11/01/2011

2010/12/18: HAITI: LES MENSONGES DE BILL CLINTON ...

-----Message d'origine-----
From: Xarlo@aol.com
Sent: Saturday, December 18, 2010 10:02 PM
To:
Subject: On rattrappe plus vite un menteur qu'un boiteux, dit un proverbe...
 
Un coup de pied de Fidel au cul de Clinton...
 
************
LES MENSONGES DE BILL CLINTON
 
Je regrette vraiment  d’avoir à le démentir. Aujourd’hui, ce n’est plus
que quelqu’un à l’aspect  bonhomme, consacré au legs historique, comme si l’
histoire de l’Empire, voire  quelque chose de plus important : le sort de l’
humanité, étaient garantis  au-delà de quelques dizaines d’années, et ce à
condition qu’aucune guerre  nucléaire n’éclate au sujet de la Corée, de l’
Iran ou de tout autre point chaud. 
L’Organisation des Nations Unies, on le sait, l’a nommé son « envoyé
spécial  » en Haïti.
Clinton –président des États-Unis entre les deux Bush – empêcha  l’ancien
président Carter, par jalousie politique ridicule, de participer aux 
négociations migratoires avec Cuba, signa la loi Helms-Burton et fut complice  des
actions de la Fondation nationale cubano-américaine contre notre patrie. 
Il existe abondance de preuves sur sa conduite, mais nous ne le prenions
pas  trop au sérieux pour autant et nous n’étions pas hostiles à ses activités
au  sujet de la mission que l’ONU lui avait assignée pour des raisons
évidentes. 
Nous coopérions avec ce pays frère depuis bien des années dans plusieurs 
domaines, notamment dans la formation de médecins et la prestation de
services à  la population, et Clinton ne nous gênait en rien. S’il désirait
remporter  quelques petits succès, nous n’avions pas de raisons de bloquer notre 
coopération avec Haïti sur un terrain aussi sensible.  Puis sont venus le 
terrible séisme qui a causé tant de morts et de destructions, et l’épidémie. 
Une réunion qui s’est déroulée avant-hier dans la capitale de la République
dominicaine au sujet de la reconstruction d’Haïti, et qui a rassemblé
environ  quatre-vingts personnes, dont plusieurs ambassadeurs des pays donateur
de plus  de cent millions de dollars, de nombreux membres de la Fondation
Clinton, ainsi  que des gouvernements étasunien et haïtien, est venue
compliquer les choses. 
Peu de gens y ont pris la parole, entre autres l’ambassadeur du Venezuela, 
parce que son pays est l’un des donateurs les plus importants, une
intervention  brève, émue et sûre. Quasiment tout le reste de cette réunion qui a
duré de 17 h  30 à minuit, c’est Clinton qui l’a occupé. L’ambassadeur cubain
était là, tel un  convive de pierre, à la demande d’Haïti et de
Saint-Domingue. On ne lui a pas  concédé la parole, ce qui en a fait un simple témoin d’
une rencontre qui n’a  réglé absolument rien. Elle devait se prolonger le
lendemain,  mais rien ne  s’est passé.
Cette réunion de République dominicaine a été une manœuvre  trompeuse, et
les Haïtiens étaient indignés à juste titre. Leur pays, détruit  par le
séisme de janvier dernier, a été en fait livré à son sort. 
Aujourd’hui, jeudi  16 décembre, une dépêche de l’agence de presse 
étasunienne AP, affirme ce qui suit :
« L’ancien président Bill Clinton a  exprimé sa confiance dans les efforts
de reconstruction d’Haïti, durant une  visite d’une journée au milieu de
désordres civils, d’un mal endémique et d’une  crise politique inextricable.
« L’envoyé spécial de l’ONU en Haïti s’est  rendu dans ce pays affligé, un
jour après que la Commission intérimaire de  reconstruction, dont il
partage la présidence, a été contrainte de se réunir  dans la République
dominicaine voisine, à cause de la violence qui a éclaté  après les élections
présidentielles aux résultats controversés tenues en Haïti  le 28 novembre.
« Clinton a visité une clinique spécialisée pour  cholériques, gérée par
Médecins sans frontière, qui a traité cent mille  personnes touchées par l’
épidémie qui a éclaté en octobre. Puis il s’est rendu  sur la principale base
de troupes de pacification de l’ONU pour rencontrer des  fonctionnaires
haïtiens et internationaux.
« La réunion de la veille a  approuvé des projets pour environ 430 millions
de dollars. Mais le plus notable,  ce sont les expressions d’indignation
devant la lenteur de la reconstruction et  une lettre adressée par des
Haïtiens frustrés qui affirment qu’on les tient à  l’écart des décisions et que
les projets approuvés "ne contribuent pas à la  reconstruction d’Haïti ni au
développement à long terme". »
Mais observez ce  que Clinton a ajouté ensuite en conférence de presse :
« "Je partage leur  frustration".
« …des centaines de milliers d’Haïtiens trouveront un logement  permanent l
’an prochain et bien plus cesseront de vivre sous la tente, comme le  font
plus d’un million de personnes depuis le séisme du 12 janvier.
« Ces  promesses ont déjà été faites. […] De  plus, des 5,7 milliards  de 
dollars promis en aide pour 2010-2011, seuls 897 millions sont arrivés. »
En  fait, ces 897 millions ne se voient nulle part.
C’est par ailleurs prendre  vraiment beaucoup de libertés avec la vérité
que d’affirmer qu’une clinique  gérée par Médecins sans frontière a traité
cent mille personnes !
La  doctoresse Lea Guido, représentante de l’Organisation panaméricaine de
la  santé/Organisation mondiale de la santé en Haïti, vient d’informer
aujourd’hui  dans un communiqué de presse que le nombre de cholériques s’était
élevé au 11  décembre à 104 918, une quantité de malades vraiment sans
précédent que Médecins  sans frontières n’a pas pu traiter dans une clinique.
L’Europe, les USA et  le Canada – et M. Clinton le sait pertinemment –
enlèvent des médecins, du  personnel infirmier et de rétablissement et d’autres
techniciens de la santé aux  pays caribéens et n’ont pas le personnel
requis pour remplir une telle mission,  sauf  honorables exceptions.
Clinton prétend de toute évidence, par ses  mensonges, passer sous silence
le travail réalisé par plus de mille médecins,  personnels infirmiers et
techniciens cubains et latino-américains qui mènent le  plus gros de la
bataille pour vaincre l’épidémie de la seule façon possible : en  allant dans les
endroits les plus reculés du pays dont la moitié des presque dix  millions d’
habitants vit dans des zones rurales.
Il aurait été impossible,  dans de telles conditions, de traiter un si
grand nombre de personnes sans  l’appui de l’éminente Latino-Américaine qui
représente l’OPS-OMS à Cuba et en  Haïti.
Notre pays s’est engagé à mobiliser le personnel humain requis pour 
remplir cette noble tâche.
Lea Guido a affirmé : « Les ressources humaines  que Cuba envoie sont
destinées actuellement aux zones les plus isolées de cette  nation. Et c’est tout
à fait opportun. »
Ces ressources arrivent, et le  reste du personnel nécessaire sera très
vite sur place.
Hier, la Brigade  médicale cubaine a traité 931 patients, dont deux sont
décédés, soit un taux de  mortalité de 0,2 p. 100.
 
 
Fidel Castro Ruz
Le 16  décembre 2010

21:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, actualité, haïti, amérique, presse, silence, médias, télévision, solidarité, cuba, venezuela, politique | |  Facebook | |  Imprimer | | |

30/12/2010

29/12/10: La filière nazie d'Electrolux ...

Les liaisons nazies des impérialistes anglo-américains

La filière nazie d'Electrolux

Le fabricant suédois d'électroménagers Electrolux a été fondé en 1919 et repris dans les années 1930 par le riche suédois et collaborateur nazi Axel Wenner-Gren. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, l'amitié Wenner-Gren avec le commandant en chef nazi de la Luftwaffe, Hermann Goering, et le duc de Windsor, qui a dû abdiquer le trône d'Angleterre en 1938 à cause de son soutien aux nazis, a conduit les Alliés à mettre Wenner-Gren sur une liste noire des entreprises et entrepreneurs. Wenner-Gren a également fait partie d'un partenariat avec le propriétaire d'ITT, Sosthène Behn, et le président de SKF, Sven Wingquist (voir ci- dessous), dans l'empire géant des munitions Bofors, acheté par Krupp, qui a fourni en armes l'Allemagne. ITT possédait 25 % de Focke Wulfe, qui a produit des avions de chasse pour la Luftwaffe allemande. ITT a également financé le coup d'État militaire sanglant de Pinochet, au Chili, en 1973.

En 1957, Wenner-Gren a proposé un plan au premier ministre W.A.C. Bennett de la Colombie-Britannique pour exploiter les ressources d'un territoire de 100 000 km carrés (représentant un dixième de la Colombie-Britannique) dénommé « la fosse des Rocheuses », dans le nord de la province. Le plan comprenait un « barrage plus grand que le barrage Hoover », mais seulement un chemin de fer reliant Prince-George à l'Alaska a été complété. Quelques années après la mort de Wenner-Gren, en 1961, le gouvernement de la Colombie-Britannique a construit le barrage WAC Bennett sur le lac Williston.


Un avion de combat Focke Wulfe 190.

En 1956, Wenner-Gren a vendu ses actions d'Electrolux aux Wallenberg, les plus puissants financiers capitalistes de la Suède. Marcus Wallenberg est le président actuel d'Electrolux et les Wallenberg contrôlent 27,6 % de la société. Marcus Wallenberg est également président de la banque appartenant à la famille Wallenberg, Skandinaviska Enskilda Banken (SEB), avec des filiales en Estonie, Lettonie, Lituanie, Ukraine, Russie, Allemagne et à New York. Il est président du fournisseur de matériel militaire Saab, vice-président du géant des télécommunications Ericsson et président de la Chambre de commerce internationale (CCI), une organisation commerciale mondiale qui comprend des milliers d'entreprises dans plus de 130 pays. Les Wallenberg détiennent également une participation importante dans Saab, Ericsson, SKF Bearing inc, Skandinavian Airlines Systems (SAS), Husqvarna, Atlas Copco, Astra Zeneca, et de nombreuses autres sociétés.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la Suède, qui est devenue avec la fin de la guerre le pays le plus riche en Europe, a été officiellement « neutre » mais ce n'est qu'un mythe. Les entreprises suédoises ont grandement collaboré avec les nazis, y compris en fournissant à l'Allemagne du minerai de fer, des roulements à billes, des denrées alimentaires, du bois et beaucoup d'autres matières premières, tout en offrant du crédit qui a permis la livraison de matériel de guerre à la Wermacht, fournissant le transport ferroviaire afin d'aider à l'invasion de la Norvège et agissant comme un intermédiaire pour le transit des marchandises et des devises à destination et en provenance d'Allemagne. Le roi de Suède Gustave V a été un ami proche de Herman Goering (dont la première femme était suédoise) et d'autres hauts responsables nazis.

Après la guerre, la Suède « neutre » a accepté de payer près de 70 millions $ de réparations, mais ne l'a toujours pas fait et elle détient toujours plusieurs tonnes d'or pris par les nazis, quelque part dans ses coffres de banque. Aujourd'hui, en Suède « neutre », le parti Svenskarnas qui se proclame néo-nazi est autorisé à participer officiellement à la politique suédoise, alors qu'il incite à des attaques racistes contre les immigrants et les « non-Suédois ».[1]

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, autant Electrolux (alors propriété de Wenner-Gren) que la famille Wallenberg ont collaboré avec les nazis. Selon l'American Jewish Committee[2], Electrolux AG à Berlin a utilisé de la main-d'oeuvre esclave pour fabriquer ses produits. En 2005, Electrolux a acheté la marque AEG, le plus grand fabriquant allemand de produits électriques durant la guerre, et maintenant transige « fièrement » à la bourse en utilisant la marque AEG-Electrolux, même si, pendant la Deuxième Guerre mondiale, AEG a donné de l'argent aux nazis, a fait partie du « Cercle des Amis » de Himmler et a exploité de la main-d'oeuvre esclave, y compris au camp de concentration d'Auschwitz.

La banque de Wallenberg, Enskilda Banken (qui a fusionné en 1972 avec Skandinaviska Banken pour former Skandinaviska Enskilda Banken), a collaboré avec les nazis en les aidant à disposer de millions de dollars en avoirs confisqués aux prisonniers, en convertissant l'or volé nazi en monnaie suédoise. Au cours de l'année 1939-1940, la Banque Enskilda a secrètement acheté toutes les succursales étrangères du groupe Robert Bosch, un fabricant allemand de bougies qui utilisait de la main d'oeuvre esclave. À son tour, Bosch a facilité la vente de 3,6 millions $ d'obligations allemandes détenues par Enskilda. La Banque Enskilda a également aidé les sociétés nazies telles IG Farben et Krupp à dissimuler leurs filiales à l'étranger pour éviter la confiscation par les Alliés.

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Morgenthau, dans une lettre adressée au secrétaire d'État américain, en février 1945, a accusé Enskilda de faire des prêts importants sans garantie aux nazis et d'effectuer des investissements clandestins pour des capitalistes allemands dans les industries des États-Unis.

SKF Bearing appartenant à Wallenberg, le plus grand fabricant mondial de roulements à billes, a collaboré avec les nazis en leur fournissant des roulements à billes en acier, tout en retenant en même temps la fourniture aux Alliés. Jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, 60 % de la production de SKF a été acheminée vers l'Allemagne. SKF a été intimement lié à tous les groupes industriels en Suède et les administrateurs de SKF ont représenté des sociétés qui ont dirigé toute l'économie suédoise.

SKF a également contrôlé des mines de fer, des aciéries et des usines aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. Sven Wingquist, un partenaire des Wallenberg et d'Axel Wenner-Gren, et un ami de Goering et du duc de Windsor, était directeur de la société SKF. Le cousin de Goering, le comte Hugo von Rosen, a été un administrateur américain de SKF pendant toute la guerre.

Bien que de petite taille, les roulements à billes de SKF ont été absolument essentiels pour les nazis. La Luftwaffe n'aurait pas pu voler sans roulements à billes, les chars et les véhicules blindés n'auraient pas pu rouler sans eux. Les canons nazis, les viseurs, les génératrices et les moteurs, les systèmes de ventilation, les U-boats, les chemins de fer, les machines d'exploitation minière et les dispositifs de communication n'auraient pas fonctionné sans roulements à billes. En fait, les nazis n'ont pu combattre durant la guerre si SKF Wallenberg n'avait pas fourni tous les roulements à billes dont ils ont eu besoin.[3]

Notes

1. Il a également été récemment révélé que le père de la reine actuelle de Suède a été membre du parti nazi, a travaillé pour une filiale brésilienne d'une société allemande qui a utilisé de la main-d'oeuvre esclave, puis est retourné en 1939 en Allemagne pour devenir riche en fabriquant de l'armement pour les nazis dans une usine volée à leurs propriétaires juifs, Wechsler et Henning.
2. Information provenant de Jewish Virtual Library Page, les données fournies par Berliner Geschichtswerkstatt)
3. La plupart des informations sur Enskilda et SKF proviennent de Higham, Charles, « Trading with the Enemy : An Exposure of the Nazi-American Money Plot », 1933-1949. New York, Dell, 1983.

 

Haut de page


Décès d'un éminent spécialiste
en fusées nazi étasunien

Walter Haeussermann, un membre dirigeant de l'équipe de spécialistes en fusées dirigée par le colonel nazi S.S. Werner von Braun, et qui fut expédiée aux États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale afin d'aider à développer des missiles téléguidés étasuniens, est décédé le 8 décembre à Huntsville, en Alabama. Il y fut directeur du Centre de vol spatial Marshall. De 1939 à 1942, Haeusserman a travaillé pour les nazis à Peenemünde, en Allemagne, où il a contribué à développer le V-1, la « bombe volante » ainsi que les fusées supersoniques V-2. Lancées comme une pluie destructrice sur la population de Londres et d'Antwerpen en Belgique, les attaques par V-1 ont fait 22 892 victimes dont 8 000 morts, et ont détruit ou endommagé plus d'un million de maisons, tandis que les V-2 tuèrent 2 541 civils et en blessèrent 5 923 autres.

En 1942, Haeussermann fut envoyé à Darmstadt pour y développer un système de guidage gyroscopique pour le V-2. Les Alliés ayant bombardé Peenemünde en 1943-44, la production de V-1 et de V-2 fut déménagée à Mittelwerk, une installation souterraine mise en place par le gouvernement nazi dans les montagnes de Kohnstein, à proximité de Nordhausen. Une main d'oeuvre esclave provenant du camp de concentration de Buchenwald fut forcée de construire l'installation et de vivre dans ses tunnels. Cette main d'oeuvre fut ensuite forcée de construire un camp de concentration du nom de Dora ou Mittelbau près de l'installation, et fut forcée aussi de travailler dans l'usine souterraine de Mittelwork afin d'y produire des armes nazies. Près de vingt compagnies allemandes participèrent à la construction de Mittelwerk ainsi qu'au processus d'assemblage des fusées, y inclus Siemens, BMW et Telefunken.

Le grand patron nazi de Haeussermann, Werner von Braun, visita Dora en 1944-45. Ainsi, l'équipe de spécialistes en fusée était au courant des conditions inhumaines qui y sévissaient. Environ 60 000 personnes constituant une main d'oeuvre esclave et provenant de 21 pays, principalement de l'Union soviétique, de la Pologne et de la France, travaillèrent à Dora, et tous furent traités avec une grande cruauté, ce qui a entraîné la maladie, les blessures et la mort. Ces travailleurs peinaient de leurs mains nues 18 heures par jour, afin que le directeur des opérations, Arthur Rudolph, en tant que membre loyal du Parti nazi, puisse respecter l'objectif fixé par Hitler de produire 5 000 fusées V-2 afin de les faire pleuvoir sur Londres en un seul coup. L'endroit de travail le plus dangereux était l'atelier de galvanisation, où l'effet cumulatif des gaz toxiques tuait les travailleurs en moins d'un mois.

On estime que 25 000 personnes constituant cette main d'oeuvre esclave périrent à Dora : 9 000 sont mortes d'épuisement et d'affaissement, 350 furent pendues (dont 200 pour actes de sabotage), et les autres sont mortes suite aux maladies, aux privations ou par balles. La vibration des machines en rendit plusieurs déments. Après la guerre, les seules personnes soumises à des accusations criminelles furent seize gardiens de Dora. Le directeur des opérations, Arthur Rudolph, le directeur général de Mittelwerk, Georg Rickhy, ainsi que tous les autres scientifiques, ingénieurs et directeurs, s'en tirèrent sans qu'aucune accusation ne soit portée contre eux.

La Deuxième Guerre mondiale venait à peine de finir que Haeusserman et ses collègues nazis, y inclus von Braun, Rudolph et Rickhy, furent mutés aux États-Unis grâce au service de renseignement des États-Unis et son opération « Paperclip », malgré leur notoriété en tant que criminels de guerre. Operation Paperclip, qui existait encore en 1973, n'avait qu'un but et celui-ci devait être atteint à tout prix : se servir des scientifiques nazis dans la recherche militaire des États-Unis afin de développer des armes pour combattre l'Union soviétique. Le concept du missile de croisière, qui fut le sujet d'opposition massive lorsque testé au Canada, s'inspire du V-1.


Assermentation de 39 scientifiques d'origine allemande,
dont deux nazis, amenés aux États-Unis pour l'Opération
Paperclip, devenus citoyens américains le 11 novembre
1954 (Jour des anciens combattants aux États-Unis).

Les architectes du programme Paperclip n'ont pas hésité à utiliser la recherche meurtrière que les nazis avaient menée sur des sujets humains en état de captivité. Les scientifiques associés à Paperclip ont trempé dans l'évaluation de drogues psychoactives telles que le LSD sur environ 7 000 soldats étasuniens entre 1955 et 1975, sans qu'ils en soient conscients, sous prétexte de développer un « sérum de la vérité ». Un éminent scientifique nazi, Hubertus Strughold, en tant que dirigeant de l'Institut de la Force aérienne pour la médecine aéronautique, avait mené des expériences inhumaines au camp de concentration de Dachau, menant à la torture et à la mort des détenus à qui on administrait de l'eau salée, qu'on submergeait dans l'eau à des températures glaciales ou qu'on soumettait à de hautes pressions atmosphériques. Ce même Strughold débuta sa carrière aux États-Unis à l'École de médecine aéronautique, sur la Base des forces aériennes Brooks, au Texas, où des humains furent soumis à l'irradiation totale et à l'aveuglement par l'éclair, expériences reliées aux essais d'armes atomiques.

Il est estimé qu'au moins 1600 scientifiques nazis furent recrutés dans la période 1945-55, même si Operation Paperclip prétendait exclure tout individu « ayant été membre du Parti nazi, ayant été plus qu'un participant secondaire dans ses activités, ou ayant activement supporté le militarisme nazi ». Afin d'apaiser l'opinion publique, les renseignements étasuniens ont fabriqué des biographies pour les scientifiques nazis et ont éliminé tout document prouvant qu'ils avaient été membres du Parti nazi. Haeussermann et les autres nazis ont nié leur culpabilité jusqu'à la fin, déclarant qu'ils ne faisaient qu'exécuter les ordres (un argument de « défense » qui fut rejeté par les tribunaux de Nuremberg). Ils prétendaient aussi qu'ils n'étaient pas au courant de la main d'oeuvre esclave. En 1954, Haeussermann fut récompensé pour ses loyaux services aux nazis ainsi qu'à l'oligarchie financière étasunienne. On fit de lui un citoyen des États-Unis.

 

(Soutce : Hunt, Linda. Secret Agenda : The United States Government, Nazi Scientists, and Project Paperclip, 1945 to 1990. New York : St. Martin's Press. 1991)

12:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, nazisme, canada, usa, guerre, impérialisme, médias, silence, capitalisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

12/09/2010

12/09/10: 9 ans après le 11/9 ...

From: nicolas
Sent: Sunday, September 12, 2010 10:39 AM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] : 9 ans après le 11/9

 

http://www.reopen911.info/
Paris: Rassemblement au Trocadéro le 11/9 à 15h
 
Notes :
Neuf ans après le 11-Septembre
par Thierry Meyssan*


Le temps passe. Neuf ans après les attentats qui endeuillèrent les États-Unis, la lucidité et la ténacité de Thierry Meyssan portent leurs fruits : une large majorité de personnes dans le monde ne croit plus à la version gouvernementale des États-Unis. Ce phénomène s’observe jusqu’aux États-Unis, où un dernier sondage évalue à 74 % le nombre de citoyens pris par le doute. Même les responsables de la commission d’enquête présidentielle admettent ne pas être convaincus par le rapport qu’ils ont signé. Pour l’initiateur opiniâtre de ce débat, le temps n’est plus à discuter de l’impossibilité de la version officielle, il faut maintenant saisir l’ONU et poursuivre les réels coupables.
____________________


Nous commémorons le neuvième anniversaire des attentats du 11-Septembre qui marquèrent le début d’une guerre que ses promoteurs voulaient sans fin. Après avoir tué près de 3 000 personnes aux États-Unis, les commanditaires des attentats causèrent la mort de plus d’un million de personnes supplémentaires en Afghanistan et en Irak. Leur plan prévoyait de poursuivre ce carnage en détruisant la Syrie et l’Iran, mais ils n’ont pu —pour le moment— mener cette phase à exécution.


À l’occasion de ce triste anniversaire, ceux qui ont rejeté la responsabilité de leur propre crime sur des islamistes avant de ravager le Proche-Orient musulman nous offrent une nouvelle mise en scène. Un faux débat agite les États-Unis à propos de la construction d’un centre culturel musulman à Manhattan, et un autre faux débat accompagne l’autodafé annoncé de Corans. À l’issue de ces provocations, les autorités US ne manqueront pas de nous expliquer qu’elles sont intervenues pour garantir la liberté religieuse dans leur pays, espérant ainsi nous faire oublier que les crimes de masse qu’elles ont commis au Proche-Orient le furent dans une ambiance de croisade contre l’islam.


Elles voudraient aussi nous empêcher de prendre conscience de leur échec à convaincre. Il y a neuf ans, j’étais seul à réfuter les mensonges du 11-Septembre, à dénoncer un coup d’État du complexe militaro-industriel, et à alerter sur les projets bellicistes du nouvel Empire. Malgré les insultes, les menaces et les attaques, j’ai parcouru le monde pour éclairer l’opinion publique internationale et désamorcer l’idéologie de guerre des civilisations. Je n’ai pas pu développer ce travail aux États-Unis, où j’ai été déclaré persona non grata. Cependant, une fois le choc assimilé et le deuil accepté, de courageux États-uniens ont porté le flambeau dans leur propre pays. Chaque année les sondages montrent que 10 % d’Américains supplémentaires doutent de la version établie par la Commission Kean-Hamilton.


Aujourd’hui plus de 70 % des États-uniens doutent, y compris MM. Kean et Hamilton, les co-présidents de la commission chargée de graver dans le marbre la version gouvernementale. À ce rythme constant, la totalité de la population US aura rejeté cette version dans trois ans.


Nous sommes désormais une large majorité dans le monde à exiger que toute la lumière soit faite sur ces crimes. Le 11-Septembre ayant été utilisé par les États-Unis et le Royaume-Uni devant l’ONU pour justifier de leur invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, cette affaire n’est plus nationale, mais internationale. Le temps est venu pour que l’Assemblée générale des Nations Unies désigne une commission d’enquête, réunisse les éléments déjà connus du public et prépare la mise en accusation des suspects.


Que nous ayons perdu des parents sous les décombres du World Trade Center ou sous ceux des maisons bombardées de Kaboul et de Bagdad, que nous ayons perdu des enfants tués par l’occupant ou tué en occupant le Proche-Orient, nous sommes tous victimes du même système. Nous devons ensemble lutter pour établir toute la vérité et punir les coupables, parce que nous ne parviendrons pas à la paix sans la justice.

http://www.voltairenet.org/fr
 
tir de TSS

14:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Obama | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, romain, histoire, courcelles, actualites, grande-bretagne, silence, mensonge, presse, médias, impérialisme, gangstérisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/08/2010

08/08/10: Hiroshima et Nagasaki: Plus Jamais !

Sent: Sunday, August 08, 2010 5:41 PM
To:
Subject: PCC(M-L): Hiroshima et Nagasaki: Plus Jamais! Une seule humanité! Une seule lutte!
Hiroshima et Nagasaki: Plus Jamais!
Une seule humanité! Une seule lutte!
Luttons pour un gouvernement anti-guerre!

- Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) -

Il y a 65 ans cette année, soit les 6 et 9 août 1945, des bombes atomiques étaient larguées sur les villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki. La bombe atomique que les États-Unis ont lancée sur Hiroshima a tué environ 140 000 personnes sous le coup du choc initial et plus de 237 000 personnes en tout. Trois jours plus tard, la bombe qu'ils ont lancée sur Nagasaki a tué 8500 personnes sur le coup et a causé la mort de plus de 70 000 personnes suite aux radiations et à d'autres blessures.

En cette occasion, le PCC(M-L) commémore avec le plus grand respect les victimes d'Hiroshima et de Nagasaki et leurs familles de même que tous les peuples du monde qui ont souffert et continuent de souffrir des crimes que les impérialistes américains ont commis depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Le but visé par le largage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki était de menacer les peuples du monde qui avaient émergé de la Deuxième Guerre mondiale comme une grande force pour la libération et l'émancipation. Elles ont constitué un avertissement que les États-Unis allaient commettre tous les crimes possibles afin d'établir leur hégémonie sur l'Europe, dominer l'Asie et défaire le communisme. Le gouvernement canadien, en tant que partie intégrante de l'impérialisme anglo-américain, a été directement impliqué dans la production de la bombe atomique, notamment en fournissant de l'uranium enrichi. Les ministres canadiens savaient à l'avance que la bombe allait être utilisée contre le peuple japonais.

Les 6 et 9 août sont devenus des moments où l'on commémore ceux qui ont été tués lors de ces crimes horribles et où les Canadiens et les peuples du monde expriment leur détermination à empêcher que de tels crimes contre l'humanité soient perpétrés à nouveau.

Les leçons historiques qui ont été apprises des événements tragiques organisés il y a 65 ans contre le peuple japonais sont tout aussi importantes aujourd'hui alors que les États-Unis menacent encore une fois d'un holocauste nucléaire des pays comme la République démocratique populaire de Corée et l'Iran. C'est un crime de la part de ceux qui ont utilisé les armes nucléaires dans le passé, dans le but de menacer les peuples du monde entier, contre un adversaire déjà battu que de menacer aujourd'hui d'utiliser les frappes nucléaires préventives en invoquant la «paix », la « sécurité nationale », la «sécurité humaine » et la « démocratie ».

Pour mener à bien la lutte de l'humanité pour débarrasser le monde des armes nucléaires et défaire le «nouvel ordre mondial » des impérialistes américains, il faut intensifier la lutte pour défendre la souveraineté et l'indépendance de toutes les nations grandes ou petites et éliminer la menace de l'utilisation de la force de même que l'utilisation de cette force pour régler les conflits entre les nations. Il faut également que la classe ouvrière et le peuple du Canada mettent en place un gouvernement anti-guerre qui rejette l'utilisation de la force comme moyen de résoudre les conflits entre les peuples et les nations, qui retire le pays des blocs et traités militaires agressifs comme l'OTAN, NORAD et le Commandement intégré américain et exige que tous les États nucléaires démantèlent leur arsenal militaire respectif en commençant par les États-Unis et les autres grandes puissances.

Hiroshima et Nagasaki: Plus Jamais!
Une seule humanité! Une seule lutte!
Luttons pour gouvernement anti-guerre!

 

 

 

          

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21:19 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, usa, japon, impérialisme, guerre | |  Facebook | |  Imprimer | | |

31/07/2010

26/05/10: Comment les USA ont acheté le vote sanction russe ... ?

From: NICOLAS
Sent: Wednesday, May 26, 2010 9:38 PM
To:
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fwd: Comment les US ont acheté le vote sanction russe contre l'Iran,Mireille Delamarre
Comment les USA ont acheté le vote sanction russe
contre l'Iran

 Mireille Delamarre


Samedi 22 mai 2010

Le consentement de la Russie pour une nouvelle résolution avec amplification des sanctions contre l'Iran au CSONU a été acheté par Washington.               Explications.

Le revirement de Moscou concernant de nouvelles sanctions au CSONU contre l'Iran, qui refuse de stopper son programme d'enrichissement d'uranium sous contrôle de l'AIEA alors que signataire du TNP l'Iran a tout à fait le droit de le faire, a été obtenu suite à un savant marchandage Washington/Moscou.

Selon le Washington Post du 22/05/2010, l'explication de cet accord de dernière minute pour obtenir le soutien de la Russie à ces nouvelles sanctions onusiennes contre l'Iran a été révélée vendredi quand l'administration Obama a déclaré avoir levé les sanctions contre quatre entités russes impliquées dans le commerce « illégal » d'armes avec l'Iran et la Syrie depuis 1999.

La levée des sanctions a été enregistrée vendredi dans le Registre Fédéral, cela juste trois jours après l'annonce par la secrétaire d'état US, Hillary Clinton, que la Russie avait donné son accord pour de nouvelles sanctions au CSONU contre l'Iran.

La Russie s'était plainte depuis longtemps de ces sanctions américaines touchant notamment Rosoboronexport, une entreprise d'état exportatrice d' armes et qui avait été sanctionnée pour des ventes à l'Iran en 2006 et 2008. Mais Moscou a marchandé la levée des sanctions ces derniers jours bien que les Américains aient affirmé avoir le OK de la Russie pour les sanctions depuis un certain temps déjà.

Les sanctions ont également été levées contre le Moscou Aviation Institute, sanctionné depuis 1999 pour avoir aidé l'Iran à développer ses missiles balistiques. La D.Mendeleyev University of Chemical Technology of Russia avait également été sanctionnée depuis 1999 pour avoir aidé l'Iran dans son programme de missiles de même que le Tula Instrument Design Bureau, sanctionné la même année pour avoir fourni des équipements anti tanks à la Syrie.

Depuis le début de l'année, l'administration Obama a également levé les sanctions contre deux autres entités russes Glavkosmos et Baltic State Technological University pour avoir travaillé avec l'Iran.

Pour faire échec à l'accord entre la Turquie, le Brésil et l'Iran sur l'échange de LEU à 3.5% contre du LEU enrichi à environ 20% en Turquie sous contrôle de l'AIEA pour son réacteur de recherche nucléaire de Téhéran fabricant des isotopes pour traiter les malades iraniens contre le cancer, échange réclamé par le P5+1 mais en fait prétexte à vouloir confisquer l'uranium enrichi à 3.5% par l'Iran, les US ont lancé toute une série de négociations marathon avec la Russie et la Chine deux pays récalcitrants avec un droit de veto au CSONU.

Selon certains responsables américains l'administration Obama a fait en sorte qu'il y ait dans la formulation de la proposition de résolution de sanctions une lacune concernant l'interdiction de vente d'armes qui permettrait aux Russes d'honorer la vente de missiles anti missiles S300 à l'Iran, vente conclue en 2005 d'un montant de plusieurs centaines de millions de dollars, déjà payés, retardée depuis 2007 sous la pression des américains et des israéliens.

Ces systèmes de missiles anti missiles S300 que Moscou affirme vouloir livrer à Téhéran mais dont la livraison aurait été retardée selon les Russes pour des « problèmes techniques » sont capables d'intercepter des missiles balistiques et d'abattre des avions de combat, et rendraient les sites d'installations nucléaires iraniens inattaquables notamment par les Israéliens.

Selon la proposition de résolution qui doit encore être discutée au CSONU celle -ci interdirait la vente de 8 catégories d'armes conventionnelles, dont des « missiles et systèmes de missiles comme définis selon le critère du Registre des Armes Conventionnelles de l'ONU ». Ce Registre inclus les missiles sol sol et les systèmes de missiles air sol mais pas les systèmes défensifs de missiles sol air.

Malgré l'offensive américaine pour faire passer cette nouvelle résolution amplifiant les sanctions contre l'Iran, Téhéran a décidé d'aller de l'avant dans son accord d'échange de LEU conclu avec le Brésil et la Turquie. L'Iran va transmettre une lettre officielle lundi au secrétaire général de l'AIEA comprenant les détails de cet accord d'échange. Les représentants du Brésil et de la Turquie auprès de l'AIEA vont accompagner leur homologue iranien pour remettre ce document. La première livraison de LEU à 3.5% devrait arriver en Turquie d'ici un mois.

L'administration Obama a réaffirmé son objectif de faire cesser le programme d'enrichissement d'uranium iranien et même avoué publiquement que cette proposition d'échange avait en fait pour objectif caché la suspension de ce programme.

La malhonnêteté de l'administration Obama et de ses acolytes français britannique allemand et probablement chinois et russe - ces deux derniers utilisant le nucléaire iranien pour marchander des concessions auprès de Washington, les Russes la levée des sanctions, les Chinois la fin des pressions économiques américaines pour une réévaluation de la monnaie chinoise -ne fait que confirmer ce qu'on savait depuis longtemps qu'Obama n'a jamais sérieusement cherché à dialoguer avec l'Iran et que derrière sa belle rhétorique se cache un va t-en guerre froid calculateur menteur pire que G.W Bush.

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Source : Planète non violence
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17:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, presse, médias, silence, usa, iran, russie, impérialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/05/2010

25/05/10: Retour au Conseil National de la Résistance : François Ruffin : "Je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s’inverser" ...

Retour au Conseil National de la Résistance : François Ruffin : "Je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s’inverser"

Comment t’es-tu spécialement intéressé au programme du Conseil National de la Résistance ?

D’abord pour Les Jours Heureux, le livre collectif dirigé par Jean-Luc Porquet, qui m’a demandé un papier sur la presse et les ordonnances de 1945. Ensuite, pour le dernier numéro de Fakir : là, je me suis plongé dans des centaine d’articles portant sur l’évolution des retraites, des banques publiques, de la Sécurité Sociale, des nationalisations. Je me suis rendu compte que, au fond, pour toutes ces conquêtes aujourd’hui grignotées, on racontait la même histoire. Et que celle-ci pouvait aisément se découper en quatre grandes étapes

1945-1947 : la mise en place du programme du CNR

La première phase démarre en 1944, c’est ça ?

Oui, au printemps 1944, quand le programme du CNR est rédigé par sept organisations de résistance. A l’automne 1944 et au début de l’année 1945, on assiste au début de la mise en place de ce programme. Il ne faut pas croire que ça s’est passé comme dans du beurre, que ça s’est fait tout seul : il y avait encore des forces d’opposition qui ne voulaient pas de la Sécurité sociale ou des retraites.

Mais ils ont dû accepter ?

Oui. Mais pas d’eux-mêmes. Parce qu’à la Libération de la France, les résistants ne lâchent pas prise. Le mouvement continue : des cahiers de doléances circulent et des manifestations sont organisées par les grands noms de la résistance. Eux battent le rappel, font pression pour – justement – que la pression ne retombe pas. Leur modèle, c’est la Révolution française : leur campagne passe d’ailleurs par un grand meeting final qui se tient le 14 juillet 1945. Et ils appellent ça les États généraux de la renaissance française.

Si les réformes passent, en 1945, ce n’est pas parce que De Gaulle et les partis politiques l’avaient inscrit à leur agenda. Mais parce qu’il y a eu une poussée militante pour soutenir les ministres – notamment communistes – du gouvernement qui se battent pour mettre en place une sécurité sociale, un système de retraite, contre d’autres ministres qui traînent des pieds. Les ministres communistes menacent éventuellement de démissionner. Et conduisent une vraie bataille pour lancer la Sécurité sociale en six mois : ils savaient que le soufflé allait retomber, ils voyaient bien que ceux d’en face jouaient la montre.

C’est une parenthèse, mais j’interrogeais hier [4] l’économiste Frédéric Lordon, dans le cadre de l’assemblée générale des actionnaires de Casino. Et le gérant d’un petit Casino est intervenu en disant : « Ce qui est dégueulasse, c’est qu’on ne peut s’en prendre aux Casino que devant les tribunaux. Mais quand on gagne, ils font appel ; quand on gagne en appel, ils vont en Cassation : ça nous prend cinq ans, on n’a pas les moyens de les affronter sur le terrain juridique. » Et Lordon de répondre : « C’est l’éternel combat entre le travail et le capital. Le travail n’a pas le temps, tandis que le capital en a à foison. » En 1945, c’est la même chose : au gouvernement, par exemple, René Pleven, ministre des Finances et représentant du MRP, joue la montre, notamment sur les nationalisations des sociétés d’électricité. Et il a bien sûr des soutiens dans la bourgeoisie : les médecins libéraux montent au créneau contre la Sécurité sociale, les assureurs affichent leur hostilité à la retraite par répartition. Ils protestent que c’est techniquement impossible, que ça va coûter trop cher… De 1945 à 1947, ces protestations sont constantes, beaucoup de gens font leur maximum pour que les réformes du CNR n’adviennent pas.

Et pourtant…

Et pourtant, elles adviennent. Parce que le travail militant se poursuit. Et aussi parce qu’il y a le poids du Parti communiste, qui fait d’autant plus peur à la bourgeoisie qu’il est armé : on sort de la guerre, il y a des armes partout et les bourgeois craignent réellement la révolution. D’où la formule de L’Aube, le journal du MRP, qui revendique « la révolution par la loi ». Une façon, justement, de repousser toute idée d’insurrection par les armes. Tout en accordant des concessions.

Mais en deux ans – jusqu’en 1947 et jusqu’au départ des ministres communistes du gouvernement – un travail est mené. En matière de sécurité sociale ou de retraite, les bases sont largement jetées. Pour la presse, c’est beaucoup plus nuancé : les réformes commencent déjà à être rognées. Et en matière de crédits publics - il s’agit de la nationalisation des banques - le programme n’a été qu’à moitié réalisé : René Pleven et les milieux d’affaire ont pesé pour limiter la réforme aux banques de dépôts - les banques d’affaire ne sont pas nationalisées. Enfin, la nationalisation d’EDF est lancée, mais dans la douleur : une campagne attaque très durement Marcel Paul, le ministre communiste qui l’effectue.

Qui n’est pas resté dans l’histoire, d’ailleurs : on ne le connaît pas...

Pas plus que vous ne connaissez Ambroise Croizat, j’imagine ? C’est pourtant lui qui a bâti la Sécurité sociale ! Je crois que ça veut dire beaucoup, pour la mémoire collective, quand on ne connaît plus le nom de celui qui a porté la Sécurité sociale. Il était surnommé "le ministre des travailleurs" et quand il est mort, en 1951, le cimetière du Père-Lachaise débordait de gens venus lui rendre hommage. C’est frappant de constater combien, une fois que le système du PC s’est écroulé, on a perdu la mémoire de ces gens, qui ont pourtant réalisé un travail considérable. La mémoire a disparu avec l’institution.

Je dis "travail considérable" parce qu’ils ont aussi su profiter de la faiblesse momentanée de l’adversaire. De son discrédit, notamment : parce qu’elle s’était grandement commis avec l’occupant ou avec Vichy, la bourgeoisie était en ruine. Il lui a fallu un peu de temps pour reconstituer ses forces et une idéologie. Quand la bourgeoisie est faible, il faut que l’histoire avance vite. Ça a été en partie le cas.

1947-1981 : grignotage dans les faits, maintien dans les têtes

En partie, seulement ?

Cela dépend des secteurs, en fait. Dans la presse, par exemple, le grignotage du programme du CNR par les capitalistes est allé beaucoup plus vite qu’ailleurs. En 1947, Albert Camus quitte le journal Combat parce qu’il est racheté par un homme d’affaire. Lui écrit alors : « Nous étions désarmés, puisque nous étions honnêtes. Cette presse, que nous voulions digne et fière, elle est aujourd’hui la honte de ce malheureux pays. » Cette même année, Hachette se paye 50 % de France-Soir, d’Elle, de France-Dimanche, alors même que la toute nouvelle loi sur la concentration l’interdit - une ordonnance de 1945 prévoit qu’un individu n’a pas le droit de posséder plus d’un titre de presse. C’est déjà un premier grignotage. Par contre, en matière de sécurité sociale, cette offensive vient largement plus tard : la première contre-réforme arrive en 1967.

De façon générale et à l’exception de la presse, on peut avoir l’impression qu’il y a une longue parenthèse enchantée - disons, de 1945 à la fin des années 60 - au cours de laquelle les réformes issues du CNR ne sont pas attaquées. C’est faux, il y a des tentatives pour les remettre partiellement en cause, mais chacune d’entre elles soulève une vague de protestations. En 1967, par exemple, se déroulent de grosses manifestations pour contester la décision d’évincer les représentants d’usagers des comités de caisses de sécurité sociale.

Une même vague de protestation éclate quand, en 1972, Robert Hersant - alors sur le devant de la scène - décide de racheter Paris-Normandie. Des tracts très durs sont imprimés, qui rappellent son passé de collaborateur – Hersant a été frappé de dix ans d’indignité nationale pour avoir apporté son aide à l’Allemagne. Les syndicats écrivent ainsi : « D’où sort le chef de bande Robert Hersant ? De la tanière des fauves qui pullulèrent de 1940 à 1944 sur les cadavres des persécutés raciaux et des résistants. » Une pétition circule aussi, signée par des grands intellectuels de l’époque – René Char, Jankélévitch, Roland Dorgelès, Vercors… Tout ça pour le "petit" Paris-Normandie… Ça devient une affaire nationale, le ministre de la Culture de Valéry Giscard d’Estaing dénonce « la violation des principes proclamés à la Libération » et une plainte est même instruite contre Robert Hersant. Quant au Monde, il titre sur La presse comme marchandise, propose la mise sous séquestre du titre et publie un éditorial pointant « la constitution d’un énorme groupe de presse quotidienne, l’ensemble possédé par un seul homme. C’est un monopole. Du monopole de l’argent, le pas est vite franchi – il l’est déjà – au monopole d’opinion ». Ce qu’on appelle « un énorme groupe de presse quotidienne », c’est juste quelques journaux de province : Centre-Presse, Le Berry Républicain et La Nouvelle République des Pyrénées... On est très loin de Lagardère, Bouygues, Dassault… C’est même microscopique, comparé aux actuels groupes médiatiques. Aujourd’hui, le journal Le Monde – qui a failli entrer en Bourse – est en train d’être racheté par Lagardère : on ne voit pas de pétitions circuler parmi les intellectuels pour protester et réclamer la mise sous séquestre du Monde.

Le tollé pour Paris-Normandie, le silence aujourd’hui : c’est révélateur…

Bien sûr, ça veut dire quelque chose. Ça veut dire que même s’il y a un grignotage dans les faits, dans les années 70, le programme du CNR demeure intact dans les têtes. Ainsi, que propose Mitterrand pour la presse en 1981 ? Tout simplement le rétablissement des ordonnances sur la presse de 1945.

Il y a d’ailleurs d’énormes similitudes entre le programme du CNR et le programme commun de la gauche, ou les 110 propositions de Mitterrand en 1981. Au fond, à cette époque, la gauche considère qu’en 1945, le programme du CNR n’a pas été mené à son terme et que si elle parvient au pouvoir elle achèvera cet ouvrage. Il ne s’agit pas seulement préserver ses acquis, mais de le mettre réellement en œuvre. En 1981, ils est donc prévu la reprise des nationalisations, dont la nationalisation du crédit.

Les années 80 : le programme du CNR devient « archaïque »

Ce sont là des mots. Dans la pratique, la présidence Mitterrand sera très éloignée de ces ambitions…

On en vient justement au point de bascule. Le moment-clé, c’est évidemment 1983, soit le tournant de la rigueur, décidé par les socialistes dans un mouvement mondial d’expansion des idées libérales. Partout dans le monde - et aussi dans les médias français - le socialisme apparaît comme ringard, dépassé. Se multiplient ainsi les incitations à devenir moderne, à miser sur l’entreprise, à ne plus avoir peur du profit.

C’est frappant pour ce qui concerne les médias. Dans ses premiers mois d’exercice du pouvoir, Mitterrand a hésité à faire éclater le groupe Hersant - et donc Lagardère dans le même élan. Interrogations, atermoiements : le temps passe. Et quand le temps passe, comme le disait Lordon, c’est le capital qui gagne à la fin. Finalement, le projet de liquidation du groupe Hersant arrive trop tard, quand la vague rose est déjà en reflux : le projet est lourdement combattu à l’Assemblée, au cours de ce qui sera la plus longue séance de l’histoire parlementaire. Les députés – dont Séguin, Toubon, Madelin… - posent des milliers de questions, ça n’en finit plus. Quand le projet arrive enfin devant le Conseil constitutionnel, celui-ci s’oppose à la loi anti-concentration pour des raisons de droit. Dans les faits, on le sait, le droit s’adapte aux rapports de force.

Dans le même temps, Mitterrand décide la libéralisation des ondes FM, qui vont devenir des déversoirs à pub, confie Canal + à André Rousselet, son directeur de cabinet, et décide de créer la Cinq, censée être confiée à Sylvio Berlusconi (auquel viendra s’ajouter ensuite Robert Hersant). Y a t-il indépendance à l’égard du pouvoir ? Pas du tout. Àl’égard des puissances étrangères et de l’argent ? Non plus.

En même temps, c’est Mitterrand : il n’est pas à une traîtrise près…

On peut dire que Mitterrand est un sale traître, sans doute. Mais ça ne fait pas beaucoup avancer la compréhension. Qu’importe les causes, pour aujourd’hui, revenons au basculement.

En 1981 ne se pose par exemple pas la question de repousser l’âge de départ en retraite : au contraire même, celui-ci passe de 65 à 60 ans. La vraie question est donc celle-ci : pourquoi, dès 1984, le discours opposé, sur le déficit des retraites, la capitalisation nécessaire, pourquoi ce discours émerge-t-il dans les années suivantes ? Est-ce que la démographie a considérablement changé en trois ans ? Je ne le crois pas. Est-ce que les données économiques ont considérablement changé en trois ans ? Je ne le crois pas non plus. Le seul changement d’ampleur est en fait idéologique. Jusqu’en 1981, toucher au programme du CNR - les retraites en font partie - n’est pas possible, pas permis. En 1984, alors que le libéralisme est en train de triompher dans le monde, dans les médias, chez les artistes et les politiques, dans la gauche elle-même, la conjoncture idéologique permet de s’attaquer aux retraites.

Cela va aussi vite que ça ?

Bien sûr. Pour le montrer, je vais continuer sur l’exemple des retraites. En 1983, le démographe Alfred Sauvy se désole dans Le Figaro que « l’opinion reste assez indifférente » à la question des déficits. Le même explique que pour faire entrer les retraites dans l’ère libérale, « il faut informer les hommes au lieu de les faire rêver. C’est simple, c’est tout simple, mais quelle bataille ». Il le dit clairement : il y a une bataille idéologique à mener pour que les Français cessent de considérer que tout va bien sur le sujet. Deux ans plus tard, en 1985, les lobbys patronaux – en l’occurrence, il s’agit de l’Institut de l’entreprise – recommandent « une retraite à la carte plutôt qu’une retraite couperet ». La même année, l’universitaire André Babeau publie un livre intitulé La fin des retraites ? - cet homme est depuis devenu administrateur de deux sociétés d’assurance…

Les sondeurs sortent alors du bois. En 1986, un sondage Ipsos affirme que « 87 % des salariés jugent très ou assez préoccupants pour l’avenir l’équilibre des caisses de retraite ». Au printemps 1987, un sondage BVA pose que 58 % des Français auraient une opinion négative sur la question de l’avenir des retraites. Et à l’automne 1987, nouveau sondage : 62 % des personnes interrogées estiment que les retraites qu’elles toucheront seront insuffisantes pour vivre. En 1988, enfin, un sondage CSA-Le Parisien-AGF (là, c’est carrément une société d’assurances qui finance le sondage publié par Le Parisien…) révèle que les Français n’ont plus confiance dans le seul régime de retraite par répartition et commencent à capitaliser. C’est là le rêve des assureurs depuis 1945 : qu’on en revienne à la capitalisation, c’est-à-dire que tout l’argent passe par les banques et eux. Ils en rêvent depuis 1945, mais pendant 35 ans, ils n’ont pas osé le dire ou ils n’ont pas été écoutés. A partir des années 1980, la conjoncture idéologique leur redonne espoir. Et en 1989, la une du Parisien affirme : « Retraites : les Français ne comptent plus que sur eux-mêmes. En un an, les contrats d’assurance ont fait un bond de 32 % ». Là, on peut dire que l’investissement réalisé par AGF en 1988 pour le sondage a été rentable…

Tout cela n’est pas anecdotique : les argumentaires, les idées qui se forgent alors ont toujours cours. Il a juste fallu le temps que les gens intègrent ce discours. Depuis lors, le programme du CNR apparaît comme un joli bibelot, mais qui appartient au passé.

2004-2010 : la parenthèse libérale se referme

C’est encore le cas aujourd’hui…

Justement : j’en viens à ce que je trouve intéressant dans la republication du programme du CNR. En fait, il me semble que la parenthèse libérale de la gauche, ouverte en 1983, est en train de se refermer. Je pense même que c’est déjà le cas dans les têtes : sur le plan idéologique, le triomphe de l’ère libérale est terminé. La preuve la plus éclatante, c’est le rejet du Traité constitutionnel européen par 55 % des Français en 2005 – et plus exactement par 80 % des ouvriers, 71 % des chômeurs et 67 % des employés, soit un vrai vote de classe. Là, il y a eu un discrédit dans les urnes du modèle libéral. Celui-ci reste sans aucun doute le schéma de pensée et de fonctionnement des élites, mais à la base, c’est fini.

Si on s’intéresse aux dates… En 2004, est fêté, à l’initiative d’ATTAC, le soixantième anniversaire du CNR, et à cette occasion, des grands noms de la Résistance, les Aubrac, Hessel, Kriegel-Valrimont, etc. signent un appel pour un nouveau programme du CNR. Pour moi, ça signifie que la parenthèse commence déjà à se refermer : en 1994, pour le cinquantième anniversaire, on n’avait assisté à aucune revendication de cet héritage. En 2005, c’est le vote sur le TCE, puis en 2006, le CPE est rejeté dans la rue. Enfin, en 2007 se tient le premier rassemblement au plateau des Glières.

2007, c’est aussi l’élection de Sarkozy…

Nicolas Sarkozy était là pour mener – et Denis Kessler l’a énoncé – « une entreprise de liquidation du programme du CNR ». Il est arrivé en pavoisant, en promettant l’Amérique, en jurant de tout bouleverser au bulldozer. Mais la conjoncture a complètement changé et lui n’a eu d’autre choix que d’en rabattre, de faire comme ceux qui l’avaient précédé : du grignotage. Il venait pour mener une entreprise de liquidation, mais n’a pas effectué le badaboum promis. Et celui qui se présentait comme « décomplexé » est désormais complexé : nous ne sommes plus dans un mouvement de libéralisme triomphant. Je ne suis pas vraiment un optimiste de nature, mais je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s’inverser. Ça va mettre du temps, mais c’est en marche. Et notre responsabilité est de faire que le paquebot tourne plus vite. Il y a là pour moi un problème majeur – et c’est là que vous allez me traiter d’abominable "organisé" : je considère que si on veut que ce renversement intellectuel s’opère, il faut des forces organisées à gauche.

On ne peut pas publier ça… (rires) Ou alors, propose plutôt de saboter la salle des machines du paquebot…

L’un des problèmes, pour accélérer le mouvement, c’est que la bataille des idées se conduit aujourd’hui en-dehors des lieux où elle devrait centralement se mener. C’est-à-dire – je sais que vous n’êtes pas d’accord, mais c’est ma conviction – dans les partis et dans les syndicats. Il faut des forces pour porter auprès des masses la bataille des idées. Parce qu’en face, ils ont ces forces organisées : quand ils repèrent un universitaire qui peut glisser dans leur sens, ils le rémunèrent considérablement. Ils ont les médias à leur botte. Ils ont tout… Si nous, de notre côté, nous n’avons pas de forces organisées pour peser dans le débat, le paquebot ne peut pas virer de bord.

(Le débat devient chaotique, fin de l’entretien)

Notes

[1] Note, d’ailleurs, que la vignette de cet entretien est tiré de l’affiche du (très bon) film de Gilles Perret, Walter, retour en résistance.

[2] Aux éditions La Découverte :

Note de RoRo:

Ambroise Croizat est un homme politique français né le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) il est mort le 11 février 1951 à Suresnes.Il fut également secrétaire Général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie.

Son père, Antoine Croizat était ouvrier et sa mère employée dans un tissage de velours. Ambroise Croizat est député communiste de la Seine de 1936 à 1940. Après avoir purgé une peine de prison pour son appartenance au PC, interdit sous le gouvernement de Vichy, il est transféré en Algérie. Libéré, il devient membre de l'Assemblée consultative d'Alger dans laquelle il représente la CGT. À la Libération, il est élu membre des deux Assemblées constituantes puis de l'Assemblée Nationale de 1946 à 1951.

Croizat est ministre du Travail du général de Gaulle du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946 puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 (gouvernements Gouin et Bidault) et du 22 janvier au 4 mai 1947 (fin de la participation communiste au gouvernement).

Surnommé le « ministre des travailleurs », son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la Sécurité sociale (Mise en place de celle-ci, organisation administrative des caisses et des élections aux conseils d'administration des caisses et régimes des fonctionnaires), son influence s'exerce aussi sur les projets concernant les comités d'entreprise, le statut des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales. En vingt-huit mois, il accomplit ainsi une œuvre considérable.

Il a siégé au Comité central du Parti communiste français.

Il meurt à la suite d'une grave intervention chirurgicale quelques mois après le décès de son fils dans un accident du travail. Le Parti communiste lui fait de grandioses funérailles. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

14:46 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, presse, television, france, romain, europe, euro-dictature, capitalisme, silence, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/05/2010

12/05/2010: Chomsky sur l'état qui règne aux USA: "Je n'ai jamais rien vu de tel!" ...

 

From: NICOLAS
Sent: Wednesday, May 12, 2010 10:56 AM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme]: L'état qui règne aux USA: "Je n'ai jamais rien vu de tel" (tiré d'Investig'action)
Chomsky sur l'état qui règne aux USA: "Je n'ai jamais rien vu de tel!"
Noam Chomsky   
Noam Chomsky est le plus grand intellectuel des États-Unis. La quantité impressionnante de ses écrits, qui comprennent prés de 100 livres, ont depuis des décennies démonté et exposé les mensonges des élites au pouvoir et les mythes qu’elles entretiennent. Et Chomsky l’a fait malgré la censure des médias commerciaux qui l’ont mis sur une liste noire, malgré son statut de paria au sein du monde universitaire et, de son propre aveu, malgré le fait qu’il soit un orateur pédant et parfois légèrement ennuyeux. Il combine une indépendance intellectuelle avec une démarche rigoureuse, une capacité remarquable de saisir les détails et une intelligence hors du commun. Il dénonce sans détours notre système à deux partis qu’il décrit comme un mirage orchestré par un gouvernement au service des entreprises privées, et il critique sévèrement l’intelligentsia libéral (liberal : plus ou moins l’équivalent de "progressiste" aux US – NdT) qui ne sont que les courtisans du système et décrit le flot émis par les médias commerciaux comme une forme de « lavage de cerveau ». En tant que critique le plus clairvoyant du capitalisme débridé, de la globalisation et de l’empire, il aborde sa 81ème année en nous mettant en garde sur le peu de temps qui nous reste pour sauver notre démocratie anémique.

 



« La situation actuelle est très similaire à l’Allemagne de Weimar, » m’a dit Chomsky au téléphone depuis son bureau à Cambridge, Massachusetts. « Les similarités sont frappantes. Il y avait aussi à l’époque une énorme déception par rapport au système parlementaire. Le fait le plus frappant n’était pas que les Nazis aient réussi à détruire les sociaux-démocrates et les communistes mais que les partis traditionnels, les partis conservateurs et libéraux, étaient eux aussi hais et qu’ils ont disparu. Les Nazis ont su combler le vide avec beaucoup d’intelligence et d’habilité. »

« Les États-Unis ont beaucoup de chance de n’avoir aucune figure charismatique qui se détache du lot, » a poursuivi Chomsky. « Chaque figure charismatique est si évidemment un escroc qu’elle finit par s’autodétruire, comme McCarthy ou Nixon ou les prêcheurs évangélistes. Si quelqu’un de charismatique devait se détacher, ce pays serait dans de sales draps à cause de la frustration, de la déception et de la colère justifiée et l’absence de toute réponse cohérente. Que sont censés penser les gens quand ont leur dit « j’ai une réponse, nous avons un ennemi » ? Un jour ce sont les Juifs, un autre les immigrés clandestins ou les noirs. On nous dira que les mâles blancs constituent une minorité persécutée. On nous dira que nous devons nous défendre ainsi que l’honneur de la nation. La force militaire sera exaltée. Des gens seront tabassés. Cela pourrait se transformer en une force irrésistible. Et dans ce cas, elle sera bien plus dangereuse que l’Allemagne. Les États-Unis sont une puissance mondiale. L’Allemagne était puissante mais ses adversaires l’étaient encore plus. Je crois que nous n’en sommes pas loin. Si les sondages ne se trompent pas, ce ne sont pas les Républicains, mais l’extrême droite républicaine, les républicains cinglés, qui vont remporter les prochaines élections. »

« Je n’ai jamais rien vu de tel », a-t-il ajouté. « Je suis assez vieux pour me souvenir des années 30. Toute ma famille était sans emploi. Les conditions étaient bien plus difficiles que de nos jours. Mais il y avait de l’espoir. Les gens avaient un espoir. Le syndicat CIO s’organisait. Plus personne ne veut l’admettre de nos jours mais le Parti Communiste était le fer de lance dans l’organisation des travailleurs et des droits civiques. Y compris pour des choses simples comme envoyer ma tante au chômage à la campagne pour prendre une semaine de vacances. C’était un mode de vie. Il n’y a rien de tel aujourd’hui. L’ambiance dans le pays est effrayante. Le niveau de colère, de frustration et de haine envers les institutions n’est pas organisée d’une manière constructive. Ça part en vrille dans des fantasmes autodestructeurs. »

« J’écoute les commentateurs à la radio, » a dit Chomsky, « mais ce n’est pas pour écouter Rush Limbaugh (célèbre commentateur d’extrême droite -NdT), mais pour écouter les gens qui téléphonent. Ils sont comme (le pilote kamikaze) Joe Stack. Qu’est-ce qui m’arrive ? se demandent-ils. J’ai fait tout ce qu’on m’a dit de faire. Je suis un bon chrétien. Je travaille dur pour nourrir ma famille. Je possède une arme. Je crois aux valeurs de ce pays et pourtant ma vie s’effondre. »

Chomsky, plus que tout autre intellectuel américain, a décrit dans de nombreuses oeuvres la descente aux enfers du système politique et économique américain. Il nous rappelle que le véritable questionnement intellectuel est toujours subversif. Il défie des présomptions culturelles et politiques. Il critique les structures. Il est pratique sans cesse l’autocritique. Il fait éclater les mythes et stéréotypes complaisants dont nous nous servons pour nous flatter et ignorer notre complicité dans les actes de violence et d’oppression. Et il dérange les puissants et leurs apologistes libéraux.

Chomsky réserve ses critiques les plus acerbes pour l’élite libérale de la presse, des universités et du système politique qui servent d’écran de fumée à la cruauté du capitalisme débridé et des guerres impérialistes. Il dénonce leurs postures morales et intellectuelles comme un arnaque. C’est pour cela que Chomsky est détesté, et peut-être craint, plus par les élites libéraux que par la droite qu’il condamne aussi. Lorsque Christopher Hitchens (journaliste « réactionnaire de gauche » du magazine The Nation – NdT) a décidé de devenir la marionnette de l’administration Bush après les attaques du 11 septembre, un de ses premiers articles a été une attaque féroce contre Chomsky. Hitchens, contrairement à la plupart des gens qu’il sert, savait quel était l’intellectuel qui comptait aux États-Unis

« Ça ne m’intéresse pas d’écrire sur Fox News, » a dit Chomsky. « C’est trop facile. Ce qui m’intéresse ce sont les intellectuels libéraux, ceux qui se présentent et se prennent pour des critiques du pouvoir, courageux, qui se battent pour la vérité et la justice. Au fond, ils ne sont que les gardiens du temple. Ce sont eux qui définissent les limites à ne pas dépasser. Ce sont eux qui disent jusqu’où il est permis de s’aventurer. Ils disent « Regardez comme je suis courageux. » Mais ne vous aventurez pas un millimètre de plus. C’est vrai pour les secteurs éduqués de la population car ce sont eux les plus dangereux à cause de leur soutien au pouvoir. »

Parce qu’il échappe à toute catégorisation et rejette toutes les idéologies, Chomsky a été indispensable au débat américain depuis des décennies, depuis son travail sur la guerre au Vietnam jusqu’à ses critiques sur l’administration Bush. Il persiste à jouer l’iconoclaste, celui qui se méfie du pouvoir sous toutes ses formes.

« La plupart des intellectuels se considèrent comme la conscience de l’humanité, » dit l’universitaire spécialiste du Moyen Orient Norman Finkelstein. « Ils se divertissent et admirent quelqu’un comme Vaclav Havel. Chomsky, lui, méprise Havel. Chomsky adopte la vision du monde de Julien Benda. Il existe deux ensembles de principes. Les principes de pouvoir et de privilège et les principes de vérité et de justice. Si vous courez après le pouvoir et les privilèges, ce sera toujours au détriment de la vérité et de la justice. Benda dit que le credo de tout intellectuel doit être, comme l’a dit le Christ, « mon royaume n’est pas de ce monde. » Chomsky dénonce les prétentions de ceux qui se déclarent les détenteurs de la vérité et de la justice. Il montre que ces intellectuels sont en fait détenteurs du pouvoir et des privilèges et de tout le mal qui va avec. »

« Certains livres de Chomsky contiennent des choses comme une critique du plan Arias en Amérique centrale, et il peut lui consacrer 200 pages » a dit Finkelstein. « Mais deux ans plus tard, qui se souvient d’Oscar Arias ? C’est à se demander si Chomsky n’aurait pas mieux fait d’écrire sur des sujets plus ambitieux, des sujets plus intemporels qu’on pourrait encore lire dans 40 ou 60 ans. C’est ce qu’a fait Russel avec des livres tels que « Marriage and Morals ». Pouvez-vous encore relire ce que Chomsky a écrit sur le Vietnam ou l’Amérique centrale ? La réponse est souvent « non ». Ça en dit long sur le personnage. Il n’écrit pas pour son ego. Si c’était le cas, il aurait écrit dans un style grandiloquent qu’il aurait laissé en héritage. Il écrit parce qu’il veut influer sur le cours des choses et participer au changement politique. Il se soucie de la vie des gens et s’attache aux détails. Il essaie de réfuter les mensonges quotidiens déversés par les grands médias. Il aurait pu consacrer son temps à rédiger des essais philosophiques qui auraient duré dans le temps, comme l’ont fait Kant ou Russel. Mais il s’est investi dans les détails minuscules qui font toute la différence et font gagner une bataille politique. »

« J’essaie d’encourager les gens à penser de façon autonome, à remettre en question les idées communément admises, » a dit Chomsky lorsque je l’ai interrogé sur ses objectifs. « Ne prenez pas vos présomptions pour des faits acquis. Commencez par adopter une position critique envers tout idée « politiquement correcte ». Forcez-la à se justifier. La plupart du temps, elle n’y arrive pas. Soyez prêts à poser des questions sur tout ce qui est considéré comme un fait acquis. Essayez de penser par vous-même. Il y a beaucoup d’information en circulation. Vous devez apprendre à juger, à évaluer et à comparer les choses. Il vous faudra faire confiance à certaines choses, sinon vous ne pourriez pas survivre. Mais lorsqu’il s’agit de choses importantes, ne faites pas confiance. Dés que vous lisez quelque chose d’anonyme, il faut se méfier. Si vous lisez dans la presse que l’Iran défie la communauté internationale, demandez-vous qui est la communauté internationale ? L’Inde est opposée aux sanctions. Le Brésil est opposé aux sanctions. Le Mouvement des pays Non-Alignés est opposé aux sanctions et l’a toujours été depuis des années. Alors qui est la communauté internationale ? C’est Washington et tous ceux qui se trouvent être en accord avec lui. C’est le genre de choses que vous pouvez découvrir par vous-mêmes, mais pour ça il faut travailler. Et c’est pareil pour tous les sujets, les uns après les autres. »

Le courage de Chomsky de parler au nom de ceux, tels les Palestiniens dont la souffrance est souvent minimisée ou ignorée par les grands médias, montre qu’il est possible de mener une vie morale. Et, peut-être plus encore que sa formation, c’est son exemple d’indépendance morale et intellectuelle qui représente un appui pour tous ceux qui remettent en cause le discours hypocrite dominant et osent dire la vérité.

« Je ne saurais vous dire combien de gens, moi inclus, et ceci n’est pas une hyperbole, dont les vies ont changé grâce à lui » dit Finkelstein, qui a été exclu de plusieurs universités à cause de son courage intellectuel et son indépendance. « Sans Chomsky, il y a bien longtemps que j’aurais abandonné. J’ai pris pas mal de coups dans ma vie professionnelle. Et c’est parce que je savais qu’un des plus grands esprits de l’histoire humaine avait confiance en moi que j’ai pu supporter tous ces coups. Il y a beaucoup de gens dont l’existence n’est même pas reconnue, les petits comme on les appelle, qui reçoivent un jour un courrier de Chomsky. Ca leur insuffle une nouvelle énergie. Chomsky a fait bouger beaucoup, beaucoup de gens qui se sont découverts un potentiel qui, sans lui, aurait été perdu pour toujours. »

 

Source: Le Grand Soir

 

tiré d'Investig'action

20:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, courcelles, usa, presse, guerre, television, romain, democratie, imperialisme, silence, liberte, medias, information | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/04/2010

26/04/10: Le massacre de Katyn...: autre son de cloches que la propagande officielle capitaliste contre l'Urss et Staline...

Sent: Monday, April 26, 2010 8:58 AM
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Subject: Document

Le massacre de Katyn

par Ella Rule, Stalin Society

À la fin de la Première Guerre mondiale, la frontière entre la Russie et la Pologne fut établie le long d'une ligne que l'on appela la «ligne Curzon», du nom de Lord Curzon, l'homme d'État britannique qui l'avait proposée.

Cette ligne de démarcation n'était guère du goût des Polonais, qui partirent bientôt en guerre contre l'Union soviétique, dans l'espoir de repousser quelque peu leurs frontières vers l'est. L'Union soviétique contre-attaqua, prête non seulement à se défendre mais, contre l'avis de Staline, à libérer également l'ensemble de la Pologne. Staline considérait cet objectif comme étant voué à l'échec parce que, disait-il, le nationalisme polonais n'était pas encore arrivé au bout de son parcours. Les Polonais étaient fermement décidés à NE PAS être libérés, de sorte que cela ne valait même pas la peine d'essayer de le faire. Par conséquent, les Polonais opposèrent une violente résistance à la progression soviétique. Et, finalement, l'Union soviétique fut contrainte de se replier et même de céder à la Pologne une portion de territoire située à l'est de la ligne Curzon et composée de l'ouest de la Biélorussie et de l'ouest de l'Ukraine - des régions habitées en grande majorité,respectivement, par des Biélorusses et des Ukrainiens plutôt que par des Polonais. Tout cet incident ne pouvait qu'exacerber davantage encore l'animosité mutuelle entre Polonais et Russes.

Le 1er septembre1939, l'Allemagne nazie envahissait la Pologne. Le 17 septembre, l'Union soviétique se mettait en campagne pour réoccuper les territoires annexés par la Pologne à l'est de la ligne Curzon. Après les avoir repris, l'Union soviétique se mit à distribuer la terre aux paysans et à introduire ce genre de réformes démocratiques très populaires auprès du peuple mais beaucoup moins chez les exploiteurs. Durant les combats pour la reprise des territoires à l'est de la ligne Curzon, l'Union soviétique captura quelque 10.000 officiers polonais, qui devinrent des prisonniers de guerre, furent installés dans des camps situés dans la zone litigieuse et, après cela, mis au travail à la construction de routes, etc.

Deux ans plus tard, le 22 juin 1941, l'Allemagne nazie attaquait l'Union soviétique par surprise. L'Armée rouge était forcée de battre en retraite en toute hâte et l'Ukraine était reprise par les Allemands. Durant la retraite précipitée, il ne fut pas possible d'évacuer les prisonniers de guerre polonais vers l'intérieur de l'Union soviétique. Le responsable du camp n°1, le major Vetoshnikov, fournit la preuve qu'il avait demandé au responsable du trafic de la section de Smolensk des Chemins de Fer de l'Ouest qu'on lui fournisse des wagons pour l'évacuation des prisonniers polonais, mais il lui fut répondu que la chose ne serait sans doute pas possible. L'ingénieur Ivanov qui, à l'époque, avait été le responsable du trafic dans la région, confirma qu'on n'avait pu réserver des wagons pour cette évacuation. «En outre», dit-il, «nous ne pouvions envoyer des wagons vers la ligne Gussino, où se trouvaient la majorité des prisonniers polonais, puisque cette ligne était déjà sous la ligne de feu.» Il en résulta qu'après le retrait des Soviétiques de cette zone, les prisonniers polonais devinrent prisonniers des Allemands.

En avril 1943, les hitlériens annoncèrent que les Allemands avaient découvert plusieurs fosses communes dans la forêt de Katyn, près de Smolensk, lesquelles contenaient les corps de milliers d'officiers polonais supposés avoir été tués par les Russes.

Cette «révélation» était destinée à miner encore plus les efforts de coopération entre Polonais et Soviétiques en vue de vaincre les Allemands. L'alliance russo-polonaise fut toujours malaisée du fait que le gouvernement polonais en exil, installé à Londres, était manifestement un gouvernement qui représentait les classes des exploiteurs. Ils devaient s'opposer aux Allemands, puisque ces derniers avaient cyniquement envahi la Pologne pour agrandir leur lebensraum (espace vital). La position de l'Union soviétique était la suivante : Aussi longtemps que l'Union soviétique aurait pu conserver les territoires situés à l'est de la ligne Curzon, elle n'aurait pas eu de problèmes avec le rétablissement d'un gouvernement bourgeois en Pologne. Mais l'alliance connaissait déjà des difficultés du fait que le gouvernement polonais en exil, dirigé par le général Sikorski et installé à Londres, n’aurait pas été d'accord avec la restitution de ces territoires à l'Union soviétique. Ceci, malgré le fait qu'en 1941, après l'invasion de la Pologne par Hitler, l'Union soviétique et le gouvernement polonais en exil avaient non seulement rétabli des relations diplomatiques, mais avaient également convenu que l'Union soviétique allait financer - «sous les ordres d'un chef désigné par le gouvernement polonais en exil mais approuvé par le gouvernement soviétique» - la mise sur pied d'une armée polonaise. Ce chef aurait été en l'occurrence le général Anders, un homme absolument hostile aux Soviétique et prisonnier chez eux depuis 1939. Le 25 octobre 1941, cette armée comptait 41.000 hommes, dont 2.630 officiers. Le général Anders, toutefois, finit par refuser de combattre sur le front germano-soviétique en raison du différend frontalier opposant l'Union soviétique et la Pologne et il fallut envoyer l'armée polonaise combattre ailleurs, c'est-à-dire en Iran.

Pourtant, en dépit de l'hostilité du gouvernement polonais en exil, une section importante des Polonais résidant en Union soviétique et non hostiles aux Soviétiques acceptaient les prétentions de ces derniers sur les territoires situés à l'est de la ligne Curzon. Bon nombre d'entre eux étaient juifs. Ces gens constituèrent l'Union des patriotes polonais, laquelle constitua l'épine dorsale d'une alternative au gouvernement polonais en exil.

La propagande nazie autour du massacre de Katyn avait pour but d'empêcher irrémédiablement toute tractation entre Soviétiques et Polonais. Le général Sikorski reprit la propagande nazie par vengeance, en prétendant auprès de Churchill qu'il disposait d'une «montagne de preuves». La façon dont il avait obtenu ces «preuves», au même moment où les Allemands «révélaient» ces prétendues atrocités soviétiques, est loin d'être claire, bien que l'affaire indique de toute évidence qu'il y eut une collaboration cachée entre Sikorski et les nazis. Les Allemands avaient fait état de leur «découverte» le 13 avril. Le 16 avril, le gouvernement soviétique publiait un communiqué officiel réfutant «les affabulations scandaleuses concernant de prétendues exécutions massives par des organes soviétiques, au cours du printemps 1940 dans la région de Smolensk». Le communiqué disait encore: «Les allégations allemandes ne laissent aucun doute sur le sort tragique des anciens prisonniers de guerre polonais qui, en 1941, avaient été engagés dans des travaux de construction dans les régions situées à l'ouest de Smolensk et qui, en même temps que de nombreux Soviétiques, étaient tombés aux mains des bourreaux allemands après le repli des troupes soviétiques. »

En fabriquant leur histoire, les Allemands avaient même décidé de l'embellir d'un tour antisémite en prétendant être en mesure de nommer des officiers soviétiques responsables du massacre, lesquels avaient tous des patronymes juifs. Le 19 avril, la Pravda répondait: «Conscients de l'indignation de l'ensemble de l'humanité progressiste à propos du massacre de citoyens paisibles et en particulier de juifs par leurs troupes, les Allemands essaient maintenant de susciter la colère des gens crédules contre les juifs. Pour cette raison, ils ont inventé toute une série de 'commissaires juifs' qui, disent-ils, ont participé à l'assassinat de 10.000 officiers polonais. Pour des faussaires aussi expérimentés, il n'était pas difficile d'inventer quelques noms de personnes qui n'ont jamais existé - Lev Rybak, Avraam Brodninsky, Chaim Fineberg. Ces personnes n'ont jamais existé, ni dans la 'section de Smolensk de l'OGPU' ni dans aucun département du NLVD.»

L'insistance de Sikorski à appuyer la propagande allemande se solda par une complète rupture des relations entre le gouvernement polonais en exil à Londres et le gouvernement soviétique. À ce propos, Goebbels eut le commentaire suivant dans son journal personnel: «Cette rupture constitue une victoire à cent pour-cent pour la propagande allemande et tout particulièrement pour moi-même, personnellement(.) Nous avons été à même de transformer l'incident de Katyn en une question hautement politique.»

À l'époque, la presse britannique condamna Sikorski pour son intransigeance:

Le Times du 28avril 1943 écrivait: «Ils devront éprouver surprise et regret, ceux qui, ayant eu tant de bonnes raisons de comprendre la perfidie et l'ingéniosité de la machine de propagande de Goebbels, n'ont pu éviter de tomber dans le piège que celle-ci leur tendait. Les Polonais n'auront guère oublié un ouvrage largement diffusé durant le premier hiver de la guerre et dépeignant avec force détails et preuves circonstanciés, y compris des photos, les prétendues atrocités polonaises contre les paisibles habitants allemands de la Pologne.»

L'entêtement de Sikorski à prétendre que le massacre avait été perpétré par les Soviétiques plutôt que par les Allemands trouvait sa nourriture dans le différend concernant les territoires situés à l'est de la ligne Curzon.

Sikorski essaya d'utiliser la propagande allemande pour mobiliser l’impérialisme occidental derrière les prétentions polonaises sur ces territoires, pour tenter de le faire revenir sur sa position, estimait Sikorski, qui consistait à prendre parti pour l'Union soviétique dans cette affaire de litige frontalier.

Si on parcourt les sources bourgeoises aujourd'hui, toutes affirment que l'Union soviétique a été responsable du massacre de Katyn et elles le font avec une telle assurance et un tel acharnement qu'à vouloir prétendre le contraire, on se sent dans la peau d'un révisionniste nazi tentant de nier le massacre des juifs par Hitler. Après l'effondrement de l'Union soviétique, Gorbatchev fut même enrôlé dans cette campagne de désinformation et il produisit du matériel supposé provenir des archives soviétiques et «prouvant» que c'étaient bien les Soviétiques qui avaient commis ces atrocités et que, bien sûr, s'ils avaient agi de la sorte, c’était sur les ordres de Staline. Évidemment, nous savons l'intérêt que tous les Gorbatchev de ce monde ont à diaboliser Staline. Leur cible n'est pas tant Staline que le socialisme. Leur but, en dénigrant le socialisme, est de restaurer le capitalisme et de s'offrir à eux-mêmes et à leurs partisans des existences de parasites de luxe au détriment de la souffrance de masse des peuples soviétiques. Leur cynisme vaut bien celui des nazis allemands et il n'est guère surprenant de les entendre chanter leurs hymnes d'après les mêmes partitions.

Les sources bourgeoises affirment allègrement que les preuves soviétiques permettant d'accuser les Allemands de ce massacre sont soit totalement absentes, soit simplement fondées sur des preuves par ouï-dire émanant des habitants terrorisés de la région. Elles ne mentionnent même pas un élément de preuve dont Goebbels en personne devait pourtant admettre qu'il était passablement embarrassant. À ce propos, le 8 mai 1943, il écrivait dans son journal: «Malheureusement, on a retrouvé des munitions allemandes dans les fosses de Katyn. (.) Il est essentiel que cet incident reste ultra-secret. S'il devait être porté à la connaissance de l'ennemi, il faudrait laisser tomber toute cette affaire de Katyn.»

En 1971, un échange de lettres était publié dans le Times. L'une d'elles suggérait que les massacres de Katyn ne pouvaient être imputés aux Allemands puisqu'ils se servaient de mitrailleuses et de chambres à gaz au lieu d'expédier les prisonniers de la façon dont les victimes de Katyn avaient été tuées, c'est-à-dire en leur tirant une balle dans la nuque. Un ancien soldat allemand vivant à Godalming, dans le Surrey, était intervenu dans cet échange de courrier: «En tant que soldat allemand, convaincu à l'époque de la légitimité de notre cause, j'ai participé à de nombreuses batailles et actions au cours de la campagne de Russie. Je n'ai pas été à Katyn ni dans la forêt avoisinante.

Mais je me souviens bien du tintouin qui a éclaté en 1943, à l'annonce de la découverte des horribles fosses communes près de Katyn, dont la région était alors menacée par l'Armée rouge.

«Josef Goebbels, comme le montrent les sources historiques, a trompé bien des gens. Après tout, c’était son boulot et peu de personnes, aujourd'hui, contesteraient sa maîtrise presque absolue en la matière. Toutefois, ce qui surprend, c'est qu'on en a toujours la preuve aujourd'hui, trente et quelques années plus tard, dans les pages du Times. Écrivant par expérience, je ne pense pas qu'à cette tardive époque de la guerre, Goebbels soit parvenu à tromper de nombreux soldats allemands en Russie, en ce qui concerne l'affaire de Katyn (.) Les soldats allemands étaient bien au courant de cette façon de procéder en tirant une balle dans la nuque (.)

Nous, les soldats allemands, savions pertinemment bien que les officiers polonais avaient été liquidés par nos hommes, et par personne d'autre.»

En outre, d’innombrables témoins s'étaient présentés pour attester de la présence de prisonniers polonais dans la région après que les Allemands l'eurent reconquise.

Maria Alexandrovna Sachneva, une institutrice de l'endroit, en avait fourni les preuves devant une commission spéciale instaurée par l'Union soviétique en septembre 1943, immédiatement après que la région eut été libérée des Allemands. Ces preuves établissaient qu'en août 1941, soit deux mois après le repli des soviétiques, Sachneva avait caché un prisonnier de guerre polonais dans sa maison. L'homme s'appelait Juzeph Lock et il lui avait parlé des mauvais traitements infligés par les Allemands aux prisonniers polonais.

«Quand les Allemands sont arrivés, ils se sont emparés du camp polonais et y ont instauré un régime très dur. Les Allemands ne considéraient pas les Polonais comme des êtres humains. Ils les opprimaient et les brimaient de toutes les façons possibles. En certaines occasions, des Polonais étaient abattus sans la moindre raison. Le prisonnier, Juseph Lock, avait décidé de s'évader.»

Plusieurs autres témoins ont fourni des preuves qu'ils avaient vu les Polonais travaillant aux routes en août et septembre 1941.

Par ailleurs, d’autres témoins encore ont également affirmé que les Allemands avaient traqué et rassemblé des prisonniers polonais évadés en automne 1941. Danilenko, un fermier local, figurait parmi ces témoins:

«Plusieurs rafles ont eu lieu dans notre localité pour rattraper des prisonniers de guerre polonais qui s'étaient évadés. À deux ou trois reprises, les Allemands sont venus perquisitionner dans ma propre maison.

Après l'une de ces visites, j'ai demandé au chef qui ils cherchaient dans notre village. Il m'a répondu qu'il avait reçu un ordre de la Kommandantur allemande disant qu'il fallait fouiller toutes les maisons sans exception, vu que des prisonniers de guerre polonais évadés du camp se cachaient dans notre village.»

Manifestement, les Allemands n'abattaient pas les Polonais en présence des témoins locaux, mais les gens de l'endroit ont toutefois fourni d'importantes preuves de ce qui se passait. L'un de ces témoins était Alexeïeva, que le chef de son village avait affectée au service du personnel allemand d'une résidence de campagne située à Kozy Gory, une section de la forêt de Katyn. La résidence avait servi de maison de repos pour l'administration de Smolensk du Commissariat populaire aux Affaires internes et elle se trouvait à 700 mètres environ de l'endroit où l'on avait découvert les fosses communes. Alexeïeva déclara: «À la fin du mois d'août et pendant presque tout le mois de septembre 1941, plusieurs camions sont venus, presque quotidiennement, à la résidence de Kozy Gory. D'abord, je n'y ai pas prêté attention mais, plus tard, j'ai remarqué que chaque fois que ces camions arrivaient sur le terrain de la résidence, ils s'arrêtaient durant une demi-heure, et parfois même toute une heure, quelque part sur la route forestière qui relie la résidence à la grand-route. C'est ce que j'ai conclu, parce que peu de temps après que les camions avaient atteint le terrain de la résidence, le bruit des moteurs cessait.

«Au moment où le bruit des moteurs cessait, on entendait des détonations au coup par coup. Elles se suivaient à intervalles brefs mais approximativement égaux. Ensuite, les coups de feu cessaient et, juste après, les camions arrivaient à la résidence. Des soldats allemands et leurs sous-officiers descendaient des camions. Tout en parlant bruyamment, ils allaient se laver aux sanitaires, après quoi ils se lançaient dans des orgies de boisson.

«Les jours où les camions arrivaient, d'autres soldats des unités militaires allemandes venaient aussi plus nombreux à la résidence. Pour eux, on préparait des lits spéciaux (.). Un peu avant que les camions n'arrivent à la résidence, des soldats en armes se rendaient dans la forêt, manifestement à l'endroit où les camions s'arrêtaient, parce qu'une demi-heure après, ils revenaient dans ces camions, en compagnie des soldats qui vivaient en permanence à la résidence.

«À plusieurs reprises, j'ai remarqué des traces de sang frais sur les vêtements de deux soldats de première classe. De tout cela, j'ai déduit que les Allemands amenaient des gens par camions à la propriété et qu'ils les exécutaient.»Alexeyeïeva avait également découvert que les gens abattus étaient des prisonniers polonais.

«Un jour, je suis restée à la résidence un peu plus longtemps que d'habitude (.).Avant que j'aie terminé le travail qui me retenait, un soldat est entré et m'adit que je pouvais m'en aller (.). Il m'a ensuite raccompagnée jusqu'à la grand-route.

«Sur la grand-route, à 150 ou 200 mètres de l'embranchement vers la résidence, j'ai vu un groupe d'environ 30 prisonniers de guerre polonais qui avançaient sous une lourde escorte d'Allemands (.). Je me suis arrêtée au bord de la route pour voir où on les conduisait et j'ai vu qu'ils bifurquaient vers notre résidence de Kozy Gory.

«Du fait qu'à ce moment-là, je m'étais mise à surveiller de près tout ce qui se passait à la résidence, la chose m'a intriguée. J'ai rebroussé chemin sur une certaine distance le long de la route, puis je me suis cachée dans des buissons à proximité de la route et j'ai attendu. Vingt ou trente minutes plus tard, j'ai entendu les détonations habituelles.»

Les deux autres servantes réquisitionnées à la résidence, Mikhaïlova et Konakhovskaïa, fournirent des éléments confirmant cette déclaration. D'autres résidents de la région firent eux aussi des déclarations allant dans le même sens.

Basilevski, le directeur de l'observatoire de Smolensk, fut désigné comme bourgmestre adjoint de Menchaguine, un collaborateur nazi. Basilevsky tentait d'obtenir la libération d'une enseignante incarcérée par les Allemands et il persuada Menchaguine de s'adresser au commandant allemand de la région, Von Schwetz, à propos de ce problème. Menchanguine s'exécuta mais il revint en disant qu'il était impossible d'obtenir cette libération parce que «Berlin avait envoyé des instructions prescrivant que fût maintenu le plus strict des régimes».

Basilevsky raconta alors sa conversation avec Menchaguine: «(.) Involontairement, j'ai répliqué: 'Peut-on imaginer quelque chose de plus sévère que le régime existant dans le camp?' Menchaguine m'a regardé d'un drôle d'airet, se penchant à mon oreille, il m'a répondu à voix basse: 'Oui, cela existe!Au moins, on laisse les Russes mourir, tout simplement, mais, pour ce qui est des prisonniers de guerre polonais, les ordres disent qu'ils doivent être carrément liquidés.'»

Après la libération, on découvrit le carnet de notes de Menchaguine, rédigé de sa propre main, comme l'ont confirmé les experts en graphologie. À la page 10, datée du 15 août 1941, on peut lire: «Tous les prisonniers de guerre fugitifs devront être enfermés et remis au bureau du commandant.»

En soi, ceci prouve que les prisonniers polonais étaient toujours vivants à l'époque. À la page 15, Menchaguine a noté: «Y a-t-il des rumeurs parmi la population à propos de l'exécution de prisonniers de guerre polonais à Kozy Gory (pour Umnov)?» (Umnov était le chef de la police russe.)

Nombre de témoins ont fourni la preuve qu'ils avaient subi des pressions de la part des Allemands, en 1942-43, afin de livrer des faux témoignages confirmant les exécutions des Polonais par les Russes.

Parfem Gavrilovitch Kisselev, un habitant du village le plus proche de Kozy Gory,témoigna qu'il avait été convoqué à la Gestapo, durant l'automne 1942, et qu'il y avait eu un entretien avec un officier allemand. «L'officier avait déclaré que, selon une information mise à la disposition de la Gestapo, en 1940, dans la région de Kozy Gory, et plus précisément dans la forêt de Katyn, des membres du Commissariat populaire aux Affaires internes avaient exécuté des officiers polonais. Il m'a demandé dans quelle mesure je pouvais témoigner là-dessus. J'ai répondu que je n'avais jamais entendu dire que le Commissariat populaire aux Affaires internes avait abattu des gens à Kozy Gory et que, de toute façon, c'était impossible, ai-je expliqué à l'officier, puisque Kozy Gory est un endroit absolument ouvert et très fréquenté et que si des exécutions avaient eu lieu là-bas, toute la population des villages avoisinants l'aurait su. «(.) Toutefois, l'interprète ne m'a pas écouté, mais a pris un document manuscrit sur le bureau et me l'a lu. Il y était dit que moi, Kisselev, habitant d'un hameau de la région de Kozy Gory, j'avais assisté personnellement, en 1940, à l'exécution d'officiers polonais par des membres du Commissariat populaire aux Affaires internes.

«Après m'avoir lu le document, l'interprète m'a ordonné de le signer.

J'ai refusé (.).Finalement, il s'est mis à hurler: 'Ou bien, tu le signes tout de suite, ou bien, nous allons te liquider. Fais ton choix!'«Effrayé par ces menaces, j'ai signé le document en pensant que l'affaire s'arrêterait là.» Mais l'affaire n'allait pas s'arrêter là, parce que les Allemands attendaient de Kissilev qu'il fournisse des confirmations orales de ce qu'il avait «vu» à des groupes de «délégués» invités par les Allemands à venir visiter la région et y découvrir les preuves des prétendues atrocités russes.

Peu de temps après que les autorités allemandes eurent révélé au monde l'existence des fosses communes, en avril 1943, «l'interprète de la Gestapo est venu chez moi et m'a emmené dans la forêt, dans la région de Kozy Gory.

«Quand nous avons quitté la maison et que nous avons été seuls ensemble, l'interprète m'a prévenu que je devais répéter, aux gens qui seraient présents dans la forêt, exactement ce que j'avais lu sur le document que j'avais signé à la Gestapo.

«Quand je suis arrivé sur place, dans les bois, j'ai vu les tombes ouvertes et un groupe d'étrangers. L'interprète m'a dit que c'étaient des délégués polonais qui étaient arrivés pour inspecter les tombes. Quand nous nous sommes approchés de celles-ci, les délégués se sont mis à me poser diverses questions en russe concernant l'exécution des Polonais. Mais, comme plus d'un mois s'était passé depuis ma convocation à la Gestapo, j'avais oublié tout ce qui se trouvait dans le document que j'avais signé, j'étais déboussolé et, finalement, je leur ai dit que je ne savais rien de l'exécution des officiers polonais.

«L'officier allemand était furieux. L'interprète m'a écarté sans ménagement de la 'délégation' et m'a congédié. Le lendemain, au matin, une voiture avec un officier de la Gestapo est montée jusque chez moi. L'homme est venu me trouver dans la cour, m'a dit que j'étais en état d'arrestation, puis m'a fait monter dans la voiture et m'a emmené à la prison de Smolensk. (.)

«Après mon arrestation, j'ai été interrogé à de nombreuses reprises, mais je recevais plus de coups que de questions. La première fois qu'ils m'ont fait venir, ils m'ont frappé et insulté avec une brutalité incroyable, se plaignant que je les avais laissé tomber, après quoi ils m'ont renvoyé en cellule. Au cours des convocations suivantes, ils m'ont dit que je devais déclarer publiquement que j'avais assisté à l'exécution de prisonniers polonais par les bolcheviks et que, tant que la Gestapo ne serait pas satisfaite de ma bonne foi, je ne sortirais pas de prison. J'ai dit à l'officier que je préférais rester en prison plutôt que de mentir effrontément à des gens. Sur ce, j'ai été vilainement tabassé.

«Il y a eu plusieurs interrogatoires du même genre, accompagnés de séances de coups, à la suite de quoi j'ai perdu toute ma force, je n'entendais plus très bien et je ne pouvais plus remuer mon bras droit. Environ un mois après mon arrestation, un officier allemand m'a fait venir et m'a dit: 'Vous voyez les conséquences de votre obstination, Kisselev. Nous avons décidé de vous exécuter. Le matin, nous allons vous emmener à la forêt de Katyn et vous pendre.' J'ai demandé à l'officier de ne pas le faire et je me suis mis à plaider ma cause en leur disant que je ne convenais pas pour le rôle de 'témoin oculaire' des exécutions, puisque je ne savais pas mentir et que, de ce fait, j'allais une fois de plus tout mélanger. «L'officier a continué à insister. Plusieurs minutes plus tard, des soldats sont entrés dans la pièce et se sont mis à me cogner dessus avec des gourdins en caoutchouc. Incapable de supporter les coups et la torture, j'ai accepté d'apparaître publiquement et de raconter une histoire fallacieuse sur les exécutions de Polonais par les bolcheviks. Après cela, on m'a relâché, à condition qu'à la première requête des Allemands, je parlerais devant les 'délégations' à la forêt de Katyn. (.)

«Chaque fois, avant de m'emmener aux fosses, dans la forêt, l'interprète venait chez moi, m'appelait dans la cour, me prenait à part pour être sûr que personne n'entendrait et, durant une demi-heure, il me faisait apprendre par cour tout ce que je pourrais avoir à dire à propos des supposées exécutions d'officiers polonais par le Commissariat populaire aux Affaires internes, en 1940.

«Je me rappelle que l'interprète m'a dit de répéter quelque chose de ce genre : 'Je vis dans une fermette dans la région de Kozy Gory, non loin de la résidence du Commissariat populaire aux Affaires internes. Certaines nuits, au printemps1940, j'ai vu des Polonais emmenés vers la forêt où on les exécutait ensuite. 'Puis il était impératif que je déclare littéralement que 'c'était l'œuvre du Commissariat populaire aux Affaires internes.'

Après que j'eus retenu par cœur ce que l'interprète m'avait répété, il devait m'emmener auprès des fosses communes, dans la forêt, et m'obliger à répéter toute l'histoire en présence des délégations venues sur place.

«Mes déclarations étaient strictement contrôlées et dirigées par l'interprète de la Gestapo. Un jour, comme je parlais devant l'une ou l'autre 'délégation', on m'a posé la question: 'Aviez-vous vu personnellement ces Polonais avant qu'ils ne soient exécutés par les bolcheviks?' Je n'étais pas préparé à ce genre de question et je répondis en disant la vérité, c'est-à-dire que j'avais vu des prisonniers polonais avant la guerre, quand ils marchaient sur les routes. Ensuite, l'interprète m'a tiré brusquement sur le côté et m'a ramené chez moi.

«Je vous prie de me croire quand je dis que je n'arrête pas d'avoir des tiraillements de conscience, puisque je sais qu'en réalité, les officiers polonais ont été exécutés par les Allemands en 1941. Je n'avais pas le choix, étant constamment menacé d'être arrêté et torturé à nouveau. »

De nombreuses personnes corroborèrent le témoignage de Kisselev et un examen médical confirma le récit des tortures que lui avaient infligées les Allemands.

Ivanov, un employé de la gare locale (Gnezdovo) subit également des pressions afin de faire un faux témoignage:

«L'officier m'a demandé si je savais qu'au printemps 1940, d'importants groupes d'officiers polonais capturés étaient arrivés à Gnezdovo dans plusieurs trains. J'ai dit que j'étais au courant, effectivement.

L'officier m'a ensuite demandé si je savais qu'au cours du même printemps 1940, peu après l'arrivée des officiers polonais, les bolcheviks les avaient tous exécutés dans la forêt de Katyn. J'ai répondu que je n'en savais rien et qu'il ne pouvait en avoir été ainsi, puisqu'au cours des années 1940-1941 et jusqu'au moment de l'occupation de Smolensk par les Allemands, j'avais rencontré des officiers polonais capturés qui avaient débarqué à la gare de Gnezdovo au printemps 1940 et qu'on les avait employés dans la construction de routes.

«L'officier m'a répondu que si un officier allemand prétendait que les Polonais avaient été exécutés par les bolcheviks, c'est que c'était un fait établi. 'Par conséquent', a poursuivi l'officier, 'vous n'avez strictement rien à craindre et c'est avec la conscience tranquille que vous pouvez signer un protocole affirmant que les officiers polonais capturés ont été exécutés par les bolcheviks et que vous en avez été témoin.'

«J'ai répondu que j'étais déjà un vieillard, que j'avais 61 ans et que je ne tenais pas à commettre un péché à cet âge. Tout ce que je pouvais déclarer, c'est que les Polonais capturés étaient réellement arrivés à la gare de Gnezdovo au printemps 1940. L'officier allemand a commencé à vouloir me persuader de donner le témoignage requis en me promettant que si j'acceptais, il allait me promouvoir du poste de garde-barrière à un passage à niveau à celui de chef de gare de Gnezdovo, poste que j'avais d'ailleurs occupé sous le gouvernement soviétique, et qu'il allait également subvenir à mes besoins matériels. «L'interprète a insisté sur le fait que mon témoignage en tant qu'ancien fonctionnaire des chemins de fer à la gare de Gnezdovo, la gare la plus proche de la forêt de Katyn, était d'une extrême importance pour le commandement allemand et que je ne regretterais pas de faire ce témoignage.

Je comprenais que je m'étais fourré dans une situation très difficile et qu'un triste sort m'attendait. Toutefois, une fois encore, j'ai refusé de donner un faux témoignage à l'officier allemand. Il a commencé à me crier dessus, m'a menacé de me battre et de me tuer et m'a dit que je ne comprenais pas ce qui était bon pour moi. Pourtant, j'ai tenu bon. L'interprète a ensuite sorti un bref protocole en allemand, une seule page, et m'a donné la traduction libre de son contenu. Le protocole ne mentionnait, comme me l'a dit l'interprète, que le seul fait de l'arrivée des prisonniers de guerre polonais à la gare de Gnezdovo. Quand je lui ai demandé que mon témoignage soit rédigé non seulement en allemand, mais aussi en russe, l’officier a fini par sortir de ses gonds et il m'a tapé dessus avec une matraque en caoutchouc,puis m'a fait sortir des bâtiments.»

Savvateïev fut lui aussi harcelé par les Allemands afin de leur livrer un faux témoignage. Il déclara à la Commission soviétique d'enquête:

«À la Gestapo, j’ai témoigné qu'au printemps 1940, des prisonniers de guerre polonais étaient arrivés à la garde de Gnezdovo dans plusieurs trains et qu'ils étaient ensuite montés dans des camions, mais que je ne savais pas où on les avait emmenés. J'ai également ajouté que j'avais rencontré ces Polonais plusieurs fois par la suite, sur la grand-route Moscou-Minsk, où ils travaillaient en petits groupes aux réparations routières. L'officier m'a dit que je mélangeais les faits, que je ne pouvais pas avoir rencontré les Polonais sur la grand-route, puisqu'ils avaient été exécutés par les bolcheviks, et il a exigé que je témoigne en ce sens.

«J'ai refusé. Après m'avoir menacé et tenté de me soudoyé pendant un bout de temps, l’officier a consulté l'interprète en allemand, après quoi celui-ci a rédigé un court texte et me l'a donné à signer. Il a expliqué que c'était un compte rendu de mon témoignage. J'ai demandé à l'interprète de me laisser lire le papier moi-même, mais il m'a interrompu en m'insultant, me commandant de le signer tout de suite et de sortir. J'ai hésité une minute.

L'interprète a attrapé un gourdin en caoutchouc accroché au mur et a fait mine de me frapper dessus. Après cela, j'ai signé le protocole qu'on m'avait mis sous le nez. L'interprète m'a dit de sortir et de rentrer chez moi et de ne parler à personne, sinon j'allais être fusillé (.).»

D'autres personnes ont également témoigné en ce sens.

Des preuves ont également été fournies sur la façon dont les Allemands ont trafiqué les tombes des victimes dans l'espoir d'éliminer les preuves que le massacre n'avait pas eu lieu en automne 1941 mais au printemps 1940, peu après l'arrivée des Polonais dans la région. Durant l'occupation allemande, Alexandra Mikhaïlovna avait travaillé dans la cuisine d'une unité de la Wehrmacht. En mars 1943, elle avait découvert un prisonnier de guerre russe caché dans sa remise:

«D'une conversation que j'ai eue avec lui, j'ai appris qu'il s'appelait Nikolaï Yegorov et qu'il venait de Leningrad. Depuis la fin 1941, il avait été dans le camp allemand n° 126 pour prisonniers de guerre, dans la ville de Smolensk. Au début mars 1943, il avait quitté le camp avec une colonne de plusieurs centaines de prisonniers de guerre et on les avait envoyés dans la forêt de Katyn. Sur place, les prisonniers, y compris Yegorov, avaient été forcés de creuser des tombes contenant des cadavres vêtus d'uniformes d'officiers polonais, de sortir ces corps des tombes et de vider leurs poches de leurs documents, lettres, photographies et autres articles. «Les ordres des Allemands étaient stricts: rien ne pouvait être laissé dans les poches des cadavres. Deux prisonniers de guerre ont été abattus parce que, après qu'ils eurent fouillé ces corps, un officier allemand avait découvert des papiers sur ces mêmes corps. Objets, documents et lettres tirés des vêtements des cadavres étaient ensuite examinés par les officiers allemands qui, après cela, forçaient les prisonniers de remettre une partie des papiers dans les poches des morts, tandis que le reste était jeté sur un tas d'objets et de documents prélevés sur les cadavres. Et on brûlait le tout.

«En outre, les Allemands avaient forcé les prisonniers à placer dans les poches des officiers polonais certains papiers provenant de serviettes ou de valises - je ne me souviens plus très bien - qu'ils avaient eux-mêmes amenées. Tous les prisonniers de guerre vivaient dans la forêt de Katyn dans des conditions épouvantables et à ciel ouvert et ils étaient très sévèrement gardés. (.) Au début d'avril 1943, tout le travail planifié par les Allemands était apparemment achevé et, au cours des trois jours suivants, aucun des prisonniers de guerre n'a eu à travailler (.).

«Soudain, la nuit, tous sans exception ont été éveillés et conduits quelque part. La garde avait été renforcée. Yegorov a senti que quelque chose ne tournait pas rond et il a commencé à surveiller de très près ce qui se passait. Ils ont marché pendant trois ou quatre heures dans une direction inconnue. Ils se sont arrêtés dans la forêt près d'une fosse, dans une clairière. Yegorov a vu qu'on séparait un groupe de prisonniers de guerre du reste des hommes et qu'on les conduisait près de la fosse, avant de les abattre. Non loin de Yegorov, plusieurs prisonniers de guerre ont attaqué les gardes. D'autres gardes se sont précipités sur les lieux. Yegorov a tiré parti de la confusion pour s'enfuir dans la noirceur de la forêt, tout en entendant des cris et des coups de feu.

«Après avoir entendu cette terrible histoire, qui est gravée dans ma mémoire pour le reste de mes jours, j'ai été très ennuyée pour Yegorov et lui ai dit de venir dans ma chambre, de s'y réchauffer et de se cacher chez moi jusqu'au moment où il aurait repris des forces. Mais il a refusé. (.) Il disait que peu lui importait ce qui allait lui arriver, qu'il allait s'en aller cette même nuit et qu'il avait l'intention de traverser le front pour retrouver l'Armée rouge. Le matin, quand je suis allée voir s'il était parti, il était toujours dans la remise. En fait, la nuit, il avait bien essayé de s'en aller, mais il avait à peine fait une cinquantaine de pas qu'il s'était senti très faible et qu'il avait été forcé de revenir. Cet épuisement était provoqué par sa longue détention dans le camp et par les privations des derniers jours. Nous avons donc décidé qu'il resterait chez moi quelques jours de plus pour reprendre des forces. Après lui avoir donné à manger, je suis allée travailler. Quand je suis revenue, le soir, mes voisines Branova, Mariya Ivanovna, Kabanovskaya, Yekaterina Viktorovna m'ont dit que,l'après-midi, au cours d'une visite de la police allemande, le prisonnier de guerre de l'Armée rouge avait été découvert et qu'on l'avait emmené.»

D'autres confirmations ont été données par un ingénieur mécanicien appelé Soukhatchev, qui avait travaillé sous les Allemands en tant que mécanicien au moulin municipal de Smolensk:

«Je travaillais au moulin dans la seconde moitié de mars 1943. Là, j'ai bavardé avec un chauffeur allemand qui parlait un peu le russe et, puisqu'il transportait de la farine pour les troupes au village de Savenki et qu'il rentrait le lendemain à Smolensk, je lui ai demandé de m'emmener pour que je puisse acheter un peu de graisse au village. Mon idée, c'était que faire le trajet dans un camion allemand allait m'épargner le risque d'être retenu aux postes de contrôle. L'Allemand a été d'accord de me prendre, moyennant paiement.

«Le même jour, à10 heures du soir, nous roulions sur la grand-route Smolensk-Vitebsk, moi, et le chauffeur allemand au volant. La nuit était claire et seul un peu de brouillard sur la route réduisait la visibilité. À environ 22 ou 23 kilomètres de Smolensk, près d'un pont démoli sur la chaussée, il y avait une descente assez raide sur la déviation. Nous avons commencé à quitter la chaussée quand, brusquement, un camion a jailli du brouillard et nous a foncé dessus. Soit parce que nos freins n'étaient pas en ordre, soit parce que le chauffeur était inexpérimenté, nous avons été incapables de faire arrêter le camion et, puisque le passage était très étroit, nous avons heurté l'autre qui venait en face de nous. Le choc n'a pas été très violent, puisque le chauffeur de l'autre camion a fait un écart, à la suite de quoi, les camions se sont touchés avant de glisser l'un contre l'autre.

«Toutefois, la roue droite de l'autre camion a versé dans le fossé et le camion s'est renversé sur la pente. Le nôtre, lui, était resté droit.

Le chauffeur et moi avons tout de suite sauté de la cabine et nous avons couru vers le camion qui s'était renversé. Nous avons été assaillis par une lourde puanteur de chair en putréfaction venant évidemment du camion.

«En m'approchant, j’ai vu que le camion transportait un chargement couvert d'une bâche nouée avec des cordes. Les cordes avaient lâché avec le choc et une partie du chargement s'était renversée sur la route. C'était horrible, ce chargement: des corps humains vêtus d'uniformes militaires. Pour autant que je m'en souvienne, il y avait six ou sept hommes près du camion: un conducteur allemand, deux autres Allemands armés de mitraillettes et, le reste, des prisonniers de guerre russes, puisqu'ils parlaient russe et qu'ils étaient habillés en prisonniers.

«Les Allemands se sont mis à insulter mon chauffeur et ont ensuite fait plusieurs tentatives pour redresser le camion. En deux minutes à peine, deux autres camions sont arrivés sur les lieux de l'accident et ont poussé l'autre. Un groupe d'Allemands et de prisonniers de guerre russes, une dizaine d'hommes en tout, sont descendus de ces camions et sont venus vers nous. (.)

En joignant nos efforts, nous avons commencé à soulever le camion.

Tirant parti d'un moment favorable, j'ai demandé à l'un des prisonniers de guerre russes et à voix basse: 'C'est quoi, ça ?' Il m'a répondu très calmement :

'Cela fait pas mal de nuits déjà qu'on transporte des cadavres vers la forêt de Katyn.'

«Avant qu'on soit arrivé à redresser le camion renversé, un sous-officier allemand est venu vers moi et vers mon chauffeur et nous a dit de nous en aller immédiatement. Comme notre camion n'avait pas de dégâts sérieux, le chauffeur a fait une manœuvre sur le côté et est remonté sur la grand-route, et nous sommes repartis. Quand nous sommes passés devant les deux camions bâchés qui étaient arrivés après l'accident, j'ai senti à nouveau cette puanteur horrible de cadavres en décomposition.»

Diverses autres personnes ont également témoigné avoir vu des camions chargés de cadavres.

Un certain Tchoukhov, un pathologiste qui, en fait, a visité les tombes en avril 1943 à l'invitation des Allemands, a également apporté des preuves: «Les vêtements des cadavres, particulièrement les capotes, les chaussures et les ceintures, étaient en bon état de conservation. Les parties métalliques des vêtements -les boucles de ceintures, les boutons et les clous des semelles de chaussures, etc. - n'étaient pas très rouillés et, dans certains cas, le métal gardait encore son brillant. Les sections visibles de la peau des corps -visages, cous, bras - étaient généralement d'un vert sale et, dans certains cas, d'un brun sale, mais il n'y avait pas désintégration complète des tissus, pas de putréfaction. Dans certains cas, on pouvait encore voir des tendons à vif, de couleur blanchâtre, et certaines parties de muscles.

«Alors que je me trouvais près des fosses, des gens travaillaient et retiraient des corps du fond d'une grande excavation. À cet effet, ils avaient des bêches et d'autres outils et ils attrapaient les corps avec leurs mains et les traînaient d'un endroit à l'autre par les bras, les jambes ou les vêtements. Je n'ai pas vu un seul cas où ces corps soient tombés en pièces ou aient perdu un membre.

«Si on considère ce qui précède, j'en suis arrivé à la conclusion que les corps étaient restés dans la terre, non pas trois ans, comme les Allemands l'affirmaient, mais beaucoup moins longtemps. Sachant que dans les fosses communes, et particulièrement quand il n'y a pas de cercueils, la putréfaction progresse plus rapidement que dans de simples tombes, j'en ai conclu que les exécutions de masse des Polonais avaient eu lieu environ un an et demi plus tôt, et elles auraient pu se produire en automne 1941 ou au printemps 1942. À la suite de ma visite au site dégagé, j'ai été fermement convaincu qu'un crime monstrueux avait été commis par les Allemands.»

Plusieurs autres personnes qui ont visité les tombes à l'époque donnent le même témoignage.

En outre, des pathologistes qui ont examiné les corps en 1943 ont conclu qu'ils ne pouvaient être morts depuis plus de deux ans. De plus, on découvrit sur certains corps des documents qui avaient manifestement échappé aux Allemands lorsqu'ils avaient truqué les preuves. Parmi ces documents, une lettre datée de septembre 1940, une carte postale datée du 12 novembre 1940, un billet de mont-de-piété encaissé le 14 mars 1941 et un autre le 25 mars de la même année. Des reçus datés du 6 avril, du 5 mai et du 15 mai 1941 et une carte postale en polonais, non postée et datée du 20 juin 1941.

Bien que toutes ces dates précèdent le repli soviétique, elles sont postérieures à toutes les exécutions présumées des prisonniers par les autorités soviétiques au printemps 1940, la date que citent comme étant celle du supposé massacre tous ceux que les Allemands ont été en mesure de tromper en leur servant leurs faux témoignages. Si, comme le prétendent les propagandistes bourgeois, ces documents sont des faux, rien n'aurait été plus facile que de falsifier des documents et de les dater postérieurement au départ des Soviétiques, mais ce ne fut pas fait - et ce ne fut pas fait pour la simplissime raison que les documents découverts étaient incontestablement authentiques.

[Traduction Jean-Marie FLEMAL]
Les dossiers du BIP, No 111, p 20

11:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, presse, guerre, television, romain, allemagne, europe, fascisme, euro-dictature, propagande, silence, urss, medias, hitler, gorbatchev, staline, mensonge, nazisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/03/2010

14/03/10: La Chine et les États-Unis :: La fin du rêve américain ?

From: nicolas
Sent: Saturday, March 13, 2010 10:15 PM
To:
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] La Chine et les États-Unis :: La fin du rêve américain ? SOLIDAIRE

 

 

9 mars 2010 16:41 | Il y a : 4  jour(s) |

La Chine et les États-Unis :: La fin du rêve américain ?

« La Chine sort victorieuse de la crise du crédit. » Ce n’est pas Solidaire qui le dit, mais De Tijd. Pour une partie de la classe dirigeante américaine, ce revirement donne lieu à une agressivité croissante.

Baudouin Deckers

Au début de l’année 2009, la plupart des analystes occidentaux concluaient que la Chine pourrait déjà s’estimer heureuse avec une croissance de 6 à 7 % de son produit intérieur brut. La Chine a conclu l’année 2009 avec une croissance de 8,7 %. Et le pays n’a pas dû aider des banques dans le besoin, puisqu’il leur était interdit d’investir dans les produits financiers toxiques de l’Occident. Le pays socialiste a investi massivement dans ses entreprises d’État. Il a augmenté les salaires minimaux, renforcé sa sécurité sociale et assuré une hausse du revenu de ses 700 millions de paysans. La Chine s’est mise à faire du commerce en Asie avec ses propres devises, non plus avec des dollars, monnaie peu sûre.

« La Chine sort victorieuse de la crise du crédit », lit-on dans De Tijd. « D’importants indicateurs économiques, dont la production industrielle, les investissements et la croissance de la quantité d’argent, ont rattrapé les niveaux d’avant la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. La crise contribue à ce qu’en 2010, l’économie chinoise va devenir plus importante que celle du Japon… » En 2027, la Chine prendra la place de première économie de la planète, dit encore De Tijd. « En ce mois de février, la Chine est devenue le premier pays exportateur au monde », annonce également le New York Times.

La Chine se porte donc très bien. Ce n’est pas le cas des États-Unis. De nombreux analystes occidentaux craignent que la crise financière de 2008 ne signifie la fin définitive de la suprématie américaine. Voici quelques mois, le professeur et prix Nobel Joseph Stiglitz écrivait que, plus tard, les historiens feraient remarquer que la période du triomphalisme américain n’avait à peine duré que vingt ans.

Coups d’épingle américains

Souvent, Barak Obama répète « Yes we can ». Mais d’autres fois, dans des articles ou conférences un peu plus sérieux, cela devient souvent « nous devons reconduire l’hégémonie américaine ». Mais la crise a poussé encore plus à l’avant-plan la Chine et d’autres nations émergentes. Les États-Unis se résigneront-ils à cet état des choses ? La question est souvent posée.

Le déficit commercial américain par rapport à la Chine déborde depuis longtemps. Obama veut que Pékin réévalue sa monnaie. Il impose à la Chine des limitations aux importations. Fin février, Washington décidait d’imposer une taxe à l’importation de 11 à 13 % aux tuyauteries en acier originaire de la Chine. Obama fournit pour 9 milliards de dollars d’armes à Taiwan – alors que les relations entre la Chine et cette province sont précisément en train de s’améliorer. Il reçoit le dalaï-lama, qui veut une scission du Tibet de la Chine.

Ce ne sont que les coups d’épingle « classiques » des États-Unis envers la Chine. Mais, aujourd’hui, ils expriment l’impatience croissante d’une partie non négligeable de la classe dirigeante, des hautes instances militaires, des faucons. « Il se pourrait que nous cédions le contrôle du sort de l’Amérique aux mains d’une grande puissance rivale sans même avoir tiré un seul coup de feu », bougonne le Pentagone, s’il faut en croire Arthur Herman, journaliste au New York Post.

En fait, la Chine ne menace aucun pays, pas même les États-Unis. La Chine a besoin d’un environnement pacifique pour pouvoir continuer à aller de l’avant sur le plan économique et assurer à son 1,3 milliard d’habitants développement et prospérité. Le programme d’Obama prévoit 60 000 hommes de plus dans son armée de terre et 27 000 autres dans ses troupes d’élite, les marines. Bien que, sous Bush, les États-Unis aient déjà dépensé presque autant que le reste du monde en défense (48,37 % du budget mondial !), Obama en remet une couche de 6,7 milliards de dollars.

Les États-Unis doivent se montrer prudents car la Chine possède plus d’un cinquième de leur dette extérieure. Chine et Etats-Unis sont des partenaires commerciaux dépendants l'un de l'autre  – ce qui comporte aussi nombre de risques pour la Chine. D’où, les efforts de Pékin pour accroître le commerce avec d’autres partenaires. Personne ne voit aujourd’hui ce que Washington pourrait entreprendre contre l’immense Chine, alors qu’il ne parvient même pas à se dépêtrer du bourbier afghan. Pourtant, les États-Unis installent de plus en plus de bases militaires sur le continent asiatique… La crise mondiale est grave. Les années 30 doivent nous rendre vigilants. Le mouvement pour la paix a encore beaucoup de pain sur la planche !

20:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, usa, presse, television, romain, belgique, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

08/02/2010

08/02/10: ALGERIE: CRIMINALISATION DU COLONIALISME FRANÇAIS:Les députés veulent une loi...

Sent: Monday, February 08, 2010 8:00 AM
To: undisclosed-recipients:
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Des députés algériens ont déposé une proposition de loi visant à criminaliser la colonisation française

 




CRIMINALISATION DU COLONIALISME FRANÇAIS
Les députés veulent une loi
08 Février 2010 - Page : 2
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Élus, juristes et historiens s’accordent à exiger de la France de présenter des excuses officielles à l’Algérie.

Ils étaient nombreux hier, à prendre la parole pour défendre bec et ongles, le projet de loi pour la criminalisation du colonialisme français en Algérie.Réunis autour d’une table ronde organisée par le Forum d’El Moudjahid, députés, juristes et historiens ont uni leurs voix pour insister sur la nécessité d’exiger de la France à présenter des excuses officielles à l’Algérie et à indemniser les nombreuses victimes de cette sombre période de l’histoire du pays.Le premier à prendre la parole, était Chenna Ahmed, secrétaire général de l’Académie de la société civile. Il est revenu sur les raisons qui ont incité à l’élaboration de cet instrument législatif, dont le projet a été présenté à l’Assemblée populaire nationale le 13 janvier dernier. «En tant que société civile, nous voulons construire des relations avec le peuple français basées sur le respect mutuel (...) des relations algéro-françaises inscrites dans la durée et sur des bases solides, satisfaisant avant tout le peuple algérien. Des relations sociales, économiques, diplomatiques et politiques dépourvues des blessures du passé» a-t-il argumenté. «Ces relations ne peuvent évoluer qu’après des excuses de la France» a-t-il ajouté.
Il ne s’est pas arrêté là et a renchéri en déclarant qu’«il n’existe aucune loi en Algérie qui criminalise la guerre (...) la loi va développer avec beaucoup d’attention ces termes de criminalité et de guerre en l’absence d’un autre texte qui donne aux citoyens l’opportunité d’engager des poursuites judiciaires». Des députés algériens ont déposé une proposition de loi visant à criminaliser la colonisation française en Algérie. Cette motion a été signée par un groupe de 120 députés de différents partis siégeant à la Chambre haute du Parlement.
Elle est constituée d’une vingtaine d’articles dont la teneur insiste sur la nécessité d’exiger de la France officielle à présenter ses excuses à l’Algérie et à indemniser les victimes de 132 années de colonisation. M.Moussa Abdi, député FLN a également répondu présent pour faire la promotion de cette loi.
l a expliqué le contenu de ce projet de loi. Il a alors fait savoir que la mouture en question renferme d’importants articles qui définissent d’abord les crimes coloniaux en vertu du droit international.
Le texte stipule également que la France doit reconnaître les crimes qu’elle a commis contre les Algériens au temps de la guerre de libération. Et cela non sans réclamer des indemnisations pour les victimes au cas par cas. Elles devront se faire à travers des réparations morales et financières.
A noter que le secrétaire général de l’instance exécutive du FLN, Abdelaziz Belkhadem fut l’un des premiers à lancer les débats autour de cette question. Il a saisi l’occasion lors d’un conseil national du parti pour réitérer la demande adressée à la France pour reconnaître ses crimes coloniaux en Algérie et à présenter des excuses et à indemniser les victimes.
Il avait en outre, appelé à «l’activation des textes juridiques qui criminalisent l’atteinte à notre histoire et aux symboles et ce à travers la promulgation par le Parlement d’une loi qui incrimine le colonialisme français».

Yasmine ZOUAGHI

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06/02/2010

05/02/10: Le Dalaï Lama et Obama : La rencontre entre deux Prix Nobel du mensonge...

-- Original Message -----

Sent: Friday, February 05, 2010 9:59 PM
Subject: [alerte_otan] Domenico Losurdo - Le Dalaï Lama et Obama : La rencontre entre deux Prix Nobel ...

 

Le Dalaï Lama et Obama : La rencontre entre deux Prix Nobel du mensonge
 
La nouvelle est à présent officielle. Sous peu le Dalaï Lama sera reçu par Obama à la Maison Blanche. La rencontre entre ces deux âmes jumelles était inévitable : à vingt ans d’écart  l’un de l’autre (1989 et 2009), tous les deux ont reçu le Prix Nobel pour  la paix, et tous les deux ont reçu cette distinction ad maiorem Dei gloriam, ou, pour plus d’exactitude,  pour la plus grande gloire de la "nation élue" par Dieu. 1989 était l’année où les Usa obtenaient le triomphe dans la guerre froide et s’apprêtaient à démanteler l’Union soviétique, la Yougoslavie et aussi –comme ils l’espéraient- la Chine. Dans ces conditions, celui qui allait être couronné champion de la paix ne pouvait être que le moine intrigant qui depuis trente ans déjà, encouragé et financé par la Cia, se battait pour détacher de la Chine un quart de son territoire (le Grand Tibet).
 
En 2009, la situation  avait radicalement changé : les dirigeants de Pékin étaient arrivés à éviter la tragédie qu’on voulait infliger à leur pays ;  au lieu d’être renvoyés aux décennies terribles de la Chine, opprimée, humiliée et souvent condamnée en masse à la mort par inanition, à la "Chine crucifiée" dont parle les historiens, un cinquième de la population mondiale avait connu un développement  prodigieux (...) . Dans les conditions qui avaient émergé en 2009, le Prix Nobel pour la paix couronnait celui qui, grâce à son habileté oratoire et sa capacité de se présenter comme un homme nouveau et venant d’en bas, était appelé à redonner quelque lustre  à l’impérialisme étasunien.
 
En réalité, la signification authentique de la présidence Obama est à présent sous les yeux de tous. Il n’est de zone au monde dans laquelle  ne se soient pas accentués le militarisme et la politique de guerre des Usa. Dans le Golfe Persique a été envoyée une flotte, équipée pour neutraliser la riposte possible de l’Iran aux bombardements  sauvages qu’Israël prépare fébrilement grâce aussi aux armes fournies par Washington. En Amérique Latine, après avoir encouragé ou promu le coup d’état au Honduras, Obama installe sept bases militaires en Colombie, relance la présence de la IVème flotte, profite de l’urgence humanitaire en Haïti (dont la gravité est aussi la conséquence de la domination néocoloniale que les Usa y exercent depuis deux siècles) pour occuper massivement le pays : avec un déploiement de forces qui est aussi un lourd avertissement  aux pays latino-américains. En Afrique, sous prétexte de combattre le "terrorisme", les Usa renforcent leur dispositif militaire par tous les moyens : sa tâche réelle est de rendre le plus difficile possible l’approvisionnement  en énergie et matières premières dont la Chine a besoin, de façon à pouvoir l’étrangler au moment opportun.  En Europe même, Obama n’a pas du tout renoncé à l’expansion de l’OTAN à l’Est, et à l’affaiblissement de la Russie ; les concessions sont formelles et ne visent qu’à isoler le plus possible la Chine, le pays qui risque de mettre en question l’hégémonie planétaire de Washington.
 
Oui, c’est en Asie que le caractère agressif de la nouvelle présidence états-unienne émerge dans toute sa clarté. Il ne s’agit pas  seulement du fait que la guerre en Afghanistan a été étendue au Pakistan, avec un recours aux avions sans pilotes (et sa suite de "dommages collatéraux") nettement plus massif qu’à l’époque de l’administration Bush junior. C’est surtout ce qui arrive à Taïwan qui est significatif.  La situation allait s’améliorant nettement : entre la Chine continentale et l’île, les contacts et les échanges ont repris et se développent ; les rapports entre le Parti Communiste Chinois et le Kuomindang ont été rétablis. Avec la nouvelle vente d’armes, Obama veut atteindre un objectif bien précis : si vraiment on ne peut pas démanteler le grand pays asiatique, du moins faut-il en empêcher la réunification pacifique.
 
Et c’est en ce point là qu’annonce son arrivée à Washington une vieille connaissance de la politique du containment et du démantèlement de la Chine. Voici qu’au moment opportun entre de nouveau en scène Sa Sainteté qui, avant même de mettre les pieds aux Usa, bénit à distance le marchand de cannons qui siège à la Maison Blanche. Mais le Dalaï Lama n’est-il pas universellement connu comme le champion de la non-violence ? Je me permets, à propos de cette manipulation raffinée, de renvoyer à un chapitre de mon livre (La non-violence. Une histoire hors du mythe), que l’éditeur Laterza (Bari-Rome, NdT) sortira en librairie le 4 mars prochain . Pour le moment je me borne à anticiper un seul point. Des ouvrages ayant pour auteur ou co-auteur des ex-fonctionnaires de la Cia révèlent une vérité qui ne doit jamais être perdue de vue : la non-violence est un "écran" (screen) inventé  par le département des services secrets étasuniens majoritairement engagé dans la "guerre psychologique".  Grâce à cet "écran", Sa Sainteté était plongé dans une aura sacrée, alors que depuis longtemps, après sa fuite hors de Chine en 1959, il a promu au Tibet une révolte armée, alimentée par les ressources financières massives, par la puissante machine organisatrice et multi médiatique et par l’immense arsenal états-uniens ; révolte qui a cependant échoué à cause du manque d’appui de la part de la population tibétaine.  Il s’agissait d’une révolte armée –écrivent encore les ex-fonctionnaires de la Cia- qui a permis  aux Usa d’accumuler de précieuses expériences pour les guerres en Indochine, c’est-à-dire pour des guerres coloniales –c’est moi qui ajoute, cette fois- qui sont à ranger parmi les plus barbares du XXème siècle.
 
Maintenant, le Dalaï Lama et Obama se rencontrent. C’était dans la logique des choses.  Cette rencontre entre les deux Prix Nobel du mensonge sera plutôt affectueuse comme seule peut l’être une rencontre entre deux personnalités liées entre elles par des affinités électives. Mais elle ne promet rien de bon pour la cause de la paix.
 
Domenico Losurdo
 
Domenico Losurdo enseigne l’histoire de la philosophie à l’Université d’Urbino. Il dirige depuis 1988 la Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken, et est membre fondateur de l’Associazione Marx XXIesimo secolo « Rievoluzione »
( voir : http://www.pdcitv.it/video/2644/Associazione-Marx-XXI--Domenico-Losurdo ).
Parmi ses nombreux ouvrages, sont (entre autres) disponibles en français :
Fuir l’histoire ? La révolution russe et la révolution chinoise aujourd’hui. (Le temps des Cerises-Delga, 2007),
Démocratie ou bonapartisme, triomphe et décadence du suffrage universel. (Le temps des Cerises
Le péché originel du 20ème siècle. (Aden, 2007)
Le révisionisme en histoire. Problèmes et mythes.  (Albin Michel, 2005)
Gramsci. Du libéralisme  au « communisme critique » (Syllepse, 2006)
Nietzsche, philosophe réactionnaire. Pour une biographie politique (Delga, 2008).
Contre-histoire du libéralisme,
Le Langage de l’Empire. Lexique de l’idéologie états-unienne (Laterza editori), sont en cours de traduction.
Staline. Histoire et critique d’une légende noire, paraîtra au printemps 2010 chez Aden.
 
Article original sur le blog de l’auteur :www.domenicolosurdo. it
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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10/01/2010

14/12/09: Il y a 70 ans, la France déclare la guerre à l’Allemagne, mais la fait aux communistes...

 
 
 

Il y a 70 ans, la France déclare la guerre à l’Allemagne, mais la fait aux communistes. Par Jean Lévy

lundi 14 décembre 2009, par Comité Valmy


POURQUOI CE SILENCE ENTOURANT LE DEBUT DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ?

Alors que nous venons de subir la mobilisation totale des médias, communiant dans une même campagne anticommuniste, à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, il est bon de comparer cette campagne avec le quasi silence entourant le 70ème anniversaire de la Seconde Guerre mondiale.

Et pourtant cet évènement a davantage affecté notre propre histoire.

Revenons donc au rappel de la situation politique et militaire au cours de ce qu’on appelait, à l’époque, « la drôle de guerre ».

Faisant fi une fois de plus à ses promesses, l’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre.1939

Le 3, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne.

On aurait pu penser que profitant de l’engagement massif des panzers et de l’aviation nazis à l’Est, les forces occidentales allaient en profiter pour mener l’offensive à l’Ouest, la ligne Siegfried non terminée, n’étant pas en état de constituer un obstacle infranchissable.

Et bien non !

L’armée française reste l’arme au pied, se contentant d’activité de patrouilles, dans le forêt frontière de la Warndt.

Le gouvernement Daladier est trop occupé à traquer les militants communistes et à faire procéder à la déchéance des députés du PCF, fidèles à leur parti, dissous dès septembre.

Seul, « l’ennemi intérieur » est visé par les autorités, pas l’ennemi de l’autre côté du Rhin.

Raison invoquée pour « justifier » cette répression de masse visant, non l’Etat à qui on a déclaré la guerre, mais un parti d’opposition, hostile au conflit : le pacte de non-agression germano-soviétique, signé le 23 août précédent.

Il s’ensuit, dans notre pays, une campagne anticommuniste féroce, d’une envergure jamais atteinte. Tous les partis, de gauche comme de droite, toute la presse, se sont joints au hallali « antirouge ». La presse communiste étant interdite depuis fin août, donc avant la déclaration de guerre, aucune voix ne s’élève publiquement contre ce déferlement de haine.

Mais, pourquoi cette offensive intérieure ?

Disons-le tout net : la signature du pacte de non-agression met en échec la stratégie envisagée par la bourgeoisie française. Celle-ci souhaitait un affrontement militaire entre l’Allemagne et l’URSS, en laissant cette dernière, seule, face à la Wehrmacht, espérant un effondrement de l’Armée Rouge.

Sans la signature du pacte, ce scénario aurait été, sans doute, possible.

L’Allemagne aurait, dès lors, dominé l’Europe pour une très longue période, sans possible éventualité d’un retournement militaire.

Qui peut croire que, face aux 200 divisions nazies, retenues en Union soviétique, un débarquement anglo-saxon eut été possible en Normandie, en juin 44 ?

La défaite française de mai-juin 40, préparée de longue date par les forces du capital, montre clairement que celles-ci avaient, bien avant Montoire, l’objectif d’une France intégrée dans une Europe allemande.

C’est donc la signature du fameux pacte de non-agression, signé par von Ribbentrop et Molotov, le 23 août, qui met bas ce sinistre scénario. L’URSS gagne ainsi deux ans de répit, qui lui permet de contenir devant Moscou les divisions hitlériennes, et d’infliger, ensuite, les défaites que l’on sait à la Wehrmacht, de Stalingrad jusqu’à Berlin.

Notre bourgeoisie a mesuré, dès l’automne 39, l’ampleur de l’échec de sa stratégie. Elle en a fait payer le prix au seul parti qui avait défendu le pacte, le Parti communiste français, celui-ci ayant analysé sa portée et ses conséquences.

On peut même dire que les forces du Capital n’ont pas encore digéré, de nos jours, l’échec subi en août 39. Comment expliquer, sans cela, la persistance actuelle d’une campagne toujours massive contre, ce que les médias à leur service, appellent « la collusion Hitler-Staline » et contre les « communistes qui ont approuvé le Pacte germano-soviétique » ?

Il est vrai que l’objectif d’une Europe intégrée, sous domination économique allemande, est toujours à l’ordre du jour

Jean LEVY

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31/12/2009

28/12/09: Un article très, très intéressant quand même, à plus d'un titre, cet article sur BellaCiao - Fr ...

Très, très intéressant quand même, à plus d'un titre, cet article sur BellaCiao - Fr
RoRo
 
 

From: anonymous
Sent: Monday, December 28, 2009 4:15 PM
Subject: Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin 


Pierre Kulemann
Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin !
Décryptons ensemble les "décrypteurs" !
Avant-propos
Le journal "L'Humanité" a publié un hors-série exceptionnel à l'occasion du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin 1
Marie-George Buffet, secrétaire générale du PCF, Pierre Laurent, coordinateur du PCF et Francis Wurtz, membre éminent du Conseil national du PCF ont contribué à ce hors-série, ce qui (...)
 
Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin 
lundi 28 décembre 2009 (15h48)

Pierre Kulemann

Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin !

Décryptons ensemble les "décrypteurs" !

Avant-propos

Le journal "L’Humanité" a publié un hors-série exceptionnel à l’occasion du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin 1

Marie-George Buffet, secrétaire générale du PCF, Pierre Laurent, coordinateur du PCF et Francis Wurtz, membre éminent du Conseil national du PCF ont contribué à ce hors-série, ce qui permet raisonnablement d’affirmer qu’on a là la position des courants principaux de la direction du PCF sur le sens à donner à la chute du mur de Berlin. Bruno Odent, responsable de la rubrique internationale de "L’humanité" nous dit que""L’Humanité" et "L’Humanité Dimanche" se sont mobilisées pour décrypter la signification profonde de l’évènement"2 .

Je vous invite, si vous en avez le temps et le goût, à vous livrer avec moi à une petite enquête politique pour "décrypter les décrypteurs", et abonder dans leur sens ou encore tenter d’enrichir leur analyse, si cela nous paraît pertinent !

1. Avant-propos 2. Le mur de Berlin et Gorbatchev 3. "La fin de l’histoire" du socialisme réellement existant? 4. Zhao Gao,"De la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval" 5. Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne !

Le mur de Berlin et Gorbatchev

Examinons d’abord la liste des invités à ce "débat" et commençons par Andrei Gratchev, ancien conseiller du président Mikhail Gorbatchev. Il nous dit :"Je suis fier du rôle primordial de déclencheur politique de cette transformation globale de la situation mondiale qu’a joué le projet de démocratisation lancé par la perestroïka"3

Nos lecteurs savent-ils que ce n’est pas l’opinion des Russes, pourtant directement concernés ! Ainsi quand Gorbatchev s’est présenté comme candidat à la présidence de la Fédération de Russie en 1996, les résultats ont été pathétiques comme le rapporte le magazine français "Libération" :"Mikhaïl Gorbatchev est en tournée électorale. A 65 ans, le dernier dirigeant de l’Union soviétique se présente pour la première fois de sa vie au suffrage des Russes. Imperturbable, malgré les sondages qui le créditent d’un score ridicule entre 0,6 et 1% des voix , et les titres de la presse qui ironisent sur «Gorbatchev, le retour»... A Saint-Pétersbourg, à Rostov-sur-le-Don ou même à Stavropol, sa région natale, les insultes pleuvent. A Omsk, en Sibérie, un individu lui flanque son poing sur le visage. Raïssa, sa femme, hostile depuis le début à sa participation à l’élection présidentielle, refuse d’en supporter davantage et ne l’accompagne plus.4

Depuis Gorbatchev se console en vendant des sacs Vuiton ! "Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l’Union Soviétique, est le nouvel ambassadeur de la maison de luxe Louis Vuitton. Il apparaîtra dans les publicités de la griffe dès le début du mois d’août, dans la presse économique internationale. Il est mis en scène dans une limousine, avec un sac posé sur la banquette. Le cliché a été réalisé par la photographe Annie Leibovitz qui a, par ailleurs, réalisé une campagne complète pour Louis Vuitton."5 Quant à Andreï Gratchev lui-même, il bénéficie de la présomption d’innocence dans une affaire de corruption dans le cadre de l’Angolagate 6

C’était en 1996. Est-ce que la régression du "socialisme réellement existant" est mieux vue en 2009 par les Russes et par les peuples du monde, tant qu’à y être? Non, pas vraiment ! En effet il y a dans le hors-série de "L’Humanité" sur la chute du mur un invité très discret qui figure dans un petit cadre vers la fin à la page 61. Il s’agit tout simplement des peuples du monde ! En effet, il s’agit d’un sondage du monde gigantesque ! 29 033 personnes dans 27 pays ont été sondées pour la BBC World Service par l’insitut international de sondage GlobeScan en collaboration avec le Program on International Policy Attitudes (PIPA) de l’Université du Maryland aux USA du 19 juin au 13 octobre 2009. C’est un document d’une extraordinaire richesse que je vous invite à consulter et que je compte bien utiliser ici pour compléter le Hors-série que nous décryptons ensemble 7

Voici donc ce que répondent les peuples, y compris les Russes, à cette "démocratisation" vantée par Gorbatchev, Gratchev et, semble-t-il, par les courants majoritaires de la direction actuelle du PCF : 61 % des Russes et 54 % des Ukrainiens regrettent la fin de l’Union soviétique. Malgré la propagande antisoviétique universelle, 12 pays sur les 27 pays sondés regrettent aussi la fin de l’Union soviétique !

Nous pourrions ajouter que le Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF), le deuxième parti politique en importance de Russie, nous dit : "Soyons réalistes, demandons l’impossible : retour au socialisme et restauration de l’URSS !" et ajoute « Même dans des circonstances de fraudes électorales massives, le Parti Communiste reçoit systématiquement entre 15 et 20% lors des différentes scrutins. Nous savons, toutefois, que notre potentiel de soutien va bien au-delà. » 8 Vous me direz que 15 à 20 %, ce n’est pas la majorité absolue, ni relative puisque c’est le Parti de Poutine qui a la majorité actuellement en Russie.

C’est cependant beaucoup plus que notre PCF qui se rapproche plus électoralement, politiquement et idéologiquement de Gorvatchev et Gratchev que des communistes russes ! C’est bien Andreï Gratchev, comme conseiller de Gorbatchev qui est invité dans le Hors-série, tandis que les Communistes russes, eux, ne sont pas invités.

Chers lecteurs, vous pourriez me demander par quelle sorte de logique je commence ma partie du décryptage par la Russie, alors que le thème du hors-série du PCF est la chute du mur de Berlin que beaucoup célèbrent mais que beaucoup aussi déplorent ! C’est un autre invité du Hors-série, Egon Krenz, qui explique mon choix. Krenz nous dit en effet :"Le 1er novembre 1989, Gorbatchev me dit "Egon, la réunification n’est pas à l’ordre du jour[...], tu dois te méfier de Khol". Au même moment, Gorbatchev envoyait plusieurs émissaires à Bonn. Gorbatchev a joué double jeu. Il nous a poignardé dans le dos" 9 Krenz semble donc avoir été un des nombreux dirigeants et militants communistes, sans parler des peuples des pays socialistes, qui ont cru à la perestroïka (reconstruction) et à la glasnost (transparence). Egon Krenz, longtemps adjoint de Eric Honecker, et dernier président du Conseil d’État de la République démocratique allemande (RDA) a cru à Gorbatchev, qu’il connaissait bien, et a compris trop tard que la Glasnost n’était qu’un masque et il a perdu confiance dans l’avenir du "socialisme réellement existant" :"le système ancien est définitivement mort" affirme-t-il10 .

Hans Moodrow, qui, à la différence de Krenz, voulait rayer le rôle dirigeant du parti communiste (SED) en RDA rejoint Krenz sur la question de la responsabilité de Gorbatchev ;"Lors d’un autre sommet, celui du COMECON qui eut lieu du 9 au 10 janvier 1990 à Sofia [...] le représentant soviétique a annoncé que la forme de coopération entre nos deux pays, fondée sur le rouble convertible était terminée [...] En clair, cela signifiait que la RDA [...] n’avait plus aucune chance de subsister.

Notons que le peuple de l’ex-RDA, de l’Allemagne de l’Est, comme on l’appelle souvent, regrette lui aussi la chute du mur. En 1999, la revue étasunienne "USA today" écrivait : "Quand le mur de Berlin s’est écroulé, les Allemands de l’Est ont imaginé une vie de liberté où les biens de consommation étaient abondants et où les épreuves allaient disparaître. Dix ans plus tard, chose remarquable, 51 % d’entre eux disent qu’ils étaient plus heureux sous le communisme" 11 Ce n’est pas une grosse majorité, mais tout de même c’est "remarquable" comme le dit USA Today. En dehors des pays développés de l’Ouest, c’est différent. Selon le sondage de la BBC déjà cité, 69 % des Egyptiens déplorent la fin de l’Union soviétique. En Inde, au Kénya, en Indonésie, les opinions sont partagées. Le Wall Street journal nous apprend que "Dans les années 1980, des centaines de familles civiles soviétiques vivaient à Kaboul sans protection particulière. Aujourd’hui, tous les Occidentaux vivent emmurés dans des complexes lourdement gardés" 12 Le Wall Street Journal ajoute "Contrairement à toutes les prédictions, après le départ du dernier soldat soviétique en février 1989, le gouvernement (communiste) de M. Najibullah, au lieu de s’écrouler, passa à l’offensive. Il marqua des victoires décisives contre les rebelles et survécut à la chute de l’Union soviétique et ne perdit que quand les vivres et les armes russes ont manqué. Sans la continuation de l’aide étasunienne aux guérillas, ce gouvernement aurait pu durer encore très longtemps affirment de nombreux moudjahidins" 13 Là encore la "déconstruction" de Gorbatchev semble jouer un rôle central ! Il a privé la RDA, le tiers-monde en général, Cuba, le Viet-Nam et l’Afghanistan entres autres, de l’aide soviétique pendant que les USA redoublaient leur terrorisme dans ces mêmes lieux ! Mais ne nous éloignons pas trop du sujet, même si tout est lié, et revenons au mur de Berlin et à ce que certains, de gauche comme de droite, voudraient qu’il symbolise.

"La fin de l’histoire" du socialisme réellement existant?

"Le concept de « fin de l’histoire » avait d’abord été élaboré par Hegel, puis repris de diverses manières par plusieurs philosophes, dont Alexandre Kojève et critiqué par Karl Marx pour qui l’humanité n’était pas encore sortie de sa préhistoire. Pour Fukuyama comme pour Hegel, l’Histoire s’achèvera le jour où un consensus universel sur la démocratie mettra un point final aux conflits idéologiques. Fukuyama publia un premier article sur le sujet (The end of History?) au cours de l’été 1989 dans la revue The National Interest (article repris dans la revue française Commentaire n° 47, automne 1989). Il en développe les thèses dans un livre controversé publié en 1992, La Fin de l’Histoire et le dernier homme, dans lequel il défend l’idée que la progression de l’histoire humaine, envisagée comme un combat entre des idéologies, touche à sa fin avec le consensus sur la démocratie libérale qui tendrait à se former après la fin de la Guerre froide."14

Sommes-nous, avec cet Hors-série, avec les courants principaux de la direction du PCF et avec les autres "Gorbatchéviens" dans le monde en face d’une variante de la théorie de la "Fin de l’histoire" au moins pour "le socialisme réellement existant"? Quant au communisme, il demeurerait seulement comme "l’avenir d’une espérance" comme le dit le sous-titre du livre de Patrice Cohen-Séat, dirigeant du PCF, ou "une utopie"15 comme le dit François Hollande, dirigeant socialiste français, donc irréalisable. On ne pourrait que s’en approcher, tout en restant dans le monde de la démocratie des pays capitalistes développés. Faisons d’abord une liste d’affirmations "gratuites" (Je dois dire que je suis abasourdi quand je vois des personnes intelligentes, des historiens chevronnés, des journalistes de valeur, affirmer avec "autorité" des prédictions qui relèvent plutôt de la boule de cristal des voyants escrocs) :

1) Bruno Odent, responsable de la rubrique internationale du journal "L’Humanité" :"Il y a vingt ans la chute du mur de Berlin allait entraîner avec elle la disparition d’un monde qui se réclamait du socialisme "réellement existant" [...] Jusqu’à l’inéluctable écroulement"16

2)Francis Wurtz, membre éminent de la direction du PCF, du Parti de la Gauche Européenne (PGE) : "Avec la chute du mur, un système s’est définitivement effondré..."17 "S’agissant de la sympathie vis-à-vis de l’Union soviétique, je pense qu’il faut relativiser celle qui existait entre les communistes français et l’URSS.(...) L’URSS n’était pas la boussole."18 On croit rêver ! "Si on fait référence à ce qui s’autoproclamait communisme dans les pays de l’Est, alors non. Cette acception est morte"19

3) Susan George : "Je n’ai jamais eu de sympathie particulière pour l’Union soviétique"20 "...certains parlent de révolution. Je ne sais pas ce que ça veut dire aujourd’hui. Je ne connais ni le nom ni l’adresse du Tsar"21 (Ce à quoi Francis Wurtz répond :"Ce que vous dites sur le Palais d’hiver fait partie d’une mythologie enterrée au PCF"22 Francis Wurtz confond peut-être le PCF avec les courants actuellement dominants de sa direction !

4) Hans Modrow, dirigeant du SED critiqué par Honecker qui jugeait qu’il nuisait au Parti, premier ministre à la veille de la chûte du mur, a aboli le rôle dirigeant du Parti que Krenz voulait maintenir. Il rejoint cependant Krenz en ce qui concerne la responsabilité de Gorbatchev en disant que, quand au sommet du COMECON de janvier 1990, l’Union soviétique a mis fin au rouble convertible "En clair, cela signifiait que la RDA qui était le plus gros partenaire commercial de l’Union soviétique [...] n’avait plus aucune chance de subsister"23

5) Gregor Gysi, dirigeant du SED en novembre 1989 et co-président du groupe parlementaire de l’actuel Die Linke en Allemagne, est plus nuancé. Il concède que le peuple était attaché à la RDA, qu’il a cru, avec la chute du mur "qu’ils allaient maintenant bénéficier de leurs droits politiques, tout en conservant leurs droits sociaux", mais, comme tous les intervenants du Hors-série"que le moment n’est pas venu pour un dépassement"24 du capitalisme.

6) Dans le débat des historiens dans le Hors-série, Pierre Grosser, professeur d’histoire à Science-Po à Paris voit dans la chute du mur la suite de la chute de dictateurs comme Ferdinand Marcos aux Philippines ! Personne dans la table ronde ne lui réplique sur ce point ! Grosser y voit le "symbole de la chute du communisme"25 . Pourtant, Pierre Grosser dit que "Les sociétés de l’Est ne rêvaient pas de dérégulation ni de capitalisme à l’américaine, mais plutôt de bénéficier des deux systèmes"26.Il se contredit un peu ! C’est en effet ce que Gorbatchev a réussi à faire croire et ce que les courants dominants de la direction actuelle du PCF voudraient aussi nous faire croire. On voudrait nous faire croire qu’on peut, sans révolution, bénéficier du niveau de vie et des libertés politique des classes aisées des pays capitalistes avancés et en même temps des protections sociales des pays du "socialisme réellement existant".C’est un leurre qui a couté bien cher à ceux qui y ont cru ;Le sondage de la BBC confirme que c’est bien ce que les gens ont cru avant de réaliser que c’était impossible, trop tard pour faire rapidement marche arrière !

7) Marie-Pierre Rey, professeur d’histoire soviétique à la Sorbonne se souvient du discours de Gobatchev de décembre 1988 à l’ONU où il déclare que l’URSS n’interviendra plus par la force dans les démocraties populaires. "C’est une renonciation claire à la doctrine Brejnev, une façon de commencer à rendre ces démocraties à leur destin" 27

Zhao Gao,"De la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval"

Connaissez-vous l’histoire de l’eunuque Zhao Gao, conseiller de l’empereur. Il montrait à l’empereur un daim et faisait répéter par ses nombreux complices à la cour à l’empereur qu’il s’agissait d’un cheval. Finalement, l’empereur se demanda s’il ne devenait pas fou, et crut que c’est à tort qu’il voyait un daim. Eh bien, notre hors-série est presque un nouveau Zhao Gao !

Avec des différences que nous avons décortiquées, il est vrai, tous les intervenants, sauf un, affirment que "le 9 novembre 1989, c’est l’effondrement du mur de Berlin. C’est l’échec définitif d’une expérience d’alternative au capitalisme, qui aura finalement tourné le dos à l’espoir soulevé au début du XXe siècle".

Nous avons déjà vu, grâce au sondage d’opinion réalisé pour la BBC, que telle n’est pas l’opinion des peuples du monde. Et puis, non, le daim n’est pas un cheval ! Seul intervenant à le constater, même si c’est avec regret, Serge Wolikow nous dit un peu pompeusement : "Je note que des pays se réclament toujours du communisme d’État" et que cela ne contribue pas à crédibiliser la démarche émancipatrice de l’idée communiste. [Grosser tente de se rattrapper en ajoutant] "Le modèle qui disparaît après novembre 1989 ne saurait constituer une référence pour cette notion de culture politique communiste"28 Eh oui, le "socialisme réellement existant" se réforme constamment et existe bel et bien, entre autres, à Cuba, au Viet-Nam, en Chine. Des partis communistes qui ont toujours confiance dans un "socialisme réellement existant" font partie d’un gouvernement de coalition, entre autres, en Afrique du Sud, dans divers Etats de l’Inde, à Chypre, en Moldavie. Enfin, des partis qui ont toujours confiance dans un "socialisme réellement existant" sont solidement installés en Grèce, au Portugal, en Russie même. Quel dommage que ces partis communistes n’aient pas été invités à participer au Hors-série, cela aurait mis un peu d’animation, de pluralisme. On aurait tout de suite vu que le daim n’est pas un cheval ! D’autant plus que les invités au hors-série, dans la droite ligne de Gorbatchev de l’eurocommunisme, du communisme critique, de l’alter-communisme, enfin tous ceux, sous un nom ou un autre, qui jugent qu’une révolution n’est pas à l’ordre du jour et qu’il faut seulement rêver de liberté et d’égalité (on se demande pourquoi la fraternité n’est pas mentionnée) ont du mal à grandir ou même dans certains cas à survivre, comme en France, en Espagne, en Italie.

Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne !

Laissons le mot de la fin à Marie-George Buffet, l’actuelle secrétaire générale du PCF : "La division du monde en deux blocs, dont le mur était l’expression, a placé les deux camps dans l’incapacité de répondre aux grands défis du siècle. Ces défis de développement équitables appellent non une logique de domination, mais celle des coopérations : l’humanité vit une seule aventure !" 29 Les deux blocs n’existent plus, mais la lutte entre le camp du capitalisme et celui du communisme est plus rude que jamais. Le nier a un nom : la collaboration de classe ! Pour que l’échiquier politique en France cesse de glisser vers la droite, il me semble nécessaire que le Parti communiste français redevienne révolutionnaire et reprenne sa place dans le camp communiste. Cela pourrait contribuer à rendre le Parti socialiste français socialiste. Soit les dirigeants actuels prennent conscience que le daim n’est pas un cheval, ou s’ils se cramponnent dans leur gorbatchevisme, il faudrait une nouvelle équipe dirigeante ! Il n’y a pas de raison que le rejet des nombreuse dérives autoritaires, dictatoriales et parfois criminelles qui ont eu lieu dans les pays communistes nous amènent à défendre une "démocratie" capitaliste qui a "esclavagé", puis colonisé des continents entiers et qui fait encore aujourd’hui mourir de faim un enfant toutes les cinq secondes. C’est comme si les crimes de la Révolution française (car la Révolution française a eu aussi ses dérives) devaient nous ramener à Louis XVI !

Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne !

notes

1 1989, Un mur tombe. 2009, la Crise. Et maintenant, que Faire?,Hors-série, Paris, novembre-décembre 2009

2 Idem, p.3

3 Idem, p. 72

4http://www.liberation.fr/portrait/0...

5 http://www.plurielles.fr/mode/mikha...

6 http://suitedesnouvelles.com/politi...

7 http://www.globescan.com/news_archi...

8 http://solidarite-internationale-pc...

9 Hors-série, opus cité, p. 47

10 Idem, p. 47

11 USA Today, 11 octobre 1999, p.1 (Le pourcentage a augmenté depuis avecla crise des subprime.

12 The Wall Street Journal ; 30 novembre 2009, P. 21

13 Idem, P. 21

14 http://fr.wikipedia.org/w/index.php...

15 Hors-série, p. 59

16 Hors-série, opus cité, p. 3

17 Idem, P. 20

18 Idem, p.21

19 Idem ; p. 22

20 Idem, p.22

21 Idem, p. 22

22 Idem, p. 22

23 Idem, p. 28

24 Idem, p. 32

25 Idem, p. 48

26 Idem, p.51

27 Idem. p. 50

28 Idem, p.51

29 Idem, p.59



De : Pierre K
lundi 28 décembre 2009

15:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, courcelles, presse, television, capitalisme, berlin, silence, urss, medias, information, pc, gorbatchev, 28 12 09 romain, pcf | |  Facebook | |  Imprimer | | |

28/12/2009

26/12/09: LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE...

 

Réflexions du compañero Fidel 
 
 
LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE

 

Les changements climatiques causent d’ores et déjà des dommages considérables, et des centaines de millions de pauvres en souffrent les conséquences.

Les centres de recherche les plus avancés assurent qu’il reste très peu de temps pour échapper à une catastrophe irréversible. Selon James Hansen, de l’Institut Goddard, de la NASA, un niveau de trois cent cinquante parties de dioxyde de carbone par million est encore tolérable ; or, il dépasse actuellement trois cent quatre-vingt-dix et il augmente tous les ans à raison de deux parties par million, soit plus que les niveaux d’il y a six cent mille ans. Les deux dernières décennies ont été les plus chaudes depuis qu’il existe des mesures. Ce gaz a augmenté de quatre-vingts parties par million ces cent cinquante dernières années.

Les glaces de la mer Arctique, l’énorme couche de deux kilomètres d’épaisseur qui couvre le Groenland, les glaciers d’Amérique du Sud qui alimentent les principales sources d’eau douce de cette région, le volume colossal qui couvre l’Antarctique, la couche qui reste encore sur le Kilimandjaro, les neiges qui couvrent l’Himalaya et l’énorme masse gelée de la Sibérie fondent à vue d’œil. Des scientifiques prestigieux redoutent des sauts quantitatifs dans les phénomènes naturels qui provoquent les changements.

L’humanité avait placé de grands espoirs dans le Sommet de Copenhague, qui devait prolonger le Protocole de Kyoto souscrit en 1996 mais entré en vigueur seulement en 2005. L’échec éclatant de ce Sommet a engendré des épisodes honteux qu’il faut dûment éclaircir.

Les États-Unis, qui comptent moins de 5 p. 100 de la population mondiale, émettent le quart du dioxyde de carbone. Leur nouveau président avait promis de coopérer aux efforts internationaux pour faire face à un problème qui touche son pays autant que le reste du monde. Les réunions préalables au Sommet ont mis en lumière que les dirigeants de cette nation et ceux des pays les plus riches manœuvraient pour faire retomber le poids des sacrifices sur les pays émergents et les pays pauvres.

Beaucoup de dirigeants et des milliers d22222e représentants des mouvements sociaux et des institutions scientifiques, décidés à se battre pour préserver l’humanité du pire risque qu’elle a encouru dans son Histoire, se sont rendus à Copenhague à l’invitation des organisateurs du Sommet. Je m’abstiens d’entrer dans le détail de la brutalité dont ont fait preuve les forces de l’ordre danoises contre les milliers de manifestants et d’invités des mouvements sociaux et scientifiques pour me concentrer sur les aspects politiques du Sommet.

Un véritable chaos a régné à Copenhague et des choses incroyables s’y sont passées. Les mouvements sociaux et les institutions scientifiques n’ont pas eu le droit d’assister aux débats. Des chefs d’État ou de gouvernement n’ont même pas eu la possibilité de donner leur opinion sur des problèmes vitaux. Obama et les dirigeants des pays les plus riches ont séquestré la conférence avec la complicité du gouvernement danois, et les institutions des Nations Unis ont été mises sur la touche.

Barack Obama, qui est arrivé le dernier jour du Sommet et n’y est resté que douze heures, s’est réuni avec deux groupes d’invités triés sur le volet par lui-même et ses collaborateurs. Et c’est accompagné de l’un de ces groupes qu’il a eu une réunion dans la salle plénière avec le reste des délégations de plus haut niveau. Aussitôt  après avoir pris la parole, il s’est retiré par une porte dérobée. À cette réunion plénière, hormis le petit groupe choisi par lui, les autres représentants des États n’ont pas eu le droit de prendre la parole. Si les présidents bolivien et vénézuélien ont pu le faire, c’est seulement parce qu’ils l’ont réclamé avec énergie, soutenus par les autres, et que le président du Sommet n’a pas eu d’autre solution que de la leur céder.

Dans une salle contiguë, Obama a réuni les dirigeants des pays les plus riches, de plusieurs nations émergentes les plus importantes et de deux pays très pauvres. Il y a présenté un document négocié avec deux ou trois des principaux pays, il a ignoré l’Assemblée générale des Nations Unies, il a donné des conférences de presse et il est reparti, tel Jules César qui s’exclama au terme d’une ses campagnes victorieuses en Asie mineure : Vini, vidi, vici !

Le Premier ministre en personne du Royaume-Uni, Gordon Brown, avait affirmé le 19 octobre : « Si nous n’aboutissons pas à un accord dans les prochains mois, il ne fait pas le moindre doute qu’une fois que l’élévation débridée des émissions aura provoqué des dommages, aucun accord mondial rétrospectif à quelque moment du futur ne pourra en éliminer les effets. À cette date, il sera alors irrémédiablement trop tard. »

Et il avait conclu son discours sur cette péroraison dramatique : « Nous ne pouvons nous donner le luxe de l’échec. Si nous échouons maintenant, le prix à payer sera très lourd.  Si nous agissons maintenant, si nous agissons de concert, si nous agissons en faisant preuve de hauteur de vue et de détermination, nous pouvons encore remporter la victoire à Copenhague. Mais, si nous échouons, la planète Terre sera en danger, et il n’existe pas de plan de rechange. »

Il affirme pourtant à présent avec arrogance que l’Organisation des Nations Unies a été prise en otage par un petit groupe de pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et Tuvalu,  et il accuse la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres nations émergentes d’avoir cédé aux séductions des États-Unis pour souscrire un accord qui expédie aux oubliettes le Protocole de Kyoto et ne contient aucun engagement contraignant pour les États-Unis et leurs riches alliés.

Je me vois obligé de rappeler que l’Organisation des Nations Unies a vu le jour voilà à peine soixante ans, après la Deuxième Guerre mondiale, alors que les pays indépendants ne dépassaient pas la cinquantaine. Elle compte aujourd’hui plus de cent quatre-vingt-dix États indépendants, après que la lutte décidée des peuples a eu liquidé l’odieux système colonial.

La République populaire de Chine s’est même vu refuser pendant des années le droit d’entrée à l’ONU, un gouvernement fantoche y usurpant sa représentation à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. C’est grâce au soutien tenace d’un nombre croissant de pays du Tiers-monde que la Chine bénéficia peu à peu de la reconnaissance de la communauté internationale, ce qui fut un facteur très important pour que les USA et leurs alliés de l’OTAN reconnaissent ses droits à l’ONU.

C’est l’Union soviétique qui contribua le plus par sa lutte héroïque à la défaite du fascisme, au prix de plus de vingt-cinq millions de morts et d’énormes destructions dans tout le pays. C’est au terme de cette lutte qu’elle émergea comme une superpuissance capable de contrebalancer en partie la domination absolue qu’exerçait le système impérial des USA et des anciennes nations coloniales, et sa mise à sac impitoyable des peuples du Tiers-monde. La désintégration de l’URSS a permis aux USA d’étendre leur pouvoir politique et militaire en direction de l’Est, vers le cœur de la Russie, et de renforcer leur influence sur le reste de l’Europe. Ce qui s’est passé à Copenhague n’a donc rien d’étonnant.

Je tiens à souligner les déclarations injustes et outrageantes du Premier ministre britannique et la tentative des États-Unis d’imposer comme accord du Sommet un document dont les pays participants n’ont discuté à aucun moment.

Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, a affirmé dans la conférence de presse qu’il a donnée le 21 décembre des vérités absolument indéniables. J’en cite quelques paragraphes:

« À Copenhague, je tiens à le souligner, la Conférence des Parties n’a adopté aucun accord, aucune décision concernant des engagements, qu’ils soient contraignants ou pas, ni absolument aucune décision relevant du droit international : à Copenhague, il n’y a pas eu d’accord, tout simplement !

« Le Sommet a été un échec, et l’on veut pourtant berner l’opinion publique mondiale. […] la carence de volonté politique a sauté aux yeux…

« …il a constitué un recul dans l’action de la communauté internationale pour prévenir ou alléger les retombées des changements climatiques…

« …la température mondiale pourrait s’élever de 5º en moyenne… »

Puis notre ministre a apporté d’autres données intéressantes sur les conséquences possibles de cet échec, selon les dernières recherches scientifiques :

« …de la date du Protocole de Kyoto à ce jour, les pays développés ont élevé leurs émissions de 12,8 p. 100… 55 p. 100 de ce volume correspondant aux USA

« Un Étasunien consomme en moyenne 25 barils de pétrole par an, un Européen 11, un Chinois moins de 2, un Latino-Américain ou un Caribéen, moins de 1.

« Trente pays, dont ceux de l’Union européenne, consomment 80 p. 100 des combustibles produits. »

Le fait est que les pays développés signataires du Protocole de Kyoto ont élevé radicalement leurs émissions. Ils veulent toutefois substituer maintenant à la base adoptée pour calculer ces émissions, autrement dit 1990, une nouvelle base, 2005, de sorte que les engagements envisagés par les USA, les plus gros pollueurs, ne représenteraient qu’une réduction de 3 p. 100 par rapport à vingt-cinq ans avant ! C’est là se moquer d’une manière éhontée de l’opinion mondiale…

Le ministre cubain, parlant au nom des pays de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), et défendant la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres États importants à économie émergeante, a ratifié le concept dégagé à Kyoto de

« responsabilités partagées, mais différenciées, ce qui veut dire que les pays à accumulation historique et les pays développés, responsables de cette catastrophe, ont des responsabilités différentes de celles des petits États insulaires ou des pays du Sud, surtout des pays les moins avancés… »

« Responsabilités veut dire financement ; responsabilités veut dire transfert de technologies dans des conditions acceptables. Mais Obama joue sur les mots, et au lieu de parler de "responsabilités" partagées mais différenciées, il parle de "réponses" partagées, mais différenciées…

« …il abandonne la salle plénière sans même daigner écouter qui que ce soit, de même qu’il n’avait écouté personne avant son intervention. »

Obama avait affirmé lors d’une conférence de presse ayant précédé son départ de la capitale danoise : « Nous avons généré ici à Copenhague un accord substantiel sans précédent : pour la première fois dans l’Histoire, les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités. »

Dans son exposé clair et irréfutable, notre ministre s’est exclamé :

« Que signifie : "…les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités" ? Ça veut dire qu’il fait retomber une part importante du fardeau que représente le financement des mesures d’atténuation et d’adaptation que doivent adopter les pays, surtout ceux du Sud, face aux changements climatiques, sur la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. Car, il faut bien le dire, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et tous les pays appelés par euphémisme en développement ont été victimes d’un braquage, d’un hold-up !

Voilà dans quels termes frappants et irréfutables notre ministre a raconté ce qu’il s’est passé à Copenhague.

Je dois ajouter que le 19 décembre, à dix heures du matin, alors que notre vice-président Esteban Lazo et notre ministre des Relations extérieures étaient déjà repartis, on a assisté à une tentative tardive de ressusciter le document mort-né de Copenhague en tant que document du Sommet. Il ne restait plus alors pratiquement aucun chef d’État et seuls quelques ministres. De nouveau, la dénonciation des membres restants des délégations de Cuba, du Venezuela, de Bolivie, du Nicaragua et d’autres pays a fait capoter la manœuvre. Voilà comme s’est conclu le Sommet : sans gloire !

On ne saurait non plus oublier qu’aux heures les plus critiques de cette journée-là, tard dans la nuit, le ministre cubain des Relations extérieures, et les délégations qui livraient cette digne bataille, ont offert leur coopération au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans la lutte toujours plus dure qui se déroulait et dans les efforts à consentir à l’avenir pour préserver notre espèce.

L’organisation écologique World Wide Fund (WWF) a averti que les changements climatiques échapperaient à tout contrôle dans les cinq à dix prochaines années si les émissions n’étaient pas réduites radicalement.

Mais Obama lui-même m’épargne la peine de démontrer ce que j’ai dit sur ses agissements.

Il a déclaré le 23 décembre, dans une interview à la chaîne de télévision CBS, que les gens avaient raison d’être déçus des résultats du Sommet sur les changements climatiques : « …au lieu d’un échec total, d’une inaction totale, ce qui aurait été un énorme recul, nous avons pu du moins nous maintenir en gros là où nous étions… »

Selon l’agence de presse, Obama est le plus critiqué par les pays qui sentent presque à l’unanimité que le Sommet s’est achevé sur un désastre.

L’ONU est maintenant dans une impasse. Demander à de nombreux autres États d’adhérer à un accord arrogant et antidémocratique serait humiliant.

Poursuivre la bataille et exiger à toutes les conférences, surtout celles de Bonn et de Mexico, le droit de l’humanité à l’existence, en nous fondant sur la morale et la force que nous donne la vérité, telle est à mon avis la seule voie.

Fidel Castro Ruz

Le 26 décembre 2009

18:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, cuba, usa, presse, television, romain, euro-dictature, capitalisme, silence, castro, medias, information, copenhague | |  Facebook | |  Imprimer | | |

19/12/2009

16/12/09: Copenhague ou le marché des dupes...

Sent: Wednesday, December 16, 2009 10:18 PM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] CRISE ECONOMIQUE ET CRISE ECOLOGIQUE

Copenhague ou le marché des dupes

Un poème de William Wordsworth écrit en 1802 et publié en 1807 semble aujourd’hui d’une irrécusable actualité, et conviendrait à la fois comme exergue au sommet mondial sur la dégradation des conditions climatiques qui doit se tenir à Copenhague le 6 décembre 2009 et source de méditation pour les participants.

Si, depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, nous devons accorder crédit aux contenus argumentés et chiffrés d’articles de quotidiens et d’hebdomadaires ou aux essais plus substantiels publiés dans des revues spécialisées, la planète frôle aujourd’hui une catastrophe climatologique, géographique et agricole irréversible où se mêlera, selon les régions du globe, d’un côté la submersion par les océans des zones basses, côtes et deltas, et de l’autre, la disparition des vastes zones humides continentales (mer d’Aral, lac Tchad) avec pour conséquence immédiate une désertification massive, l’assèchement des plus grands fleuves par exemple en Chine et dans la Péninsule indochinoise, où, en raison de la disparition prévue des glaciers de l’Himalaya, le Yang-Tsé-Kiang et le Mékong risquent de voir leur niveau d’eau baisser vers un étiage sans précédent pour la survie des populations. À cela il faut bien
évidemment souligner les désastres des urbanisations sans limite : que ce soit d’un côté Dubai et le délire de l’hybris financière, ou de l’autre Calcutta, Le Caire ou Lagos comme enfer d’une insigne misère. Mais, comme le disait Marx, « pour qu’il y ait des riches il faut des pauvres », dès lors, logiquement, pour qu’il y ait de très riches, il faut beaucoup de très pauvres.

En ce sens « The world is too much with us », relève, après s’être énoncé naguère comme la sombre prophétie d’un poète romantique effrayé par les débuts systématiques du machinisme et du déploiement industriel, d’une réalité évidente à tous ceux qui jettent un regard sans fard sur notre monde et son quotidien. Le sombre et très conservateur romantique Wordsworth me remet en mémoire un autre romantique, socialement libéral (au sens que ce terme impliquait au début du XIXe siècle en Angleterre, aujourd’hui on dirait social-démocrate), beaucoup plus flamboyant certes, mais surtout beaucoup plus optimiste, Shelley, qui écrivait dans The Ode of the West Wind (L'Ode au Vent d'Ouest), « The trumpet of a prophecy ! O Wind, /If Winter comes, can Spring be far behind ? » (Les trompettes d’une prophétie ! Ô vent, / Alors, quand l’hiver vient, le printemps est là, qui attend derrière lui, en embuscade). Mais présentement,
l’ultime vers de ce somptueux poème devrait se réécrire : If Spring comes can Winter be far behind and for ever (Si le printemps vient l’hiver attend, derrière lui en embuscade et pour toujours). Cet hiver sera un désert qui croit sans cesse, un hiver désertique réel, et aussi un hiver comme métaphore d’un désert de l’âme ou de l’esprit des peuples et des élites qu’unit un même égarement, une même inconscience, une même insouciance aveuglée de la frénésie du manque sous sa double modalité spectaculaire : la voracité consumériste et l’avidité insatiable du profit. Interview ici, déclarations solennelles là, intensification des voyages officiels préparatoires, le président Sarkozy tente de convaincre les plus puissants parmi les pays émergents (Brésil, Inde, par exemple) qu’il convient impérativement de trouver le consensus d’un moratoire pour abaisser le taux de gaz à effet de serre… De plus, États-Unis
et Chine avancent pour la première fois des données chiffrées des réductions auxquelles ils pourraient consentir. Bonnes intentions et vœux pieux, effets d’annonce multiples se disputent l’approbation populaire dans un halo d’incertitudes. D’un côté des scientifiques sérieux aidés de journalistes appelés par le sensationnel qui fait vendre du papier, nous annoncent la pire des catastrophes planétaires, de l’autre, d’autres scientifiques, moins nombreux certes, mais non moins puissants nous mettent en garde contre ce qu’ils nomment les « affabulations des demi-savants et des charlatans ».

Aussi l’homme simple se demande-t-il qui doit-je croire ? Les uns qui vivent ici ou là, à quelques dizaines de mètres au-dessus du niveau de la mer, ou plus haut, ou plus éloignés des littoraux, perçoivent-ils cette menace que les peuples des littoraux saisissent journellement ? Les autres qui vivent dans les pays européens tempérés, saisissent fort mal l’inexorable avancée du désert de sable et ne peuvent témoigner d’une expérience existentielle de l’assèchement du lit des fleuves qui est si familière à d’autres vivants au cœur des climats continentaux.

Certes, le glacier du Mont-blanc recule, ceux de l’Everest aussi, et pis, celui du Groenland qui couvrait naguère un quasi continent, se rétrécit comme peau de chagrin. On peut noter encore les tempêtes régulières sur l’Europe occidentale qui ressemblent de plus en plus à des tornades tropicales et le fait aujourd’hui avéré que l’augmentation constante du niveau des Océans provoquera en France dans une cinquantaine d’années la disparition de la Camargue, de la zone côtière du célèbre Marais poitevin, ainsi qu’une moitié de l’île de Ré. Pourtant, une fois passé le souffle des tempêtes, les destructions de biens parfois fort graves et l’étonnement qu’elles suscitent, tout revient à la normale, pas même les sécheresses estivales et l’effondrement des nappes phréatiques n’alarment le bon peuple. Le citoyen roumain quant à lui, hystérisé par des campagnes électorales et une vie politique où l’essentiel
n’est jamais abordé, a-t-il entendu dire une fois que le delta du Danube est menacé purement et simplement de disparition, comme la Camargue ou celui du Gange au Bengale ? Sait-il le peuple roumain que la sécheresse menace simultanément le sud du pays d’une véritable désertification ? Si le peuple est inconscient c’est en partie de sa faute, mais c’est aussi parce que les élites, ces belles âmes démocratiques de la parade du spectacle anticommuniste, ces chantres du libéralisme, voire bien plus rarement ces prétendus critiques d’une pseudo-gauche tout aussi crapuleuse que la pseudo-droite ne s’occupent que de rafistolages idéologiques : la liberté, laquelle ? Celle des prédateurs impunis, voleurs de la richesse collective ! Ou celle d’un soi-disant artiste créateur dont on s’aperçoit bien vite qu’il n’est plus commandé que par le seul goût du lucre ! Et, last but not least, le chevalier de l’anticommunisme sans
plus de communisme , un combat sans risque, sauf à recevoir les prébendes de ses maîtres publics et privés qui l’emploient ! Tout un fatras de bla-bla entretenus par de grotesques demi-savants…

Regardons ce qui se passe et nommons un chat un chat. Dubai, la vitrine de la finance déliée de toute base industrielle vient d’entrer dans l’état d’une faillite retentissante. En une génération, des anciens bédouins sont passés du dos des dromadaires, des tentes plantées dans le désert, d’un ascétisme certain au gratte-ciel de 800 mètres de haut et aux îles artificielles comme centre d’un tourisme hyperluxueux ; en moins de trente ans, ils sont devenus des dirigeants mégalomanes, l’esprit perdu sous l’effet de l’hybris d’un capitalisme fondé sur le crédit illimité (garanti par la rente pétrolière des Émirats) et la spéculation foncière effrénée, pris dans un tournis identique à celui qui alimenta les surprimes étasuniennes sans que personne ne protestât parmi les ONG écologiques ni les gouvernements prétendument soucieux de l’avenir de la planète. Et, en dépit de leur affirmation, mettre en œuvre un
capitalisme « islamique » tempéré par les préceptes économiques de la Charia, on constate qu’il s’agit là, une fois encore, d’une énième imposture du grand, très grand business et ce quelle que soit la religion de ceux qui en sont les acteurs dominants. Classés comme les pays provoquant le pire impact écologique dans la mer (plus que les États-Unis ou la Chine !), ils consomment de l’eau dessalée en masse (environ 2000 litres par jour et par habitant !) et deux millions de litres par semaine pour chacun de sept golfs qui entourent la ville-État plantée dans le désert du Rub al-Khali qui court jusqu’en bordure du Golfe persique!

Avec nombre de non-dits, l’affaire semble mal partie… Aussi Copenhague risque-t-il de ne présenter qu’un spectacle clinquant pour amuser les peuples, mais dans les faits, il se révélera un sinistre flop. En effet, si l’on s’en tient aux gaz à effet de serre, aux ravages chimiques et agronomiques des terres agricoles (intensification de l’usage des engrais chimiques, de la déforestation, de la monoculture), aux abus sans limite du pompage de l’eau dans les nappes phréatiques et son usage irréfléchi, à la sécheresse des terres continentales que cela entraîne et qui augmente, ce ne sont pas des modifications techniques des techniques de production appelées « développement durable » qui seront à même de nous protéger d’une catastrophe planétaire qui est déjà là, devant nous, à nos portes.

La crise écologique du début du vingt et unième siècle révèle quelque chose de bien plus abyssal que la crise économique, bien que cette dernière, pur produit du capitalisme du crédit globalisé, en soit l’un des symptômes parmi d’autres. Cette crise écologique qui devient au fil des ans un authentique désastre global dans le cadre de l’économie de marché planétarisée, révèle l’impasse, la banqueroute, la totale déconfiture du mode-à-être-dans-le-monde de l’homme moderne. Or, il ne s’agit plus de communisme ou d’anticommunisme primaires, secondaires ou tertiaires, il s’agit de ce mode-à-être qui inclut et l’expérience passée du socialisme réel et celle toujours présente du capitalisme arrivé à sa troisième révolution technique, nommé la modernité tardive… Ce mode-à-être se présente comme un Janus bifrons : simultanément le capitalisme financier et son horizon indépassable, le profit comme
Weltanschauung et télos du passé, du présent et du devenir, et le déchaînement de la techno-science comme objectivation totale (idéalement sans reste) où toutes activités humaines et toutes choses naturelles se transforment en connaissance comme possibilité du produire indéfini… Or, ce que proposent les hommes politiques, les scientifiques, les divers agitateurs écologiques ne sont que de piteux palliatifs, pis, des techniques de substitution qui souvent détruisent plus de nature que celles auxquelles elles doivent se substituer (la fabrication de nouvelles générations d’instruments électroniques, d’ordinateurs, de téléphones cellulaires exigent toujours plus de très rares métaux ou de l’or dont les recherchent détruisent encore et encore des pans entiers de forêts vierges congolaises par exemple !) ou des instruments qui défigurent la surface de la terre l’enlaidissant plus encore qu’auparavant (par exemple les
éoliennes sur terre et en mer !).

Ce qui ne sera pas dit à Copenhague sera l’essentiel, lequel est résumé dans l’introduction d’un remarquable petit livre de la physicienne indienne Vadana Shiva qui s’est attachée à la défense du droit des agriculteurs et de la diversité biologique: « La culture mercantile est en guerre avec les diverses cultures du partage, dans lesquelles l’eau est offerte et reçue en tant que don. La culture du plastique, cette production non viable, non renouvelable et polluante, est en guerre avec les civilisations basées sur la terre et la boue, le renouveau et le rajeunissement. Imaginons que la tradition d’offrir de l’eau des Piyaos se perde, et qu’un milliard d’Indiens doive se désaltérer avec de l’eau en bouteille plastique. Combien cela fera-t-il de montagnes de déchets d’emballages ? Quelle sera la quantité d’eau polluée par le stockage de ces déchets ? Or tous les préparatifs de Copenhague ne parlent que de gaz à
effet de serre et de réchauffement de la terre, mais, que je sache, non de ce qui a déjà lieu et qui ne fera que se renforcer, ce que prédisait il y a quinze ans le président de la Banque mondiale (institution peu suspecte de marginalité intellectuelle !), Ismail Serageldin : « Si les guerres de ce siècle [le XXe siècle] ont été celles du pétrole, les guerres du siècle prochain seront celles de l’eau. » En effet, tout est préparé pour ces guerres qui ont déjà commencé et que la vulgate politico-journalistique nous présente souvent et à tort comme des guerres tribales, des guerres mettant aux prises des tenants de l’extrémisme religieux, du terrorisme, alors qu’il s’agit tout bonnement de s’approprier, de voler pour dominer la gestion d’eaux vives (fleuves, rivières et torrents) traversant plusieurs pays riverains. Le texte de Vandana Shiva nous présente un mode-à-être dans le monde qui se fonde sur la consommation
modérée de ressources naturelles avec des moyens techniques venus directement de produits locaux dont le renouvellement n’épuise pas, tant s’en faut, ce même milieu naturel, fût-ce une nature modelée de longue date par le travail de l’homme. Or, pour les grands pouvoirs économiques du monde, il n’est surtout pas question de remettre en question le capitalisme dont le renforcement et la protection semblent toujours à l’ordre du jour. Son motto demeure : toujours plus de production, toujours plus de profits. Voilà donc l’essentiel, hormis une augmentation catastrophique du chômage en Occident qui n’inquiète que dans la mesure il est porteur graves troubles sociaux potentiels.

Mais, comme d’aucuns ont pu le constater, la grande crise économique de l’automne 2008 n’a rien changé à la marche économique de la finance. Les pertes ont été épongées par les gouvernements avec les deniers publics prêtés à taux quasi nuls aux banques, tandis qu’elles-mêmes continuaient à prêter aux particuliers et aux entreprises industrielles et commerciales à des taux bien plus élevés. Ainsi, après un an, le capitalisme de troisième type, comme le Phénix, a ressurgi de ses cendres, régénéré, si bien que les banques ayant survécu à l’ouragan des surprimes en sont sorties renforcées, et la finance plus concentrée qu’auparavant.

Au risque de choquer les esprits légers, ignares, menés par un « idéalisme de rêve » selon l’expression de Nietzsche, il faut dire sans détour que rien de sérieux n’est fait à Copenhague ni ne sera fait plus tard pour sauver la planète d’un désastre annoncé et que le roman de Cormac McCarthy, The Road, suggère et illustre de manière plus foncièrement pessimiste (c’est-à-dire plus réaliste) que le Brave New World d’Huxley.

En effet, les solutions de Vandana Shiva valent pour une Inde où le monde rural représente encore 50% de la population active, aussi pour la Chine où les ruraux sont environ 55% de la population active et pour deux trois grands pays émergents à la puissance industrielle et financière (Brésil, Indonésie). Toutefois, il faut aussi rappeler que depuis une dizaine d’années une majorité de plus en plus marquée de la population mondiale vit dans des villes qui sont devenues des mégapoles monstrueuses pour lesquelles ces solutions d’harmonie consumériste rurale ou pararurale ne sont pas de mise : Tokyo (33 millions), Bombay (22 millions), New York (21 millions), Séoul et Mexico City (20 millions), Delhi (19 millions), San Paolo (18 millions), Shanghai et Lagos (17 millions), Le Caire et Calcutta (15 millions), plus une quarantaine d’autres qui dépassent les 5 millions d’habitants, nous ramènent à la cruelle réalité…

Comment alimenter ces gens et leur fournir l’énergie nécessaire dès lors que bien des activités sont centrées sur des moyens techniques grands consommateurs d’électricité ? Comment les alimenter sans que les rendements et les plantes sélectionnées ne détruisent la terre ? Comment leur assurer de l’eau potable sans que la consommation n’épuise les réserves terrestres ? S’il faut par exemple dessaler l’eau de mer, la consommation d’énergie est si importante qu’elle contribue à la ruine de la terre. À ces remarques réalistes, les discours écologiques ne répondent que par des simulacres ou des faux-semblants ou même n’y répondent pas du tout car ils mettraient en cause le système économique global de domination. Deux thèmes seront particulièrement omis, celui de l’eau d’une part, et, de l’autre, celui des pollutions exportées, les masses de déchets médicaux envoyés depuis l’Europe occidentale vers les
pays du tiers-monde européen (Roumanie et Bulgarie), ou pis, les déchets électroniques expédiés en Afrique où ils empoisonnent les enfants ! Seuls les rejets de CO2 seront le thème de ces débats, car pour le moment ils représentent le seul aspect de la pollution écologique qui semble très partiellement maîtrisable en offrant de nouveaux débouchés à l’industrie… et au profit…

Une première manière propre à ce simulacre de questionnement énonce une piètre contradiction qui, néanmoins, marche auprès des peuples lobotomisés par la publicité et la mise en scène de la convoitise. D’un côté on laisse tomber une larme compassionnelle sur le réchauffement de la terre, la pollution de l’air, la disparition des espèces menacées, de l’autre, on prend des mesures fiscales pour maintenir et augmenter la production et donc la consommation d’automobiles. Mieux, on prévoit que le Mondial de football prévu en Afrique du Sud l’an prochain polluera neuf fois plus que le précédent qui s’était tenu en Allemagne, en raison des trajets en avion plus longs pour y venir … Une seconde manière dévoile la possibilité de profits immenses en faisant fond sur une création accélérée d’objets ou d’action dites écologiques dont on ne dit rien du coût environnemental !

Ce qui en anglais se nomme le « green business » semble devenir, comme l’imposture de l’agriculture bio, une très bonne affaire. Un article publié dans Le Temps de Genève par Luis Lema son correspondant à New York sous le titre « Le green business sera le moteur de l’économie de demain » donne le ton : « Pour le professeur américain Daniel Kammen , les énergies renouvelables constitueront les grandes opportunités économiques dans un avenir pas si lointain. » On pressent déjà les conflits économiques derrière les larmes de crocodile du réchauffement climatique. En effet, dès lors que le développement écologique et « durable » s’articulera sur des notions purement mercantiles, ce qui dominera ce ne sera pas l’attention préventive aux dégâts multiples dus à la production, fût-elle « écologique », mais aux possibilités de profits maxima. Ce ne sera point la terre qui sera au centre du souci de l’homme post
moderne en son habitat terrestre, mais encore et toujours le profit…

Certes, à la veille du sommet les journaux titrent sur l’optimisme qui anime les délégations , mais, en contrepoint et sur la même page on peut lire un autre titre qui dit tout : « Pékin juge prioritaire sa croissance ». Et comme il n’y a pas que Pékin, il y a aussi New Delhi, Brasilia, etc… On comprend que l’optimisme n’est qu’une posture, qu’une volonté d’effet sans réel accord de fond.

De fait les contradictions écologiques formulées par les hommes politiques et les journalistes aux ordres ne posent jamais la seule problématique qui implique la nature abyssale et révolutionnaire des solutions qu’il conviendrait d’envisager. Ce qui aujourd’hui remet en cause la vie de l’homme sur terre n’est rien de moins que son mode-à-être qui, de fait, est son mode-à-produire et à-se-produire, mode de la quantité, puisqu’elle seule assure les très grands profits.

Or, remplacer le produire actuel par un produire écologique toujours fondé sur le quantitatif sera, pendant un temps, le renouvellement bienvenu de la lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit (ce que furent dans les années 1990 le téléphone et l’ordinateur portables). Mais en son fonds rien n’aura changé quant à l’essence du produire capitaliste… Car, que je sache, il s’agit une fois encore du capitalisme (privé ou d’État) comme fabrique du monde, avec toujours le même motto : « toujours plus », « toujours nouveau »… Or, ce qui se produit représente bien plus que le résultat d’une Weltanschauung, c’est l’incarnation de la forme ultime de la métaphysique (cf., Heidegger, « Question de la technique », ou « A propos de la question de l’être ») qui détermine l’horizon des espérances, la formulation du « bon gouvernement » et l’« éthique positive » des hommes. Tant qu’il en sera ainsi, on
peut s’attendre à voir fondre sur nous cette catastrophe dont nul ne peut prédire l’ampleur qu’elle revêtira, mais, à coup sûr, envisager les effets qu’elle déploiera : la violence sauvage et la féroce barbarie de l’éternelle nature humaine quêtant sa survie, celle de l’homo homini lupus.

Claude Karnoouh Paris décembre 2009

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-crise-economique-et-crise-ecologique-41301544.html

11:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, usa, presse, romain, chine, climat, silence, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

09/11/2009

10/10/09: Contre le révisionnisme historique... sur les origines du fascisme et de la Seconde Guerre Mondiale...

Contre le révisionnisme historique... sur les origines du fascisme et de la Seconde Guerre Mondiale

Sur le fascisme...

 par Jorge Cadima, collaborateur au secteur international du PC Portugais

 

Pour le numéro 301 de Juillet/Août d'O Militante, revue théorique du Parti Communiste Portugais

 

Traduction AC pour solidarite-internationale-pcf.over-blog.net  

Il y a 70 ans, commençait la Deuxième Guerre Mondiale. Pour la seconde fois en un quart de siècle, les rivalités et le bellicisme inhérents au capitalisme coûtaient la vie à des dizaines de milliers d'êtres humains et semaient la destruction. Entre les deux grandes guerres, la planète a été touchée par la plus grande crise économique du capitalisme connue jusqu'alors. Des entrailles d'un système d'exploitation en agonie ont surgi les monstres du fascisme et du nazisme, qui ont précipité la catastrophe de 1939-1945 et sont parvenu à établir leur empire sur quasiment tout le continent européen.


Mais le début du Vingtième siècle a été aussi une période de lutte et de progrès pour les peuples et le mouvement ouvrier depuis la grande Révolution d'Octobre, en passant par la résistance armée qui a joué un rôle décisif dans la défaite du fascisme et du nazisme, jusqu'aux profondes transformations de l'après-guerre, qui ont laissé une empreinte positive sur quasiment toute la seconde moitié du siècle. Les travailleurs et les peuples sont devenus des acteurs de premier plan de l'histoire de l'Humanité. Sans ignorer les grandes transformations ayant eu lieu entre-temps, les événements et les leçons de cette période sont toujours d'actualité au moment où l'Humanité se voit de nouveau confrontée à un capitalisme en profonde crise.



La Première Guerre Mondiale

 

 

En Août, 95 ans avaient passé depuis le déclenchement de la Première Guerre Mondiale, « une guerre impérialiste (c'est-à-dire, une guerre de conquête, de pillage et de brigandage), une guerre pour le partage du monde, pour la division et la redistribution des colonies, des 'sphères d'influence' du capital financier »1 dans les termes de Lénine.


La Première Guerre Mondiale n'a pas opposé des adversaires idéologiques ou des ennemis de classe, elle n'a pas été non plus un « choc des civilisations ». Les 15 millions de morts de la guerre de 1914-18 furent des victimes des rivalités entre les classes dirigeantes des grandes puissances européennes, « chrétiennes », défenseurs d'un même système socio-économique: le capitalisme. Ce système a connu, après 1870, un développement rapide, accompagné par la création de gigantesques monopoles, par les liens toujours plus étroits entre industrie et finance, par la financiarisation croissante de l'économie, par la nécessité d'exporter les énormes excédents de capitaux accumulés entre temps et de contrôler les sources de matière première, avec la colonisation qui en découle et le pillage des pays « périphériques ». Dans cette autre « mondialisation » on alterne entre l'entente et la rivalité. Les « vieilles » puissances impérialistes entrèrent alors en conflit avec la « jeune » Allemagne, qui est parvenu tardivement à son unification nationale mais qui, avec des taux de croissance économiques plus rapides, s'est senti dans son bon droit d'agir comme une grande puissance.2 Lénine se demande: « sur le terrain du capitalisme, quel autre moyen pouvait-il exister, si ce n'est la guerre, pour éliminer, d'une part, la disproportion entre le développement des forces productives et l'accumulation de capital, et d'autre part, le partage des colonies et des 'sphères d'influence' du capital financier? »3

 

 

La faillite de la Seconde Internationale et la Révolution d'Octobre

 

 

Le mouvement ouvrier a connu un grand développement dans les décennies qui ont précédé la Première Guerre Mondiale. A côté du renforcement syndical, se sont créés de leur côté des partis ouvriers, qui ont formé la Seconde Internationale. Mais la guerre a plongé la Seconde Internationale dans une crise profonde, due au fait que ses dirigeants ont trahi les principes toujours proclamés. Lénine a écrit: « Les socialistes du monde entier ont déclaré solennellement en 1912 [lors de la conférence de] Bâle qu'ils considéraient la future guerre européenne comme une entreprise 'criminelle' et ultra-réactionnaire de tous les gouvernements, qui devait accélérer la chute du capitalisme, en générant inévitablement la révolution contre elle. La guerre a éclaté, ainsi que la crise. Au lieu de la tactique révolutionnaire, la majorité des partis sociaux-démocrates ont adopté une tactique réactionnaire, se rangeant du côté de leurs gouvernements et de leur bourgeoisie. Cette trahison du socialisme signifie la faillite de la Seconde Internationale »4En analysant les causes de cette trahison, Lénine parle des « super-profits » résultants de l'exploitation impérialiste et de ses conséquences chez une mince couche de bénéficiaires. « Les conditions objectives de la fin du XIXème siècle ont renforcé particulièrement l'opportunisme, transformant l'utilisation de la légalité bourgeoise en servilité vis-à-vis d'elle, créant une mince couche bureaucratique et aristocratique au sein de la classe ouvrière (…). La guerre a accéléré son développement, transformant l'opportunisme en social-chauvinisme, et l'alliance secrète des opportunistes avec la bourgeoisie en une alliance ouverte ».


Les origines du mouvement communiste international se trouvent dans la rupture avec ceux qui ont défendu les bourgeoisies de leur pays dans la guerre qui a fauché des millions de personnes. La fidélité des bolchéviques à la « tactique révolutionnaire » et la justesse de son jugement sur les conditions objectives de la Russie, ont conduit, même en pleine guerre, à la Révolution Socialiste d'Octobre, neuf mois après la chute du tsarisme. Les travailleurs et le peuple, premières victimes de la guerre impérialiste, ont pris en main leur destin, lors d'un acte historique qui devait bouleverser le cours de l'Humanité et marquer tout le Vingtième siècle.



Les conséquences de la Première Guerre Mondiale

 


En Novembre 1918, avec une situation militaire et économique toujours plus difficile et les marins révoltés, les travailleurs allemands déclenchaient une révolution qui renverse le Kaiser, installe la République et met un terme à la guerre. Dans les mois qui suivent, et sous l'inspiration de la Révolution d'Octobre, émergent des situations pré-révolutionnaires dans plusieurs pays (Allemagne, Hongrie, Italie), qui sont réprimées de manière violente. Les bourgeoisies européennes vivent dans la peur de dénouements révolutionnaires. En 1922, en Italie, la réaction des classes dirigeantes à la montée de la lutte de masses se traduit par une nouvelle forme de pouvoir de classe, avec la violence extrême des squadre d'azione (escouades d'action), l'anti-communisme féroce, l'attaque impitoyable menée contre le mouvement populaire et même contre la démocratie bourgeoise. Le fascisme de Mussolini, en manipulant les peurs de la petite bourgeoisie ruinée par la guerre, la frustration des soldats démobilisés et en jouant sur les aspirations à « l'ordre » et au « salut de la Nation », canalise la révolte de vastes secteurs de la société, non contre les véritables causes de leurs problèmes, mais contre ses victimes.


Les théorisations actuelles, qui cherchent à découvrir des parallèles entre fascisme et communisme, se base sur la plus grossière falsification de la vérité historique. Les communistes et le mouvement ouvrier ne furent pas seulement, dès la première heure, les principales cibles et victimes de la terreur fasciste, mais le fascisme mussolinien a aussi servi d'inspiration aux bourgeoisies de l'ensemble des pays européens. A titre d'exemple, on peut noter les mots de Winston Churchill, le plus important dirigeant de la bourgeoisie anglaise du Vingtième Siècle, après une visite en Italie Fasciste, en 1927: « Ce pays donne une image de discipline, d'ordre, de bonne volonté, de visages souriants »; « si j'étais italien, je suis sûr que j'aurais été de tout mon cœur avec vous, dès la première heure, dans votre lutte triomphante contre les passions et les appétits animaux du Léninisme ».5


Dans les années qui ont suivi, la peste fasciste s'était étendue à d'autres pays, parmi lesquels le Portugal, et a conquis de nouveaux soutiens parmi les classes dirigeantes surtout après l'éclosion de la grande crise du capitalisme, en 1929. Et c'est en Allemagne, vaincue lors de la Première Guerre Mondiale et humiliée par le Traité de Versailles, que l'ascension du fascisme était destinée à avoir un impact terrible.

 

 

De Versailles à Hitler

 


La crainte de révolutions ouvrières n'a pas empêché, qu'après la guerre, les rivalités inter-impérialistes continuent à jouer un rôle de premier plan dans la politique des grandes puissances. Le Traité de Versailles, imposé à l'Allemagne après sa défaite, lui a enlevé ses (maigres) colonies, l'a amputée de plusieurs morceaux de son territoire européen, et lui a imposé le paiement de sommes gigantesques comme réparation des préjudices de guerre.


Dans les mots de l'ambassadeur soviétique au Royaume-Uni (1932-43), Ivan Maiski, le Traité de Versailles visait à garantir « trois choses: (1) la domination inconditionnelle en Europe de la coalition victorieuse anglo-franco-américaine (le groupe dirigeant de l'impérialisme Etats-unien aspirait déjà à ce moment-là à la domination mondiale, mais n'avait pas encore décidé de l'afficher ouvertement); (2) la subordination inconditionnelle de l'Allemagne vaincue à la coalition anglo-franco-allemande; (3) la situation d'infériorité de la Russie révolutionnaire jusqu'au moment où notre pays, comme les dirigeants de la coalition le souhaitaient sans aucun doute, tomberait sous les coups militaires et économiques de l'Alliance et serait obligé de retourner dans le giron du capitalisme »6


Les réparations de guerre imposées à l'Allemagne ont joué un rôle central dans l'hyper-inflation qui a frappé le pays entre 1921 et 1923 et ruiné de larges secteurs de la population. Mais pour la grande finance des puissances impérialistes, les années 1920 furent une manne. Selon le Professeur en Histoire économique de Cambridge, Adam Tooze, « le petit manège par lequel les allemands empruntaient aux américains pour payer les britanniques et les français, qui à leur tour payaient les américaines [des dettes contractées vis-à-vis des Etats-Unis durant la guerre] suscitait de l'anxiété de toute part. Mais il atteignait son objectif. »7 Les niveaux insupportables de l'endettement résultants de ce « petit manège » étaient à la base de l'écroulement du système financier allemand en 19318, événement qui a aggravé qualitativement la grande crise mondiale du capitalisme commencée par le krach de Wall Street en 1929.


La crise continue du capitalisme allemand entre 1914 et 33, et l'incapacité à la surmonter dans le cadre de la République de Weimar (que les franges les plus réactionnaires des classes dominantes ont toujours regardé avec méfiance), fut le facteur décisif de l'ascension de la plus violente et terrible forme de domination de classe jamais générée par le capitalisme: le nazisme hitlérien. Les communistes (qui lors des élections de Novembre 1932, avaient obtenu près de 6 millions de voix – 16,9% - et élu 100 députés) et le mouvement ouvrier furent les premières et les principales victimes du nazisme, alors qu'une partie importante de la bourgeoisie pseudo-libérale, qui aujourd'hui tente de falsifier l'Histoire, fut complaisante et complice de l'ascension d'Hitler. Tout juste après avoir été nommé Premier Ministre le 30 Janvier 1933 (sans majorité parlementaire et après avoir perdu 2 millions de voix) Hitler a organisé l'incendie du Parlement (le Reichstag), qu'il a imputé aux communistes et qui a servi de prétexte pour déchaîner la première vague de répression: « Près de 4 000 dirigeants communistes et de nombreux sociaux-démocrates et libéraux furent faits prisonniers, y compris des députés au Reichstag qui, légalement, jouissaient de l'immunité. (…) Des camions remplis de troupes de choc patrouillaient dans les rues des villes Allemandes, violant les domiciles des particuliers, rassemblant leurs victimes qui étaient menées aux quartiers des SA où elles étaient torturées et battues. La presse et les activités publiques des communistes étaient supprimées »9L'ascension du nazisme a été appuyée par le grand capital allemand. Le magnat de la métallurgie, Thyssen, finançait déjà le Parti Nazi depuis 192310Le Professeur Tooze – au-dessus de tout soupçon – a écrit: « Ce que Hitler et son gouvernement promettait, c'était de mettre fin à la démocratie parlementaire et de détruire la gauche allemande, et la majorité du grand capital allemand était disposée à apporter une contribution importante à cette entreprise. (…) Et le résultat obtenu, fin 1934, était justement celui espéré: une démobilisation populaire globale. (…) Le mouvement syndical était détruit. (…) avec la combinaison du gel des salaires dès 1933, le démantèlement des syndicats et une altitude hautement laxiste vis-à-vis des cartels industriels, (…) les perspectives de profit étaient assurément très favorables »11S'inspirant directement du modèle mussolinien, Hitler lui a adjoint une caractéristique spécifique: le racisme anti-sémite, qui lui a permis d'allier démagogie prétendument-capitaliste (en identifiant les juifs au système financier international qui a ruiné la petite et la moyenne bourgeoisie allemande) et anti-communisme (par le biais de la thèse du « complot judéo-bolchevique » visant à ruiner l'Allemagne). Ici aussi, et contrairement à ce que l'on prétend nous faire croire aujourd'hui, l'hitlérisme a montré ses affinités avec les classes dominantes européennes, où l'anti-sémitisme était monnaie courante. L'affaire Dreyfus en France12 a été seulement un épisode illustratif de conceptions dont Churchill a été aussi un partisan: « Churchill insistait sur ce qu'il considérait être l'essence juive du Bolchevisme. En privé, il décrivait le gouvernement soviétique au Ministère des Affaires Étrangères de Curzon comme “un gouvernement tyrannique de Commissaires juifs” et même en public il parlait d' “état communiste mondial sous domination juive”. Dans son discours public à Sunderland, en 1920, il parlait du “Soviet international du juif russe et polonais”. En Avril 1922 il écrivait une lettre [...] décrivant les bolcheviques comme des “ces conspirateurs Sémites”»13


L'ascension d'Hitler a été vue positivement par une bonne partie des bourgeoisies européennes. Le capitalisme vivait alors une crise sans précédents, au cours de laquelle la production industrielle planétaire était tombé de près de 40%, la bourse de 70% et le volume du commerce mondial de près de 30%. Le chômage touchait des millions de travailleurs et la crise économique était accompagnée de crises politiques. La survie du capitalisme était mise en doute, même par ses défenseurs. Parallèlement, la jeune Union Soviétique socialiste connaissait des taux de croissance économiques impressionnants avec les plans quinquennaux et les conquêtes sociales (emplois, éducation, santé, culture). Le contraste avec le capitalisme en crise était évident et lourd de sens politique. Les idées de transformation sociale révolutionnaire gagnaient du terrain. La grande bourgeoisie vivait une nouvelle période de peur.


Comme l'affirmait le journaliste américain William Shirer, qui fut correspondant en Europe, « je me rappelle que ce fut à ce moment-là que j'ai commencé à entendre dans les cercles de la haute société un commentaire qui est devenu presque un cantique: “plutôt Hitler que [Léon] Blum”»14


Pour la grande bourgeoisie des puissances impérialistes, l'ascension du nazisme ne représentait pas seulement une solution de force pour sauver le capitalisme allemand, mais aussi un moyen de détruire par la force la première expérience mondiale de construction du socialisme, en cours en URSS. Les plans d'expansion territoriaux et la colonisation de l'Est de l'Europe par l'Allemagne étaient clairement affichés dans le livre d'Hitler, Mein Kampf. En parlant des théories de « l'espace vital » (Lebensraum), Hitler critiquait ses prédécesseurs qui avaient créé un Empire allemand en Afrique. « La conquête de nouveaux territoires, poursuivait Hitler, (…) “est seulement possible à l'Est (...) Si nous revendiquons de nouveaux territoires en Europe, ceux-ci ne peuvent qu'être obtenus fondamentalement aux dépens de la Russie”».15La « poussée vers l'Est » (Drang nach Osten) théorisée par le nazisme représentait une issue aux rivalités inter-impérialistes et une « solution au problème russe »16 qui enchantait de larges secteurs de la grande bourgeoisie mondiale. Et cela explique l'honteuse collaboration de classe accompagnant l'ascension du nazisme, aujourd'hui niée par une bourgeoisie qui cherche à ré-écrire l'histoire.

 

 

De Madrid à Munich



La Guerre Civile d'Espagne a révélé au grand jour le collaborationnisme philo-fasciste. En 1936 le Front Populaire gagne les élections. Cette alliance de la gauche républicaine bourgeoise avec le Parti Socialiste et un Parti Communiste encore peu influent a été vue comme une menace par la réaction espagnole, parmi laquelle les latifundiaires et l'Église catholique avait une grande influence. En juillet 1936 le Général Franco déclenchait un coup d'Etat. En dépit de l'appui d'une partie considérable des forces armées, le coup d'Etat a été mis en échec dans les grandes villes par la résistance des masses. Mais les « démocraties », et parmi elles l'Angleterre, la France et les Etats-Unis, ont affiché leur « neutralité » entre un gouvernement légitimé par la Constitution et le vote, et les putschistes fascistes. La politique de « Non-intervention » est un coup mortel à la République démocratique, en grande mesure désarmée par la trahison des militaires. Grâce au soutien des masses, la République résiste pendant trois années héroïques, durant lesquelles le Parti Communiste d'Espagne se révèle un grand parti national. Mais la situation militaire est déséquilibrée de manière décisive avec l'envoi de 130 000 soldats par les puissances fascistes pour combattre aux côtés de Franco, tandis que le Comité de Non-Intervention créé par les anglais et les français empêchait la République d'acheter des armes à l'étranger. Churchill se fait l'écho, à nouveau, de vastes secteurs de la bourgeoisie quand il écrit en 1936 que le gouvernement républicain « était sous l'emprise de forces obscures et violentes qui de plus en plus montraient leur vrai visage et agissaient par le biais de l'assassinat, du pillage et des troubles syndicaux », représentant « un prolétariat misérable et arriéré qui exige la fin de l'Église, de l'État et de la propriété et l'instauration d'un régime communiste », tandis que du côté fasciste on retrouvait « des forces patriotiques, religieuses et bourgeoises, sous le commandement des forces armées (…) qui combattent pour rétablir l'ordre en instaurant une dictature militaire »17 Ce fut encore Churchill qui, en Juillet 1937, lors d'une intervention au Parlement britannique, a demandé la reconnaissance des franquistes comme gouvernement légitime de l'Espagne.18


Le collaborationisme anglo-français vis-à-vis des agressions fascistes est apparu clairement lors de l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie, en 1935, s'est poursuivi avec l'annexion de l'Autriche (l'Anschluss de Février 1938) et a atteint son apogée avec l'honteux Traité de Munich. Dans les derniers jours de Septembre 1938, les Premiers Ministres Français et Anglais se sont réunis avec Hitler et Mussolini pour concéder à l'Allemagne d'importantes parcelles du territoire de la Tchécoslovaquie. Laissant les représentants légitimes tchèques en dehors de la réunion, Chamberlain et Daladier ont approuvé le démembrement du pays, en dépit du Traité selon lequel la France s'engageait à défendre la Tchécoslovaquie en cas d'agression. A la honte de la capitulation a succédé l'humiliation de voir Hitler piétiner, en l'espace de quelques semaines, les propres termes de l'accord, annexant le reste du territoire tchèque en Mars 1939.

 

 

La guerre et la défaite du nazisme et du fascisme

 

 

La politique de collaboration a renforcé le monstre nazi et a rendu la guerre inévitable. En incitant l'expansionnisme allemand, les classes dirigeantes des autres puissances impérialistes se sont condamnées à être elles-mêmes les victimes du militarisme nazi. Sur certains aspects, la Deuxième Guerre Mondiale fut le prolongement de la Première Grande Guerre. Le nazisme, dictature terroriste du grand capital allemand, n'a pas oublié les leçons de l'Histoire et la manière dont l'Allemagne fut traitée par ses « frères de classe » en 1918. Comprenant que les démocraties bourgeoises occidentales, et en particulier en France, étaient profondément corrompues par le collaborationnisme, Hitler a décidé de déclencher la guerre à l'Occident avant d'entreprendre son objectif stratégique, celui d'attaquer l'URSS, afin d'éviter le danger qui avait condamné l'Allemagne à la défaite de 1918: avoir à combattre simultanément sur deux fronts. La bourgeoisie française a poussé l'aveuglement jusqu'à ses ultimes conséquences. Confrontée à l'agression nazie, en juin 1940, elle a capitulé en quelques semaines, une bonne partie de sa classe dirigeante se couchant devant le régime fantoche et collaborateur, mené par le Maréchal Pétain. La combativité de la classe dirigeante française s'est juste révélée dans la lutte contre le Parti Communiste Français, qui fut interdit et poursuivi à partir de septembre 193919Mais ce furent les communistes qui, dans les conditions très difficiles du moment, ont hissé le drapeau de la résistance et ont construit une guerrilla populaire qui a contribué de manière importante à la défaite du nazisme. La grande bourgeoisie anglaise n'a pas eu d'autre choix que de réorienter (via Churchill) toute sa politique.


Il est ridicule d'affirmer que le Traité de Non-agression signé entre l'URSS et l'Allemagne en Août 1939 a été la cause de la guerre, faisant table rase de la nature du régime nazi, de la collaboration des puissances capitalistes et de la manière dont elles ont encouragé l'expansionnisme allemand à l'Est. Jusqu'à la fin, les dirigeants soviétiques ont lancé des initiatives répétées et insistantes pour signer, avec l'Angleterre, la France et d'autres puissances européennes, des traités de défense mutuelle ou donner des garanties à d'autres pays menacés par le nazisme et le fascisme. Ce fut le refus de cette collaboration et l'aveuglement anti-communiste et philo-fasciste de cercles importantes des classes dirigeantes européennes qui ont conduit à la guerre. Un historien militaire français et gaulliste écrit: « Il n'est pas correct, comme le firent plus tard les pays occidentaux, d'invoquer une quelconque similitude entre l'URSS et l'Allemagne pour voir dans ce fait le fondement véritable du pacte germano-soviétique. L'hostilité féroce envers le communisme et la volonté de le détruire sous toutes ses formes, étaient à l'origine même des mouvements fascistes. Hitler a toujours présenté le national-socialisme comme un instrument de mort dirigé contre le bolchévisme. (…) C'est le Parti Communiste Allemand qui l'a interdit et détruit en premier lieu (…) Mais c'était les données stratégiques qui devaient décider du choix fait à Moscou et qui, en fin de compte, ont prévalu sur tout le reste »20 L'URSS signe le Traité pour éviter de se trouver dans la même situation que la République Espagnole.


Tout comme les communistes furent les premières et les principales victimes du fascisme partout, ce furent aussi les communistes qui ont apporté la contribution principale et décisive à la défaite du nazi-fascisme, surtout grâce à l'Armée Rouge et à l'URSS, qui ont affronté et vaincu le gros de l'armée nazi. Quand à l'hiver 1941 les troupes allemandes étaient aux portes de Moscou, la quasi totalité de l'Europe était sous l'empire du fascisme et de des alliés. Les batailles décisives de la Deuxième Guerre Mondiale, qui ont changé le cours des événements, se sont déroulées (aux grands regrets donc d'Hollwood, de discours d'Obama et de la mythologie négationniste de notre époque) sur le sol soviétique en 1941-43. Ce fut à Moscou, à Stalingrad, dans la résistance héroïque pendant le siège de Leningrad, à Kursk et dans tant d'autres villes où, au prix de terribles sacrifices et pertes humaines et matérielles, le peuple et les communistes soviétiques ont vaincu la machine de guerre allemande. Quand les troupes anglo-américaines ont débarqué en Normandie, en juin 1944, l'Armée Rouge avait libéré la quasi totalité du territoire soviétique et combattu pour la libération des pays limitrophes. Et dans les pays occupés, en Italie, en Grèce, en France, en Yougoslavie, en Chine, et dans tant d'autres, les communistes furent les premiers et les principaux acteurs de la résistance armée qui a assuré la défaite finale de la plus terrible expression de la domination capitaliste.


Quand aujourd'hui on réécrit l'Histoire, en réhabilitant le fascisme, en occultant le rôle décisif des communistes dans sa défaite, ou en en arrivant à cette tentative extrême honteuse de mettre sur une même plan communisme et fascisme (comme l'a fait récemment le Parlement Européen), ce n'est pas seulement une injustice terrible et une falsification historique. C'est aussi ouvrir les portes, à nouveau, pour qu'un capitalisme en profonde crise et créateur de misère, de guerre et d'exploitation, puisse recourir à des solutions de force et de violence extrême pour tenter de maintenir sa domination. La défense de la vérité historique est, pour cela même, partie intégrante des luttes qu'il est nécessaire de mener aujourd'hui.


Site d'O Militante:

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14/10/09: Roman Polanski a beaucoup d'amis ...

 

From: Reprise d'article.
Sent: Wednesday, October 14, 2009 8:32 PM
Subject: Roman Polanski a beaucoup d'amis

Par Katha Pollitt,

Alors que le rappel à la loi et la célébration de l'ordre sont les maîtres mots du régime Sarkozy, voilà que les amis se pressent autour d'un cinéaste inculpé pour viol sur mineure : devenu victime d'une « Amérique qui fait peur », selon Frédéric Mitterrand, Roman Polanski se voit magiquement exonéré – au nom de son âge, de son oeuvre, de sa vie – de toute responsabilité vis-à-vis de la justice. Quelques mois plus tôt, rappelons-le, c'est une autre victime de la « censure » que défendait le ministre de la culture français : Orelsan, un chanteur auteur de paroles d'une violence sexiste inouïe, dont la présence à des événements culturels subventionnés par la puissance publique avait suscité quelques remous. Voilà donc quels sont les individus qui, en France, bénéficient des indignations officielles, qui font naître les grandes causes nationales menées au nom de la « liberté » ! La suite française de l'affaire Polanski (le retour sur le livre de Frédéric Mitterrand dans lequel il raconte ses séjours sexuels passés en Thaïlande) illustre ce qui devient un fonctionnement structurel dans la France de Sarkozy : CRS et management pour la France d'en bas, toujours soupçonnée de paresse et de désobéissance, de sexisme et de racisme ; tolérance, compassion et impunité, au nom de leur « talent », pour les puissants, la jet set et les artistes de cour. L'actualité montre que la question des violences sexuelles suscite les doubles standards les plus hallucinants : ainsi, alors que pour les classes populaires on ne jure plus que par la « tolérance zéro », les « peines planchers », voire la « castration chimique des délinquants sexuels », Michèle Alliot-Marie estime, à propos de Frédéric Mitterrand, qu' « il faut permettre à chacun d'avoir fait des fautes, de s'en repentir et d'avoir toujours une deuxième chance » ! Dans ce contexte, il nous a semblé particulièrement utile de publier l'article consacré par l'essayiste étasunienne Katha Pollitt à l'effrayante mobilisation des « ami-e-s » de Polanski. Traduit par Nellie Dupont, il est reproduit ici avec l'autorisation de l'auteure.

Si un violeur échappe à la justice assez longtemps, le monde doit-il lui donner les moyens de ne pas passer par la case prison ? Si vous êtes le célèbre réalisateur Roman Polanski, beaucoup de gens talentueux et très connus vous répondront que oui. En 1977 à Los Angeles, après avoir drogué et violé une jeune fille de 13 ans en la sodomisant, Polanski avait plaidé coupable d'un crime requalifié en « relations sexuelles avec mineur » pour fuir en Europe juste avant que la peine ne soit prononcée.

Aujourd'hui, 32 ans plus tard, il vient d'être arrêté en Suisse alors qu'il se rendait au Festival du film de Zurich, et cela suscite l'indignation d'une communauté de célébrités internationales telles que : Salman Rushdie, Milan Kundera, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Woody Allen (on ne ricane pas au fond), Isabelle Huppert, Diane de Furstenberg, et beaucoup, beaucoup d'autres. Bernard Henri-Lévy, qui a joué un rôle essentiel dans l'organisation de ce comité de soutien, a déclaré que Polanski avait « peut-être commis une erreur de jeunesse » (il avait 43 ans au moment des faits).

Arborant un badge rouge sur lequel on pouvait lire « Libérez Polanski », Debra Winger, présidente du jury du Festival de Zurich, qualifia l'action des autorités suisses de « complot philistin ». Frédéric Mitterand, le ministre français de la Culture et de la Communication, déclara que l'arrestation « montrait le visage d'une Amérique qui nous fait peur » et présenta Polanski comme « jeté en pâture pour une histoire ancienne ». Le ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins sans Frontières, déclara l'affaire « sinistre ».

Plus près de chez nous, Whoopi Goldberg expliqua dans The View que son crime n'était pas à proprement parlé du « viol-viol » mais, juste, vous savez, un viol. Ah, ça ! L'éditorialiste Anne Applebaum minimisa le crime dans le Washington Post. D'abord, elle ne prend pas en compte les véritables circonstances du crime (les drogues, le non consentement, la sodomie, etc), mais ensuite elle affirme qu' « il n'y aucune preuve que Polanski connaissait vraiment son âge ». Dans le genre argument désespéré… Polanski, qui devait ensuite entretenir une liaison avec Nastassja Kinski alors âgée de 15 ans, a pourtant ouvertement parlé de son penchant pour les très jeunes filles.

Le rédacteur en chef du Nation Katrina vanden Heuvel, qui d'abord admit avec surprise sur Twitter être d'accord avec Applebaum, a revu sa position : « Je renie mon soutien à Applebaum. Je pense que Polanski ne devrait pas bénéficier d'un traitement de faveur. La question qui se pose à présent est de savoir ce qui doit être fait pour que la justice soit rendue au mieux. Doit-il rentrer pour purger sa peine ? Y a-t-il d'autres moyens envisageables ? En même temps, je pense que les erreurs de procédures invoquées par la défense doivent être prises en compte dans cette affaire ».

Dans une contribution au New York Times, l'écrivain de pacotille Robert Harris rendit hommage à son grand ami Polanski, qui vient juste de terminer le tournage d'une adaptation d'un de ses romans : « Son passé ne m'intéresse pas. » Ceci nous en dit long sur ce que pense Harris des crimes sexuels, mais en quoi est-ce un argument dans l'affaire Polanski ?

Y'a un truc que je ne saisis tout simplement pas. Je comprends que Polanski a connu bien des tragédies au cours de sa vie, qu'il a fait des films magnifiques, qu'il a 76 ans, qu'un documentaire de 2008 a semé le doute quant à l'impartialité du juge (voyez en revanche l'article de Bill Wyman dans Salon, pour une convaincante mise au point sur cette affaire). Je comprends aussi que sa victime, qui a maintenant 44 ans, dit qu'elle a pardonné Polanski et voudrait que l'affaire soit classée parce qu'à chaque fois qu'elle refait surface, elle est à nouveau traînée dans la boue. Et c'est sans doute ce qui est en train de se passer en ce moment.

Dans le Huffington Post, une expatriée, admiratrice de Polanski, Joan Z. Shore (qui se présente comme co-fondatrice d'une organisation féministe belge pour l'égalité) écrit : « C'est la mère de la jeune mannequin de 13 ans "séduite" par Polanski qui avait poussé sa fille dans les bras du réalisateur parce qu'elle voulait qu'elle fasse une carrière dans le cinéma. La fille allait fêter son 14e anniversaire quelques semaines plus tard, elle n'était donc pas très loin de l'âge la majorité sexuelle fixée à 14 ans en Californie. (A présent ça doit même être 13 !) » Sauf qu'en fait, en 1977, en Californie, la majorité sexuelle était fixée à 16 ans. Aujourd'hui, elle est fixée à 18 ans sauf dans le cas où le partenaire n'a pas trois ans de plus. Pourtant, on retrouve l'argument de Shore (selon lequel Polanski fut la victime d'une nymphette et des manœuvres de sa mère) partout sur internet.

Les faits : Ce qui s'est passé n'est pas juste une vague et sordide affaire de cul dans laquelle deux versions s'affrontent. Un homme de 43 ans s'est débrouillé pour se retrouver seul avec une jeune fille de 13 ans, la faire boire, lui a fait prendre des sédatifs puissants, et après avoir vérifié où elle en était avec ses règles, l'a violée en la sodomisant, à deux reprises, alors qu'elle protestait ; elle s'est finalement laissée faire comme elle l'a dit devant un grand jury « parce que j'avais peur. » Ces faits sont avérés, ils ne sont contestés que par Polanski qui a cherché à dédramatiser plusieurs fois. On lui a permis de plaider coupable pour des faits requalifiés en délit, comme c'est le cas pour beaucoup de violeurs, pour éviter à la victime le traumatisme d'un procès et sa médiatisation. Mais cela ne doit pas pour autant nous laisser croire qu'il ne s'agissait que d'une affaire de libertinage. La victime mit des années à s'en remettre.

Les faits : En février 2008, le juge de la Cour supérieure de Los Angeles, Peter Espinosa reconnut à Polanski le droit de contester le jugement. Pour cela il doit tout simplement revenir aux Etats-Unis et se soumettre à la procédure. En quoi est-ce injuste ? S'il n'était pas ce réalisateur connu de part le monde et entouré d'une pléthore d'amis influents, mais un criminel sexuel lambda, penserait-on que c'est trop lui demander que de se soumettre à la procédure comme n'importe qui ?

C'est vraiment rageant de voir des superstars littéraires qui n'arrêtent pas de parler de dignité humaine, de droits humains et même de droits des femmes (surtout quand celles-ci sont Musulmanes) qui, ou bien ne considèrent pas que ce que Polanski a fait soit un viol, ou s'en moquent parce qu'après tout, il s'agit de Polanski : un artiste comme eux. Que des personnes qui le soutiennent soient des femmes est encore plus décevant.

Ne voient-elles pas qu'elles acceptent des arguments qui accusent la victime, minimisent le viol, et même, tirés par les cheveux, servent à exonérer le coupable. Une erreur de jeunesse, une mauvaise appréciation de l'âge de la jeune fille, une petite salope, une mère calculatrice, est-ce à ce genre de choses là qu'on doit penser quand des hommes s'attaquent à des gamines de collège ?

Le large soutien qu'a reçu Polanski nous donne à voir une élite culturelle bien-pensante sous son pire jour : pleine d'auto-suffisance et de bêtise. Ils font peut-être de grands films, écrivent de grands livres, créent de très beaux objets, ont sans doute de grandes idées humanistes et se soucient certainement de toutes les grandes causes justes (comme l'égalité devant la loi). Mais en l'occurrence, ils ne sont que le pendant blanc et cultivé des fans de R. Kelly [1] et Chris Brown [2] et autres supporters sportifs qui soutiennent d'emblée leurs athlètes préférés dès qu'ils sont accusés d'avoir frappé leur femme ou d'avoir violé des employées d'hôtel.

Pas étonnant que l'Américain moyen les déteste.

L'article original a été publié aux Etats-Unis dans The Nation (01/10/2009).

[1] En 2002, une bande vidéo montre le chanteur de R'nB, R. Kelly ayant des rapports sexuels avec une jeune fille de 14 ans. Il plaidera non coupable. Il sera finalement acquitté en 2008. NdlaT.

[2] Chris Brown, chanteur de R'nB et de Hip Hop, s'est excusé publiquement d'avoir battu sa compagne la chanteuse Rihanna. NdlaT.

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06/11/2009

20/10/09: A propos du mur de Berlin...

Sent: Tuesday, October 20, 2009 12:57 PM
Subject: A propos du mur de Berlin

En 1961, les communistes de Berlin-Est avaient construit un mur afin d'empêcher leurs concitoyens opprimés (???) de s'évader vers Berlin-Ouest et la liberté. Pourquoi ? Parce que les rouges n'aiment pas que les gens soient libres, ni qu'ils sachent la « vérité ». Quelle autre raison y aurait-il eu ?

D'ici quelques semaines, on peut s'attendre à ce que bien des médias occidentaux fassent tourner leurs moulins à propagande pour commémorer le 20e anniversaire de la démolition du mur de Berlin (9 novembre 1989). Ils vont nous ressortir toutes les resucées de la guerre froide sur le monde libre opposé à la tyrannie communiste et nous narreront une fois de plus l'histoire simpliste de la façon dont le mur a vu le jour.
Tout d'abord, avant le mur, des milliers d'Allemands de l'Est avaient fait quotidiennement la navette vers l'Ouest pour travailler et, le soir, ils retournaient à l'Est. Par conséquent, on ne les retenait aucunement à l'Est contre leur gré. Le mur fut construit avant tout pour deux raisons :
1. L'Occident diabolisait l'Est par le biais d'une vigoureuse campagne de recrutement d'hommes de métier et de travailleurs hautement qualifiés de l'Allemagne de l'Est, lesquels avaient été formés aux frais du gouvernement communiste. Cela se traduisit finalement à l'Est par une grave crise de main-d'œuvre et de production. En guise d'indication, le New York Times écrivait en 1963 : « À cause du mur, Berlin-Ouest a souffert économiquement de la perte d'environ 60.000 travailleurs qualifiés qui, chaque jour, quittaient leur domicile de Berlin-Est pour se rendre au travail à Berlin-Ouest. »[1]
2. Dans les années 1950, les hommes de la guerre froide en Allemagne de l'Ouest lancèrent une violente campagne de sabotage et de subversion contre l'Allemagne de l'Est en vue d'enrayer au maximum l'appareil économique et administratif de ce pays. La CIA et d'autres services de renseignement et de l'armée recrutèrent, équipèrent, entraînèrent et financèrent des groupes d'activistes et des individus de nationalité allemande, de l'Ouest comme de l'Est, pour qu'ils mènent des actions en tous genres, allant du terrorisme à la délinquance juvénile, en bref, tout ce qui pouvait rendre la vie pénible aux citoyens est-allemands et miner leur soutien au gouvernement ou donner la plus mauvaise image qui soit aux communistes.
Ce fut une remarquable entreprise. Les États-Unis et leurs agents recouraient aux explosifs, provoquaient des incendies, des courts-circuits et usaient d'autres méthodes encore pour endommager centrales électriques, chantiers navals, canaux, docks, bâtiments publics, gazomètres, transports en commun, ponts, etc. Ils faisaient dérailler des trains de marchandises, blessant gravement des travailleurs ; un jour, ils incendièrent douze wagons d'un autre train de marchandises. Ils détruisaient des stations d'air liquide ou autres ; se servaient d'acides pour endommager les machines vitales de certaines usines, jetaient du sable dans la turbine d'une autre, la forçant à l'arrêt. Ils mirent le feu à une tuilerie. Ils encourageaient le ralentissement des cadences dans des ateliers. Ils tuèrent par le poison 7.000 vaches d'une laiterie coopérative. Ils ajoutaient du savon au lait en poudre destiné aux écoles est-allemandes. Quand on les arrêta, ils étaient en possession d'une quantité importante de cantharidine, à l'aide de laquelle ils avaient l'intention d'empoisonner des cigarettes destinées à tuer des Allemands de premier plan. Ou encore ils déclenchaient des bombes puantes pour semer la pagaille dans des meetings politiques. Un jour, ils tentèrent de perturber le Festival mondial de la jeunesse à Berlin-Est en envoyant de fausses invitations, de fausses promesses de gratuité du gîte et du couvert, de faux avis d'annulation, etc. Ils agressèrent même des participants au festival à l'explosif, à la bombe incendiaire ou en recourant à des dispositifs pour crever les pneus de voitures. Ils fabriquaient et distribuaient de fausses cartes de ravitaillement en vue de créer la confusion, de provoquer des pénuries et ainsi le mécontentement de la population. Ils envoyaient de faux avis de taxation et autres directives et documents de l'État pour stimuler la désorganisation et la foire d'empoigne dans l'industrie et les syndicats… Et la liste est loin d'être terminée. [2]
Tout au long des années 1950, les Allemands de l'Est et l'Union soviétique introduisirent un nombre incalculable de plaintes auprès des anciens alliés occidentaux de l'URSS ainsi qu'auprès des Nations unies à propos d'actes spécifiques de sabotage et d'activités d'espionnage ; ils réclamèrent également la fermeture des bureaux en Allemagne de l'Ouest qu'ils tenaient pour responsables, en fournissant même des noms et des adresses. Toutes ces plaintes furent lettres mortes. Inévitablement, les Allemands de l'Est se mirent à resserrer de plus en plus les entrées dans le pays à partir de l'Ouest.
N'oublions pas que l'Europe de l'Est est devenue communiste parce que, avec l'approbation de l'Occident, Hitler l'utilisa comme une autoroute pour atteindre l'Union soviétique et balayer à jamais le bolchevisme. Après la guerre, les Soviétiques furent bien décidés à fermer cette autoroute.
En 1999, la revue américaine USA Today écrivait : « Quand le mur de Berlin s'est écroulé, les Allemands de l'Est ont imaginé une vie de liberté où les biens de consommation étaient abondants et où les épreuves allaient disparaître. Dix ans plus tard, chose remarquable, 51 % d'entre eux disent qu'ils étaient plus heureux sous le communisme. » [3]
C'est à peu près au même moment qu'un nouveau proverbe russe vit le jour : « Tout ce que les communistes ont dit du communisme était mensonger, mais tout ce qu'ils ont dit du capitalisme s'est avéré exact. »
Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action
Source : Killing Hope
Notes
1- New York Times, June 27, 1963, p.12 2- See Killing Hope, p.400, note 8, for a list of sources for the details of the sabotage and subversion 3- USA Today, October 11, 1999, p.1 ↩1-

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03/11/2009

02/11/09: EURONEWS a lâché la phrase ...

EURONEWS a lâché la phrase ...
 
La propaganda des médias capitalistes va de plus en plus loin dans la campagne anti-communiste de plus en plus orchestrée.
 
Le 20e anniversaire de la "chute du mur" (comprenez l' Anschluss de la R.D.A) en est une nouvelle occasion.
 
Ce mardi, 03 novembre 2009, EURONEWS la chaîne télévisée de l' Euro-dictature capitaliste se livre à une interview du général  JARUZELSKI, apparemment reconverti lui aussi, puisqu'il se livre à une espèce de mea-culpa télévisé. C' est d'ailleurs pour cette raison et dans cet esprit que la chaîne l'interroge.
 
Mais la chaîne va plus loin. En préambule, elle explique que le général est inculpé en Pologne pour "crimes COMMUNISTES"...
 
Les boches parlaient des terroristes communistes.
 
Dans 20 ans, nos "démocrates", en peaux de lapin" parleront des criminels communistes...
 
Pour nos propagandistes de la pensée unique, les archives de la Stasi parlent... La Stasi avaient paraît-il 180.000 collaborateurs. Elles contiendraient 38 millions de dossiers.
 
Rappelons quand même qu' avant la "chute du mur", la propaganda occidentale affirmait sans rire qu' un Allemand de l' Est sur quatre travaillait pour la Stasi. La Rda avait quelque 18 millions d' âmes (On ne nous dit pas si les 38 millions de fichés ont fini ou non au goulag  ...).
 
Toutes les polices politiques du monde (y compris dans nos "démocraties" ont établi des fichiers), y compris en Belgique (Camille Huysmans avait aussi son dossier), et aux Usa qui ont connu la période oubliée du McCarthysme. La Rfa a connu les interdits professionnels et l'interdiction du Parti communiste d' Allemagne (sans doute parce qu'il fut là aussi à la tête de l'opposition anti-nazie ??? C' est pour enfermer en premier les communistes que l' Allemagne nazie ET CAPITALISTE a créé ses premiers camps de concentration et les Allemands, y compris ceux de l' Est, ont à une certaine époque assassiné plus de 20 millions de civiles soviétiques et des millions d' autres dans les autres pays envahis) .
 
La Belgique actuellement compte un flic en uniforme au km2. En Grande-Bretagne, il y a une caméra de surveillance pour 12 habitants. Dans toute l'Euro-dictature capitaliste, nos "démocrates" ne cessent de renforcer la répression et les forces de répression au service de l'ordre capitaliste.
 
Il y a plus d' emprisonnés aux Usa que dans l' ensemble des prisons du reste du monde... Les murs du camp de concentration ricain de Guantanamo comptent toujours des gens kidnappés dans leur pays depuis des années, enfermés sans inculpation, sans procès, sans condamnation, à l' abri des yeux et des oreilles du monde. La tâche est tellement immonde que même Obama n' arrive pas à s'en débarrasser sans l' aide de ses alliés complices européens... Les kidnappés en route pour de Guantanamo ont d' ailleurs transité en secret dans des aéroports de l' Euro-dictature...
 
En nous n' en sommes qu'au début. Les Robocops hantent les rues de Bruxelles et d' ailleurs ... dans l' entièreté du "Monde libre" en lutte contre le "terrorisme" des autres qu'il a créé, engendré par toutes ses interventions, ses injustices, son colonialisme, ses agressions, ses exploitations, ses pillages ... 
 
Où en seraient donc nos prétendues "démocraties" occidentales, s'il n'y avaient pas eu les communistes, l'Urss, Stalingrad et ... Staline, pour participer à leur sauvetage à une certaine époque ??? Au service de qui travailleraient aujourd'hui la plupart de nos braves chercheurs, historiens, analystes, journalistes, spécialistes de la propaganda ??? La guerre d'Hitler, Horthy, Mussolini, Franco, Salazar, Pinochet,...  continue avec l' aide de ses nouveaux Kollabos, complices et de tas de renégats ...
 
RoRo

13:08 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, usa, communisme, presse, television, romain, europe, democratie, fascisme, imperialisme, euro-dictature, capitalisme, propagande, silence, liberte, urss, medias, repression, staline, nazisme, rda | |  Facebook | |  Imprimer | | |

18/10/2009

17/10/09: Les soixante ans de la République populaire chinoise : la quête d'un modèle de développement...

From: Comité Valmy
Sent: Saturday, October 17, 2009 9:47 PM
Subject: Les soixante ans de la République populaire chinoise : la quête d'un modèle de développement

 

 

La République populaire de Chine fête son 60e anniversaire. Pays extrêmement pauvre et sous-développé en 1949 et où la plupart des gens n'avaient pratiquement rien à manger et ne couraient qu'en haillons, la Chine s'est muée en la seconde nation industrielle et la troisième économie du monde. Pour y arriver, elle a dû projeter et élaborer elle-même un modèle de développement. Son succès n'a pas seulement transformé la Chine, il a également modifié la relation entre le Nord et le Sud dans le monde. L'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine disent que la collaboration avec la Chine « leur offre de nouvelles possibilités de développement indépendant ». C'est sous son influence que l'hégémonie américaine s'effrite de jour en jour.

Au moment où Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine, le niveau de vie n'y était pas plus élevé que celui de l'Afrique noire. Dans la première période de construction, de 1949 à 1979, le pays enregistrait de nombreux succès dans la lutte contre la pauvreté. Mais ce fut dans la seconde période, de 1979 à nos jours, que les progrès furent les plus importants. La Banque mondiale écrit : « Entre 1981 et 2004, la partie de la population disposant de moins d'un dollar par jour est passée de 65 à 10 pour cent. Entre 1981 et 2004, plus de 500 millions de Chinois ont été sortis de la pauvreté. »

Dans les autres domaines du développement humain aussi, les progrès sont impressionnants.

En 1949, 90 pour cent des Chinois étaient analphabètes. Aujourd'hui, 87 pour cent des femmes et 96 pour cent des hommes de plus de 15 ans savent lire et écrire.

En 1949, le Chinois vivait en moyenne 35 ans. Aujourd'hui, 72. Il y a actuellement 4 millions de lits d'hôpital et 6 millions d'infirmiers, médecins et pharmaciens à temps plein. Le nombre de médecins par 10.000 habitants est aujourd'hui de 16, soit la moitié en plus qu'en 1978.

En 1949, aller à l'école était un privilège pour les riches. Aujourd'hui, la Chine a le plus grand réseau d'écoles du monde. L'enseignement gardien compte 23 millions d'enfants. Les enseignements primaire, secondaire et supérieur comptent respectivement 105, 92 et 20 millions d'élèves et d'étudiants. Chaque année, plus de 6 millions d'étudiants des universités et des écoles supérieures terminent leurs études. L'enseignement emploie 13 millions d'enseignants à temps plein.

La clé : l'économie Au cours des 60 années écoulées, la Chine n'a jamais trouvé de solutions « clé sur porte » aux problèmes qui sont immenses dans un pays où vit un bon cinquième de l'humanité et qui, en 1949 encore, faisait partie des plus pauvres de la planète. Le Parti communiste a commis bien des fautes, dont de très graves aussi, et il ne fait pas de doute qu'il en commet encore aujourd'hui. Mais on ne peut évaluer correctement ces fautes et erreurs sans les placer dans un contexte de progrès très rapide.

Aucun grand pays ne peut présenter un palmarès comme celui de la Chine. Son voisin, l'Inde, qui compte aussi plus d'un milliard d'habitants, la précédait de loin, en 1949, sur le plan du développement humain. Aujourd'hui, la situation s'est inversée. La Chine compte 7 pour cent d'enfants sous-alimentés. L'Inde 44 pour cent. En Chine, 98 pour cent des enfants de moins de 12 ans vont à l'école. En Inde, 50 pour cent.

En 1950, le revenu national chinois par habitant était d'un quart inférieur à celui de l'Inde. Aujourd'hui, il est trois fois plus élevé.

La clé du succès chinois se situe bien sûr ici : plus vite l'économie croît, plus vite on peut résoudre les problèmes de la nourriture, de l'habillement, du logement, des soins de santé, de l'enseignement, de l'emploi, de l'urbanisation.

Depuis 1980, l'économie chinoise croît chaque année de 10 pour cent en moyenne, soit plus du double de la croissance de la période 1949-1979. Aujourd'hui, la Chine est à même de nourrir toute sa population : 22 pour cent de l'humanité, même si la Chine ne possède que 9 pour cent de toutes les terres cultivables du globe. Ses réserves céréalières sont deux fois plus importantes que la moyenne mondiale.

En 1952, le produit intérieur brut (ce qui est produit dans tous les secteurs) de la Chine était de 68 milliards de yuan. En 2008, de 30.000 milliards de yuan.

En 1950, la Chine produisait moins de 3 pour cent de ce qui était produit dans le monde entier. Aujourd'hui, 12 pour cent.

Des 22 principales catégories industrielles, il y en a 7 dans laquelle la Chine est le premier producteur mondial.

Les numéros un, deux et trois du monde bancaire international sont chinois et tous trois appartiennent à l'État.

En 1950, la Chine produisait 160.000 tonnes d'acier, juste de quoi fabriquer un petit couteau de cuisine pour chaque habitant. L'an dernier, la production d'acier a été de 500 millions de tonnes – c'est plus que la production des États-Unis, du Japon et de la Russie ensemble.

En 2008, la Chine réalisait 22 pour cent de la croissance économique totale dans le monde. D'après l'ONU, cette année, elle franchira le cap des 50 pour cent.

Alors que le monde entier soupire et gémit sous la crise économique, la Chine connaîtra cette année aussi une croissance économique d'au moins 8 pour cent. À titre de comparaison : les 16 pays qui utilisent l'euro ont cette année une "croissance" négative de 4 pour cent.

La pratique réclame à cor et à cris un nouveau modèle économique Au fil des années, le Parti communiste chinois a projeté un modèle qu'il appelle « économie socialiste de marché ». « C'est à cela que nous devons notre succès économique », dit-il.

Ce modèle a été mis sur pied progressivement à partir de 1979, en tant qu'alternative au modèle soviétique classique, l'économie planifiée, modèle que la Chine a connu elle aussi jusqu'en 1979. Le modèle soviétique est né dans les années 1927-1929, après la mort de Lénine, le fondateur de l'Union soviétique. Tous les pays socialistes ont appliqué ce modèle après la Seconde Guerre mondiale.

L'économie planifiée, dans laquelle l'État accorde aux entreprises les moyens disponibles telles les matières premières et les finances, a connu ses succès et ses revers. Le modèle a permis à l'Union soviétique d'évoluer en très peu de temps, passant d'une situation de pays sous-développé au rang de seconde nation économique sur terre. Il a également permis à l'Union soviétique de vaincre le nazisme et, après la guerre, de se remettre rapidement sur pied sur le plan économique.

Mais, à partir des années 1960, l'économie soviétique régressait sur le plan de la croissance de la productivité, de l'efficience et du progrès économique en général. La planification centrale ne pouvait empêcher la prospérité et le bien-être des gens de ne croître que très modérément, pas plus qu'elle ne pouvait empêcher qu'intervînt une pénurie de longue durée de denrées de première nécessité et de biens de consommation. À partir des années 1960, l'économie capitaliste des centres – États-Unis et Europe occidentale – connaissait une croissance plus rapide que celle de l'Union soviétique. Trente ans plus tard, ç'allait être l'une des causes de la disparition de l'Union soviétique.

À la fin des années 1970, la Chine a connu une situation comparable à celle de l'Union soviétique au début des années 1960. Au cours du Premier Plan quinquennal, de 1952 à 1957, la planification centrale assurait une croissance économique spectaculaire mais, par la suite, le taux de croissance se mit à baisser sans arrêt.

Durant le Premier Plan quinquennal, la croissance de la productivité dans toute l'économie fut en moyenne de 8,7 pour cent par an. Durant le Troisième Plan quinquennal (1965-1970), elle était descendue à 2,5 pour cent et, durant le Quatrième Plan quinquennal (1970-1975), elle n'était plus que de 1,3 pour cent en moyenne par an.

Durant le Premier Plan quinquennal, les salaires réels dans les entreprises d'État augmentèrent de 5,4 pour cent en moyenne par an. Durant le Quatrième Plan quinquennal, cette croissance fut négative : - 0,1 pour cent en moyenne par an.

Entre 1957 et 1978, la consommation privée dans les campagnes augmenta de 1,9 pour cent par an et par habitant. Dans les villes, cette hausse fut de 2,6 pour cent. Aujourd'hui, cette hausse, tant à la campagne que dans les villes, est de trois à quatre fois plus élevée.

Entre 1958 et 1978, la production de céréales n'augmenta en moyenne que de 2,08 pour cent par an. C'est à peu près la même croissance que celle de la population.

En 1952, le rapport entre le nombre des habitants des campagnes et celui des villes était de 4,9/1. En 1978, ce rapport était exactement le même.

En 1952, 85 pour cent de la main-d'œuvre dans les campagnes était employée dans l'agriculture. En 1978, ce pourcentage était presque le même.

À la fin des années 1970, la majorité des entreprises d'État étaient déficitaires.

Bref, la pratique réclamait à cor et à cris un nouveau modèle économique susceptible d'assurer une croissance plus rapide de la productivité, des bénéfices pour les entreprises d'État, une plus grande efficience dans l'octroi et l'utilisation des moyens disponibles et la mise sur pied plus rapide d'une nation industrielle et moderne. Ce modèle devait allouer plus d'espace à l'économie individuelle et capitaliste et plus d'autonomie aux entreprises d'État sans compromettre ni perdre le contrôle de la base du socialisme, la propriété des secteurs les plus performants de l'économie plus (+) le pouvoir de l'État. Ainsi, la pratique contraignit à abandonner les vieux dogmes, peu efficients. Quand, en 1979, la Chine introduisit timidement les premiers mécanismes du marché dans l'agriculture, celle-ci connut une croissance explosive. Ce fut un encouragement à persévérer. Dans les quinze années qui suivirent, la Chine put mettre en place son modèle cohérent d'économie socialiste de marché.

Le marché socialiste et capitaliste Trois caractéristiques font la différence entre l'économie socialiste de marché et l'économie capitaliste de marché.

Dans l'économie socialiste de marché, l'État, via ses entreprises et holdings, a en main les piliers et les déterminants de la direction de l'économie, comme le secteur bancaire, la sidérurgie, les télécommunications, les transports, le secteur de l'énergie, l'exploitation minière…

En outre, l'appareil d'État n'est pas aux mains d'entrepreneurs capitalistes. Ceux-ci ne peuvent pas, comme cela s'est passé sous le capitalisme, s'unir en une classe socioéconomique prédominante et, par conséquent, ils ne déterminent pas non plus la politique socioéconomique de la nation.

Enfin, il y a des différences dans le fonctionnement du marché. Sous le socialisme, il y a une relation d'unité et de lutte entre l'État et le marché, relation dans laquelle l'État est le facteur le plus fort et celui qui décide. Bien que le marché soit le principal instrument de répartition des moyens disponibles parmi les entreprises, il n'est pas libre pour autant. Sous le socialisme, le marché fonctionne dans les limites du système social. C'est ce qui définit le caractère du marché. Ainsi, dans ses Plans quinquennaux et dans sa politique journalière, l'État chinois établit quelles sont les priorités, où et comment des percées seront réalisées, où et comment certains aspects vont devoir être corrigés. L'État encourage le parties individuelle et capitaliste de l'économie mais sa préférence va néanmoins aux entreprises d'État. En octobre 2008, l'État chinois a révélé qu'il allait lancer toute une série d'incitants pour une valeur de 4.000 milliards de yuan. Au moins 80 pour cent de ce montant colossal sera consacré à des commandes pour les entreprises d'État. Dans la libre économie capitaliste de marché, il y a également planification de l'État et intervention de l'État, mais seulement pour une part très minime et toujours axée sur la rentabilité des entreprises privées. Durant des périodes de crise et de guerre, la libre économie capitaliste de marché embraie rapidement sur un système où la planification et la coordination nationales sont beaucoup plus fortes. Mais, là aussi, le profit des entreprises privées est le principe prioritaire. Dans l'économie socialiste de marché, par contre, le développement socioéconomique général de la nation est le principe directeur.

Il ne fait absolument aucun doute que l'économie socialiste de marché crée de nouvelles contradictions. La principale est celle-ci : au fur et à mesure que l'économie croît et que les entreprises capitalistes deviennent elles aussi des géants, une tendance croîtra chez les capitalistes à vouloir assumer le contrôle de l'appareil de l'État. Comme ce fut toujours le cas, ces 60 dernières années, dans les moments cruciaux, la cohésion interne et la fermeté sur les principes du Parti communiste seront alors déterminantes.

La Chine change le monde L'économie socialiste a fait croître la Chine comme jamais aucun autre grand pays dans l'histoire ne l'a fait. La chose n'est pas passée inaperçue dans les pays d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine, où vit 80 pour cent de la population mondiale.

Depuis les années 1990, se met en place dans ces pays ce qu'on appelle le « consensus de Beijing », une approbation générale du modèle chinois de développement. Le consensus de Beijing prend de l'ampleur au fur et à mesure que le consensus de Washington ne cesse de s'affaiblir. Le consensus de Washington est synonyme de néolibéralisme, privatisation, démantèlement des programmes sociaux de l'État, vente aux États-Unis, à l'Europe occidentale ou au Japon des parties les plus rentables de l'économie nationale, octroi de tous les avantages aux couches les plus riches de la population… Tout cela allait en fin de compte faire grand bien aux pays du tiers monde, prétendaient les défenseurs du consensus de Washington. Le chemin serait bien çà et là, de temps à autre, douloureux mais il allait déboucher sur un avenir rayonnant.

C'est le contraire, qui s'est produit : la pauvreté a augmenté, les revenus ont stagné ou baissé, l'enseignement et les soins de santé sont allés à vau-l'eau. Le démantèlement des programmes sociaux a provoqué en Thaïlande une propagation plus grande du sida et, en Indonésie, la diminution des subsides alimentaires à ceux qui souffraient de la faim. Cerise sur le gâteau, le néolibéralisme provoquait de plus en plus de crises économiques en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Ces trente dernières années, il y a eu plus de cent crises économiques graves dans des pays en voie de développement considérés individuellement.

Le consensus de Washington a reçu le coup de grâce en 2008, quand les institutions financières de l'Occident, qui se croyaient supérieures, qui avaient toujours de bons conseils à vendre aux pays du tiers monde, se sont effondrées lamentablement, après quoi il s'en est suivi un chaos sans perspective dans toute l'économie capitalisme.

Peu de gens dans le tiers monde ont oublié comment les spécialistes des institutions financières occidentales les ont mis en garde, des années durant, contre l'effondrement des banques chinoises. Mais le tiers monde voit aujourd'hui comment ces mêmes banques chinoises doivent courir pour venir en aide au trésor américain, sans quoi le numéro un mondial va se retrouver en faillite, ou comment les chefs de bien des multinationales américaines se mettent à plat ventre pour remercier le seigneur Dieu qu'il existe un marché chinois, sans quoi ils peuvent prendre leurs cliques et leurs claques et fermer la boite. La revue d'affaires américaine Forbes écrit : « Ces prochaines années, la prospérité des États-Unis dépendra de ce qui se passera en Chine. Nous dépendons du bon vouloir des Chinois afin de pouvoir financer nos déficits budgétaires. Mais notre dépendance va plus loin. Notre commerce, notre sécurité, notre diplomatie, notre compétitivité ne peuvent croître si les choses ne vont pas bien en Chine. »

La punition encourue par le capitalisme hautain et arrogant qui, à partir du trafic des esclaves, s'est cru supérieur aux « Untermenschen », à ces 80 pour cent de la population mondiale vivant en Asie, en Afrique et en Amérique latine, cette punition est complète. Cela incite à une réflexion fondamentale. Le lauréat du prix Nobel et professeur d'économie Joseph Stiglitz écrivait récemment : « Cette crise passera. Mais aucune crise grave ne passe sans laisser de traces. De l'héritage de cette crise fait partie le combat à l'échelle mondiale entre les idées et à propos de la question de savoir quel système économique est le meilleur pour le peuple. Nulle part ce combat n'est mené avec plus d'acharnement que dans le tiers monde, parmi les gens d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique. Ici fait rage la bataille des idées entre le capitalisme et le socialisme. (…) Les pays du tiers monde sont de plus en plus convaincus que l'on ne doit pas embrasser les idéaux économiques américains, mais qu'on doit s'en écarter le plus rapidement possible. »

Les relations commerciales mettent sens dessus dessous les relations internationales La bataille des idées et le rejet du modèle américain sont aussi une conséquence de la modification des relations économiques dans le monde. La croissance économique de la Chine a fait que le pays est devenu de plus en plus actif sur la scène économique internationale. En vingt ans à peine, voilà ce qui a mis les relations sens dessus dessous.

Dans un volumineux rapport sur la collaboration économique entre l'Afrique et la Chine et l'Afrique et l'Inde, la Banque mondiale écrit : « Des décennies durant, le commerce mondial a été une question entre les pays développés du Nord et les pays en voie de développement du Sud, et entre les pays du Nord mutuellement. Mais, aujourd'hui, il y a un large courant d'investissements et de commerce entre l'Afrique et l'Asie. En l'an 2000, 14 pour cent des exportations africaines allaient vers l'Asie. Aujourd'hui, il s'agit de 27 pour cent. C'est presque autant que les exportations vers les États-Unis et l'Europe, les traditionnels partenaires commerciaux de l'Afrique. La part ouest-européenne des exportations africaines s'est réduite de moitié, durant la période 2000-2005. »

Le moteur de la collaboration économique entre l'Afrique et l'Asie est la Chine. Quarante pour cent des exportations africaines vers l'Asie sont destinées à la Chine.

Le commerce entre la Chine et les autres pays du tiers monde part du principe gagnant-gagnant : les deux partenaires doivent tirer avantage tous deux du commerce. En règle générale, cela signifie que la Chine fournit des infrastructures en échange de minerais et de pétrole. Ainsi, fin 2007, un vaste accord a-t-il été conclu entre le Congo-Kinshasa et la Chine, dans lequel il est écrit qu'en échange de minerais, la Chine va prendre en charge la construction de 31 hôpitaux (de 150 lits chacun), 145 cliniques ou centres de soins de santé (de 50 lits chacun), 4 grandes universités, 20.000 habitations sociales, la distribution d'eau de la ville de Lubumbashi, un nouveau siège du Parlement, 3.300 km de routes, 3.000 km de voies ferrées. Lors de la signature du contrat, le ministre congolais de l'Infrastructure, Pierre Lumbi, a déclaré : « Pour la première fois dans l'histoire, le peuple congolais sait à quoi vont servir notre cobalt, notre nickel et notre cuivre. »

Le journal The Economist écrit : « Cinquante ans d'aide européenne et américaine n'ont pas rapporté grand-chose à l'Afrique. Il en va autrement avec la Chine. En échange de pétrole et de matières premières, la Chine met en place les infrastructures africaines. »

Il est évident que, de la sorte, la Chine suscite beaucoup de bonne volonté et se fait de nombreux amis en Afrique et ce, au détriment des liens entre l'Afrique et les États-Unis et entre l'Afrique et l'Europe.

La même chose se passe en Amérique latine. Là aussi, les liens économiques ont déjà mené à la conclusion de traités de « partenariat stratégique » entre, d'une part, la Chine et, d'autre part, le Brésil, le Venezuela, le Mexique, l'Argentine, le Pérou, Cuba, la Bolivie et le Chili.

L'Asie elle aussi connaît ces changements. Déjà, en 2003, le New York Times constatait : « La domination américaine en Asie, vieille de cinquante ans, s'effrite de plus en plus. Aujourd'hui, les pays asiatiques se tournent en premier lieu vers la Chine. » Entre-temps, la situation a tellement évolué que même les rapports entre les États-Unis et le Japon, Taiwan et la Corée du Sud, les trois principaux alliés des États-Unis en Asie, se retrouvent sous pression. En 1995, la Corée du Sud et Taiwan exportaient chacune deux fois plus vers les États-Unis que vers la Chine. Dix ans plus tard, les deux pays exportaient déjà davantage vers la Chine. En 1995, le Japon exportait trois fois plus vers les États-Unis que vers la Chine. L'an dernier, la Chine est devenue la première destination des exportations japonaises.

Un rapport adressé au Congrès américain dit : « Les courants commerciaux modifiés changent également les rapports de dépendance. Le Japon, Taiwan et la Corée du Sud sont désormais davantage dépendants de la Chine. (…) Les relations économiques font en sorte qu'il y a aujourd'hui plus de collaboration politique et d'entente entre la Chine et le Japon, Taiwan et la Corée du Sud. » Cela coïncide avec l'effritement de plus en plus prononcé de l'influence américaine en Asie.

Sur les trois continents du tiers monde, se produit le même phénomène. Partout semble venir la fin de la période coloniale. Au siècle dernier, et surtout après la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de nations du tiers monde ont arraché leur indépendance. Mais, dans de très nombreux cas, cette indépendance ne fut qu'apparente et elle changea très peu de chose à leur sous-développement. La présence de la Chine sur la scène internationale contribue désormais à une réelle indépendance de ces pays et à leur développement.

L'article ci-dessus date du 1er octobre 2009 et est de la plume de Peter Franssen, rédacteur de www.infochina.be .

Sources :

–Basu, Kaushik. Asian Century | A Comparative Analysis of Growth in China, India and other Asian Economies (Le siècle asiatique. Une analyse comparative de la croissance de la Chine, de l'Inde et d'autres économies asiatiques), Department of Economics, Cornell University, New York, 2009.

–Broadman Harry. Africa's Silk Road | China and India's New Economic Frontier (La route de la soie de l'Afrique. La Chine et la nouvelle frontière économique de l'Inde), The World Bank, Washington, 2007.

–« Contrat Chine-RDC : encore des éclaircissements », Le Potentiel, 10 mai 2008.

–Datta, K.L.. Central Planning | A Case Study of China (Planification centrale/ Etude d'un cas : la Chine), Concept Publishing Company, New Delhi, 2004.

–Deng Xiaoping. « Points essentiels des propos tenus à Wuchang, Shenzhen, Zhuhai et Shanghai », dans : Textes Choisis, Éditions en langues étrangères, Beijing, 1994, Tome III, pp. 379-393.

–Economic Management Department Worldbank, From poor areas to poor people : China's evolving poverty reduction agenda | An asessment of poverty and inequality in China (Département du management économique de la Banque mondiale : Des régions pauvres aux gens pauvres : Agenda chinois de l'évolution de la réduction de la pauvreté. Une évaluation de la pauvreté et de l'inégalité en Chine), New York, 2009.

–Eunjung Cha Ariana. « China Uses Global Crisis to Assert Its Influence » (La Chine utilise la crise mondial pour affirmer son influence), The Washington Post, 23 avril 2009.

–Franssen, Peter. « Le développement du socialisme en Chine », dans : Études marxistes, n° 78, Bruxelles, 2007, pp. 13-115.

–Gabriele Alberto et Francesco Schettino. Market Socialism is a Distinct Socioeconomic Formation Internal to the Modern Mode of Production (Le socialisme de marché est une formation socioéconomique distincte inhérente au mode moderne de production), Unctad, Genève, 2008.

–Gabriele Alberto. The Role of the State in China's Industrial Development : a Reassesment, (Le rôle de l'État dans le développement industriel de la Chine : une réévaluation), Unctad, Genève, 2009.

–Gao Lu. « Seemingly Easy Struggle of Adopting Socialist Market Economy » (La lutte apparemment facile de l'adoption de l'économie socialiste de marché), Jingji Ribao, 14 novembre 1992.

–Faiola Anthony et Mary Jordan. « Developing Nations Set to Get More Say » (Les nations en voie de développement en mesure d'avoir plus à dire), The Washington Post, 31 mars 2009.

–Guo Fei. « Some thoughts on deepening the reform of ownership structure » (Pensées sur l'approfondissement de la réforme de la structure de la propriété), Social Sciences in China, Vol. XXIX, n° 4, novembre 2008, pp. 81-97.

–« Liu Guoguang on socialist market economy' » (LG sur l'économie socialiste de marché), Xinjiang Ribao, 20 novembre 1992.

–Ma Hong. « Establish a New Socialist Market Economic Structure » (Établir une nouvelle structure d'économie socialiste de marché), Jingji Yanjiu, 12 novembre 1992.

–Moffett Sebastian. « Japan Gets Shelter via China Trade » (Le Japon à l'abri grâce au commerce chinois), Wall Street Journal, 5 février 2008.

–Kornai Janos et Yingyi Qian. Market Socialisme in the Light of the Experiences of China and Vietnam (Le socialisme de marché à la lumière des expériences de la Chine et du Vietnam), Palgrave Macmillan, New York, 2009.

–Nanto Dick K. et Emma Chanlett-Avery. The Rise of China and Its Effect on Taiwan, Japan, and South Korea (La montée de la Chine et son effet sur Taiwan, le Japon et la Corée du Sud), CRS Report for Congress, Washington 2006.

–National Bureau of Statistics, China Statistical Yearbook (Livre annuel des stat. chinoises), China Statistics Press, Beijing, 2008.

–Perlez Jane. « Asian Leaders Find China a More Cordial Neighbor » (Les dirigeants asiatiques trouvent en la Chine un voisin plus cordial), The New York Times, 17 octobre 2003.

–Shankar Acharya. « Rising India labours in the shadow of Asia's real giant » (La montée de l'Inde s'opère dans l'ombre du véritable géant asiatique), Financial Times, 29 juillet 2009.

–« Special report on China's quest for resources » (Rapport spécial sur la recherche de ressources par la Chine), The Economist, 15 mars 2008.

–Stiglitz Joseph. « Wall Street's Toxic Message » (Le message empoisonné de WS), Vanity Fair, juillet 2009.

–Thwaites Christian. « China To the Rescue » (La Chine à la rescousse), Forbes, 30 mars 2009.

–Zhang Jiawei. « China enters list of lower-middle-income countries » (La Chine entre dans la liste des pays à revenu moyen inférieur), China Daily, 8 septembre 2009.

–Zhang Xudong. « Statistics Show China's Achievements, Deficiencies Over Past 60 Years » (Les statistiques montrent les réalisations et les déficiences de la Chine ces 60 dernières années), Xinhua, 18 août 2009.

–Zhu Shilong. « Interview with Liu Guoguang » (Interview de LG), Zhongguo Jizhe, 15 novembre 1992.

http://www.infochina.be/fr/node/329

11:28 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, communisme, presse, television, romain, chine, silence, socialisme, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

18/09/2009

17/09/2009: de Michel COLLON, journaliste politique belge...

Sent: Thursday, September 17, 2009 8:06 PM
Subject: NOUVEAU: Freddy à Tel Aviv, Gabon, Serbie, Tibet, Lockerbie, Chavez, humanitaire...

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29/08/2009

29/08/2009: Démantèlement de l´empire militaire et financier US ?

From: FISCHER BERNARD
Sent: Saturday, August 29, 2009 6:58 PM
To: fischer02003@yahoo.fr
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] COMMENT LA CHINE FINANCE LA CRISE


  Michael Hudson : Démantèlement de l´empire militaire et financier US ?

La ville Russe de Iekaterinbourg, la plus importante à l´est de l´Oural, pourrait désormais être connue comme le lieu où sont morts non seulement les tsars mais aussi l´hégémonie américaine.

Non pas uniquement l´endroit où le pilote américain Gary Powers a été abattu en 1960, mais aussi celui où l´ordre financier international dominé par les USA a été mis à bas.

La remise en cause de l´Amérique sera le thème principal des réunions élargies de Iekaterinbourg, en Russie (ex-Sverdlovsk) des 15 et 16 Juin rassemblant le président chinois Hu Jintao, le président russe Dmitri Medvedev et les représentant les six pays de l´ Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).

Cette alliance regroupe la Russie , la Chine , le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l´Ouzbékistan.

L´Iran, l´Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d´observateurs. Mardi le Brésil s´y joindra pour les discussions commerciales entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).

Les participants ont assuré à des diplomates américains que leur objectif n´était pas le démantèlement de l´ empire financier et militaire des États-Unis. Ils veulent simplement discuter de l´aide mutuelle, indépendamment du rôle des États-Unis, de l´OTAN ou du dollar américain en tant que support du commerce international.

Les diplomates américains se demandent ce que cela signifie vraiment, si ce n´est une étape visant à rendre l´hégémonie américaine obsolète. C´est ce que signifie « monde multipolaire », après tout.

Pour commencer, en 2005, l´OCS avait demandé à Washington d´établir un calendrier de retrait de ses bases militaires en Asie centrale. Deux ans plus tard, les pays de l´OCS se sont ralliés officiellement à la position des ex-républiques de la CEI appartenant à l´Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), qui avait été fondée en 2002 en tant que contrepoids à l´OTAN.

Pourtant, la réunion n´a suscité que le désintérêt collectif de la presse aux États-Unis et même en Europe, bien que l´ ordre du jour y soit de remplacer le standard mondial du dollar par un nouveau système financier, ainsi qu´un nouveau système de coopération pour la defense. Un porte-parole du Conseil des Relations Extérieures (Un institut d´études géopolitiques américain, ndt) a déclaré qu´il pouvait difficilement imaginer que la Russie et la Chine puissent surmonter leurs rivalités géopolitiques [1], suggérant que l´Amérique peut pratiquer le « diviser pour régner » que la Grande-Bretagne a si habilement utilisé durant de nombreux siècles pour fragmenter les opposition dans son propre empire. Mais George W. Bush ( qui déclarait « Je suis un rassembleur, non un diviseur ») s´est placé dans la continuité de l´administration Clinton pour pousser la Russie , la Chine et leurs voisins à trouver un terrain
d´entente, lorsqu´il s´agit de trouver une alternative au dollar, et du même coup à la possibilité pour les Etats-Unis de prolonger indéfiniment leur déficit de la balance des paiements.

Cette séquence, qui pourrait représenter les dernières manifestations de l´hégémonie américaine, a débuté dès le mois d´avril lors de la conférence du G-20, et est devenue encore plus explicite à Saint-Pétersbourg au Forum économique international du 5 Juin, lorsque M. Medvedev a demandé à la Chine , la Russie et l´Inde de « construire un ordre mondial de plus en plus multipolaire. » Ce qui signifie en clair : nous avons atteint nos limites en ce qui concerne les subventions à l´encerclement militaire de l´Eurasie par les Etats-Unis, tout en les laissant s´approprier nos exportations, nos entreprises, les actifs et les biens immobiliers en échange d´une monnaie de papier de valeur douteuse.

« Le système unipolaire maintenu artificiellement » dont a parlé M. Medvedev [2], est fondé sur « un seul grand centre de consommation, financé par un déficit croissant, et donc de plus en plus de dettes, une monnaie de réserve jadis forte et une domination dans le système de l´évaluation des actifs et des risques. » A la racine de la crise financière mondiale, a t-il conclu, il y a le fait que les États-Unis produisent trop peu et dépensent trop. Leurs dépenses militaires sont particulièrement choquantes, comme par exemple le renforcement de l´aide militaire américaine à la Georgie annoncé la semaine dernière, le bouclier de l´OTAN en Europe de l´Est, et la mainmise des États-Unis dans les régions riches en pétrole comme le Moyen-Orient et l´Asie centrale.

Le point de friction avec tous ces pays est celui de la capacité qu´ont les États-Unis de faire fonctionner indéfiniment la planche à billets. Le surplus de dépenses d´importations des consommateurs américains par rapport aux exportations, les rachats par les USA de quantités de sociétés étrangères et de biens immobiliers, les dépenses que le Pentagone effectue à l´étranger : tous ces dollars aboutissent dans les banques centrales étrangères. Elles sont ensuite confrontées à un choix difficile : soit recycler ces dollars aux États-Unis en achetant des bons du trésor américains, soit laisser le « marché libre » déterminer le cours de leur monnaie par rapport au dollar - et par là même à déterminer le prix de leurs exportations sur les marchés mondiaux, créant ainsi du chômage et provoquant la faillite d´entreprises.

Lorsque la Chine et d´autres pays recyclent leurs flux de dollar US en achetant des bons du Trésor pour « investir » aux États-Unis, cette accumulation n´est pas vraiment volontaire. Cela ne reflète pas une foi en l´économie américaine qui rémunèrerait l´épargne des banques centrales, ni une quelconque préférence d´investissement, mais tout simplement un manque d´alternatives. Les « marchés libres » à la mode des USA piègent les pays dans un système qui les oblige à accepter indéfiniment des dollars. Mais désormais, ils veulent en sortir.

Cela implique la création d´une nouvelle alternative. Plutôt que de faire simplement « des changements cosmétiques comme certains pays et peut-être les organisations financières internationales pourraient le vouloir », comme l´a dit M. Medvedev à Saint-Pétersbourg : « ce dont nous avons besoin, ce sont des institutions financières d´un type tout à fait nouveau, où ne domineraient ni les problèmes politiques et les motivations [sous-jacentes] , ni aucun pays en particulier. »

Lorsque les dépenses militaires à l´étranger ont provoqué le déficit la balance des paiements US et ont conduit les Etats-Unis à abandonner l´étalon or en 1971, les banques centrales se sont trouvées démunies de cet actif traditionnellement utilisé pour solder les déséquilibres des paiements. La solution par défaut a consisté à investir les flux issus des paiements ultérieurs en obligations du Trésor américain, comme si celles-ci étaient « aussi fiables que l´or ». Les banques centrales détiennent maintenant pour 4 000 milliards de dollars de ces obligations dans leurs réserves internationales. Ces prêts ont également financé la plupart des déficits budgétaires du gouvernement américain depuis maintenant plus de trois décennies ! Etant donné que la moitié environ des dépenses discrétionnaires du gouvernement américain est consacrée aux opérations militaires - dont plus de 750 bases militaires à l´étranger et dans des opérations de plus en plus coûteuses dans les pays producteurs de pétrole et ceux qui permettent son transit - le système financier international est organisé de manière à financer le Pentagone, ainsi que les rachats par les États-Unis d´actifs étrangers censés rapporter beaucoup plus que les bons du Trésor que les banques centrales étrangères détiennent.

La principale question à laquelle sont confrontées les banques centrales mondiales est donc de savoir comment éviter d´ajouter encore plus de dollars US à leurs réserves et, par conséquent, de financer encore plus les dépenses qui creusent le déficit des États-Unis - y compris les dépenses militaires à leurs propres frontières ?

Pour commencer, les six pays de SCO et les pays du BRIC ont l´intention de commercer dans leurs propres monnaies afin de bénéficier mutuellement du crédit que les États-Unis avait monopolisé jusqu´à présent à son profit. À cette fin, la Chine a passé des accords bilatéraux avec l´Argentine et le Brésil pour effectuer leur échanges commerciaux en renminbi, la monnaie chinoise, plutôt qu´en dollar, en livre sterling ou en euros [3] . Il y a deux semaines, la Chine a également conclu un accord avec la Malaisie pour que les deux pays commercent en renminbi [4]. L´ancien Premier ministre, le Dr. Tun Mahathir Mohamad, m´a expliqué en janvier qu´en tant que pays musulman la Malaisie voulait éviter de faire tout ce qui pourrait faciliter l´action militaire américaine contre les pays islamiques, y compris la Palestine. La nation a trop d´actifs en dollars, ont expliqué ses collègues. Le gouverneur de la Banque centrale
chinoise, Zhou Xiao chuan, a écrit officiellement sur son site Internet que l´objectif est maintenant de créer une monnaie de réserve « indépendante d´une nation particulière » [5]. C´est l´objet des discussions à Iekaterinbourg.

En plus d´éviter de financer la prise de contrôle par les États-Unis de leur propre industrie et l´encerclement militaire américain de la planète, la Chine , la Russie et d´autres pays voudraient certainement se développer comme l´Amérique l´a fait. En fait, ils considèrent les États-Unis comme une nation hors-la-loi, financièrement et militairement. Comment caractériser autrement une nation qui promulgue un ensemble de lois pour les autres - sur la guerre, le remboursement de la dette et le traitement des détenus - mais n´en tient pas compte elle-même ? Les États-Unis sont maintenant le plus grand débiteur mais ont évité la punition des « ajustements structurels » imposés à d´autres pays endettés. Les taux d´intérêt US et les réductions d´impôt, alors les déficits commerciaux et budgétaires explosent, sont considérés comme le comble de l´hypocrisie, lorsqu´ils sont comparés à l´austérité que les
programmes de Washington imposent aux autres pays par le biais du FMI et des officines de Washington.

Les États-Unis demandent aux pays endettés de vendre leurs services publics et leurs ressources naturelles, d´augmenter leurs taux d´intérêts et d´augmenter les impôts au détriment de la paix sociale pour dégager un maximum d´argent et payer les créanciers.

Et aux USA, le Congrès a empêché la société Chinoise CNOOK d´acheter Unocal pour des raisons de sécurité nationale, tout comme il a empêché Dubaï d´acquérir des exploitations portuaires américaines et empêché des fonds souverains d´acheter des infrastructures clés. Les étrangers sont invités à imiter les japonais qui avaient investi dans des « éléphants blancs » comme le Rockfeller Center, sur lequel les investisseurs ont rapidement perdu un milliard de dollars puis ont fini par se retirer.

À cet égard, les États-Unis n´ont pas vraiment laissé à la Chine et aux autres pays en situation d´excédent de la balance des paiements d´autres choix que de devoir trouver un moyen d´éviter de nouvelles accumulations de dollars. À ce jour, la Chine tente de diversifier ses avoirs en dollars ailleurs qu´en bons du Trésor US, qui ne se sont pas révélés très fructueux. Hank Paulson, qui venait de la banque Goldman Sachs, avait conseillé à la banque centrale chinoise d´investir dans les titres à haut rendement émis par Fannie Mae et Freddie Mac, en expliquant que ceux-ci étaient de facto des obligations publiques. Ces titres se sont effondrés en 2008, mais au moins, le gouvernement américain a repris ces deux organismes de prêt hypothécaire, augmentant de facto de 5 200 milliards de dollars la dette nationale. En fait, ce renflouement a été rendu nécessaire en grande partie à cause des investissements effectués par les
Etats étrangers.

Infliger des pertes aux investisseurs gouvernementaux étrangers aurait quelque peu atteint la réputation des bons du Trésor, non seulement en détruisant la crédibilité des États-Unis, mais aussi parce que les émissions d´obligations par le gouvernement étaient insuffisantes pour absorber les dollars qui coulaient à flot dans l´économie mondiale avec la montée en flèche du solde déficitaire de la balance des paiements des États-Unis.

En recherchant de nouveaux actifs pour protéger la valeur de leurs avoirs en dollars alors que la bulle de crédit de la Réserve fédérale se traduisait par une baisse des taux d´intérêt, les fonds souverains chinois ont cherché à se diversifier à la fin de 2007. La Chine a pris des participations dans les fonds d´ investissement Blackstone et Morgan Stanley à Wall Street, Barclays en Grande-Bretagne, dans la Standard Bank d´Afrique du Sud (qui fut affiliée à la Chase Manhattan du temps de l´apartheid dans les années 1960) et dans le conglomérat financier belge Fortis proche de l´effondrement. Mais le secteur financier américain s´écroulait sous le poids de sa dette phénoménale, la valeur des actions des banques et des firmes d´investissement a plongé dans le monde entier.

Les étrangers voient le FMI, la Banque mondiale et l´Organisation Mondiale du Commerce comme les représentants de Washington dans un système financier soutenu par les bases militaires américaines et les porte-avions qui entourent la planète. Mais cette domination militaire est un vestige d´un empire américain qui n´est plus en mesure de régner par sa force économique. La puissance militaire américaine est basée davantage sur des armes atomiques et les frappes aériennes à longue distance que sur les opérations au sol, qu´il est devenu politiquement trop impopulaire de monter sur une grande échelle.

Sur le front économique, on ne voit pas comment les États-Unis pourraient trouver les 4 000 milliards de dollars qu´ils doivent aux gouvernements étrangers, à leurs banques centrales et aux fonds souverains mis en place pour écluser la surabondance de dollars. L´Amérique est devenue un mauvais payeur et de fait, une mauvais payeur agressif sur le plan militaire, car elle cherche à conserver le pouvoir sans pareil jadis gagné sur le plan économique. La question qui se pose est de savoir comment peser sur son comportement. Yu Yongding, un ancien conseiller de la banque centrale de Chine désormais membre de l´Académie des Sciences chinoise, a proposé de faire remarquer au secrétaire américain au Trésor Tim Geithner que les États-Unis devraient « épargner » d´abord et avant tout en pratiquant une réduction de leur budget militaire. « Les recettes fiscales des Etats-Unis ne sont pas susceptibles d´augmenter à court terme en
raison de la faible croissance économique, de la rigidité des dépenses et du coût de mener deux guerres. » [6]

À l´heure actuelle, c´est l´épargne étrangère, et non pas celle des américains, qui finance le déficit budgétaire américain en achetant la plupart des bons du Trésor. Cela se traduit par un impôt levé sans la contrepartie d´une représentation des électeurs étrangers sur la manière dont le gouvernement des États-Unis utilise leur épargne forcée. Pour les « diplomates » du système financier , il est donc nécessaire d´élargir le champ d´application de leurs politiques, au-delà du seul marché de secteur privé. Les taux de change sont déterminés par de nombreux facteurs, en plus de celui des « consommateurs brandissant des cartes de crédit » , pour reprendre l´euphémisme habituel qu´utilisent les médias américains à propos du déficit de la balance des paiements. Depuis le 13ème siècle, la guerre a été un facteur dominant dans la balance des paiements des grandes nations - et de leurs dettes. Les
obligations d´Etat financent essentiellement des dettes de guerre, dans la mesure ou en temps de paix les budgets ont tendance à être équilibrés. Ceci relie directement le budget de la guerre à la balance des paiements et aux taux de change.

Les pays étrangers se voient encombrés de reconnaissances de dette qui ne seront pas honorées - dans des conditions telles que s´ils agissent afin de mettre fin au festin américain, le dollar va plonger et leurs avoirs en dollars vont chuter par rapport à leur monnaie nationale et aux autres devises. Si la monnaie chinoise s´apprécie de 10% par rapport au dollar, sa banque centrale enregistrera l´équivalent de 200 milliards de dollars de pertes sur ses 2 000 milliards de dollars.

Cela explique pourquoi, quand les agences de notation envisagent que les titres du Trésor des États-Unis puissent perdre leur notation AAA, elles ne veulent pas signifier que le gouvernement ne serait pas en mesure d´imprimer des dollars papier pour honorer ses dettes. Elles indiquent plutôt que la valeur du dollar va se déprécier internationalement. Et c´est exactement ce qui se passe en ce moment. Lorsque M. Geithner prit un visage grave pour déclarer devant un auditoire à l´Université de Pékin au début du mois de Juin qu´il croyait en un « dollar fort » et que les investissements de la Chine aux États-Unis étaient sûrs, il a été accueilli par des rires sarcastiques [7].

L´anticipation d´une hausse des taux de change de la Chine incite les spéculateurs à chercher à emprunter des dollars pour acheter du renminbi et bénéficier de la hausse. Pour la Chine , le problème est que ce flux spéculatif deviendrait une prophétie auto-réalisatrice en faisant grimper sa monnaie. De ce fait, le problème des réserves est intrinsèquement lié à celui des contrôles de capitaux. Pourquoi la Chine devrait-elle voir ses compagnies rentables vendues pour des dollars fraîchement créés, que la banque centrale doit utiliser pour acheter à faible taux des bons du trésor américain ou perdre encore plus d´argent à Wall Street ? Pour éviter ce dilemme, il est nécessaire d´inverser la philosophie de l´ouverture des marchés de capitaux que le monde a adopté depuis Bretton Woods en 1944...

A l´occasion de la visite de M. Geithner en Chine, « Zhou Xiaochuan, directeur de la Banque populaire de Chine, la banque centrale du pays, a déclaré que c´était la première fois depuis que les pourparlers semestriels ont commencé en 2006, que la Chine avait besoin d´apprendre des erreurs de l´Amérique tout comme de ses succès » lorsqu´il fut question de la déréglementation des marchés de capitaux et du démantèlement des contrôles.

Une ère est donc arrivée à son terme. Face à des dépenses démesurées des Etats-Unis, la dé-dollarisation menace de forcer les pays à revenir aux doubles taux de change, qui furent fréquents entre les deux guerres mondiales : un taux de change pour le commerce des produits, un autre pour les mouvements de capitaux et les investissements, tout au moins pour les économies de la zone dollar [8]...

Même sans contrôle des capitaux, les pays réunis à Iekaterinbourg prennent des mesures pour éviter de recevoir involontairement de plus en plus de dollars. Voyant que l´hégémonie globale des États-Unis ne peut pas se poursuivre en l´absence du pouvoir d´achat qu´ils leur procurent eux-mêmes, ces gouvernements cherchent à hâter ce que Chalmers Johnson a nommé dans son ouvrage « les douleurs de l´empire » : la faillite de l´ordre mondial financier et militaire américain. Si la Chine , la Russie et leurs alliés non-alignés suivent leur propre chemin, les États-Unis ne pourront plus vivre grâce à l´épargne des autres (sous la forme de leurs propres dollars recyclés), ni disposer de cet argent pour financer des dépenses militaires illimitées.

Des responsables américains voulaient assister à la réunion de Iekaterinbourg en tant qu´observateurs. On leur a répondu : non. C´est un mot que les américains vont entendre beaucoup plus souvent à l´avenir.

Article original en anglais, De-Dollarization: Dismantling America´s Financial-Military Empire, The Yekaterinburg Turning Point, publié le 13 juin 2009.

Traduction Madeleine Chevassus pour Contre Info. .

Michael Hudson est un économiste spécialisé dans le domaine de la balance des paiements. Il a été le conseiller économique en chef du candidat Démocrate à la présidentielle Dennis Kucinich. Il est l´auteur de nombreux ouvrages, dont : « Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire ».

Michael Hudson

http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=va&...

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-35418281.html

20:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, usa, romain, belgique, capitalisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

07/07/2009

0/07/2009: les révolutions et contre-révolutions colorées : Pourquoi ? Comment ?



 

 

Sent: Monday, July 06, 2009 2:56 PM
Subject: [JUGOINFO] Slavoj Zizek e le rivoluzioni color merda

 

(francais / italiano)

Slavoj Zizek e le rivoluzioni color merda

1) La « révolution colorée » échoue en Iran (par Thierry Meyssan)2) Le rivoluzioni color merda (G. Petrosillo) / Fallisce in Iran la « rivoluzione colorata »(Thierry Meyssan)


=== 1 ===

castellano: 
La técnica del golpe de Estado «por debajo»
La «revolución de color» fracasa en Irán

english:
The grassroots takeover technique
« Color revolution » fails in Iran

italiano: 
La tecnica dei colpi di Stato dal basso
Fallisce in Iran la « rivoluzione colorata »
oppure più sotto in questo stesso messaggio

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La technique des coups d’État par en bas


La « révolution colorée » échoue en Iran 

par Thierry Meyssan*

La « révolution verte » de Téhéran est le dernier avatar des « révolutions colorées » qui ont permis aux États-unis d’imposer des gouvernements à leur solde dans plusieurs pays sans avoir à recourir à la force. Thierry Meyssan, qui a conseillé deux gouvernements face à ces crises, analyse cette méthode et les raisons de son échec en Iran.

24 JUIN 2009

Depuis
Beyrouth (Liban)


Les « révolution colorées » sont aux révolutions ce que le Canada Dry est à la bière. Elles y ressemblent, mais n’en ont pas la saveur. Ce sont des changements de régime ayant l’apparence d’une révolution, en ce qu’ils mobilisent de vastes segments du Peuple, mais relevant du coup d’État, en ce qu’il ne visent pas à changer les structures sociales, mais à substituer une élite à une autre pour conduire une politique économique et étrangère pro-US. La « révolution verte » de Téhéran en est le dernier exemple.

Origine du concept

Ce concept est apparu dans les années 90, mais trouve ses origines dans les débats US des années 70-80. Après les révélations en chaîne sur les coups d’État fomentés par la CIA dans le monde, et le grand déballage des commissions parlementaires Church et Rockefeller [1], l’amiral Stansfield Turner fut chargé par le président Carter de nettoyer l’agence et de cesser tout soutien aux « dictatures maison ». Furieux, les sociaux démocrates états-uniens (SD/USA) quittèrent le Parti démocrate et rejoignirent Ronald Reagan. Il s’agissait de brillants intellectuels trotskistes [2], souvent liés à la revue Commentary. Lorsque Reagan fut élu, il leur confia la tâche de poursuivre l’ingérence US, mais par d’autres moyens. C’est ainsi qu’ils créent en 1982 la National Endowment for Democracy (NED) [3] et, en 1984, l’United States Institute for Peace (USIP). Les deux structures sont organiquement liées : des administrateurs de la NED siègent au conseil d’administration de l’USIP et vice-versa.

Juridiquement, la NED est une association à but non lucratif, de droit US, financée par une subvention annuelle votée par le Congrès à l’intérieur du budget du département d’État. Pour mener ses actions, elle les fait co-financer par l’US Agency for International Development (USAID), elle-même rattachée au département d’État. 
En pratique, cette structure juridique n’est qu’un paravent utilisé conjointement par la CIA états-unienne, le MI6 britannique et l’ASIS australien (et occasionnellement par les services canadiens et néo-zélandais)
La NED se présente comme un organe de « promotion de la démocratie ». Elle intervient soit directement ; soit par ses quatre tentacules : l’une destinée à corrompre les syndicats, une seconde chargée de corrompre les patronats, une troisième pour les partis de gauche et une quatrième pour ceux de droite ; soit encore par l’intermédiaire de fondations amies, telles que la Westminster Foundation for Democracy (Royaume-Uni), l’International Center for Human Rights and Democratic Development (Canada), la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Robert-Schuman (France), l’International Liberal Center (Suède), l’Alfred Mozer Foundation (Pays-Bas), la Friedrich Ebert Stiftung, la Friedrich Naunmann Stiftung, la Hans Seidal Stiftung et la Heinrich Boell Stiftung (Allemagne). La NED revendique avoir corrompu ainsi plus de 6 000 organisations dans le monde en une trentaine d’années. Tout ça, bien entendu, étant camouflé sous l’apparence de programmes de formation ou d’assistance.

[PHOTO: Les quatre instituts satellites de la NED - http://www.voltairenet.org/IMG/gif/fr-NED-2.gif ]

L’USIP, quant à lui, est une institution nationale états-unienne. Il est subventionné annuellement par le Congrès dans le budget du département de la Défense. À la différence de la NED, qui sert de couverture aux services des trois États alliés, l’USIP est exclusivement états-unien. Sous couvert de recherche en sciences politique, il peut salarier des personnalités politiques étrangères.

Dès qu’il a disposé de ressources, l’USIP a financé une nouvelle et discrète structure, l’Albert Einstein Institution [4]. Cette petite association de promotion de la non-violence était initialement chargée d’imaginer une forme de défense civile pour les populations d’Europe de l’Ouest en cas d’invasion par le Pacte de Varsovie. Elle a rapidement pris son autonomie et modélisé les conditions dans lesquelles un pouvoir étatique, de quelque nature qu’il soit, peut perdre son autorité et s’effondrer.

Premières tentatives

La première tentative de « révolution colorée » a échoué en 1989. Il s’agissait de renverser Deng Xiaoping en s’appuyant sur un de ses proches collaborateurs, le secrétaire général du Parti communiste chinois Zhao Ziyang, de manière à ouvrir le marché chinois aux investisseurs états-uniens et à faire entrer la Chine dans l’orbite US. Les jeunes partisans de Zhao envahirent la place Tienanmen [5]. Ils furent présentés par les médias occidentaux comme des étudiants a-politiques se battant pour la liberté face à l’aile traditionnelle du Parti, alors qu’il s’agissait d’une dissidence à l’intérieur du courant de Deng entre nationalistes et pro-US. Après avoir longtemps résisté aux provocations, Deng décida de conclure par la force. La répression fit entre 300 et 1000 morts selon les sources. 
20 ans plus tard, la version occidentale de ce coup d’État raté n’a pas variée. Les médias occidentaux qui ont couvert récemment cet anniversaire en le présentant comme une « révolte populaire » se sont étonnés de ce que les Pékinois n’ont pas gardé souvenir de l’événement. C’est qu’une lutte de pouvoir au sein du Parti n’avait rien de « populaire ». Ils ne se sentaient pas concernés.

La première « révolution colorée » réussit en 1990. Alors que l’Union soviétique était en cours de dissolution, le secrétaire d’État James Baker se rendit en Bulgarie pour participer à la campagne électorale du parti pro-US, abondamment financé par la NED [6]. Cependant, malgré les pressions du Royaume-Uni, les Bulgares, effrayés par les conséquences sociales du passage de l’URSS à l’économie de marché, commirent l’impardonnable faute d’élire au Parlement une majorité de post-communistes. Alors que les observateurs de la Communauté européenne certifièrent la bonne tenue du scrutin, l’opposition pro-US hurla à la fraude électorale et descendit dans la rue. Elle installa un campement au centre de Sofia et plongea le pays dans le chaos six mois durant, jusqu’à ce que le Parlement élise le pro-US Zhelyu Zhelev comme président.

La « démocratie » : vendre son pays à des intérêts étrangers à l’insu de sa population

Depuis lors, Washington n’a cessé d’organiser des changements de régime, un peu partout dans le monde, par l’agitation de rue plutôt que par des juntes militaires. Il importe ici de cerner les enjeux. 
Au-delà du discours lénifiant sur la « promotion de la démocratie », l’action de Washington vise à l’imposition de régimes qui lui ouvrent sans conditions les marchés intérieurs et s’alignent sur sa politique étrangère. Or, si ces objectifs sont connus des dirigeants des « révolutions colorées », ils ne sont jamais discutés et acceptés par les manifestants qu’ils mobilisent. Et, dans le cas où ces coup d’État réussissent, les citoyens ne tardent pas à se révolter contre les nouvelles politiques qu’on leur impose, même s’il est trop tard pour revenir en arrière. 
Par ailleurs, comment peut-on considérer comme « démocratiques » des oppositions qui, pour prendre le pouvoir, vendent leur pays à des intérêts étrangers à l’insu de leur population ?

En 2005, l’opposition kirghize conteste le résultat des élections législatives et amène à Bichkek des manifestants du Sud du pays. Ils renversent le président Askar Akaïev. C’est la « révolution des tulipes ». L’Assemblée nationale élit comme président le pro-US Kourmanbek Bakiev. Ne parvenant pas à maîtriser ses supporters qui pillent la capitale, il déclare avoir chassé le dictateur et feint de vouloir créer un gouvernement d’union nationale. Il fait sortir de prison le général Felix Kulov, ancien maire de Bichkek, et le nomme ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre. Lorsque la situation est stabilisée, Bakaiev se débarrasse de Kulov et vend, sans appel d’offre et avec des dessous de table conséquents, les quelques ressources du pays à des sociétés US et installe une base militaire US à Manas. Le niveau de vie de la population n’a jamais été aussi bas. Felix Kulov propose de relever le pays en le fédérant, comme par le passé, à la Russie. Il ne tarde pas à retourner en prison.

Un mal pour un bien ?

On objecte parfois, dans le cas d’États soumis à des régimes répressifs, que si ces « révolutions colorées » n’apportent qu’une démocratie de façade, elles procurent néanmoins un mieux-être aux populations. Or, l’expérience montre que rien n’est moins sûr. Les nouveaux régimes peuvent s’avérer plus répressifs que les anciens.

En 2003, Washington, Londres et Paris [7] organisent la « révolution des roses » en Géorgie [8]. Selon un schéma classique, l’opposition dénonce des fraudes électorales lors des élections législatives et descend dans la rue. Les manifestants contraignent le président Edouard Chevardnadze à fuir et prennent le pouvoir. Son successeur Mikhail Saakachvili ouvre le pays aux intérêts économiques US et rompt avec le voisin russe. L’aide économique promise par Washington pour se substituer à l’aide russe ne vient pas. L’économie, déjà compromise, s’effondre. Pour continuer à satisfaire ses commanditaires, Saakachvili doit imposer une dictature [9]. Il ferme des médias et remplit les prisons, ce qui n’empêche absolument pas la presse occidentale de continuer à le présenter comme « démocrate ». Condamné à la fuite en avant, Saakachvili décide de se refaire une popularité en se lançant dans une aventure militaire. Avec l’aide de l’administration Bush et d’Israël auquel il a loué des bases aériennes, il bombarde la population d’Ossétie du Sud, faisant 1600 morts, dont la plupart ont la double nationalité russe. Moscou riposte. Les conseillers états-uniens et israéliens s’enfuient [10]. La Géorgie est dévastée.

Assez !

Le mécanisme principal des « révolutions colorées » consiste à focaliser le mécontentement populaire sur la cible que l’on veut abattre. Il s’agit d’un phénomène de psychologie des masses qui balaye tout sur son passage et auquel aucun obstacle raisonnable ne peut être opposé. Le bouc-émissaire est accusé de tous les maux qui accablent le pays depuis au moins une génération. Plus il résiste, plus la colère de la foule croît. Lorsqu’il cède ou qu’il esquive, la population retrouve ses esprits, les clivages raisonnables entre ses partisans et ses opposants réapparaissent.

En 2005, dans les heures qui suivent l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafik Hariri, la rumeur se répand au Liban qu’il a été tué par « les Syriens ». L’armée syrienne, qui —en vertu de l’Accord de Taëf— maintient l’ordre depuis la fin de la guerre civile, est conspuée. Le président syrien, Bachar el-Assad, est personnellement mis en cause par les autorités états-uniennes, ce qui tient lieu de preuve pour l’opinion publique. À ceux qui font remarquer que —malgré des moments orageux— Rafik Hariri a toujours été utile à la Syrie et que sa mort prive Damas d’un collaborateur essentiel, on rétorque que le « régime syrien » est si mauvais en soi qu’il ne peut s’empêcher de tuer même ses amis. Les Libanais appellent de leurs vœux un débarquement des GI’s pour chasser les Syriens. Mais, à la surprise générale, Bachar el-Assad, considérant que son armée n’est plus la bienvenue au Liban alors que son déploiement lui coûte cher, retire ses hommes. Des élections législatives sont organisées qui voient le triomphe de la coalition « anti-syrienne ». C’est la « révolution du cèdre ». Lorsque la situation se stabilise, chacun se rend compte et que, si des généraux syriens ont par le passé pillé le pays, le départ de l’armée syrienne ne change rien économiquement. Surtout, le pays est en danger, il n’a plus les moyens de se défendre face à l’expansionnisme du voisin israélien. Le principal leader « anti-syrien », le général Michel Aoun, se ravise et passe dans l’opposition. Furieux, Washington multiplie les projets pour l’assassiner. Michel Aoun s’allie au Hezbollah autour d’une plate-forme patriotique. Il était temps : Israël attaque.

Dans tous les cas, Washington prépare à l’avance le gouvernement « démocratique », ce qui confirme bien qu’il s’agit d’un coup d’État déguisé. La composition de la nouvelle équipe est gardée secrète le plus longtemps possible. C’est pourquoi la désignation du bouc-émissaire se fait sans jamais évoquer d’alternative politique.

En Serbie, les jeunes « révolutionnaires » pro-US ont choisi un logo appartenant à l’imaginaire communiste (le poing levé) pour masquer leur subordination aux États-Unis. Ils ont pris comme slogan « Il est fini ! », fédérant ainsi les mécontents contre la personnalité de Slobodan Milosevic qu’ils ont rendu responsable des bombardements du pays pourtant effectués par l’OTAN. Ce modèle a été dupliqué en nombre, par exemple le groupe Pora ! en Ukraine, ou Zubr en Biélorussie.

Une non-violence de façade

Les communicants du département d’État veillent à l’image non-violente des « révolutions colorées ». Toutes mettent en avant les théories de Gene Sharp, fondateur de l’Albert Einstein Institution. Or, la non-violence est une méthode de combat destinée à convaincre le pouvoir de changer de politique. Pour qu’une minorité s’empare du pouvoir et l’exerce, il lui faut toujours, à un moment ou à un autre, utiliser la violence. Et toutes les « révolutions colorées » l’ont fait.

[PHOTO: Srdja Popovic (à gauche), leader serbe du mouvement Otpor, Gene Sharp, fondateur de l’Albert Einstein Institution (au centre) et son adjoint le colonel Robert Helvey, doyen de l’École de formation des attachés militaires d’ambassade. - http://www.voltairenet.org/IMG/jpg/fr-sharp-serbie-2.jpg ]

En 2000, alors que le mandat du président Slobodan Milosevic courait encore pour un an, il convoqua des élections anticipées. Lui-même et son principal opposant, Vojislav Koštunica, se retrouvèrent en ballotage. Sans attendre le second tour de scrutin, l’opposition cria à la fraude et descendit dans la rue. Des milliers de manifestants affluèrent vers la capitale, dont les mineurs de Kolubara. Leurs journées de travail étaient indirectement payées par la NED, sans qu’ils aient conscience d’être rémunérés par les États-Unis. La pression de la manifestation étant insuffisante, les mineurs attaquèrent des bâtiments publics avec des bulldozers qu’ils avaient acheminé avec eux, d’où le nom de « révolution des bulldozers ».

Dans le cas où la tension s’éternise et que des contre-manifestations s’organisent, la seule solution pour Washington est de plonger le pays dans le chaos. Des agents provocateurs sont alors postés dans les deux camps qui tirent sur la foule. Chaque partie peut constater que ceux d’en face ont tiré alors qu’ils s’avançaient pacifiquement. L’affrontement se généralise.

En 2002, la bourgeoisie de Caracas descend dans la rue pour conspuer la politique sociale du président Hugo Chavez [11]. Par d’habiles montages, les télévisions privées donnent l’impression d’une marée humaine. Ils sont 50 000 selon les observateurs, 1 million d’après la presse et le département d’État. Survient alors l’incident du pont Llaguno. Les télévisions montrent clairement des pro-chavistes armes à la main tirant sur la foule. Dans une conférence de presse, le général de la Garde nationale et vice-ministre de la sécurité intérieure confirme que les « milices chavistes » ont tiré sur le peuple faisant 19 morts. Il démissionne et appelle au renversement de la dictature. Le président ne tarde pas à être arrêté par des militaires insurgés. Mais le Peuple par millions descend dans la capitale et rétablit l’ordre constitutionnel. 
Une enquête journalistique ultérieure reconstituera en détail la tuerie du pont Llaguno. Elle mettra en évidence un montage fallacieux des images, dont l’ordre chronologique a été falsifié comme l’attestent les cadrans des montres des protagonistes. En réalité, ce sont les chavistes qui étaient agressés et qui, après s’être repliés, tentaient de se dégager en utilisant des armes à feu. Les agents provocateurs étaient des policiers locaux formés par une agence US [12].

En 2006, la NED réorganise l’opposition au président kenyan Mwai Kibaki. Elle finance la création du Parti orange de Raila Odinga. Celui-ci reçoit le soutien du sénateur Barack Obama, accompagné de spécialistes de la déstabilisation (Mark Lippert, actuel chef de cabinet du conseiller de sécurité nationale, et le général Jonathan S. Gration, actuel envoyé spécial du président US pour le Soudan). Participant à un meeting d’Odinga, le sénateur de l’Illinois s’invente un vague lien de parenté avec le candidat pro-US. Cependant Odinga perd les élections législatives de 2007. Soutenu par le sénateur John McCain, en sa qualité de président de l’IRI (le pseudopode républicain de la NED), il conteste la sincérité du scrutin et appelle ses partisans à descendre dans la rue. 
C’est alors que des messages SMS anonymes sont diffusés en masse aux électeurs de l’ethnie Luo. « Chers Kenyans, les Kikuyu ont volé l’avenir de nos enfants…nous devons les traiter de la seule manière qu’ils comprennent… la violence ». Le pays, pourtant un des plus stables d’Afrique, s’embrase soudainement. Après des journées d’émeutes, le président Kibaki est contraint d’accepter la médiation de Madeleine Albright, en sa qualité de présidente du NDI (le pseudopode démocrate de la NED). Un poste de Premier ministre est créé qui revient à Odinga. Les SMS de la haine n’ayant pas été envoyés depuis des installations kenyanes, on se demande quelle puissance étrangère a pu les expédier.

La mobilisation de l’opinion publique internationale

Au cours des dernières années, Washington a eu l’occasion de lancer des « révolutions colorées » avec la conviction qu’elles échoueraient à prendre le pouvoir mais qu’elle permettrait de manipuler l’opinion publique et les institutions internationales.

En 2007, de nombreux Birmans s’insurgent contre l’augmentation des prix du fuel domestique. Les manifestations dégénèrent. Les moines bouddhistes prennent la tête de la contestation. C’est la « révolution safran » [13]. En réalité, Washington n’a que faire du régime de Rangoon ; ce qui l’intéresse, c’est d’instrumenter le Peuple birman pour faire pression sur la Chine qui a des intérêts stratégiques en Birmanie (pipelines et base militaire de renseignement électronique). Dès lors, l’important est de mettre en scène la réalité. Des images prises par des téléphones portables apparaissent sur YouTube. Elles sont anonymes, invérifiables et hors contexte. Précisément, leur apparente spontanéité leur donne autorité. La Maison-Blanche peut imposer son interprétation des vidéos.

Plus récemment, en 2008, des manifestations estudiantines paralysent la Grèce à la suite du meurtre d’un jeune homme de 15 ans par un policier. Rapidement des casseurs font leur apparition. Ils ont été recrutés au Kosovo voisin et acheminés par autobus. Les centre-villes sont saccagés. Washington cherche à faire fuir les capitaux vers d’autres cieux et à se réserver le monopole des investissements dans les terminaux gaziers en construction. Une campagne de presse va donc faire passer le poussif gouvernement Karamanlis pour celui des colonels. Facebook et Twittter sont utilisés pour mobiliser la diaspora grecque. Les manifestations s’étendent à Istanbul, Nicosie, Dublin, Londres, Amsterdam, La Haye, Copenhague, Francfort, Paris, Rome, Madrid, Barcelone, etc.

La révolution verte

L’opération conduite en 2009 en Iran s’inscrit dans cette longue liste de pseudos révolutions. En premier lieu, le Congrès vote en 2007 une enveloppe de 400 millions de dollars pour « changer le régime » en Iran. Celle-ci s’ajoute aux budgets ad hoc de la NED, de l’USAID, de la CIA et tutti quanti. On ignore comment cet argent est utilisé, mais trois groupes principaux en sont destinataires : la famille Rafsandjani, la famille Pahlevi, et les Moudjahidines du peuple.

L’administration Bush prend la décision de commanditer une « révolution colorée » en Iran après avoir confirmé la décision de l’état-major de ne pas attaquer militairement ce pays. Ce choix est validé par l’administration Obama. Par défaut, on rouvre donc le dossier de « révolution colorée », préparé en 2002 avec Israël au sein de l’American Enterprise Institute. À l’époque j’avais publié un article sur ce dispositif [14]. Il suffit de s’y reporter pour identifier les protagonistes actuels : il a été peu modifié. Une partie libanaise a été ajoutée prévoyant un soulèvement à Beyrouth en cas de victoire de la coalition patriotique (Hezbollah, Aoun) aux élections législatives, mais elle a été annulée.

Le scénario prévoyait un soutien massif au candidat choisi par l’ayatollah Rafsandjani, la contestation des résultats de l’élection présidentielle, des attentats tous azimuts, le renversement du président Ahmadinejad et du guide suprême l’ayatollah Khamenei, l’installation d’un gouvernement de transition dirigé par Mousavi, puis la restauration de la monarchie et l’installation d’un gouvernement dirigé par Sohrab Sobhani.

Comme imaginé en 2002, l’opération a été supervisée par Morris Amitay et Michael Ledeen. Elle a mobilisé en Iran les réseaux de l’Irangate. 
Ici un petit rappel historique est nécessaire. L’Irangate est une vente d’armes illicite : la Maison-Blanche souhaitait approvisionner en armes les Contras nicaraguayens (pour lutter contre les sandinistes) d’une part et l’Iran d’autre part (pour faire durer jusqu’à épuisement la guerre Iran-Irak), mais en était interdit par le Congrès. Les Israéliens proposèrent alors de sous-traiter les deux opérations à la fois. Ledeen, qui est double national États-unien/Israélien sert d’agent de liaison à Washington, tandis que Mahmoud Rafsandjani (le frère de l’ayatollah) est son correspondant à Téhéran. Le tout sur fond de corruption généralisée. Lorsque le scandale éclate aux États-Unis, une commission d’enquête indépendante est dirigée par le sénateur Tower et le général Brent Scowcroft (le mentor de Robert Gates). 
Michael Ledeen est un vieux briscard des opérations secrètes. On le trouve à Rome lors de l’assassinat d’Aldo Moro, on le retrouve dans l’invention de la piste bulgare lors de la tentaive d’assassinat de Jean-Paul II, ou plus récemment dans l’invention de l’approvisionnement de Saddam Hussein en uranium nigérian. Il travaille aujourd’hui à l’American Enterprise Institute [15] (aux côtés de Richard Perle et Paul Wolfowitz) et à la Foundation for the Defense of Democracies [16]. 
Morris Amitay est ancien directeur de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC). Il est aujourd’hui vice-président du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) et directeur d’un cabinet conseil pour de grandes firmes d’armement.

Le 27 avril dernier, Morris et Ledeen organisaient un séminaire sur l’Iran à l’American Enterprise Institute à propos des élections iraniennes, autour du sénateur Joseph Lieberman. Le 15 mai dernier, nouveau séminaire. La partie publique consistait en une table ronde animée par l’ambassadeur John Bolton à propos du « grand marchandage » : Moscou accepterait-il de laisser tomber Téhéran en échange du renoncement de Washington au bouclier anti-missile en Europe centrale ? L’expert français Bernard Hourcade participait à ces échanges. Simultanément, l’Institut lançait un site internet destiné à la presse dans la crise à venir :IranTracker.org. Le site inclut une rubrique sur les élections libanaises.

En Iran, il appartenait à l’ayatollah Rafsandjani de renverser son vieux rival, l’ayatollah Khamenei. Issu d’une famille d’agriculteurs, Hachemi Rafsandjani a fait fortune dans la spéculation immobilière sous le Chah. Il est devenu le principal grossiste en pistaches du pays et a arrondi sa fortune durant l’Irangate. Ses avoirs sont évalués à plusieurs milliards de dollars. Devenu l’homme le plus riche d’Iran, il a été successivement président du parlement, président de la République et aujourd’hui président du Conseil de discernement (instance d’arbitrage entre le parlement et le Conseil des gardiens de la constitution). Il représente les intérêts du bazar, c’est-à-dire des commerçants de Téhéran. 
Durant la campagne électorale, Rafsandjani avait fait promettre à son ex-adversaire devenu son poulain, Mirhossein Mousavi, de privatiser le secteur pétrolier.

Sans connexion aucune avec Rafsandjani, Washington a fait appel aux Moudjahidines du peuple [17]. Cette organisation protégée par le Pentagone est considérée comme terroriste par le département d’État et l’a été par l’Union européenne. Elle a effectivement mené de terribles opérations dans les années 80, dont un méga-attentat qui coûta la vie à l’ayatollah Behechti ainsi qu’à quatre ministre, six ministres adjoints et le quart du groupe parlementaire du Parti de la république islamique. L’organisation est commandée par Massoud Rajavi, qui épouse en première noces la fille du président Bani Sadr, puis la cruelle Myriam en seconde noces. Son siège est installé en région parisienne et ses bases militaires en Irak, d’abord sous la protection de Saddam Husein, puis aujourd’hui sous celle du département de la Défense. Ce sont les Moudjahidines qui ont assuré la logistique des attentats à la bombe durant la campagne électorale [18]. C’est à eux qu’il revenait de provoquer des accrochages entre militants pro et anti-Ahmadinejad, ce qu’ils ont probablement fait.

Dans le cas où le chaos se serait installé, le Guide suprême aurait pu être renversé. Un gouvernement de transition, dirigé par Mirhussein Mousavi aurait privatisé le secteur pétrolier et rétabli la monarchie. Le fils de l’ancien Shah, Reza Cyrus Pahlavi, serait remonté sur le trône et aurait désigné Sohrab Sobhani comme Premier ministre. 
Dans cette perspective, Reza Pahlavi a publié en février un livre d’entretiens avec le journaliste français Michel Taubmann. Celui-ci est directeur du bureau d’information parisien d’Arte et préside le Cercle de l’Observatoire, le club des néo-conservateurs français. 
On se souvient que Washington avait prévu identiquement le rétablissement de la monarchie en Afghanistan. Mohammed Zaher Shah devait reprendre son trône à Kaboul et Hamid Karzai devait être son Premier ministre. Malheureusement, à 88 ans, le prétendant était devenu sénile. Karzai devint donc président de la République. Comme Karzai, Sobhani est double national états-unien. Comme lui, il travaille dans le secteur pétrolier de la Caspienne.

Côté propagande, le dispositif initial était confié au cabinet Benador Associates. Mais il a évolué sous l’influence de l’assistante du secrétaire d’État pour l’Éducation et la Culture, Goli Ameri. Cette iranienne-états-unienne est une ancienne collaboratrice de John Bolton. Spécialiste des nouveaux médias, elle a mis en place des programmes d’équipement et de formation à l’internet pour les amis de Rafsandjani. Elle a aussi développé des radios et télévisions en langue farsi pour la propagande du département d’État et en coordination avec la BBC britannique.

La déstabilisation de l’Iran a échoué parce que le principal ressort des « révolutions colorées » n’a pas été correctement activé. MirHussein Mousavi n’est pas parvenu à cristalliser les mécontentements sur la personne de Mahmoud Ahmadinejad. Le Peuple iranien ne s’est pas trompé, il n’a pas rendu le président sortant responsables des conséquences des sanctions économiques états-uniennes sur le pays. Dès lors, la contestation s’est limitée à la bourgeoisie des quartiers nord de Téhéran. Le pouvoir s’est abstenu d’opposer des manifestations les unes contre les autres et a laissé les comploteurs se découvrir. 
Cependant, il faut admettre que l’intoxication des médias occidentaux a fonctionné. L’opinion publique étrangère a réellement cru que deux millions d’Iraniens étaient descendus dans la rue, lorsque le chiffre réel est au moins dix fois inférieur. Le maintien en résidence des correspondants de presse a facilité ces exagérations en les dispensant de fournir les preuves de leurs imputations.

Ayant renoncé à la guerre et échoué à renverser le régime, quelle carte reste-t-il dans les mains de Barack Obama ?

Thierry Meyssan

Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).





[1] Les multiples rapports et documents publiés par ces commissions sont disponibles en ligne sur le site The Assassination Archives and Research Center. Les principaux extraits des rapports ont été traduits en français sous le titre Les Complots de la CIA, manipulations et assassinats, Stock, 1976, 608 pp.

[2] « Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme », par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.

[3] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.

[4] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 janvier 2005.

[5] « Tienanmen, 20 ans après », par le professeur Domenico Losurdo, Réseau Voltaire, 9 juin 2009.

[6] À l’époque, la NED s’appuie en Europe orientale sur la Free Congress Foundation (FCF), animée par des républicains. Par la suite, cette organisation disparaît et cède la place à la Soros Foundation, animée par des démocrates, avec laquelle la NED fomente de nouveaux « changements de régime ».

[7] Soucieux d’apaiser les relations franco-US après la crise irakienne, le président Jacques Chirac tente de se rapprocher de l’administration bush sur le dos des Géorgiens, d’autant que la France a des intérêts économiques en Géorgie. Salomé Zourabichvili, n°2 des services secrets français, est nommée ambassadrice à Tbilissi, puis change de nationalité et devient ministre des Affaires étrangères de la « révolution des roses ».

[8] « Les dessous du coup d’État en Géorgie », par Paul Labarique,Réseau Voltaire, 7 janvier 2004.

[9] « Géorgie : Saakachvili jette son opposition en prison » et « Manifestations à Tbilissi contre la dictature des roses », Réseau Voltaire, 12 septembre 2006 et 30 septembre 2007.

[10] L’administration Bush espérait que ce conflit ferait diversion. Les bombardiers israéliens devaient simultanément décoller de Géorgie pour frapper l’Iran voisin. Mais, avant même d’attaquer les installations militaires géorgiennes, la Russie bombarde les aéroports loués à Israël et cloue ses avions au sol.

[11] « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 18 mai 2002.

[12Llaguno Bridge. Keys to a Massacre. Documentaire d’Angel Palacios, Panafilms 2005.

[13] « Birmanie : la sollicitude intéressée des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 novembre 2007.

[14] « Les bonnes raisons d’intervenir en Iran », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 février 2004.

[15] « L’Institut américain de l’entreprise à la Maison-Blanche  »,Réseau Voltaire, 21 juin 2004.

[16] « Les trucages de la Foundation for the Defense of Democracies », Réseau Voltaire, 2 février 2005.

[17] « Les Moudjahidin perdus », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 17 février 2004.

[18] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidines du Peuple », Réseau Voltaire, 13 juin 2009.



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LE RIVOLUZIONI COLOR MERDA


Vi propongo questo articolo dell’analista politico Thierry Meyssan che ho tradotto dal francese. Si tratta della lunga parabola delle rivoluzioni colorate, a partire da quella cinese del 1989, finita nel bagno di sangue di Tien An Men, fino al tentativo, fallito anch’esso, di capovolgere il presidente Ahmadinejad, rieletto a furor di popolo, con quasi 11 milioni di voti di scarto rispetto al suo avversario, nelle ultime elezioni iraniane. Un pezzo di rara saggezza e di meticolosa ricostruzione storica che ha la forza di uno pugno intellettuale sferrato nei denti di chi, soprattutto a sinistra, si è stracciato le vesti e si è commosso di fronte alla reazione violenta (ma poteva esserlo di più) dei poteri costituiti iraniani, rei di non essersi inginocchiati al cospetto dei principi della santissima democrazia (occidentale) e a quelli, ancor più pretestuosi, dei diritti umani. Tra i neoservi s’iscrive, con un brano farneticante e illogico (almeno rispetto alla sua precedente produzione teorica) - che non ci risparmia nemmeno l’uso di un linguaggio conformista e spocchioso, per quanto appena più sottile - anche Slavoj Zizek, del quale ho spesso, incautamente, perorato le teorie dalle pagine virtuali di questo blog. 

Il filosofo sloveno, che passa per essere un intenditore del pensiero di Marx e di Lenin, finisce nella rete mediatica ordita dal circuito manipolatore filo-statunitense come il più sguarnito (di armi critiche) uomo della strada, di colui che affolla quell’“astrazione indeterminata” comunemente definita pubblica opinione. Meyssan dà, sotto questo aspetto, una vera e propria lezione di marxismo a Zizek, sostenendo il punto secondo il quale non si è mai vista una rivoluzione che anziché puntare alla trasformazione delle strutture sociali (ergo ai rapporti sociali intorno ai quali queste si condensano) mira a rovesciare fisicamente un gruppo di dominanti per sostituirli con altri, ma più proni al potere imperiale statunitense (altro che resurrezione del sogno popolare o utopia della rivoluzione! Sei tu che sei triste e sconfortante caro Zizek). E Lenin, da par suo, era ancor meno suscettibile ai rivoluzionarismi spirituali che animano Zizek, tanto da aver ritenuto oggettivamente rivoluzionaria la lotta dell’emiro afghano (nonostante costui si basasse su principi pienamente monarchici). Stalin riprende le affermazioni di Lenin nel suo “I principi del Leninismo”: “Nelle condizioni dell'oppressione imperialistica, il carattere rivoluzionario del movimento nazionale non implica affatto obbligatoriamente l'esistenza di elementi proletari nel movimento, l'esistenza di un programma rivoluzionario o repubblicano del movimento, l'esistenza di una base democratica del movimento. La lotta dell'emiro afghano per l'indipendenza dell'Afghanistan é oggettivamente una lotta rivoluzionaria, malgrado il carattere monarchico delle concezioni dell'emiro e dei suoi seguaci, poiché essa indebolisce, disgrega, scalza l'imperialismo, mentre la lotta di certi «ultra» democratici e «socialisti» «rivoluzionari» e repubblicani dello stampo, ad esempio, di Kerenski e Tsereteli, Renaudel e Scheidemann, Cernov e Dan, Henderson e Clynes durante la guerra imperialista, era una lotta reazionaria, perché aveva come risultato di abbellire artificialmente, di consolidare, di far trionfare l'imperialismo”. Non vede dunque Zizek, in questa congiuntura storica, dove stanno i resistenti all’ordine imperiale e i veri reazionari? Ed invece, contraddicendo sempre Lenin, l’orda degli intellettuali infatuati solo dalla loro stessa fama di “radicalissimi”, si mettono completamente a rimorchio delle parole d’ordine e delle campagne di manipolazione dei peggiori dominanti, quelli egemoni: “Tutta la storia della democrazia borghese mette a nudo questa illusione: per ingannare il popolo, i democratici borghesi hanno sempre lanciato e sempre lanciano ogni sorta di "parole d'ordine". Si tratta di controllare la loro sincerità, di mettere a confronto le parole con i fatti, di non appagarsi della frase idealistica o ciarlatanesca, ma di cercar di scoprire la realtà di classe”. I fatti sono quelli che ci descrive Meyssan, e non la fandonie propinateci da Zizek. Avete materiale per giudicare da soli. 

Giovanni Petrosillo 


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La tecnica dei colpi di Stato dal basso


Fallisce in Iran la « rivoluzione colorata » 

di Thierry Meyssan*

La « rivoluzione verde » di Teheran è l’ultimo avatar delle « rivoluzioni colorate » che hanno permesso agli Stati Uniti d’imporre in parecchi paesi dei governi al loro soldo senza dover ricorrere alla forza. Thierry Meyssan, che ha consigliato due governi di fronte a queste crisi, analizza questo metodo e le ragioni del suo fallimento in Iran.

30 GIUGNO 2009

Depuis
Beyrouth (Liban)

Le « rivoluzioni colorate » stanno alle rivoluzioni come il Canada Dry sta alla birra. Vi assomigliano ma non ne hanno il sapore. Sono dei cambi di regime che hanno l’apparenza di una rivoluzione, in quanto mobilitano vasti settori del Popolo, ma rientrano nel colpo di Stato in quanto non mirano a cambiare le strutture sociali, ma a sostituire un’élite ad un’altra per condurre una politica economica ed estera filo-USA. La « rivoluzione verde » di Teheran ne è l’ultimo esempio.

Origine del concetto

Questo concetto compare negli anni 90, ma trova le sue origini nei dibattiti USA degli anni 70-80. Dopo le rivelazioni a catena sui colpi di Stato fomentati dalla CIA nel mondo e dopo che le commissioni parlamentari Church e Rockefeller [1] hanno ampiamente vuotato il sacco, l’ammiraglio Stansfield Turner viene incaricato dal presidente Carter di ripulire l’agenzia e di far cessare ogni sostegno alle « dittature fatte in casa ». Furenti, i social-democratici statunitensi (SD/USA) lasciano il Partito democratico e raggiungono Ronald Reagan. Si tratta di brillanti intellettuali trotzkisti [2], spesso legati alla rivista Commentary. Quando Reagan viene eletto, affida loro il compito di continuare l’ingerenza USA, ma con altri metodi. È così che essi creano, nel 1982, la National Endowment for Democracy (NED) [3] e, nel 1984, l’United States Institute for Peace (USIP). Le due strutture sono organicamente collegate: alcuni amministratori della NED siedono nel consiglio di amministrazione dell’USIP e viceversa.

Giuridicamente, la NED è un’associazione non a scopo di lucro, di diritto USA, finanziata da una sovvenzione annuale votata dal Congresso all’interno di un budget del dipartimento di Stato. Per condurre le sue azioni, essa le fa co-finanziare dall’US Agency for International Development (USAID), anch’essa legata al dipartimento di Stato. In pratica, questa struttura giuridica non è che un paravento utilizzato congiuntamente dalla statunitense CIA, dal britannico MI6 e dall’australiano’ASIS (e, occasionalmente, dai servizi canadesi e neozelandesi)
La NED si presenta come un organo di « promozione della democrazia ». Essa interviene sia direttamente, cioè attraverso uno dei suoi quattro tentacoli : uno destinato a corrompere i sindacati, un secondo incaricato di corrompere gli imprenditori, un terzo per i partiti di sinistra ed un quarto per quelli di destra ; sia, ancora, con l’intermediazione di fondazioni amiche, come la Westminster Foundation for Democracy (Regno Unito), l’International Center for Human Rights and Democratic Development (Canada), la Fondation Jean-Jaurès e la Fondation Robert-Schuman (Francia), l’International Liberal Center (Svezoa), l’Alfred Mozer Foundation (Paesi Bassi), la Friedrich Ebert Stiftung, la Friedrich Naunmann Stiftung, la Hans Seidal Stiftung e la Heinrich Boell Stiftung (Germania). La NED rivendica di aver così corrotto nel mondo più di 6 000 organizzazioni in una trentina d’anni. Tutto ciò, beninteso, mascherato sotto l’apparenza di programmi di formazione o di assistenza.

[FOTO: I quattro istituti-satellite della NED]

Per quanto riguarda l’USIP, si tratta di un’istituzione nazionale statunitense. È sovvenzionato annualmente dal Congresso nel budget del dipartimento della Difesa. A differenza della NED, che serve da copertura ai servizi dei tre Stati alleati, l’USIP è esclusivamente statunitense. Sotto la copertura della ricerca in scienze politiche, può stipendiare delle personalità politiche straniere.

Da quando dispone di risorse, l’USIP finanzia una nuova e discreta struttura, l’Albert Einstein Institution [4]. Questa piccola associazione di promozione della non violenza è inizialmente incaricata di ideare una forma di difesa civile per le popolazioni dell’Europa occidentale in caso di invasione del Patto di Varsavia. Essa prende rapidamente autonomia e modella le condizioni per cui un potere statuale di qualsiasi natura possa perdere la sua autorità e crollare.

Primi tentativi

Il primo tentativo di « rivoluzione colorata » fallisce nel 1989. Si tratta di rovesciare Deng Xiaoping appoggiandosi su uno dei suoi vicini collaboratori, il segretario generale del Partito comunista cinese Zhao Ziyang, in modo da aprire il mercato cinese agli investitori statunitensi e da far entrare la Cina nell’orbita USA. I giovani sostenitori di Zhao invadono piazza Tienanmen [5]. Dai media occidentali sono presentati come degli studenti apolitici che si battono per la libertà contro l’ala tradizionale del Partito, mentre si tratta di una dissidenza tra nazionalisti e pro-USA all’interno della corrente di Deng. Dopo aver a lungo resistito alle provocazioni, Deng décide di concludere con la forza. Secondo le fonti, la repressione fa tra i 300 e i 1.000 morti. 
Vent’anni dopo, la versione occidentale di questo mancato colpo di Stato non è cambiata. I media occidentali che recentemente hanno parlato del suo anniversario presentandolo come una « rivolta popolare » si sono stupiti che i Pechinesi non abbiamo mantenuto il ricordo dell’avvenimento. Il fatto è che una lotta interna al Partito non ha niente di «popolare». Essi non si sono sentiti coinvolti.

La prima « rivoluzione colorata » ha successo nel 1990. Mentre l’Unione Sovietica è in via di dissolvimento, il segretario di Stato James Baker si reca in Bulgaria per partecipare alla campagna elettorale del partito pro-USA, abbondantemente finanziato dalla NED [6]. Tuttavia, malgrado le pressioni del Regno Unito, i Bulgari, impauriti dalle conseguenze sociali del passaggio dell’URSS all’economia di mercato, commettono l’imperdonabile errore di eleggere al Parlamento una maggioranza di post-comunisti. Mentre gli osservatori della Comunità europea certificano la validità dello scrutinio, l’opposizione filo-USA urla alla frode elettorale e scende in piazza. Installa un accampamento nel centro di Sofia e fa piombare il paese nel caos per sei mesi, finché il Parlamento elegge come presidente il filo-USA Zhelyu Zhelev.

La « democrazia » : vendere il proprio paese ad interessi stranieri all’insaputa della sua popolazione

Da allora, Washington non cessa di organizzare, un po’ ovunque nel mondo, cambi di regime attraverso l’agitazione di piazza anziché per mezzo di giunte militari. Quello che importa è mettere in luce le implicazioni. 
Al di là del discorso lenitivo sulla « promozione della democrazia », l’azione di Washington mira all’imposizione di regimi che le aprano senza condizioni i mercati interni e che si allineino sulla sua politica estera. Ora, se questi obiettivi sono conosciuti dai dirigenti delle « rivoluzioni colorate », essi non sono mai discussi ed accettati dai manifestanti che essi mobilitano. E, nel caso in cui questi colpi di Stato riescano, i cittadini non tardano a rivoltarsi contro le nuove politiche che vengono loro imposte, anche se è troppo tardi per tornare indietro. 
Del resto, come si può considerare « democratiche » delle opposizioni che, per prendere il potere, vendono il loro paese ad interessi stranieri all’insaputa della loro popolazione ?

Nel 2005, l’opposizione kirghisa contesta il risultato delle elezioni legislative e conduce a Bishkek dei manifestanti dal Sud del paese. Essi depongono il presidente Askar Akaïev. E’ la « rivoluzione dei tulipani ». L’Assemblea nazionale elegge come presidente il filo-USA Kurmanbek Bakiev. Non riuscendo a controllare i suoi sostenitori che saccheggiano la capitale, egli dichiara di aver cacciato il dittatore e finge di voler creare un governo di unione nazionale. Fa uscire di prigione il generale Felix Kulov, ex sindaco di Bishkek, e lo nomina ministro dell’Interno, poi Primo ministro. Quando la situazione è stabilizzata, Bakaiev si sbarazza di Kulov e vende, senza possibilità di una contro-offerta e con successivi accordi sottobanco, le poche risorse del paese a delle società USA ed installa una base militare USA a Manas. Il livello di vita della popolazione non è mai stato così basso. Felix Kulov propone di risollevare il paese federandolo, come nel passato, alla Russia. Non ci mette molto a tornare in prigione.

Un male per un bene ?

Nel caso di Stati sottoposti a regimi repressivi, talvolta si obietta che se tali « rivoluzioni colorate » apportano solo una democrazia di facciata, in ogni caso esse procurano un miglioramento alle popolazioni. Ora, l’esperienza mostra che niente è meno sicuro. I nuovi regimi possono rivelarsi più repressivi dei vecchi.

Nel 2003, Washington, Londra e Parigi [7] organizzano la « rivoluzione delle rose » in Georgia [8]. Secondo uno schema classico, l’opposizione denuncia dei brogli elettorali alle elezioni legislative e scende in piazza. I manifestanti costringono alla fuga il presidente Eduard Shevardnadze e prendono il potere. Il suo successore Mikhail Saakashvili apre il paese agli interessi economici USA e rompe con il vicino russo. L’aiuto economico promesso da Washington per sostituirsi all’aiuto russo non arriva. La già compromessa economia crolla. Per continuare ad accontentare i suoi mandanti, Saakashvili deve imporre una dittatura [9]. Chiude dei media e riempie le prigioni, il che non impedisce per niente alla stampa occidentale di continuare a presentarlo come « democratico ». Condannato alla fuga in avanti, Saakashvili decide di rifarsi una popolarità gettandosi in un’avventura militare. Con al’aiuto dell’amministrazione Bush e di Israele, al quale ha affittato delle basi aeree, bombarda la popolazione dell’Ossezia del Sud facendo 1.600 morti, la maggior parte dei quali ha anche la nazionalità russa. Mosca risponde. I consiglieri statunitensi ed israeliani se la svignano [10]. La Georgia viene devastata.

Basta !

Il meccanismo principale delle « rivoluzioni colorate » consiste nel focalizzare il malcontento popolare sul bersaglio che si vuole abbattere. Si tratta di un fenomeno di psicologia delle masse che spazza via tutto al suo passaggio ed al quale nessun ostacolo ragionevole può essere opposto. Il capro espiatorio è accusato di tutti i mali che affliggono il paese da almeno una generazione. Più egli resiste, più cresce la collera della folla. Quando egli cede oppure scappa, la popolazione ritorna in sé, ricompare un divario ragionevole tra i suoi sostenitori ed i suoi oppositori.

Nel 2005, nelle ore successive all’assassinio dell’ex Primo ministro Rafik Hariri, in Libano si diffonde la voce che sia stato ucciso dai « Siriani ». L’esercito siriano, che — in virtù dell’Accordo di Taëf — mantiene l’ordine dopo la fine della guerra civile, viene dileggiato. Il presidente siriano Bashar el-Assad è personalmente messo in causa dalle autorità statunitensi, cosa che per l’opinione pubblica vale come una prova. A chi fa osservare che — malgrado momenti tempestosi — Rafik Hariri è sempre stato utile alla Siria e che la sua morte priva Damasco di un collaboratore essenziale, si ribatte che il « regime siriano » è di per sé così malvagio da non potersi impedire di uccidere anche i suoi amici. I Libanesi reclamano a gran voce uno sbarco dei GI’s per cacciare i Siriani. Ma, tra la sorpresa generale, Bashar el-Assad, considerando che il suo esercito non è più il benvenuto in Libano mentre il suo spiegamento gli costa caro, ritira i suoi uomini. Vengono organizzate delle elezioni legislative che vedono il trionfo della coalizione « anti-siriana ». E’ la « rivoluzione del cedro ». Quando la situazione si stabilizza, ognuno si rende conto che, se dei generali siriani per il passato hanno depredato il paese, la partenza dell’esercito siriano non cambia niente economicamente. Soprattutto, il paese è in pericolo, non ha più i mezzi per difendersi contro l’espansionismo del vicino israeliano. Il principale leader « anti-siriano », il generale Michel Aun, si ravvede e passa all’opposizione. Furibonda, Washington moltiplica i progetti per assassinarlo. Michel Aun si allea a Hezbollah attorno ad una piattaforma patriottica. È tempo : Israele attacca.

In tutti i casi, Washington prepara in anticipo il governo « democratico », il che conferma che si tratta di un colpo di Stato mascherato. La composizione della nuova squadra è mantenuta il più possibile segreta. Ecco perché la designazione del capro espiatorio si fa senza mai ventilare alternative politiche.

In Serbia, i giovani « rivoluzionari » filo-USA scelgono un logo appartenente all’immaginario comunista (il pugno alzato) per mascherare la loro subordinazione agli Stati Uniti. Prendono come slogan « E’ finito ! », federando così il malcontento contro la persona di Slobodan Milosevic che rendono responsabile dei bombardamenti del paese eppure effettuati dalla NATO. Questo modello viene riproposto più volte, ad esempio dal gruppo Pora ! in Ucraina, o Zubr in Bielorussia.

Una non violenza di facciata

Le comunicazioni del dipartimento di Stato sono attente all’immagine non-violenta delle «rivoluzioni colorate». Tutte mettono in primo piano le teorie di Gene Sharp, fondatore dell’Albert Einstein Institution. Ora, la non-violenza è un metodo di lotta destinato a convincere il potere a cambiare politica. Affinché una minoranza si impadronisca del potere e lo eserciti, c’è sempre bisogno, in un momento o in un altro, che essa utilizzi la violenza. E tutte le « rivoluzioni colorate » l’hanno fatto. .

Nel 2000, mentre manca ancora un anno allo scadere del mandato del presidente Slobodan Milosevic, egli convoca delle elezioni anticipate. Egli stesso ed il suo principale oppositore, Vojislav Koštunica, si ritrovano in ballottaggio. Senza attendere il secondo turno dello scrutinio, l’opposizione grida alla frode e scende in piazza. Migliaia di manifestanti, tra cui i minatori di Kolubara, affluiscono verso la capitale. Le loro giornate di lavoro sono pagate indirettamente dalla NED, senza che essi siano consapevoli di essere remunerati dagli Stati Uniti. Essendo insufficiente la pressione della manifestazione, i minatori attaccano degli edifici pubblici con dei bulldozers che hanno portato con sé: da qui il nome « rivoluzione dei bulldozer ».

Nel caso in cui la tensione si prolunghi all’infinito e si organizzino delle contro-manifestazioni, l’unica soluzione per Washington è precipitare il paese nel caos. Vengono allora appostati in entrambe i campi degli agenti provocatori che sparano sulla folla. Ciascuna delle parti può constatare che quelli di fronte hanno sparato mentre avanzava pacificamente. Lo scontro diventa generale.

Nel 2002, la borghesia di Caracas scende in piazza per schernire la politica sociale del presidente Hugo Chavez [11]. Con abili montaggi, le televisioni private danno l’impressione di una marea umana. Sono 50,000 secondo gli osservatori, 1 milione secondo la stampa e il dipartimento di Stato. Avviene allora l’incidente del ponte Llaguno. Le televisioni mostrano chiaramente dei filo-chavisti armati che sparano sulla folla. In una conferenza stampa, il generale della Guardia nazionale e viceministro della sicurezza interna conferma che le « milizie chaviste » hanno sparato sul popolo facendo 19 morti. Dà le dimissioni e fa appello per il rovesciamento della dittatura. Il presidente non tarda ad essere arrestato da militari insorti. Ma il Popolo scende a milioni nella capitale e ristabilisce l’ordine costituzionale. 
Una successiva inchiesta giornalistica ricostruisce nei dettagli la strage del ponte Llaguno. Essa metterà in evidenza un montaggio delle immagini fasullo, il cui ordine cronologico è stato falsificato come attestano i quadranti degli orologi dei protagonisti. In realtà, sono i chavisti ad essere aggrediti e, dopo essere ripiegati, hanno tentato di sganciarsi usando armi da fuoco. Gli agenti provocatori erano dei poliziotti locali formati da un’agenzia USA [12].

Nel 2006, la NED riorganizza l’opposizione al presidente kenyan Mwai Kibaki. Finanzia la creazione del Partito arancione di Raila Odinga. Questi riceve il sostegno del senatore Barack Obama, accompagnato da specialisti della destabilizzazione (Mark Lippert, attuale capo di gabinetto del consigliere di sicurezza nazionale, e il generale Jonathan S. Gration, attuale inviato speciale del presidente USA per il Sudan). Partecipando ad un meeting di Odinga, il senatore dell’Illinois s’inventa un vago legame di parentela con il candidato pro-USA. Tuttavia, Odinga perde le elezioni legislative del 2007. Sostenuto dal senatore John McCain nella sua qualità di presidente dell’IRI (lo pseudopodio repubblicano della NED), egli contesta la validità dello scrutinio e chiama i suoi sostenitori a scendere in piazza. . 
È allora che messaggi anonimi SMS sono diffusi in massa agli elettori dell’etnia Luo. «Cari Kenyani, i Kikuyu hanno rubato il futuro dei nostri bambini…dobbiamo trattarli nel solo modo che essi comprendono… la violenza ». Il paese, sia pure uno dei più stabili dell’Africa, improvvisamente s’infiamma. Dopo giorni di sommosse, il presidente Kibaki è costretto ad accettare la mediazione di Madeleine Albright nella sua qualità di presidente del NDI (lo pseudopodio democratico della NED). Viene creato un posto di Primo ministro che va ad Odinga. Dal momento che gli SMS d’odio non sono stati inviati da installazioni kenyane, ci domandiamo quale potenza straniera abbia potuto spedirli.

La mobilitazione dell’opinione pubblica internazionale

Nel corso degli ultimi anni, Washington ha avuto modo di lanciare delle « rivoluzioni colorate » convinta che esse avrebbero fallito la presa del potere, ma permesso di manipolare l’opinione pubblica e le istituzioni internazionali.

Nel 2007, numerosi Birmani insorgono contro l’aumento dei prezzi della benzina per uso domestico. Le manifestazioni degenerano. I monaci buddhisti prendono la testa della contestazione. È la « rivoluzione zafferano » [13]. In realtà, a Washington non interessa il regime di Rangoon ; le interessa invece strumentalizzare il Popolo birmano per far pressione sulla Cina che in Birmania ha interessi strategici (oleodotti e basi militari di ascolto elettronico). Per questo, l’importante è mettere in scena la realtà. Immagini prese da telefoni portatili appaiono su YouTube. Esse sono anonime, non verificabili e fuori contesto. È precisamente la loro apparente spontaneità a dare loro autorità. La Casa Bianca può imporre la sua interpretazione dei video.

Più recentemente, nel 2008, manifestazioni studentesche paralizzano la Grecia in seguito all’uccisione di un ragazzo di 15 anni da parte di un poliziotto. Rapidamente, fanno la loro comparsa dei teppisti. Sono stati reclutati nel vicino Kosovo e trasportati in autobus. I centri cittadini sono saccheggiati. Washington cerca di far fuggire I capitali verso altri lidi e di riservarsi il monopolio degli investimenti nei terminali del gas in costruzione. Una campagna di stampa farà dunque passare l’asfittico governo Karamanlis per quello dei colonnelli. Facebook e Twittter sono utilizzati per mobilitare la diaspora greca. Le manifestazioni si estendono ad Istanbul, Nicosia, Dublino, Londra, Amsterdam, L’Aja, Copenhagen, Francoforte, Parigi, Roma, Madrid, Barcellona, etc.

La rivoluzione verde

L’operazione condotta nel 2009 in Iran s’inscrive in questa lunga lista di pseudo rivoluzioni. In primo luogo, il Congresso vota nel 2007 uno stanziamento di 400 milioni di dollari per « cambiare il regime » in Iran. Questo si aggiunge ai budget ad hoc della NED, dell’USAID, della CIA e tutti quanti. Si ignora come sia utilizzato questo denaro, ma ne sono destinatari tre gruppi principali : la famiglia Rafsanjani, la famiglia Pahlevi e i Mujahidin del popolo.

L’amministrazione Bush prende la decisione di sponsorizzare una « rivoluzione colorata » in Iran dopo aver confermato la decisione dello stato maggiore di non attaccare militarmente il paese. Questa scelta è convalidata dall’amministrazione Obama. Per difetto, si riapre dunque il dossier di « rivoluzione colorata », preparato nel 2002 con Israele all’interno dell’American Enterprise Institute. All’epoca, avevo pubblicato un articolo su questo dispositivo [14]. Basta rileggerlo per identificare gli attuali protagonisti : è stato poco modificato. Era stata aggiunta una parte libanese che prevede una sommossa a Beyruth in caso di vittoria della coalizione patriottica (Hezbollah, Aun) alle elezioni legislative, ma è stata annullata.

Lo scenario prevede un massiccio sostegno al candidato scelto dall’ayatollah Rafsanjani, la contestazione dei risultati dell’elezione presidenziale, attentati a 360 gradi, la deposizione del presidente Ahmadinejad e della guida suprema l’ayatollah Khamenei, l’instaurazione di un governo di transizione diretto da Musavi, poi la restaurazione della monarchia e l’installazione di un governo diretto da Sohrab Sobhani.

Come ideato nel 2002, l’operazione ha come suoervisori Morris Amitay e Michael Ledeen. Essa mobilita in Iran le reti dell’Irangate. 
A questo punto, è necessario un breve richiamo storico. L’Irangate è un’illecita vendita d’armi : la Casa Bianca desidera fornire armi da una parte ai Contras nicaraguensi (perché lottassero contro i sandinisti) e dall’altra parte all’Iran (per far durare la guerra Iran-Iraq fino allo sfinimento), ma ne è interdetta dal Congresso. Allora gli Israeliani propongono di subappaltare contemporaneamente le due operazioni. Ledeen, che ha la doppia nazionalità statunitense ed israeliana, serve da agente di collegamento a Washington, mentre Mahmud Rafsanjani ( fratello dell’ayatollah) è il suo corrispondente a Teheran. Il tutto sullo sfondo di corruzione generalizzata. Quando negli Stati Uniti scoppia lo scandalo, nasce una commissione d’inchiesta indipendente diretta dal senatore Tower e dal generale Brent Scowcroft (mentore di Robert Gates). 
Michael Ledeen è uno che la sa lunga sulle operazioni segrete. Lo si trova a Roma in occasione dell’assassinio di Aldo Moro, lo si ritrova nell’invenzione della pista bulgara nella circostanza del tentato assassinio di Giovanni Paolo II o, più recentemente, nell’invenzione delle fornitura a Saddam Hussein di uranio dal Niger. Oggi lavora all’American Enterprise Institute [15] (a fianco di Richard Perle e di Paul Wolfowitz) e alla Foundation for the Defense of Democracies [16]. 
Morris Amitay è ex direttore dell’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC). Oggi, è vicepresidente del Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) e direttore di uno studio di consulenza per grandi ditte d’armamento.

Il 27 aprile scorso, Morris e Ledeen organizzano un seminario sull’Iran all’American Enterprise Institute a proposito delle elezioni iraniane, attorno al senatore Joseph Lieberman. Il 15 maggio scorso, nuovo seminario. La parte pubblica consiste in una tavola rotonda animata dall’ambasciatore John Bolton sulla « grande contrattazione » : accetterebbe Mosca di lasciar cadere Teheran in cambio della rinuncia di Washington allo scudo antimissili in Europa centrale ? L’esperto francese Bernard Hourcade partecipa a questi scambi di vedute. Contemporaneamente, l’Istituto lancia un sito internet destinato alla stampa nella crisi a venire : IranTracker.org. il sito comprende una rubrica sulle elezioni libanesi.

In Iran, è compito dell’ayatollah Rafsanjani rovesciare il suo vecchio rivale, l’ayatollah Khamenei. Proveniente da una famiglia di agricoltori, Hashemi Rafsanjani ha fatto fortuna sotto lo Scià con la speculazione immobiliare. È divenuto il principale grossista di pistacchi del paese e ha arrotondato la sua fortuna durante l’Irangate. I suoi averi sono valutati in parecchi miliardi di dollari. Divenuto l’uomo più ricco d’Iran, è stato successivamente presidente del parlamento, presidente della Repubblica e, oggi, è presidente del Consiglio di discernimento (istituzione di arbitraggio tra il Parlamento e il Consiglio dei guardiani della costituzione). Egli rappresenta gli interessi del bazar, ossia dei commercianti di Teheran. 
Durante la campagna elettorale, Rafsanjani ha fatto promettere al suo ex avversario divenuto suo pupillo Mirhossein Musavi, di privatizzare il settore del petrolio.

Senza alcuna connessione con Rafsanjani, Washington si rivolge ai Mujahidin del popolo [17]. Questa organizzazione protetta dal Pentagono è considerata terroristica dal dipartimento di Stato e lo è stata dall’Unione Europea. In effetti, negli anni 80, essa ha effettuato operazioni terribili, tra cui un mega-attentato costato la vita all’ayatollah Beheshti nonché a quattro ministri, sei ministri aggiunti e ad un quarto del gruppo parlamentare del Partito della repubblica islamica. L’organizzazione è comandata da Massud Rajavi, che aveva sposa in prime nozze la figlia del presidente Bani Sadr e poi, in seconde nozze, la crudele Myriam. La sua sede è installata nella regione persiana e le sue basi militari in Iraq, dapprima sotto la protezione di Saddam Husein poi, oggi, sotto quella del dipartimento della Difesa. Sono i Mujahidin che assicurano la logistica degli attentati dinamitardi durante la campagna elettorale [18]. Spetta a loro provocare scontri tra militanti pro ed contro Ahmadinejad, cosa che probabilmente fannp.

Nel caso in cui subentri il caos, la Guida suprema può essere rovesciata. Un governo di transizione, diretto da Mirhussein Musavi privatizzerebbe il settore del petrolio e ristabilirebbe la monarchia. Il figlio dell’ex Scià, Reza Ciro Pahlavi, verrebbe rimesso sul trono e designerebbe come Primo ministro Sohrab Sobhani. 
In questa prospettiva, Reza Pahlavi pubblica in febbraio un libro di conversazioni con il giornalista francese Michel Taubmann. Questi è direttore dell’ufficio d’informazione parigino d’Arte e presiede il Cercle de l’Observatoire, il club dei neoconservatori francesi. 
Ricordiamoci che Washington aveva previsto il ripristino della monarchia anche in Afghanistan. Mohammed Zaher Scià doveva riprendere il suo trono a Kabul e Hamid Karzai doveva essere il suo Primo ministro. Malauguratamente, a 88 anni, il pretendente era divenuto troppo vecchio. Karzai è dunque divenuto lui presidente della Repubblica. Come Karzai, Sobhani è anche cittadino statunitense. Come lui, lavora nel settore petrolifero del Caspio.

Dal lato propaganda, il dispositivo iniziale è affidato allo studio Benador Associates. Ma esso si è evoluto sotto l’influenza dell’assistente del segretario di Stato per l’Istruzione e la Cultura, Goli Ameri. Questa iraniana statunitense è una vecchia collaboratrice di John Bolton. Specialista dei nuovi media, ha realizzato dei programmi di equipaggiamento e di formazione ad internet per gli amici di Rafsanjani. Ha inoltre elaborato radio e televisioni in lingua farsi per la propaganda del dipartimento di Stato e in coordinamento con la britannica BBC.

La destabilizzazione dell’Iran è fallita perché la molla principale delle «rivoluzioni colorate» non è stata attivata correttamente. MirHussein Musavi non è arrivato a cristallizzare i malcontenti sulla persona di Mahmud Ahmadinejad. Il Popolo iraniano non si è ingannato. Non ha reso il presidente uscente responsabile delle conseguenze delle sanzioni economiche statunitensi sul paese. Per questo, la contestazione si è limitata alla borghesia dei quartieri nord di Teheran. Il potere si è astenuto dall’opporre dei manifestanti gli uni contro gli altri e ha lasciato che i complottasti si scoprissero. . 
Tuttavia, bisogna ammettere che l’intossicazione dei media occidentali ha funzionato. L’opinione pubblica estera ha creduto realmente che due milioni di Iraniani fossero scesi in piazza, quando il numero reale è inferiore di almeno dieci volte. Il fatto che i corrispondenti della stampa rimanessero nelle loro sedi ha facilitato tali esagerazioni dispensandoli dal fornire le prove delle loro accuse.

Avendo rinunciato alla guerra e fallito nel rovesciare il regime, quale carta resta nelle mani di Barack Obama ?

 

Thierry Meyssan

 

Giornalista e scrittore, presidente del Réseau Voltaire.



[1] I molteplici rapporti e documenti pubblicati da queste commissioni sono disponibili in linea sul sito The Assassination Archives and Research Center.

[2] « Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme», di Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.

[3] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique », di Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 gennaio 2004.

[4] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », di Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 gennaio 2005.

[5] « Tienanmen, 20 ans après », del professor Domenico Losurdo,Réseau Voltaire, 9 giugno 2009.

[6] All’epoca, la NED si appoggia in Europa orientale sulla Free Congress Foundation (FCF), animata da repubblicani. In seguito, questa organizzazione scompare e cede il posto alla Soros Foundation, animata da democratici, con la quale la NED fomenta nuovi «cambi di regime».

[7] Preoccupato di distendere le relazioni franco-statunitensi dopo la crisi irachena, il presidente Jacques Chirac tenta di riavvicinarsi all’amministrazione Bush sulle spalle dei Georgiani, tanto più che la Francia ha interessi economici in Georgia. Salomé Zourabichvili, n°2 dei servizi segreti francesi, è nominato ambasciatore a Tbilissi, poi cambia nazionalità e diventa ministro degli Esteri della « rivoluzione delle rose ».

[8] « Les dessous du coup d’État en Géorgie », di Paul Labarique,Réseau Voltaire, 7 gennaio 2004.

[9] « Géorgie : Saakachvili jette son opposition en prison » e «Manifestations à Tbilissi contre la dictature des roses », Réseau Voltaire, 12 settembre 2006 e 30 settembre 2007.

[10] L’amministrazione Bush spera che quel conflitto faccia da diversione. Simultaneamente, i bombardieri israeliani devono decollare dalla Georgia per colpire il vicino Iran. Ma ancor prima di attaccare le installazioni militari georgiane, la Russia bombarda gli aeroporti affittati ad Israele e inchioda al suolo i suoi aerei.

[11] « Opération manquée au Venezuela », di Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 18 maggio 2002.

[12Llaguno Bridge. Keys to a Massacre. Documentario d’Angel Palacios, Panafilms 2005.

[13] « Birmanie : la sollicitude intéressée des États-Unis », di Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 novembre 2007.

[14] « Les bonnes raisons d’intervenir en Iran », di Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 12 febbraio 2004.

[15] « L’Institut américain de l’entreprise à la Maison-Blanche »,Réseau Voltaire, 21 giugno 2004.

[16] « Les trucages de la Foundation for the Defense of Democracies», Réseau Voltaire, 2 febbraio 2005.

[17] « Les Moudjahidin perdus », di Paul Labarique, Réseau Voltaire, 17 febbraio 2004.

[18] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidines du Peuple », Réseau Voltaire, 13 giugno 2009.


 

 

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22:24 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, presse, television, romain, silence, medias, revolution | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/05/2009

27/05/2009: IL Y A QUARANTE DEUX ANS A POINTE A PITRE...

 

From: FISCHER BERNARD
Sent: Thursday, May 28, 2009 10:33 PM
To: fischer02003@yahoo.fr
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] IL Y A QUARANTE DEUX ANS A POINTE A PITRE


En Guadeloupe, la tragédie de "Mé 67" refoulée

LE MONDE | 26.05.09 | 17h38 • Mis à jour le 27.05.09 | 09h37

Pointe-à-Pitre, envoyée spéciale

Le jour se lève à peine. On a tiré toute la nuit dans Pointe-à-Pitre. Le feu ne s'est calmé qu'aux petites heures du matin, dans l'épuisement et la peur. Ce samedi 27 mai 1967, Max Jasor, 13 ans, le fils du libraire, est très tôt levé, dans l'appartement familial de la rue Barbès. Au no 25, devant la porte en fer grillagée, on a jeté un homme comme un sac. Il a plusieurs côtes brisées, la mâchoire enfoncée, des dents cassées. Du haut de l'escalier, l'adolescent ne voit qu'une masse informe, qui geint. Son père, Hubert Jasor.

La veille, vendredi 26 mai, des émeutes ont éclaté place de la Victoire, en début d'après-midi, puis se sont propagées dans Pointe-à-Pitre et ses faubourgs. Un millier d'ouvriers du bâtiment, en grève depuis le 24 mai pour obtenir une augmentation de salaire, se sont massés autour de la darse, dès la fin de la matinée.

Huit mois auparavant, le cyclone Ines a ravagé la Guadeloupe, faisant 32 morts et des millions de francs de dégâts. Les ouvriers du bâtiment ont du travail - mais peu de revenus. Ils attendent le résultat de négociations qui traînent à la chambre de commerce. Dans le petit bâtiment blanc de style colonial, au bord de la place - aujourd'hui office du tourisme -, patronat et syndicats se séparent sur un échec.

Hubert Jasor n'a rien à voir avec cette grève. Le libraire a bien été inquiété plusieurs fois pour avoir, l'un des premiers, cru à l'avenir des écrivains antillais. C'est une époque où les livres de Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs ou Les Damnés de la terre, avec sa célèbre préface de Jean-Paul Sartre, sont saisis par la police.

Une époque où littérature se confond avec politique et se conjugue avec décolonisation. Le père aime aussi Voltaire et les encyclopédistes, Racine et les tragédies, Balzac et le roman, les six enfants ont intérêt à connaître leurs classiques. "Un peu comme Prométhée avait volé le feu aux dieux, il fallait voler la lecture aux Blancs", dit aujourd'hui Max Jasor.

Cet après-midi du vendredi 26 mai, Hubert Jasor se pointe sur la darse. Un bâtiment de la marine nationale est au mouillage, les marins en ville. Un matelot blanc est pris à partie par la foule, Jasor s'interpose, une balle lui frôle la nuque. Puis il est blessé par le coup de crosse d'un gendarme. Recousu à l'hôpital Ricou, le libraire rentre chez lui, quand une patrouille de "képis rouges" l'arrête. L'insulte. Emmené dans la cour de la sous-préfecture, il y est battu comme plâtre.

Caché sous des corps inertes, Hubert Jasor entend ces mots qui le glacent : "Les morts, on les fout à la darse ou à la Gabarre" - le pont qui sépare Grande-Terre de Basse-Terre. Vers 4 heures du matin, reconnu par les forces de l'ordre, il échappe à son calvaire. Conduit à la gendarmerie, il entend des têtes cogner contre les murs, lors d'interrogatoires où les aveux pleuvent à la vitesse des coups. "Ils l'ont arrêté puis l'ont jeté devant la maison", raconte son fils.

Depuis des heures déjà, la situation a dégénéré en une violence incontrôlable. Une phrase, que son auteur présumé jure ne jamais avoir prononcée, a fait en un éclair le tour des manifestants et déclenché l'émeute, en tout début d'après-midi : "Quand les nègres auront faim, ils se remettront au travail." Georges Brizard, le président du syndicat des entrepreneurs du bâtiment, patron de la Socotra, l'aurait prononcée. C'est lui qui négocie avec la CGT Guadeloupe. Le Savoyard, bonhomme costaud et fort en gueule, moustache en balai-brosse, a la réputation de ne pas mâcher ses mots. Les CRS devront l'évacuer en urgence, et le plus discrètement possible.

L'un des fils de cet ingénieur agronome, Michel Brizard, 62 ans aujourd'hui, patron d'une PME dans la zone industrielle de Jarry, raconte que son père a été mortifié de vieillir avec cette tache. "Non seulement parce que je ne l'ai pas dit, mais parce que même si j'en avais eu envie, je n'aurais pas osé", lui répétait ce dernier, désormais décédé.

Sur la place, deux sections de 25 CRS et un peloton de 14 gendarmes gardent la chambre de commerce et, en face, la sous-préfecture. Les gardiens de la paix, dépourvus d'équipement de protection, ont été retirés. Au bord de l'eau, où accostent d'ordinaire les bateaux chargés de sel de Saint-Martin ou de boeufs vivants de Porto-Rico - qui s'échappent parfois, semant la panique dans la ville -, des conques de lambis sont entassées. Ce mollusque, spécialité culinaire antillaise, est vendu sans sa lourde coquille, hérissée de six pointes. Les conques, dont les esclaves usaient comme d'une trompe pour communiquer, vont devenir une arme redoutable.

La première atteint un CRS en pleine tête : il a enlevé son casque pour s'éponger, à cause de la chaleur. Il s'écroule, évacué par deux collègues. Jean Chomereau-Lamotte, seul journaliste sur place, témoin de la scène, prend une photo. "Qu'est-ce que vous foutez là ?", lui a demandé le chef de la section de CRS. Il a brandi sa carte de presse, no 19797.

Après une sommation du commissaire Canales, qu'aucun témoin n'a entendue,

le feu se déclenche. "Ils utilisaient des MAT 49 (Manufacture d'armes de Tulle) qui ont beaucoup servi en Algérie", témoigne Chomereau-Lamotte. Il entend les balles ricocher sur la fontaine de la place, au milieu des gaz lacrymogènes, et tout à coup, un cri : "Yo pren Nestor !" Ils ont tué Nestor. Cette nouvelle va porter la tension à son paroxysme.

"Jacques Nestor, membre du GONG, et l'un des principaux meneurs", comme l'écrira le préfet Pierre Bolotte, vient de recevoir une décharge en plein ventre. Il meurt en arrivant à l'hôpital. Le GONG, Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe, est la cible désignée pour les autorités. Ce ne sont que quelques dizaines de personnes, mais très actives et très surveillées. Le groupe indépendantiste, créé en 1963 à Paris par une soixantaine de militants anticolonialistes, pour la plupart issus de l'AGEG (Association générale des étudiants guadeloupéens), est même devenu une obsession pour le préfet. Il produit sur ce sujet pléthore de notes pour sa hiérarchie.

Louis Théodore le sait bien, qui passera dix ans dans la clandestinité. Cet ex-militant de l'AGEG, membre du Front antillo-guyanais, organisation interdite, a rencontré Mao, le Che, Ben Bella, voyagé dans les pays de l'Est, au beau milieu de la guerre froide. Quand un camarade vient le trouver, à l'école de Gérard Lauriette - dit "Papa Yaya", figure de la créolité guadeloupéenne -, où il enseigne, il n'hésite guère. "Loulou, Jackie est mort", lui a dit son ami en lui montrant un mouchoir imbibé de sang. "Il y avait énormément d'arrestations. La répression commençait, et je savais qu'ils frapperaient tout le monde." Ces militants avaient été formés avec l'idée qu'ils devraient un jour se cacher, et ils avaient pris des dispositions. "On se déplaçait tout le temps. On a fait rentrer Sonny Rupaire (militant nationaliste et poète) de Cuba. On était un petit noyau." En une nuit, ils sont capables de mobiliser quarante personnes pour
couvrir la Guadeloupe de tracts et d’inscriptions.

Mais, dans Pointe-à-Pitre, ils n'organisent rien, ces 26 et 27 mai. Près de 56 % de la population de l'île a moins de 20 ans, en cette fin des années 1960. Devant les CRS, les jeunes voient rouge. Des barrages sont érigés partout, des voitures incendiées, le supermarché Unimag, au bout de la rue Frébault, pillé, les pierres volent. Et surtout, l'armurerie Boyer, rue Delgrès, en centre-ville, a été dévalisée. Noir ou Blanc, il ne fait pas bon être dans les rues.

Le jeune Jasor a raccompagné chez lui l'un de ses copains du lycée Carnot pour le protéger, car il a la peau si claire qu'il pourrait passer pour un Blanc. Au retour, il observe, médusé, une femme noire, assez sophistiquée, que l'on questionne méchamment sur un barrage : "Tu es noire ou tu es blanche ?" Elle : "Je n'ai pas à répondre à cette question." Alors que son véhicule est secoué de plus en plus fort, elle se met à pleurer et dit en créole : "Zot pa ka voué an nwé ?" ("Vous ne voyez pas que je suis noire ?")

Serge Glaude, fils de notables guadeloupéens qui a participé à la fondation du GONG, est enseignant au collège de Sainte-Rose. Il a alors 32 ans. Le jeudi, il a conjuré en vain "Kiki" Nestor de quitter Pointe-à-Pitre. Ce dernier lui a raconté que, la veille, il est allé tirer du commissariat un vieux à qui la police avait pris son vélo et qu'il a été, à cette occasion, pris en photo "en long en large et en travers". Quand il apprend sa mort, Serge Glaude tente de se rendre à la veillée funèbre avec deux amis. Des gendarmes mobiles arrêtent son ID 19. "J'ai fait l'Algérie : ces gars étaient dopés au vin rouge et au bismuth. Ils sautillaient sur place en disant : "On va tirer."" L'enseignant assure que certains d'entre eux parlaient mal le français, des légionnaires. On lui intime l'ordre de descendre de voiture. "Le couvre-feu, on s'en fout. On a ordre de tirer sur les nègres comme sur des lapins." Il est aligné contre un mur quand
arrive une Jeep de gendarmes, avec un chef de détachement. Les hommes baissent tout de suite leur arme.

Outre les CRS et les forces de police déjà sur place, le préfet Bolotte reçoit vers 1 heure du matin le renfort de deux pelotons venus de Martinique. Dans l'après-midi, il a aussi pris la décision de ramener sur Pointe-à-Pitre un escadron de gendarmes mobiles sur le point d'embarquer à l'aéroport du Raizet. Leurs armes sont déjà dans l'avion. Ce sont ces "képis rouges" qui ont laissé le pire souvenir. Ces hommes avaient été appelés en renfort au mois de mars, lors d'incidents qui avaient éclaté à Basse-Terre avec Srnsky, un militant de l'UNR, le parti gaulliste.

Propriétaire du magasin de chaussures Sans Pareil, il avait lancé son berger allemand contre un cordonnier-cloutier ambulant, un Noir infirme nommé Balzinc, qui s'était installé sur le trottoir devant sa boutique. Le commerçant blanc, exfiltré par le préfet, avait échappé de peu au lynchage, et sa Mercedes avait fini à l'eau. L'affaire a surtout servi aux Renseignements généraux pour établir des listes de militants à surveiller, voire à arrêter, parmi lesquels le docteur Pierre Sainton, l'un des fondateurs du GONG.

En fin d'après-midi, le préfet reçoit la visite du maire communiste de Pointe-à-Pitre, Henri Bangou. Voici comment il le décrit à son ministre de tutelle, le général Pierre Billotte, avant une visite que ce dernier doit effectuer dans l'île : "Le docteur Bangou, c'est un problème que vous connaissez très bien. Vous le reconnaîtrez vite : il est très grand, une tête très intelligente, un aspect avenant et fort bien élevé." La description tient toujours la route. Au plus fort des troubles, le maire a ceint son écharpe et s'est rendu, accompagné d'une partie de ses adjoints, vers le marché central, où des groupes de jeunes font face aux CRS. "Je vais haranguer la foule, pour dire : calmez-vous", explique-t-il. Mais l'épisode tourne court, l'équipe municipale est obligée de battre rapidement en retraite. Lorsque le maire demande au préfet de retirer les forces de l'ordre, celui-ci refuse. "Il m'a répondu qu'il ne pouvait pas. Qu'il
avait été accusé de mollesse lors des événements de Basse-Terre."

La chasse à l'homme a commencé. Dès le 26 mai au soir, à 18 h 45, le préfet envoie un long télégramme au ministre, qui mentionne notamment ceci : "Ai ordonné arrestation principaux meneurs dont TOMICHE, secrétaire syndical employé de commerce et récemment exclu du comité central du Parti communiste STOP." Sur une radio amateur, Paul Tomiche capte les ondes de la police : il faut amener le propriétaire de "l'Opel Corsa 77 MV, Max, Victorine, mort ou vif à Petit Papa" (la gendarmerie de Petit-Pérou). Sa voiture. Il se cache à Bergevin, puis beaucoup plus loin, à Petit-Canal. Coupe sa barbe. Part au Moule. L'Etincelle, l'organe du PCG, titrera : "Les aventuriers ont pris la fuite." Il sera arrêté et fera onze mois de prison.

Le bilan officiel tiré par Pierre Bolotte pour le ministère, dans un télégramme daté du 30 mai, est le suivant : "Sept morts identifiés. Possibilité autres victimes non déclarées." Ce sont tous des manifestants. Il y a de nombreux blessés parmi les civils, mais combien ? Pour les forces de l'ordre : "Armée, un sous-lieutenant sérieusement blessé. Gendarmerie, six gradés et gendarmes, dont deux par armes à feu. CRS, vingt-sept gradés et gardiens, dont dix gravement et quatre blessés par armes à feu." Vingt-sept arrestations de droit commun ont lieu, et vingt et une inculpations. Dix inculpés écopent de peines de prison ferme. Les arrestations vont se poursuivre. Le dimanche 30 mai au soir, à la préfecture de Basse-Terre, les ouvriers, qui demandaient une augmentation de 2,5 %, en obtiennent une de 25 %.

Un autre procès a lieu, à Paris, du 19 février au 1er mars 1968, à la Cour de sûreté de l'Etat, où 18 indépendantistes guadeloupéens sont jugés pour atteinte à l'intégrité du territoire français. La raison ? Leur appartenance au GONG, supposé avoir organisé les émeutes de Pointe-à-Pitre, bien que le rapport du commissaire Honoré Gévaudan, en juin 1967, ait clairement écarté cette hypothèse. Aimé Césaire et Jean-Paul Sartre feront partie des témoins de la défense.

Le préfet Bolotte n'aura jamais à répondre de ses actes, il ne paraîtra dans aucun procès. Il a été enterré le 27 mai 2008. Le commissaire Canales n'ira pas non plus à la barre, prétextant une dépression nerveuse. Glaude, Makouke, Sainton et Théodore ont pris quatre ans avec sursis. Deux inculpés ont eu trois ans avec sursis. Tous les autres, dont Lauriette et Rupaire, ont été acquittés. C'est dans la préface des Damnés de la terre que Jean-Paul Sartre écrivit : "Les voix jaunes et noires parlaient encore de notre humanisme, mais c'était pour nous reprocher notre inhumanité." Depuis 1967, aucun CRS n'a remis les pieds dans l'île.

Béatrice Gurrey
Article paru dans l'édition du 27.05.09

http://fischer02003.over-blog.com/article-31988973.html

 

20:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, france, romain, colonialisme, democratie, liberte, dictature | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/05/2009

12/05/2009: guerre 40-45, la France, l'Urss, le rôle glorieux et déterminant des communistes dans la Résistance ...

 

Sent: Tuesday, May 12, 2009 5:03 AM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fwd: Hommage à René et Suzanne Lanoy



 

Hommage à René Lanoy, militant communiste,

président du Front national pour la Libération de la France.

8 mai 2009.

Georges Gastaud, secrétaire départemental du Pôle de Renaissance Communiste en France

 

               Chers concitoyens et camarades,

 

               Il y a 64 ans, la coalition antifasciste composée de l’URSS, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France libre, recevait la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Les tortionnaires nazis et leurs alliés, fascistes italiens et militaristes japonais, avaient semé le massacre, la torture et le deuil sur les cinq continents au nom des « valeurs » sauvages de leur système capitaliste, plongé dans la crise par le crac de 1929, et de leurs ambitions impérialistes de domination mondiale.

 

               Les communistes, que l’Europe supranationale et l’UMP voudraient aujourd’hui criminaliser, furent les premiers et les principaux opposants armés à cette entreprise exterminatrice. C’est l’URSS et elle seule qui brisa la machine de guerre nazie au prix de sacrifices inouïs que le régime soviétique n’aurait pas pu obtenir de la population s’il n’avait pas joui d’un soutien massif dans la classe ouvrière et dans la paysannerie. Il est ridicule et odieux que les « historiens » du pouvoir capitaliste, les Courtois et Cie, osent aujourd’hui amalgamer l’URSS au Troisième Reich alors que sans Stalingrad, sans les vingt millions de Soviétiques qui périrent dans la résistance soviétique acharnée au Genghis Khan allemand, notre France eût tout bonnement cessé d’exister. Rappelons qu’à l’époque notre pays était totalement disloqué et que Hitler en projetait le démantèlement territorial définitif: le Nord-Pas-de-Calais, « zone interdite », était directement administré par l’armée allemande ; l’Alsace-Lorraine était annexée ; Nice et la Corse étaient occupées par Mussolini ; des projets précis existaient, avec l’aide d’indépendantistes bretons, pour détacher la Bretagne de la France réduite à l’Etat-croupion de Vichy. C’est le Général De Gaulle qui, en 1965, déclarait officiellement à Moscou, giflant par avance les négationnistes antisoviétiques d’aujourd’hui : « les Français savent que c’est la Russie soviétique qui a joué le premier rôle dans leur Libération », même si aujourd’hui « Sarko l’Américain » voudrait nous faire croire que la Libération a commencé deux ans après Stalingrad sur les côtes de Normandie. Entre-temps il y avait eu la contre-offensive soviétique, l’entrée des Soviétiques en Allemagne et comme chacun sait, c’est l’Armée soviétique et elle seule qui prit Berlin et planta le drapeau rouge de la victoire sur le Reichstag pendant que le monstre Hitler au nom mille fois maudit en était réduit à se suicider dans son bunker.

 

Et bien entendu, en France même, ce furent les communistes, notamment les Francs-Tireurs et Partisans qui jouèrent le rôle principal dans la lutte armée contre l’Occupant, et ce bien avant l’attaque de Hitler contre l’URSS. Ce fut, dès le 10 juillet 40, l’appel Thorez-Duclos qui se termine par la phrase : « jamais le peuple français ne sera un peuple d’esclave ». C’est, dès 40, l’attentat des frères Landini, militants communistes dans le Var, contre un convoi destiné à l’Allemagne. C’est la mise en place de l’Organisation spéciale, première organisation armée de la Résistance qui protégea la manifestation patriotique du 11 novembre 1940, organisée à l’Etoile par l’Union des Etudiants Communistes en présence de Guy Moquet, qui devait le payer de sa vie. Petits hommes qui osez aujourd’hui, parce que l’anticommunisme et la contre-révolution ont provisoirement triomphé des premières expériences socialistes de l’histoire, nier le rôle des communistes dans la Résistance alors qu’ici même, dans le bassin minier, la classe ouvrière déclencha le signal de l’héroïsme de masse à l’appel du communiste Michel Brûlé, dont aucune rue ne porte le nom à Lens, et de Vasil Porik, un mineur soviétique internationaliste, en tenant l’héroïque grève patriotique de mai-juin 1941. Ainsi, alors que la grande bourgeoisie des Louis Renault et Cie se roulait dans la Kollaboration, « la classe ouvrière resta seule, dans sa masse, fidèle à la France profanée », comme l’écrira par la suite l’écrivain gaulliste François Mauriac.

 

Et pendant que Fabien déclenchait la lutte armée dans le métro parisien en abattant un officier allemand, Debarge et ses camarades mineurs Boulanger et Ledent menaient la première action armée contre l’occupant en abattant un garde allemand au pont Césarine de Lens. C’est aussi notre camarade Maria Delvaux, ancienne trésorière de notre section PCF de Lens, devenue section PRCF, qui fut aussi longtemps membre de la première Coordination communiste, qui fit la liaison à vélo pendant toute la guerre entre Paris et Lens pour relier les FTP Nord à l’état-major parisien dirigé par Duclos et Frachon. C’est notre camarade Jeanne Collette, de Douai, membre du PRCF, qui faisait la même chose pendant toute la guerre entre Bruxelles et Douai pour joindre l’état-major du PCF à l’Internationale communiste basée en Belgique avec Eugène Fried, dit Clément. C’est René Lanoy, notre camarade, qui présidait le VRAI Front national pendant la guerre, pendant que sa femme Suzanne, horriblement torturée, refusait jusqu’à la mort de lâcher les noms des copains malgré la menace des lâches miliciens pétainistes de tuer sous ses yeux son bébé alors âgé de quelques mois.

 

            Aujourd’hui quand, par un texte déposé en commun par des députés socialistes (dont Peillon), verts et FN mêlés, nous voyons l’Europe supranationale, digne héritière de la « GroSS Europa » nazie, criminaliser le communisme et l’URSS à l’égal de l’Allemagne nazie, alors que dans toute l’Europe la droite et l’ultra-droite s’associent à l’extrême droite fasciste, oui nous sommes écoeurés. En France même, qui donc êtes-vous, petits députés sarkozystes, pour tenter de criminaliser l’URSS avec votre projet pour faire du 9 novembre une journée européenne de l’anticommunisme, vous dont le chef de file se glorifie d’expulser 25 000 ouvriers étrangers, dont des bébés, chaque mois ? Qui êtes-vous, vous pour parler de liberté, vous dont le chef Sarkozy a fait préfacer son livre « Témoignage » par Gianfranco Fini, le chef de file des néofascistes italiens admirateurs de Mussolini ? Qui êtes-vous pour parler de démocratie, vous dont le ministre Hortefeux a organisé à Vichy une réunion européenne des ministres chargés de l’immigration, qui êtes-vous, vous qui parlez d’histoire et qui avez voulu réhabiliter la colonisation ?

 

            Bien entendu, les dirigeants de l’Europe supranationale, et le chef suprême de l’UMP, qui ne peuvent manquer de superviser, voir d’inspirer ces projets liberticides anticommunistes, mettent en avant le pacte germano-soviétique de non-agression de 1939, mensongèrement présenté aux lycéens comme une alliance agressive Hitler-Staline. Quelle duperie ! Ils feignent ainsi d’ignorer que le pacte n’a été signé par l’URSS qu’après que l’Occident anglo-français ait obstinément refusé tout au long des années 30, comme l’a reconnu après-guerre Paul Reynaud, de remettre en place l’équivalent de la « l’Entente » anglo-franco-russe de 1914, que Staline ne cessait de proposer aux Occidentaux pour encercler Hitler. Non seulement cette « belle et bonne Alliance », que De Gaulle célébrait à Moscou en 65, fut obstinément refusée par anticommunisme par la grande bourgeoisie anglo-française, mais à la même époque, le Comité des Forges, ancêtre du MEDEF et de l’UIMM, lançait une campagne anticommuniste et anti-française endiablée sur le thème, « plutôt Hitler que le Front populaire ». Comme l’a montré l’historienne Annie Lacroix-Riz, les dirigeants occidentaux se rapprochaient alors de Hitler et laissaient sciemment s’implanter en France et en Angleterre une « Cinquième colonne » nazie qui infiltrait tranquillement tous les milieux dirigeants. Cette politique anticommuniste, anti-française et pro-fasciste se traduisit d’abord par la capitulation de Léon Blum qui en 1936 décréta coup sur coup la « pause » des revendications sociales puis la « non-intervention » de la France dans la guerre civile espagnole, ce qui laissait le camp républicain espagnol seul face à Hitler, Franco et Mussolini (si l’on excepte les armes parvenant à l’Espagne républicaine de la lointaine Russie et la constitution des Brigades Internationales par l’Internationale communiste et par le PCF). La politique « plutôt Hitler que l’alliance avec l’URSS communiste » se poursuivit avec les honteux Accords de Munich de 1938 où Chamberlain et Daladier donnèrent à Hitler le feu vert pour dépecer la Tchécoslovaquie et attaquer à l’Est, malgré les objurgations du Parti communiste français.

           

            Dans le même temps la réaction se déchaînait en France contre les acquis du Front populaire que le dictateur Daladier, avec la complaisance de la droite radicale et SFIO, élue avec les voix communistes, démontait l’un après l’autre. Devant le front antisoviétique mondial qui se mettait en place, menacée à l’Ouest par l’Allemagne officieusement appuyée par les « démocraties » occidentales en voie de fascisation, menacée à l’Est par le Japon qui était déjà entré en Chine et avait constitué l’Etat fantoche du Mandchoukouo pour attaquer l’URSS par l’Est, la direction soviétique n’avait plus qu’un choix devant elle : soit subir seule l’attaque de toutes les forces antisoviétiques mondiales et être écrasée, soit tenter de diviser le front antisoviétique mondial en voie de formation après Munich. L’URSS tenta cependant d’ultimes discussions avec la France tout au long des années 38/39, mais quand il fut évident que le gouvernement anticommuniste et fascisant de la Pologne ne voudrait à aucun prix laisser l’Armée rouge entrer en Pologne pour aller au choc de l’envahisseur allemand, quand il fut évident que l’état-major ne voulait pas d’une réelle coordination militaire avec les forces soviétiques, le PCUS n’eut plus qu’une ressource : celle de briser la coalition germano-japonaise (on oublie toujours le Japon dans l’affaire !) pour gagner du temps et transférer la production de guerre dans l’Oural.

           

            Le pacte germano-soviétique servit de prétexte à la réaction française, Daladier en tête, pour interdire le PCF, arrêter les maires communistes, invalider les députés communistes et les mettre en détention, alors même que le PCF, sans désavouer la manœuvre tactique à laquelle le refus franco-anglais avait conduit l’URSS, appelait à la guerre à outrance contre Hitler et votait les crédits de guerre au parlement. Même interdit, le PCF fit encore à Paul Reynaud des propositions militaires pour fortifier Paris et entraîner toute la population au sursaut patriotique : peine perdue puisque le philosophe Georges Politzer, qui portait ces propositions du PCF au gouvernement, fut traîtreusement arrêté puis livré aux nazis quand ceux-ci eurent occupé la France, pour être torturé puis fusillé au Mont Valérien. Les courageux éditoriaux d’Aragon dans le journal communiste « Ce soir » portent encore témoignage aujourd’hui, pour qui veut bien lire et réfléchir par lui-même, de ce que fut en réalité la politique du PCF à l’époque du « pacte », malgré l’interdiction du parti et la répression de masse déclenchée par l’ex-majorité socialiste et radicale du Front populaire dont la majorité, sans les députés communistes révoqués, ne tarderait pas à abolir la République en votant les pleins pouvoirs au traître antisémite et ultra-réactionnaire Philippe Pétain.

                       

         On vit alors très vite qui résistait les armes à la main et qui était tout disposé à collaborer avec l’Allemagne. Alors que toutes les forces policières de la dictature dalariériste, puis pétainiste, étaient mobilisées pour démanteler la CGT et arrêter les élus communistes, c’était la « drôle de guerre » sur nos frontières : l’armée française restait l’arme au pied pendant un an et son état-major, commandé par les anti-républicains notoires Weygand et Gamelin ne trouvait rien de mieux que d’envoyer deux corps expéditionnaires en Finlande et en Syrie pour éluder l’affrontement avec l’Allemagne, laisser Hitler dépecer la Pologne sans avoir à s’inquiéter à l’Ouest (« mourir pour Dantzig » ?)… et tenter de prendre… l’Armée rouge en tenailles entre la Scandinavie et le Proche-Orient !

 

         Dans le même temps, l’URSS avançait elle aussi en Pologne, ayant intérêt à ce que la guerre future avec les nazis commençât le plus loin possible de ses frontières Ouest et voulant empêcher que Hitler n’occupât l’ensemble du territoire polonais, avec ce que cela signifiait pour les Juifs polonais.

 

         Dans ces conditions terribles, le PCF désorganisé par la répression trouvait le moyen de créer l’Organisation spéciale, puis les FTP qui, du nord ouvrier à la Corrèze paysanne en passant par la Corse et par la direction militaire des FFI parisiens commandés par Rol et André Tollet, fut la colonne vertébrale de la Résistance armée. Ce n’est pas pour rien qu’en 1945, le « Parti des Fusillés » obtenait 29% des voix alors que la droite se terrait, discréditée par sa collaboration éhontée du grand patronat avec les nazis. Les « historiens » à la Courtois, qui pour faire carrière pratiquent un anticommunisme de confort, peuvent toujours ergoter : en 1945, notre peuple, témoin oculaire, ne s’était pas trompé sur « qui avait fait quoi ? » !

 

            Voilà. Que dire de plus, sinon qu’aujourd’hui, quand les dirigeants de l’UE et de l’UMP, qui ont ensemble réhabilité insidieusement le régime de Vichy en organisant dans cette ville la réunion des ministres européens de l’immigration, prétendent criminaliser les communistes, ils révèlent leur vraie nature : celles de dignes descendants de ces riches bourgeois qui ont toujours préféré la « GroSS Europa » du profit et de l’anticommunisme à l’indépendance de leur pays et qui rêvent de prendre leur revanche sur Stalingrad et sur le Programme du Conseil national de la résistance, rédigé par le communiste Pierre Villon, en prenant des mesures anticommunistes dignes de Mac Carthy, qui conduiront inéluctablement à la destruction de l’indépendance nationale et de l’ensemble des libertés démocratiques.

 

         Mais cette attitude anticommuniste n’est pas un signe de force. Sans idéaliser les régimes socialistes d’hier, dont les déformations furent réelles dans des circonstances historiques marquées par la guerre froide et l’hostilité acharnée de l’Occident, les peuples de l’est peuvent aujourd’hui comparer le socialisme au capitalisme : or, tous les sondages faits à l’est montrent que, expérience faite, le socialisme apparaît presque comme un paradis perdu pour les ouvriers, les paysans, les retraités livrés au chômage de masse, à la privatisation de la santé, à la casse de l’éducation et à la re-colonisation insidieuse de leur économie par les monopoles capitalistes occidentaux, à une tutelle complète du FMI et de l’Union européenne sur les anciens pays socialistes auxquels Walesa et le Pape avaient fait croire qu’indépendance nationale rimait avec haine des « Russes ».

 

         A l’Ouest, les peuples mesurent mieux ce que leur apporte de misère et de reculs sociaux l’Europe supranationale de Maastricht qui s’est construite sur les ruines de l’Europe socialiste, avec l’aide des renégats occidentaux du communisme. Les luttes de classes montent face à ce capitalisme prédateur qui dépèce la République, les conquêtes des Lumières, de la Révolution française et du Conseil national de la Résistance, Sécu, nationalisations, retraites, statuts, conventions collectives, tous ces acquis inséparables des noms d’Ambroise Croizat, Maurice Thorez, Marcel Paul, Charles Tillon, François Billoux, et autres ministres communistes de 1945/47…

 

            La criminalisation du communisme est donc la réponse défensive du capitalisme en crise contre un mouvement ouvrier qui, lorsqu’il aura vu clair sur la signification de classe de l’euro-anticommunisme, reprendra l’offensive pour la démocratie, pour l’indépendance nationale, le socialisme et la paix.

 

                  Aujourd’hui le rôle des vrais démocrates est de comprendre que l’euro-maccarthysme qui se met en place, avec la multiplication des lois répressives de la Tchéquie, où la JC est interdite, à la Pologne, où la « lustration » anticommuniste déstabilise le débat démocratique, sans oublier les pays baltes, où les 40% de Russophones sont victimes de discrimination, et la Croatie, où les porteurs de drapeau rouge sont emprisonnés, vise TOUS les progressistes, tous les anticapitalistes, y compris ceux qui se laissent tromper par les campagnes anticommunistes menées dans notre pays sans que jamais la parole ne soit donnée à la défense et sans que jamais les dirigeants faillis du PCF ne lèvent la voix pour marcher contre le courant qui les engloutira eux aussi, si les vrais communistes ne parviennent pas à s’unir pour reprendre ensemble le flambeau du combat de classe.

 

                  Nous sommes confiants : le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire. L’Europe supranationale ne fait plus recette et des millions de Français et d’Européens vont bientôt dire leur dégoût de cette construction dictatoriale en s’abstenant le 7 juin. L’avenir n’est pas aux Mac Carthy européens, il reste aux peuples et aux travailleurs !

 

            Honneur à René et à Suzanne Lanoy, à Debarge, aux frères Camphin, à Jeanne Colette ! Honte aux lepénistes qui usurpent le nom du Front national antifasciste créé par le PCF !Honneur à Maria Delvaux, militante communiste lensoise qui mérite qu’enfin son nom d’ouvrière modeste et héroïque honore un lieu public important de la ville de Lens. 

 

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21:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, urss, belgique, guerre, nazisme, romain, courcelles, france, communisme, fascisme, europe, euro-dictatire, presse, medias, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

06/05/2009

07/06/2009: je suis candidat sur la liste Ptb+ dans l' arrondissement de Charleroi ...

 

Sent: Saturday, April 25, 2009 9:38 PM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] BELGIQUE: élections pour
le Parlement wallon le 07 juin 2009: RoRo de Courcelles sera candidat pour le Ptb+,
dans l' arrondissement de Charleroi ...



7 juin 2009: élections pour le Parlement wallon: je serai candidat dans l' arrondissement
de Charleroi pour le Ptb +

J' en informe tous mes amis sur Internet et Facebook et je les invite

à voter PTB +, tête de liste, ou par préférence pour l'un ou l'autre
de ses candidats.

L' essentiel est de progresser, de gagner, tous ensemble, pour marquer le ras-le-bol général
 des travailleurs de notre pays face à la dictature capitaliste et la faillite du système !
L'avenir reste successivement le Socialisme véritable, et ensuite : LE COMMUNISME !

Roger ROMAIN
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11:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, belgique, europe, euro-dictature, elections, charleroi, ptb, communisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

03/05/2009

30/04/2009: A propos de l’émission d’Arte mettant sur le même plan l’URSS et le Troisième Reich ...

Merci de diffuser si vous êtes d'ac ou si, tout bonnement, vous ne
supportez pas la pensée unique antisoviétique. L'amalgame Staline=Hitler
ne vise pas seulement à salir l'Union soviétique et les communistes, qui
furent et de loin la principale force de résistance à Hitler, il tend
également à réhabiliter et à banaliser le nazisme et l'extrême droite en
mettant Auschwitz au même niveau que Stalingrad...




Déclaration de Georges Gastaud, militant de la Renaissance communiste.
A propos de l’émission d’Arte mettant sur le même plan l’URSS et le Troisième
Reich
LES VRAIS DEMOCRATES DOIVENT REJETER CET AMALGAME ODIEUX QUI VISE A CRIMINALISER
LES IDEES REVOLUTIONNAIRES TOUT EN BANALISANT LES NAZIS.

Poursuivant avec acharnement sa besogne de conditionnement anticommuniste, Arte
diffuse ce 8 avril une émission intitulée Hitler-Staline, la diagonale de la haine. A nouveau, on va donc nous présenter Staline comme aussi, sinon plus fou et plus criminel que Hitler, et on va renvoyer dos-à-dos l’URSS et le Troisième Reich, la lutte prolétarienne pour le communisme et la violence ultra-réactionnaire du nazisme.

Cette campagne n’a rien d’innocent : l’Union européenne, au culte de laquelle Arte se voue depuis sa création, a entrepris depuis 2005 de criminaliser le communisme passé, présent et à venir, comme en témoignent la motion alors adoptée par le Conseil de l’Europe qui voulait lancer la chasse aux sorcières dans toute l’Europe ; l’ex-commissaire européen Frattini ne proposait-il pas alors d’interdire les emblèmes du communisme sur tout le territoire de l’UE ?
Pire, certains eurodéputés, parmi lesquels le fascisant Gollnisch, le « vert » Cohn-Bendit et le « socialiste » Peillon, défendent ensemble un projet de loi tendant à faire du 23 août de chaque année une journée européenne de condamnation de l’URSS en prétextant de la signature à cette date du Pacte de non-agression germano-soviétique (rappelons que l’URSS n’a signé ce pacte défensif que contrainte et forcée, après que les « démocraties occidentales » eurent refusé l’alliance anti-hitlérienne proposée par Moscou et que, lors des
accords de Munich de 1938, Chamberlain et Daladier eurent donné le feu vert à Hitler pour attaquer à l’est : ces accords permirent le dépeçage de la Tchécoslovaquie, ouvrirent à Hitler la voie de l’invasion de la Pologne, ; ils se traduisirent aussi par la « drôle de guerre » qui laissa les armées franco-anglaises l’arme au pied pendant près d’un an face aux maigres armées
allemandes disposées sur le Rhin. Le but annoncé de Hitler dans « Mein Kampf » étant de se ruer sur l’URSS, les Soviets tentèrent par cette manœuvre de gagner
du temps et surtout, de diviser les forces impérialistes plus antisoviétiques les unes que les autres ; Moscou ne voulait pas avoir à combattre à la fois l’Allemagne, le Japon… et les Etats occidentaux qui, par haine de classe,
poussaient Hitler à se tourner contre l’URSS…).

C’est pourquoi les travailleurs, la jeunesse et les intellectuels démocrates doivent refuser ce martelage idéologique dont le but réel est d’amorcer en
France la campagne anticommuniste mondiale qui ne manquera pas de déferler sur le monde le 9 novembre 2009 à l’occasion du 20ème anniversaire de l’ouverture de la frontière berlinoise de la RDA. Le but de l’amalgame Staline=Hitler à base de négationnisme antisoviétique est de criminaliser le communisme et de résistance au capitalisme et à l’UE ; il est de réhabiliter le fascisme et l’extrême droite, déjà associée à plusieurs gouvernements européens ; il est de préparer
idéologiquement la répression continentale contre les communistes restés fidèles à l’idéal révolutionnaire de Marx et de Lénine, cela dans le but de priver les
travailleurs licenciés et précarisés par le capital de perspectives révolutionnaires.

Mais malgré son apparence d’offensive généralisée contre le communisme, le harcèlement antisoviétique actuel, vingt ans après la chute du camp socialiste,
montre surtout la fébrilité du système capitaliste et des forces maastrichtiennes. Celles-ci s’inquiètent à juste titre car des millions de prolétaires de l’Est et de l’Ouest constatent que la « construction européenne »
érigée sur les ruines du camp socialiste et que la re-mondialisation du capitalisme résultant de la contre-révolution des années 87/91 n’a apporté
qu’exploitation, misère, précarité, destruction des libertés, casse de l’emploi, re-colonisation de fait des peuples de l’est et du Sud, menaces accrues sur la
paix mondiale avec l’extension permanente de l’alliance agressive de l’OTAN.

On peut certes critiquer Staline, comme l’a fait publiquement Lénine en 1924, et le débat sérieux, objectif et de bonne foi entre progressistes est toujours le bien venu sur le bilan réel de l’URSS à l’époque de Staline ou après sa mort ;
c’est même le devoir des communistes et des démocrates que de réfléchir ensemble de façon critique, sur la base des principes du socialisme et du progressisme, sur les aspects positifs et négatifs des processus révolutionnaires du passé.
Avec le soutien de leur organisation, des militants du PRCF ont d’ailleurs entrepris ce travail de critique marxiste et constructive dans de nombreuses
publications ignorées des médias.

Pour autant, les vrais communistes ne hurleront jamais avec les loups de l’antisoviétisme comme le font les dirigeants du PCF ou du NPA qui rivalisent d’antisoviétisme, quitte à fournir à la réaction les armes qui lui permettront demain de réprimer l’ensemble de ses opposants, non communistes inclus. C’est pourquoi, sans s’aveugler sur les contradictions et les déviations qui ont pu à tel ou tel moment affecter la construction du socialisme en URSS ou ailleurs, le PRCF n’oublie pas dans quelles conditions la 1ère expérience historique de
socialisme a dû se construire sous la menace permanente de l’impérialisme, obsédé pour des raisons de classe et non pour des motifs humanistes, à faire
échec par tous les moyens, y compris la menace croissante de guerre nucléaire, à l’épanouissement d’une société libérée de l’exploitation capitaliste.

D’autre part, et sans s’aveugler sur les répressions qui, dans les conditions de la montée du fascisme, puis de la guerre froide, frappèrent non seulement des
agents ennemis acharnés du socialisme, mais aussi hélas des communistes sincères, les progressistes doivent rejeter catégoriquement la diabolisation de
l’URSS, y compris à l’époque de Staline : alors que la crise capitaliste ravageait le monde « libre », le socialisme établissait le plein emploi, développait l’industrie, donnait la terre au paysan et l’usine à l’ouvrier, impulsait l’enseignement, la recherche, la technique et la culture, instituait les soins médicaux gratuits et le logement bon marché pour tous, transformait le pays arriéré des tsars en grande puissance économique de premier plan et en
point d’appui solide pour tous les antifascistes et pour les anticolonialistes du monde. Le capitalisme a si peu de leçons à donner au socialisme soviétique qu’à la même époque, sous la forme du nazi-fascisme, il détruisait les libertés, liquidait le mouvement syndical, persécutait la culture humaniste et institutionnalisait le génocide raciste, lançant la seconde guerre mondiale
quelques années seulement après avoir provoqué la tuerie impérialiste de 14/18 contre laquelle s’était faite la Révolution socialiste d’Octobre.

L’amalgame Hitler=Staline est d’autant plus odieux que, tandis que le Comité des forges, ancêtre de l’UIMM, déclarait « plutôt Hitler que le Front populaire »
puis collaborait cyniquement avec l’occupant, c’est l’héroïque peuple soviétique dirigé par le PCUS avec Staline à sa tête, c’est l’armée rouge ouvrière et
paysanne, qui ont stoppé les « invincibles » hordes nazies à Leningrad, Koursk et Stalingrad. Tout cela s’est fait alors que les bourgeoisies allemande et française, dont les héritiers non repentis osent faire la leçon aux communistes sur Arte, se roulaient dans la fange nazie et vichyste… Pendant ce temps, 25 millions de morts soviétiques dont d’innombrables victimes civiles génocidées par la Wehrmacht et ses Einsatzgruppen tombaient pour libérer le monde du plus grand danger qu’il ait jamais couru ! De Gaulle avait bien raison de déclarer en 1965 lors de sa visite d’Etat à Moscou : « les Français savent que l’URSS a joué le premier rôle dans leur Libération ». En France, c’est le PCF, notamment par
le biais des FTP et des FTP-MOI, qui a versé le prix du sang le plus élevé et conduit l’essentiel de la lutte armée anti-nazie. Ce n’est pas pour rien qu’en 1945 le prestige de l’URSS était immense partout, que le PCF recueillait 29% des voix en France, et que les ministres PCF du Général De Gaulle, les Thorez, Croizat, Paul, Grenier, Tillon, Billoux, Wallon, Joliot-Curie, mettaient en place les conquêtes sociales (Sécu, statuts, retraites, conventions collectives, nationalisations, plan, comités d’entreprise, loi sur la jeunesse, plan Langevin-Wallon sur l’école, CNRS, CEA) que Sarko et l’UE détruisent aujourd’hui en exploitant au profit du MEDEF la disparition de l’URSS et les reniements du PC « mutant ».

Enfin nous mettons au défi les « historiens » qui criminalisent le « socialisme réel », de sonder sur une large échelle les habitants des pays de l’Est «
décommunisés » et annexés par l’OTAN et par l’UE : car une forte MAJORITE d’entre eux REGRETTE le socialisme et ses acquis bien réels, non parce que la « nostalgie » l’aveuglerait sur les défauts des premières expériences socialistes de l’histoire, mais parce que, EXPERIENCE FAITE, les travailleurs de l’Est peuvent par eux-mêmes voir que le socialisme, même avec ses défauts passés qu’il faut identifier et dépasser, est humainement supérieur au capitalisme, qui étale d’autant sa nocivité qu’il dispose actuellement d’une hégémonie quasi-totale sur la planète.

Plus que jamais le capitalisme est porteur de régression, de fascisation et d’exterminisme (Irak, Palestine…), comme le montre l’étranglement des libertés et de la souveraineté nationale dans notre pays.

Plus que jamais l’anticommunisme et l’antisoviétisme sont des armes de destruction massive contre les libertés de tous et à pousser en avant les fascistes.

Plus que jamais le PRCF invite les anticapitalistes, les républicains, les progressistes, les militants du mouvement ouvrier et étudiant, à combattre la
criminalisation du communisme qui vise, comme en 33, l’ensemble des forces de progrès.

Oui, l’avenir est au socialisme du 21ème siècle qui tirera avec esprit critique, mais sans auto-flagellation, les leçons dr l’expérience socialiste issue d’Octobre 17 pour ouvrir une nouvelle ère de fraternité à toute l’humanité.

16:37 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, communisme, urss, nazisme, europe, euro-dictature, medias, television, socialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

31/03/2009

20/03/2009: www.michelcollon.info se transforme et s'élargit...

 
 
-------Message original-------
 
Date : 03/20/09 07:46:55
Sujet : www.michelcollon.info se transforme et s'élargit
 
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Interview de Michel Collon, fondateur d'Investig'Action
PAR PATRICIA PARGA-VEGA

www.michelcollon.info se transforme et s'élargit
Tout ce qu'Internet va nous permettre... 

Le voici enfin! Depuis de longs mois, l'équipe Investig'Action prépare un nouveau site complètement relooké. Plus agréable, plus clair, plus pratique. 
A la demande de nombreux lecteurs, Michel Collon explique ici comment a démarré l'aventure de ce site, son succès croissant et son grand potentiel, et pourquoi Internet est aujourd'hui la seule possibilité de construire une info indépendante et rigoureuse. Pour exposer les intérêts cachés, les médiamensonges, donner la parole aux oubliés des médias.
De plus, Investig'Action fourmille de projets : newsletter et site en espagnol et anglais, rubriques audio et vidéo, développement du test-médias...


Aujourd'hui, le site que vous avez lancé change de look, crée de nouvelles activités, met en place un nouveau collectif : l'équipe Investig'Action. Avec plus de trois mille visiteurs par jour, www.michelcollon.info est devenu un incontournable de l'info alternative. Bientôt, il paraîtra aussi en espagnol, puis en anglais. Cependant, beaucoup de ces visiteurs ignorent comment l'aventure a commencé. Pourriez-vous l'expliquer ?
Michel Collon.
Depuis la première guerre du Golfe (1991), je travaille à décoder l'info. Mon premier livre Attention, médias ! exposait comment les grands médias français et belges avaient manipulé l'opinion pour leur faire accepter cette guerre. Et comment repérer les médiamensonges. Mes deux livres suivants Poker menteur (1998) et Monopoly - L'Otan à la conquête du monde (2000) ont étudié les intérêts des multinationales cachés derrière ces médiamensonges. Et la stratégie des Etats-Unis pour dominer la planète.
Mais les livres ne suffisent pas. D'abord, l'image joue un rôle crucial dans la propagande de guerre. En 2002, j'ai rencontré la jeune réalisatrice Vanessa Stojilkovic. Ses deux films documentaires - "Les Damnés du Kosovo" (2002) et "Bruxelles – Caracas, les Vénézuéliens répondent" (2005) - ont réussi à montrer le vrai visage de la guerre, mais aussi à donner la parole aux exclus de l'info et à leurs espoirs.
Ces films et ces livres nous ont permis – malgré la censure des grands médias – de rencontrer un très large public au cours de centaines de débats en de nombreux pays. Et cette expérience très enrichissante nous a fait ressentir de tout près ce que les gens attendent : ils ne font plus confiance aux médias traditionnels, mais ne veulent pas rester passifs. Alors, que faire ?
 
C’est Internet qui a changé la donne ?
Michel Collon.
Absolument. A partir de 2000, Internet a révolutionné notre pratique. D'abord, pour développer un large réseau de contacts à travers le monde entier, échanger des analyses et informations, mener des enquêtes. Mais aussi pour réagir à chaud à l'actualité. Avec un livre, ou avec un film, nous arrivions un an après les faits. Toujours en retard d'une guerre ! A présent, grâce à Internet, nous pouvions combattre les médiamensonges le jour même. Avec l’aide de Vanessa, j'ai donc lancé, début 2004, le site www.michelcollon.info. Au début, c'était un site d’auteur, comme on dit : pour présenter ses travaux et les miens, pour diffuser rapidement mes articles.
 
Mais ça a très vite évolué...
Michel Collon.
En effet. Invité dans beaucoup de pays, j'avais l’occasion de rencontrer plein de gens très intéressants, célèbres ou non. Je me suis dit qu'il fallait absolument partager ces rencontres et ces richesses. Alors, j'ai créé sur le site une rubrique "Mes invités", présentant les textes que je recevais. Je me souviens du tout premier : une superbe histoire, brève et très touchante, que m'avait racontée, un soir, en Galice, le célèbre écrivain argentin Adolfo Perez Esquivel (ndlr : Prix Nobel de la Paix 1980) : Histoire de l'enfant qui devait reconstruire le monde. Ce fut le premier texte d'un "invité". Vous pouvez toujours la trouver sur le site.
 
A présent, le site compte plusieurs milliers de récits, témoignages, analyses... Un trésor !
Michel Collon.
Oui, il est vite apparu que c'était une formidable opportunité de créer un véritable média alternatif. Le média de ceux qui ne sont pas dans les médias. Car ils n'appartiennent pas aux classes dominantes, et vont à contre-courant de la pensée unique.
 De plus en plus de gens m'ont envoyé des articles. Grâce à ce réseau international, nos lecteurs ont pu lire des témoignages humains, des critiques de médiamensonges, des analyses sur les stratégies cachées... Manifestement, cela correspondait à un besoin. Les gens qui travaillent, qui sont actifs n'ont pas le temps de lire tout ce qu'on trouve sur le Net. Ils apprécient de trouver chaque semaine la sélection de notre newsletter hebdomadaire... Et le nombre de nos lecteurs n'a cessé d'augmenter. Aujourd'hui, plus de 3.000 personnes visitent le site chaque jour.
 
Quels sont les critères pour sélectionner un article ?
Michel Collon.
Il doit apporter quelque chose de nouveau, de significatif. Avoir une valeur durable même si vous le relisez dans un an ou deux. Les "news", comme on dit, nous les laissons aux agences. Nous cherchons à donner une vue d'ensemble sur le monde (il faudra encore des efforts pour mieux couvrir l'Afrique, le monde arabe, la Russie, l'Asie). Nous ne nous adressons pas à des spécialistes, mais à un public très large. Donc, les articles doivent être de qualité, sérieux, citant leurs sources, mais également clairs, faciles à lire, pas trop longs...
 
Parce que sur Internet, on trouve à boire et à manger.
Michel Collon.
Exactement. Internet n'est pas immunisé contre la désinformation, on trouve toutes sortes de "hoax" politiques lancés pour manipuler l'opinion, on rencontre aussi des gens qui répandent leurs délires personnels, des théories du super - complot...
 
Et www.michelcollon.info n'a jamais commis d’erreurs ?
Michel Collon.
Si, c'est arrivé trois fois en cinq années. Mais nous l'avons directement signalé. Tout journaliste, même prudent, peut se tromper ou se faire avoir. Celui qui est honnête le signale aux lecteurs. Cela permet à chacun d'en tirer des leçons pour augmenter la vigilance. L'info n'est pas une autoroute, c'est un chemin de montagne.
 
Mais qu'est-ce qui a vraiment changé avec Internet ?
Michel Collon.
Tout. Auparavant, l'info était monopolisée par les intérêts dominants. Bien sûr, comme on dit, « la presse est libre », vous avez le droit de lancer votre télévision ou votre réseau de quotidiens, il vous suffit d’avoir quelques centaines de millions d’euros.
Les médias traditionnels ne sont pas un contre-pouvoir, ils font partie du pouvoir comme l'ont montré Noam Chomsky ou Geoffrey Geuens dans son excellent livre « Tous pouvoirs confondus ». Ils sont liés au système parce que leurs propriétaires sont de grosses entreprises capitalistes (de plus en plus aux mains de quelques milliardaires : Lagardère, Murdoch, Berlusconi), parce qu'ils vivent de la publicité des multinationales, parce que leurs dirigeants sont liés aux pouvoirs économiques et politiques, parce que leur idéologie défend le système en place et empêche les gens de penser par eux-mêmes.
Avec Internet, en quelques années, une autre manière de s'informer est devenue possible. Gratuite, rapide, interactive, libre des pressions politiques et financières, même si les idées dominantes y dominent aussi (par exemple, en général, sur Wikipédia). Mais on peut en tout cas échapper au blocage financier.
 Internet a introduit une nouvelle mentalité. Avant, un article était une marchandise, qu'un média achetait à un journaliste ou un auteur, et qu'il revendait à un lecteur. Or, les marchandises seront forcément toujours dominées par les intérêts qui dominent le marché.
A présent, sur le Net, tout s'échange et circule gratuitement. C'est un grand progrès. Je dirais même que cela préfigure l’avènement d'un autre monde, d’une société différente. La preuve par l’info : en mettant en commun des forces qui peuvent venir du monde entier, nous pouvons rassembler beaucoup plus d'informations - et les vérifier - que dans la presse traditionnelle. Celle-ci, enfermée dans sa course à la rentabilité, ne peut payer les journalistes pour mener des investigations et des vérifications sérieuses, 90% de leurs infos sont en fait du recopiage de dépêches d’agences.
Donc, par la mise en commun et la solidarité, on arrive à une qualité d'info bien supérieure à la concurrence économique des médias privés. C’est une leçon de société ça ! Tout comme, en informatique, Linux est bien supérieur au Microsoft de Bill Gates, parce que Linux repose sur le partage et non la dissimulation des infos, Linux ne se bat pas contre des concurrents, mais avec toutes les bonnes volontés.
 
Bénévole, c'est la clé ?
Michel Collon.
Je pense que oui. L'info - marchandise, l'info comme support de pub pour des multinationales, ça fausse tout. Comment un grand média pourrait-il être libre s'il est aux mains de milliardaires ou s'il dépend des énormes budgets publicitaires des multinationales ?
 
Mais sur Internet, n'êtes-vous pas condamnés à la confidentialité ?
Michel Collon.
Non, ça peut marcher, il est temps d'en finir avec le pessimisme si répandu en Europe. Pour illustrer les possibilités d'Internet, je voudrais mentionner l'excellent site espagnol Rebelion, lancé par un journaliste Pascual Serrano, bientôt rejoint par quelques collaborateurs bénévoles. Chaque jour, ils diffusent une trentaine d'articles, les meilleurs qui paraissent en espagnol. Chaque jour, ils ont trente mille lecteurs ! Dans les statistiques, ils sont le sixième média quotidien espagnol derrière El Pais, El Mundo, ABC... Une vraie alternative ! Nous avons avec eux une très bonne collaboration.
 
Alors, Internet, c'est la panacée, la solution miracle ?
Michel Collon.
Non, Internet me semble menacé par deux dangers. 1. Les médias y investissent beaucoup, se déplaçant des quotidiens papier (en déclin) et même des journaux télévisés vers le Net. Pour deux raisons :
1. Le public peut y trouver une info à la demande, plus spécialisée, plus active et gratuite (voir le succès de Youtube, Dailymotion, etc)
2. La publicité peut beaucoup mieux cibler son public, Internet permettant de suivre et d'espionner les habitudes de consommation.
Donc, les médias traditionnels se reconvertissent sur Internet. Seulement, leur info reste la même. Ils sont liés au système parce que leurs propriétaires sont de grosses entreprises capitalistes, parce qu’ils vivent de la publicité des multinationales, parce que leurs dirigeants sont liés aux pouvoirs économiques et politiques, parce que l'idéologie dominante défend le système en place et cherche à empêcher les gens de penser par eux-mêmes. Encore récemment, on a vu en Belgique trois journalistes chevronnées se faire licencier en trois minutes. En France, le couple « Dr Kouchner et Mrs Ockrent » applique ce système jusqu'à la caricature : placée par Monsieur à la tête de France 24, Madame a mis à la porte un journaliste expérimenté qui avait osé critiquer Monsieur !
 Cette info n'est pas libre. Mais avec leurs gros moyens financiers, ces médias traditionnels essaient d'accrocher la nouvelle génération et de la garder dans le droit chemin. Il y aura une course de vitesse pour les empêcher de monopoliser l'info Internet comme ils l'ont fait avec la radio ou la télé. L'info des multinationales contre l'info des gens. Nous devons absolument gagner cette course sur Internet, il faudrait un grand Forum international pour construire des alternatives dans l'info avec les nouvelles technologies.
 
Et l'autre menace ?
Michel Collon.
Eh bien, les Etats-Unis mais aussi d'autres puissances, sont très inquiets. Si les médiamensonges peuvent être réfutés rapidement et dans le monde entier, la propagande de guerre aura du mal. Déjà, Al Jazeera et d’autres journalistes se sont fait tirer dessus ou emprisonner, déjà quand Washington déclenche une guerre, l'armée US s’empresse d’éliminer la télé de l’adversaire. A présent, le Pentagone a défini une stratégie offensive contre Internet. Il est clair que si une guerre éclate, beaucoup de sites alternatifs connaîtront des "accidents". Il faudra prévoir des parades. On doit se faire connaître, se renforcer, élargir le réseau pour les empêcher de tout fermer le moment venu. Evidemment, comme Internet est devenu un énorme marché, les Etats-Unis, qui l'ont créé, ne peuvent plus faire marche arrière. Mais ils cherchent des parades... Voilà bien une ironie de l'Histoire : avec Internet, la classe dominante a fabriqué une arme qui peut se retourner contre elle.
 
Pourquoi ce nom d'Investig'Action ?
Michel Collon.
Il exprime les deux aspects de notre activité. D'une part, chercher ce qu’on nous cache. Sans tomber dans la paranoïa, nous analysons les intérêts cachés derrière chaque conflit, économique, social ou militaire. D'autre part, nos lecteurs emploient leurs infos pour discuter au boulot, à l’école, dans leur milieu. Nous voulons leur être utiles. Donc, nous répondons à leurs questions, leurs critiques, leurs propositions. Qui d'ailleurs nous apprennent beaucoup à nous aussi.
En outre, nous publions des livres pour approfondir certains sujets. Et nous préparons des films documentaires permettant à chacun de présenter ces sujets dans des publics larges, afin de stimuler le débat. Enfin, nous organisons des formations qui aident chacun à être actif autour de soi et sur le Net. Des séminaire sur « les mécanismes fondamentaux de la mondialisation », « comment devenir journaliste alternatif », « Palestine et médias » ou encore « Chavez, l’Amérique latine et la libération du tiers monde ».
 
« Décoder l'info » est inscrit en tête du site, ce sera votre spécificité ?
Michel Collon.
Oui, ce que nous appelons « test – médias » va se développer très fort sur le site. Tout commence par là. Apprendre à repérer les manipulations, les non dits, les procédés de diabolisation. En fait, l'info dominante prétend penser à notre place.
 
Une idée du public qui visite le site ?
Michel Collon.
Oui, grâce aux statistiques de fréquentation et au très abondant courrier. Nous sommes lus dans beaucoup de pays : France, Belgique, Suisse, Afrique, Espagne, monde arabe, Amérique latine... Des intellectuels, mais aussi des travailleurs, des jeunes, des étudiants. Et pas seulement des gens de gauche, on a toutes sortes de discussions intéressantes.
Notre but est double. D'une part, toucher des lecteurs déjà actifs et concernés. Ils forwardent nos articles ou les utilisent en presse écrite, en radio, en discussions. Internet ne supprime pas les autres médias et le travail de discussion, il les renforce. Et puis, nous touchons surtout un public plus large, simplement curieux et ouvert. C'est très important de s'adresser à tout le monde. Travailler pour les initiés, ce serait s'enfermer.
 
Quand même, aller à contre-courant, travailler sans reconnaissance des médias officiels : jamais découragé ?
Michel Collon.
Jamais. Bien que la vie ne m'ait pas ménagé, et bien que mes reportages dans des pays comme l'Irak ou la Yougoslavie en temps de guerre m'aient donné à voir des souffrances bouleversantes, je peux vous assurer d'une chose : quand on a la chance comme moi de pouvoir donner la parole à ceux qui souffrent, à ceux qui luttent, et de recevoir autant de remerciements chaque jour, ça donne une force incroyable !
 
Cette croissance du site, c'est cela qui a justifié la formation d'une équipe ?
Michel Collon.
Il y a deux raisons en fait. D'abord, oui, je n'arrivais plus à mener de front ces diverses activités : le site (sélection, traduction et postage d'articles), le courrier, la préparation de livres, l'aide à la réalisation de films documentaires, les séminaires de formation, les tournées de conférences, les voyages... Il y a une attente énorme, les gens veulent réellement faire quelque chose pour changer l'info.
Mais aussi, je souhaitais depuis un moment former une équipe et transmettre mon expérience. Ca fait bientôt vingt ans que j'étudie les Etats-Unis, les guerres, les médias, vingt ans que je donne des conférences, et discute avec toutes sortes de publics qui, eux aussi, m'apprennent énormément. L'âge arrive, il est temps de transmettre tout cela. Depuis quelques mois, une équipe s'est formée à Bruxelles, le travail a été réparti selon les capacités et le temps de chacun, on fait le point chaque semaine sur l'actualité, les problèmes du site, les tâches. Avec cette équipe, nous avons préparé pendant plusieurs mois le tout nouveau site et les nouveaux projets...
 
Qu’est-ce qui a changé dans le site ?
Michel Collon.
D'abord, il a été complètement relooké. Des couleurs plus douces et harmonieuses (l'info est déjà assez dure, non ?), plus de blanc pour respirer, des rubriques plus claires pour trouver son chemin. Et un nouvel en-tête qui indique mieux le travail dorénavant collectif. Ensuite, nous allons de plus en plus développer notre activité spécifique : le décodage de l'info, le "test - médias", comme nous disons. Et des rubriques audio et vidéo pour lesquelles nous faisons appel aux suggestions et aux coups de main.
 
Et le site devient multilingue ?
Michel Collon.
Oui, ça c'est très important. Voyageant beaucoup, j'ai pu constater qu'il existe de véritables murs dans l'info alternative. Les Français, par exemple, sont assez peu bilingues. Du coup, ils sont peu au courant de tout ce qui circule en langue anglaise et aussi de ce qui se passe en Amérique latine. Inversement, les Latinos ne sont pas très bilingues non plus, et mal informés sur ce qui se passe en Europe (il y a beaucoup d'illusions comme quoi l'Europe serait différente des Etats-Unis), mais aussi au Moyen-Orient ou en Afrique. Il existe de véritables murs entre les mondes progressistes francophone, anglophone, hispanophone, sans parler de tout ce qui s'échange en arabe, en russe ou en chinois. Nous voulons briser ces murs.
 Les multinationales sont très bien globalisées et bien informées de ce qui se passe dans le monde entier. Mais à gauche, on vit dans des bocaux, l'info n’est pas assez globalisée. Nous cherchons donc des traducteurs (bénévoles). Il nous paraît très important de faire connaître en Europe ce qui se passe vraiment en Amérique Latine, en Afrique, au Moyen-Orient. Et vice versa.
 
La Lettre hebdomadaire que connaissent les francophones va donc recevoir des petites sœurs...
Michel Collon.
En espagnol bientôt. Et puis en anglais. Le but est de fournir en ces langues aussi une sélection hebdomadaire d'articles sur l'Europe, l'Afrique, le Moyen-Orient...
 
Avec tous ces développements, sera-t-il possible de maintenir la gratuité ? Comment sont couverts les frais ?
Michel Collon.
Nous tenons absolument à maintenir la gratuité. L'équipe qui m'entoure est bénévole et le restera, même si notre association devra embaucher quelqu'un pour assurer la coordination et le secrétariat. Et, bien sûr, nos frais techniques ont augmenté. Il est vrai qu'une partie de notre public pourrait sans doute payer une toute petite cotisation. Mais nous voulons absolument que l'info reste accessible aux économiquement faibles : les jeunes et les fauchés d'ici, mais aussi nos lecteurs en Afrique et dans le tiers-monde.
Ceci dit, nous ne voulons pas seulement maintenir l'activité, nous voulons l'élargir. Développer de nouveaux projets. Récemment, le site a eu l'occasion de jouer un rôle important dans la contre - info sur Gaza. Les débuts de la série d'interviews de Mohamed Hassan « Comprendre le monde musulman » ont connu un grand écho, avec des traductions en une dizaine de langues, des reprises sur des dizaines de sites, magazines et revues. L'interview - vidéo « Kouchner, vrai ou faux ? » a également eu un grand impact. En ces occasions, nous avons commencé à faire appel aux questions et réactions des lecteurs. Internet nous permet de créer un nouveau type de journalisme, plus participatif, plus démocratique. C'est comme ça que nous aurons davantage de pouvoir sur l’info.
Donc, pour couvrir ces frais et lancer de nouveaux projets, nous allons dorénavant faire appel aux soutiens. Il y a sur le nouveau site un appel à nous donner les moyens de continuer et de développer. La liberté d'informer a un prix. Les médias traditionnels couvrent leurs frais avec la pub, mais du coup, ils ne sont plus libres envers les multinationales. Nous préférons faire confiance à nos lecteurs.
 
Quelque chose à ajouter ?
Michel Collon.
Juste ceci. C'est la désinformation qui rend possible les guerres, les agressions et le maintien des injustices. L'info, c’est donc la première bataille. Les multinationales y investissent des milliards. La seule force qui pourra construire la contre - info, ce sont les gens eux-mêmes !

Découvrez le nouveau site : www.michelcollon.info
 
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20:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, histoire, courcelles, presse, silence, collon, medias, belgique | |  Facebook | |  Imprimer | | |

23/02/2009

22/02/2009: Marx est plus vivant que jamais ...


From: nicolas
Sent: Sunday, February 22, 2009 10:52 PM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fw: Le vieux semble avoir pris un coup de jeune



----- Original Message -----
, February 22, 2009 9:58 PM
Subject: Le vieux semble avoir pris un coup de jeune


" Ceux qui possèdent les capitaux vont chercher à influencer sur la classe ouvrière pour qu'elle achète de plus en plus de biens chers, de
maisons et de technologie en la forçant à emprunter des crédits de plus en plus élevs jusqu'au moment où les dettes deviendront
irremboursables. Les dettes non remboursées vont amener les banques à la banqueroute et il faudra les nationaliser. C'est ainsi que l'Etat
prendra le chemin qui, en fin de compte, mènera au communisme3

Karl Marx 1867

16:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, banque, bourse, finance, marxisme, socialisme, information, presse, recession, silence, societe, courcelles, romain, histoire, capitalisme, oppression capitaliste, communisme, chomage, crise, medias, television | |  Facebook | |  Imprimer | | |

15/02/2009

15/02/2009: Beaucoup d'argent derrière la propagande du réchauffement climatique ...

 

Sent: Saturday, February 14, 2009 11:30 PM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fwd: Fw: bcp d'argent derrière la propagande du réchauffement climatique

 


http://www.polemia.com/article.php?id=1637

Le : 30 Mars 2008

Beaucoup d'argent derrière la propagande du réchauffement climatique

 

Encore un professeur qui remet en cause le prétendu « consensus » de la responsabilité de l'homme dans le changement climatique.

Dernier en date à avoir dénoncé le mythe d'un « consensus » sur la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique, un professeur de physique à la retraite s'en est pris, dans un discours prononcé hier, aux énormes intérêts financiers alimentant la propagande du changement climatique qui ne cadre pas avec la véritable science.

Howard C. Hayden, professeur émérite de physique à l'université du Connecticut, a déclaré devant un auditoire de Pueblo West qu'il avait été incité à s'exprimer franchement au retour d'un séjour à New York où il avait appris que des panneaux d'affichage alarmistes sur les effets à long terme du réchauffement de la planète s'achetaient 700.000 dollars par mois.

« Il y a quelqu'un qui est prêt à dépenser d'énormes sommes d'argent pour nous  faire peur à propos du réchauffement climatique », a déclaré Hayden. « Derrière la propagande pour le réchauffement de la planète il y a une question de gros sous. »

Hayden a fait remarquer que le réchauffement se manifestait dans l'ensemble du système solaire, soulignant le fait que ce sont des causes naturelles et non humaines qui sont à l'origine du changement climatique, un phénomène qui s'est produit tout au long de l'histoire.

«  Oui, la calotte glaciaire s'amincit… sur Mars », a-t-il annoncé. « Sur Mars, la calotte glaciaire est en train de fondre et des petites collines disparaissent » et on observe également des tendances au réchauffement sur Jupiter, sur Saturne et sur Triton.

Rappelant le fait que l'activité humaine est seulement responsable de 3% des émissions de CO2 sur terre, Hayden a précisé que le taux de CO2 dans l'atmosphère augmente et baisse depuis 400.000 ans.

« Nous sommes au niveau le plus bas des 300.000 dernières années », a-t-il ajouté. « A cours de la période jurassique, nous avions de très hauts niveaux de CO2. »

Et Hayden de conclure : « Environ 97% du CO2 de l'atmophère ont pour origine des sources naturelles, et non humaines », ajoutant que la question du réchauffement de la planète est mise en avant, non pas par des groupes de défense populaires, mais par des entreprises géantes qui sont là pour tirer profit de la vente de concepts tels que la recherche et le commerce du CO2.

Comme nous l'avons signalé l'année dernière, au cours de la réunion secrète de la Commission trilatérale de mars 2007 les élites se sont rassemblées pour formuler une politique sur la meilleure manière d'exploiter l'alarmisme à propos du réchauffement planétaire afin d'augmenter les impôts et avoir le contrôle du mode de vie des Occidentaux.

Au cours de cette causette, Peter Sutherland, président européen de la Commission trilatérale, membre du Bilderberg et président de la British Petroleum, s'adressant à acolytes, a lancé un « cri de guerre universelle afin que le monde aborde d'une seule voix la question du "réchauffement de la planète" ».

Lui faisant écho le général Lord Guthrie, directeur de NM Rothschild & Sons, membre de la Chambre des Lords et ancien chef d'état-major de la Défense à Londres, a exhorté les éminences grises de la Trilatérale à « aborder d'une seule voix la crise du réchauffement planétaire et à imposer des règles s'appliquant au monde entier ».

 (...)

Dans son excellent article intitulé « L'hystérie du réchauffement planétaire sert de prétexte à un gouvernement mondial », Daniel Taylor montre que l'exploitation du phénomène naturel du « réchauffement de la planète » était la marotte du Club de Rome et du CFR [Council on Foreigh Relations].

« Dans un rapport de 1991 intitulé "La première révolution mondiale" et publié par le Club de Rome, groupe de réflexion mondialiste, on trouve la déclaration suivante : "A la recherche d'un nouvel ennemi pour nous unir, il nous est venu l'idée que la pollution, la menace du réchauffement de la planète, les pénuries d'eau, la famine etc. feraient l'affaire… Tous ces dangers sont causés par l'intervention humaine… Le véritable ennemi, donc, c'est l'humanité elle-même."

« Richard Haass, actuel président du CFR, a déclaré dans son article "A l'ère du mondialisme il faut changer la souveraineté d'Etat" qu'il fallait créer un système de gouvernement mondial et éliminer toute souveraineté afin de combattre le réchauffement planétaire, en même temps que le terrorisme." "De plus, si le système international doit fonctionner, les Etats doivent être préparés à céder leur souveraineté à des organismes mondiaux", dit Haass. "La mondialisation implique par conséquent non seulement que la souveraineté devienne plus faible dans la réalité, mais qu'il est nécessaire qu'elle devienne plus faible. Il serait judicieux que les Etats affaiblissent leur souveraineté pour se protéger eux-mêmes." » 

The fact that global warming hysteria is being pushed by governments that have been caught lying to the public on a regular basis, along with elitists whose stated goal is to push fearmongering as a means of increasing taxation and control over our lives, emphasizes the reality that, allied to the its phony scientific foundation, global warming is just the latest hobby-horse on which control freaks have piggy-backed their agenda to dominate and rule.

Le fait que l'hystérie du réchauffement planétaire soit appuyée par des gouvernements qui se sont fait prendre régulièrement en train de mentir au public, ainsi que par des élites qui ont pour objectif déclaré de promouvoir l'alarmisme comme moyen pour augmenter les impôts et contrôler notre existence, met en relief la réalité selon laquelle, allié à un fondement scientifique trompeur, le réchauffement planétaire n'est que le dernier dada sur lequel les fanas du contrôle ont harnaché leur programme pour dominer et gouverner.

Paul Joseph Watson
http://prisonplanet.com/articles/march2008/031108_big_money.htm
11/03/08
Traduction de l'américain par René Schleiter
Correspondance Polémia
21/03/08

 

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20:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, actualoite, presse, silence, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |