tribunaux ne jouissent jamais d’une totale liberté de décision : ils sont susceptibles d’accepter une plainte afin de protéger la dignité de quelqu’un, ou bien ils peuvent la rejeter, afin de protéger les libertés. Les juges sont des êtres humains : ils savent surtout ce qui est bon pour eux-mêmes. S’ils interdisaient les attaques
contre l’Islam, tout en autorisant la critique de la judéité, ils pourraient probablement dire adieu à leur promotion, pour commencer… Aujourd’hui, les juifs sont dans la position de l’aristocratie sous l’ancien régime : ils sont au-dessus de toute critique et il est tout simplement inenvisageable de les mettre en cause.

Nombreux sont ceux qui ont remarqué les origines juives de Sarkozy. Mais cela ne veut pas dire grand-chose. Si vous voulez observer ce que sont le véritable sycophantisme et l’authentique soumission aux juifs, alors écoutez plutôt Fadela Amara, la secrétaire d’Etat française (d’origine algérienne) chargée de la Politique de la Ville *. Pour elle, seuls importent la souffrance juive, les droits juifs, la mémoire juive. Et rien d’autre ; ni les peines des Français, ni celles de son propre peuple. Elle donne de la voix pour défendre le sang de responsables juifs potentiellement déloyaux. Elle « regrette » le malheur des Algériens ou des Africains colonisés, mais « cela ne saurait être comparé » au sort des juifs. Elle hait le Hamas, le gouvernement palestinien démocratiquement élu, elle abhorre le président de l’Iran ; elle soutient les caricatures et les films antimusulmans, et se elle sent comme chez elle en Israël.
Elle vous gouverne, dans l’ombre courte Sarkozy. Un autre ministre, celui des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, fut le gauleiter de l’Otan au Kosovo occupé ; sous son administration bienveillante, des milliers de Kosovars de la « mauvaise » ethnie ou de la « mauvaise » croyance religieuse ont été chassés de chez eux, ou tués. Aujourd’hui, il vous gouverne. Sioniste et activiste droit-de-l’hommiste, il a soutenu toutes les interventions militaires fondées sur les « droits de l’homme » : bombardements de la Serbie , invasion de la Somalie , invasion de l’Irak… (Remplissez les pointillés…) Il a gouverné le Kosovo conquis par l’Otan, et il a autorisé ses chouchous, les gangs albanais, à brûler des églises et à expulser les Serbes. Aujourd’hui – normal – il soutient les plans d’attaque de l’Iran fomentés par Bush, et les projets israéliens d’étranglement de Gaza.

Ni Sarkozy, ni Kouchner ne seraient parvenus au pouvoir, si ces puissances non-élues que sont les médias, les banques et la justice, n’avaient pas comploté contre votre liberté, placé BHL et Finklelkraut à l’intérieur de chaque téléviseur et de chaque poste de radio, arrêté et jeté en prison des gens pensant différemment, et financé exclusivement certains projets bien particuliers, à l’exclusion de tous les autres. Il faut réinstaurer la démocratie ; les pouvoirs non-élus doivent être placés sous le contrôle des électeurs.
Ce qui se passe en France préoccupe énormément le monde entier. La France était un phare de civilisation, un bastion de culture et le pays par excellence où il faisait bon vivre. Nous, les milliards d’étrangers, nous aimerions que vous restiez à la hauteur de vos glorieuses traditions françaises. Nous en vous conjurons : ne devenez pas, à votre tour, des clones produits en masse !

Israel Adam Shamir
Jaffa


*La gauchiste (de service) de Sarkozy (extraits)
par Adara Primor, le 26 août 2008, in Haaretz (Israël)
https://www.haaretz.co.il/hasen/pages/ShArtStEngPE.jhtml?itemNo=971505

Fadela Amara (43 ans), secrétaire d’Etat à la Politique de la Ville , est féministe et célibataire, militante dans l’âme et elle a l’anti-islamisme dans le sang. Bien que liée à la gauche idéologique, elle est ministre dans un gouvernement de droite…


Comme chez elle, en Israël

Amara dit qu’en Israël, elle s’est sentie, de fait, comme chez elle.


L’Holocauste : incomparable

L’Algérie : « Il est exact que mon père, né sous le colonialisme, était privé de ses droits. Il n’avait pas pu aller à l’école, et je ne peux que regretter ces « intervalles malheureux » qui parsèment l’histoire de la France. Mais il n’y a rien de commun, en cela, avec la Solution finale. Le terrible Holocauste fut l’acte le plus barbare auquel le monde ait eu jamais à faire face. Cela n’est comparable à absolument rien d’autre. Même pas au génocide, au Rwanda. »


Mais, au Rwanda, il s’agissait d’un génocide organisé, cependant ?

« Certes, mais il n’avait pas été planifié, ni mis à exécution, de la même manière, mécaniste et perverse. A mon avis, le piège auquel certains intellectuels tentent de recourir en mettant tout sur le même plan, au nom d’une sorte de compétition entre les différentes mémoires, représente le summum de l’antisémitisme. C’est là un acte d’antisémitisme de luxe… L’antisémitisme est en train de revenir, sous une nouvelle formule, dans les banlieues, où les Islamistes ont pourri le cerveau de nos gamins. Si nous avions rempli nos rôle comme il aurait fallu, et si nous avions radicalement réduit l’antisémitisme en France, y compris dans l’administration, nous n’assisterions pas, aujourd’hui, dans les banlieues, à sa forme islamiste, ni à son discours, qui a des tonalités fascistes. Tout cela, c’est le résultat de notre lâcheté, et aussi du fait que nous n’avons pas voulu l’admettre, que nous voulions ne
pas savoir.


Soutenez-vous la proposition controversée du Président Sarkozy, d’assigner à chaque élève des écoles élémentaires la tâche de se souvenir d’un enfant juif particulier ayant péri dans l’Holocauste ?

« Oui. Je suis si terriblement angoissée à l’idée que cela puisse se produire à nouveau, que je ferais n’importe quoi à ce sujet. L’idée de l’adoption de la mémoire d’un enfant disparu dans l’Holocauste – peut-être pas par un élève en particulier, mais par une classe entière – est une idée qui est, à la fois, bonne, efficace et nécessaire. En particulier, aujourd’hui.

« Les gens évoquent un si grand nombre de mémoires – colonisation, esclavage, etc… Mais c’est sur l’Holocauste qu’il faut mettre l’accent, parce que nous n’en avons pas suffisamment internalisé la mémoire.

« Etant quelqu’un qui respecte la démocratie, et opposée aux forces islamistes, j’ai été très très triste, quand le Hamas a remporté les élections...

« Quoi qu’il en soit, on ne peut permettre à quiconque de remettre en cause le droit à l’existence d’Israël, comme le fait ce psychopathe de président iranien !...


Ce « président psychopathe », comme vous dites, vous effraie-t-il ?

« Quiconque affirme ne pas avoir peur de quelqu’un comme lui est aussi fou que lui ! »


Quelle est votre position en ce qui concerne la publication de la caricature du Prophète Mahomet ?

« En tant que partisane fanatique de la liberté d’expression, je la défends. Je comprends que d’aucuns puissent avoir été offensés par cette publication, mais je ne comprends toujours pas pourquoi elle a pu provoquer un tel tollé ? »


Et vous soutenez aussi la distribution du film produit par le Hollandais d’extrême-droite Geert Wilders, qui affirme que le Coran est d’essence fasciste, et qui le compare au Mein Kampf d’Adolf Hitler ?

« Oui ! », répond Amara avec ferveur. « Je suis contre la comparaison établie avec Mein Kampf, mais j’exige qu’on me permette de combattre pour que les gens puissent s’exprimer conformément à leurs idées et à leurs croyances. »


Même s’ils ont l’intention de provoquer ?

« Oui. S’il existe des gens qui pensent que l’Islam est une religion de terroristes, je dois être en mesure de les entendre dire cela, et de leur répliquer sur ce point : c’est l’essence même de la démocratie ».
 

21/08/2008

27/11/2007: Sortie de mon livre sur RSF...

 


-------- Message original -------- Sujet: Sortie de mon livre sur RSF
Date: Tue, 27 Nov 2007 12:01:55 +0100
De: Maxime Vivas <
maxime.vivas@orange.fr>
Pour :: <
"Undisclosed-Recipient:;"@orange.fr>

Amis et connaissances,
 
Des années de travail  et d'investigations (menées ici  et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là.
Le 6 avril 2006, parce que j'avais, au détour d'une phrase, évoqué ses sources de financements US,  RSF m'avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice"
Au nom de la liberté d'expression ? m'étonné-je.
Quoi qu'il en soit, j'offre aujourd'hui au libre débat ces 272 pages (36 chapitres et 6 annexes) de preuves sur la vraie nature de cette drôle d'ONG...
Maxime Vivas
(Ce texte circule sur le Net. pardon à ceux qui l'ont déjà reçu).
 
 
 
 
 

Maxime Vivas.
Préface de Thierry Deronne.
 
 
 
 
« La face cachée de Reporters sans frontières
 
(De la CIA aux faucons du Pentagone) »
 
 
En librairie, nov. 2007.  272 pages (36 chapitres, six annexes), 20 euros. Editions Aden.
 
 


_________________________________________
Préambule (extraits).
 
Liberté de la presse, des journalistes et devoir d’informer.
 
La devise de Reporters sans frontières est simple. « Nous défendons le droit d’expression des journalistes  « Le public comprend : « notre droit à l’information « .
Ici commence un quiproquo majeur.
RSF ne prétend pas lutter pour le droit du public à bénéficier d’une information vraie. Le lecteur a peu à voir dans cette affaire. Le centre du combat, c’est le journaliste. Il faut qu’il ait le droit de publier ses articles. N’importe lesquels, quitte à raviver la douleur des victimes d’un génocide. Dans un débat au Québec devant un public nombreux, le 28 avril 2005,(1) il revendiqua le droit pour les journalistes d’écrire des articles « révisionnistes et négationnistes ».
Au cours d’une intervention prononcée le 8 novembre 2002 lors d’un colloque à l'Université de la paix et au Centre mondial de la paix de Verdun, André Lewin, ancien ambassadeur de France, ancien porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, s’est étonné du contenu du livre de Robert Ménard « La censure des bien-pensants» (écrit avec son épouse, Emmanuelle Duverger) : « Pour Robert Ménard, après réflexion, l'appel au génocide[ici au Rwuanda] ne peut servir d'argument à quelque censure que ce soit, du moment qu'il émane d'un journaliste, car ce serait selon lui l'expression d'une opinion. D'ailleurs, en toute logique, Robert Ménard écrit ensuite que Faurisson, l'universitaire négationniste bien connu, a le droit de prétendre que l'holocauste n'a pas pu exister et donc n'a pas eu lieu, il a le droit de l'écrire et même de l'enseigner à ses étudiants. Cette « dénégation» d'un fait avéré n'est en réalité pas une opinion, mais un mensonge. Et pour Robert Ménard, finalement un mensonge une fois imprimé n'est plus tout à fait un mensonge, puisqu'il a acquis en quelque sorte droit de cité.»(2)
Ce n’est donc pas la vérité qui est au cœur du combat de Robert Ménard.
Le bourrage de crâne de la population états-unienne par des médias surabondants (les USA comptent 1.700 quotidiens, 11.000 stations de radio, 2.000 chaînes de télévision et 11.500 magazines) alertant à l’unisson sur les armes de destruction massive (ADM) de Saddam Hussein ne lui inspira pas une campagne de presse (…).
Ce qui émeut RSF, ce n’est pas le licenciement des journalistes exempts de faute professionnelle mais cependant victimes d’une restructuration par les magnats de la presse, princes de l’industrie et de la finance, ni le fait que ces patrons disposent du droit (dont ils usent plus ou moins délicatement) de dicter une ligne éditoriale à des journaux prétendus objectifs.
Non, ce que veut RSF c’est que partout, toujours, les journalistes qui contestent un pouvoir populaire aient les mêmes débouchés pour le même discours (et qu’importe s’il véhicule des mensonges) que ceux qui soutiennent, en groupe serré, les pouvoirs au service des oligarchies. Ainsi l’unanimisme médiatique fera-t-il un grand pas en avant, grimé en pluralité.
Quand la presse pauvre des pays riches, la voix des citoyens les moins favorisés, sera absorbée par les banques, on ne recueillera pas dans l’oreille le moindre soupir de RSF. Quand la presse pauvre des pays pauvres, celle qui rend compte d’une politique d’indépendance et de récupération pour tous des richesses nationales, affronte en un combat inégal une presse riche, militante et phagocytaire, RSF s’inquiète des entraves législatives qui freineraient cette dernière dans sa marche gloutonne. Quand la presse des pays envahis est soumise aux diktats des militaires étrangers, RSF parle de liberté retrouvée.
Dans chacun de ces cas, la pensée unique triomphe, masquée par une pléthore de titres véhiculant le même credo. C’est la loi du plus fort, c’est celle de l’Empire qui se proclame emblématique de la démocratie, tandis que les cris du faible sont dénoncés comme dictatoriaux.
Qu’importe le contenu, dit en substance RSF, parlons du droit des contenants.
Or, la dissociation du droit de dire et du devoir de ne pas mentir est une escroquerie intellectuelle et une atteinte à la démocratie. L’absence d’analyse des répercussions de la mainmise de l’argent sur la presse en est une autre. Clamer que le journaliste doit pouvoir écrire sans ajouter que le lecteur a le droit de savoir, c’est mépriser ce dernier. Rechigner à désavouer les trucages, les impostures, les mystifications, les falsifications, c’est décrédibiliser toute la corporation. Agir comme si le journalisme était une profession à part, plus qu’un autre intouchable, c’est fabriquer un clan, c’est le désigner comme mafia(3). Exalter les réflexes de solidarité corporatiste dès qu’un organe de presse est mis en cause, c’est afficher que ce pouvoir-là ne supporte pas un contrepouvoir. Poser en principe que la possession d’une carte de presse, l’accès à un micro, confèrent un droit au monologue est révélateur d’un penchant autocratique.
Oui, la liberté d’écrire des contrevérités ou des vérités partielles, de façonner l’opinion par les choix de thèmes arbitrairement priorisés, d’en occulter d’autres, de ne pas rendre de comptes, cette liberté-là est liberticide.
L’affirmation selon laquelle la démocratie fleurit là où paraît une presse nombreuse est aussi une duperie. Non ! La démocratie est là où la presse dit vrai. Mille journaux qui mentent valent moins qu’une pauvre feuille de chou qui rapporte les faits réels. Quand le secrétaire général de RSF explique : « J’ai 52 ans, je suis de la génération d’après mai 68, et j’ai toujours pensé que le journalisme était une manière, pas seulement de commenter le monde, mais de le changer. »(4), il nous dit tout de go que le travail d’un journaliste consiste à donner son avis et à intervenir politiquement. Il évacue son premier travail : apporter de l’information, vérifiée, sincère, objective, aussi complète que possible.
Oublier que les lecteurs ont connu les mêmes écoles que les journalistes (et parfois plus longtemps), ont eu les mêmes maîtres et se sont construits à la lecture des mêmes penseurs, c’est accorder indûment aux seconds une supériorité intellectuelle qui résiste rarement à la confrontation entre le producteur de copies et le consommateur.
Soutenir que l’Etat ne doit pas intervenir (légiférer) dans le domaine de la presse, c’est accorder un pouvoir sans partage aux puissances d’argent, ouvrir un boulevard à tous les bonimenteurs sans vergogne, encourager à toutes les surenchères racoleuses, à toutes les manipulations, à tous les complots, à tous les putschs, c’est dérouler les barbelés de la propagande camouflés sous le duvet de l’information.
Pour que la presse fasse son travail, que les journalistes soient respectés, que le lecteur puisse lire, écouter, visionner en confiance, il faut des médias dont le rôle, les droits et les devoirs sont cadrés par la loi, des journalistes dont la hiérarchie est du métier et non de la finance ; il faut des conditions favorables à une minimum d’indépendance sans laquelle il n’y a pas de déontologie autre que proclamée, c’est-à-dire un supra mensonge qui couronne tous les autres en essayant de les nier.
[…] Si le grand public connaît les noms des syndicats des autres salariés, des étudiants et du patronat, si chacun sait ce que recouvrent les sigles CGT, UNEF, MEDEF, qui peut dire comment les journalistes sont organisés, qui a entendu une déclaration d’un de leurs syndicats quand un grand reporter est enlevé ou tué ou licencié, ou contraint par l’actionnaire principal de jeter son papier dans la corbeille ? Un usurpateur s’est substitué à eux, un coucou a pondu un œuf dans leur nid, un intrus y est né, y a grossi démesurément. Il s’appelle Reporters sans frontières, aberration génétique dont le bec s’ouvre sur un estomac insatiable qui engloutit argent des contribuables français et européens, dons de richissimes sponsors privés, contributions d’anonymes compatissants et, plus discrètement, les billets verts de l’Oncle Sam qui n’a jamais confondu organisation humanitaire et relais médiatique de sa politique guerrière. Parce que Reporters sans frontières ne répugne pas à propager des fausses nouvelles utiles à l’Empire, parce qu’elle s’évertue à minimiser les crimes de l’US Army contre les grands reporters, parce qu’elle revendique son mutisme sur les effets pervers de la concentration de la presse dans les mains des puissances financières, parce qu’elle dirige l’essentiel de ses tirs idéologiques sur les plus faibles, elle n’aide ni ne protège les journalistes, elle participe à la déconsidération dont ils souffrent. Elle les met en danger.
C’est ce qui sera démontré dans les pages qui suivent.
 
Ecrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d’Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié plusieurs livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d’articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.
 
Licencié en Communications Sociales (IHECS, Bruxelles), le journaliste vénézuélien Thierry Deronne a fondé plusieurs télévisions associatives (Teletambores, Camunare Rojo TV), l´Ecole Populaire et Latinoaméricaine de Cinéma (Caracas), le Journal International de Quartier. Il est vice-président de la Télévision Publique nationale du Venezuela Vive TV.
 
 
 
 


(1) Ménard ne fait là que répéter une antienne. Dans son livre « Ces journalistes que l'on veut faire taire » (Albin Michel, mars 2001, il qualifie d’« anomalie contre laquelle nous luttons » la loi Gayssot à laquelle il reproche de renforcer « les sanctions visant les propos racistes, antisémites, xénophobes. » (Page 168).
Voir la vidéo sur Google :
www.ebabylone.com/encyclopedie_Reporters_sans_fronti%E8res.html (et cliquer tout en bas de la page sur Vidéo). [Le 16 août 2007, sur France Culture, il justifiera  crûment le recours à la torture « sans aucune limite ». Voir détails page 265]
(2)afnu.france.free.fr/doc%20lewin/Verduncolloque.doc
(3) 115 syndicalistes ont été assassinés dans le monde en 2005. La Colombie est le pays le plus dangereux pour eux : 70 y ont trouvé la mort. Or, le syndicalisme est nécessaire à la démocratie. Pourquoi n’est-ce pas dit plus fort, plus souvent ? La vie de ces hommes qui, partout dans le monde, ont rendu possible les conquêtes sociales et ont fait avancer le droit du travail (dont bénéficient aussi les journalistes) vaut-elle moins que d’autres ?
(4) forum.nouvelobs.com/archives/forum_284.html


 

21:38 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, capitalisme, france, histoire, information, liberte, mensonges, medias, presse, rsf, romain, democratie, propagande, silence, television | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/08/2008

12/08/2008: ouvrage De Munich à Vichy...

-------- Message original --------

Sujet: TR: Réf. : Interview ALR sur De Munich à Vichy
Date: Tue, 12 Aug 2008 22:40:28 +0200
De: Annie Lacroix-Riz <annie.lacroix-riz@wanadoo.fr>


De : Annie Lacroix-Riz [mailto:annie.lacroix-riz@wanadoo.fr]
Envoyé : mardi 12 août 2008 22:39
Objet : TR: Réf. : Interview ALR sur De Munich à Vichy

 

Chers amis et camarades,

Mon ouvrage De Munich à Vichy sort demain.

Voir ci-dessous les deux textes suivants, qui y ont été consacrés par deux lecteurs de ses épreuves, Jean Lévy et Jean-Christophe Grellety.

 

Bonne lecture,

 

Amitiés,

 

Annie

 

Signature à la fête de l'Huma

 

 

1° Le blog du 4 août 2008 de Jean Lévy

De Munich à Vichy

 

Nous commençons ce 'blog' par une 'histoire'.

Il s'agit d'une des nombreuses apostrophes attribuées au général de Gaulle.

Le chef de la France libre rencontre pour la première fois le général Giraud.

Nous sommes au Maroc, en janvier 1943. Les troupes anglo-américaines ont débarqué en Afrique du Nord, le 7 novembre 1942. Giraud, fraîchement arrivé de Vichy (où il avait adoubé Pétain), venait d'être promu, par le représentant de Roosevelt, « proconsul » français, en Afrique du Nord.

De Gaulle, tenu en dehors des opérations militaires alliées en Afrique du Nord, écarté de toute responsabilité politique par les plans US, rechigne.

Il impose sa venue et une nouvelle redistribution des cartes. Au repas de 'réconciliation', en présence du président des Etats-Unis et de Churchill, Giraud, très disert, raconte avec force détails son évasion d'Allemagne.

Son récit terminé, de Gaulle le félicite et poursuit :

«Vous pourriez peut-être nous conter maintenant comment vous fûtes fait prisonnier    ».

Cette 'histoire' a une morale. si les victoires et les moments glorieux de notre passé, sont célébrés avec faste, et sont accompagnés d'officielles et récurrentes cérémonies commémoratives, les évènements sombres, les époques noires passent souvent à la trappe de l'Histoire.

On rend hommage chaque année aux héros de la « Grande guerre » chaque 11 novembre. On fête la Libération de Paris d'août 44, la capitulation allemande du 8 mai 45.

Si la capitale a été libérée, c'est que le pays a été envahi, et s'il a été envahi, c'est que notre pays a subi un désastre militaire sans précédent (il a fallu 35 jours aux panzers nazis pour occuper Paris), Mais pose-t-on la question :  « comment la France en est-elle arrivée là ? ».

 

Certes, des « explications » diverses ont été données très succinctement.

D'un côté, on prétend que « notre armée (considérée en 1939 comme la première du monde) a été mal conduite, avec des généraux incapables, un armement insuffisant et inadapté ».

De l'autre, on met en cause 'les 40 heures qui auraient réduit nos capacités  industrielles d'armement', le Front Populaire et son 'esprit de jouissance(qui) l'aurait emporté sur l'esprit de sacrifice' (dixit Pétain), la 'faiblesse' de la IIIème République face aux Etats 'virils' (l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste).

Mais le motif, le plus souvent évoqué depuis des décennies, c'est « la trahison de l'Union soviétique » qui, en signant en août 1939, un pacte de non-agression avec l'Allemagne hitlérienne, aurait donné « un coup de poignard dans le dos aux Alliés ».

Cette affirmation, sans cesse assénée, tant par les médias que dans nos collèges et lycées, distillée comme « vérité officielle », depuis près de soixante-dix ans, est devenue l'Histoire, avec un grand H.

Cette version des faits répond à la volonté de la classe dirigeante de corrompre les esprits, non seulement en fonction du passé, mais également du présent. Cette attitude délibérée s'insère dans la lutte idéologique actuelle que mène, tous azimuts, le capitalisme financier contreles forces qui s'opposent à sa domination.

 

Certes, des livres militants ont tenté de donner d'autres explications. Ils ont rappelé les faits, la trahison rampante de la bourgeoisie, « préférant Hitler au Front populaire », le chemin qui a mené de la République à l'Etat français.

Mais il manquait des ouvrages savants, écrits par des historiens, nourris aux sources des archives croisées dont on dispose aujourd'hui, soucieux de prendre en compte la réalité politique et économique de la période précédant la seconde guerre mondiale et des attitudes des principaux acteurs, qui ont joué un rôle dans la décennie des années trente.

Annie Lacroix-Riz, professeur à Paris-VII, s'inspirant de cette méthodologie

 

rigoureuse, nous apporte, depuis des années, ouvrage après ouvrage, les réponses aux questions posées par la Seconde guerre mondiale, la défaite, l'Occupation.

Après « Banquiers et industriels sous l'Occupation », puis « Le choix de la défaite », Annie Lacroix-Riz publie « De Munich à Vichy, L'assassinat de la Troisième République ».* Cet ouvrage, qui couvre les deux dernières années qui ont précédé la défaite, de 1938 à 1940, s'appuie sur l'ensemble des archives disponibles, françaises, allemandes, britanniques, américaine, portant sur les sources diplomatiques, policières, économiques et politiques des camps en présence.

Annie Lacroix-Riz, en 300 pages, avec plus de 50 pages de références qui authentifient les affirmations de l'auteur, une ample bibliographie et une chronologie des évènements, restitue la vérité sur cette période décisive, vérité délibérément occultée par l'histoire officielle. L'historienne permet de comprendre l'enchaînement des évènements, les raisons d'une défaite programmée par les élites de ce temps, « l'assassinat » orchestré de la Troisième République. La réussite de ce plan supposait l'écrasement de toute résistance populaire, la mise hors la loi du Parti Communiste français

 

et de ses militants. Ce qui fut réalisé AVANT LA DEFAITE par le personnel politique en place, de droite comme, prétendument, de 'gauche'.

Pour arriver à ses fins, il fallait pervertir les esprits et falsifier l'Histoire.

Ce qui fut fait à l'époque et qui se perpétue de nos jours.

Il faut lire Annie Lacroix-Riz.

Même les esprits ouverts, tous ceux qui avaient compris la réalité de la trahison des élites dans les années trente, même ceux-là restent ébahis par l'énormité du complot, la « collaboration » avant la lettre, dès 1938, et même bien avant, entre politiciens français et nazis allemands, entre la police française et la Gestapo,

 

Cette année marquera le 70ième anniversaire de la honteuse capitulation de Munich du 28 septembre 1938. Puis, la fin de la « semaine des deux dimanches », l'écrasement de la résistance ouvrière avec la grève du 30 novembre (deux ans après le Front populaire), la réception des dignitaires hitlériens à Paris, le 6 décembre suivant, par le gouvernement Daladier- Bonnet-Reynaud (d'où furent exclus les ministres juifs), les décrets instituant les premiers camps de concentration visant les « étrangers indésirables ».

Il serait donc bon, avec le dernier ouvrage d'Annie Lacroix-Riz, de faire connaître au plus grand nombre, la vérité sur ces évènements qui préparaient la défaite et ouvraient la voie à Vichy.

 

Au-delà de notre histoire enfin restituée, cette bataille idéologique s'intègre à celle que nous menons, aujourd'hui, vis-à-vis des mêmes ennemis, l'élite de la grande bourgeoisie, ses politiciens soumis et leurs médias, contre la nouvelle trahison nationale que constitue la « collaboration européenne » au sein de l'Union, au détriment de notre peuple, de sa souveraineté, de son indépendance.

 

*Annie LACROIX-RIZ, « De Munich à Vichy,

        L'assassinat de la Troisième République 1938-1940 »

        publié chez Armand COLIN

Cet ouvrage doit sortir au mois d'août.

 

2° l’entretien avec Jean-Christophe Grellety, paru ce jour, http://jeanchristophegrellety.typepad.com

15:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : societe, paix, propagande, politique, histoire, liberte, socialisme, guerre, paris, pc, resistance, silence, television, urss, actualite, agenda, france, fascisme, hitler, staline, imperialisme, mensonges, medias, presse, usa, agressions, courcelles, capitalisme, communisme, europhe, information | |  Facebook | |  Imprimer | | |

12/07/2008

09/07/2008: Mugabe, ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal…

[http://pagesperso-orange.fr/polex/bulletin/bulletin_46_art4.htm]
Parlons clair n°46

Mugabe, ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal…

Les grands médias français, journaux de droite et de gauche, télés privées et publiques au service de Sarkozy, ont enfin trouvé un sujet qui fait leur unanimité : le Zimbabwe est un enfer africain, et Robert Mugabe, son président inamovible, un vieillard criminel responsable des maux qui affligent son peuple. Même le journal « L’Humanité », qui fut autrefois anti-impérialiste, et qui est en 2008 désireux de ne pas être différent des autres, a titré l’autre jour : « Mugabe, au ban de l’Afrique » ! Ce qui est à la fois un mensonge, comme le montre la récente réunion de l’OUA, et une falsification des propos de Mandela par exemple. Car le père de la nation arc-en-ciel, et Zuma, dirigeant élu de l’ANC, s’ils ont condamné l’obstination de Mugabe à s’accrocher à un pouvoir ébranlé, et déploré « l’échec tragique du Zimbabwe », ne l’ont jamais attribué à son seul président. Il serait donc temps d’informer l’opinion française, manipulée, de quelques vérités que l’on sait, d’Alger à Pretoria.1-Le Zimbabwe, autrefois Rhodésie, a subi très longtemps le pillage colonial par l’Empire britannique. Le peuple noir du Zimbabwe n’a réussi à arracher son indépendance qu’après de longues années de lutte armée, sous la direction de militants courageux et populaires comme Robert Mugabe et ses compagnons, les partisans de la ZANU. Ils en conservent encore le prestige, une génération plus tard.2-L’indépendance politique arrachée au Royaume Uni Britannique laissait au nouveau Zimbabwe un lourd passif, sous-développement industriel, chômage et extraordinaire inégalité agraire : les trois-quarts des terres les plus fertiles restaient entre les mains de quelques dizaines de milliers de familles de grands propriétaires d’origine européenne, qui y produisaient essentiellement du tabac destiné à l’exportation. Aux termes des accords d’indépendance, la redistribution des terres, aspiration populaire incluse dans le programme des mouvements nationalistes arrivant au pouvoir, devait se faire en quelques années, grâce à l’indemnisation des colons expropriés par la Grande Bretagne. Les autorités britanniques n’ayant jamais tenu leur promesse, la réforme agraire était toujours à faire une génération plus tard.3-Le régime élu du Président Mugabe, soutenu en cela par la population, a lancé il y a quelques années un début de réforme agraire, sans indemnisation des grands propriétaires expropriés. Malheureusement, cela s’est fait de façon chaotique, trop souvent au seul profit de clients politiques du pouvoir plutôt que des paysans nécessiteux. Parallèlement, l’asphyxie économique du pays par les Britanniques et l’occident (aucun crédit du FMI, embargo commercial) entraînait une inflation énorme et la ruine d’une agriculture d’exportation incapable de poursuivre les investissements nécessaires (engrais, machines, etc).4-Une réforme agraire, donc, entamée dans les pires conditions, qui n’étaient pas du seul fait de Mugabe et son entourage, se termine en désastre économique, et l’émigration massive vers l’Afrique du Sud, au point d’y provoquer de véritables pogroms xénophobes. Le mécontentement populaire s’est exprimé majoritairement lors des élections législatives de 2008. L’obstination de Mugabe s’accrochant au-delà du raisonnable au pouvoir, en truquant les élections présidentielles, en faisant régner la terreur grâce à des gros bras recrutés dans le « lumpen prolétariat » de Harare et des villages, n’est évidemment pas la solution adaptée à longue échéance. Mais il est malhonnête de présenter le parti d’opposition (MDC) et notamment son dirigeant Tsvangirai, ancien syndicaliste, comme des démocrates progressistes : le syndicalisme peut conduire au pouvoir, à condition d’en sortir et de donner des gages politiques à des sponsors qui n’ont rien de désintéressé. Le MDC dont le programme est flou, hormis sa volonté d’accéder au gouvernement, est soutenu et financé par les dirigeants occidentaux et les agrariens « blancs » du Zimbabwe, menacés de réforme agraire.5-Si les solutions apportées par Mugabe et son parti sont inadaptées, le problème de l’inégalité agraire est bien réel, et la réforme agraire toujours nécessaire. Mieux, le même problème hérité de la civilisation européenne, existe aussi dans les pays voisins, et surtout en Afrique du Sud. Faute de réforme agraire depuis la fin de l’apartheid, il reste explosif, se traduit par une criminalité très forte à la campagne, un chômage massif (+ de 25%) que l’industrie ne peut absorber, et peut déboucher sur le pire si l’ANC ne sait pas le résoudre.6-Pour l’instant, il s’agit d’éviter le pire en ne se joignant pas à la meute des médias occidentaux qui envisage froidement de faire du drame zimbabwéen le prétexte d’une intervention impérialiste en Afrique Australe, à l’image de ce qui se passe au Tchad, en Somalie, etc…Relayés par les « Européens », les dirigeants britanniques et Georges Bush exigent de la « communauté internationale » de ne plus reconnaître les autorités du Zimbabwe (alors qu’ils maintiennent au pouvoir « leurs » dictateurs africains, du Camerounais Biya au Tchadien Deby). Prêts à combattre pour « la démocratie » jusqu’au dernier Zimbabwéen, ils envisagent froidement la guerre civile à Harare, et une intervention militaire internationale pour y « rétablir la paix », ce qui serait une ingérence directe de l’impérialisme en Afrique Australe. Le Zimbabwe, dans ce schéma impérial, pourrait devenir un nouvel Irak. La seule issue politique est la négociation pacifique entre Zimbabwéens, sans ingérence extérieure.
Il serait ahurissant que des anti-impérialistes français, par ignorance ou par opportunisme, prêtent la main à cette opération de l’impérialisme mondial, Bush, Gordon Brown et Sarkozy réunis.
Francis Arzalier

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Envoyé par Romain dans Ce que la grande presse "libre", "neutre" et "indépendante" capitaliste ne vous dira pas le 7/09/2008 07:15:00 PM

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16:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, histoire, actualite, presse, medias, democratie, liberte, propagande, silence, information, television, capitalisme, colonialisme, imperialisme, euro-dictature, afrique, zimbabwe, romain | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/06/2008

08/06/2008: 'Comment les États-Unis ont appauvri Haïti' ?


-------- Message original --------
Sujet: FW: comment ils l'ont appauvri...
Date: Sun, 8 Jun 2008 19:22:08 +0200
De: Joss Rovélas <jossrovelas@msn.com>


From: g.archimede@wanadoo.fr

Quelques informations:
 
'Comment les États-Unis ont appauvri Haïti'
 
source : San Francisco Bay View / Posté le 13 septembre 2003. Par J. Damu 

 
Même si la demande de réparations d'Haïti à la France est juste, cela masque le rôle que les États-Unis ont  joué dans le processus d'appauvrissement d'Haïti, un  rôle qui se poursuit jusqu'à ce jour.  Aujourd'hui, Haïti est un pays grandement endetté dont le rapport de la dette à exporter est de près de 300%, un chiffre bien plus élevé que ce qui est considéré viable même par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Ces deux institutions sont dominées par les États-Unis.  En 1980, la dette d'Haïti était de $302 millions.


Depuis, elle a plus que triplé pour atteindre $1,1 milliards, soit environ 40% du produit national brut du pays. L'année dernière, Haïti a payé de plus grands montants pour la dette que pour les services médicaux à la population. 
Les fonctionnaires d'Haïti disent que plus de 80% de la dette actuelle a été contractée sous les régimes de François et Jean-Claude Duvalier, Papa Doc et BabyDoc. Ces deux régimes ont opéré sous l'oil bienveillant des États-Unis dont la longue et sordide histoire de garder Haïti bien à l'intérieur de leur sphère d'influence économique et politique est bien connue. 


C'est bien connu que la première cause de l'appauvrissement chronique d'Haïti est les réparations que le pays a dû payer aux anciens propriétaires de plantations qui sont partis après la révolution de 1804. Certains descendants blancs des anciens propriétaires de plantations, vivant maintenant en Nouvelle-Orléans, ont encore les coupons d'indemnisation distribués par la France. On peut ainsi dire qu'une certaine partie des réparations payées par Haïti ont servi au développement des États-Unis. En 1825, Haïti fut forcée d'emprunter 24 millions de francs des banques privées françaises pour commencer le remboursement de la dette écrasante d'indemnité.

Haïti n'a reconnu cette dette que pour obtenir en échange la reconnaissance de son indépendance par les Français, un principe qui continuera de caractériser les relations internationales d'Haïti.  Ces paiements d'indemnité ont causé une situation d'urgence financière continuelle et des perturbations politiques. En 51 ans, Haïti a été dirigée par 16 présidents différents - les nouveaux présidents prenant souvent le pouvoir à la tête d'une armée rebelle.  Néanmoins, Haïti a toujours effectué les paiements d'indemnité - et ensuite, les paiements de prêts à la banque - en respectant les délais.

Cependant, l'intervention de 1915 par les Marines en faveur des intérêts financiers américains a changé tout cela.  Le prélude à l'intervention américaine de 1915 a commencé en 1910 lorsque la Banque Nationale d'Haïti, fondée en 1881 avec un capital français et chargée dès le départ d'administrer le Trésor haïtien, disparut.

Elle fut remplacée par l'institution financière connue sous le nom de la Banque Nationale de la République d'Haïti.  Une partie du capital de la nouvelle banque nationale fut versée à la National City Bank of New York (Banque Nationale de la ville de New York), indiquant ainsi, pour la première fois, un intérêt américain dans les affaires financières d'Haïti. 


La motivation de départ de l'intérêt financier américain en Haïti était les projets de plusieurs corporations américaines en lien avec la National City Bank pour construire un chemin de fer dans ce pays. Pour que ces corporations - y compris la W.R.Grace Corp. - puissent protéger leurs investissements, elles ont fait pression sur le Président Woodrow Wilson et son Secrétaire d'Etat, William Jennings Bryan, afin de trouver des façons de stabiliser l'économie haïtienne, en obtenant une participation majoritaire dans les bureaux de la douane haïtienne, la principale source de revenus du gouvernement. 

Lorsque le Secrétaire d'état Bryan fut mis au courant de toutes les affaires d'Haïti par ses conseillers, il s'exclama : ' Je n'en crois pas mes oreilles ! Des nègres qui parlent français ! '.

Ironiquement, cependant, Bryan, un anti-impérialiste de longue date, était contre toute forme de relations d'exploitation entre les États-Unis et Haïti ou tout autre pays de l'hémisphère occidental. En fait, il avait demandé depuis longtemps d'annuler les dettes des plus petits pays afin que ces derniers puissent grandir normalement et se développer. Il n'est pas surprenant que les idées de Bryan n'étaient pas bien reçues à Washington ni à Wall Street. 


À cause de l'ignorance presque complète au sujet d'Haïti au Département d'Etat et à Washington, Bryan fut forcé de se tourner vers n'importe qui possédant des informations de première main. Il se trouva que cette personne était Roger L.Farnham, une des rares personnes étant très familières avec les affaires haïtiennes.  Farnham était très familier avec les affaires haïtiennes parce qu'il était vice-président de la National City Bank of New York et de la Banque Nationale de la République d'Haïti et président du Chemin de Fer National d'Haïti.

Malgré l'hostilité du Secrétaire d'Etat envers Wall Street et l'évident conflit d'intérêt de Farnham, Bryan compta beaucoup sur Farnham pour ses informations et ses conseils.  Étant vice-président de la National City Bank ainsi que de la Banque Nationale de la République d'Haïti, Farnham joua au chat et à la souris avec la législature haïtienne et le président.

À tour de rôle, il les menaçait d'une intervention américaine directe ou de bloquer les fonds du gouvernement s'ils refusaient de déléguer le contrôle des bureaux de douane haïtiens à la National City Bank. Pour défendre l'indépendance haïtienne, les législateurs refusèrent à chaque moment. 

Finalement, en 1914, avec le déclenchement de la Première Guerre Mondiale, Farnham réussit à convaincre Washington que la France et l'Allemagne représentaient des menaces directes pour les États-Unis par leur présence en Haïti. Chacun de ces pays avait une petite colonie de gens d'affaires là-bas. 

En décembre 1914, Farnham prit un arrangement avec les Marines américains pour que ces derniers débarquent à Port-au-Prince, entrent dans la Banque Nationale d'Haïti et volent deux coffres-forts contenant $500,000 en monnaie haïtienne et naviguent jusqu'à New York, où l'argent fut placé dans la New York City Bank. Avec cette manouvre, le gouvernement haïtien devint totalement dépendant de Farnham en ce qui a trait aux finances nécessaires aux opérations. 


La décision finale et immédiate d'intervenir en Haïti fut prise en juillet 1915, avec un autre renversement d'un président haïtien, s'agissant cette fois-ci de la fin sanglante de Vilbrun Guillaume Sam.  Durant les 19 années qui ont suivi, les Etats-Unis exercèrent une autorité suprême partout en Haïti, en utilisant souvent la distribution de médicaments ou de nourriture comme des formes douces de pacification.

Après quelques années cependant, des accusations pour les massacres de paysans haïtiens furent portées contre les militaires lorsque les Haïtiens se révoltèrent contre les programmes de construction des routes qui exigeaient du travail forcéLors d'un incident de la sorte à Fort Reviere, les Marines tuèrent 51 Haïtiens, tout en n'accusant aucune perte de leur côté.

Le secrétaire adjoint de la Marine, Franklin D.Roosevelt, remit la Médaille d'honneur du congrès au major Smedley D.Butler. Une situation relativement semblable à la remise de Médailles d'honneur aux ' héros ' du massacre à Wounded Knee, lorsque des centaines d'Indiens d'Amérique Sioux avaient été massacrés en 1890.  Des rapports d'abus des militaires américains contre les Haïtiens devinrent monnaie courante à un point que le responsable de la NAACP, James Weldon Johnson envoya une délégation pour enquêter sur les accusations, qui ont alors été confirmées. 

L'occupation américaine connaissait quelques succès - le système de santé fut amélioré et la devise stabilisée - mais ce fut d'autres sphères économiques qui subirent le plus de dommages. Durant les 19 années de l'intervention, un maximum d'effort fut mis en place pour rembourser les créanciers américains d'Haïti, tout en n'accordant que très peu ou pas du tout d'attention au développement de l'économie. 

En 1922, l'ancien Commandant de la brigade des Marines, John Russel, fut nommé Haut commissaire en Haïti, un poste qu'il occupa jusqu'aux derniers jours de l'occupation. Sous l'influence de Russel, toutes les différences d'opinion politique furent étouffées et les revenus des bureaux de douane furent détournés, souvent des mois d'avance, vers les créanciers américains d'Haïti, qui avaient endossé des prêts originellement accordés à Haïti pour payer les réparations aux propriétaires de plantation français ! 

En 1929, cependant, avec la dépression économique du monde occidental et la baisse du niveau de vie partout en Haïti, les sérieuses grèves d'étudiants et les révoltes de travailleurs, combinées à l'incapacité de Wall Street d'attirer de sérieux investisseurs là-bas, Washington décida qu'il était temps de mettre un terme à l'occupation militaire. Lorsque le président Franklin D.Roosevelt visita Haïti en 1934 pour annoncer le retrait des troupes, il fut le premier chef d'une nation étrangère dans l'histoire d'Haïti à s'y rendre en visite. 


Malgré le retrait des troupes américaines, les administrateurs financiers américains continuèrent de dominer l'économie haïtienne jusqu'à ce que la dernière dette des premiers prêts fut retirée en 1947.
 
Peu après le retrait américain d'Haïti, un genre de mouvement de sensibilisation noire prit naissance, un précurseur au mouvement de la ' négritude ' popularisé par Aimé Césaire et Léopold Senghor.

François Duvalier, croyant dès le début à la ' négritude ', prit le pouvoir à la fin des années 1950, rendant populaires des idées acceptées par une population qui avait résisté à une occupation étrangère blanche pendant des années.  Lorsque Duvalier prit la présidence de la première république noire du monde établie par les anciens peuples esclaves, Haïti avait expérimenté plus de 150 ans d'appauvrissement chronique et de politiques de prêts discriminatoires de la part des institutions et pouvoirs financiers les plus importants au monde.

Les prévisions économiques d'Haïti ne sont pas meilleures, même depuis l'élection démocratique de Jean-Bertrand Aristide, ce dernier étant constamment démonisé dans la presse américaine et mondiale

Il est maintenant temps de se rendre à l'évidence et de faire le nécessaire.  Répondre à la demande de réparations d'Haïti.

22:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, capitalisme, courcelles, histoire, actualite, usa, france, imperialisme, democratie, liberte, colonialisme, medias, presse, information, television, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

03/06/2008

29/05/2008: La hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays...



From: socio13
Sent: Thursday, May 29, 2008 5:01 PM
Subject: La hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays


Table ronde télévisée : La Crise mondiale des aliments, tenue dans les studios de l’Institut cubain de radio et télévision (ICRT), le 15 avril 2008RandyAlonso. Bonsoir, chers téléspectateurs et auditeurs. La FOA alerte que la hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays. De leur côté, la Banque mondiale [...]

La hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays

Table ronde télévisée : La Crise mondiale des aliments, tenue dans les studios de l’Institut cubain de radio et télévision (ICRT), le 15 avril 2008

Randy Alonso. Bonsoir, chers téléspectateurs et auditeurs. La FOA alerte que la hausse des cours des céréales a provoqué une crise alimentaire dans trente-sept pays. De leur côté, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international évoquent aussi les risques dont la situation menace les pays les plus pauvres.
C’est sur cette question importante, qui a aussi des retombées dans notre pays, que portera notre Table ronde informative : « La Crise mondiale des aliments », dont les intervenants seront Igor Montero Brito, vice-président de la société cubaine ALIMPORT, Ramón Pichs Madruga, sous-directeur du Centre de recherche sur l’économie mondiale, Eduardo Dimas et Ariel Terrero, collègues de la télévision cubaine et de la revue Bohemia, tandis que, comme de coutume, la journaliste Aixa Hevia suivra pour nous les informations sur Internet.
Nos invités sont aujourd’hui des élèves et professeurs de l’Ecole de formation accélérée de professeurs Vicente Pérez Noa et des travailleurs de la direction nationale des Comités de défense de la Révolution.


Avant de nous lancer dans la question qui nous occupe aujourd’hui, je tiens à  vous lire les Réflexions que le compañero Fidel Castro vient de nous faire parvenir, sous le titre :

« NE PAS FAIRE DE CONCESSIONS À L’IDÉOLOGIE ENNEMIE

« J’ai décidé d’écrire ces Réflexions après avoir entendu un commentaire public d’un média de la Révolution, dont je vais taire le nom.
« Il faut faire très attention à ce que l’on affirme pour ne pas faire le jeu de l’idéologie ennemie. On ne peut accuser la Période spéciale du système que l’impérialisme a imposé au monde ; elle n’a pas inventé les changements climatiques, la civilisation dépendante de la consommation des hydrocarbures, le transport de chaque membre d’une famille dans une voiture qui voyage quasiment à vide, ni l’idée néfaste de convertir les aliments en carburant ; elle n’a pas inventé les guerres mondiales pour le partage de la planète, les bases militaires, les armes atomiques et radio-électroniques, les satellites spatiaux qui épient toute chose et dirigent vers la cible des rayons meurtriers, les missiles téléguidés, les sous-marins qui tirent depuis mille mètres de profondeur, la science et la technologie au service de la mort et de la destruction.
« Elle n’a pas non plus inventé la géographie politique et les terres dont dispose chaque nation, qui ont été le fruit d’autres facteurs historiques.
« Que l’on réfléchisse bien à ce que l’on dit, à ce que l’on affirme, pour ne pas faire d’honteuses concessions. Que l’on analyse la nature et la psychologie des êtres humains ; leur durée d’action est très brève et constitue à peine une fraction de seconde dans l’histoire de notre espèce. Le comprendre est un grand remède contre la vanité.
« La Période spéciale a été la conséquence inévitable de la disparition de l’URSS qui a perdu la bataille idéologique et qui nous a poussés à une étape de résistance héroïque dont nous ne sommes pas encore totalement sortis.
« Qu’il est difficile d’être bref dans la Bataille d’idées ! »
Fidel Castro Ruz
15 avril 2008
16 h  45
[Documentaire d’introduction au thème, par Marisela Recaséns :

La crise alimentaire a commencé cette année à se présenter dans toute sa vérité. Ces dernières décennies, la faim rôdait dans les campagnes ou dans les zones marginales des pays sous-développés ; de nos jours, la hausse des cours des aliments sur le marché mondial menace de se propager dans tout le Tiers-monde. Selon des statistiques de la FAO, les cours du riz ont doublé en un an à peine, battant un record historique le 8 avril dernier avec une hausse de 2,3 p. 100 en un seul jour à la bourse de Chicago ; les cours de blé ont atteint leur maximum en vingt-huit ans ; ceux du lait en poudre ont triplé en un peu plus de deux ans, et ceux du maïs restent à la hausse.
 La Banque mondiale reconnaît dans une étude que cette flambée obéit à la production croissante d’agrocarburants, à la hausse des cours de l’énergie et des engrais, à la faiblesse du dollar et aux prohibitions touchant les exportations agricoles.
 De toute façon, selon des experts, trois crises se combinent en une sorte de logique perverse pour déclencher ce chaos : crise économique, crise énergétique et crise environnementale.
 Selon la FAO, si cette tendance se poursuit, le continent américain comptera en 2015 environ  40 millions de dénutris, surtout en Amérique centrale.
 Le Programme alimentaire mondial (PAM),  une institution des Nations Unies créée pour répondre aux urgences alimentaires, a besoin d’au moins 500 millions de dollars supplémentaires pour faire face à la tragédie, faute de quoi beaucoup de personnes souffriront de faim et en mourront.
 Selon le rapporteur de l’ONU pour l’alimentation, « la planète  se trouve au seuil d’une situation dangereuse ». Rien de bien neuf, assurément : Fidel en avertit depuis au moins une dizaine d’années : « L’espèce humaine est en danger d’extinction. » [Fin du documentaire d’introduction.]

 Randy Alonso. Nous ne pouvons oublier que la première des Réflexions de Fidel – ces Réflexions devenues à la longue un facteur clé dans notre Bataille d’idées – datée du 28 mars 2007, voilà donc plus d’un an, s’intitulait : « Pus de trois milliards de personnes dans le monde condamnées à mourir prématurément de faim et de soif ». Ces prédictions se sont avérées exactes au fil de ces derniers mois. Cette très grave situation suscite l’inquiétude de toute la communauté internationale et de nombreuses organisations internationales.
Comme le dit Marisela Recaséns dans son documentaire, plusieurs facteurs jouent dans cette flambée des cours internationaux des denrées alimentaires, en particulier le facteur pétrole, l’un des plus importants, celui dont on parle le plus et dont le cours ont atteint des niveaux scandaleux. J’aimerais donc commencer notre Table ronde par le pétrole. Pichs, pourquoi et comment le pétrole influe-t-il sur les cours des aliments ? Quels rapports existent-ils entre l’énergie et la production de denrées alimentaires dans le monde ?
Ramón Pichs. De fait, l’un des axes essentiels de cette équation relative à la crise mondiale des aliments est sans aucun doute l’évolution des cours pétroliers ces derniers temps.  Selon les dernières informations boursières d’aujourd’hui, le pétrole frôle les 114 dollars le baril, concrètement 113,79 dollars à la bourse de New York, dont le brut, le West Texas Intermediate, sert de référence sur le continent américain. Bien que le facteur pétrole n’ait jamais cessé de jouer depuis le début du siècle, puisque la tendance haussière des hydrocarbures apparaît dès 1999, une série de circonstances agit dernièrement. Du côté de la production, une offre rigide, inflexible ; du côté de la demande, un marché en croissance rapide ces derniers temps ; à quoi il faut ajouter l’instabilité au Moyen-Orient, une région particulièrement importante pour ce marché puisqu’elle concentre les deux tiers des réserves de pétrole mondiales, et la faiblesse du dollar, la monnaie de cotisation boursière du pétrole : logiquement, face à la dévaluation de cette monnaie, les agents de change cherchent très souvent refuge dans des matières premières stratégiques, comme le pétrole, l’or, mais aussi les aliments.
Voilà quelques-uns des facteurs sous-tendant la flambée des cours pétroliers ces derniers temps, un marché très tendu, en proie somme toute à la spéculation, à l’incertitude. Par ailleurs, la situation créée au Moyen-Orient, la présence militaire, l’occupation d’un des principaux pays producteurs de pétrole au monde, l’Iraq, par des troupes étasuniennes et alliées, a constitué la toile de fond de ce marché incertain et instable.
Les cours élevés du pétrole influent essentiellement de deux manières sur les cours des aliments. Logiquement, si le pétrole renchérit, les coûts de production et de transport des aliments en font autant. Tout simplement parce que les intrants utilisés en agriculture contiennent une force composante pétrolière : les engrais, par exemple, sont très influencés par les cours pétroliers. De même, plus ceux-ci flambent, et plus le coût du transport augmente, aussi bien celui des intrants que celui des denrées alimentaires.
Randy Alonso. Les engins agricoles, aussi.
Ramón Pichs. Aussi. Le pétrole apparaît tout au long de la chaîne de production et de transport des aliments, ce qui explique, entre autres facteurs clefs, la situation actuelle.
Mais il en est un autre. Cette hausse constante des cours du pétrole a servi de détonateur à l’expansion massive des biocarburants, censément comme une option énergétique durable. Je dis censément, parce qu’elle est en fait intenable dans la mesure où elle ne tient pas dûment compte des retombées sociales et environnementales qu’elle entraîne. Ainsi donc, la proposition du gouvernement étasunien de 2007 de réduire de 20 p. 100 en dix ans la consommation d’essence en lui substituant des biocarburants, sans modifier en absolument rien le modèle de consommation énergétique fondé sur le gaspillage, a eu une influence extrêmement négative sur les cours des aliments.
Deux facteurs, donc : 1) l’incidence des cours élevés du pétrole sur les coûts de production et de transport des aliments ; 2) la façon dont ceci s’articule à cette formule intenable de promouvoir les biocarburants à grande échelle. Ces deux facteurs commencent d’ores et déjà à avoir un coût social élevé en termes d’insécurité non seulement alimentaire, mais encore environnementale : dégradation des écosystèmes, déforestation, diminution des ressources hydriques de nombreux pays, etc.
De plus, on ne saurait oublier que la plupart des quatre-vingt-deux pays à déficit alimentaire sont en même temps des importateurs nets de pétrole. Bref, tous ces facteurs se combinent pour exercer une influence extrêmement défavorable sur des pays qui sont par ailleurs les plus faibles et les plus vulnérables dans l’économie mondiale.
Randy Alonso. Je voudrais insister sur deux points : le fait que la plupart des importateurs d’aliments sont en même temps de gros importateurs de pétrole ; et le fait que le rapport pétrole/denrées alimentaires ne se situe plus seulement de nos jours au niveau de la production dans les champs, dans la mesure où la plupart des produits alimentaires sont traités industriellement dans des usines qui consomment à leur tour de l’énergie. Tout ceci renchérit doublement les coûts.
Ramón Pichs. Exat. C’est toute la chaîne agro-industrielle de la production alimentaire qui est touchée.
Randy Alonso. Pichs a introduit la question des biocarburants. Fidel, je le répète, l’avait abordé dès la première de ces Réflexions, mais aussi dans plusieurs autres, et de nouveau dans la dernière qu’il vient de nous adresser cet après-midi. De toute évidence, le facteur que les observateurs et spécialistes en thèmes alimentaires signalent le plus de nos jours est bel et bien celui des biocarburants.
Eduardo Dimas. Et même, ce qui soulève davantage l’attention, certains qui ne le sont pas, comme Robert Zoellick, qui est en fin de compte un néoconservateur, mais qui vient d’affirmer que le motif de la flambée des cours alimentaires, c’est justement l’utilisation de céréales pour produire de l’éthanol.
Randy Alonso. L’actuel président de la Banque mondiale.
Eduardo Dimas. Oui, mais il avait été avant représentant commercial des Etats-Unis. C’est de toute façon un personnage très lié aux groupes néoconservateurs qui dirigent actuellement les USA.
Je ne sais si vous vous rappelez la fameuse « tournée de l’éthanol », autrement dit celle que Bush a faite en Amérique latine, au Brésil et dans d’autres pays, pour promouvoir la production de ce produit, ce qui a été, si j’ai bonne mémoire, le point de départ des réflexions de Fidel. En tout, depuis, on a continue de produire de l’alcool en grandes quantités, et la production d’éthanol a fait un bond : ainsi, au Brésil, quoique là, la production se fasse à partir de la canne à sucre, autrement dit des mélasses d’arrière-produit qu’elle fournit. Dans ce dernier cas, donc, la canne a donc produit quelque chose, un aliment, du sucre, bien que le Brésil soit en train de produire une canne transgénique qui ne donne plus de sucre, mais uniquement de l’alcool. Pas dans toutes les sucreries brésiliennes, bien entendu, mais c’est là un processus en cours.
Mais les Etats-Unis, eux, en revanche, produisent de l’éthanol essentiellement à parti du maïs ! Dans d’autres pays, le point de départ est le riz. Et au Brésil, la production de soja en hausse dans ce but est en train de provoquer la déforestation de l’Amazonie : il ne s’agit pas de produire de l’huile, mais du biodiesel, ce qui a enclenché bien entendu une hausse des cours des huiles comestibles sur les marchés mondiaux.
Pour en revenir aux Etats-Unis, ils vont y consacrer cette année le tiers de leur production de maïs, qui est en plus subventionnée par le gouvernement, à la production d’éthanol. Ce qui veut dire que le maïs, dont les cours ont déjà doublé – deux cents dollars et quelque la tonne actuellement  – va sans doute continuer sa hausse, mais aussi qu’il commence à manquer sur le marché mondial puisqu’on en consacre une partie à la production d’alcool.
Mais il ne faut pas oublier que le maïs sert aussi à alimenter le bétail, les volailles, de sorte que toute hausse des cours du maïs a des retombées sur ceux de la viande, du poulet et de tous les types de viande. Mais c’est aussi le fondement de l’alimentation de nombreuses cultures : au Mexique, par exemple, où le prix de la tortilla, autrement de la galette de maïs qui est l’aliment de base, a doublé, des manifestations ont éclaté tout récemment.
Donc, les USA vont consacrer le tiers de leur production de maïs à l’éthanol. Oui, mais il faut savoir que cette production a beaucoup augmenté, parce qu’ils ont consacré ces derniers temps au maïs des terres autrefois consacrées au blé et à d’autres grains, ce qui a bien entendu à son tour des répercussions sur les cours de ces derniers produits.
Ainsi donc, la production d’alcool afin de maintenir les standards de vie et les niveaux de consommation d’une société vraiment aliénée de ce point de vue entraîne la conséquence suivante : des centaines de millions de personnes – voire, sur le long terme, trois milliards, comme le dit Fidel – risquent d’avoir faim dans le monde, justement à cause de cette folie consistant à produire de l’alcool, dans ce cas, des carburants, à partir d’aliments de base.
Jean Ziegler, qui est le rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, affirme : « L’utilisation des biocarburants est un crime contre l’humanité. » Cette phrase, associée aux Réflexions de Fidel du 28 mars 2007, donne une idée du fond du problème : sacrifier des centaines de millions de personnes pour qu’un groupe minoritaire puisse avoir toute l’essence et toutes les choses dont il a besoin ! D’autant que, pour produire de l’alcool, il faut aussi des combustibles !
Randy Alonso. Selon certains scientifiques, il faut plus d’un litre de combustible pour produire un litre d’éthanol.
Eduardo Dimas. C’est exact. Du moins, ça l’était à l’époque où je travaillais dans une distillerie…
 Randy Alonso. Ça l’est toujours.
 Eduardo Dimas. Peut-être qu’avec les techniques actuelles…
 Randy Alonso. Non, non, ça l’est toujours.
 Eduardo Dimas. Alors, c’est découvrir saint Pierre pour vêtir saint Paul… Ou pis encore. Je vais vous lire quelque chose de terrible, une dépêche de l’AFP, depuis Bruxelles : « Malgré les dures critiques tournées contre les biocarburants, accusés d’être “un crime contre l’humanité”,  l’Union européenne refuse d’abandonner se projets fondés sur cette source d’énergie, car cela impliquerait d’inverser tout son plan de lutte contre les changements climatiques. “Il n’est pas prévu de suspendre pour le moment l’objectif fixé pour les biocarburants”, a affirmé ce lundi la porte-parole européenne pour l’environnement, Barbara Helfferich. “Nous ne pouvons pas changer un objectif politique, car nous devrions alors avoir un débat sur tous les autres objectifs”, a-t-elle affirmé. »
 Ainsi donc, pour ne pas éliminer un objectif politique : produire de l’éthanol – et pour produire de l’éthanol en Europe, il faut utiliser la betterave, le maïs et d’autres aliments – on va sacrifier des centaines de millions de gens ? Est-ce là le monde où nous vivons ?
 Randy Alonso. À quoi il faut ajouter la concurrence croissante, non planifiée, mais certaine, qu’on va constater dans le monde entre les aliments pour les humains et les aliments pour les animaux. S’il y a rareté dans les aliments destinés aux humains, ce n’est pas seulement à cause de ceux qui sont destinés aux biocarburants, mais aussi parce que toujours plus d’animaux – bovins, porcins, volailles et autres producteurs de viande –  sont alimentés essentiellement de céréales.
 Eduardo Dimas. Mais surtout de maïs, ce qui élève les prix de la viande, de la volaille, de tous les produits à base de viande. Ma question est la suivante : va-t-on sacrifier des centaines de millions de personnes pour maintenir des niveaux de vie et surtout pour n’avoir pas à débattre d’un programme politique ?
 Randy Alonso. À ce sujet, Dimas, je me rappelle des déclarations faites par le principal conseiller scientifique de Gordon Brown, le Premier ministre britannique, le 7 mars dernier. Quand il occupe son poste, John Beddington provoque un grand esclandre en Grande-Bretagne, parce que l’une de ses premières déclarations est que la course accélérée aux biocarburants dans de nombreux pays signifie que toujours plus de terres arables seront consacrées à la production d’agrocarburants et non d’aliments. Selon une dépêche de l’AFP de ces jours-là, « le débat sur les biocarburants, tel l’éthanol produit à partir de la canne à sucre, a été relancé en Grande-Bretagne. L’expert, qui est le principal conseiller en questions scientifiques du gouvernement de Gordon Brown, a clairement affirmé que la priorité croissante accordée aux biocarburants, juste au moment où la demande de vivres a fortement augmenté dans le monde, avait des retombées négatives sur la production d’aliments. Dans son premier discours public important depuis sa désignation au poste de conseiller scientifique du gouvernement, Beddington a souligné que les biocarburants représentaient par conséquent un vrai danger pour la vie de millions de personnes sur la planète. En lançant cette mise en garde, il entre en conflit avec son gouvernement qui s’est engagé à accroître l’utilisation des biocarburants dans les prochaines décennies. »
 Mais c’est aussi une mise en garde à l’adresse de la communauté internationale, car il contredit les discours de plusieurs gouvernements, en particulier des Etats-Unis et d’Europe, en matière de biocarburants.
 Eduardo Dimas. Nous sommes par-dessus tout en face d’une grosse affaire au nom de laquelle peu importe de sacrifier des centaines de millions d’êtres humains, comme cela s’est passé tant de fois. Et le coût de cette grosse affaire est épouvantable. Rappelle-toi Le Rapport Lugano, un livre que tout le monde devrait lire, de Susan George. C’est de la fiction, assurément, mais quand on voit ce qu’il se passe dans le monde actuel, on se rend compte qu’elle ne l’a pas écrit par plaisir et qu’elle a raison de l’avoir fait. Mais il est trop long pour l’aborder ici.
 Randy Alonso. Merci, Dimas, de ton commentaire.

 [Nouveau documentaire sur le thème de la Table ronde, par Marisela Recaséns.] :
 Marisela Recaséns : Un combat artificiel contre les changements climatiques sous les auspices des gouvernements occidentaux, qui le présentent comme une campagne écologique, a favorisé la production et la demande d’agrocarburants. Duperie masquant une nouvelle recolonisation des économies paysannes et de la souveraineté alimentaire du Tiers-monde, dont l’essence est la suivante : semer des aliments pour nourrir des voitures.
 Eric Toussaint (président d’Annulation de la dette) : C’est la conséquence de la décision de gouvernements du Nord, mais aussi du Sud, de réduire les surfaces agricoles consacrées à la production d’aliments au profit de la production d’agrocarburants, ce qui implique moins de terres semées en vue d’aliments, moins d’offre alimentaire et donc hausse des cours.
 Marisela Recaséns : De nombreux pays du Sud sont tombés dans le piège. Au Brésil, où l’on dit que produire de l’éthanol à partir de la canne à sucre peut donner de meilleurs résultats, on occulte un chiffre brutal dénoncé par les exclus et d’autres mouvements sociaux :
 Delmar Mattis (Brésil) : C’est inadmissible. On porte préjudice aux besoins essentiels des peuples, entre autres l’alimentation, pour produire des agrocarburants au profit des voitures des grands centres urbains. Et dans le cas des pays du Tiers-monde, des agrocarburants pour les voitures du Premier monde. Tel est le meilleur diagnostic qu’on peut émettre. C’est la variante d’un modèle qui a à un bout l’agrobusiness – avec aussi le soja – l’élevage, les plantations, les monocultures et la biomasse, tel l’eucalyptus, et à l’autre bout la misère, l’expulsion des petits paysans, avec au Brésil un travail semi-esclave.
 Militant social du Guatemala : Dans mon pays, le Guatemala, à la saison des récoltes, de décembre à janvier, le maïs tombe normalement à 40 quetzals le quintal ; mais aujourd’hui, il se maintient à 150-160 quetzals. Qui peut acheter à ces prix-là alors que le salaire atteint à peine 20-25 quetzals par jour ?  On ôte les aliments aux populations indigènes pour nourrir la population des villes qui mangent du pain. Et le quintal de farine est passé en trois mois de 280 quetzals à 398. Qu’est-ce que ça veut dire ? Que le prix du pain a augmenté bien entendu. On nous ôte les aliments, et c’est une situation désastreuse dans le monde.
 Marisela Recaséns : Un ensemble de raisons explique pourquoi la production d’agrocarburants n’a rien à voir avec une campagne écologique, mais avec un juteux négoce. Il suffit de voir quels sont ceux qui l’orchestrent. Les industries de l’automobile et du pétrole sont les investisseurs ; les transnationales céréalières monopolisent la distribution, tandis que les transnationales des semences et des engrais toxiques produisent en même temps des organismes transgéniques, peu importe si ceux-ci cessent d’être comestibles à la longue et provoquent des désastres en matière de pollution. Aucune des ces transnationales ne se soucient des coûts environnementaux et sociaux élevés de l’agrobusiness, et la plupart de leurs slogans publicitaires sont faux.]

 Randy Alonso. L’une des nouvelles les plus importants de la journée est le nouveau record battu par le baril de pétrole sur le marché international : selon une dépêche de l’AFP, « le baril de pétrole a atteint ce matin un record historique à la bouse de New York, pour atteindre 113,66 dollars, compte tenu de la faiblesse du dollar qui réduit le brut pour les investisseurs à monnaie plus forte et d’un ajustement de l’offre énergétique ». Un nouveau record, donc, qui nous permet de comprendre comment cette question de l’énergie et des aliments ne cesse de se compliquer.
 Ariel Terrero, comment ces cours des aliments influent-ils sur la situation internationale dans ce secteur, sur la crise financière et économique qui se développe aux USA qui a déjà des effets sur le reste du monde ?
 Ariel Terrero. Une série de facteurs influe sur la situation économique mondiale et provoque tous les problèmes de hausse des cours des aliments qu sont en train de causer des mouvements de protestation sociales dans de nombreux pays d’Afrique, mais aussi, tout dernièrement, en Haïti sur notre continent. Cette situation de si grande incertitude s’explique par une série de facteurs difficiles à solutionner, du moins en fonction des règles du jeu du système capitaliste mondial.
 Et parmi ces règles du jeu, il y a le dollar, d’une part, la spéculation, de l’autre.
 Le dollar. Qu’ont fait les USA avec ? Quel piège ont-ils tendu au reste du monde ?  Eh bien, ils ont décidé en 1973 de le faire flotter librement en le séparant de l’étalon-or, et ils en ont fait la monnaie de référence, la monnaie de change dans le monde. Depuis, ils émettent librement une quantité énorme de papier monnaie sans le moindre soutien économique derrière – par exemple l’or ou un autre métal précieux – pour couvrir justement la soif de consommation illimitée et inapaisable de leur population et leurs déficits commerciaux et fiscaux faramineux.  C’est là la manière qu’ils ont trouvé de s’en sortir. Faire fonctionne la planche à billet.
 Or, n’importe quel manuel d’économie politique vous le dira, cette augmentation effrénée de la masse monétaire entraîne une dévaluation de la monnaie, laquelle dévaluation entraîne à son tour une inflation, autrement dit la hausse des prix. Corrélativement, quand le dollar chute, les cours des matières premières, tels les aliments de base, augmentent à leur tour. Voilà ce qui explique la flambée des cours des produits ces trois dernières années : ainsi, ceux du blé, du riz et du maïs ont augmenté en moyenne de 83 p. 100 dans le monde et ont battu tous les records cette année-ci, en plus du soja.
 Certains de ces chiffres sont éloquents. Les cours mondiaux des aliments ont augmenté de 40 p. 100 l’an dernier, mais ceux du dollar ont chuté de 28 p. 100 par rapport à l’euro et de 130 p. 100 face à l’or, un autre produit dont les cours ont eux aussi flambé pour battre des records depuis le début de l’année, pour atteindre plus de 900 dollars l’once.
 Qu’est-ce qui provoque cette tendance ? A quoi il faut ajouter la crise financière qui a éclaté en août de l’an dernier par explosion de la bulle immobilière aux USA, et la crise des crédits et des hypothèques, tout ceci ayant accéléré la tendance à la récession.
 Certains refusent toujours de parler de récession aux USA, bien que toujours plus de données le prouvent.  Je veux parler des macro-indicateurs fournis par les Etats-Unis, comme les ventes au détail, comme le marché immobilier qui sont fondamentaux dans l’économie étasunienne. Parallèlement, il faut dire que le dollar a perdu de son prestige, a perdu de son intérêt pour les spéculateurs, ce n’est plus une monnaie forte, ce n’est plus une garantie d’investir ou de virer des capitaux dans cette monnaie. Alors, que font les spéculateurs ? Eh bien, face à l’inflation, ils cherchent un refuge ou une protection dans des matières premières comme le pétrole, par exemple, ce qui explique les cours records que tu donnais voilà quelques minutes, mais aussi comme l’or, qui bat des records, ou les céréales, essentielles pour l’alimentation et dont la flambée semble irrépressible.
 On constate une tendance générale à la hausse des cours de tous les produits alimentaires,  mais, quand on s’en tient aux chiffres de l’année actuelle, on voit qu’elle a été plus accélérée pour le soja, le maïs, le blé et le riz. Ce qui, bien entendu, entraîne un intérêt accru des spéculateurs pour les produits les plus rentables…
 Randy Alonso. Il vaut avoir en ce moment des tonnes de maïs que des billets verts…
 Ariel Terrero. Le papier ne se mange pas, et je ne crois pas qu’il ferait beaucoup de bien à la santé, tandis que le riz, le blé, le pétrole, les investisseurs et spéculateurs espèrent qu’ils vont continuer de monter, ce qui constitue en quelque sorte un cercle vicieux. Si vous placez votre agent dans le dollar, qui est en chute libre, vous êtes sûrs de perdre, tandis que si vous le placez dans ces produits, dans ces céréales, dans l’or, dans le pétrole, vous êtes sûrs de gagner.
 Randy Alonso. Autrement dit, selon toi, ce ne sont pas seulement des facteurs objectifs, comme la hausse du pétrole, des biocarburants, ou encore la crise elle-même, qui jouent, mais aussi la spéculation.
 Ariel Terrero. Exact. Comme tout le monde vend ces produits, mise sur eux, il existe un rapport d’offre et de demande, d’achat et de vente : j’achète un produit, son prix s’élève ; je vends un produit, son prix diminue. Que  font alors les spéculateurs ? Ils liquident leurs possessions en dollars, si bien que ces ventes entraînent la chute de la valeur de cette monnaie ; mais ils achètent ces produits alimentaires ou autres, ils misent sur eux, et leurs cours s’élèvent.  Ce qui vient s’ajouter aux autres facteurs dont nous avons parlé : la dévaluation du dollar implique en soi une tendance inflationniste sur les produits. Ceci s’ajoute au phénomène de biocarburants dont parlait Dimas, et aussi à la tendance réelle de pays en plein essor économique, comme la Chine, l’Inde et d’autres qui, de ce fait, achètent plus. A quoi viennent encore s’ajouter les stratégies des gouvernements eux-mêmes pour se prémunir d’une situation qui s’annonce chaotique : ainsi, des pays nettement exportateurs d’aliments comme le Vietnam pour le riz, l’Argentine pour le blé ou le soja – l’Australie connaît une grave sécheresse, et la Chine aussi – ont adopté des politiques pour freiner – ou du moins ne pas élever – leurs exportations. Par ailleurs, des pays achètent toujours plus : le Mexique, par exemple, a triplé le volume de ses importations de maïs blanc et de maïs jaune pour garantir ses réserves d’un produit essentiel pour ses habitants et pour la fabrication d’aliments pour animaux. Donc, de nombreux pays achètent maintenant pour faire des réserves stratégiques, pour se protéger, ces achats massifs ayant à leur tour influé sur le cours de ces produits.
 Mais le facteur essentiel de tout ce chaos, à mon avis, c’est la politique des USA vis-à-vis du dollar, une politique scandaleuse, ce que tout le monde reconnaît, ce que reconnaissent les principales institutions bancaires et financières du monde, qui ne peuvent pourtant rien faire pratiquement, parce qu’elles sont liées d’une manière ou d’autre à cette monnaie. Il ne convient à aucun pays de commence à liquider ses réserves en dollars, parce que cette monnaie se déprécierait encore plus. Et l’autre facteur clef, c’est la liberté absolue dont jouissent les spéculateurs sur le marché mondial, qui manient des billions de dollars tous les jours sans le moindre contrôle, même si les pays du premier monde commencent à parler d’adoption de mesures destinées à freiner un peu ce qu’ils appellent la volatilité excessive des marchés financiers.  Honnêtement, j’attends pour voir, parce que je ne crois pas que, compte tenu des règles du jeu, ils puissent faire grand-chose.
 La tendance va donc être aux achats effrénés de ces produits par les spéculateurs, ce qui va continuer de faire flamber les cours, en plus des autres facteurs signalés ici. La situation est extrêmement tendue, mais telle est la perspective à court terme ou du moins pour le restant de l’année, car la récession est bel et bien installée aux USA, ce qui va aggraver encore plus le peu de certitude ou de confiance : rares sont les économistes qui voient dans le placement de dollars une alternative sérieuse.
 Randy Alonso. Ce à quoi il faut ajouter, comme le signalait Marisela, les conditions climatiques qui influent à leur tour sur la production mondiale et donc sur les cours de ces produits. En fait, on vit en plein paradoxe : la FAO, les agences de presse internationales et différents observateurs annoncent que la production de céréales mondiale battra des records cette année-ci ! Ainsi, le 3 avril dernier, la FAO a annoncé une augmentation de la production mondiale de riz de 1,8 p. 100 pour 2008, soit 12 millions de tonnes en cas de conditions météorologiques normales, mais aussi, parallèlement, une élévation des cours de ce produit de plus de 50 p. 100 ces derniers mois. Voyons donc le reportage télévisé suivant :

 Journaliste. A Hong Kong, les acheteurs ont emporté tout le riz possible.  La crise de la hausse des cours a touché presque toute l’Asie, de la Chine à la Thaïlande et aux Philippines. A Manille, les acheteurs ont fait la queue pour acheter du riz pour apprendre finalement qu’ils ne pouvaient acheter que trois kilos par personne à un prix qui est pratiquement le double d’il y a  trois mois.
 Mila Gorospe, cliente. Bien sûr que la hausse du prix du riz nous affecte beaucoup. Comment on peut acheter du riz à  40 ou 50 pesos le kilo, alors que nous n’avons même pas de travail ?
 Journaliste. Les prix élevés ont déjà déclenché des protestations aux Philippines, un des plus gros importateurs de riz au monde. Pour apaiser l’indignation de la population, la présidente philippine, Gloria Macapagal Arroyo, a fait importer davantage de livraisons du Vietnam et de Thaïlande, et le gouvernement a pris des mesures énergiques contre l’accaparement.
 Piolito Santos, directeur adjoint régional. Je ne vois aucune raison pour que les Philippins s’inquiètent pour l’instant de la crise du riz. Nous déchargeons assez de riz en provenance de Thaïlande et du Vietnam.
 Journaliste. Le gouvernement a beau dire, la crise ne semble pas diminuer. Au Vietnam les cultures ont été attaquées par un virus qui a réduit les stocks. Qu’a fait le pays ? Réduire ses exportations de 25 p. 100. Le gouvernement tente de conserver plus de riz dans le pays et d’éviter la hausse des prix.
 D’autres exportateurs de riz limitent aussi leurs ventes, ce qui cause de l’inquiétude au sujet des stocks. Les organisations d’aide disent que les pauvres ont commencé à souffrir dans le monde pour avoir dû rationner leurs livraisons.
 Ceci pourrait causer des troubles dans des pays asiatiques et africains, quand les prix élevés commenceront à frapper les gens aux moindres ressources.
 Les experts ne voient aucun allègement à l’horizon. Ils envisagent plutôt un doublement éventuel des cours du riz, un élément de base pour presque la moitié de la population mondiale, dans les prochains mois.

 Randy Alonso. Igor Montero, vice-président de la société cubaine ALIMPORT, qui se charge d’importer les aliments dans notre pays, est bien placé pour nous parler de cette hausse effrénée des cours des aliments – et aussi du pétrole bien entendu – ces dernières années. Comment cette tendance haussière s’est-elle reflétée pour certains des aliments les plus vendus et les plus consommés par la population mondiale ?
 Igor Montero. La tendance a été comme nous l’avions prévue, car les facteurs analysés ici étaient déjà en jeu dès le début de la décennie : contraction de la production, demande accrue, coûts plus élevés, à qui se joignent plus récemment les biocarburants, la spéculation et la faiblesse du dollar. Bref, on voyait que tout ceci allait influer très négativement sur les cours des aliments : pratiquement depuis 2004,  un marché qui était d’acheteurs est devenu un marché de vendeurs.
 Prenez le cas des Philippines, qu’on vient de voir. Elles ont voulu acheter récemment plus d’un million de tonnes de riz sur le marché international et, tout en ayant les ressources requises, elles n’ont pas pu compléter leurs achats, faute de trouver le produit.
 Cette carence a eu bien entendu pour conséquence la flambée des cours des aliments, surtout ces deux dernières années.
 Je voudrais m’aider de quelques graphiques qui montrent bien cette tendance de 2002 à  2008. J’ai choisi des produits qui font partie du panier de la ménagère, non seulement à Cuba, mais dans le monde entier. Le blé, par exemple, dont on fait le pain, un des produits les plus consommés au monde, est passé de 155 dollars la tonne en 2o02 à 435 actuellement, et la tendance est à la hausse.
 Le maïs – qui veut dire œufs, viande et lait – est passé de 127 dollars la tonne à 315 dollars.
 Le riz, de seulement 223 dollars la tonne, est passé à 855 – avec des cotisations minimales de 1 000 dollars – et c’est l’un des produits dont la hausse peut être la plus élevée sur le court terme. Le riz, nous le savons, est un aliment de base dans le monde entier, pas seulement à Cuba : trois milliards de personnes en dépendent, pratiquement la moitié de la population mondiale.
 Les haricots sont passés de 420 dollars la tonne à 1 100 ; les pois chiches, de 250 à presque 800.
 En ce qui concerne le soja, ce qui veut dire, en plus de la consommation directe, lait, œufs et viande, la farine est passé de 200 dollars la tonne à 465 ; l’huile, de seulement 50o dollars à 1 400 et plus.
 Randy Alonso. Presque le triple.
 Igor Monero. Presque le triple. Le poulet et le poisson, des produits de consommation directe, sont passés, pour le poulet, de 600 dollars la tonne en moyenne à 1 300 ; et, pour le poisson, concrètement la carangue gros yeux, celui que nous importons le plus, de 700 à 1 300 dollars, et la tendance est à la hausse. La Niña agit actuellement dans le Pacifique-Sud, ce qui limite sa prise et réduit donc l’offre de ce poisson.
 La situation est donc bien complexe. Mais je crois que le champion dans tout ça, c’est le lait, qui est passé de 1 567 dollars la tonne en 20o2 à plus de 5 000 dollars en 2008, pour se stabiliser maintenant autour de 4 800-4 950 dollars.
 L’an dernier, répondant à une interview de Granma, autour du 26 octobre, j’analysais ce que nous avons coûté cette hausse des cours entre 2006 et 2007 : pour acheter les mêmes quantités d’aliments, nous avons dû payer 250 millions de plus.
 Si l’on compare maintenant entre 2002 et 2008, cette différence en plus est de près d’un milliard de dollars. En 20o2, les produits du panier de la ménagère nous coûtaient 700 millions de dollars ; aujourd’hui, indépendamment de l’augmentation des achats et en ne tenant compte que des cours, ils nous coûtent un milliard de plus ! Voilà la situation actuelle.
 Tout semble indiquer qu’elle se maintiendra en 2008. Certains produits vont subir des crises plus accélérées que d’autres, bien entendu, comme le riz par exemple, ou les produits oléagineux dont les cours sont partis en flèche à cause des gelées qui ont frappé la Chine en début d’année.  Dans le cas du Vietnam, son riz, en plus des basses températures enregistrées dans le Nord du pays, a été victime d’un parasite, ce qui a réduit ses capacités de production et d’exportation, au point que le pays a dû cesser d’exporter un million de tonnes de riz en quelques jours.
 Randy Alonso. Donc, la situation internationale est bien complexe. Pratiquement, tous les aliments les plus importants ont doublé ou triplé de prix sur le marché mondial. Comme le disait Igor, acheter les même aliments qu’en 2002 coûtera cette année à notre pays un milliard de plus. Et merci de tes commentaires.
 La question que nous analysons a une importance capitale, car il s’agit en fait de la survie même de notre espèce. C’est justement à ce sujet que la FAO a lancé un cri d’alerte ces derniers temps. Une réunion importante se déroule même en ce moment à Brasilia qui aborde la question des biocarburants et où plusieurs pays, dont le nôtre, ont dénoncé le rôle que joue leur production dans la réduction des aliments à l’échelle internationale. Pichs ?
 Ramón Pichs. Oui, la FAO et d’autres institutions internationales ont attiré l’attention sur cette urgence alimentaire qui frappe, bien entendu, les pays les plus pauvres, en particulier trente-sept où, dans beaucoup, ont éclaté de violentes émeutes : en  Haïti, en Egypte, au Maroc, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina-Faso, et dans des pays asiatiques.  Autrement dit, un groupe importants de pays où cette flambée des cours alimentaires s’est traduite par de sérieux problèmes, surtout pour les secteurs les plus pauvres.
 Pour ces populations pauvres, les familles consacrent souvent plus de 60 p. 100 de leurs revenus à l’achat d’aliments, alors que dans le monde développé, ce chiffre n’est que de 10 à 20 p. 100. Ceci provoque une situation très difficile pour trois milliards d’être humains pour lesquels une hausse de prix, si minime qu’elle soit, cause de gros problèmes.
 Par ailleurs,  notre monde compte actuellement 850 millions d’affamés. Or, ces chiffres d’affamés ne cessent d’augmenter – il faut constamment les réviser – dans la mesure où les cours des produits alimentaires de base augmentent aussi pour cette combinaison de facteurs dont nous avons parlé.
 La FAO attire l’attention sur le fait que la facture des importations de céréales augmentera  cette année de 56 p. 100 dans les pays pauvres, – après l’avoir fait de 37 p. 100 l’an dernier – voire de jusqu’à 74 p. 100 dans les pays les plus pauvres, autrement dit, les pays africains à déficit alimentaire, des pays extrêmement pauvres et très vulnérables. Comment peuvent-ils faire face à ce genre de situation ?
 Dans les années 80, nombre de ces pays pauvres et déjà fortement endettés ont été contraints d’une manière ou d’une autre de mettre en place des programmes d’ajustement structurel conçus par certaines des institutions qui font maintenant semblant de s’inquiéter de la situation actuelle, telles que le Fonds monétaire international, alors que ce qui l’inquiète le plus, ce sont les troubles, les émeutes, les manifestions contre le système, et non la sécurité alimentaire de ces pauvres. Dans le cadre des ces programmes d’ajustement structurel, donc, nombre de ces pays débiteurs ont été forcés d’orienter fondamentalement leur agriculture vers l’exportation au détriment de l’agriculture de subsistance et de toute une série de produits agricoles qui constituaient la base de leur alimentation.
 Bien entendu, ces programmes visaient à ce que ces pays disposent à tout prix de ressources d’exportation suffisantes pour payer avant tout leur dette et son service. Leur production agricole à des fins intérieures a tellement diminué qu’ils ne sont plus en mesure maintenant de faire face à cette flambée des cours alimentaires. Leur capacité de manœuvre est extrêmement réduite. Si l’on tient compte du fait qu’on a voulu, ces dernières années, suivre une politique très semblable avec les biocarburants, au point qu’on a accordé à ces pays des crédits et d’autres facilités, non pour remettre sur pied leur économie de subsistance totalement désarticulée, mais pour produire des agrocarburants et les exporter – ce qui revient à reprendre le modèle antérieur – et satisfaire ainsi les gaspillages énergétiques du Nord. Cette combinaison de facteurs se traduit par de graves problèmes pour ces pays dont trente-sept, selon les calculs de la FAO, connaissent une situation plus critique.
 Une conférence régionale de la FAO se déroule cette semaine à Brasilia et a pour thème prioritaire la sécurité alimentaire. Début juin, une conférence de haut niveau de cette même institution spécialisée se tiendra à Rome pour aborder ensemble trois des points que nous avons traités à cette Table ronde et à d’autres précédentes : la sécurité alimentaire mondiale, les problèmes des changements climatiques et les biocarburants.
 Le directeur de la FAO, Jacques Diouf, a souligné qu’il ne s’agit pas seulement d’un problème économique, mais aussi d’un problème social, d’un problème politique qui doit constituer un avertissement et une préoccupation pour le monde en général.
 Randy Alonso. À ce propos, notre Table ronde est allée demander des déclarations au représentant de la FAO  dans notre pays :

Aglaya Díaz, journaliste. La FAO ne cesse de rappeler que le monde compte 850 millions d’affamés. Ce n’est pourtant que maintenant que les grands médias internationaux se décident à parler de crise alimentaire.
Marcio Porto. Oui, c’est seulement maintenant qu’on parle de la faim à ce niveau avec de nouveaux interlocuteurs, et pas seulement avec ceux qui ont vraiment faim. Le problème actuel n’est pas un simple problème de faim : c’est un problème de commerce, de cours des produits, et il y a une grande différence entre parler de marché et de commerce et de parler de la faim.
Aglaya Díaz. La hausse des cours des aliments est le résultat d’une série de facteurs simultanés.
Marcio Porto. Ce sont essentiellement quatre facteurs : 1) la flambée inouïe des cours du pétrole, à plus de 110 dollars le baril, si bien que les coûts de production agricole ont augmenté, ceux des intrants, du transport et de la distribution, qui ont des retombées négatives sur les cours des aliments ; 2) la croissance économique de pays émergents, surtout des pays très peuplés comme la Chine et l’Inde ; 3) des phénomènes climatiques, dont beaucoup sont survenus l’an dernier, qui ont causé des pertes de semailles et de récoltes ; 4) la spéculation sur les marchés, où joue la concurrence entre la production d’aliments et la production d’agrocarburants.
Aglaya Díaz. Selon cet expert, bien que l’idée de produire des agrocarburants à partir d’aliments soit née dans les années 70, c’est maintenant qu’elle constitue un problème à cause de l’ampleur avec laquelle les pays développés prétendent la développer.
Marcio Porto. Le problème est double : l’échelle à laquelle on pense substituer les carburants aux aliments et la matière première que l’on prétend employer. Aux USA, par exemple, c’est le maïs. Il est difficile de comparer l’effet qu’ont l’utilisation de la canne à sucre et l’utilisation du maïs pour produire de l’éthanol sur la production des aliments, car les gens consomment beaucoup plus de maïs que de sucre. Donc, le choix de la matière première est important.
Aglaya Díaz. L’expert de la FAO estime que l’avenir est peu prometteur, que la situation est critique, surtout en matière de distribution.
Marcio Porto. Le problème n’est pas une carence d’aliments, mais une mauvaise distribution. Le monde produit plus d’aliments qu’il n’en consomme. Notre continent, par exemple, en est un exportateur net : il produit 30 p. 100 de plus que ce dont il a besoin. Si la situation est toutefois critique, c’est que l’accès aux aliments n’est pas le même pour tous. Dans ce domaine, l’inégalité est criante, ce qui explique essentiellement pourquoi notre monde compte encore 854 millions de personnes à insécurité alimentaire, dont 52 millions de Latino-Américains.
Aglaya Díaz. La FAO a convoqué une réunion de haut niveau en juin prochain sur la sécurité alimentaire, sur les changements climatiques et sur les agrocarburants.
Marcio Porto. Elle est très importante. Cuba a un rôle très important à jouer dans cette réunion de ce niveau, dans la mesure où elle n’a cessé d’alerter le reste du monde au sujet des cours des aliments. Cette conférence aura donc beaucoup à gagner avec la présence de Cuba. Et c’est cela que souhaite la FAO : que ses membres discutent à haut niveau des stratégies à mettre en place.
Aglaya Diaz. Le système de distribution est intenable. La FAO avertit que seuls le consensus et la recherche créatrice de solutions de rechange pourront permettre de régler le problème alimentaire dans le monde.

 Randy Alonso. Comme le signalait Pichs, d’autres institutions bien discréditées, mais qui continuent d’avoir des échos dans les médias internationaux, comme le Fonds monétaire et la Banque mondiale, cherchent à attirer l’attention de la communauté internationale sur cette flambée des cours alimentaires et lancent des avertissements. Que dis-tu de ces opinions-là ?
 Ariel Terrero. Elles feraient rire si la situation n’était pas si dramatique et si la vie de tant de millions de gens, dont celle d’enfants, n’était pas en jeu. Ainsi, la semaine passée, on a eu droit à des déclarations d’organismes comme le FMI, qui a été le gendarme financier de l’ensemble de la politique néolibérale imposé depuis les années 90, ou la Banque mondiale et les groupes de pouvoir du capitalisme mondial – je parle de ceux qui tiennent si mal les rênes du pouvoir dans les nations riches, le groupe des sept nations les plus industrialisées, auquel se joint maintenant la Russie, le Groupe des Huit. Ces institutions et ces groupes de pouvoir sont bien entendu très inquiets non de la faim en soi – que les gens meurent de faim n’est malheureusement pas une nouveauté – mais des conséquences que cette situation pourrait avoir sur la stabilité du système.
 J’ai devant moi une dépêche de vendredi dernier tout à fait surprenante, et dont je vais vous lire le chapeau pour que vous voyiez les choses qui peuvent arriver dans notre monde : « Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a tenu à inscrire la hausse des cours des aliments à l’ordre du jour mondial en appelant les leaders du Groupe des Huit à la contrecarrer et à examiner les retombées de la production d’agrocarburants sur les coûts des aliments. » Il a adressé une lettre à ses pairs des nations les plus riches parce qu’ils sont tous très inquiets. Inscrire la hausse des prix à l’ordre du jour mondial ! Je n’en crois pas mes yeux. Comme s’il avait été le premier !
 Mais, bien entendu, ce serait trop demander à ces gros capitalistes de reconnaître que c’est Fidel qui, parmi les dirigeants mondiaux, a été le premier à alerter, et très tôt, au sujet des agrocarburants. Mais des chercheurs, des scientifiques et même des hommes d’affaires ont averti au sujet de ce grave problème aliments/biocarburants. Depuis, on ne cesse d’en parler. Alors, comment affirmer que c’est l’ineffable Premier ministre britannique qui a découvert le pot aux roses !
 Mais n’en restons pas là. Robert Zoellick, l’homme de la Banque mondiale, lance aussi un appel à un New Deal, à la façon dont Franklin Delano Roosevelt avait lancé cette politique dans les années 30 pour faire face à la Grande Dépression et sauver le capitalisme. Quel parallèle historique ! Un pacte des puissants pour tenter de freiner le désastre alimentaire qui s’approche. Mais ce n’est pas tout. Le tout récent président du Fonds monétaire, le Français Dominique Strauss-Kahn, a affirmé que des centaines de milliers de personnes couraient des risques d’inanition ! Seulement des centaines de milliers ? Avec la moitié de la population mondiale vivant au seuil de la pauvreté et environ un milliard de personnes qui se couchent la faim au ventre !
 Randy Alonso. C’est un peu juste, en effet…
 Ariel Terrero. Un peu juste, non ; c’est insultant ! Des centaines de milliers ! Voyez ce que dit cet homme : « Des milliers, des centaines de milliers de personnes souffriront de faim ; les enfants souffriront de malnutrition, ce qui aura des conséquences pour le restant de leurs jours. »  Non seulement, il donne des chiffres ridiculement bas, mais il parle en plus au futur : « souffriront », « des choses graves vont arriver »… Oui, on peut se demander : que se passe-t-il donc pour qu’après tant d’années de catastrophes économiques, de la moitié du monde plongée dans la pauvreté et la marginalisation, ces organismes s’en inquiètent maintenant ? Est-ce donc les biocarburants qui les tracassent, ou alors la stabilité du monde, les risques que peuvent provoquer ces politiques-là, ces émeutes, ces révolutions qui pourraient voir le jour, et qui sont même en train de le voir sur notre continent ? Ont-ils donc peur pour la stabilité d’un monde fondé avant tout – et créé dans ce but – sur une distribution foncièrement déséquilibrée, inéquitable des richesses, où le Nord riche vit grâce à la pauvreté du Sud ? On dirait que les pauvres du Sud commencent à se lasser de leur rôle, et c’est cela qui inquiète le Nord. Pourtant, ce Nord n’a même pas la décence d’appeler les choses par leur nom et nous affirme sans broncher : « Des centaines de milliers de personnes vont avoir faim » !
 Randy Alonso. La sinistre ironie de la politique actuelle… En tout cas, les pays les plus pauvres, tu le disais, vivent une situation tragique. Sur notre continent, c’est le cas d’Haïti, dont on a parlé ces derniers jours. Voyons comment Telesur voit les choses :

Citoyen. Lundi matin, si le prix du riz ne descend pas beaucoup, nous descendrons de nouveau dans la rue, parce que rien n’a changé pour l’instant.
Journaliste. La baisse des prix du riz se fera de concert avec les importateurs privés qui assumeront un manque à gagner de trois dollars par sac, tandis que le gouvernement prendra le reste en charge.
René Préval, président haïtien. Nous n’allons pas subventionner avec de l’argent public. Grâce à la coopération internationale, nous disposons de trois millions de dollars en vue de subventions : nous apporterons cinq dollars pour que le sac puisse passer à quarante-trois dollars. Si nous pouvons disposer de plus, nous l’ajouterons pour que le sac puisse diminuer encore plus.
Journaliste. En attendant, le parlement étudie la nomination d’un nouveau Premier ministre, après que les sénateurs de l’opposition ont obtenu la démission de Jacques-Edouard Alexis, l’accusant de ne pas être arrivé à contrecarrer la hausse constante du coût de la vie.  Le président Préval, bien qu’en désaccord, a accepté cette motion de censure contre son Premier ministre.

 Randy Alonso. Voilà la situation en Haïti : un Premier ministre chute à la suite des émeutes massives qu’0nt provoquées les hausses du prix du riz. Ces émeutes dont parlent des politiciens et que redoutent tant les organismes internationaux. Et ils ont raison, parce que, dans les pays les plus pauvres, les habitants ne supportent plus leur faim au ventre et les hausses continuelles des denrées alimentaires. Des médias alertent à ce sujet, et des observateurs, des spécialistes. Ce dont nous parle notre journaliste Aixa Hevia, surfant sur Internet.
 Axia Hevia. La première nouvelle concerne une autre institution internationale, l’Unicef, dont la porte-parole, Véronique Taveau, s’est dite extrêmement inquiète devant la hausse des produits de première nécessité, car cela aurait de graves conséquences sur les foyers, car les familles seraient obligées de réduire leurs dépenses et de retirer leurs enfants de l’école pour les faire travailler. Ici, l’inquiétude porte sur l’éducation.
 Même les médias étasuniens ont commencé à s’inquiéter de cette crise alimentaire causée par la hausse des prix, comme le confirment les articles d’opinion. Ainsi, certains commentaires affirment que les aliments et le pétrole bon marché appartiennent à une époque révolue dans le monde.  Des médias alternatifs analysent cette crise alimentaire. Ainsi, Juan Carlos Guerra analyse dans Rebelión, ce media espagnol, la hausse des prix, en 2007, du blé, du riz et du soja qui sont, avec le riz, les aliments les plus consommés au monde : le riz, le blé et le maïs constituent à eux  trois plus de la moitié de la production alimentaire mondiale. Selon la FAO, le blé est l’aliment de base de 2,5 milliards de personnes et celui qui fournit le plus de calories et de protéines ; il occupe 17 p. 100 des terres arables dans le monde, tandis que le riz et le maïs sont les aliments les plus consommés en Asie, en Amérique latine et en Afrique, constituant le quart de la consommation alimentaire des régions les plus pauvres de la planète. L’article analyse les conséquences de cette flambée des cours pour ces régions.
 On parle aussi des explosions sociales que cause cette hausse des aliments dans nombre de ces pays,  non seulement dans notre région, mais encore en Afrique.
 La FAO alerte au sujet de ce qui risque d’arriver, et voici l’une des informations les plus diffusées sur Internet : « Début avril, la hausse des cours des produits agricoles a engendré de graves émeutes sociales dans la région », a signalé José Graciano da Silva, directeur général de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes, ce que d’autres fonctionnaires ont affirmé ces jours-ci.
 En Haïti, ces protestations ont causé la mort de cinq personnes dans la semaine. En Egypte, la crise du pain, l’aliment essentiel, a causé la mort de plus de cinquante personnes ces deux derniers mois à cause des bousculades pour en acheter, dont quinze morts rien qu’en une semaine. Le prix du pain a monté de 35 p. 100, et celui de l’huile de 26 p. 100.
 On trouve aussi sur Internet de tristes images de troubles en Inde, en Côte-d’Ivoire, aux Philippines, dans ce cas pour le riz.
 Selon Europa Press, de ce lundi, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a alerté au sujet de la hausse rapide des aliments et dit que cent millions de personnes de plus pourraient sombrer dans la misère.
 Les informations selon lesquelles le FMI et la Banque mondiale accusent maintenant les agrocarburants de la crise ont été largement diffusées ces jours-ci. L’Europe est préoccupée à son tour des conséquences des biocarburants.
 J’ai aussi découvert quelque chose de très intéressant : pour les médias, surtout alternatifs, qui s’attachent à analyser les phénomènes agro-écologiques, les Réflexions de Fidel sont des références.  De même, depuis avril-mai de l’an dernier, l’ONU partageait les inquiétudes de Fidel au sujet des agrocarburants, tandis que des organes aussi prestigieux dans le monde que The Economist et The New York Times donnaient raison à Fidel.
 
Randy Alonso. A ces nouvelles d’Aixa, il faudrait en ajouter une de cet après-midi : l’Unesco a averti que la hausse des cours des produits alimentaires risquait de provoquer une explosion sociale imminente si les pays agricoles ne réforment pas leurs politiques, tandis que des pays touchés, comme les Philippines et l’Indonésie, tentent d’organiser l’approvisionnement des plus pauvres.  Le document, élaboré par quatre cents scientifiques, se fait l’écho de cette crainte d’une vague planétaire de troubles sociaux et politiques. Je te remercie, Aixa, de tes commentaires.

[Documentaire vidéo :
Journaliste. Le problème de la faim s’observe techniquement sous deux formes : en tant que sous-alimentation, il traduit une consommation quotidienne de calories insuffisante ; en tant que dénutrition, il expose les difficultés des gens à absorber les nutriments des aliments. Mais, indépendamment de ces concepts techniques, la persistance de la faim compromet la vie de ceux qui en souffrent. 14 p. 100 de la population mondiale souffre de la faim. Trois continents concentrent 93 p. 100 de la population mondiale dans ce cas. En Asie et dans le Pacifique, la faim touche 16 p. 10o de la population ; en Afrique et au Moyen-Orient, 42 p. 100 ; en Amérique latine et dans les Caraïbes, 10 p. 100, avec de plus forts pourcentages en Haïti, au Guatemala, au Nicaragua, en Equateur, au Pérou, en Bolivie et au Paraguay.
 Elizabeth Gutiérrez, médecin péruvien. Dans ce département, il y a une grande quantité d’enfants dénutris. Il n’y aura aucun développement tant qu’on ne luttera pas contre la dénutrition. Le développement humain n’y existera pas.
José Graciano da Silva, représentant de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Si les enfants ont faim, ils auront beau aller à l’école, mais ils n’apprendront rien ; si une maman a faim, elle ne peut pas alimenter correctement son enfant ; un travailleur affamé a une faible productivité.
Francisca Madani, Bolivienne. Parfois, on a mangé, parfois pas, parce que Dieu seul sait pourquoi il n’y a pas de travail.
José Graciano da Silva. Sauf en Afrique, l’existence d’affamés est faute de ressources, et non faute de produits : autrement dit, les gens n’ont pas d’argent pour acheter les produits nécessaires, c’est le cas de l’Amérique latine. On estime aujourd’hui que la production alimentaire de l’Amérique latine est quatre fois supérieure aux besoins réels. Bref, ça devrait être un sous-continent où la faim n’existe pas.
Carmelo Gallardo, du Programme de sécurité alimentaire pour l’Amérique centrale. Toute une série de problèmes structurels très difficiles à régler se maintient : une grande inégalité, une géographie difficile à vulnérabilité environnementale, des problèmes de propriété de la terre, les changements climatiques, des sécheresses plus prolongées.
Journaliste. Eliminer la pauvreté extrême et la faim sont le premier des Objectifs du millénaire pour le développement adoptés en 2000 par 184 pays des Nations Unies.
José Graciano da Silva. La pauvreté engendre la faim,  mais la faim engendre aussi la pauvreté.
Jorge Chediek, coordinateur de l’ONU au Pérou. Ni la pauvreté ni la faim ne se solutionnent par une approche unisectorielle, il faut des réponses multisectorielles. Par exemple, la faim n’est pas simplement un problème de repas ou de production de repas, il existe des facteurs culturels, des facteurs d’eau, d’assainissement, d’éducation, de coction des aliments. Si tout ceci n’est pas abordé intégralement, l’impact voulu ne sera pas atteint.
Journaliste. Le concept du droit à l’alimentation a été repris pour donne la priorité à la suppression de la faim.
Carlos Condorin, Bolivien. Tout être humain devrait avoir ce droit à pouvoir d’une certaine manière protéger sa santé, se nourrir.
Walter Belik, coordonnateur de l’Initiative de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Les gens peuvent, en poussant les choses à l’extrême, engager un procès contre l’Etat s’ils n’ont pas de quoi manger. C’est un pas important dans l’évolution des droits.
José Graciano da Silva. C’est pour cela que nous nous battons : que les pays acceptent à titre de loi le droit de l’homme à l’alimentation.].

 Randy Alonso.  Nous sommes donc devant une crise internationale qui aura une importance capitale pour l’avenir de l’humanité. Qu’en penses-tu, Dimas ?
 Eduardo Dimas. Une crise qui, comme toute les autres, frappent surtout les pays pauvre, autrement dit ceux qui ont le moins de capacité de réponse. Ces trente-sept pays dont on parle comprennent vingt et un pays africains, neuf asiatiques, parmi lesquels il vaut la peine d’en signaler deux : l’Iraq et l’Afghanistan, les deux pays attaqués par les USA, quatre latino-américains et deux européens.
 Mais je voudrais signaler un point important : quel sont les gros bénéficiaires de cette crise ? Les transnationales qui vendent des produits alimentaires et les transnationales produisant des OGM. Pour les premières, il est facile de comprendre pourquoi ; pour les secondes, c’est le meilleur moment pour introduire des semences transgéniques qui transforment les paysans, quels qu’ils soient, nous le savons, en dépendants de ces OGM. Nous ne pouvons l’oublier, car ce facteur est latent dans toute cette crise.
 Randy Alonso. Igor, cette crise internationale touche bien entendu Cuba, qui doit dépenser infiniment plus pour acheter les mêmes quantités de produits alimentaires. Comment Cuba s’en sort-elle ?
 Igor Montero. Oui, c’est un gros problème, bien sûr. Notre pays, toutefois, prévoyant cette situation parce qu’il était au courant depuis longtemps, a pris une série de mesures qui ont pu amortir un peu les effets de cette facture alimentaire accrue. Mais la solution n’est pas là. Pour paraphraser ce que disait le compañero Raúl Castro le 26 juillet dernier, la solution est qu’il faut produire pour avoir plus. Et nous devons produire en faisant preuve de rationalité et d’efficience, afin de pouvoir réduire nos importations, surtout des produits que nous pouvons faire pousser ici. Or, la production agricole nationale est loin de satisfaire les besoins.
 Mais on commence à constater les premiers résultats. Ariel signalait précisément dans son programme de la matinée une augmentation des productions de lait, d’œufs, de viande de porc. Il existe une politique bien coordonnée pour substituer des importations de produits de base, pas seulement ceux du panier de la ménagère, mais aussi de produits destinés au tourisme et au marché intérieur en devises. Et notre pays étudie toute une série d’autres mesures pour mieux rationaliser certaines consommations en les adoptant à la réalité actuelle.
 Mais nous ne devons jamais oublier que notre pays, à la différence de tous les autres, est soumis depuis très longtemps à un blocus économique, commercial et financier rigoureux, et maintenant renforcé depuis Bush, de la part des USA. Nous devons donc être très prévoyants sur le plan économique et adopter toute les mesures requises justement pour réduire les effets désormais mondiaux de la crise qui, dans notre cas, viennent aggraver ceux du blocus.
 Randy Alonso. Ariel aborde cette situation depuis longtemps dans ses commentaires télévisés et dans sa chronique de la revue  Bohemia. Notre pays, faut-il le rappeler, a garanti le droit de tous ses citoyens à l’alimentation, sans la moindre exclusion, et il doit donc faire face à cette crise en conservant cette politique de non-exclusion. Mais je crois que nos meilleures réserves, indépendamment de ce que notre pays peut faire en matière d’importations de produits étrangers, sont en nous-mêmes.
 Ariel Terrero. Exact. La différence avec les autres pays, c’est que les Cubains pensent que nous sommes à part de cette situation, parce qu’il ne constate pas dans sa consommation quotidienne les brusques hausses des prix qui sont monnaie courante ailleurs, et même dans les pays du premier monde – je me rappelle que, l’an dernier, les Italiens ont fait en quelque sorte la « grève des spaghettis » pendant une journée pour protester contre les prix élevés de ce produit. Ici, les prix ne flambent pas ou n’oscillent pas comme ils le font ailleurs.
 Ainsi, même si la farine de blé, on l’a vu, a énormément renchéri, le prix du pain est resté le même. Oui, mais ce maintien des prix intérieurs pèse lourdement sur l’économie nationale, sur notre Etat, qui doit dès lors y consacrer des sommes qu’il pourrait destiner à d’autres investissements en faveur de la population. Ce qui nous ramène à un point clef : la sécurité alimentaire qui est pour nous, comme le rappelait Igor, doublement importante à cause du blocus et à cause de la crise mondiale.
 Notre pays a fait de nombreux investissements, depuis la construction de silos pour augmenter les capacités de stockage des réserves alimentaires jusqu’aux mesures actuellement en cours pour élever la production nationale et mieux satisfaire par conséquent nos besoins sans avoir à tant importer.
 Un exemple : la hausse des prix d’achat aux producteurs de lait a entraîné une élévation de la production. Pareil pour la production de viande de porc, au point que, depuis février de l’an dernier,  notre pays a cessé d’en importer et satisfait à ses propres besoins, même dans le tourisme.
 Randy Alonso. Je me rappelle que dans un des ses interventions spéciales en 2005, Fidel avait annoncé ce genre de mesures qui donnent maintenant leurs premiers fruits.
 Ariel Terrero. Exact. Il se passe la même chose dans la production de pommes de terre, dans d’autres productions, dans celle du riz, par exemple, qui a commencé à décoller, quoique encore très lentement. Cuba est en mesure de produire du riz. Ce n’est pas le cas du blé, à cause du climat, et nous devrons toujours en importer, mais nous devrions être capables de produire tout le riz dont nous avons besoin et de produire des céréales destinées à l’alimentation du bétail. Bref, Cuba dispose des capacités et nous devons les utiliser à fond.  Les mesures récemment adoptées vont dans ce sens et peuvent donner de bonnes surprises sur ce point clef : la sécurité alimentaire.
 Randy Alonso. Je vous remercie tous de vos interventions à cette Table ronde qui constitue, je crois, une petit contribution pour mieux faire comprendre à notre population la réalité dans ce domaine, pour lui faire mieux prendre conscience, pour élever sa culture économique, parce que la situation alimentaire mondiale a forcément des retombées sur notre pays et doit nous inviter tous à chercher des solutions, à être plus efficaces, à chercher nos propres solutions pour faire face à cette très grave crise alimentaire mondiale.
Bonsoir à tous et à demain.
 

22:12 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, courcelles, histoire, actualite, romain, economie, presse, medias, silence, information, television, capitalisme, democratie | |  Facebook | |  Imprimer | | |

27/05/2008

02/02/2008: STALINGRAD !

Le 2 février 1943, avec la capitulation des derniers soldats et officiers de la VIème armée allemande, se terminait la bataille de Stalingrad. "Trois jours de deuil national", décrétait alors, le Führer. 
Fin août 1942, les forces nazie atteignaient la Volga,  au nord, puis au sud de la  ville. Stalingrad, adossée au grand fleuve, était totalement encerclée. Ce furent d'abord les milices ouvrières, avec les chars à peine peints, sortant directement des usines de la ville, qui opposèrent la première résistance. Début novembre, la cité fut occupée à 90% par la Wehrmacht. 
Tout au long de ces trois mois, la bataille fit rage dans chaque rue, dans chaque maison. On se battait d'étage à étage. "Une fois la cuisine occupée, on se battait pour la salle de séjour..."et ça se poursuivait jusque dans les caves. Les Allemands appelaient ces combats la 'Rattenkrieg', 'la guerre des rats'. La fameuse colline de Mamaev, avec ses 102 mètres, objectif permanent des Allemands pour dominer l'autre rive fut prise et reprise plusieurs fois, au prix de 10.000 soviétiques tués, dans une seule journée. 
Les renforts de l'Armée rouge  traversaient la Volga sous un déluge de feu : les stukas, l'artillerie lourde bombardaient, jour et nuit, la ville et le fleuve. L'espérance de vie d'un soldat soviétique fraîchement lancé dans la fournaise, n'excédait pas 24 heures...
Forte de cette résistance héroïque, coûteuse en vies humaines, la 62ème armée du général Vassili Tchouikov, déclanchait, le 19 novembre, la contre-offensive au nord et au sud de la ville. 
Le 23 novembre, la 62ème armée allemande était encerclée. Des contre-attaques, menées de l'extérieur par les forces blindées de von Manstein, ne réussirent pas à briser l'étau qui se resserrait de jour en jour. Commencée le 31 janvier, la capitulation  est signée le 2 février, par le général Friedricht von Paulus, commandant la VIème armée,  fait maréchal la veille par Hitler, Plus de 90.000 prisonniers avec des milliers de chars et de canons, 
Des centaines de milliers de morts, tel est le bilan  de la plus sanglante bataille de l'histoire. 
Stalingrad constitue le premier désastre de l'Allemagne nazie. Il allait sceller son  destin.
Tous les peuples d'Europe, le nôtre entre autres, ont vite senti que la guerre, à Stalingrad, avait  pris un tournant décisif.  La résistance intérieure s'en est trouvée  renforcée. Les Alliés ont compris qu'il était temps de songer à préparer un second front, s'ils ne voulaient pas voir l'Union soviétique tirer seule les avantages de la victoire.

Mais la bataillede Stalingrad n'aurait pas été possible sans d'autres victoires, dont on ne parle pas assez. D'abord, à l'automne 1941, l'arrêt, puis le premier recul de la Wehrmacht devant la capitale. Hitler, le 2 octobre, triomphait : "Je vois d'ici les clochers de Moscou !". Et début décembre, le front s'en était approché à 30 kilomètres...C'est alors que la levée en masse des civils moscovites a bloqué l'avance ennemie, et permis ainsi de passer à la contre-offensive, qui rejeta les Allemands à plus de 50 kms. 
Il faut aussi rappeler le siège de Léningrad durant 900 jours. Le 8 septembre 1941, les soldats nazis atteignaient les faubourgs de la métropole du Nord, qu'ils parvenaient à encercler.  Ils ne devaient pas pénêtrer plus avant dans la ville de Lénine, Les Soviétiques ont payé le prix fort : 300.000 morts militaires, et plus d'un million de civils, victimes de la famine.

Le rôle capital joué par l'Union soviétique dans cette guerre est, aujourd'hui, occulté. Les victoires décisives remportées sur l'Allemagne hitlérienne par l'Armée rouge ne sont pas enseignées dans nos écoles.  Les politiques et les médias, porte-paroles du capital,  osent placer le communisme, au nom duquel tant de millions d'hommes sont morts pour la liberté, au même titre que le nazisme, auteur de tant de crimes ! 
Ce "déviasionnisme historique" a pour objectif de détourner les peuples de la lutte nécessaire contre l'asservissement et la domination de l'argent, en les privant d'espoir et de perspectives. 
Non, l'Histoire ne s'est pas arrêtée à Stalingrad ! 

par Jean Lévy publié dans : Internationalisme        recommander

16:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, actualite, histoire, belgique, urs, stalingrad, capitalisme, guerre, fascisme, imperialisme, liberte, democratie, medias, presse, information, television, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

05/04/2008

05/04/2008: de Michel Collon ...

 -------- Message original --------

Sujet: NOUVEAU: Chomsky, Elections US, Congo, Argentine, Tibet, Palestine, Net-journalisme...
Date: Sat, 5 Apr 2008 10:37:28 +0200
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29/03/2008

29/03/2008: Tibet : Géopolitique de la Paille et de la Poutre



-------- Message original --------
Sujet: Tibet : Géopolitique de la Paille et de la Poutre
Date: Sat, 29 Mar 2008 08:46:05 +0100
De: Marc Lemaire <fa032881@skynet.be>
Pour :: Roger Romain <roger.romain@skynet.be>

Tibet : Géopolitique de la Paille et de la Poutre
29 mars 2008

« A chaque séjour à l’étranger, en dehors de ce que communément on appelle l’Occident, je suis frappé de voir combien nos discours et propagandes n’ont aucune prise. Aucune crédibilité, en dehors de son espace territorial. A part, évidemment, le cercle des castes locales protégées par les armes occidentales. » Georges Stanechy, professionnel du développement à l’international, déconstruit les prétentions de l’occident à s’ériger en donneur de leçons morales.

Par Georges Stanechy, 28 janvier 2007

En Amérique latine, en Asie, en Afrique, nos leçons sur la démocratie ou le respect des droits de l’homme, qu’affectionnent tant nos politiques et nos médias, ne sont pas prises au sérieux. « Double langage hypocrite » est le qualificatif le plus souvent employé, lorsqu’on veut rester poli avec nous. Vision totalement différente ? C’est, surtout, une évolution géopolitique, une véritable lame de fond en train de se lever face au « double standard » de l’Occident, pour reprendre l’expression couramment employée en anglais.

Une de mes plus fortes expériences, dans ce renversement de perspective, s’est produite lors d’un dîner avec des Chinois, de la République Populaire de Chine. J’avais sympathisé avec eux en travaillant sur des projets d’investissement (1). Cette soirée célébrait la fin de nos travaux.

A la fin du repas, la confiance et la sympathie étant partagées, je me suis hasardé à leur demander ce qu’ils pensaient des remarques sur le Tibet que leur adressaient régulièrement les délégations occidentales en visite chez eux. Pour réponse, j’ai eu droit à un grand éclat de rires de la part de mes interlocuteurs. Leur responsable hiérarchique, d’une culture et expérience internationale impressionnantes, m’expliqua :

· « ... Le Tibet ? Nous avons sorti cette province, de la misère où l’avait plongé la théocratie d’un clergé bouddhiste dévoyé. Bouddha, c’est le spirituel pas le temporel : à l’opposé d’une religion d’Etat. Des siècles de misère, d’ignorance et de fatalisme. Nous y construisons des hôpitaux, des établissement d’enseignement, des routes, des stations d’épuration d’eau pour l’eau potable, un réseau électrique, un réseau d’assainissement pour les égouts, un réseau GSM, un réseau ferré qui est un des plus grands exploits techniques dans l’histoire du transport... Nous y apportons le développement et le bien-être.

Tout cela, vous n’en parlez jamais. Bien sûr, on ne rattrape pas des siècles de retard en quelques années. Mais, on va y arriver. Vos tentatives de déstabilisation avec ses faramineux budgets de propagande, qui soulageraient bien des misères de par le monde, ne nous impressionnent pas.

· Mais, les droits de l’homme, les droits à l’autodétermination, la liberté de vote...

· Vous, occidentaux, vous tournez le dos à l’évolution du monde. Nous, nous construisons là où nous allons. Vous, quand vous n’êtes pas dans un rapport de forces à peu près égal, vous ne savez que détruire, asservir et piller. Vous vivez encore sur des idées du XVI° siècle, même si vous employez des techniques modernes...

· Mais, les pressions au sujet du Tibet...

· Regardez, au Moyen-Orient, par exemple : vous vous dites laïcs, et vous êtes en train d’imposer des théocraties en créant des Etats fondés sur l’appartenance religieuse et confessionnelle. Il faut être chrétien, juif, sunnite, shiite, druze, maronite, kurde, pour avoir une existence légale, un Etat. Bien sûr, c’est pour mieux les contrôler en les opposant, pour les piller. Plus vous morcelez et plus vous êtes tranquilles pour contrôler la région et pomper le pétrole ou le gaz.

· Mais, concernant le Tibet...

· Vous ne respectez rien : vous choisissez les dirigeants. Sans tenir compte du choix électoral des peuples. Vous renversez des gouvernements légitimes, protégez des dictatures, des criminels de guerre. Vous réduisez en cendres des pays : vous bombardez, rasez des villes, des villages, emprisonnez des milliers de gens, tuez, torturez... Et, en plus : vous financez, provoquez, encouragez des guerres civiles, comme vous l’avez fait en Chine pendant si longtemps.

Ce sont des centaines de milliers de morts et de blessés et des destructions incalculables, depuis que vous avez pris la succession de l’Empire Ottoman en 1918... Au minimum, 2 millions de morts. Un véritable génocide. Et, ce n’est pas encore fini. Vous voulez détruire l’Iran. Mais, comme la Chine, le Moyen-Orient sera un jour maître de son destin, sans avoir à subir la loi de l’Occident... A ce moment-là, il y aura une redistribution des cartes.

· Mais, les interventions à propos du Tibet...

· J’y viens... Il y a une différence fondamentale, entre les occidentaux et nous : quand on prétend nous donner une leçon, nous écoutons poliment, par courtoisie à l’égard de nos invités ou de nos hôtes. Nous avons le Temps avec nous. Vous, vous n’êtes capables d’écouter que votre arrogance. Et, çà l’Histoire en marche n’en a rien à faire. Vos « idées politiques » ne sont pas crédibles : vous faites le contraire de ce que vous déclarez.

Vous des démocrates ? Il n’y a pas pires prédateurs ! Pour le moment, vous n’avez que la technique et la force pour vous imposer. Personne ne croit le premier mot de vos leçons de démocratie. Un jour, dès le milieu de ce siècle, vous serez dépassés, marginalisés. Et, ce jour-là, vous commencerez à écouter et à regarder. Ce jour-là seulement, nous le savons. Voyez : vous nous avez pillés (2) pendant un siècle, pensant que cela allait durer éternellement. Et, puis...

Mais, nous savons faire la différence entre les dirigeants politiques de l’Occident, sans foi ni loi, et les peuples qui le composent, et qui sont anesthésiés de propagande. C’est pour çà, que nous buvons à la santé du peuple français et à ta santé, Georges !... »

Et, de partir dans un grand éclat de rire. Je me suis toujours demandé comment mes joyeux compagnons de soirée arrivaient à tenir un repas arrosé de cognac, du début jusqu’à la fin. Toujours aussi lucides, précis et donnant à réfléchir...

De sacrés bons vivants, nos amis Chinois. Mais, en plus, eux : ils voient loin...

(1) Investissements chinois en dehors de la Chine, et même de l’Asie. (2) L’Occident s’est emparé des richesses de la Chine (notamment ses ports, son commerce extérieur et ses douanes) à la suite de la Guerre de l’Opium en 1842, et le traité de Nankin du 29 août, lui arrachant des concessions territoriales et des territoires (Hong Kong), suivi d’autres conflits et traités conduisant à un dépeçage massif. Les premiers pays à s’allier et mener des opérations militaires conjointes contre la Chine ont été : la Grande-Bretagne, la France, et les USA. Par la suite, pour se maintenir dans cet immense pays, divers chefs de guerres étaient soutenus financièrement pour poursuivre leurs guerres civiles. Jusqu’au bouleversement de la seconde guerre mondiale, en Asie, et la victoire de Mao.

Georges Stanechy travaille dans le domaine du conseil en gestion à l’international, de la création d’entreprises et du développement.


Publication originale George Stanechy

19:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tibet, chine, romain, courcelles, histoire, actualite, imperialisme, propagande, presse, medias, silence, democratie, liberte, capitalisme, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

28/03/2008

Changement climatique :: Les mérites et les faiblesses du film d’Al Gore...

Changement climatique :: Les mérites et les faiblesses du film d’Al Gore

Le 10 décembre, le prix Nobel de la Paix sera remis à l’IPCC (la commission climatique de l’ONU) et à l’homme politique américain Al Gore.

Thierry Warmoes
05-12-2007

La commission Nobel entend récompenser Al Gore avec le prix Nobel de la Paix pour s’être engagé en permanence à mettre les changements climatiques à l’ordre du jour politique, entre autres, avec son film, An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange). Les avis de la gauche sont toutefois divisés quant à l’analyse que fait Al Gore.

 

Les mérites de Gore

Al Gore ne surfe pas sur un phénomène de mode comme bien d’autres politiciens. Déjà dans les années 70 il avait essayé en vain d’attirer l’attention du Congrès américain sur la question du climat. En 1988, il en avait fait un de ses thèmes lors de sa campagne pour la présidence et, en tant que vice-président sous Clinton, en 1992, il était à la base d’un certain nombre de mesures visant à réduire le réchauffement climatique.

Al Gore croit en son affaire et il ne renonce jamais. Son indignation paraît sincère. Pour lui, il est « immoral de laisser continuer les choses (…) Outre un problème politique », la question du climat « est surtout un problème d’éthique. »

Le principal mérite de Al Gore est sans aucun doute d’avoir sensibilisé le grand public au changement climatique grâce à son film. Ainsi, il a indirectement mis la pression également sur le politique et les entreprises afin qu’ils prennent ce problème au sérieux et cherchent des solutions.

Dans Une vérité qui dérange, il apporte une grande quantité d’informations scientifiques de façon très didactique : la hausse de la température et la concentration des gaz à effet de serre, la fonte des glaciers et des glaces polaires, leurs conséquences : inondations, sécheresses, ouragans. Tout cela est exposé de façon claire et compréhensible.

Il dénonce également les campagnes de désinformation du lobby pétrolier et gazier, de l’American Petroleum Institute et de l’industrie automobile américaine. Il démasque les hommes de paille de l’industrie pétrolière désignés par G.W. Bush à la tête de la politique de l’environnement.

Al Gore met les USA devant leurs responsabilités en tant que principaux pollueurs : 30 % des rejets mondiaux de gaz à effet de serre pour à peine 5 % de la population mondiale. Dans le film, il s’indigne : « notre pays pollue plus que l’Amérique du Sud, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie ensemble ! »

Contrairement à d’autres, il n’incrimine pas les pays en plein développement comme la Chine et l’Inde. Au contraire, il dit, presque admiratif : « Chaque fois que je les vois, je tire bien des enseignements des experts chinois. Ce sont des pionniers. Cette question est aussi brûlante pour la Chine que pour les USA. »

Les points faibles de Gore

Pour Al Gore, les raisons de « la collision de notre civilisation avec la terre » sont l’accroissement démographique, l’évolution technique allant de pair avec les « vieilles habitudes et façons de penser », qui ne comprennent pas le danger.

Pour lui, chaque humain est responsable du changement climatique. Nulle part dans le film, il n’est dit qui sont les pires pollueurs, c’est-à-dire les producteurs d’électricité et les grandes entreprises.

Aussi, voit-il surtout des solutions sur le plan individuel. Dans sa vision très libérale, le monde pourra changer quand tous les individus prendront « leurs responsabilités », car chaque individu a le pouvoir de déclencher les changements nécessaires. « Êtes-vous disposé à changer de façon de vivre ? », demande-t-il à la fin du film.

Mais qui décide de la production ? Un producteur peut-il continuer à produire impunément des choses non efficientes sur le plan énergétique ? Peut-il demander des prix élevés et obtenir des éco-bénéfices supplémentaires en produisant, par exemple, des lampes économiques de sorte que bien des consommateurs « préfèrent » malgré tout acheter des ampoules meilleur marché ?

Il s’agit en premier lieu d’un problème social. L’État doit forcer les producteurs à ne produire que des choses énergétiquement efficientes et à un prix le plus bas possible. « Nous disposons déjà du savoir nécessaire pour résoudre ce problème », dit Gore. Mais il n’explique pas pourquoi ce savoir n’est pas utilisé : parce que, pour les producteurs privés, le profit passe avant tout.

Gore constate que les critères chinois concernant les voitures sont plus sévères qu’au USA, ce qui est un obstacle aux exportations américaines vers la Chine. « Les marques à succès sont celles qui fabriquent des voitures peu consommatrices, comme Toyota. Chez nous, la situation n’est pas bonne », dit-il amèrement. Al Gore réfléchit en fonction de la compétitivité des entreprises US, tout comme les dirigeants européens se préoccupent de la compétitivité européenne.

 

 

Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 37e annee n°46 [1681) du 5 décembre 2007

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> Le commerce des droits d’émissions de CO2 n’empêchera pas le réchauffement

15:37 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, environnement, romain, histoire, actualite, courcelles, presse, medias, capitalisme, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

24/03/2008

23/03/2008: La droite chute avec Sarkozy ...

 -------- Message original --------
Sujet: DEFAITE DE SARKOZY AUX MUNICIPALES
Date: Sun, 23 Mar 2008 21:22:35 +0000 (GMT)
De: FISCHER BERNARD <fischer02003@yahoo.fr>
Répondre à :: fischer02003@yahoo.fr


La droite chute avec Sarkozy www.lariposte.com Les résultats des élections municipales et cantonales ont confirmé ce qu’indiquaient déjà tous les sondages : à peine dix mois après la victoire de Nicolas Sarkozy aux présidentielles, le soutien dont bénéficie la politique du gouvernement a nettement chuté. La droite a perdu les voix de millions de travailleurs et de retraités qui, en 2007, avaient crû aux promesses démagogiques de l’UMP, et dont les difficultés se sont aggravées depuis. Après avoir distribué des milliards d’euros de ristournes fiscales aux plus riches, le gouvernement a déclaré aux plus pauvres : « circulez, les caisses sont vides ». Le chômage n’a reculé que dans les statistiques officielles. Les services publics et la sécurité sociale ont été attaqués. La crise du logement se poursuit. La précarité et la misère gagnent chaque jour du terrain. En un mot, la régression frappe tous les organes du corps social – à l’exception de cette minorité de privilégiés pour laquelle travaille Sarkozy. Telles sont les causes fondamentales de la défaite électorale de la droite.Ces résultats balayent une fois pour toutes l’idée selon laquelle la victoire de Sarkozy, en 2007, marquait un « virage à droite » de la société française, qui était supposée s’enfoncer dans une période de « réaction » et « d’adhésion aux valeurs de la droite ». Les dirigeants socialistes et communistes qui dressaient un tel diagnostic cherchaient à se disculper de toute responsabilité dans la défaite : « que voulez-vous, les gens virent à droite ! » Dix mois plus tard, non seulement le résultat des élections locales détruit la théorie du « glissement vers la droite », mais il rappelle que la gauche a perdu les élections présidentielles faute d’un programme crédible et combatif.Comme il fallait s’y attendre, c’est le Parti Socialiste qui a le plus bénéficié du rejet de la politique gouvernementale. Mais il ne faudrait pas y voir le moindre enthousiasme à l’égard de son programme. Dans ce domaine, rien n’a été résolu. Des millions de jeunes, de salariés et de retraités ont utilisé le vote socialiste comme le moyen le plus sûr de battre la droite – voilà tout. En fait, l’abstention aurait sans doute été moins élevée et la défaite de la droite encore plus sévère si le PS avait mené campagne sur un programme sérieux.Le PCFL’autre fait important de ces élections – que les médias capitalistes s’efforcent de passer sous silence – c’est le résultat du PCF. Aux cantonales, qui expriment mieux l’implantation nationale du parti, il progresse légèrement en pourcentage de voix. Cette progression, même modeste, aura un effet positif sur le moral et la combativité des militants communistes, qui avaient été sonnés par le score du parti en 2007. Les innombrables « analystes » et « commentateurs » bourgeois qui, depuis les présidentielles, annonçaient la mort toute proche du PCF, vont devoir une fois de plus remballer leur nécrologie.Le score du PCF est une mauvaise nouvelle pour la classe dirigeante, qui rêve de le voir disparaître. Mais elle est aussi une mauvaise nouvelle pour ceux qui, dans le parti lui-même, ont exploité le revers électoral de 2007 pour en appeler au « dépassement » du parti vers « autre chose » – bref, à sa liquidation. De fait, on ne liquide pas un parti qui progresse ! Les liquidateurs ne se laisseront sans doute pas détourner de leurs objectifs par ce seul résultat électoral. Mais il est clair qu’il affaiblit leur position. A l’inverse, il conforte la position de tous les militants qui – comme La Riposte – veulent maintenir et renforcer le PCF.Ceci étant dit, il ne faudrait pas exagérer la progression du parti – ni, surtout, en tirer la conclusion que, désormais, il ne peut plus reculer. Les causes fondamentales du déclin du PCF, au cours de la dernière période, résident dans le caractère réformiste de son programme, qui a été vidé de toute atteinte à la propriété capitaliste. En d’autres termes, ce n’est pas un programme communiste, mais une version « anti-libérale » – c’est-à-dire un peu plus à gauche – du programme du PS. Or, les travailleurs n’ont pas besoin de deux partis réformistes, et auront forcément tendance à voter pour le plus grand.Le problème des idées et du programme du PCF n’est donc toujours pas réglé. Le score du PCF, aux cantonales et aux municipales, n’exprime pas l’enthousiasme des électeurs pour cette usine à gaz de mesures fiscales qui constitue le « socle » de son programme. Ce score reflète surtout l’implantation nationale et les réserves sociales dont dispose toujours le parti, malgré les graves carences de son programme. La seule garantie d’une progression durable du PCF réside dans un retour aux idées du marxisme et dans l’adoption d’un programme réellement communiste.A en croire de nombreux dirigeants du parti, les idées du socialisme révolutionnaire « effrayent » les travailleurs. D’où, selon eux, la nécessité d’un discours et d’un programme plus « modérés ». Nous avons déjà répondu à cette idée absurde – qui, si elle était correcte, signifierait l’impossibilité du socialisme en général. Mais une anecdote permet à elle seule de réfuter cet argument classique des réformistes. Lors du premier tour des élections cantonales, en Haute-Garonne, plusieurs camarades de La Riposte étaient investis par le PCF local. Partout, ils ont amélioré les scores de 2001. Notre camarade Hubert Prévaud, par exemple, était le candidat PCF d’un grand canton de Toulouse. Dans sa profession de foi, envoyée à tous les électeurs du canton, Hubert fustigeait « la poignée de milliardaires qui s’accapare la richesse nationale », et expliquait : « tant que les banques et les grands groupes de l’industrie et du commerce demeureront la propriété d’une minorité capitaliste, rien ne sera définitivement acquis. Il est donc grand temps de mettre à l’ordre du jour le programme et les principes du socialisme. C’est un changement fondamental, un changement révolutionnaire qui est nécessaire. » Les mots « socialisme » et « révolutionnaire » ont-ils effrayé les travailleurs du canton ? Non. Avec 12,7 % des suffrages, Hubert a plus que doublé le résultat du PCF en 2001. Avec 2421 voix, il fait le meilleur score du PCF dans tout le département, en nombre de voix. Nous ne voulons pas exagérer la portée de cet exemple, mais il ne cadre pas du tout avec l’idée que le marxisme « effraye » les électeurs !Le MoDemLes militants et les électeurs de gauche auront accueilli avec une satisfaction toute particulière la défaite de François Bayrou, à Pau. De manière générale, le MoDem a perdu ces élections. Partout où il s’est maintenu, au deuxième tour, face à l’UMP et à la gauche, il s’est littéralement effondré (à l’exception de Pau, où il manque de peu la victoire). La polarisation croissante de la société ne laisse pas de place au « Centre », ou plus exactement à la fiction d’un « Centre ». Les dirigeants du MoDem, qui sont les fidèles serviteurs de la classe capitaliste, prétendent se situer « au-delà des clivages ». Ils feignent d’ignorer l’existence de clivages bien réels dans la société française : entre les riches et les pauvres, entre les exploiteurs et les exploités. Or, sous l’impact de la crise du capitalisme, le gouffre ne cesse de s’élargir entre les classes sociales. Dans ce contexte, le Centre « fort et indépendant » que Bayrou appelle de ses vœux n’a aucune chance de voir le jour. D’ores et déjà, des responsables du MoDem tirent les conclusions de leur défaite électorale : ils demandent que leur parti jète le masque « centriste » et soutienne ouvertement le gouvernement de Sarkozy.La défaite du MoDem aurait été encore plus nette si, dans un grand nombre de villes, les dirigeants du PS ne l’avaient pas accueilli sur leurs listes. Ces alliances avec la droite illustrent la complète dégénérescence politique de la direction actuelle du PS. Elles soulignent l’adhésion totale des dirigeants socialistes à « l’économie de marché » – c’est-à-dire au capitalisme. Comme le disait Lénine, « la politique est de l’économie concentrée ». Les « réformistes sans réformes » que sont Royal, Hollande et compagnie n’ont aucune alternative à la politique de Sarkozy. Sur toutes les questions touchant aux intérêts fondamentaux des capitalistes, ils sont d’accord avec la droite. Les militants qui ont adhéré au PS pour lutter contre la misère et les injustice sociales doivent se mobiliser contre cette dérive droitière de leurs dirigeants et contre la politique d’alliance avec le prétendu « Centre ».La présence de candidats PCF sur des listes d’« union » avec le PS et le MoDem a provoqué un profond malaise, dans les rangs du parti. La direction du PCF a cherché à minimiser l’affaire et à placer la responsabilité de ces accords sur les épaules des seuls dirigeants socialistes. Mais cela n’a pas convaincu beaucoup de militants communistes, qui ont appris avec stupéfaction la fusion des listes du PCF et du MoDem à Aubagne, entre les deux tours. La Riposte s’est fermement opposée à ces alliances. Dans toutes les villes où des candidats du MoDem ont été élus sur des listes de gauche, nous pensons que les militants du PS et du PCF devraient exiger une rupture de leurs élus avec ceux du MoDem – quitte à perdre la majorité aux conseils municipaux.Instabilité croissanteEntre les deux tours des élections, Nicolas Sarkozy déclarait qu’il « tiendrait compte » des résultats. Bien sûr ! Et de quelle façon ? « En accélérant le rythme des réformes », expliquent tous les ministres. Autrement dit, en poursuivant la politique de contre-réformes rejetée par les électeurs. Les dirigeants socialistes reprochent au gouvernement de ne pas « entendre » le verdict des urnes. Or, Sarkozy et sa clique l’ont très bien entendu, très bien compris. Ils savent, comme François Hollande, lire les résultats d’une élection. Mais ils sont au pouvoir pour servir les intérêts de la classe capitaliste, laquelle exige de nouvelles attaques contre la vaste majorité de la population – à commencer par une nouvelle contre-réforme des retraites. Ces attaques seront menées au pas de charge. La crise du capitalisme français, son déclin sur le marché mondial et le niveau historique de son endettement pèsent infiniment plus lourd, aux yeux du patronat, qu’une simple défaite électorale. La politique du gouvernement a été rejetée dans les urnes. Mais désormais, il va falloir la combattre dans la rue, les entreprises, les quartiers, les lycées et les universités.La défaite de la droite renforce le camp de tous ceux qui luttent contre la politique réactionnaire du gouvernement. La période à venir sera marquée par de grandes mobilisations de la jeunesse et des salariés. La chute rapide de la popularité de Sarkozy est, à elle seule, une illustration limpide de l’énorme instabilité politique et sociale qui caractérise notre époque. Sous la surface de la société, une immense quantité de matériel explosif s’est accumulée. Quarante ans après la grande grève générale de mai 68, toutes les conditions d’une nouvelle explosion révolutionnaire sont réunies. Il faut s’y préparer. Et cela signifie d’abord qu’il faut réarmer le mouvement ouvrier avec les seules idées à la hauteur de sa tâche historique : les idées du marxisme.Jérôme Métellus (PCF Paris 18e)Publication : lundi 17 mars 2008

20:13 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, actualite, belgique, france, paris, democratie, capitalisme, politique, silence, medias, propagande | |  Facebook | |  Imprimer | | |

23/03/2008

19/03/2008: L'impérialisme, stade suprême du capitalisme, prélude des grandes guerres impérialistes ....


-------- Message original --------
Sujet: L'impérialisme, stade suprême du capitalisme, prélude des grandes guerres impérialistes
Date: Wed, 19 Mar 2008 11:03:04 -0400
De: Antonio Artuso <pueblo@sympatico.ca>



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L'impérialisme, stade suprême du capitalisme, prélude des grandes guerres impérialistes
Le capitalisme est né dès que, vers le 11e siècle, des personnes libres ont commencé, dans les bourgs, à se distancer du pouvoir de l'État féodal.
Les bourgeois se sont enrichis au moyen de leur travail, de leurs affaires, de la création de banques, du financement des expéditions coloniales et des guerres que se livraient entre eux les seigneurs féodaux, de la découverte des Amériques, du pillage des civilisations pré-colombiennes (or et argent des Empires inca, azteque, maya, etc.), de l'esclavage et de l'exploitation des richesses des Amériques.
Avec les révolutions bourgeoises européennes [anglaise, française et celles de 1848 dans toute l'Europe], l'État féodal a été totalement détruit et l'État bourgeois est né.
La révolution industrielle, l'exploitation des travailleuses/eurs, les oppressions politiques, économiques, nationales, etc., le pillage des colonies ont conduit à un renforcement et à un enrichissement des classes dominantes (capitalistes, banquiers, grands proprietaires fonciers, etc.) et à la naissance des grands monopoles modernes.  «Le vrai début des monopoles modernes se situe, au plus tôt, vers les années 1860-1870.»
(Lénine - L'impérialisme, stade suprême du capitalisme - 1916 - éd. Pékin - p. 19)
Vers 1860-1870, au sein de chaque grande puissance, le capitalisme atteint son stade suprême, celui de l'impérialisme.
L'impérialisme est le résultat de la fusion, au sein de chaque grande puissance, (1) du capital industriel et (2) du capital financier en un capital unifié, le capital financier.  Cette unification des capitalistes entraîne l'unification du commandement de l'État capitaliste et l'unification des plans militaires de défense mais surtout d'agression des grandes puissances, avides de matières premières, de marchés, de main-d'oeuvre, de contrôle hégémonique de vastes régions.
À ce stade, tous les territoires ont déjà été partagés entre grandes puissances.  Mais la classe dominante (bourgeoisie c'est-à-dire capitaliste) de chaque puissance, en constante compétition avec celles des autres puissances, pour augmenter ses profits, doit envahir des territoires des autres puissances.  Commence alors un repartage du monde et le début de guerres impérialistes d'une violence jamais égalée auparavant, car les ressources matérielles, technologiques, humaines, scientifiques modernes dépassent celles qui existaient antérieurement.
La guerre (avant le stade impérialiste proprement dit) entre la france et la Prusse, déclenche la Commune de Paris (1871) : le peuple de Paris se révolte et installe, pour la première fois dans l'histoire, un État socialiste, qui ne durera que 3 mois, installant le mode de production socialiste, sous direction de la classe ouvrière et du peuple de Paris, où les principaux moyens de productions seront dirigés par des élections par la classe ouvrière et le peuple (dictature du prolétariat).
L'impérialisme se développe ailleurs dans le monde et entraîne des conflits qui conduisent à trois premières guerres impérialistes locales (le stade impérialiste étant maintenant développé :
a) 1898 (de février à décembre) - La guerre hispano-américaine :

Le 15 février 1898, l'explosion en rade de La Havane d'un navire nord-américain, le Maine, avec à son bord quelque 260 personnes, constitue le prétexte de l'intervention des États-Unis dans la guerre d'émancipation coloniale qui oppose Cuba à l'Espagne depuis 1895. La chute de Santiago de Cuba, en juillet, contraint le gouvernement de Madrid à signer, le 10 décembre 1898, le traité de Paris par lequel il renonce à Cuba et à Porto Rico, mais aussi aux Philippines.(...)

b) 1899-1902 - La guerre anglo-boer (seconde partie) :

L'expression Guerre des Boers se rapporte à deux conflits, l'un intervenu de 1880 à 1881 et le deuxième du 11 octobre 1899 au 31 mai 1902, tous deux entre les Britanniques et les colons d'origine néerlandaise (appelés alors Boers puis Afrikaners au XXesiècle) en Afrique du Sud. À la fin du deuxième conflit, les deux républiques fondées par les Boers perdirent leur indépendance et furent intégrées à l'empire britannique.

c) 1804-1905 - La guerre russo-japonaise :

La Guerre russo-japonaise s'est déroulée du 8 février 1904 au 5 septembre 1905. Elle met aux prises la Russie impériale d'un côté, et l'Empire japonais de l'autre.

Sur le plan militaire, ce conflit préfigure les guerres du Xxe siècle par sa durée (1 an et demi), par les forces engagées (sans doute plus de 2 millions d'hommes au total) et les pertes (156 000 morts, 280 000 blessés, 77000 prisonniers) ainsi que par l'emploi des techniques les plus modernes de l'art de la guerre (logistique, ligne de communication et renseignements ; opérations combinées terrestres et maritimes; durée de préparation des engagements) [1].

Sur le plan politique, l'affrontement trouve son origine dans une triple inter-action :

l'opposition direct de deux impérialismes : entre le japonais et le russe. Ce dernier a pour objectif stratégique d'obtenir un accès permanent à l'Océan Pacifique.

la démarche propre de l'Empire japonais consistant :

d'abord à préserver son indépendance et ses intérêts face aux impérialismes européens de plus en plus présents dans la région depuis la seconde moitié du XIXe siècle

ensuite à s'affirmer et à se faire reconnaitre en tant que et comme puissance régionale à part entière, c'est-à-dire comme un acteur développant sa propre stratégie impériale et coloniale à l'égal et à l'identique des autres.

Ces trois premières grandes guerres impérialistes locales n'étaient que le prélude d'une grande guerre impérialiste mondiale, d'abord intitulée la "Grande guerre", («Première guerre mondiale»), qui, selon l'idéologie capitaliste, devait être la dernière des dernières.
En 1917, la Révolution d'Octobre en Russie, a mis fin à la Première guerre mondiale et a fait naître, après la Commune de Paris (1871), le mode de production socialiste, sous la direction des travailleurs et des nations soviétiques, c'est-à-dire le début de la fin de la dictature de la bourgeoisie.
En réaction à la naissance de l'État socialiste des Républiques soviétiques, la dictature ouverte de la bourgeoisie s'installe au sein de certaines puissances impérialistes, sous la conduite de Mussolini (1922), d'Hitler (1933) et de Franco (1936).
Les communistes seront les premiers à dénoncer et à combattre le fascisme politiquement et militairement.  En 1935, la Troisième Internationale (communiste) propose la tactique du Front uni contre le fascisme et la guerre.  En 1936, les partis communistes organisent au niveau mondial, les Brigades internationales (Bataillons Mackenzie-Papineau, Abraham Lincoln, Mateotti, etc.)
L'impérialisme a continué à se développer et a conduit à la Seconde (s'il n'y en a pas d'autres) / Deuxième (s'il y a une autre) guerre mondiale (1939-1945).
À partir de 1948, les puissances capitalistes brisent le front uni avec l'URSS et se lance dans la "guerre froide", véritable troisième guerre mondiale sans déclarations de guerre contre les États socialistes, contre la classe ouvrière et les peuples qui veulent un autre mode de production que le capitalisme, contre toute force politique, ouvrière, sociale, populaire, nationale qui refuse le capitalisme.  La guerre des États-Unis contre les peuples du Vietnam, du Cambodge et du Laos à elle seule coûtera la vie à 6 millions d'Indochinois au cours d'un conflit atroce.
L'impérialisme c'est, entre autre, la guerre permanente pour l'hégémonie de chaque puissance impérialiste, contre les autres puissances impérialistes, mais aussi contre la classe ouvrière mondiale, contre les peuples et les nations du monde.
Les impérialismes se combattront entre eux, et les contradictions ne font que croître.
Les peuples veulent la paix.
Les puissances impérialistes veulent la guerre pour accroître leurs profits.
Le capitalisme est condamné à la guerre perpétuelle.
Les peuples du monde doivent l'écraser.
Antonio Artuso - pueblo@sympatico.ca - Montréal - mercredi le 19 mars 2008

20:45 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, romain, belgique, capitalisme, imperialisme, guerre, democratie, liberte, colonialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

22/03/2008

18/03/2008: Quelques rares informations sur la Chine et le Tibet...


C' est clair: le dalaï-lama cherche à remonter sur le trône, rétablir son pouvoir absolu et féodal, avec l' aide des moines religieux, des ricano-occidentaux et des médias sécurisés du capitalisme. L' Occident parle de répression de manifestations pacifiques. Les rares images parlent d' elles-mêmes: on voit l'oeuvre de véritables émeutiers. Une images montre un de ceux-ci une machette à la main, une autre un motocycliste de passage et à l' arrêt sous les coups d'un "manifestant" pacifique, un moine parmi les saccageurs et incendiaires jette des coups de pieds dans le grillage d'un magasin détruit...
Mais, il est quasi sûr que la Chine ne laissera jamais le Tibet devenir un nouveau ... Kosovo, malgré les Jeux olympiques. A ce sujet les manifestants n'ont peut être pas tout à fait tort lorsqu'ils disent: "Un pays qui ne respecte pas les "droits de l'homme" ne doit pas organiser les jeux olympiques". Je leur suggère de les organiser à Bagdad, Tel-Aviv, Kaboul, Guantanamo, Steenokkerzeel (liste non-limitative)...
De telles émeutes à Paris ou à Bruxelles, capitale de la Belgique "démocratique" et de l'Europe, ne seraient pas réprimées moins durement par le pouvoir capitaliste ... On peut toujours essayer...
RoRo ..
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-------- Message original --------
Sujet: Fw: [MM&D:4969] Quelques rares informations sur la Chine et le Tibet
Date: Tue, 18 Mar 2008 09:28:20 +0100
De: Marc Lemaire <fa032881@skynet.be>


----- Original Message -----
Sent: Monday, March 17, 2008 10:41 PM
Subject: [MM&D:4969] Quelques rares informations sur la Chine et le Tibet

Quelques rares informations sur la Chine et le Tibet


Mondialisation.ca, Le 17 mars 2008

La situation au Tibet et la nature des  informations

Les informations que nous avons actuellement en occident  émanent pour l’essentiel de Radio Free, une radio financée par les Etats-Unis, Radio free Europe et Radio free Asie. Les informations officielles venues de Chine confirment partiellement leurs dires, tout aurait commencé par des manifestations de moines mais aurait dégénéré en violences . En revanche des informations gouvernementales chinoises disent  que les morts sont des commerçants chinois massacrés par des bandes organisées et elles infirment les thèses du tir par la police chinoise.  

Jeudi 13 mars 2008, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères,  avait accusé les manifestants de “chercher à déclencher des troubles sociaux“..Samedi en marge des travaux de l’Assemblée Nationale chinoise , l’agence Chine Nouvelle a décrit ainsi la situation: “Les manifestations de moines bouddhistes tibétains contre le pouvoir chinois qui ont dégénéré vendredi à Lhassa ont fait 10 morts, et aucun étranger ne figure parmi les victimes.”

Le chef du gouvernement régional du Tibet, Champa Phunstok, a affirmé que les forces de l’ordre n’avaient pas tiré. “Nous n’avons pas ouvert le feu, cependant nous serons sévères avec ces criminels dont les activités visent à diviser la Nation“, a déclaré samedi Champa Phunstok à l’Associated Press en marge de la session annuelle du Congrès national du Peuple, l’assemblée législative chinoise. Selon Chine Nouvelle, “la plupart des victimes étaient des commerçants“.

Selon les informations de radio Free: des manifestations emmenées par des moines bouddhistes tibétains contre le pouvoir chinois ont dégénéré vendredi à Lhassa, la capitale tibétaine mais des témoins auraient fait état de tirs des forces de sécurité, de véhicules et de commerces incendiés.


Toujours d’après des informations de Radio Free Europe, deux personnes ont été tuées. Selon Radio Free Asia, des soldats utilisant des gaz lacrymogènes mais aussi des munitions réelles ont tiré sur des manifestants qui incendiaient des véhicules et des commerces détenus par des Chinois dans le centre-ville.

Radio free Europe ou Radio Free Asie ont  également cité des témoins qui rapportent avoir vu deux corps gisant sur le sol dans le quartier de Barkor où se sont concentrées les manifestations.  La radio a évoqué des bilans plus élevés, sans fournir de chiffres.

La Chine estime que le Tibet, fait partie intégrante de son territoire. Au plan international c’est le cas alors qu’en occident nous pensons que les Chinois ont envahi le Tibet en 1950. 

voici en gros les termes du débat sur le Tibet:

Effectivement depuis le XIII e siècle le Tibet appartient à l’Empire Chinois, et les monuments impériaux ont en fronton des textes écrits dans les cinq langues chinoises dont le tibétain un Empire avec ses féodalités et ses bureaucratie. Avant même qu’apparaisse le bouddhisme tibétain tel qu’il existe aujourd’hui. Les tenants de l’indépendance du Tibet et du Dalai-Lama estiment que le Tibet était un simple fief, un protectorat. Sur le plan historique les indépendatistes Tibétains expliquent que si la région himalayenne était jadis partie intégrante de la Chine, la région était devenue quasiment indépendante  et accusent la Chine de chercher à détruire la culture tibétaine.

 Le Tibet  a été dans le cadre du dépeçage et de la colonisation de la Chine l’objet d’une rivalité entre la grande Bretagne et la Russie. La Grande Bretagne, implantée en Inde voisine,  l’ a emporté et elle a toujours reconnu la suzeraineté de la Chine sur ce pays qu’elle a occupé militairement et commercialement. En 1908, la Chine profitant du départ des britanniques a  repris  le contrôle du pays.

Puis ça a été  l’effondrement de l’Empire chinois et l’instauration de la République en 1911. Ce qui rompt les relations personnelles de vassalité qui existaient entre la Chine et le Tibet selon les moines tibétains, qui sont  leur niveau le  plus élevé des féodaux pratiquant le servage. Le 13e Dalaï Lama a proclamé l’indépendance du Tibet et a refusé de reconnaître la République chinoise.

La Grande Bretagne  s’est entremise et a proposé une partition du Tibet que la Chine a refusé de reconnaître même si de fait les liens se sont distendus et le gouvernement théocratique du Dalai-Lama a élargi ses attributions. En 1950, l’Armée populaire de Libération  communiste est rentré au Tibet qu’elle estimait être gouvernée par des féodaux. Elle n’a pas  rencontré de résistance. Un gouvernement du Tibet a été créé qui a maintenu la religion et les monastères .

Mais à partir de 1956, les révoltes vont se succéder, en 1959 c’est l’insurrection de Lhassa. Le DalaÏ Lama quitte le Tibet et se réfugie aux Indes avec 150.000 de ses partisans. La révolte a été sévèrement réprimés, les exilés et les associations pour l’indépendance du Tibet font état d’un million de morts, en fait les chiffres déjà  considérables ne dépassent pas une dizaine de milliers.

Le gouvernement communiste chinois abolit le servage, les terribles châtiment corporels  et expliquera  qu’il s’agit de révoltes fomentées par les anciens maîtres et les moines. Alors les instances religieuses en exil dénoncent, comme  leurs partisans occidentaux, l’attaque contre la culture tibétaine autant que les atteintes aux droits de l’homme. L’occident, les Etats-Unis en particulier vont développer ce thème de la spiritualité thibétaine bafouée par les “envahisseurs” chinois.

La Chine considère que non seulement il s’agit d’une région intégrée à la Chine depuis le XIII e siècle mais qu’elle l’a libéré de la féodalité, désenclavée récemment  en construisant un chemin de fer. Une région  de surcroît est indispensable à sa sécurité, une marche par rapport à l’Inde avec laquelle elle a depuis toujours des rapports tendus. Alors que le Dalai Lama et les exilés, avec les Etats-Unis et les associations pour l’indépendance du Tibet considèrent qu’il s’agit d’une région indépendante dont la Chine détruit la culture.

 Ainsi avec les aspects religieux les chinois auraient supprimé la médecine traditionnelle et l’Astrologie. Autour du DalaÏ Lama en Inde s’est reconstituée  cette culture avec une université d’astrologie, elle bénéficie pour se faire de grands moyens financiers des Etats-Unis. Les Chinois affirment que la liberté religieuse est respectée, mais leurs adversaires dénoncent la désacralisation de certains aspects de cette culture qui leur ferait perdre leur signification originelle.

Ils dénoncent le peuplement massif par les Chinois et une situation d’exclusion des Tibétains ainsi que les arrestations et les droits de l’homme bafoués, même s’ils reconnaissent une amélioration en matière de droit de l’homme ces dernières années.  Les Chinois eux disent que la situation en matière de droits de l’homme est meilleure que sous le servage ou mutilations et châtiments corporels étaient fréquents, le statut de la femme a été amélioré et ils ont introduit le développement, ainsi que la protection de l’environnement et la préservation de la culture locale. 

La richesse des commerçants chinois est un des thèmes les plus agités au plan local et ce n’est sans doute pas un hasard s’ils ont été attaqués. Le contexte économique du développement chinois  témoigne ici  comme partout dans le reste de la Chine d’ une croissance formidable, liée en particulier ici du tourisme, mais aussi un accroissement des inégalités et actuellement une inflation élevée qui rend difficile l’approvisionnement des familles les plus modestes. A ce titre on peut penser que les manifestations des moines ont donné lieu également à d’autres manifestations de colère plus économiques, doublés peut-être de phénomènes délinquants attisés.

Les défenseurs de la cause tibétaine craignent que la nouvelle ligne ferroviaire contribue à accélérer l’immigration chinoise au Tibet ainsi qu’à le vider plus rapidement de ses ressources naturelles déjà surexploitées. Le gouvernement tibétain en exil estime notamment que « le chemin de fer facilitera le contrôle chinois du Tibet et entraînera l’arrivée de nombreux migrants chinois ». Mais pour les Chinois il n’y a pas plus de migration que l’arrivée à Paris de commerçants auvergnats. Le Tibet est partie intégrante de la Chine et les mouvements de population se font à l’intérieur du pays. La Chine est un pays d’intenses migrations internes.

Y a-t-il implication du Dalaï-Lama ?  

Autre source à  Dharamsala, en Inde, le dalaï-lama a appelé la Chine à “cesser d’utiliser la force” contre les manifestations, dans lesquelles il voit “une expression du ressentiment très profond du peuple tibétain“. Dans un communiqué, le chef spirituel des bouddhistes tibétains en exil se déclare “très préoccupé” par la situation au Tibet et demande à Pékin de “répondre au ressentiment des Tibétains (…) par le dialogue“. Il exhorte en outre les Tibétains à “ne pas recourir à la violence“. Ce qui visiblement était le cas lors des premières manifestation des moines mais a rapidement dégénéré en violence. Le dalaÏ Lama a affirmé ne pas être impliqué dans les événements du Tibet, mais on peut douter de son affirmation.

Des manifestations de soutien aux Tibétains ont également eu lieu en Inde et au Népal, autre source d’information.  A Katmandou, au Népal, au moins 12 moines bouddhistes ont été blessés dans des heurts avec la police lors d’une manifestation pro-Tibet qui a réuni un millier de personnes. Des incidents ont également éclaté à New Delhi, en Inde, où est réfugié le daili Lama et ses partisans, il y a eu également des heurts entre des manifestants pro-tibétains qui tentaient d’atteindre l’ambassade de Chine et les forces de l’ordre. La police indienne a arrêté plusieurs dizaines de personnes.

Beaucoup d’images qui nous sont transmises sont soit des images d’archives soit des image de ces manifestations indiennes.

Position des pays occidentaux

S’il est possible de développer des campagnes destinées à sensibiliser l’opinion publique sur la culture propre du Tibet, sa spiritualité bafouée, et sur les droits de l’homme non respectés par la Chine (1). Au plan international il est difficile pour les pays occidentaux qui, derrière les Etats-Unis, favorisent ces campagnes, de ne pas reconnaître le Tibet comme territoire chinois. A aucun moment il n’y a eu la reconnaissance d’un territoire indépendant tibetain au plan international, même si, comme nous l’avons vu, la Grande Bretagne a proposé au moment de l’instauration de la république de Chine une certaine autonomie et la reconnaissance d’un pouvoir “spirituel”. Légalement il est difficile voir impossible  de reconnaitre cette indépendance, donc c’est essentiellement sur la répression et les droits de l’homme que porte l’intervention occidentale.

C’est aussi pourquoi la Chine a réagi très fortement devant le cas du Kosovo. Il y a eu l’exemple du depeçage de l’ex-URSS auquel Poutine a mis un frein et la Chine mesure bien que la stratégie employée pour l’ex-URSS, et pour l’ex-Yougoslavie peut lui être appliquée. Comme la plupart des pays du monde la Chine a vu dans le Kosovo, un précédent suceptible d’aboutir à une balkanisation généralisée sur des bases raciales, religieuses ou tout autres.

D’où un choix politique: premièrement la Chine répond à la question des droits de l’homme en renvoyant les Etats-Unis à leur propre responsabilité dans ce domaine et elle a établi le 13 mars un livre blanc sur les violations des droits de l’homme aux Etats-Unis, mais  elle n’a pas  répondu  directement sur la question du Tibet qu’elle juge affaire interne. Il ya eu des morts mais aucun étranger et cela ne vous regarde pas leur dit-elle. Il faudra attendre le samedi 17 mars 2008 pour que soient diffusées les premières photos officielles.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont appelé la Chine à faire preuve de “retenue“. “Pékin doit respecter la culture tibétaine“, a affirmé de son côté Gordon Johndroe, porte-parole de la Maison Blanche. Le président américain George W. Bush estime que “Pékin doit avoir un dialogue avec le dalaï-lama“. Les autorités américaines ont recommandé à leurs ressortissants d’éviter de se rendre à Lhassa.

L’Union européenne a adopté vendredi une déclaration appelant la Chine à la “retenue” au Tibet. “La présidence slovène nous a proposé un texte, que nous avons accepté” qui “demande de la retenue, qui demande que les personnes arrêtées manifestant pour le Tibet (…) soient relâchées“, a indiqué le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner autre source d’information.

Robert Mesnard de Reporters Sans Frontières a incité à faire pression pour la Chine, qui tient à la tranquilité pour les jeux olympique qui auront lieu en août, pour obtenir la fin de la répression. Les personnalités, engagées depuis pas mal de temps dans la dénonciation de la Chine, ont pris le train en marche, ainsi Mia farrow qui depuis des mois mobilise contre les jeux olympique et s’était illustrée dans la campagne contre la Chine au nom du Darfour, mène maintenant une campagne pour le Tibet et s’est rendu à l’Ambassade de Chine à la tête d’une délégation.

Donc nous avons une stratégie tout à fait au point : faire agir les ONG, les groupes traditionnellement financés par l’occident qui rameutent contre un pays, affirment que les droits de l’homme, la “spiritualité, la culture autochtone” sont menacées, qu’il y a des discriminations intolérables, les pays occidentaux ne disent rien dans un premier temps parce qu’ils savent bien que la légalité internationale n’est pas de leur côté, mais ils appuient la campagne en prenant position sur les droits de l’homme et la répression. Ce à quoi la Chine les renvoit à la situation du Moyen orient et à leurs propres répressions.

Il paraît difficile d’imaginer une intervention militaire actuellement contre la Chine mais il s’agit d’entretenir des lieux de révolte potentiels et des campagnes qui créent une opinion.


(1) Selon leur habitude, les Chinois refusent de commenter ce qui leur apparaît comme un problème interne, suivi en cela par la plupart des pays non-occidentaux, d’où la raréfication de toute information autre qu’occidentale. Mais la Chine choisit de répondre plus généralement sur la question des droits de l’homme aux Etats-Unis en les mettant en cause. Il faudrait également noter la grande activité diplomatique de la Chine sur ce que les Etats-Unis considèrent comme leur chasse gardée dans le pacifique, la multitude de petites îles sous protectorat étasunien. On a vu également l’évolution politique de taiwan et les efforts vers la normalisation de la situation avec le Japon. les Etats-Unis qui maintiennent dans le pacifique la puissante 7 e armée ont du mal à maintenir des alliances belliciste contre la Chine, l’encerclement traditionnel.

20:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, romain, courcelles, histoire, actualite, imperialisme, chine, tibet, democratie, liberte, capitalisme, usa, kosovo | |  Facebook | |  Imprimer | | |

19/03/2008: Quand le dalaï-lama exerçait la ... "culture tibétaine" ...


Quand le dalaï-lama exerçait la ... "culture tibétaine" ...
RoRo


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Sujet: Enfin, un grand défenseur de la démocratie ! Chauve Marcel !!!
Date: Wed, 19 Mar 2008 23:38:37 +0100
De: Jean-Marie Flémal <jm.flemal@brutele.be>
Pour :: <roger.romain@skynet.be>

La « démocratie », la parure trompeuse du dalaï-lama
par Zang Yanping
14 nov 2007
 
Traduction : Jean-Marie Flémal

Afin de conférer au 14e dalaï-lama une apparence de respectabilité, sa clique le présente, lui, l’ancienne figure de proue principale du servage féodal à structure sociopolitique théocratique, comme un « représentant de la démocratie » et elle prétend que « la démocratie a de tous temps été son idéal » et qu’il « fait la promotion de la démocratie parmi les Tibétains en exil ».
            Tout le monde sait que la société humaine passe par trois stades d’évolution : la théocratie, la monarchie et les droits civiques. Il est tout simplement ridicule, sinon bizarre, de décrire le dalaï-lama, ce symbole vivant de la théocratie, sous les traits d’un « combattant pour la démocratie ».
            Que s’est-il réellement passé au Tibet, avant 1959, lorsqu’il était dirigé par ce dalaï-lama qui prétend que la démocratie est son idéal ? Avant 1959, les terres et les habitants du Tibet n’étaient autres que les fiefs des institutions des gouvernements, monastères et nobles tibétains locaux, c’est-à-dire les trois principales catégories de propriétaires qui soutenaient le servage féodal tibétain. Constituant moins de 5 pour cent de la population totale du Tibet, ces trois principales catégories de propriétaires possédaient la quasi-totalité des terres arables, des prairies, des forêts, des montagnes, des cours d’eau et du bétail. Elles étaient non seulement habilitées à exploiter les serfs de façon vampirique, mais elles exerçaient également un pouvoir dominateur sur leurs personnes. Les serfs et les esclaves, qui représentaient 95 pour cent de la population du Tibet, ne disposaient d’aucun droit fondamental de l’homme et n’avaient aucune liberté. Dès la naissance, les serfs appartenaient à un propriétaire. Leur existence, leur mort et leur mariage étaient à l’entière disposition de leur propriétaire. Traités comme du bétail, les serfs pouvaient être vendus, achetés, transférés, proposés en guise de dot, offerts à titre gracieux à d’autres propriétaires de serfs, utilisés pour apurer des dettes ou échangés contre d’autres serfs.
            Afin de protéger leurs propres intérêts, les propriétaires féodaux de serfs maintenaient en place un système social hiérarchisé et strict en même temps qu’ils exerçaient un pouvoir cruel. Les Treizième et Seizième Codes, qui ont été utilisés jusqu’à la fin des années 1950, stipulaient clairement le prix de la vie des diverses catégories sociales, allant de personnes aussi bon marché qu’un vulgaire cordage de paille à d’autres, plus chères que l’or. Les gouvernements locaux étaient dotés de cours de justice et de prisons et les grands monastères, de même que les nobles, avaient leurs propres prisons aussi. Les serfs qui osaient se révolter étaient persécutés selon le bon plaisir des seigneurs, sous cette dictature cruelle.
            Ils étaient fréquemment insultés et battus ou devaient même affronter des châtiments d’une rare violence : par exemple, on leur arrachait les yeux, on leur coupait la langue ou les oreilles, les mains ou les pieds, on leur arrachait les tendons, à moins qu’on ne les noyât ou qu’on ne les projetât dans le vide depuis le sommet d’une falaise.
            Les trois principaux ordres de propriétaires forçaient les serfs à assurer toutes sortes de corvées et à payer un loyer, ils les exploitaient en pratiquant l’usure. Les serfs devaient non seulement assurer des corvées pour les diverses institutions des gouvernements locaux, les fonctionnaires et l’armée, mais ils devaient également travailler sans le moindre salaire à l’entretien des récoltes et du bétail au profit des seigneurs, tout en payant diverses taxes. Certains d’entre eux devaient également s’acquitter de taxes et de corvées au profit des monastères.
            Des statistiques ont montré que les taxes collectées par les gouvernements locaux du Tibet étaient répertoriées en plus de deux cents catégories et que les corvées assumées par les serfs au service des trois principaux ordres de propriétaires représentaient plus de 50 pour cent de leur travail, voire entre 70 et 80 pour cent en certains endroits. Avant la réforme démocratique, le montant total de l’usure au Tibet était deux fois plus élevé que celui de la production totale des serfs.
            Les trois principaux ordres de propriétaires qui dirigeaient le Tibet ancien vivaient principalement dans des agglomérations ou des villes comme Lhassa. Ils étaient étroitement liés par des intérêts communs. Leurs membres – les fonctionnaires, les nobles et les moines supérieurs des monastères – changeaient parfois de rôle pour constituer des cliques dirigeantes puissantes ou pour arranger des mariages entre clans du même rang social dans le but de consolider leurs alliances.
            Ils observaient également une règle stricte stipulant que les personnes de rang élevé et de basse extraction devaient être traitées différemment, ce qui, tant que le plan éthique que dans la réalité, consolidait les privilèges et intérêts des propriétaires de serfs. Les descendants des nobles restaient des nobles à jamais mais les serfs, qui constituaient la majeure partie de la population tibétaine, ne pouvaient jamais s’extraire de leur misérable condition politique, économique et sociale.
            Le degré élevé de concentration du pouvoir et le gel du passage d’une classe sociale à l’autre allaient mener tout droit à la corruption et à la dégénérescence de la classe dirigeante ainsi qu’à la stagnation et à la décadence de l’ensemble du système social.
            « L’intégration de la politique et de la religion » constituait le fondement du servage féodal au Tibet. Sous un tel système, la religion était non seulement une croyance spirituelle, mais également une entité politique et économique. L’oppression et l’exploitation existaient dans les monastères, qui jouissaient eux aussi des privilèges féodaux. Le despotisme culturel régnant sous cette structure sociopolitique théocratique ne pouvait fournir au peuple l’occasion de choisir sa propre croyance religieuse, pas plus qu’elle ne pouvait lui permettre de bénéficier d’une véritable liberté religieuse.
            Les serfs n’avaient aucun droit de l’homme, même le plus élémentaire, et ils vivaient dans une indigence extrême. Un dixième des jeunes hommes du Tibet entraient dans un monastère et se faisaient moines. De la sorte, ils n’étaient pas tenus à la production matérielle ni à la reproduction humaine, et cela aboutit à une dépression économique ainsi qu’à un déclin de la population du Tibet. Avec cet asservissement spirituel et la promesse de la béatitude dans une vie ultérieure, le groupe privilégié des moines et des nobles privaient les serfs non seulement de leur liberté physique, mais encore de leur liberté spirituelle.
            Le dalaï-lama, à l’époque principal représentant du servage féodal tibétain et chef du gouvernement local tibétain, ne s’est jamais embarrassé de « démocratie » ou de « droits de l’homme ». En fait, c’est par crainte de la réforme démocratique que le 14e dalaï-lama et la clique au pouvoir déclenchèrent une rébellion armée en 1959 et gagnèrent l’exil après son échec.
            Après s’être enfuie à l’étranger, la clique du dalaï-lama maintint toujours le cadre politique de base de l’intégration de la politique et de la religion. Selon ce qu’il appelle la « constitution » tibétaine, la dalaï-lama, en tant que figure de proue religieuse, exerce non seulement la fonction de « chef de l’État », mais il bénéficie également du pouvoir décisionnel final dans toutes les questions majeures auxquelles est confronté son « gouvernement en exil ».
            Un phénomène intéressant, ici, c’est que les frères et sœurs du 14e dalaï-lama ont successivement occupé des postes clés, dans ce « gouvernement en exil » dirigé leur frère, prenant ainsi en charge des départements importants. Cinq membres de la famille du dalaï-lama ont été « bkha’ blon supérieurs » ou « bkha’ blon » (très hauts fonctionnaires des gouvernements locaux tibétains de l’ancien régime). La famille du dalaï-lama et plusieurs autres familles contrôlent le pouvoir politique, économique, éducationnel et militaire du « gouvernement en exil » ainsi que ses principaux circuits financiers. Il semble que, ces dernières années, ils se soient mis à suivre les exemples occidentaux en organisant des « élections démocratiques » et en adoptant la « séparation des pouvoirs » mais, en fait, le dalaï-lama est toujours nanti de l’ultime pouvoir décisionnel, son « gouvernement en exil » est toujours étroitement lié à la religion et la fonction de « bkha’ blon supérieur » ne peut toujours être exercée que par des moines. Peu importe donc la façon dont la clique du dalaï-lama se pare d’ornements démocratiques puisque, en fait, elle constitue toujours une structure politique théocratique et une coalition de moines de rangs supérieurs et de nobles. La « démocratie » est-elle vraiment possible sous le pouvoir d’une structure politique théocratique et d’une alliance de moines et de nobles ? Le Tibet et d’autres éléments de la communauté tibétaine en Chine ont réalisé voici longtemps la séparation entre la politique et la religion, ils ont accompli des réformes démocratiques et mis en place des gouvernements régionaux autonomes et sont aujourd’hui engagés dans la construction politique et démocratique du socialisme.
            Contrastant avec une telle réalité, le discours creux sur la démocratie que nous servent le dalaï-lama et ses partisans internationaux n’est qu’une parure à bon marché qu’ils exhibent pour abuser le public.
            
Xinhua News Agency
(China Daily, 14 novembre 2007, p. 10)

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21/03/2008: Tibet, Net censuré, Ecole, Sarkozy, Traité européen, Israël...



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Sujet: NOUVEAU: Tibet, Net censuré, Ecole, Sarkozy, Traité européen, Israël...
Date: Fri, 21 Mar 2008 23:52:40 +0100
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19/03/2008: Quand le dalaï-lama exerçait la ... "culture tibétaine" ...

Quand le dalaï-lama exerçait la ... "culture tibétaine" ...
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Sujet: Enfin, un grand défenseur de la démocratie ! Chauve Marcel !!!
Date: Wed, 19 Mar 2008 23:38:37 +0100
De: Jean-Marie Flémal <jm.flemal@brutele.be>
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La « démocratie », la parure trompeuse du dalaï-lama
par Zang Yanping
14 nov 2007
 
Traduction : Jean-Marie Flémal

Afin de conférer au 14e dalaï-lama une apparence de respectabilité, sa clique le présente, lui, l’ancienne figure de proue principale du servage féodal à structure sociopolitique théocratique, comme un « représentant de la démocratie » et elle prétend que « la démocratie a de tous temps été son idéal » et qu’il « fait la promotion de la démocratie parmi les Tibétains en exil ».
            Tout le monde sait que la société humaine passe par trois stades d’évolution : la théocratie, la monarchie et les droits civiques. Il est tout simplement ridicule, sinon bizarre, de décrire le dalaï-lama, ce symbole vivant de la théocratie, sous les traits d’un « combattant pour la démocratie ».
            Que s’est-il réellement passé au Tibet, avant 1959, lorsqu’il était dirigé par ce dalaï-lama qui prétend que la démocratie est son idéal ? Avant 1959, les terres et les habitants du Tibet n’étaient autres que les fiefs des institutions des gouvernements, monastères et nobles tibétains locaux, c’est-à-dire les trois principales catégories de propriétaires qui soutenaient le servage féodal tibétain. Constituant moins de 5 pour cent de la population totale du Tibet, ces trois principales catégories de propriétaires possédaient la quasi-totalité des terres arables, des prairies, des forêts, des montagnes, des cours d’eau et du bétail. Elles étaient non seulement habilitées à exploiter les serfs de façon vampirique, mais elles exerçaient également un pouvoir dominateur sur leurs personnes. Les serfs et les esclaves, qui représentaient 95 pour cent de la population du Tibet, ne disposaient d’aucun droit fondamental de l’homme et n’avaient aucune liberté. Dès la naissance, les serfs appartenaient à un propriétaire. Leur existence, leur mort et leur mariage étaient à l’entière disposition de leur propriétaire. Traités comme du bétail, les serfs pouvaient être vendus, achetés, transférés, proposés en guise de dot, offerts à titre gracieux à d’autres propriétaires de serfs, utilisés pour apurer des dettes ou échangés contre d’autres serfs.
            Afin de protéger leurs propres intérêts, les propriétaires féodaux de serfs maintenaient en place un système social hiérarchisé et strict en même temps qu’ils exerçaient un pouvoir cruel. Les Treizième et Seizième Codes, qui ont été utilisés jusqu’à la fin des années 1950, stipulaient clairement le prix de la vie des diverses catégories sociales, allant de personnes aussi bon marché qu’un vulgaire cordage de paille à d’autres, plus chères que l’or. Les gouvernements locaux étaient dotés de cours de justice et de prisons et les grands monastères, de même que les nobles, avaient leurs propres prisons aussi. Les serfs qui osaient se révolter étaient persécutés selon le bon plaisir des seigneurs, sous cette dictature cruelle.
            Ils étaient fréquemment insultés et battus ou devaient même affronter des châtiments d’une rare violence : par exemple, on leur arrachait les yeux, on leur coupait la langue ou les oreilles, les mains ou les pieds, on leur arrachait les tendons, à moins qu’on ne les noyât ou qu’on ne les projetât dans le vide depuis le sommet d’une falaise.
            Les trois principaux ordres de propriétaires forçaient les serfs à assurer toutes sortes de corvées et à payer un loyer, ils les exploitaient en pratiquant l’usure. Les serfs devaient non seulement assurer des corvées pour les diverses institutions des gouvernements locaux, les fonctionnaires et l’armée, mais ils devaient également travailler sans le moindre salaire à l’entretien des récoltes et du bétail au profit des seigneurs, tout en payant diverses taxes. Certains d’entre eux devaient également s’acquitter de taxes et de corvées au profit des monastères.
            Des statistiques ont montré que les taxes collectées par les gouvernements locaux du Tibet étaient répertoriées en plus de deux cents catégories et que les corvées assumées par les serfs au service des trois principaux ordres de propriétaires représentaient plus de 50 pour cent de leur travail, voire entre 70 et 80 pour cent en certains endroits. Avant la réforme démocratique, le montant total de l’usure au Tibet était deux fois plus élevé que celui de la production totale des serfs.
            Les trois principaux ordres de propriétaires qui dirigeaient le Tibet ancien vivaient principalement dans des agglomérations ou des villes comme Lhassa. Ils étaient étroitement liés par des intérêts communs. Leurs membres – les fonctionnaires, les nobles et les moines supérieurs des monastères – changeaient parfois de rôle pour constituer des cliques dirigeantes puissantes ou pour arranger des mariages entre clans du même rang social dans le but de consolider leurs alliances.
            Ils observaient également une règle stricte stipulant que les personnes de rang élevé et de basse extraction devaient être traitées différemment, ce qui, tant que le plan éthique que dans la réalité, consolidait les privilèges et intérêts des propriétaires de serfs. Les descendants des nobles restaient des nobles à jamais mais les serfs, qui constituaient la majeure partie de la population tibétaine, ne pouvaient jamais s’extraire de leur misérable condition politique, économique et sociale.
            Le degré élevé de concentration du pouvoir et le gel du passage d’une classe sociale à l’autre allaient mener tout droit à la corruption et à la dégénérescence de la classe dirigeante ainsi qu’à la stagnation et à la décadence de l’ensemble du système social.
            « L’intégration de la politique et de la religion » constituait le fondement du servage féodal au Tibet. Sous un tel système, la religion était non seulement une croyance spirituelle, mais également une entité politique et économique. L’oppression et l’exploitation existaient dans les monastères, qui jouissaient eux aussi des privilèges féodaux. Le despotisme culturel régnant sous cette structure sociopolitique théocratique ne pouvait fournir au peuple l’occasion de choisir sa propre croyance religieuse, pas plus qu’elle ne pouvait lui permettre de bénéficier d’une véritable liberté religieuse.
            Les serfs n’avaient aucun droit de l’homme, même le plus élémentaire, et ils vivaient dans une indigence extrême. Un dixième des jeunes hommes du Tibet entraient dans un monastère et se faisaient moines. De la sorte, ils n’étaient pas tenus à la production matérielle ni à la reproduction humaine, et cela aboutit à une dépression économique ainsi qu’à un déclin de la population du Tibet. Avec cet asservissement spirituel et la promesse de la béatitude dans une vie ultérieure, le groupe privilégié des moines et des nobles privaient les serfs non seulement de leur liberté physique, mais encore de leur liberté spirituelle.
            Le dalaï-lama, à l’époque principal représentant du servage féodal tibétain et chef du gouvernement local tibétain, ne s’est jamais embarrassé de « démocratie » ou de « droits de l’homme ». En fait, c’est par crainte de la réforme démocratique que le 14e dalaï-lama et la clique au pouvoir déclenchèrent une rébellion armée en 1959 et gagnèrent l’exil après son échec.
            Après s’être enfuie à l’étranger, la clique du dalaï-lama maintint toujours le cadre politique de base de l’intégration de la politique et de la religion. Selon ce qu’il appelle la « constitution » tibétaine, la dalaï-lama, en tant que figure de proue religieuse, exerce non seulement la fonction de « chef de l’État », mais il bénéficie également du pouvoir décisionnel final dans toutes les questions majeures auxquelles est confronté son « gouvernement en exil ».
            Un phénomène intéressant, ici, c’est que les frères et sœurs du 14e dalaï-lama ont successivement occupé des postes clés, dans ce « gouvernement en exil » dirigé leur frère, prenant ainsi en charge des départements importants. Cinq membres de la famille du dalaï-lama ont été « bkha’ blon supérieurs » ou « bkha’ blon » (très hauts fonctionnaires des gouvernements locaux tibétains de l’ancien régime). La famille du dalaï-lama et plusieurs autres familles contrôlent le pouvoir politique, économique, éducationnel et militaire du « gouvernement en exil » ainsi que ses principaux circuits financiers. Il semble que, ces dernières années, ils se soient mis à suivre les exemples occidentaux en organisant des « élections démocratiques » et en adoptant la « séparation des pouvoirs » mais, en fait, le dalaï-lama est toujours nanti de l’ultime pouvoir décisionnel, son « gouvernement en exil » est toujours étroitement lié à la religion et la fonction de « bkha’ blon supérieur » ne peut toujours être exercée que par des moines. Peu importe donc la façon dont la clique du dalaï-lama se pare d’ornements démocratiques puisque, en fait, elle constitue toujours une structure politique théocratique et une coalition de moines de rangs supérieurs et de nobles. La « démocratie » est-elle vraiment possible sous le pouvoir d’une structure politique théocratique et d’une alliance de moines et de nobles ? Le Tibet et d’autres éléments de la communauté tibétaine en Chine ont réalisé voici longtemps la séparation entre la politique et la religion, ils ont accompli des réformes démocratiques et mis en place des gouvernements régionaux autonomes et sont aujourd’hui engagés dans la construction politique et démocratique du socialisme.
            Contrastant avec une telle réalité, le discours creux sur la démocratie que nous servent le dalaï-lama et ses partisans internationaux n’est qu’une parure à bon marché qu’ils exhibent pour abuser le public.
            
Xinhua News Agency
(China Daily, 14 novembre 2007, p. 10)

12:16 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, romain, histoire, tibet, actualite, capitalisme, liberte, chine, democratie, imperialisme, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/11/2007

19/09/2007: Ces grands magasins qui font les prix ...


Ces grands magasins qui font les prix
Interview :: Le journaliste Dirk Barrez sur les hausses de prix

Pain, lait, spaghettis… Les prix ne cessent d’augmenter. Dans son nouvel ouvrage Koe 80 heeft een probleem, le journaliste et auteur Dirk Barrez nous explique qui s’en porte mieux.

Mark Kennes
19-09-2007

Les fermiers se plaignent depuis des années des bas prix. L’équilibre est-il rétabli aujourd’hui ?

 

Dirk Barrez. Ce ne sont pas en premier lieu les fermiers qui s’en portent mieux. Ils restent pour un part importante dépendants des intermédiaires entre eux et le consommateur : les acheteurs en gros, les fabricants et les distributeurs. Considérons les céréales, toujours le principal produit agricole, et nous verrons que quasiment tout le grain produit sur terre est acheté par trois grosses entreprises : Cargill, ADM et Louis Dreyfus. Le paysan n’a guère le choix, évidemment. Ces entreprises exercent un contrôle écrasant sur le marché.

Ce sont elles qui font les prix ?

Dirk Barrez. Pas uniquement. Avec l’industrie de transformation, qui conditionne les denrées de base que nous retrouvons dans les (chaînes de) magasins, ça ne se présente guère mieux, puisque là aussi, seuls quelques géants, comme Nestlé et Unilever, contrôlent le marché. C’est toutefois le secteur de la distribution, les grands magasins, donc, qui ont aujourd’hui le plus de pouvoir, et de loin. Ainsi, 8 % des achats de nourriture de la planète se font chez Wal-Mart, la multinationale américaine. Cela leur donne un énorme pouvoir pour extorquer des marges bénéficiaires avantageuses.

Vous défendez l’idée que les paysans doivent obtenir de meilleurs prix pour leurs produits. En fin de compte, ça va encore être facturé au consommateur, non ?

Dirk Barrez. De meilleurs prix pour les paysans, cela ne signifie pas nécessairement des prix plus élevés pour les consommateurs. La libéralisation du marché mondial a débouché sur des baisses de prix pour les fermiers, mais aussi sur une hausse de prix pour le consommateur. La différence est passée chez les intermédiaires. Bel exemple, l’industrie du café. Jusqu’il y a quinze ans, il y avait les accords du café, qui faisaient que les paysans avaient un revenu prévisible. Entre-temps, la suppression de ces accords a non seulement fait que les paysans reçoivent deux fois mois pour leur café, mais que les consommateurs paient aussi deux fois plus.

Aux États-Unis, une étude a montré qu’entre 1970 et 2000, le revenu des fermiers a baissé de 20 %, mais que les prix payés par le consommateur ont augmenté en moyenne de 35 %.

Que peut-on faire contre le pouvoir de ces multinationales ?

Dirk Barrez. Je ne comprends pas que les autorités américaines ou que l’Union européenne permettent une telle concentration du pouvoir économique. Au début du siècle dernier, même Standard Oil (Esso)1 a été obligé de se scinder. Aujourd’hui, manifestement, plus personne ne se pose de questions sur le pouvoir d’entreprises comme Wal-Mart. En outre, il existe également des initiatives au sein desquels fermiers et consommateurs essaient d’entrer en contact, sans les intermédiaires. Ainsi, à Rennes, en France, il existe nombre de magasins paysans vendant des produits locaux et où l’on a un choix de denrées tout aussi diversifié que dans les autres supermarchés, mais à des prix concurrentiels.

1 Une multinationale pétrolière américaine qui, au début du siècle dernier, détenait presque la totalité du marché mondial. En 1911, la Cour suprême des Etats-Unis obligea Esso à se scinder en 34 sociétés indépendantes.

Dirk Barrez : « Ce ne sont pas d’abord les fermiers qui profitent des récentes hausses de prix. » (Photo www.research4development.info)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Les réserves alimentaires au niveau le plus bas depuis des années

Les variations de prix sur le marché mondial touchent de plein fouet 2 à 3 milliards de petits producteurs dont la totalité du revenu dépend des lubies du marché.

Vous êtes contre le libre marché des produits agricoles. Ses partisans prétendent toutefois qu’il est garant d’efficacité et de prix bas.

Dirk Barrez. Je ne suis pas contre toute forme de fonctionnement mondial du marché. Pour l’alimentation, c’est toutefois loin d’être évident. Dans ce secteur, en effet, des variations minimes dans l’offre et la demande ont des conséquences énormes sur les prix et, partant, sur les revenus des paysans, soit, en gros, entre 2 et 3 milliards d’humains. Il est en plus très malaisé de faire concorder l’offre et la demande.

Si la demande de pommes baisse brusquement, le paysan ne peut demander à son verger de produire un peu moins. Les oscillations de prix sont bien trop grandes, ce qui rend très imprévisible et incertain le revenu de quasiment la moitié de l’humanité. Et même si, pour l’instant, les prix montent, généralement, ils baissent et ils sont même si bas qu’ils provoquent la faim et la pauvreté chez des centaines de millions de paysans. De plus, c’est également un secteur qui est vital pour toute l’humanité et où il serait donc bienvenu qu’il y ait un certain contrôle.

Vous considérez l’agriculture comme un secteur crucial pour le développement d’un pays. Pourquoi ?

Dirk Barrez. Si nous examinons les derniers siècles, nous voyons que chaque, mais alors chaque pays riche, dans sa phase de développement, a protégé son marché agricole. Cela vaut aussi bien pour la Grande-Bretagne au 18e siècle que pour le développement récent de la Chine. Tous ces pays ont pu mener à bien leur industrialisation grâce à un secteur agricole productif et protégé.

Aujourd’hui, on prive toutefois les pays du tiers monde de cette possibilité par les réglementations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Au nom du libre marché, l’OMC interdit à ces pays de protéger leur marché. Le résultat, c’est que, par exemple, pour le grain, les paysans sont confrontés depuis soixante ans à une baisse structurelle des prix. Nous parlons d’une baisse fois cinq ou fois six des prix. Il n’est donc pas étonnant que bien des paysans fuient les campagnes pour les villes, où ils occasionnent une pression vers le bas des salaires des travailleurs. S’ils ne trouvent pas de travail dans les grandes villes de leur pays, la prochaine étape consiste à émigrer vers l’Occident. Les prix bas que les paysans reçoivent pour leurs produits représentent donc un problème pour les populations urbaines.

Vous voyez des solutions possibles ?

Dirk Barrez. D’après moi, l’agriculture ne peut être une compétence de l’OMC, mais bien des Nations unies. Je suis pour la création de marchés régionaux où la concurrence fonctionnerait déjà de façon plus honnête qu’actuellement sur le marché mondial. Par régionaux, j’entends au niveau continental comme, par exemple, l’Europe, l’Afrique occidentale ou le Brésil. Actuellement, 88 % des céréales sont traitées au niveau régional, mais ce sont les 12 % sur le marché mondial qui déterminent les prix de toutes les céréales.

Il faut également davantage de contrôle sur l’approvisionnement en nourriture. Les médias parlent souvent aujourd’hui du problème de l’énergie, mais ne disent jamais, par exemple, que les réserves sont au niveau le plus bas depuis des années. Sans pétrole, les choses ne vont déjà pas être faciles, mais sans nourriture, là, alors…

Dirk Barrez, Koe 80 heeft een probleem. Boer, consument, agro-industrie en grootdistributie (La vache 80 a un problème. Paysan, consommateur, agro-industrie et grande distribution), disponible en néerlandais seulement, 251 p., Éditions EPO, 19 euros.

22:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, actualite, romain, courcelles, capitalisme, social, presse, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |