11/01/2011

2010/12/18: HAITI: LES MENSONGES DE BILL CLINTON ...

-----Message d'origine-----
From: Xarlo@aol.com
Sent: Saturday, December 18, 2010 10:02 PM
To:
Subject: On rattrappe plus vite un menteur qu'un boiteux, dit un proverbe...
 
Un coup de pied de Fidel au cul de Clinton...
 
************
LES MENSONGES DE BILL CLINTON
 
Je regrette vraiment  d’avoir à le démentir. Aujourd’hui, ce n’est plus
que quelqu’un à l’aspect  bonhomme, consacré au legs historique, comme si l’
histoire de l’Empire, voire  quelque chose de plus important : le sort de l’
humanité, étaient garantis  au-delà de quelques dizaines d’années, et ce à
condition qu’aucune guerre  nucléaire n’éclate au sujet de la Corée, de l’
Iran ou de tout autre point chaud. 
L’Organisation des Nations Unies, on le sait, l’a nommé son « envoyé
spécial  » en Haïti.
Clinton –président des États-Unis entre les deux Bush – empêcha  l’ancien
président Carter, par jalousie politique ridicule, de participer aux 
négociations migratoires avec Cuba, signa la loi Helms-Burton et fut complice  des
actions de la Fondation nationale cubano-américaine contre notre patrie. 
Il existe abondance de preuves sur sa conduite, mais nous ne le prenions
pas  trop au sérieux pour autant et nous n’étions pas hostiles à ses activités
au  sujet de la mission que l’ONU lui avait assignée pour des raisons
évidentes. 
Nous coopérions avec ce pays frère depuis bien des années dans plusieurs 
domaines, notamment dans la formation de médecins et la prestation de
services à  la population, et Clinton ne nous gênait en rien. S’il désirait
remporter  quelques petits succès, nous n’avions pas de raisons de bloquer notre 
coopération avec Haïti sur un terrain aussi sensible.  Puis sont venus le 
terrible séisme qui a causé tant de morts et de destructions, et l’épidémie. 
Une réunion qui s’est déroulée avant-hier dans la capitale de la République
dominicaine au sujet de la reconstruction d’Haïti, et qui a rassemblé
environ  quatre-vingts personnes, dont plusieurs ambassadeurs des pays donateur
de plus  de cent millions de dollars, de nombreux membres de la Fondation
Clinton, ainsi  que des gouvernements étasunien et haïtien, est venue
compliquer les choses. 
Peu de gens y ont pris la parole, entre autres l’ambassadeur du Venezuela, 
parce que son pays est l’un des donateurs les plus importants, une
intervention  brève, émue et sûre. Quasiment tout le reste de cette réunion qui a
duré de 17 h  30 à minuit, c’est Clinton qui l’a occupé. L’ambassadeur cubain
était là, tel un  convive de pierre, à la demande d’Haïti et de
Saint-Domingue. On ne lui a pas  concédé la parole, ce qui en a fait un simple témoin d’
une rencontre qui n’a  réglé absolument rien. Elle devait se prolonger le
lendemain,  mais rien ne  s’est passé.
Cette réunion de République dominicaine a été une manœuvre  trompeuse, et
les Haïtiens étaient indignés à juste titre. Leur pays, détruit  par le
séisme de janvier dernier, a été en fait livré à son sort. 
Aujourd’hui, jeudi  16 décembre, une dépêche de l’agence de presse 
étasunienne AP, affirme ce qui suit :
« L’ancien président Bill Clinton a  exprimé sa confiance dans les efforts
de reconstruction d’Haïti, durant une  visite d’une journée au milieu de
désordres civils, d’un mal endémique et d’une  crise politique inextricable.
« L’envoyé spécial de l’ONU en Haïti s’est  rendu dans ce pays affligé, un
jour après que la Commission intérimaire de  reconstruction, dont il
partage la présidence, a été contrainte de se réunir  dans la République
dominicaine voisine, à cause de la violence qui a éclaté  après les élections
présidentielles aux résultats controversés tenues en Haïti  le 28 novembre.
« Clinton a visité une clinique spécialisée pour  cholériques, gérée par
Médecins sans frontière, qui a traité cent mille  personnes touchées par l’
épidémie qui a éclaté en octobre. Puis il s’est rendu  sur la principale base
de troupes de pacification de l’ONU pour rencontrer des  fonctionnaires
haïtiens et internationaux.
« La réunion de la veille a  approuvé des projets pour environ 430 millions
de dollars. Mais le plus notable,  ce sont les expressions d’indignation
devant la lenteur de la reconstruction et  une lettre adressée par des
Haïtiens frustrés qui affirment qu’on les tient à  l’écart des décisions et que
les projets approuvés "ne contribuent pas à la  reconstruction d’Haïti ni au
développement à long terme". »
Mais observez ce  que Clinton a ajouté ensuite en conférence de presse :
« "Je partage leur  frustration".
« …des centaines de milliers d’Haïtiens trouveront un logement  permanent l
’an prochain et bien plus cesseront de vivre sous la tente, comme le  font
plus d’un million de personnes depuis le séisme du 12 janvier.
« Ces  promesses ont déjà été faites. […] De  plus, des 5,7 milliards  de 
dollars promis en aide pour 2010-2011, seuls 897 millions sont arrivés. »
En  fait, ces 897 millions ne se voient nulle part.
C’est par ailleurs prendre  vraiment beaucoup de libertés avec la vérité
que d’affirmer qu’une clinique  gérée par Médecins sans frontière a traité
cent mille personnes !
La  doctoresse Lea Guido, représentante de l’Organisation panaméricaine de
la  santé/Organisation mondiale de la santé en Haïti, vient d’informer
aujourd’hui  dans un communiqué de presse que le nombre de cholériques s’était
élevé au 11  décembre à 104 918, une quantité de malades vraiment sans
précédent que Médecins  sans frontières n’a pas pu traiter dans une clinique.
L’Europe, les USA et  le Canada – et M. Clinton le sait pertinemment –
enlèvent des médecins, du  personnel infirmier et de rétablissement et d’autres
techniciens de la santé aux  pays caribéens et n’ont pas le personnel
requis pour remplir une telle mission,  sauf  honorables exceptions.
Clinton prétend de toute évidence, par ses  mensonges, passer sous silence
le travail réalisé par plus de mille médecins,  personnels infirmiers et
techniciens cubains et latino-américains qui mènent le  plus gros de la
bataille pour vaincre l’épidémie de la seule façon possible : en  allant dans les
endroits les plus reculés du pays dont la moitié des presque dix  millions d’
habitants vit dans des zones rurales.
Il aurait été impossible,  dans de telles conditions, de traiter un si
grand nombre de personnes sans  l’appui de l’éminente Latino-Américaine qui
représente l’OPS-OMS à Cuba et en  Haïti.
Notre pays s’est engagé à mobiliser le personnel humain requis pour 
remplir cette noble tâche.
Lea Guido a affirmé : « Les ressources humaines  que Cuba envoie sont
destinées actuellement aux zones les plus isolées de cette  nation. Et c’est tout
à fait opportun. »
Ces ressources arrivent, et le  reste du personnel nécessaire sera très
vite sur place.
Hier, la Brigade  médicale cubaine a traité 931 patients, dont deux sont
décédés, soit un taux de  mortalité de 0,2 p. 100.
 
 
Fidel Castro Ruz
Le 16  décembre 2010

21:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, actualité, haïti, amérique, presse, silence, médias, télévision, solidarité, cuba, venezuela, politique | |  Facebook | |  Imprimer | | |

12/09/2010

12/09/10: 9 ans après le 11/9 ...

From: nicolas
Sent: Sunday, September 12, 2010 10:39 AM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] : 9 ans après le 11/9

 

http://www.reopen911.info/
Paris: Rassemblement au Trocadéro le 11/9 à 15h
 
Notes :
Neuf ans après le 11-Septembre
par Thierry Meyssan*


Le temps passe. Neuf ans après les attentats qui endeuillèrent les États-Unis, la lucidité et la ténacité de Thierry Meyssan portent leurs fruits : une large majorité de personnes dans le monde ne croit plus à la version gouvernementale des États-Unis. Ce phénomène s’observe jusqu’aux États-Unis, où un dernier sondage évalue à 74 % le nombre de citoyens pris par le doute. Même les responsables de la commission d’enquête présidentielle admettent ne pas être convaincus par le rapport qu’ils ont signé. Pour l’initiateur opiniâtre de ce débat, le temps n’est plus à discuter de l’impossibilité de la version officielle, il faut maintenant saisir l’ONU et poursuivre les réels coupables.
____________________


Nous commémorons le neuvième anniversaire des attentats du 11-Septembre qui marquèrent le début d’une guerre que ses promoteurs voulaient sans fin. Après avoir tué près de 3 000 personnes aux États-Unis, les commanditaires des attentats causèrent la mort de plus d’un million de personnes supplémentaires en Afghanistan et en Irak. Leur plan prévoyait de poursuivre ce carnage en détruisant la Syrie et l’Iran, mais ils n’ont pu —pour le moment— mener cette phase à exécution.


À l’occasion de ce triste anniversaire, ceux qui ont rejeté la responsabilité de leur propre crime sur des islamistes avant de ravager le Proche-Orient musulman nous offrent une nouvelle mise en scène. Un faux débat agite les États-Unis à propos de la construction d’un centre culturel musulman à Manhattan, et un autre faux débat accompagne l’autodafé annoncé de Corans. À l’issue de ces provocations, les autorités US ne manqueront pas de nous expliquer qu’elles sont intervenues pour garantir la liberté religieuse dans leur pays, espérant ainsi nous faire oublier que les crimes de masse qu’elles ont commis au Proche-Orient le furent dans une ambiance de croisade contre l’islam.


Elles voudraient aussi nous empêcher de prendre conscience de leur échec à convaincre. Il y a neuf ans, j’étais seul à réfuter les mensonges du 11-Septembre, à dénoncer un coup d’État du complexe militaro-industriel, et à alerter sur les projets bellicistes du nouvel Empire. Malgré les insultes, les menaces et les attaques, j’ai parcouru le monde pour éclairer l’opinion publique internationale et désamorcer l’idéologie de guerre des civilisations. Je n’ai pas pu développer ce travail aux États-Unis, où j’ai été déclaré persona non grata. Cependant, une fois le choc assimilé et le deuil accepté, de courageux États-uniens ont porté le flambeau dans leur propre pays. Chaque année les sondages montrent que 10 % d’Américains supplémentaires doutent de la version établie par la Commission Kean-Hamilton.


Aujourd’hui plus de 70 % des États-uniens doutent, y compris MM. Kean et Hamilton, les co-présidents de la commission chargée de graver dans le marbre la version gouvernementale. À ce rythme constant, la totalité de la population US aura rejeté cette version dans trois ans.


Nous sommes désormais une large majorité dans le monde à exiger que toute la lumière soit faite sur ces crimes. Le 11-Septembre ayant été utilisé par les États-Unis et le Royaume-Uni devant l’ONU pour justifier de leur invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, cette affaire n’est plus nationale, mais internationale. Le temps est venu pour que l’Assemblée générale des Nations Unies désigne une commission d’enquête, réunisse les éléments déjà connus du public et prépare la mise en accusation des suspects.


Que nous ayons perdu des parents sous les décombres du World Trade Center ou sous ceux des maisons bombardées de Kaboul et de Bagdad, que nous ayons perdu des enfants tués par l’occupant ou tué en occupant le Proche-Orient, nous sommes tous victimes du même système. Nous devons ensemble lutter pour établir toute la vérité et punir les coupables, parce que nous ne parviendrons pas à la paix sans la justice.

http://www.voltairenet.org/fr
 
tir de TSS

14:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Obama | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, romain, histoire, courcelles, actualites, grande-bretagne, silence, mensonge, presse, médias, impérialisme, gangstérisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

31/07/2010

26/05/10: Comment les USA ont acheté le vote sanction russe ... ?

From: NICOLAS
Sent: Wednesday, May 26, 2010 9:38 PM
To:
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fwd: Comment les US ont acheté le vote sanction russe contre l'Iran,Mireille Delamarre
Comment les USA ont acheté le vote sanction russe
contre l'Iran

 Mireille Delamarre


Samedi 22 mai 2010

Le consentement de la Russie pour une nouvelle résolution avec amplification des sanctions contre l'Iran au CSONU a été acheté par Washington.               Explications.

Le revirement de Moscou concernant de nouvelles sanctions au CSONU contre l'Iran, qui refuse de stopper son programme d'enrichissement d'uranium sous contrôle de l'AIEA alors que signataire du TNP l'Iran a tout à fait le droit de le faire, a été obtenu suite à un savant marchandage Washington/Moscou.

Selon le Washington Post du 22/05/2010, l'explication de cet accord de dernière minute pour obtenir le soutien de la Russie à ces nouvelles sanctions onusiennes contre l'Iran a été révélée vendredi quand l'administration Obama a déclaré avoir levé les sanctions contre quatre entités russes impliquées dans le commerce « illégal » d'armes avec l'Iran et la Syrie depuis 1999.

La levée des sanctions a été enregistrée vendredi dans le Registre Fédéral, cela juste trois jours après l'annonce par la secrétaire d'état US, Hillary Clinton, que la Russie avait donné son accord pour de nouvelles sanctions au CSONU contre l'Iran.

La Russie s'était plainte depuis longtemps de ces sanctions américaines touchant notamment Rosoboronexport, une entreprise d'état exportatrice d' armes et qui avait été sanctionnée pour des ventes à l'Iran en 2006 et 2008. Mais Moscou a marchandé la levée des sanctions ces derniers jours bien que les Américains aient affirmé avoir le OK de la Russie pour les sanctions depuis un certain temps déjà.

Les sanctions ont également été levées contre le Moscou Aviation Institute, sanctionné depuis 1999 pour avoir aidé l'Iran à développer ses missiles balistiques. La D.Mendeleyev University of Chemical Technology of Russia avait également été sanctionnée depuis 1999 pour avoir aidé l'Iran dans son programme de missiles de même que le Tula Instrument Design Bureau, sanctionné la même année pour avoir fourni des équipements anti tanks à la Syrie.

Depuis le début de l'année, l'administration Obama a également levé les sanctions contre deux autres entités russes Glavkosmos et Baltic State Technological University pour avoir travaillé avec l'Iran.

Pour faire échec à l'accord entre la Turquie, le Brésil et l'Iran sur l'échange de LEU à 3.5% contre du LEU enrichi à environ 20% en Turquie sous contrôle de l'AIEA pour son réacteur de recherche nucléaire de Téhéran fabricant des isotopes pour traiter les malades iraniens contre le cancer, échange réclamé par le P5+1 mais en fait prétexte à vouloir confisquer l'uranium enrichi à 3.5% par l'Iran, les US ont lancé toute une série de négociations marathon avec la Russie et la Chine deux pays récalcitrants avec un droit de veto au CSONU.

Selon certains responsables américains l'administration Obama a fait en sorte qu'il y ait dans la formulation de la proposition de résolution de sanctions une lacune concernant l'interdiction de vente d'armes qui permettrait aux Russes d'honorer la vente de missiles anti missiles S300 à l'Iran, vente conclue en 2005 d'un montant de plusieurs centaines de millions de dollars, déjà payés, retardée depuis 2007 sous la pression des américains et des israéliens.

Ces systèmes de missiles anti missiles S300 que Moscou affirme vouloir livrer à Téhéran mais dont la livraison aurait été retardée selon les Russes pour des « problèmes techniques » sont capables d'intercepter des missiles balistiques et d'abattre des avions de combat, et rendraient les sites d'installations nucléaires iraniens inattaquables notamment par les Israéliens.

Selon la proposition de résolution qui doit encore être discutée au CSONU celle -ci interdirait la vente de 8 catégories d'armes conventionnelles, dont des « missiles et systèmes de missiles comme définis selon le critère du Registre des Armes Conventionnelles de l'ONU ». Ce Registre inclus les missiles sol sol et les systèmes de missiles air sol mais pas les systèmes défensifs de missiles sol air.

Malgré l'offensive américaine pour faire passer cette nouvelle résolution amplifiant les sanctions contre l'Iran, Téhéran a décidé d'aller de l'avant dans son accord d'échange de LEU conclu avec le Brésil et la Turquie. L'Iran va transmettre une lettre officielle lundi au secrétaire général de l'AIEA comprenant les détails de cet accord d'échange. Les représentants du Brésil et de la Turquie auprès de l'AIEA vont accompagner leur homologue iranien pour remettre ce document. La première livraison de LEU à 3.5% devrait arriver en Turquie d'ici un mois.

L'administration Obama a réaffirmé son objectif de faire cesser le programme d'enrichissement d'uranium iranien et même avoué publiquement que cette proposition d'échange avait en fait pour objectif caché la suspension de ce programme.

La malhonnêteté de l'administration Obama et de ses acolytes français britannique allemand et probablement chinois et russe - ces deux derniers utilisant le nucléaire iranien pour marchander des concessions auprès de Washington, les Russes la levée des sanctions, les Chinois la fin des pressions économiques américaines pour une réévaluation de la monnaie chinoise -ne fait que confirmer ce qu'on savait depuis longtemps qu'Obama n'a jamais sérieusement cherché à dialoguer avec l'Iran et que derrière sa belle rhétorique se cache un va t-en guerre froid calculateur menteur pire que G.W Bush.

Le dossier Iran
Dernières mises à jour

 

 


Source : Planète non violence
http://www.planetenonviolence.org/...
 
 

17:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, presse, médias, silence, usa, iran, russie, impérialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/05/2010

25/05/10: Retour au Conseil National de la Résistance : François Ruffin : "Je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s’inverser" ...

Retour au Conseil National de la Résistance : François Ruffin : "Je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s’inverser"

Comment t’es-tu spécialement intéressé au programme du Conseil National de la Résistance ?

D’abord pour Les Jours Heureux, le livre collectif dirigé par Jean-Luc Porquet, qui m’a demandé un papier sur la presse et les ordonnances de 1945. Ensuite, pour le dernier numéro de Fakir : là, je me suis plongé dans des centaine d’articles portant sur l’évolution des retraites, des banques publiques, de la Sécurité Sociale, des nationalisations. Je me suis rendu compte que, au fond, pour toutes ces conquêtes aujourd’hui grignotées, on racontait la même histoire. Et que celle-ci pouvait aisément se découper en quatre grandes étapes

1945-1947 : la mise en place du programme du CNR

La première phase démarre en 1944, c’est ça ?

Oui, au printemps 1944, quand le programme du CNR est rédigé par sept organisations de résistance. A l’automne 1944 et au début de l’année 1945, on assiste au début de la mise en place de ce programme. Il ne faut pas croire que ça s’est passé comme dans du beurre, que ça s’est fait tout seul : il y avait encore des forces d’opposition qui ne voulaient pas de la Sécurité sociale ou des retraites.

Mais ils ont dû accepter ?

Oui. Mais pas d’eux-mêmes. Parce qu’à la Libération de la France, les résistants ne lâchent pas prise. Le mouvement continue : des cahiers de doléances circulent et des manifestations sont organisées par les grands noms de la résistance. Eux battent le rappel, font pression pour – justement – que la pression ne retombe pas. Leur modèle, c’est la Révolution française : leur campagne passe d’ailleurs par un grand meeting final qui se tient le 14 juillet 1945. Et ils appellent ça les États généraux de la renaissance française.

Si les réformes passent, en 1945, ce n’est pas parce que De Gaulle et les partis politiques l’avaient inscrit à leur agenda. Mais parce qu’il y a eu une poussée militante pour soutenir les ministres – notamment communistes – du gouvernement qui se battent pour mettre en place une sécurité sociale, un système de retraite, contre d’autres ministres qui traînent des pieds. Les ministres communistes menacent éventuellement de démissionner. Et conduisent une vraie bataille pour lancer la Sécurité sociale en six mois : ils savaient que le soufflé allait retomber, ils voyaient bien que ceux d’en face jouaient la montre.

C’est une parenthèse, mais j’interrogeais hier [4] l’économiste Frédéric Lordon, dans le cadre de l’assemblée générale des actionnaires de Casino. Et le gérant d’un petit Casino est intervenu en disant : « Ce qui est dégueulasse, c’est qu’on ne peut s’en prendre aux Casino que devant les tribunaux. Mais quand on gagne, ils font appel ; quand on gagne en appel, ils vont en Cassation : ça nous prend cinq ans, on n’a pas les moyens de les affronter sur le terrain juridique. » Et Lordon de répondre : « C’est l’éternel combat entre le travail et le capital. Le travail n’a pas le temps, tandis que le capital en a à foison. » En 1945, c’est la même chose : au gouvernement, par exemple, René Pleven, ministre des Finances et représentant du MRP, joue la montre, notamment sur les nationalisations des sociétés d’électricité. Et il a bien sûr des soutiens dans la bourgeoisie : les médecins libéraux montent au créneau contre la Sécurité sociale, les assureurs affichent leur hostilité à la retraite par répartition. Ils protestent que c’est techniquement impossible, que ça va coûter trop cher… De 1945 à 1947, ces protestations sont constantes, beaucoup de gens font leur maximum pour que les réformes du CNR n’adviennent pas.

Et pourtant…

Et pourtant, elles adviennent. Parce que le travail militant se poursuit. Et aussi parce qu’il y a le poids du Parti communiste, qui fait d’autant plus peur à la bourgeoisie qu’il est armé : on sort de la guerre, il y a des armes partout et les bourgeois craignent réellement la révolution. D’où la formule de L’Aube, le journal du MRP, qui revendique « la révolution par la loi ». Une façon, justement, de repousser toute idée d’insurrection par les armes. Tout en accordant des concessions.

Mais en deux ans – jusqu’en 1947 et jusqu’au départ des ministres communistes du gouvernement – un travail est mené. En matière de sécurité sociale ou de retraite, les bases sont largement jetées. Pour la presse, c’est beaucoup plus nuancé : les réformes commencent déjà à être rognées. Et en matière de crédits publics - il s’agit de la nationalisation des banques - le programme n’a été qu’à moitié réalisé : René Pleven et les milieux d’affaire ont pesé pour limiter la réforme aux banques de dépôts - les banques d’affaire ne sont pas nationalisées. Enfin, la nationalisation d’EDF est lancée, mais dans la douleur : une campagne attaque très durement Marcel Paul, le ministre communiste qui l’effectue.

Qui n’est pas resté dans l’histoire, d’ailleurs : on ne le connaît pas...

Pas plus que vous ne connaissez Ambroise Croizat, j’imagine ? C’est pourtant lui qui a bâti la Sécurité sociale ! Je crois que ça veut dire beaucoup, pour la mémoire collective, quand on ne connaît plus le nom de celui qui a porté la Sécurité sociale. Il était surnommé "le ministre des travailleurs" et quand il est mort, en 1951, le cimetière du Père-Lachaise débordait de gens venus lui rendre hommage. C’est frappant de constater combien, une fois que le système du PC s’est écroulé, on a perdu la mémoire de ces gens, qui ont pourtant réalisé un travail considérable. La mémoire a disparu avec l’institution.

Je dis "travail considérable" parce qu’ils ont aussi su profiter de la faiblesse momentanée de l’adversaire. De son discrédit, notamment : parce qu’elle s’était grandement commis avec l’occupant ou avec Vichy, la bourgeoisie était en ruine. Il lui a fallu un peu de temps pour reconstituer ses forces et une idéologie. Quand la bourgeoisie est faible, il faut que l’histoire avance vite. Ça a été en partie le cas.

1947-1981 : grignotage dans les faits, maintien dans les têtes

En partie, seulement ?

Cela dépend des secteurs, en fait. Dans la presse, par exemple, le grignotage du programme du CNR par les capitalistes est allé beaucoup plus vite qu’ailleurs. En 1947, Albert Camus quitte le journal Combat parce qu’il est racheté par un homme d’affaire. Lui écrit alors : « Nous étions désarmés, puisque nous étions honnêtes. Cette presse, que nous voulions digne et fière, elle est aujourd’hui la honte de ce malheureux pays. » Cette même année, Hachette se paye 50 % de France-Soir, d’Elle, de France-Dimanche, alors même que la toute nouvelle loi sur la concentration l’interdit - une ordonnance de 1945 prévoit qu’un individu n’a pas le droit de posséder plus d’un titre de presse. C’est déjà un premier grignotage. Par contre, en matière de sécurité sociale, cette offensive vient largement plus tard : la première contre-réforme arrive en 1967.

De façon générale et à l’exception de la presse, on peut avoir l’impression qu’il y a une longue parenthèse enchantée - disons, de 1945 à la fin des années 60 - au cours de laquelle les réformes issues du CNR ne sont pas attaquées. C’est faux, il y a des tentatives pour les remettre partiellement en cause, mais chacune d’entre elles soulève une vague de protestations. En 1967, par exemple, se déroulent de grosses manifestations pour contester la décision d’évincer les représentants d’usagers des comités de caisses de sécurité sociale.

Une même vague de protestation éclate quand, en 1972, Robert Hersant - alors sur le devant de la scène - décide de racheter Paris-Normandie. Des tracts très durs sont imprimés, qui rappellent son passé de collaborateur – Hersant a été frappé de dix ans d’indignité nationale pour avoir apporté son aide à l’Allemagne. Les syndicats écrivent ainsi : « D’où sort le chef de bande Robert Hersant ? De la tanière des fauves qui pullulèrent de 1940 à 1944 sur les cadavres des persécutés raciaux et des résistants. » Une pétition circule aussi, signée par des grands intellectuels de l’époque – René Char, Jankélévitch, Roland Dorgelès, Vercors… Tout ça pour le "petit" Paris-Normandie… Ça devient une affaire nationale, le ministre de la Culture de Valéry Giscard d’Estaing dénonce « la violation des principes proclamés à la Libération » et une plainte est même instruite contre Robert Hersant. Quant au Monde, il titre sur La presse comme marchandise, propose la mise sous séquestre du titre et publie un éditorial pointant « la constitution d’un énorme groupe de presse quotidienne, l’ensemble possédé par un seul homme. C’est un monopole. Du monopole de l’argent, le pas est vite franchi – il l’est déjà – au monopole d’opinion ». Ce qu’on appelle « un énorme groupe de presse quotidienne », c’est juste quelques journaux de province : Centre-Presse, Le Berry Républicain et La Nouvelle République des Pyrénées... On est très loin de Lagardère, Bouygues, Dassault… C’est même microscopique, comparé aux actuels groupes médiatiques. Aujourd’hui, le journal Le Monde – qui a failli entrer en Bourse – est en train d’être racheté par Lagardère : on ne voit pas de pétitions circuler parmi les intellectuels pour protester et réclamer la mise sous séquestre du Monde.

Le tollé pour Paris-Normandie, le silence aujourd’hui : c’est révélateur…

Bien sûr, ça veut dire quelque chose. Ça veut dire que même s’il y a un grignotage dans les faits, dans les années 70, le programme du CNR demeure intact dans les têtes. Ainsi, que propose Mitterrand pour la presse en 1981 ? Tout simplement le rétablissement des ordonnances sur la presse de 1945.

Il y a d’ailleurs d’énormes similitudes entre le programme du CNR et le programme commun de la gauche, ou les 110 propositions de Mitterrand en 1981. Au fond, à cette époque, la gauche considère qu’en 1945, le programme du CNR n’a pas été mené à son terme et que si elle parvient au pouvoir elle achèvera cet ouvrage. Il ne s’agit pas seulement préserver ses acquis, mais de le mettre réellement en œuvre. En 1981, ils est donc prévu la reprise des nationalisations, dont la nationalisation du crédit.

Les années 80 : le programme du CNR devient « archaïque »

Ce sont là des mots. Dans la pratique, la présidence Mitterrand sera très éloignée de ces ambitions…

On en vient justement au point de bascule. Le moment-clé, c’est évidemment 1983, soit le tournant de la rigueur, décidé par les socialistes dans un mouvement mondial d’expansion des idées libérales. Partout dans le monde - et aussi dans les médias français - le socialisme apparaît comme ringard, dépassé. Se multiplient ainsi les incitations à devenir moderne, à miser sur l’entreprise, à ne plus avoir peur du profit.

C’est frappant pour ce qui concerne les médias. Dans ses premiers mois d’exercice du pouvoir, Mitterrand a hésité à faire éclater le groupe Hersant - et donc Lagardère dans le même élan. Interrogations, atermoiements : le temps passe. Et quand le temps passe, comme le disait Lordon, c’est le capital qui gagne à la fin. Finalement, le projet de liquidation du groupe Hersant arrive trop tard, quand la vague rose est déjà en reflux : le projet est lourdement combattu à l’Assemblée, au cours de ce qui sera la plus longue séance de l’histoire parlementaire. Les députés – dont Séguin, Toubon, Madelin… - posent des milliers de questions, ça n’en finit plus. Quand le projet arrive enfin devant le Conseil constitutionnel, celui-ci s’oppose à la loi anti-concentration pour des raisons de droit. Dans les faits, on le sait, le droit s’adapte aux rapports de force.

Dans le même temps, Mitterrand décide la libéralisation des ondes FM, qui vont devenir des déversoirs à pub, confie Canal + à André Rousselet, son directeur de cabinet, et décide de créer la Cinq, censée être confiée à Sylvio Berlusconi (auquel viendra s’ajouter ensuite Robert Hersant). Y a t-il indépendance à l’égard du pouvoir ? Pas du tout. Àl’égard des puissances étrangères et de l’argent ? Non plus.

En même temps, c’est Mitterrand : il n’est pas à une traîtrise près…

On peut dire que Mitterrand est un sale traître, sans doute. Mais ça ne fait pas beaucoup avancer la compréhension. Qu’importe les causes, pour aujourd’hui, revenons au basculement.

En 1981 ne se pose par exemple pas la question de repousser l’âge de départ en retraite : au contraire même, celui-ci passe de 65 à 60 ans. La vraie question est donc celle-ci : pourquoi, dès 1984, le discours opposé, sur le déficit des retraites, la capitalisation nécessaire, pourquoi ce discours émerge-t-il dans les années suivantes ? Est-ce que la démographie a considérablement changé en trois ans ? Je ne le crois pas. Est-ce que les données économiques ont considérablement changé en trois ans ? Je ne le crois pas non plus. Le seul changement d’ampleur est en fait idéologique. Jusqu’en 1981, toucher au programme du CNR - les retraites en font partie - n’est pas possible, pas permis. En 1984, alors que le libéralisme est en train de triompher dans le monde, dans les médias, chez les artistes et les politiques, dans la gauche elle-même, la conjoncture idéologique permet de s’attaquer aux retraites.

Cela va aussi vite que ça ?

Bien sûr. Pour le montrer, je vais continuer sur l’exemple des retraites. En 1983, le démographe Alfred Sauvy se désole dans Le Figaro que « l’opinion reste assez indifférente » à la question des déficits. Le même explique que pour faire entrer les retraites dans l’ère libérale, « il faut informer les hommes au lieu de les faire rêver. C’est simple, c’est tout simple, mais quelle bataille ». Il le dit clairement : il y a une bataille idéologique à mener pour que les Français cessent de considérer que tout va bien sur le sujet. Deux ans plus tard, en 1985, les lobbys patronaux – en l’occurrence, il s’agit de l’Institut de l’entreprise – recommandent « une retraite à la carte plutôt qu’une retraite couperet ». La même année, l’universitaire André Babeau publie un livre intitulé La fin des retraites ? - cet homme est depuis devenu administrateur de deux sociétés d’assurance…

Les sondeurs sortent alors du bois. En 1986, un sondage Ipsos affirme que « 87 % des salariés jugent très ou assez préoccupants pour l’avenir l’équilibre des caisses de retraite ». Au printemps 1987, un sondage BVA pose que 58 % des Français auraient une opinion négative sur la question de l’avenir des retraites. Et à l’automne 1987, nouveau sondage : 62 % des personnes interrogées estiment que les retraites qu’elles toucheront seront insuffisantes pour vivre. En 1988, enfin, un sondage CSA-Le Parisien-AGF (là, c’est carrément une société d’assurances qui finance le sondage publié par Le Parisien…) révèle que les Français n’ont plus confiance dans le seul régime de retraite par répartition et commencent à capitaliser. C’est là le rêve des assureurs depuis 1945 : qu’on en revienne à la capitalisation, c’est-à-dire que tout l’argent passe par les banques et eux. Ils en rêvent depuis 1945, mais pendant 35 ans, ils n’ont pas osé le dire ou ils n’ont pas été écoutés. A partir des années 1980, la conjoncture idéologique leur redonne espoir. Et en 1989, la une du Parisien affirme : « Retraites : les Français ne comptent plus que sur eux-mêmes. En un an, les contrats d’assurance ont fait un bond de 32 % ». Là, on peut dire que l’investissement réalisé par AGF en 1988 pour le sondage a été rentable…

Tout cela n’est pas anecdotique : les argumentaires, les idées qui se forgent alors ont toujours cours. Il a juste fallu le temps que les gens intègrent ce discours. Depuis lors, le programme du CNR apparaît comme un joli bibelot, mais qui appartient au passé.

2004-2010 : la parenthèse libérale se referme

C’est encore le cas aujourd’hui…

Justement : j’en viens à ce que je trouve intéressant dans la republication du programme du CNR. En fait, il me semble que la parenthèse libérale de la gauche, ouverte en 1983, est en train de se refermer. Je pense même que c’est déjà le cas dans les têtes : sur le plan idéologique, le triomphe de l’ère libérale est terminé. La preuve la plus éclatante, c’est le rejet du Traité constitutionnel européen par 55 % des Français en 2005 – et plus exactement par 80 % des ouvriers, 71 % des chômeurs et 67 % des employés, soit un vrai vote de classe. Là, il y a eu un discrédit dans les urnes du modèle libéral. Celui-ci reste sans aucun doute le schéma de pensée et de fonctionnement des élites, mais à la base, c’est fini.

Si on s’intéresse aux dates… En 2004, est fêté, à l’initiative d’ATTAC, le soixantième anniversaire du CNR, et à cette occasion, des grands noms de la Résistance, les Aubrac, Hessel, Kriegel-Valrimont, etc. signent un appel pour un nouveau programme du CNR. Pour moi, ça signifie que la parenthèse commence déjà à se refermer : en 1994, pour le cinquantième anniversaire, on n’avait assisté à aucune revendication de cet héritage. En 2005, c’est le vote sur le TCE, puis en 2006, le CPE est rejeté dans la rue. Enfin, en 2007 se tient le premier rassemblement au plateau des Glières.

2007, c’est aussi l’élection de Sarkozy…

Nicolas Sarkozy était là pour mener – et Denis Kessler l’a énoncé – « une entreprise de liquidation du programme du CNR ». Il est arrivé en pavoisant, en promettant l’Amérique, en jurant de tout bouleverser au bulldozer. Mais la conjoncture a complètement changé et lui n’a eu d’autre choix que d’en rabattre, de faire comme ceux qui l’avaient précédé : du grignotage. Il venait pour mener une entreprise de liquidation, mais n’a pas effectué le badaboum promis. Et celui qui se présentait comme « décomplexé » est désormais complexé : nous ne sommes plus dans un mouvement de libéralisme triomphant. Je ne suis pas vraiment un optimiste de nature, mais je crois que le cours de la bataille des idées est en train de s’inverser. Ça va mettre du temps, mais c’est en marche. Et notre responsabilité est de faire que le paquebot tourne plus vite. Il y a là pour moi un problème majeur – et c’est là que vous allez me traiter d’abominable "organisé" : je considère que si on veut que ce renversement intellectuel s’opère, il faut des forces organisées à gauche.

On ne peut pas publier ça… (rires) Ou alors, propose plutôt de saboter la salle des machines du paquebot…

L’un des problèmes, pour accélérer le mouvement, c’est que la bataille des idées se conduit aujourd’hui en-dehors des lieux où elle devrait centralement se mener. C’est-à-dire – je sais que vous n’êtes pas d’accord, mais c’est ma conviction – dans les partis et dans les syndicats. Il faut des forces pour porter auprès des masses la bataille des idées. Parce qu’en face, ils ont ces forces organisées : quand ils repèrent un universitaire qui peut glisser dans leur sens, ils le rémunèrent considérablement. Ils ont les médias à leur botte. Ils ont tout… Si nous, de notre côté, nous n’avons pas de forces organisées pour peser dans le débat, le paquebot ne peut pas virer de bord.

(Le débat devient chaotique, fin de l’entretien)

Notes

[1] Note, d’ailleurs, que la vignette de cet entretien est tiré de l’affiche du (très bon) film de Gilles Perret, Walter, retour en résistance.

[2] Aux éditions La Découverte :

Note de RoRo:

Ambroise Croizat est un homme politique français né le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) il est mort le 11 février 1951 à Suresnes.Il fut également secrétaire Général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie.

Son père, Antoine Croizat était ouvrier et sa mère employée dans un tissage de velours. Ambroise Croizat est député communiste de la Seine de 1936 à 1940. Après avoir purgé une peine de prison pour son appartenance au PC, interdit sous le gouvernement de Vichy, il est transféré en Algérie. Libéré, il devient membre de l'Assemblée consultative d'Alger dans laquelle il représente la CGT. À la Libération, il est élu membre des deux Assemblées constituantes puis de l'Assemblée Nationale de 1946 à 1951.

Croizat est ministre du Travail du général de Gaulle du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946 puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 (gouvernements Gouin et Bidault) et du 22 janvier au 4 mai 1947 (fin de la participation communiste au gouvernement).

Surnommé le « ministre des travailleurs », son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la Sécurité sociale (Mise en place de celle-ci, organisation administrative des caisses et des élections aux conseils d'administration des caisses et régimes des fonctionnaires), son influence s'exerce aussi sur les projets concernant les comités d'entreprise, le statut des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales. En vingt-huit mois, il accomplit ainsi une œuvre considérable.

Il a siégé au Comité central du Parti communiste français.

Il meurt à la suite d'une grave intervention chirurgicale quelques mois après le décès de son fils dans un accident du travail. Le Parti communiste lui fait de grandioses funérailles. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

14:46 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, presse, television, france, romain, europe, euro-dictature, capitalisme, silence, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/05/2010

12/05/2010: Chomsky sur l'état qui règne aux USA: "Je n'ai jamais rien vu de tel!" ...

 

From: NICOLAS
Sent: Wednesday, May 12, 2010 10:56 AM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme]: L'état qui règne aux USA: "Je n'ai jamais rien vu de tel" (tiré d'Investig'action)
Chomsky sur l'état qui règne aux USA: "Je n'ai jamais rien vu de tel!"
Noam Chomsky   
Noam Chomsky est le plus grand intellectuel des États-Unis. La quantité impressionnante de ses écrits, qui comprennent prés de 100 livres, ont depuis des décennies démonté et exposé les mensonges des élites au pouvoir et les mythes qu’elles entretiennent. Et Chomsky l’a fait malgré la censure des médias commerciaux qui l’ont mis sur une liste noire, malgré son statut de paria au sein du monde universitaire et, de son propre aveu, malgré le fait qu’il soit un orateur pédant et parfois légèrement ennuyeux. Il combine une indépendance intellectuelle avec une démarche rigoureuse, une capacité remarquable de saisir les détails et une intelligence hors du commun. Il dénonce sans détours notre système à deux partis qu’il décrit comme un mirage orchestré par un gouvernement au service des entreprises privées, et il critique sévèrement l’intelligentsia libéral (liberal : plus ou moins l’équivalent de "progressiste" aux US – NdT) qui ne sont que les courtisans du système et décrit le flot émis par les médias commerciaux comme une forme de « lavage de cerveau ». En tant que critique le plus clairvoyant du capitalisme débridé, de la globalisation et de l’empire, il aborde sa 81ème année en nous mettant en garde sur le peu de temps qui nous reste pour sauver notre démocratie anémique.

 



« La situation actuelle est très similaire à l’Allemagne de Weimar, » m’a dit Chomsky au téléphone depuis son bureau à Cambridge, Massachusetts. « Les similarités sont frappantes. Il y avait aussi à l’époque une énorme déception par rapport au système parlementaire. Le fait le plus frappant n’était pas que les Nazis aient réussi à détruire les sociaux-démocrates et les communistes mais que les partis traditionnels, les partis conservateurs et libéraux, étaient eux aussi hais et qu’ils ont disparu. Les Nazis ont su combler le vide avec beaucoup d’intelligence et d’habilité. »

« Les États-Unis ont beaucoup de chance de n’avoir aucune figure charismatique qui se détache du lot, » a poursuivi Chomsky. « Chaque figure charismatique est si évidemment un escroc qu’elle finit par s’autodétruire, comme McCarthy ou Nixon ou les prêcheurs évangélistes. Si quelqu’un de charismatique devait se détacher, ce pays serait dans de sales draps à cause de la frustration, de la déception et de la colère justifiée et l’absence de toute réponse cohérente. Que sont censés penser les gens quand ont leur dit « j’ai une réponse, nous avons un ennemi » ? Un jour ce sont les Juifs, un autre les immigrés clandestins ou les noirs. On nous dira que les mâles blancs constituent une minorité persécutée. On nous dira que nous devons nous défendre ainsi que l’honneur de la nation. La force militaire sera exaltée. Des gens seront tabassés. Cela pourrait se transformer en une force irrésistible. Et dans ce cas, elle sera bien plus dangereuse que l’Allemagne. Les États-Unis sont une puissance mondiale. L’Allemagne était puissante mais ses adversaires l’étaient encore plus. Je crois que nous n’en sommes pas loin. Si les sondages ne se trompent pas, ce ne sont pas les Républicains, mais l’extrême droite républicaine, les républicains cinglés, qui vont remporter les prochaines élections. »

« Je n’ai jamais rien vu de tel », a-t-il ajouté. « Je suis assez vieux pour me souvenir des années 30. Toute ma famille était sans emploi. Les conditions étaient bien plus difficiles que de nos jours. Mais il y avait de l’espoir. Les gens avaient un espoir. Le syndicat CIO s’organisait. Plus personne ne veut l’admettre de nos jours mais le Parti Communiste était le fer de lance dans l’organisation des travailleurs et des droits civiques. Y compris pour des choses simples comme envoyer ma tante au chômage à la campagne pour prendre une semaine de vacances. C’était un mode de vie. Il n’y a rien de tel aujourd’hui. L’ambiance dans le pays est effrayante. Le niveau de colère, de frustration et de haine envers les institutions n’est pas organisée d’une manière constructive. Ça part en vrille dans des fantasmes autodestructeurs. »

« J’écoute les commentateurs à la radio, » a dit Chomsky, « mais ce n’est pas pour écouter Rush Limbaugh (célèbre commentateur d’extrême droite -NdT), mais pour écouter les gens qui téléphonent. Ils sont comme (le pilote kamikaze) Joe Stack. Qu’est-ce qui m’arrive ? se demandent-ils. J’ai fait tout ce qu’on m’a dit de faire. Je suis un bon chrétien. Je travaille dur pour nourrir ma famille. Je possède une arme. Je crois aux valeurs de ce pays et pourtant ma vie s’effondre. »

Chomsky, plus que tout autre intellectuel américain, a décrit dans de nombreuses oeuvres la descente aux enfers du système politique et économique américain. Il nous rappelle que le véritable questionnement intellectuel est toujours subversif. Il défie des présomptions culturelles et politiques. Il critique les structures. Il est pratique sans cesse l’autocritique. Il fait éclater les mythes et stéréotypes complaisants dont nous nous servons pour nous flatter et ignorer notre complicité dans les actes de violence et d’oppression. Et il dérange les puissants et leurs apologistes libéraux.

Chomsky réserve ses critiques les plus acerbes pour l’élite libérale de la presse, des universités et du système politique qui servent d’écran de fumée à la cruauté du capitalisme débridé et des guerres impérialistes. Il dénonce leurs postures morales et intellectuelles comme un arnaque. C’est pour cela que Chomsky est détesté, et peut-être craint, plus par les élites libéraux que par la droite qu’il condamne aussi. Lorsque Christopher Hitchens (journaliste « réactionnaire de gauche » du magazine The Nation – NdT) a décidé de devenir la marionnette de l’administration Bush après les attaques du 11 septembre, un de ses premiers articles a été une attaque féroce contre Chomsky. Hitchens, contrairement à la plupart des gens qu’il sert, savait quel était l’intellectuel qui comptait aux États-Unis

« Ça ne m’intéresse pas d’écrire sur Fox News, » a dit Chomsky. « C’est trop facile. Ce qui m’intéresse ce sont les intellectuels libéraux, ceux qui se présentent et se prennent pour des critiques du pouvoir, courageux, qui se battent pour la vérité et la justice. Au fond, ils ne sont que les gardiens du temple. Ce sont eux qui définissent les limites à ne pas dépasser. Ce sont eux qui disent jusqu’où il est permis de s’aventurer. Ils disent « Regardez comme je suis courageux. » Mais ne vous aventurez pas un millimètre de plus. C’est vrai pour les secteurs éduqués de la population car ce sont eux les plus dangereux à cause de leur soutien au pouvoir. »

Parce qu’il échappe à toute catégorisation et rejette toutes les idéologies, Chomsky a été indispensable au débat américain depuis des décennies, depuis son travail sur la guerre au Vietnam jusqu’à ses critiques sur l’administration Bush. Il persiste à jouer l’iconoclaste, celui qui se méfie du pouvoir sous toutes ses formes.

« La plupart des intellectuels se considèrent comme la conscience de l’humanité, » dit l’universitaire spécialiste du Moyen Orient Norman Finkelstein. « Ils se divertissent et admirent quelqu’un comme Vaclav Havel. Chomsky, lui, méprise Havel. Chomsky adopte la vision du monde de Julien Benda. Il existe deux ensembles de principes. Les principes de pouvoir et de privilège et les principes de vérité et de justice. Si vous courez après le pouvoir et les privilèges, ce sera toujours au détriment de la vérité et de la justice. Benda dit que le credo de tout intellectuel doit être, comme l’a dit le Christ, « mon royaume n’est pas de ce monde. » Chomsky dénonce les prétentions de ceux qui se déclarent les détenteurs de la vérité et de la justice. Il montre que ces intellectuels sont en fait détenteurs du pouvoir et des privilèges et de tout le mal qui va avec. »

« Certains livres de Chomsky contiennent des choses comme une critique du plan Arias en Amérique centrale, et il peut lui consacrer 200 pages » a dit Finkelstein. « Mais deux ans plus tard, qui se souvient d’Oscar Arias ? C’est à se demander si Chomsky n’aurait pas mieux fait d’écrire sur des sujets plus ambitieux, des sujets plus intemporels qu’on pourrait encore lire dans 40 ou 60 ans. C’est ce qu’a fait Russel avec des livres tels que « Marriage and Morals ». Pouvez-vous encore relire ce que Chomsky a écrit sur le Vietnam ou l’Amérique centrale ? La réponse est souvent « non ». Ça en dit long sur le personnage. Il n’écrit pas pour son ego. Si c’était le cas, il aurait écrit dans un style grandiloquent qu’il aurait laissé en héritage. Il écrit parce qu’il veut influer sur le cours des choses et participer au changement politique. Il se soucie de la vie des gens et s’attache aux détails. Il essaie de réfuter les mensonges quotidiens déversés par les grands médias. Il aurait pu consacrer son temps à rédiger des essais philosophiques qui auraient duré dans le temps, comme l’ont fait Kant ou Russel. Mais il s’est investi dans les détails minuscules qui font toute la différence et font gagner une bataille politique. »

« J’essaie d’encourager les gens à penser de façon autonome, à remettre en question les idées communément admises, » a dit Chomsky lorsque je l’ai interrogé sur ses objectifs. « Ne prenez pas vos présomptions pour des faits acquis. Commencez par adopter une position critique envers tout idée « politiquement correcte ». Forcez-la à se justifier. La plupart du temps, elle n’y arrive pas. Soyez prêts à poser des questions sur tout ce qui est considéré comme un fait acquis. Essayez de penser par vous-même. Il y a beaucoup d’information en circulation. Vous devez apprendre à juger, à évaluer et à comparer les choses. Il vous faudra faire confiance à certaines choses, sinon vous ne pourriez pas survivre. Mais lorsqu’il s’agit de choses importantes, ne faites pas confiance. Dés que vous lisez quelque chose d’anonyme, il faut se méfier. Si vous lisez dans la presse que l’Iran défie la communauté internationale, demandez-vous qui est la communauté internationale ? L’Inde est opposée aux sanctions. Le Brésil est opposé aux sanctions. Le Mouvement des pays Non-Alignés est opposé aux sanctions et l’a toujours été depuis des années. Alors qui est la communauté internationale ? C’est Washington et tous ceux qui se trouvent être en accord avec lui. C’est le genre de choses que vous pouvez découvrir par vous-mêmes, mais pour ça il faut travailler. Et c’est pareil pour tous les sujets, les uns après les autres. »

Le courage de Chomsky de parler au nom de ceux, tels les Palestiniens dont la souffrance est souvent minimisée ou ignorée par les grands médias, montre qu’il est possible de mener une vie morale. Et, peut-être plus encore que sa formation, c’est son exemple d’indépendance morale et intellectuelle qui représente un appui pour tous ceux qui remettent en cause le discours hypocrite dominant et osent dire la vérité.

« Je ne saurais vous dire combien de gens, moi inclus, et ceci n’est pas une hyperbole, dont les vies ont changé grâce à lui » dit Finkelstein, qui a été exclu de plusieurs universités à cause de son courage intellectuel et son indépendance. « Sans Chomsky, il y a bien longtemps que j’aurais abandonné. J’ai pris pas mal de coups dans ma vie professionnelle. Et c’est parce que je savais qu’un des plus grands esprits de l’histoire humaine avait confiance en moi que j’ai pu supporter tous ces coups. Il y a beaucoup de gens dont l’existence n’est même pas reconnue, les petits comme on les appelle, qui reçoivent un jour un courrier de Chomsky. Ca leur insuffle une nouvelle énergie. Chomsky a fait bouger beaucoup, beaucoup de gens qui se sont découverts un potentiel qui, sans lui, aurait été perdu pour toujours. »

 

Source: Le Grand Soir

 

tiré d'Investig'action

20:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, courcelles, usa, presse, guerre, television, romain, democratie, imperialisme, silence, liberte, medias, information | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/04/2010

26/04/10: Le massacre de Katyn...: autre son de cloches que la propagande officielle capitaliste contre l'Urss et Staline...

Sent: Monday, April 26, 2010 8:58 AM
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Subject: Document

Le massacre de Katyn

par Ella Rule, Stalin Society

À la fin de la Première Guerre mondiale, la frontière entre la Russie et la Pologne fut établie le long d'une ligne que l'on appela la «ligne Curzon», du nom de Lord Curzon, l'homme d'État britannique qui l'avait proposée.

Cette ligne de démarcation n'était guère du goût des Polonais, qui partirent bientôt en guerre contre l'Union soviétique, dans l'espoir de repousser quelque peu leurs frontières vers l'est. L'Union soviétique contre-attaqua, prête non seulement à se défendre mais, contre l'avis de Staline, à libérer également l'ensemble de la Pologne. Staline considérait cet objectif comme étant voué à l'échec parce que, disait-il, le nationalisme polonais n'était pas encore arrivé au bout de son parcours. Les Polonais étaient fermement décidés à NE PAS être libérés, de sorte que cela ne valait même pas la peine d'essayer de le faire. Par conséquent, les Polonais opposèrent une violente résistance à la progression soviétique. Et, finalement, l'Union soviétique fut contrainte de se replier et même de céder à la Pologne une portion de territoire située à l'est de la ligne Curzon et composée de l'ouest de la Biélorussie et de l'ouest de l'Ukraine - des régions habitées en grande majorité,respectivement, par des Biélorusses et des Ukrainiens plutôt que par des Polonais. Tout cet incident ne pouvait qu'exacerber davantage encore l'animosité mutuelle entre Polonais et Russes.

Le 1er septembre1939, l'Allemagne nazie envahissait la Pologne. Le 17 septembre, l'Union soviétique se mettait en campagne pour réoccuper les territoires annexés par la Pologne à l'est de la ligne Curzon. Après les avoir repris, l'Union soviétique se mit à distribuer la terre aux paysans et à introduire ce genre de réformes démocratiques très populaires auprès du peuple mais beaucoup moins chez les exploiteurs. Durant les combats pour la reprise des territoires à l'est de la ligne Curzon, l'Union soviétique captura quelque 10.000 officiers polonais, qui devinrent des prisonniers de guerre, furent installés dans des camps situés dans la zone litigieuse et, après cela, mis au travail à la construction de routes, etc.

Deux ans plus tard, le 22 juin 1941, l'Allemagne nazie attaquait l'Union soviétique par surprise. L'Armée rouge était forcée de battre en retraite en toute hâte et l'Ukraine était reprise par les Allemands. Durant la retraite précipitée, il ne fut pas possible d'évacuer les prisonniers de guerre polonais vers l'intérieur de l'Union soviétique. Le responsable du camp n°1, le major Vetoshnikov, fournit la preuve qu'il avait demandé au responsable du trafic de la section de Smolensk des Chemins de Fer de l'Ouest qu'on lui fournisse des wagons pour l'évacuation des prisonniers polonais, mais il lui fut répondu que la chose ne serait sans doute pas possible. L'ingénieur Ivanov qui, à l'époque, avait été le responsable du trafic dans la région, confirma qu'on n'avait pu réserver des wagons pour cette évacuation. «En outre», dit-il, «nous ne pouvions envoyer des wagons vers la ligne Gussino, où se trouvaient la majorité des prisonniers polonais, puisque cette ligne était déjà sous la ligne de feu.» Il en résulta qu'après le retrait des Soviétiques de cette zone, les prisonniers polonais devinrent prisonniers des Allemands.

En avril 1943, les hitlériens annoncèrent que les Allemands avaient découvert plusieurs fosses communes dans la forêt de Katyn, près de Smolensk, lesquelles contenaient les corps de milliers d'officiers polonais supposés avoir été tués par les Russes.

Cette «révélation» était destinée à miner encore plus les efforts de coopération entre Polonais et Soviétiques en vue de vaincre les Allemands. L'alliance russo-polonaise fut toujours malaisée du fait que le gouvernement polonais en exil, installé à Londres, était manifestement un gouvernement qui représentait les classes des exploiteurs. Ils devaient s'opposer aux Allemands, puisque ces derniers avaient cyniquement envahi la Pologne pour agrandir leur lebensraum (espace vital). La position de l'Union soviétique était la suivante : Aussi longtemps que l'Union soviétique aurait pu conserver les territoires situés à l'est de la ligne Curzon, elle n'aurait pas eu de problèmes avec le rétablissement d'un gouvernement bourgeois en Pologne. Mais l'alliance connaissait déjà des difficultés du fait que le gouvernement polonais en exil, dirigé par le général Sikorski et installé à Londres, n’aurait pas été d'accord avec la restitution de ces territoires à l'Union soviétique. Ceci, malgré le fait qu'en 1941, après l'invasion de la Pologne par Hitler, l'Union soviétique et le gouvernement polonais en exil avaient non seulement rétabli des relations diplomatiques, mais avaient également convenu que l'Union soviétique allait financer - «sous les ordres d'un chef désigné par le gouvernement polonais en exil mais approuvé par le gouvernement soviétique» - la mise sur pied d'une armée polonaise. Ce chef aurait été en l'occurrence le général Anders, un homme absolument hostile aux Soviétique et prisonnier chez eux depuis 1939. Le 25 octobre 1941, cette armée comptait 41.000 hommes, dont 2.630 officiers. Le général Anders, toutefois, finit par refuser de combattre sur le front germano-soviétique en raison du différend frontalier opposant l'Union soviétique et la Pologne et il fallut envoyer l'armée polonaise combattre ailleurs, c'est-à-dire en Iran.

Pourtant, en dépit de l'hostilité du gouvernement polonais en exil, une section importante des Polonais résidant en Union soviétique et non hostiles aux Soviétiques acceptaient les prétentions de ces derniers sur les territoires situés à l'est de la ligne Curzon. Bon nombre d'entre eux étaient juifs. Ces gens constituèrent l'Union des patriotes polonais, laquelle constitua l'épine dorsale d'une alternative au gouvernement polonais en exil.

La propagande nazie autour du massacre de Katyn avait pour but d'empêcher irrémédiablement toute tractation entre Soviétiques et Polonais. Le général Sikorski reprit la propagande nazie par vengeance, en prétendant auprès de Churchill qu'il disposait d'une «montagne de preuves». La façon dont il avait obtenu ces «preuves», au même moment où les Allemands «révélaient» ces prétendues atrocités soviétiques, est loin d'être claire, bien que l'affaire indique de toute évidence qu'il y eut une collaboration cachée entre Sikorski et les nazis. Les Allemands avaient fait état de leur «découverte» le 13 avril. Le 16 avril, le gouvernement soviétique publiait un communiqué officiel réfutant «les affabulations scandaleuses concernant de prétendues exécutions massives par des organes soviétiques, au cours du printemps 1940 dans la région de Smolensk». Le communiqué disait encore: «Les allégations allemandes ne laissent aucun doute sur le sort tragique des anciens prisonniers de guerre polonais qui, en 1941, avaient été engagés dans des travaux de construction dans les régions situées à l'ouest de Smolensk et qui, en même temps que de nombreux Soviétiques, étaient tombés aux mains des bourreaux allemands après le repli des troupes soviétiques. »

En fabriquant leur histoire, les Allemands avaient même décidé de l'embellir d'un tour antisémite en prétendant être en mesure de nommer des officiers soviétiques responsables du massacre, lesquels avaient tous des patronymes juifs. Le 19 avril, la Pravda répondait: «Conscients de l'indignation de l'ensemble de l'humanité progressiste à propos du massacre de citoyens paisibles et en particulier de juifs par leurs troupes, les Allemands essaient maintenant de susciter la colère des gens crédules contre les juifs. Pour cette raison, ils ont inventé toute une série de 'commissaires juifs' qui, disent-ils, ont participé à l'assassinat de 10.000 officiers polonais. Pour des faussaires aussi expérimentés, il n'était pas difficile d'inventer quelques noms de personnes qui n'ont jamais existé - Lev Rybak, Avraam Brodninsky, Chaim Fineberg. Ces personnes n'ont jamais existé, ni dans la 'section de Smolensk de l'OGPU' ni dans aucun département du NLVD.»

L'insistance de Sikorski à appuyer la propagande allemande se solda par une complète rupture des relations entre le gouvernement polonais en exil à Londres et le gouvernement soviétique. À ce propos, Goebbels eut le commentaire suivant dans son journal personnel: «Cette rupture constitue une victoire à cent pour-cent pour la propagande allemande et tout particulièrement pour moi-même, personnellement(.) Nous avons été à même de transformer l'incident de Katyn en une question hautement politique.»

À l'époque, la presse britannique condamna Sikorski pour son intransigeance:

Le Times du 28avril 1943 écrivait: «Ils devront éprouver surprise et regret, ceux qui, ayant eu tant de bonnes raisons de comprendre la perfidie et l'ingéniosité de la machine de propagande de Goebbels, n'ont pu éviter de tomber dans le piège que celle-ci leur tendait. Les Polonais n'auront guère oublié un ouvrage largement diffusé durant le premier hiver de la guerre et dépeignant avec force détails et preuves circonstanciés, y compris des photos, les prétendues atrocités polonaises contre les paisibles habitants allemands de la Pologne.»

L'entêtement de Sikorski à prétendre que le massacre avait été perpétré par les Soviétiques plutôt que par les Allemands trouvait sa nourriture dans le différend concernant les territoires situés à l'est de la ligne Curzon.

Sikorski essaya d'utiliser la propagande allemande pour mobiliser l’impérialisme occidental derrière les prétentions polonaises sur ces territoires, pour tenter de le faire revenir sur sa position, estimait Sikorski, qui consistait à prendre parti pour l'Union soviétique dans cette affaire de litige frontalier.

Si on parcourt les sources bourgeoises aujourd'hui, toutes affirment que l'Union soviétique a été responsable du massacre de Katyn et elles le font avec une telle assurance et un tel acharnement qu'à vouloir prétendre le contraire, on se sent dans la peau d'un révisionniste nazi tentant de nier le massacre des juifs par Hitler. Après l'effondrement de l'Union soviétique, Gorbatchev fut même enrôlé dans cette campagne de désinformation et il produisit du matériel supposé provenir des archives soviétiques et «prouvant» que c'étaient bien les Soviétiques qui avaient commis ces atrocités et que, bien sûr, s'ils avaient agi de la sorte, c’était sur les ordres de Staline. Évidemment, nous savons l'intérêt que tous les Gorbatchev de ce monde ont à diaboliser Staline. Leur cible n'est pas tant Staline que le socialisme. Leur but, en dénigrant le socialisme, est de restaurer le capitalisme et de s'offrir à eux-mêmes et à leurs partisans des existences de parasites de luxe au détriment de la souffrance de masse des peuples soviétiques. Leur cynisme vaut bien celui des nazis allemands et il n'est guère surprenant de les entendre chanter leurs hymnes d'après les mêmes partitions.

Les sources bourgeoises affirment allègrement que les preuves soviétiques permettant d'accuser les Allemands de ce massacre sont soit totalement absentes, soit simplement fondées sur des preuves par ouï-dire émanant des habitants terrorisés de la région. Elles ne mentionnent même pas un élément de preuve dont Goebbels en personne devait pourtant admettre qu'il était passablement embarrassant. À ce propos, le 8 mai 1943, il écrivait dans son journal: «Malheureusement, on a retrouvé des munitions allemandes dans les fosses de Katyn. (.) Il est essentiel que cet incident reste ultra-secret. S'il devait être porté à la connaissance de l'ennemi, il faudrait laisser tomber toute cette affaire de Katyn.»

En 1971, un échange de lettres était publié dans le Times. L'une d'elles suggérait que les massacres de Katyn ne pouvaient être imputés aux Allemands puisqu'ils se servaient de mitrailleuses et de chambres à gaz au lieu d'expédier les prisonniers de la façon dont les victimes de Katyn avaient été tuées, c'est-à-dire en leur tirant une balle dans la nuque. Un ancien soldat allemand vivant à Godalming, dans le Surrey, était intervenu dans cet échange de courrier: «En tant que soldat allemand, convaincu à l'époque de la légitimité de notre cause, j'ai participé à de nombreuses batailles et actions au cours de la campagne de Russie. Je n'ai pas été à Katyn ni dans la forêt avoisinante.

Mais je me souviens bien du tintouin qui a éclaté en 1943, à l'annonce de la découverte des horribles fosses communes près de Katyn, dont la région était alors menacée par l'Armée rouge.

«Josef Goebbels, comme le montrent les sources historiques, a trompé bien des gens. Après tout, c’était son boulot et peu de personnes, aujourd'hui, contesteraient sa maîtrise presque absolue en la matière. Toutefois, ce qui surprend, c'est qu'on en a toujours la preuve aujourd'hui, trente et quelques années plus tard, dans les pages du Times. Écrivant par expérience, je ne pense pas qu'à cette tardive époque de la guerre, Goebbels soit parvenu à tromper de nombreux soldats allemands en Russie, en ce qui concerne l'affaire de Katyn (.) Les soldats allemands étaient bien au courant de cette façon de procéder en tirant une balle dans la nuque (.)

Nous, les soldats allemands, savions pertinemment bien que les officiers polonais avaient été liquidés par nos hommes, et par personne d'autre.»

En outre, d’innombrables témoins s'étaient présentés pour attester de la présence de prisonniers polonais dans la région après que les Allemands l'eurent reconquise.

Maria Alexandrovna Sachneva, une institutrice de l'endroit, en avait fourni les preuves devant une commission spéciale instaurée par l'Union soviétique en septembre 1943, immédiatement après que la région eut été libérée des Allemands. Ces preuves établissaient qu'en août 1941, soit deux mois après le repli des soviétiques, Sachneva avait caché un prisonnier de guerre polonais dans sa maison. L'homme s'appelait Juzeph Lock et il lui avait parlé des mauvais traitements infligés par les Allemands aux prisonniers polonais.

«Quand les Allemands sont arrivés, ils se sont emparés du camp polonais et y ont instauré un régime très dur. Les Allemands ne considéraient pas les Polonais comme des êtres humains. Ils les opprimaient et les brimaient de toutes les façons possibles. En certaines occasions, des Polonais étaient abattus sans la moindre raison. Le prisonnier, Juseph Lock, avait décidé de s'évader.»

Plusieurs autres témoins ont fourni des preuves qu'ils avaient vu les Polonais travaillant aux routes en août et septembre 1941.

Par ailleurs, d’autres témoins encore ont également affirmé que les Allemands avaient traqué et rassemblé des prisonniers polonais évadés en automne 1941. Danilenko, un fermier local, figurait parmi ces témoins:

«Plusieurs rafles ont eu lieu dans notre localité pour rattraper des prisonniers de guerre polonais qui s'étaient évadés. À deux ou trois reprises, les Allemands sont venus perquisitionner dans ma propre maison.

Après l'une de ces visites, j'ai demandé au chef qui ils cherchaient dans notre village. Il m'a répondu qu'il avait reçu un ordre de la Kommandantur allemande disant qu'il fallait fouiller toutes les maisons sans exception, vu que des prisonniers de guerre polonais évadés du camp se cachaient dans notre village.»

Manifestement, les Allemands n'abattaient pas les Polonais en présence des témoins locaux, mais les gens de l'endroit ont toutefois fourni d'importantes preuves de ce qui se passait. L'un de ces témoins était Alexeïeva, que le chef de son village avait affectée au service du personnel allemand d'une résidence de campagne située à Kozy Gory, une section de la forêt de Katyn. La résidence avait servi de maison de repos pour l'administration de Smolensk du Commissariat populaire aux Affaires internes et elle se trouvait à 700 mètres environ de l'endroit où l'on avait découvert les fosses communes. Alexeïeva déclara: «À la fin du mois d'août et pendant presque tout le mois de septembre 1941, plusieurs camions sont venus, presque quotidiennement, à la résidence de Kozy Gory. D'abord, je n'y ai pas prêté attention mais, plus tard, j'ai remarqué que chaque fois que ces camions arrivaient sur le terrain de la résidence, ils s'arrêtaient durant une demi-heure, et parfois même toute une heure, quelque part sur la route forestière qui relie la résidence à la grand-route. C'est ce que j'ai conclu, parce que peu de temps après que les camions avaient atteint le terrain de la résidence, le bruit des moteurs cessait.

«Au moment où le bruit des moteurs cessait, on entendait des détonations au coup par coup. Elles se suivaient à intervalles brefs mais approximativement égaux. Ensuite, les coups de feu cessaient et, juste après, les camions arrivaient à la résidence. Des soldats allemands et leurs sous-officiers descendaient des camions. Tout en parlant bruyamment, ils allaient se laver aux sanitaires, après quoi ils se lançaient dans des orgies de boisson.

«Les jours où les camions arrivaient, d'autres soldats des unités militaires allemandes venaient aussi plus nombreux à la résidence. Pour eux, on préparait des lits spéciaux (.). Un peu avant que les camions n'arrivent à la résidence, des soldats en armes se rendaient dans la forêt, manifestement à l'endroit où les camions s'arrêtaient, parce qu'une demi-heure après, ils revenaient dans ces camions, en compagnie des soldats qui vivaient en permanence à la résidence.

«À plusieurs reprises, j'ai remarqué des traces de sang frais sur les vêtements de deux soldats de première classe. De tout cela, j'ai déduit que les Allemands amenaient des gens par camions à la propriété et qu'ils les exécutaient.»Alexeyeïeva avait également découvert que les gens abattus étaient des prisonniers polonais.

«Un jour, je suis restée à la résidence un peu plus longtemps que d'habitude (.).Avant que j'aie terminé le travail qui me retenait, un soldat est entré et m'adit que je pouvais m'en aller (.). Il m'a ensuite raccompagnée jusqu'à la grand-route.

«Sur la grand-route, à 150 ou 200 mètres de l'embranchement vers la résidence, j'ai vu un groupe d'environ 30 prisonniers de guerre polonais qui avançaient sous une lourde escorte d'Allemands (.). Je me suis arrêtée au bord de la route pour voir où on les conduisait et j'ai vu qu'ils bifurquaient vers notre résidence de Kozy Gory.

«Du fait qu'à ce moment-là, je m'étais mise à surveiller de près tout ce qui se passait à la résidence, la chose m'a intriguée. J'ai rebroussé chemin sur une certaine distance le long de la route, puis je me suis cachée dans des buissons à proximité de la route et j'ai attendu. Vingt ou trente minutes plus tard, j'ai entendu les détonations habituelles.»

Les deux autres servantes réquisitionnées à la résidence, Mikhaïlova et Konakhovskaïa, fournirent des éléments confirmant cette déclaration. D'autres résidents de la région firent eux aussi des déclarations allant dans le même sens.

Basilevski, le directeur de l'observatoire de Smolensk, fut désigné comme bourgmestre adjoint de Menchaguine, un collaborateur nazi. Basilevsky tentait d'obtenir la libération d'une enseignante incarcérée par les Allemands et il persuada Menchaguine de s'adresser au commandant allemand de la région, Von Schwetz, à propos de ce problème. Menchanguine s'exécuta mais il revint en disant qu'il était impossible d'obtenir cette libération parce que «Berlin avait envoyé des instructions prescrivant que fût maintenu le plus strict des régimes».

Basilevsky raconta alors sa conversation avec Menchaguine: «(.) Involontairement, j'ai répliqué: 'Peut-on imaginer quelque chose de plus sévère que le régime existant dans le camp?' Menchaguine m'a regardé d'un drôle d'airet, se penchant à mon oreille, il m'a répondu à voix basse: 'Oui, cela existe!Au moins, on laisse les Russes mourir, tout simplement, mais, pour ce qui est des prisonniers de guerre polonais, les ordres disent qu'ils doivent être carrément liquidés.'»

Après la libération, on découvrit le carnet de notes de Menchaguine, rédigé de sa propre main, comme l'ont confirmé les experts en graphologie. À la page 10, datée du 15 août 1941, on peut lire: «Tous les prisonniers de guerre fugitifs devront être enfermés et remis au bureau du commandant.»

En soi, ceci prouve que les prisonniers polonais étaient toujours vivants à l'époque. À la page 15, Menchaguine a noté: «Y a-t-il des rumeurs parmi la population à propos de l'exécution de prisonniers de guerre polonais à Kozy Gory (pour Umnov)?» (Umnov était le chef de la police russe.)

Nombre de témoins ont fourni la preuve qu'ils avaient subi des pressions de la part des Allemands, en 1942-43, afin de livrer des faux témoignages confirmant les exécutions des Polonais par les Russes.

Parfem Gavrilovitch Kisselev, un habitant du village le plus proche de Kozy Gory,témoigna qu'il avait été convoqué à la Gestapo, durant l'automne 1942, et qu'il y avait eu un entretien avec un officier allemand. «L'officier avait déclaré que, selon une information mise à la disposition de la Gestapo, en 1940, dans la région de Kozy Gory, et plus précisément dans la forêt de Katyn, des membres du Commissariat populaire aux Affaires internes avaient exécuté des officiers polonais. Il m'a demandé dans quelle mesure je pouvais témoigner là-dessus. J'ai répondu que je n'avais jamais entendu dire que le Commissariat populaire aux Affaires internes avait abattu des gens à Kozy Gory et que, de toute façon, c'était impossible, ai-je expliqué à l'officier, puisque Kozy Gory est un endroit absolument ouvert et très fréquenté et que si des exécutions avaient eu lieu là-bas, toute la population des villages avoisinants l'aurait su. «(.) Toutefois, l'interprète ne m'a pas écouté, mais a pris un document manuscrit sur le bureau et me l'a lu. Il y était dit que moi, Kisselev, habitant d'un hameau de la région de Kozy Gory, j'avais assisté personnellement, en 1940, à l'exécution d'officiers polonais par des membres du Commissariat populaire aux Affaires internes.

«Après m'avoir lu le document, l'interprète m'a ordonné de le signer.

J'ai refusé (.).Finalement, il s'est mis à hurler: 'Ou bien, tu le signes tout de suite, ou bien, nous allons te liquider. Fais ton choix!'«Effrayé par ces menaces, j'ai signé le document en pensant que l'affaire s'arrêterait là.» Mais l'affaire n'allait pas s'arrêter là, parce que les Allemands attendaient de Kissilev qu'il fournisse des confirmations orales de ce qu'il avait «vu» à des groupes de «délégués» invités par les Allemands à venir visiter la région et y découvrir les preuves des prétendues atrocités russes.

Peu de temps après que les autorités allemandes eurent révélé au monde l'existence des fosses communes, en avril 1943, «l'interprète de la Gestapo est venu chez moi et m'a emmené dans la forêt, dans la région de Kozy Gory.

«Quand nous avons quitté la maison et que nous avons été seuls ensemble, l'interprète m'a prévenu que je devais répéter, aux gens qui seraient présents dans la forêt, exactement ce que j'avais lu sur le document que j'avais signé à la Gestapo.

«Quand je suis arrivé sur place, dans les bois, j'ai vu les tombes ouvertes et un groupe d'étrangers. L'interprète m'a dit que c'étaient des délégués polonais qui étaient arrivés pour inspecter les tombes. Quand nous nous sommes approchés de celles-ci, les délégués se sont mis à me poser diverses questions en russe concernant l'exécution des Polonais. Mais, comme plus d'un mois s'était passé depuis ma convocation à la Gestapo, j'avais oublié tout ce qui se trouvait dans le document que j'avais signé, j'étais déboussolé et, finalement, je leur ai dit que je ne savais rien de l'exécution des officiers polonais.

«L'officier allemand était furieux. L'interprète m'a écarté sans ménagement de la 'délégation' et m'a congédié. Le lendemain, au matin, une voiture avec un officier de la Gestapo est montée jusque chez moi. L'homme est venu me trouver dans la cour, m'a dit que j'étais en état d'arrestation, puis m'a fait monter dans la voiture et m'a emmené à la prison de Smolensk. (.)

«Après mon arrestation, j'ai été interrogé à de nombreuses reprises, mais je recevais plus de coups que de questions. La première fois qu'ils m'ont fait venir, ils m'ont frappé et insulté avec une brutalité incroyable, se plaignant que je les avais laissé tomber, après quoi ils m'ont renvoyé en cellule. Au cours des convocations suivantes, ils m'ont dit que je devais déclarer publiquement que j'avais assisté à l'exécution de prisonniers polonais par les bolcheviks et que, tant que la Gestapo ne serait pas satisfaite de ma bonne foi, je ne sortirais pas de prison. J'ai dit à l'officier que je préférais rester en prison plutôt que de mentir effrontément à des gens. Sur ce, j'ai été vilainement tabassé.

«Il y a eu plusieurs interrogatoires du même genre, accompagnés de séances de coups, à la suite de quoi j'ai perdu toute ma force, je n'entendais plus très bien et je ne pouvais plus remuer mon bras droit. Environ un mois après mon arrestation, un officier allemand m'a fait venir et m'a dit: 'Vous voyez les conséquences de votre obstination, Kisselev. Nous avons décidé de vous exécuter. Le matin, nous allons vous emmener à la forêt de Katyn et vous pendre.' J'ai demandé à l'officier de ne pas le faire et je me suis mis à plaider ma cause en leur disant que je ne convenais pas pour le rôle de 'témoin oculaire' des exécutions, puisque je ne savais pas mentir et que, de ce fait, j'allais une fois de plus tout mélanger. «L'officier a continué à insister. Plusieurs minutes plus tard, des soldats sont entrés dans la pièce et se sont mis à me cogner dessus avec des gourdins en caoutchouc. Incapable de supporter les coups et la torture, j'ai accepté d'apparaître publiquement et de raconter une histoire fallacieuse sur les exécutions de Polonais par les bolcheviks. Après cela, on m'a relâché, à condition qu'à la première requête des Allemands, je parlerais devant les 'délégations' à la forêt de Katyn. (.)

«Chaque fois, avant de m'emmener aux fosses, dans la forêt, l'interprète venait chez moi, m'appelait dans la cour, me prenait à part pour être sûr que personne n'entendrait et, durant une demi-heure, il me faisait apprendre par cour tout ce que je pourrais avoir à dire à propos des supposées exécutions d'officiers polonais par le Commissariat populaire aux Affaires internes, en 1940.

«Je me rappelle que l'interprète m'a dit de répéter quelque chose de ce genre : 'Je vis dans une fermette dans la région de Kozy Gory, non loin de la résidence du Commissariat populaire aux Affaires internes. Certaines nuits, au printemps1940, j'ai vu des Polonais emmenés vers la forêt où on les exécutait ensuite. 'Puis il était impératif que je déclare littéralement que 'c'était l'œuvre du Commissariat populaire aux Affaires internes.'

Après que j'eus retenu par cœur ce que l'interprète m'avait répété, il devait m'emmener auprès des fosses communes, dans la forêt, et m'obliger à répéter toute l'histoire en présence des délégations venues sur place.

«Mes déclarations étaient strictement contrôlées et dirigées par l'interprète de la Gestapo. Un jour, comme je parlais devant l'une ou l'autre 'délégation', on m'a posé la question: 'Aviez-vous vu personnellement ces Polonais avant qu'ils ne soient exécutés par les bolcheviks?' Je n'étais pas préparé à ce genre de question et je répondis en disant la vérité, c'est-à-dire que j'avais vu des prisonniers polonais avant la guerre, quand ils marchaient sur les routes. Ensuite, l'interprète m'a tiré brusquement sur le côté et m'a ramené chez moi.

«Je vous prie de me croire quand je dis que je n'arrête pas d'avoir des tiraillements de conscience, puisque je sais qu'en réalité, les officiers polonais ont été exécutés par les Allemands en 1941. Je n'avais pas le choix, étant constamment menacé d'être arrêté et torturé à nouveau. »

De nombreuses personnes corroborèrent le témoignage de Kisselev et un examen médical confirma le récit des tortures que lui avaient infligées les Allemands.

Ivanov, un employé de la gare locale (Gnezdovo) subit également des pressions afin de faire un faux témoignage:

«L'officier m'a demandé si je savais qu'au printemps 1940, d'importants groupes d'officiers polonais capturés étaient arrivés à Gnezdovo dans plusieurs trains. J'ai dit que j'étais au courant, effectivement.

L'officier m'a ensuite demandé si je savais qu'au cours du même printemps 1940, peu après l'arrivée des officiers polonais, les bolcheviks les avaient tous exécutés dans la forêt de Katyn. J'ai répondu que je n'en savais rien et qu'il ne pouvait en avoir été ainsi, puisqu'au cours des années 1940-1941 et jusqu'au moment de l'occupation de Smolensk par les Allemands, j'avais rencontré des officiers polonais capturés qui avaient débarqué à la gare de Gnezdovo au printemps 1940 et qu'on les avait employés dans la construction de routes.

«L'officier m'a répondu que si un officier allemand prétendait que les Polonais avaient été exécutés par les bolcheviks, c'est que c'était un fait établi. 'Par conséquent', a poursuivi l'officier, 'vous n'avez strictement rien à craindre et c'est avec la conscience tranquille que vous pouvez signer un protocole affirmant que les officiers polonais capturés ont été exécutés par les bolcheviks et que vous en avez été témoin.'

«J'ai répondu que j'étais déjà un vieillard, que j'avais 61 ans et que je ne tenais pas à commettre un péché à cet âge. Tout ce que je pouvais déclarer, c'est que les Polonais capturés étaient réellement arrivés à la gare de Gnezdovo au printemps 1940. L'officier allemand a commencé à vouloir me persuader de donner le témoignage requis en me promettant que si j'acceptais, il allait me promouvoir du poste de garde-barrière à un passage à niveau à celui de chef de gare de Gnezdovo, poste que j'avais d'ailleurs occupé sous le gouvernement soviétique, et qu'il allait également subvenir à mes besoins matériels. «L'interprète a insisté sur le fait que mon témoignage en tant qu'ancien fonctionnaire des chemins de fer à la gare de Gnezdovo, la gare la plus proche de la forêt de Katyn, était d'une extrême importance pour le commandement allemand et que je ne regretterais pas de faire ce témoignage.

Je comprenais que je m'étais fourré dans une situation très difficile et qu'un triste sort m'attendait. Toutefois, une fois encore, j'ai refusé de donner un faux témoignage à l'officier allemand. Il a commencé à me crier dessus, m'a menacé de me battre et de me tuer et m'a dit que je ne comprenais pas ce qui était bon pour moi. Pourtant, j'ai tenu bon. L'interprète a ensuite sorti un bref protocole en allemand, une seule page, et m'a donné la traduction libre de son contenu. Le protocole ne mentionnait, comme me l'a dit l'interprète, que le seul fait de l'arrivée des prisonniers de guerre polonais à la gare de Gnezdovo. Quand je lui ai demandé que mon témoignage soit rédigé non seulement en allemand, mais aussi en russe, l’officier a fini par sortir de ses gonds et il m'a tapé dessus avec une matraque en caoutchouc,puis m'a fait sortir des bâtiments.»

Savvateïev fut lui aussi harcelé par les Allemands afin de leur livrer un faux témoignage. Il déclara à la Commission soviétique d'enquête:

«À la Gestapo, j’ai témoigné qu'au printemps 1940, des prisonniers de guerre polonais étaient arrivés à la garde de Gnezdovo dans plusieurs trains et qu'ils étaient ensuite montés dans des camions, mais que je ne savais pas où on les avait emmenés. J'ai également ajouté que j'avais rencontré ces Polonais plusieurs fois par la suite, sur la grand-route Moscou-Minsk, où ils travaillaient en petits groupes aux réparations routières. L'officier m'a dit que je mélangeais les faits, que je ne pouvais pas avoir rencontré les Polonais sur la grand-route, puisqu'ils avaient été exécutés par les bolcheviks, et il a exigé que je témoigne en ce sens.

«J'ai refusé. Après m'avoir menacé et tenté de me soudoyé pendant un bout de temps, l’officier a consulté l'interprète en allemand, après quoi celui-ci a rédigé un court texte et me l'a donné à signer. Il a expliqué que c'était un compte rendu de mon témoignage. J'ai demandé à l'interprète de me laisser lire le papier moi-même, mais il m'a interrompu en m'insultant, me commandant de le signer tout de suite et de sortir. J'ai hésité une minute.

L'interprète a attrapé un gourdin en caoutchouc accroché au mur et a fait mine de me frapper dessus. Après cela, j'ai signé le protocole qu'on m'avait mis sous le nez. L'interprète m'a dit de sortir et de rentrer chez moi et de ne parler à personne, sinon j'allais être fusillé (.).»

D'autres personnes ont également témoigné en ce sens.

Des preuves ont également été fournies sur la façon dont les Allemands ont trafiqué les tombes des victimes dans l'espoir d'éliminer les preuves que le massacre n'avait pas eu lieu en automne 1941 mais au printemps 1940, peu après l'arrivée des Polonais dans la région. Durant l'occupation allemande, Alexandra Mikhaïlovna avait travaillé dans la cuisine d'une unité de la Wehrmacht. En mars 1943, elle avait découvert un prisonnier de guerre russe caché dans sa remise:

«D'une conversation que j'ai eue avec lui, j'ai appris qu'il s'appelait Nikolaï Yegorov et qu'il venait de Leningrad. Depuis la fin 1941, il avait été dans le camp allemand n° 126 pour prisonniers de guerre, dans la ville de Smolensk. Au début mars 1943, il avait quitté le camp avec une colonne de plusieurs centaines de prisonniers de guerre et on les avait envoyés dans la forêt de Katyn. Sur place, les prisonniers, y compris Yegorov, avaient été forcés de creuser des tombes contenant des cadavres vêtus d'uniformes d'officiers polonais, de sortir ces corps des tombes et de vider leurs poches de leurs documents, lettres, photographies et autres articles. «Les ordres des Allemands étaient stricts: rien ne pouvait être laissé dans les poches des cadavres. Deux prisonniers de guerre ont été abattus parce que, après qu'ils eurent fouillé ces corps, un officier allemand avait découvert des papiers sur ces mêmes corps. Objets, documents et lettres tirés des vêtements des cadavres étaient ensuite examinés par les officiers allemands qui, après cela, forçaient les prisonniers de remettre une partie des papiers dans les poches des morts, tandis que le reste était jeté sur un tas d'objets et de documents prélevés sur les cadavres. Et on brûlait le tout.

«En outre, les Allemands avaient forcé les prisonniers à placer dans les poches des officiers polonais certains papiers provenant de serviettes ou de valises - je ne me souviens plus très bien - qu'ils avaient eux-mêmes amenées. Tous les prisonniers de guerre vivaient dans la forêt de Katyn dans des conditions épouvantables et à ciel ouvert et ils étaient très sévèrement gardés. (.) Au début d'avril 1943, tout le travail planifié par les Allemands était apparemment achevé et, au cours des trois jours suivants, aucun des prisonniers de guerre n'a eu à travailler (.).

«Soudain, la nuit, tous sans exception ont été éveillés et conduits quelque part. La garde avait été renforcée. Yegorov a senti que quelque chose ne tournait pas rond et il a commencé à surveiller de très près ce qui se passait. Ils ont marché pendant trois ou quatre heures dans une direction inconnue. Ils se sont arrêtés dans la forêt près d'une fosse, dans une clairière. Yegorov a vu qu'on séparait un groupe de prisonniers de guerre du reste des hommes et qu'on les conduisait près de la fosse, avant de les abattre. Non loin de Yegorov, plusieurs prisonniers de guerre ont attaqué les gardes. D'autres gardes se sont précipités sur les lieux. Yegorov a tiré parti de la confusion pour s'enfuir dans la noirceur de la forêt, tout en entendant des cris et des coups de feu.

«Après avoir entendu cette terrible histoire, qui est gravée dans ma mémoire pour le reste de mes jours, j'ai été très ennuyée pour Yegorov et lui ai dit de venir dans ma chambre, de s'y réchauffer et de se cacher chez moi jusqu'au moment où il aurait repris des forces. Mais il a refusé. (.) Il disait que peu lui importait ce qui allait lui arriver, qu'il allait s'en aller cette même nuit et qu'il avait l'intention de traverser le front pour retrouver l'Armée rouge. Le matin, quand je suis allée voir s'il était parti, il était toujours dans la remise. En fait, la nuit, il avait bien essayé de s'en aller, mais il avait à peine fait une cinquantaine de pas qu'il s'était senti très faible et qu'il avait été forcé de revenir. Cet épuisement était provoqué par sa longue détention dans le camp et par les privations des derniers jours. Nous avons donc décidé qu'il resterait chez moi quelques jours de plus pour reprendre des forces. Après lui avoir donné à manger, je suis allée travailler. Quand je suis revenue, le soir, mes voisines Branova, Mariya Ivanovna, Kabanovskaya, Yekaterina Viktorovna m'ont dit que,l'après-midi, au cours d'une visite de la police allemande, le prisonnier de guerre de l'Armée rouge avait été découvert et qu'on l'avait emmené.»

D'autres confirmations ont été données par un ingénieur mécanicien appelé Soukhatchev, qui avait travaillé sous les Allemands en tant que mécanicien au moulin municipal de Smolensk:

«Je travaillais au moulin dans la seconde moitié de mars 1943. Là, j'ai bavardé avec un chauffeur allemand qui parlait un peu le russe et, puisqu'il transportait de la farine pour les troupes au village de Savenki et qu'il rentrait le lendemain à Smolensk, je lui ai demandé de m'emmener pour que je puisse acheter un peu de graisse au village. Mon idée, c'était que faire le trajet dans un camion allemand allait m'épargner le risque d'être retenu aux postes de contrôle. L'Allemand a été d'accord de me prendre, moyennant paiement.

«Le même jour, à10 heures du soir, nous roulions sur la grand-route Smolensk-Vitebsk, moi, et le chauffeur allemand au volant. La nuit était claire et seul un peu de brouillard sur la route réduisait la visibilité. À environ 22 ou 23 kilomètres de Smolensk, près d'un pont démoli sur la chaussée, il y avait une descente assez raide sur la déviation. Nous avons commencé à quitter la chaussée quand, brusquement, un camion a jailli du brouillard et nous a foncé dessus. Soit parce que nos freins n'étaient pas en ordre, soit parce que le chauffeur était inexpérimenté, nous avons été incapables de faire arrêter le camion et, puisque le passage était très étroit, nous avons heurté l'autre qui venait en face de nous. Le choc n'a pas été très violent, puisque le chauffeur de l'autre camion a fait un écart, à la suite de quoi, les camions se sont touchés avant de glisser l'un contre l'autre.

«Toutefois, la roue droite de l'autre camion a versé dans le fossé et le camion s'est renversé sur la pente. Le nôtre, lui, était resté droit.

Le chauffeur et moi avons tout de suite sauté de la cabine et nous avons couru vers le camion qui s'était renversé. Nous avons été assaillis par une lourde puanteur de chair en putréfaction venant évidemment du camion.

«En m'approchant, j’ai vu que le camion transportait un chargement couvert d'une bâche nouée avec des cordes. Les cordes avaient lâché avec le choc et une partie du chargement s'était renversée sur la route. C'était horrible, ce chargement: des corps humains vêtus d'uniformes militaires. Pour autant que je m'en souvienne, il y avait six ou sept hommes près du camion: un conducteur allemand, deux autres Allemands armés de mitraillettes et, le reste, des prisonniers de guerre russes, puisqu'ils parlaient russe et qu'ils étaient habillés en prisonniers.

«Les Allemands se sont mis à insulter mon chauffeur et ont ensuite fait plusieurs tentatives pour redresser le camion. En deux minutes à peine, deux autres camions sont arrivés sur les lieux de l'accident et ont poussé l'autre. Un groupe d'Allemands et de prisonniers de guerre russes, une dizaine d'hommes en tout, sont descendus de ces camions et sont venus vers nous. (.)

En joignant nos efforts, nous avons commencé à soulever le camion.

Tirant parti d'un moment favorable, j'ai demandé à l'un des prisonniers de guerre russes et à voix basse: 'C'est quoi, ça ?' Il m'a répondu très calmement :

'Cela fait pas mal de nuits déjà qu'on transporte des cadavres vers la forêt de Katyn.'

«Avant qu'on soit arrivé à redresser le camion renversé, un sous-officier allemand est venu vers moi et vers mon chauffeur et nous a dit de nous en aller immédiatement. Comme notre camion n'avait pas de dégâts sérieux, le chauffeur a fait une manœuvre sur le côté et est remonté sur la grand-route, et nous sommes repartis. Quand nous sommes passés devant les deux camions bâchés qui étaient arrivés après l'accident, j'ai senti à nouveau cette puanteur horrible de cadavres en décomposition.»

Diverses autres personnes ont également témoigné avoir vu des camions chargés de cadavres.

Un certain Tchoukhov, un pathologiste qui, en fait, a visité les tombes en avril 1943 à l'invitation des Allemands, a également apporté des preuves: «Les vêtements des cadavres, particulièrement les capotes, les chaussures et les ceintures, étaient en bon état de conservation. Les parties métalliques des vêtements -les boucles de ceintures, les boutons et les clous des semelles de chaussures, etc. - n'étaient pas très rouillés et, dans certains cas, le métal gardait encore son brillant. Les sections visibles de la peau des corps -visages, cous, bras - étaient généralement d'un vert sale et, dans certains cas, d'un brun sale, mais il n'y avait pas désintégration complète des tissus, pas de putréfaction. Dans certains cas, on pouvait encore voir des tendons à vif, de couleur blanchâtre, et certaines parties de muscles.

«Alors que je me trouvais près des fosses, des gens travaillaient et retiraient des corps du fond d'une grande excavation. À cet effet, ils avaient des bêches et d'autres outils et ils attrapaient les corps avec leurs mains et les traînaient d'un endroit à l'autre par les bras, les jambes ou les vêtements. Je n'ai pas vu un seul cas où ces corps soient tombés en pièces ou aient perdu un membre.

«Si on considère ce qui précède, j'en suis arrivé à la conclusion que les corps étaient restés dans la terre, non pas trois ans, comme les Allemands l'affirmaient, mais beaucoup moins longtemps. Sachant que dans les fosses communes, et particulièrement quand il n'y a pas de cercueils, la putréfaction progresse plus rapidement que dans de simples tombes, j'en ai conclu que les exécutions de masse des Polonais avaient eu lieu environ un an et demi plus tôt, et elles auraient pu se produire en automne 1941 ou au printemps 1942. À la suite de ma visite au site dégagé, j'ai été fermement convaincu qu'un crime monstrueux avait été commis par les Allemands.»

Plusieurs autres personnes qui ont visité les tombes à l'époque donnent le même témoignage.

En outre, des pathologistes qui ont examiné les corps en 1943 ont conclu qu'ils ne pouvaient être morts depuis plus de deux ans. De plus, on découvrit sur certains corps des documents qui avaient manifestement échappé aux Allemands lorsqu'ils avaient truqué les preuves. Parmi ces documents, une lettre datée de septembre 1940, une carte postale datée du 12 novembre 1940, un billet de mont-de-piété encaissé le 14 mars 1941 et un autre le 25 mars de la même année. Des reçus datés du 6 avril, du 5 mai et du 15 mai 1941 et une carte postale en polonais, non postée et datée du 20 juin 1941.

Bien que toutes ces dates précèdent le repli soviétique, elles sont postérieures à toutes les exécutions présumées des prisonniers par les autorités soviétiques au printemps 1940, la date que citent comme étant celle du supposé massacre tous ceux que les Allemands ont été en mesure de tromper en leur servant leurs faux témoignages. Si, comme le prétendent les propagandistes bourgeois, ces documents sont des faux, rien n'aurait été plus facile que de falsifier des documents et de les dater postérieurement au départ des Soviétiques, mais ce ne fut pas fait - et ce ne fut pas fait pour la simplissime raison que les documents découverts étaient incontestablement authentiques.

[Traduction Jean-Marie FLEMAL]
Les dossiers du BIP, No 111, p 20

11:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, presse, guerre, television, romain, allemagne, europe, fascisme, euro-dictature, propagande, silence, urss, medias, hitler, gorbatchev, staline, mensonge, nazisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/03/2010

14/03/10: La Chine et les États-Unis :: La fin du rêve américain ?

From: nicolas
Sent: Saturday, March 13, 2010 10:15 PM
To:
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] La Chine et les États-Unis :: La fin du rêve américain ? SOLIDAIRE

 

 

9 mars 2010 16:41 | Il y a : 4  jour(s) |

La Chine et les États-Unis :: La fin du rêve américain ?

« La Chine sort victorieuse de la crise du crédit. » Ce n’est pas Solidaire qui le dit, mais De Tijd. Pour une partie de la classe dirigeante américaine, ce revirement donne lieu à une agressivité croissante.

Baudouin Deckers

Au début de l’année 2009, la plupart des analystes occidentaux concluaient que la Chine pourrait déjà s’estimer heureuse avec une croissance de 6 à 7 % de son produit intérieur brut. La Chine a conclu l’année 2009 avec une croissance de 8,7 %. Et le pays n’a pas dû aider des banques dans le besoin, puisqu’il leur était interdit d’investir dans les produits financiers toxiques de l’Occident. Le pays socialiste a investi massivement dans ses entreprises d’État. Il a augmenté les salaires minimaux, renforcé sa sécurité sociale et assuré une hausse du revenu de ses 700 millions de paysans. La Chine s’est mise à faire du commerce en Asie avec ses propres devises, non plus avec des dollars, monnaie peu sûre.

« La Chine sort victorieuse de la crise du crédit », lit-on dans De Tijd. « D’importants indicateurs économiques, dont la production industrielle, les investissements et la croissance de la quantité d’argent, ont rattrapé les niveaux d’avant la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. La crise contribue à ce qu’en 2010, l’économie chinoise va devenir plus importante que celle du Japon… » En 2027, la Chine prendra la place de première économie de la planète, dit encore De Tijd. « En ce mois de février, la Chine est devenue le premier pays exportateur au monde », annonce également le New York Times.

La Chine se porte donc très bien. Ce n’est pas le cas des États-Unis. De nombreux analystes occidentaux craignent que la crise financière de 2008 ne signifie la fin définitive de la suprématie américaine. Voici quelques mois, le professeur et prix Nobel Joseph Stiglitz écrivait que, plus tard, les historiens feraient remarquer que la période du triomphalisme américain n’avait à peine duré que vingt ans.

Coups d’épingle américains

Souvent, Barak Obama répète « Yes we can ». Mais d’autres fois, dans des articles ou conférences un peu plus sérieux, cela devient souvent « nous devons reconduire l’hégémonie américaine ». Mais la crise a poussé encore plus à l’avant-plan la Chine et d’autres nations émergentes. Les États-Unis se résigneront-ils à cet état des choses ? La question est souvent posée.

Le déficit commercial américain par rapport à la Chine déborde depuis longtemps. Obama veut que Pékin réévalue sa monnaie. Il impose à la Chine des limitations aux importations. Fin février, Washington décidait d’imposer une taxe à l’importation de 11 à 13 % aux tuyauteries en acier originaire de la Chine. Obama fournit pour 9 milliards de dollars d’armes à Taiwan – alors que les relations entre la Chine et cette province sont précisément en train de s’améliorer. Il reçoit le dalaï-lama, qui veut une scission du Tibet de la Chine.

Ce ne sont que les coups d’épingle « classiques » des États-Unis envers la Chine. Mais, aujourd’hui, ils expriment l’impatience croissante d’une partie non négligeable de la classe dirigeante, des hautes instances militaires, des faucons. « Il se pourrait que nous cédions le contrôle du sort de l’Amérique aux mains d’une grande puissance rivale sans même avoir tiré un seul coup de feu », bougonne le Pentagone, s’il faut en croire Arthur Herman, journaliste au New York Post.

En fait, la Chine ne menace aucun pays, pas même les États-Unis. La Chine a besoin d’un environnement pacifique pour pouvoir continuer à aller de l’avant sur le plan économique et assurer à son 1,3 milliard d’habitants développement et prospérité. Le programme d’Obama prévoit 60 000 hommes de plus dans son armée de terre et 27 000 autres dans ses troupes d’élite, les marines. Bien que, sous Bush, les États-Unis aient déjà dépensé presque autant que le reste du monde en défense (48,37 % du budget mondial !), Obama en remet une couche de 6,7 milliards de dollars.

Les États-Unis doivent se montrer prudents car la Chine possède plus d’un cinquième de leur dette extérieure. Chine et Etats-Unis sont des partenaires commerciaux dépendants l'un de l'autre  – ce qui comporte aussi nombre de risques pour la Chine. D’où, les efforts de Pékin pour accroître le commerce avec d’autres partenaires. Personne ne voit aujourd’hui ce que Washington pourrait entreprendre contre l’immense Chine, alors qu’il ne parvient même pas à se dépêtrer du bourbier afghan. Pourtant, les États-Unis installent de plus en plus de bases militaires sur le continent asiatique… La crise mondiale est grave. Les années 30 doivent nous rendre vigilants. Le mouvement pour la paix a encore beaucoup de pain sur la planche !

20:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, usa, presse, television, romain, belgique, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

08/02/2010

08/02/10: ALGERIE: CRIMINALISATION DU COLONIALISME FRANÇAIS:Les députés veulent une loi...

Sent: Monday, February 08, 2010 8:00 AM
To: undisclosed-recipients:
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Des députés algériens ont déposé une proposition de loi visant à criminaliser la colonisation française

 




CRIMINALISATION DU COLONIALISME FRANÇAIS
Les députés veulent une loi
08 Février 2010 - Page : 2
Lu 114 fois 

Élus, juristes et historiens s’accordent à exiger de la France de présenter des excuses officielles à l’Algérie.

Ils étaient nombreux hier, à prendre la parole pour défendre bec et ongles, le projet de loi pour la criminalisation du colonialisme français en Algérie.Réunis autour d’une table ronde organisée par le Forum d’El Moudjahid, députés, juristes et historiens ont uni leurs voix pour insister sur la nécessité d’exiger de la France à présenter des excuses officielles à l’Algérie et à indemniser les nombreuses victimes de cette sombre période de l’histoire du pays.Le premier à prendre la parole, était Chenna Ahmed, secrétaire général de l’Académie de la société civile. Il est revenu sur les raisons qui ont incité à l’élaboration de cet instrument législatif, dont le projet a été présenté à l’Assemblée populaire nationale le 13 janvier dernier. «En tant que société civile, nous voulons construire des relations avec le peuple français basées sur le respect mutuel (...) des relations algéro-françaises inscrites dans la durée et sur des bases solides, satisfaisant avant tout le peuple algérien. Des relations sociales, économiques, diplomatiques et politiques dépourvues des blessures du passé» a-t-il argumenté. «Ces relations ne peuvent évoluer qu’après des excuses de la France» a-t-il ajouté.
Il ne s’est pas arrêté là et a renchéri en déclarant qu’«il n’existe aucune loi en Algérie qui criminalise la guerre (...) la loi va développer avec beaucoup d’attention ces termes de criminalité et de guerre en l’absence d’un autre texte qui donne aux citoyens l’opportunité d’engager des poursuites judiciaires». Des députés algériens ont déposé une proposition de loi visant à criminaliser la colonisation française en Algérie. Cette motion a été signée par un groupe de 120 députés de différents partis siégeant à la Chambre haute du Parlement.
Elle est constituée d’une vingtaine d’articles dont la teneur insiste sur la nécessité d’exiger de la France officielle à présenter ses excuses à l’Algérie et à indemniser les victimes de 132 années de colonisation. M.Moussa Abdi, député FLN a également répondu présent pour faire la promotion de cette loi.
l a expliqué le contenu de ce projet de loi. Il a alors fait savoir que la mouture en question renferme d’importants articles qui définissent d’abord les crimes coloniaux en vertu du droit international.
Le texte stipule également que la France doit reconnaître les crimes qu’elle a commis contre les Algériens au temps de la guerre de libération. Et cela non sans réclamer des indemnisations pour les victimes au cas par cas. Elles devront se faire à travers des réparations morales et financières.
A noter que le secrétaire général de l’instance exécutive du FLN, Abdelaziz Belkhadem fut l’un des premiers à lancer les débats autour de cette question. Il a saisi l’occasion lors d’un conseil national du parti pour réitérer la demande adressée à la France pour reconnaître ses crimes coloniaux en Algérie et à présenter des excuses et à indemniser les victimes.
Il avait en outre, appelé à «l’activation des textes juridiques qui criminalisent l’atteinte à notre histoire et aux symboles et ce à travers la promulgation par le Parlement d’une loi qui incrimine le colonialisme français».

Yasmine ZOUAGHI

17:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, presse, france, romain, colonialisme, algerie, silence, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

06/02/2010

05/02/10: Le Dalaï Lama et Obama : La rencontre entre deux Prix Nobel du mensonge...

-- Original Message -----

Sent: Friday, February 05, 2010 9:59 PM
Subject: [alerte_otan] Domenico Losurdo - Le Dalaï Lama et Obama : La rencontre entre deux Prix Nobel ...

 

Le Dalaï Lama et Obama : La rencontre entre deux Prix Nobel du mensonge
 
La nouvelle est à présent officielle. Sous peu le Dalaï Lama sera reçu par Obama à la Maison Blanche. La rencontre entre ces deux âmes jumelles était inévitable : à vingt ans d’écart  l’un de l’autre (1989 et 2009), tous les deux ont reçu le Prix Nobel pour  la paix, et tous les deux ont reçu cette distinction ad maiorem Dei gloriam, ou, pour plus d’exactitude,  pour la plus grande gloire de la "nation élue" par Dieu. 1989 était l’année où les Usa obtenaient le triomphe dans la guerre froide et s’apprêtaient à démanteler l’Union soviétique, la Yougoslavie et aussi –comme ils l’espéraient- la Chine. Dans ces conditions, celui qui allait être couronné champion de la paix ne pouvait être que le moine intrigant qui depuis trente ans déjà, encouragé et financé par la Cia, se battait pour détacher de la Chine un quart de son territoire (le Grand Tibet).
 
En 2009, la situation  avait radicalement changé : les dirigeants de Pékin étaient arrivés à éviter la tragédie qu’on voulait infliger à leur pays ;  au lieu d’être renvoyés aux décennies terribles de la Chine, opprimée, humiliée et souvent condamnée en masse à la mort par inanition, à la "Chine crucifiée" dont parle les historiens, un cinquième de la population mondiale avait connu un développement  prodigieux (...) . Dans les conditions qui avaient émergé en 2009, le Prix Nobel pour la paix couronnait celui qui, grâce à son habileté oratoire et sa capacité de se présenter comme un homme nouveau et venant d’en bas, était appelé à redonner quelque lustre  à l’impérialisme étasunien.
 
En réalité, la signification authentique de la présidence Obama est à présent sous les yeux de tous. Il n’est de zone au monde dans laquelle  ne se soient pas accentués le militarisme et la politique de guerre des Usa. Dans le Golfe Persique a été envoyée une flotte, équipée pour neutraliser la riposte possible de l’Iran aux bombardements  sauvages qu’Israël prépare fébrilement grâce aussi aux armes fournies par Washington. En Amérique Latine, après avoir encouragé ou promu le coup d’état au Honduras, Obama installe sept bases militaires en Colombie, relance la présence de la IVème flotte, profite de l’urgence humanitaire en Haïti (dont la gravité est aussi la conséquence de la domination néocoloniale que les Usa y exercent depuis deux siècles) pour occuper massivement le pays : avec un déploiement de forces qui est aussi un lourd avertissement  aux pays latino-américains. En Afrique, sous prétexte de combattre le "terrorisme", les Usa renforcent leur dispositif militaire par tous les moyens : sa tâche réelle est de rendre le plus difficile possible l’approvisionnement  en énergie et matières premières dont la Chine a besoin, de façon à pouvoir l’étrangler au moment opportun.  En Europe même, Obama n’a pas du tout renoncé à l’expansion de l’OTAN à l’Est, et à l’affaiblissement de la Russie ; les concessions sont formelles et ne visent qu’à isoler le plus possible la Chine, le pays qui risque de mettre en question l’hégémonie planétaire de Washington.
 
Oui, c’est en Asie que le caractère agressif de la nouvelle présidence états-unienne émerge dans toute sa clarté. Il ne s’agit pas  seulement du fait que la guerre en Afghanistan a été étendue au Pakistan, avec un recours aux avions sans pilotes (et sa suite de "dommages collatéraux") nettement plus massif qu’à l’époque de l’administration Bush junior. C’est surtout ce qui arrive à Taïwan qui est significatif.  La situation allait s’améliorant nettement : entre la Chine continentale et l’île, les contacts et les échanges ont repris et se développent ; les rapports entre le Parti Communiste Chinois et le Kuomindang ont été rétablis. Avec la nouvelle vente d’armes, Obama veut atteindre un objectif bien précis : si vraiment on ne peut pas démanteler le grand pays asiatique, du moins faut-il en empêcher la réunification pacifique.
 
Et c’est en ce point là qu’annonce son arrivée à Washington une vieille connaissance de la politique du containment et du démantèlement de la Chine. Voici qu’au moment opportun entre de nouveau en scène Sa Sainteté qui, avant même de mettre les pieds aux Usa, bénit à distance le marchand de cannons qui siège à la Maison Blanche. Mais le Dalaï Lama n’est-il pas universellement connu comme le champion de la non-violence ? Je me permets, à propos de cette manipulation raffinée, de renvoyer à un chapitre de mon livre (La non-violence. Une histoire hors du mythe), que l’éditeur Laterza (Bari-Rome, NdT) sortira en librairie le 4 mars prochain . Pour le moment je me borne à anticiper un seul point. Des ouvrages ayant pour auteur ou co-auteur des ex-fonctionnaires de la Cia révèlent une vérité qui ne doit jamais être perdue de vue : la non-violence est un "écran" (screen) inventé  par le département des services secrets étasuniens majoritairement engagé dans la "guerre psychologique".  Grâce à cet "écran", Sa Sainteté était plongé dans une aura sacrée, alors que depuis longtemps, après sa fuite hors de Chine en 1959, il a promu au Tibet une révolte armée, alimentée par les ressources financières massives, par la puissante machine organisatrice et multi médiatique et par l’immense arsenal états-uniens ; révolte qui a cependant échoué à cause du manque d’appui de la part de la population tibétaine.  Il s’agissait d’une révolte armée –écrivent encore les ex-fonctionnaires de la Cia- qui a permis  aux Usa d’accumuler de précieuses expériences pour les guerres en Indochine, c’est-à-dire pour des guerres coloniales –c’est moi qui ajoute, cette fois- qui sont à ranger parmi les plus barbares du XXème siècle.
 
Maintenant, le Dalaï Lama et Obama se rencontrent. C’était dans la logique des choses.  Cette rencontre entre les deux Prix Nobel du mensonge sera plutôt affectueuse comme seule peut l’être une rencontre entre deux personnalités liées entre elles par des affinités électives. Mais elle ne promet rien de bon pour la cause de la paix.
 
Domenico Losurdo
 
Domenico Losurdo enseigne l’histoire de la philosophie à l’Université d’Urbino. Il dirige depuis 1988 la Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken, et est membre fondateur de l’Associazione Marx XXIesimo secolo « Rievoluzione »
( voir : http://www.pdcitv.it/video/2644/Associazione-Marx-XXI--Domenico-Losurdo ).
Parmi ses nombreux ouvrages, sont (entre autres) disponibles en français :
Fuir l’histoire ? La révolution russe et la révolution chinoise aujourd’hui. (Le temps des Cerises-Delga, 2007),
Démocratie ou bonapartisme, triomphe et décadence du suffrage universel. (Le temps des Cerises
Le péché originel du 20ème siècle. (Aden, 2007)
Le révisionisme en histoire. Problèmes et mythes.  (Albin Michel, 2005)
Gramsci. Du libéralisme  au « communisme critique » (Syllepse, 2006)
Nietzsche, philosophe réactionnaire. Pour une biographie politique (Delga, 2008).
Contre-histoire du libéralisme,
Le Langage de l’Empire. Lexique de l’idéologie états-unienne (Laterza editori), sont en cours de traduction.
Staline. Histoire et critique d’une légende noire, paraîtra au printemps 2010 chez Aden.
 
Article original sur le blog de l’auteur :www.domenicolosurdo. it
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

21:40 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, usa, presse, guerre, romain, chine, colonialisme, imperialisme, silence, medias, tibet, mensonge, dalai-lama | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/01/2010

14/12/09: Il y a 70 ans, la France déclare la guerre à l’Allemagne, mais la fait aux communistes...

 
 
 

Il y a 70 ans, la France déclare la guerre à l’Allemagne, mais la fait aux communistes. Par Jean Lévy

lundi 14 décembre 2009, par Comité Valmy


POURQUOI CE SILENCE ENTOURANT LE DEBUT DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ?

Alors que nous venons de subir la mobilisation totale des médias, communiant dans une même campagne anticommuniste, à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, il est bon de comparer cette campagne avec le quasi silence entourant le 70ème anniversaire de la Seconde Guerre mondiale.

Et pourtant cet évènement a davantage affecté notre propre histoire.

Revenons donc au rappel de la situation politique et militaire au cours de ce qu’on appelait, à l’époque, « la drôle de guerre ».

Faisant fi une fois de plus à ses promesses, l’Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre.1939

Le 3, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne.

On aurait pu penser que profitant de l’engagement massif des panzers et de l’aviation nazis à l’Est, les forces occidentales allaient en profiter pour mener l’offensive à l’Ouest, la ligne Siegfried non terminée, n’étant pas en état de constituer un obstacle infranchissable.

Et bien non !

L’armée française reste l’arme au pied, se contentant d’activité de patrouilles, dans le forêt frontière de la Warndt.

Le gouvernement Daladier est trop occupé à traquer les militants communistes et à faire procéder à la déchéance des députés du PCF, fidèles à leur parti, dissous dès septembre.

Seul, « l’ennemi intérieur » est visé par les autorités, pas l’ennemi de l’autre côté du Rhin.

Raison invoquée pour « justifier » cette répression de masse visant, non l’Etat à qui on a déclaré la guerre, mais un parti d’opposition, hostile au conflit : le pacte de non-agression germano-soviétique, signé le 23 août précédent.

Il s’ensuit, dans notre pays, une campagne anticommuniste féroce, d’une envergure jamais atteinte. Tous les partis, de gauche comme de droite, toute la presse, se sont joints au hallali « antirouge ». La presse communiste étant interdite depuis fin août, donc avant la déclaration de guerre, aucune voix ne s’élève publiquement contre ce déferlement de haine.

Mais, pourquoi cette offensive intérieure ?

Disons-le tout net : la signature du pacte de non-agression met en échec la stratégie envisagée par la bourgeoisie française. Celle-ci souhaitait un affrontement militaire entre l’Allemagne et l’URSS, en laissant cette dernière, seule, face à la Wehrmacht, espérant un effondrement de l’Armée Rouge.

Sans la signature du pacte, ce scénario aurait été, sans doute, possible.

L’Allemagne aurait, dès lors, dominé l’Europe pour une très longue période, sans possible éventualité d’un retournement militaire.

Qui peut croire que, face aux 200 divisions nazies, retenues en Union soviétique, un débarquement anglo-saxon eut été possible en Normandie, en juin 44 ?

La défaite française de mai-juin 40, préparée de longue date par les forces du capital, montre clairement que celles-ci avaient, bien avant Montoire, l’objectif d’une France intégrée dans une Europe allemande.

C’est donc la signature du fameux pacte de non-agression, signé par von Ribbentrop et Molotov, le 23 août, qui met bas ce sinistre scénario. L’URSS gagne ainsi deux ans de répit, qui lui permet de contenir devant Moscou les divisions hitlériennes, et d’infliger, ensuite, les défaites que l’on sait à la Wehrmacht, de Stalingrad jusqu’à Berlin.

Notre bourgeoisie a mesuré, dès l’automne 39, l’ampleur de l’échec de sa stratégie. Elle en a fait payer le prix au seul parti qui avait défendu le pacte, le Parti communiste français, celui-ci ayant analysé sa portée et ses conséquences.

On peut même dire que les forces du Capital n’ont pas encore digéré, de nos jours, l’échec subi en août 39. Comment expliquer, sans cela, la persistance actuelle d’une campagne toujours massive contre, ce que les médias à leur service, appellent « la collusion Hitler-Staline » et contre les « communistes qui ont approuvé le Pacte germano-soviétique » ?

Il est vrai que l’objectif d’une Europe intégrée, sous domination économique allemande, est toujours à l’ordre du jour

Jean LEVY

18:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, communisme, presse, guerre, television, romain, allemagne, fascisme, imperialisme, capitalisme, silence, urss, information, hitler, nazisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

31/12/2009

28/12/09: Un article très, très intéressant quand même, à plus d'un titre, cet article sur BellaCiao - Fr ...

Très, très intéressant quand même, à plus d'un titre, cet article sur BellaCiao - Fr
RoRo
 
 

From: anonymous
Sent: Monday, December 28, 2009 4:15 PM
Subject: Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin 


Pierre Kulemann
Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin !
Décryptons ensemble les "décrypteurs" !
Avant-propos
Le journal "L'Humanité" a publié un hors-série exceptionnel à l'occasion du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin 1
Marie-George Buffet, secrétaire générale du PCF, Pierre Laurent, coordinateur du PCF et Francis Wurtz, membre éminent du Conseil national du PCF ont contribué à ce hors-série, ce qui (...)
 
Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin 
lundi 28 décembre 2009 (15h48)

Pierre Kulemann

Les courants majoritaires de la direction du Parti communiste français (PCF) au pied du mur... de Berlin !

Décryptons ensemble les "décrypteurs" !

Avant-propos

Le journal "L’Humanité" a publié un hors-série exceptionnel à l’occasion du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin 1

Marie-George Buffet, secrétaire générale du PCF, Pierre Laurent, coordinateur du PCF et Francis Wurtz, membre éminent du Conseil national du PCF ont contribué à ce hors-série, ce qui permet raisonnablement d’affirmer qu’on a là la position des courants principaux de la direction du PCF sur le sens à donner à la chute du mur de Berlin. Bruno Odent, responsable de la rubrique internationale de "L’humanité" nous dit que""L’Humanité" et "L’Humanité Dimanche" se sont mobilisées pour décrypter la signification profonde de l’évènement"2 .

Je vous invite, si vous en avez le temps et le goût, à vous livrer avec moi à une petite enquête politique pour "décrypter les décrypteurs", et abonder dans leur sens ou encore tenter d’enrichir leur analyse, si cela nous paraît pertinent !

1. Avant-propos 2. Le mur de Berlin et Gorbatchev 3. "La fin de l’histoire" du socialisme réellement existant? 4. Zhao Gao,"De la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval" 5. Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne !

Le mur de Berlin et Gorbatchev

Examinons d’abord la liste des invités à ce "débat" et commençons par Andrei Gratchev, ancien conseiller du président Mikhail Gorbatchev. Il nous dit :"Je suis fier du rôle primordial de déclencheur politique de cette transformation globale de la situation mondiale qu’a joué le projet de démocratisation lancé par la perestroïka"3

Nos lecteurs savent-ils que ce n’est pas l’opinion des Russes, pourtant directement concernés ! Ainsi quand Gorbatchev s’est présenté comme candidat à la présidence de la Fédération de Russie en 1996, les résultats ont été pathétiques comme le rapporte le magazine français "Libération" :"Mikhaïl Gorbatchev est en tournée électorale. A 65 ans, le dernier dirigeant de l’Union soviétique se présente pour la première fois de sa vie au suffrage des Russes. Imperturbable, malgré les sondages qui le créditent d’un score ridicule entre 0,6 et 1% des voix , et les titres de la presse qui ironisent sur «Gorbatchev, le retour»... A Saint-Pétersbourg, à Rostov-sur-le-Don ou même à Stavropol, sa région natale, les insultes pleuvent. A Omsk, en Sibérie, un individu lui flanque son poing sur le visage. Raïssa, sa femme, hostile depuis le début à sa participation à l’élection présidentielle, refuse d’en supporter davantage et ne l’accompagne plus.4

Depuis Gorbatchev se console en vendant des sacs Vuiton ! "Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l’Union Soviétique, est le nouvel ambassadeur de la maison de luxe Louis Vuitton. Il apparaîtra dans les publicités de la griffe dès le début du mois d’août, dans la presse économique internationale. Il est mis en scène dans une limousine, avec un sac posé sur la banquette. Le cliché a été réalisé par la photographe Annie Leibovitz qui a, par ailleurs, réalisé une campagne complète pour Louis Vuitton."5 Quant à Andreï Gratchev lui-même, il bénéficie de la présomption d’innocence dans une affaire de corruption dans le cadre de l’Angolagate 6

C’était en 1996. Est-ce que la régression du "socialisme réellement existant" est mieux vue en 2009 par les Russes et par les peuples du monde, tant qu’à y être? Non, pas vraiment ! En effet il y a dans le hors-série de "L’Humanité" sur la chute du mur un invité très discret qui figure dans un petit cadre vers la fin à la page 61. Il s’agit tout simplement des peuples du monde ! En effet, il s’agit d’un sondage du monde gigantesque ! 29 033 personnes dans 27 pays ont été sondées pour la BBC World Service par l’insitut international de sondage GlobeScan en collaboration avec le Program on International Policy Attitudes (PIPA) de l’Université du Maryland aux USA du 19 juin au 13 octobre 2009. C’est un document d’une extraordinaire richesse que je vous invite à consulter et que je compte bien utiliser ici pour compléter le Hors-série que nous décryptons ensemble 7

Voici donc ce que répondent les peuples, y compris les Russes, à cette "démocratisation" vantée par Gorbatchev, Gratchev et, semble-t-il, par les courants majoritaires de la direction actuelle du PCF : 61 % des Russes et 54 % des Ukrainiens regrettent la fin de l’Union soviétique. Malgré la propagande antisoviétique universelle, 12 pays sur les 27 pays sondés regrettent aussi la fin de l’Union soviétique !

Nous pourrions ajouter que le Parti Communiste de la Fédération de Russie (KPRF), le deuxième parti politique en importance de Russie, nous dit : "Soyons réalistes, demandons l’impossible : retour au socialisme et restauration de l’URSS !" et ajoute « Même dans des circonstances de fraudes électorales massives, le Parti Communiste reçoit systématiquement entre 15 et 20% lors des différentes scrutins. Nous savons, toutefois, que notre potentiel de soutien va bien au-delà. » 8 Vous me direz que 15 à 20 %, ce n’est pas la majorité absolue, ni relative puisque c’est le Parti de Poutine qui a la majorité actuellement en Russie.

C’est cependant beaucoup plus que notre PCF qui se rapproche plus électoralement, politiquement et idéologiquement de Gorvatchev et Gratchev que des communistes russes ! C’est bien Andreï Gratchev, comme conseiller de Gorbatchev qui est invité dans le Hors-série, tandis que les Communistes russes, eux, ne sont pas invités.

Chers lecteurs, vous pourriez me demander par quelle sorte de logique je commence ma partie du décryptage par la Russie, alors que le thème du hors-série du PCF est la chute du mur de Berlin que beaucoup célèbrent mais que beaucoup aussi déplorent ! C’est un autre invité du Hors-série, Egon Krenz, qui explique mon choix. Krenz nous dit en effet :"Le 1er novembre 1989, Gorbatchev me dit "Egon, la réunification n’est pas à l’ordre du jour[...], tu dois te méfier de Khol". Au même moment, Gorbatchev envoyait plusieurs émissaires à Bonn. Gorbatchev a joué double jeu. Il nous a poignardé dans le dos" 9 Krenz semble donc avoir été un des nombreux dirigeants et militants communistes, sans parler des peuples des pays socialistes, qui ont cru à la perestroïka (reconstruction) et à la glasnost (transparence). Egon Krenz, longtemps adjoint de Eric Honecker, et dernier président du Conseil d’État de la République démocratique allemande (RDA) a cru à Gorbatchev, qu’il connaissait bien, et a compris trop tard que la Glasnost n’était qu’un masque et il a perdu confiance dans l’avenir du "socialisme réellement existant" :"le système ancien est définitivement mort" affirme-t-il10 .

Hans Moodrow, qui, à la différence de Krenz, voulait rayer le rôle dirigeant du parti communiste (SED) en RDA rejoint Krenz sur la question de la responsabilité de Gorbatchev ;"Lors d’un autre sommet, celui du COMECON qui eut lieu du 9 au 10 janvier 1990 à Sofia [...] le représentant soviétique a annoncé que la forme de coopération entre nos deux pays, fondée sur le rouble convertible était terminée [...] En clair, cela signifiait que la RDA [...] n’avait plus aucune chance de subsister.

Notons que le peuple de l’ex-RDA, de l’Allemagne de l’Est, comme on l’appelle souvent, regrette lui aussi la chute du mur. En 1999, la revue étasunienne "USA today" écrivait : "Quand le mur de Berlin s’est écroulé, les Allemands de l’Est ont imaginé une vie de liberté où les biens de consommation étaient abondants et où les épreuves allaient disparaître. Dix ans plus tard, chose remarquable, 51 % d’entre eux disent qu’ils étaient plus heureux sous le communisme" 11 Ce n’est pas une grosse majorité, mais tout de même c’est "remarquable" comme le dit USA Today. En dehors des pays développés de l’Ouest, c’est différent. Selon le sondage de la BBC déjà cité, 69 % des Egyptiens déplorent la fin de l’Union soviétique. En Inde, au Kénya, en Indonésie, les opinions sont partagées. Le Wall Street journal nous apprend que "Dans les années 1980, des centaines de familles civiles soviétiques vivaient à Kaboul sans protection particulière. Aujourd’hui, tous les Occidentaux vivent emmurés dans des complexes lourdement gardés" 12 Le Wall Street Journal ajoute "Contrairement à toutes les prédictions, après le départ du dernier soldat soviétique en février 1989, le gouvernement (communiste) de M. Najibullah, au lieu de s’écrouler, passa à l’offensive. Il marqua des victoires décisives contre les rebelles et survécut à la chute de l’Union soviétique et ne perdit que quand les vivres et les armes russes ont manqué. Sans la continuation de l’aide étasunienne aux guérillas, ce gouvernement aurait pu durer encore très longtemps affirment de nombreux moudjahidins" 13 Là encore la "déconstruction" de Gorbatchev semble jouer un rôle central ! Il a privé la RDA, le tiers-monde en général, Cuba, le Viet-Nam et l’Afghanistan entres autres, de l’aide soviétique pendant que les USA redoublaient leur terrorisme dans ces mêmes lieux ! Mais ne nous éloignons pas trop du sujet, même si tout est lié, et revenons au mur de Berlin et à ce que certains, de gauche comme de droite, voudraient qu’il symbolise.

"La fin de l’histoire" du socialisme réellement existant?

"Le concept de « fin de l’histoire » avait d’abord été élaboré par Hegel, puis repris de diverses manières par plusieurs philosophes, dont Alexandre Kojève et critiqué par Karl Marx pour qui l’humanité n’était pas encore sortie de sa préhistoire. Pour Fukuyama comme pour Hegel, l’Histoire s’achèvera le jour où un consensus universel sur la démocratie mettra un point final aux conflits idéologiques. Fukuyama publia un premier article sur le sujet (The end of History?) au cours de l’été 1989 dans la revue The National Interest (article repris dans la revue française Commentaire n° 47, automne 1989). Il en développe les thèses dans un livre controversé publié en 1992, La Fin de l’Histoire et le dernier homme, dans lequel il défend l’idée que la progression de l’histoire humaine, envisagée comme un combat entre des idéologies, touche à sa fin avec le consensus sur la démocratie libérale qui tendrait à se former après la fin de la Guerre froide."14

Sommes-nous, avec cet Hors-série, avec les courants principaux de la direction du PCF et avec les autres "Gorbatchéviens" dans le monde en face d’une variante de la théorie de la "Fin de l’histoire" au moins pour "le socialisme réellement existant"? Quant au communisme, il demeurerait seulement comme "l’avenir d’une espérance" comme le dit le sous-titre du livre de Patrice Cohen-Séat, dirigeant du PCF, ou "une utopie"15 comme le dit François Hollande, dirigeant socialiste français, donc irréalisable. On ne pourrait que s’en approcher, tout en restant dans le monde de la démocratie des pays capitalistes développés. Faisons d’abord une liste d’affirmations "gratuites" (Je dois dire que je suis abasourdi quand je vois des personnes intelligentes, des historiens chevronnés, des journalistes de valeur, affirmer avec "autorité" des prédictions qui relèvent plutôt de la boule de cristal des voyants escrocs) :

1) Bruno Odent, responsable de la rubrique internationale du journal "L’Humanité" :"Il y a vingt ans la chute du mur de Berlin allait entraîner avec elle la disparition d’un monde qui se réclamait du socialisme "réellement existant" [...] Jusqu’à l’inéluctable écroulement"16

2)Francis Wurtz, membre éminent de la direction du PCF, du Parti de la Gauche Européenne (PGE) : "Avec la chute du mur, un système s’est définitivement effondré..."17 "S’agissant de la sympathie vis-à-vis de l’Union soviétique, je pense qu’il faut relativiser celle qui existait entre les communistes français et l’URSS.(...) L’URSS n’était pas la boussole."18 On croit rêver ! "Si on fait référence à ce qui s’autoproclamait communisme dans les pays de l’Est, alors non. Cette acception est morte"19

3) Susan George : "Je n’ai jamais eu de sympathie particulière pour l’Union soviétique"20 "...certains parlent de révolution. Je ne sais pas ce que ça veut dire aujourd’hui. Je ne connais ni le nom ni l’adresse du Tsar"21 (Ce à quoi Francis Wurtz répond :"Ce que vous dites sur le Palais d’hiver fait partie d’une mythologie enterrée au PCF"22 Francis Wurtz confond peut-être le PCF avec les courants actuellement dominants de sa direction !

4) Hans Modrow, dirigeant du SED critiqué par Honecker qui jugeait qu’il nuisait au Parti, premier ministre à la veille de la chûte du mur, a aboli le rôle dirigeant du Parti que Krenz voulait maintenir. Il rejoint cependant Krenz en ce qui concerne la responsabilité de Gorbatchev en disant que, quand au sommet du COMECON de janvier 1990, l’Union soviétique a mis fin au rouble convertible "En clair, cela signifiait que la RDA qui était le plus gros partenaire commercial de l’Union soviétique [...] n’avait plus aucune chance de subsister"23

5) Gregor Gysi, dirigeant du SED en novembre 1989 et co-président du groupe parlementaire de l’actuel Die Linke en Allemagne, est plus nuancé. Il concède que le peuple était attaché à la RDA, qu’il a cru, avec la chute du mur "qu’ils allaient maintenant bénéficier de leurs droits politiques, tout en conservant leurs droits sociaux", mais, comme tous les intervenants du Hors-série"que le moment n’est pas venu pour un dépassement"24 du capitalisme.

6) Dans le débat des historiens dans le Hors-série, Pierre Grosser, professeur d’histoire à Science-Po à Paris voit dans la chute du mur la suite de la chute de dictateurs comme Ferdinand Marcos aux Philippines ! Personne dans la table ronde ne lui réplique sur ce point ! Grosser y voit le "symbole de la chute du communisme"25 . Pourtant, Pierre Grosser dit que "Les sociétés de l’Est ne rêvaient pas de dérégulation ni de capitalisme à l’américaine, mais plutôt de bénéficier des deux systèmes"26.Il se contredit un peu ! C’est en effet ce que Gorbatchev a réussi à faire croire et ce que les courants dominants de la direction actuelle du PCF voudraient aussi nous faire croire. On voudrait nous faire croire qu’on peut, sans révolution, bénéficier du niveau de vie et des libertés politique des classes aisées des pays capitalistes avancés et en même temps des protections sociales des pays du "socialisme réellement existant".C’est un leurre qui a couté bien cher à ceux qui y ont cru ;Le sondage de la BBC confirme que c’est bien ce que les gens ont cru avant de réaliser que c’était impossible, trop tard pour faire rapidement marche arrière !

7) Marie-Pierre Rey, professeur d’histoire soviétique à la Sorbonne se souvient du discours de Gobatchev de décembre 1988 à l’ONU où il déclare que l’URSS n’interviendra plus par la force dans les démocraties populaires. "C’est une renonciation claire à la doctrine Brejnev, une façon de commencer à rendre ces démocraties à leur destin" 27

Zhao Gao,"De la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval"

Connaissez-vous l’histoire de l’eunuque Zhao Gao, conseiller de l’empereur. Il montrait à l’empereur un daim et faisait répéter par ses nombreux complices à la cour à l’empereur qu’il s’agissait d’un cheval. Finalement, l’empereur se demanda s’il ne devenait pas fou, et crut que c’est à tort qu’il voyait un daim. Eh bien, notre hors-série est presque un nouveau Zhao Gao !

Avec des différences que nous avons décortiquées, il est vrai, tous les intervenants, sauf un, affirment que "le 9 novembre 1989, c’est l’effondrement du mur de Berlin. C’est l’échec définitif d’une expérience d’alternative au capitalisme, qui aura finalement tourné le dos à l’espoir soulevé au début du XXe siècle".

Nous avons déjà vu, grâce au sondage d’opinion réalisé pour la BBC, que telle n’est pas l’opinion des peuples du monde. Et puis, non, le daim n’est pas un cheval ! Seul intervenant à le constater, même si c’est avec regret, Serge Wolikow nous dit un peu pompeusement : "Je note que des pays se réclament toujours du communisme d’État" et que cela ne contribue pas à crédibiliser la démarche émancipatrice de l’idée communiste. [Grosser tente de se rattrapper en ajoutant] "Le modèle qui disparaît après novembre 1989 ne saurait constituer une référence pour cette notion de culture politique communiste"28 Eh oui, le "socialisme réellement existant" se réforme constamment et existe bel et bien, entre autres, à Cuba, au Viet-Nam, en Chine. Des partis communistes qui ont toujours confiance dans un "socialisme réellement existant" font partie d’un gouvernement de coalition, entre autres, en Afrique du Sud, dans divers Etats de l’Inde, à Chypre, en Moldavie. Enfin, des partis qui ont toujours confiance dans un "socialisme réellement existant" sont solidement installés en Grèce, au Portugal, en Russie même. Quel dommage que ces partis communistes n’aient pas été invités à participer au Hors-série, cela aurait mis un peu d’animation, de pluralisme. On aurait tout de suite vu que le daim n’est pas un cheval ! D’autant plus que les invités au hors-série, dans la droite ligne de Gorbatchev de l’eurocommunisme, du communisme critique, de l’alter-communisme, enfin tous ceux, sous un nom ou un autre, qui jugent qu’une révolution n’est pas à l’ordre du jour et qu’il faut seulement rêver de liberté et d’égalité (on se demande pourquoi la fraternité n’est pas mentionnée) ont du mal à grandir ou même dans certains cas à survivre, comme en France, en Espagne, en Italie.

Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne !

Laissons le mot de la fin à Marie-George Buffet, l’actuelle secrétaire générale du PCF : "La division du monde en deux blocs, dont le mur était l’expression, a placé les deux camps dans l’incapacité de répondre aux grands défis du siècle. Ces défis de développement équitables appellent non une logique de domination, mais celle des coopérations : l’humanité vit une seule aventure !" 29 Les deux blocs n’existent plus, mais la lutte entre le camp du capitalisme et celui du communisme est plus rude que jamais. Le nier a un nom : la collaboration de classe ! Pour que l’échiquier politique en France cesse de glisser vers la droite, il me semble nécessaire que le Parti communiste français redevienne révolutionnaire et reprenne sa place dans le camp communiste. Cela pourrait contribuer à rendre le Parti socialiste français socialiste. Soit les dirigeants actuels prennent conscience que le daim n’est pas un cheval, ou s’ils se cramponnent dans leur gorbatchevisme, il faudrait une nouvelle équipe dirigeante ! Il n’y a pas de raison que le rejet des nombreuse dérives autoritaires, dictatoriales et parfois criminelles qui ont eu lieu dans les pays communistes nous amènent à défendre une "démocratie" capitaliste qui a "esclavagé", puis colonisé des continents entiers et qui fait encore aujourd’hui mourir de faim un enfant toutes les cinq secondes. C’est comme si les crimes de la Révolution française (car la Révolution française a eu aussi ses dérives) devaient nous ramener à Louis XVI !

Le capitalisme termine sa course, le socialisme, première phase du communisme, commence la sienne !

notes

1 1989, Un mur tombe. 2009, la Crise. Et maintenant, que Faire?,Hors-série, Paris, novembre-décembre 2009

2 Idem, p.3

3 Idem, p. 72

4http://www.liberation.fr/portrait/0...

5 http://www.plurielles.fr/mode/mikha...

6 http://suitedesnouvelles.com/politi...

7 http://www.globescan.com/news_archi...

8 http://solidarite-internationale-pc...

9 Hors-série, opus cité, p. 47

10 Idem, p. 47

11 USA Today, 11 octobre 1999, p.1 (Le pourcentage a augmenté depuis avecla crise des subprime.

12 The Wall Street Journal ; 30 novembre 2009, P. 21

13 Idem, P. 21

14 http://fr.wikipedia.org/w/index.php...

15 Hors-série, p. 59

16 Hors-série, opus cité, p. 3

17 Idem, P. 20

18 Idem, p.21

19 Idem ; p. 22

20 Idem, p.22

21 Idem, p. 22

22 Idem, p. 22

23 Idem, p. 28

24 Idem, p. 32

25 Idem, p. 48

26 Idem, p.51

27 Idem. p. 50

28 Idem, p.51

29 Idem, p.59



De : Pierre K
lundi 28 décembre 2009

15:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, courcelles, presse, television, capitalisme, berlin, silence, urss, medias, information, pc, gorbatchev, 28 12 09 romain, pcf | |  Facebook | |  Imprimer | | |

28/12/2009

26/12/09: LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE...

 

Réflexions du compañero Fidel 
 
 
LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE

 

Les changements climatiques causent d’ores et déjà des dommages considérables, et des centaines de millions de pauvres en souffrent les conséquences.

Les centres de recherche les plus avancés assurent qu’il reste très peu de temps pour échapper à une catastrophe irréversible. Selon James Hansen, de l’Institut Goddard, de la NASA, un niveau de trois cent cinquante parties de dioxyde de carbone par million est encore tolérable ; or, il dépasse actuellement trois cent quatre-vingt-dix et il augmente tous les ans à raison de deux parties par million, soit plus que les niveaux d’il y a six cent mille ans. Les deux dernières décennies ont été les plus chaudes depuis qu’il existe des mesures. Ce gaz a augmenté de quatre-vingts parties par million ces cent cinquante dernières années.

Les glaces de la mer Arctique, l’énorme couche de deux kilomètres d’épaisseur qui couvre le Groenland, les glaciers d’Amérique du Sud qui alimentent les principales sources d’eau douce de cette région, le volume colossal qui couvre l’Antarctique, la couche qui reste encore sur le Kilimandjaro, les neiges qui couvrent l’Himalaya et l’énorme masse gelée de la Sibérie fondent à vue d’œil. Des scientifiques prestigieux redoutent des sauts quantitatifs dans les phénomènes naturels qui provoquent les changements.

L’humanité avait placé de grands espoirs dans le Sommet de Copenhague, qui devait prolonger le Protocole de Kyoto souscrit en 1996 mais entré en vigueur seulement en 2005. L’échec éclatant de ce Sommet a engendré des épisodes honteux qu’il faut dûment éclaircir.

Les États-Unis, qui comptent moins de 5 p. 100 de la population mondiale, émettent le quart du dioxyde de carbone. Leur nouveau président avait promis de coopérer aux efforts internationaux pour faire face à un problème qui touche son pays autant que le reste du monde. Les réunions préalables au Sommet ont mis en lumière que les dirigeants de cette nation et ceux des pays les plus riches manœuvraient pour faire retomber le poids des sacrifices sur les pays émergents et les pays pauvres.

Beaucoup de dirigeants et des milliers d22222e représentants des mouvements sociaux et des institutions scientifiques, décidés à se battre pour préserver l’humanité du pire risque qu’elle a encouru dans son Histoire, se sont rendus à Copenhague à l’invitation des organisateurs du Sommet. Je m’abstiens d’entrer dans le détail de la brutalité dont ont fait preuve les forces de l’ordre danoises contre les milliers de manifestants et d’invités des mouvements sociaux et scientifiques pour me concentrer sur les aspects politiques du Sommet.

Un véritable chaos a régné à Copenhague et des choses incroyables s’y sont passées. Les mouvements sociaux et les institutions scientifiques n’ont pas eu le droit d’assister aux débats. Des chefs d’État ou de gouvernement n’ont même pas eu la possibilité de donner leur opinion sur des problèmes vitaux. Obama et les dirigeants des pays les plus riches ont séquestré la conférence avec la complicité du gouvernement danois, et les institutions des Nations Unis ont été mises sur la touche.

Barack Obama, qui est arrivé le dernier jour du Sommet et n’y est resté que douze heures, s’est réuni avec deux groupes d’invités triés sur le volet par lui-même et ses collaborateurs. Et c’est accompagné de l’un de ces groupes qu’il a eu une réunion dans la salle plénière avec le reste des délégations de plus haut niveau. Aussitôt  après avoir pris la parole, il s’est retiré par une porte dérobée. À cette réunion plénière, hormis le petit groupe choisi par lui, les autres représentants des États n’ont pas eu le droit de prendre la parole. Si les présidents bolivien et vénézuélien ont pu le faire, c’est seulement parce qu’ils l’ont réclamé avec énergie, soutenus par les autres, et que le président du Sommet n’a pas eu d’autre solution que de la leur céder.

Dans une salle contiguë, Obama a réuni les dirigeants des pays les plus riches, de plusieurs nations émergentes les plus importantes et de deux pays très pauvres. Il y a présenté un document négocié avec deux ou trois des principaux pays, il a ignoré l’Assemblée générale des Nations Unies, il a donné des conférences de presse et il est reparti, tel Jules César qui s’exclama au terme d’une ses campagnes victorieuses en Asie mineure : Vini, vidi, vici !

Le Premier ministre en personne du Royaume-Uni, Gordon Brown, avait affirmé le 19 octobre : « Si nous n’aboutissons pas à un accord dans les prochains mois, il ne fait pas le moindre doute qu’une fois que l’élévation débridée des émissions aura provoqué des dommages, aucun accord mondial rétrospectif à quelque moment du futur ne pourra en éliminer les effets. À cette date, il sera alors irrémédiablement trop tard. »

Et il avait conclu son discours sur cette péroraison dramatique : « Nous ne pouvons nous donner le luxe de l’échec. Si nous échouons maintenant, le prix à payer sera très lourd.  Si nous agissons maintenant, si nous agissons de concert, si nous agissons en faisant preuve de hauteur de vue et de détermination, nous pouvons encore remporter la victoire à Copenhague. Mais, si nous échouons, la planète Terre sera en danger, et il n’existe pas de plan de rechange. »

Il affirme pourtant à présent avec arrogance que l’Organisation des Nations Unies a été prise en otage par un petit groupe de pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et Tuvalu,  et il accuse la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres nations émergentes d’avoir cédé aux séductions des États-Unis pour souscrire un accord qui expédie aux oubliettes le Protocole de Kyoto et ne contient aucun engagement contraignant pour les États-Unis et leurs riches alliés.

Je me vois obligé de rappeler que l’Organisation des Nations Unies a vu le jour voilà à peine soixante ans, après la Deuxième Guerre mondiale, alors que les pays indépendants ne dépassaient pas la cinquantaine. Elle compte aujourd’hui plus de cent quatre-vingt-dix États indépendants, après que la lutte décidée des peuples a eu liquidé l’odieux système colonial.

La République populaire de Chine s’est même vu refuser pendant des années le droit d’entrée à l’ONU, un gouvernement fantoche y usurpant sa représentation à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. C’est grâce au soutien tenace d’un nombre croissant de pays du Tiers-monde que la Chine bénéficia peu à peu de la reconnaissance de la communauté internationale, ce qui fut un facteur très important pour que les USA et leurs alliés de l’OTAN reconnaissent ses droits à l’ONU.

C’est l’Union soviétique qui contribua le plus par sa lutte héroïque à la défaite du fascisme, au prix de plus de vingt-cinq millions de morts et d’énormes destructions dans tout le pays. C’est au terme de cette lutte qu’elle émergea comme une superpuissance capable de contrebalancer en partie la domination absolue qu’exerçait le système impérial des USA et des anciennes nations coloniales, et sa mise à sac impitoyable des peuples du Tiers-monde. La désintégration de l’URSS a permis aux USA d’étendre leur pouvoir politique et militaire en direction de l’Est, vers le cœur de la Russie, et de renforcer leur influence sur le reste de l’Europe. Ce qui s’est passé à Copenhague n’a donc rien d’étonnant.

Je tiens à souligner les déclarations injustes et outrageantes du Premier ministre britannique et la tentative des États-Unis d’imposer comme accord du Sommet un document dont les pays participants n’ont discuté à aucun moment.

Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, a affirmé dans la conférence de presse qu’il a donnée le 21 décembre des vérités absolument indéniables. J’en cite quelques paragraphes:

« À Copenhague, je tiens à le souligner, la Conférence des Parties n’a adopté aucun accord, aucune décision concernant des engagements, qu’ils soient contraignants ou pas, ni absolument aucune décision relevant du droit international : à Copenhague, il n’y a pas eu d’accord, tout simplement !

« Le Sommet a été un échec, et l’on veut pourtant berner l’opinion publique mondiale. […] la carence de volonté politique a sauté aux yeux…

« …il a constitué un recul dans l’action de la communauté internationale pour prévenir ou alléger les retombées des changements climatiques…

« …la température mondiale pourrait s’élever de 5º en moyenne… »

Puis notre ministre a apporté d’autres données intéressantes sur les conséquences possibles de cet échec, selon les dernières recherches scientifiques :

« …de la date du Protocole de Kyoto à ce jour, les pays développés ont élevé leurs émissions de 12,8 p. 100… 55 p. 100 de ce volume correspondant aux USA

« Un Étasunien consomme en moyenne 25 barils de pétrole par an, un Européen 11, un Chinois moins de 2, un Latino-Américain ou un Caribéen, moins de 1.

« Trente pays, dont ceux de l’Union européenne, consomment 80 p. 100 des combustibles produits. »

Le fait est que les pays développés signataires du Protocole de Kyoto ont élevé radicalement leurs émissions. Ils veulent toutefois substituer maintenant à la base adoptée pour calculer ces émissions, autrement dit 1990, une nouvelle base, 2005, de sorte que les engagements envisagés par les USA, les plus gros pollueurs, ne représenteraient qu’une réduction de 3 p. 100 par rapport à vingt-cinq ans avant ! C’est là se moquer d’une manière éhontée de l’opinion mondiale…

Le ministre cubain, parlant au nom des pays de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), et défendant la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres États importants à économie émergeante, a ratifié le concept dégagé à Kyoto de

« responsabilités partagées, mais différenciées, ce qui veut dire que les pays à accumulation historique et les pays développés, responsables de cette catastrophe, ont des responsabilités différentes de celles des petits États insulaires ou des pays du Sud, surtout des pays les moins avancés… »

« Responsabilités veut dire financement ; responsabilités veut dire transfert de technologies dans des conditions acceptables. Mais Obama joue sur les mots, et au lieu de parler de "responsabilités" partagées mais différenciées, il parle de "réponses" partagées, mais différenciées…

« …il abandonne la salle plénière sans même daigner écouter qui que ce soit, de même qu’il n’avait écouté personne avant son intervention. »

Obama avait affirmé lors d’une conférence de presse ayant précédé son départ de la capitale danoise : « Nous avons généré ici à Copenhague un accord substantiel sans précédent : pour la première fois dans l’Histoire, les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités. »

Dans son exposé clair et irréfutable, notre ministre s’est exclamé :

« Que signifie : "…les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités" ? Ça veut dire qu’il fait retomber une part importante du fardeau que représente le financement des mesures d’atténuation et d’adaptation que doivent adopter les pays, surtout ceux du Sud, face aux changements climatiques, sur la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. Car, il faut bien le dire, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et tous les pays appelés par euphémisme en développement ont été victimes d’un braquage, d’un hold-up !

Voilà dans quels termes frappants et irréfutables notre ministre a raconté ce qu’il s’est passé à Copenhague.

Je dois ajouter que le 19 décembre, à dix heures du matin, alors que notre vice-président Esteban Lazo et notre ministre des Relations extérieures étaient déjà repartis, on a assisté à une tentative tardive de ressusciter le document mort-né de Copenhague en tant que document du Sommet. Il ne restait plus alors pratiquement aucun chef d’État et seuls quelques ministres. De nouveau, la dénonciation des membres restants des délégations de Cuba, du Venezuela, de Bolivie, du Nicaragua et d’autres pays a fait capoter la manœuvre. Voilà comme s’est conclu le Sommet : sans gloire !

On ne saurait non plus oublier qu’aux heures les plus critiques de cette journée-là, tard dans la nuit, le ministre cubain des Relations extérieures, et les délégations qui livraient cette digne bataille, ont offert leur coopération au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans la lutte toujours plus dure qui se déroulait et dans les efforts à consentir à l’avenir pour préserver notre espèce.

L’organisation écologique World Wide Fund (WWF) a averti que les changements climatiques échapperaient à tout contrôle dans les cinq à dix prochaines années si les émissions n’étaient pas réduites radicalement.

Mais Obama lui-même m’épargne la peine de démontrer ce que j’ai dit sur ses agissements.

Il a déclaré le 23 décembre, dans une interview à la chaîne de télévision CBS, que les gens avaient raison d’être déçus des résultats du Sommet sur les changements climatiques : « …au lieu d’un échec total, d’une inaction totale, ce qui aurait été un énorme recul, nous avons pu du moins nous maintenir en gros là où nous étions… »

Selon l’agence de presse, Obama est le plus critiqué par les pays qui sentent presque à l’unanimité que le Sommet s’est achevé sur un désastre.

L’ONU est maintenant dans une impasse. Demander à de nombreux autres États d’adhérer à un accord arrogant et antidémocratique serait humiliant.

Poursuivre la bataille et exiger à toutes les conférences, surtout celles de Bonn et de Mexico, le droit de l’humanité à l’existence, en nous fondant sur la morale et la force que nous donne la vérité, telle est à mon avis la seule voie.

Fidel Castro Ruz

Le 26 décembre 2009

18:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, cuba, usa, presse, television, romain, euro-dictature, capitalisme, silence, castro, medias, information, copenhague | |  Facebook | |  Imprimer | | |

19/12/2009

16/12/09: Copenhague ou le marché des dupes...

Sent: Wednesday, December 16, 2009 10:18 PM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] CRISE ECONOMIQUE ET CRISE ECOLOGIQUE

Copenhague ou le marché des dupes

Un poème de William Wordsworth écrit en 1802 et publié en 1807 semble aujourd’hui d’une irrécusable actualité, et conviendrait à la fois comme exergue au sommet mondial sur la dégradation des conditions climatiques qui doit se tenir à Copenhague le 6 décembre 2009 et source de méditation pour les participants.

Si, depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, nous devons accorder crédit aux contenus argumentés et chiffrés d’articles de quotidiens et d’hebdomadaires ou aux essais plus substantiels publiés dans des revues spécialisées, la planète frôle aujourd’hui une catastrophe climatologique, géographique et agricole irréversible où se mêlera, selon les régions du globe, d’un côté la submersion par les océans des zones basses, côtes et deltas, et de l’autre, la disparition des vastes zones humides continentales (mer d’Aral, lac Tchad) avec pour conséquence immédiate une désertification massive, l’assèchement des plus grands fleuves par exemple en Chine et dans la Péninsule indochinoise, où, en raison de la disparition prévue des glaciers de l’Himalaya, le Yang-Tsé-Kiang et le Mékong risquent de voir leur niveau d’eau baisser vers un étiage sans précédent pour la survie des populations. À cela il faut bien
évidemment souligner les désastres des urbanisations sans limite : que ce soit d’un côté Dubai et le délire de l’hybris financière, ou de l’autre Calcutta, Le Caire ou Lagos comme enfer d’une insigne misère. Mais, comme le disait Marx, « pour qu’il y ait des riches il faut des pauvres », dès lors, logiquement, pour qu’il y ait de très riches, il faut beaucoup de très pauvres.

En ce sens « The world is too much with us », relève, après s’être énoncé naguère comme la sombre prophétie d’un poète romantique effrayé par les débuts systématiques du machinisme et du déploiement industriel, d’une réalité évidente à tous ceux qui jettent un regard sans fard sur notre monde et son quotidien. Le sombre et très conservateur romantique Wordsworth me remet en mémoire un autre romantique, socialement libéral (au sens que ce terme impliquait au début du XIXe siècle en Angleterre, aujourd’hui on dirait social-démocrate), beaucoup plus flamboyant certes, mais surtout beaucoup plus optimiste, Shelley, qui écrivait dans The Ode of the West Wind (L'Ode au Vent d'Ouest), « The trumpet of a prophecy ! O Wind, /If Winter comes, can Spring be far behind ? » (Les trompettes d’une prophétie ! Ô vent, / Alors, quand l’hiver vient, le printemps est là, qui attend derrière lui, en embuscade). Mais présentement,
l’ultime vers de ce somptueux poème devrait se réécrire : If Spring comes can Winter be far behind and for ever (Si le printemps vient l’hiver attend, derrière lui en embuscade et pour toujours). Cet hiver sera un désert qui croit sans cesse, un hiver désertique réel, et aussi un hiver comme métaphore d’un désert de l’âme ou de l’esprit des peuples et des élites qu’unit un même égarement, une même inconscience, une même insouciance aveuglée de la frénésie du manque sous sa double modalité spectaculaire : la voracité consumériste et l’avidité insatiable du profit. Interview ici, déclarations solennelles là, intensification des voyages officiels préparatoires, le président Sarkozy tente de convaincre les plus puissants parmi les pays émergents (Brésil, Inde, par exemple) qu’il convient impérativement de trouver le consensus d’un moratoire pour abaisser le taux de gaz à effet de serre… De plus, États-Unis
et Chine avancent pour la première fois des données chiffrées des réductions auxquelles ils pourraient consentir. Bonnes intentions et vœux pieux, effets d’annonce multiples se disputent l’approbation populaire dans un halo d’incertitudes. D’un côté des scientifiques sérieux aidés de journalistes appelés par le sensationnel qui fait vendre du papier, nous annoncent la pire des catastrophes planétaires, de l’autre, d’autres scientifiques, moins nombreux certes, mais non moins puissants nous mettent en garde contre ce qu’ils nomment les « affabulations des demi-savants et des charlatans ».

Aussi l’homme simple se demande-t-il qui doit-je croire ? Les uns qui vivent ici ou là, à quelques dizaines de mètres au-dessus du niveau de la mer, ou plus haut, ou plus éloignés des littoraux, perçoivent-ils cette menace que les peuples des littoraux saisissent journellement ? Les autres qui vivent dans les pays européens tempérés, saisissent fort mal l’inexorable avancée du désert de sable et ne peuvent témoigner d’une expérience existentielle de l’assèchement du lit des fleuves qui est si familière à d’autres vivants au cœur des climats continentaux.

Certes, le glacier du Mont-blanc recule, ceux de l’Everest aussi, et pis, celui du Groenland qui couvrait naguère un quasi continent, se rétrécit comme peau de chagrin. On peut noter encore les tempêtes régulières sur l’Europe occidentale qui ressemblent de plus en plus à des tornades tropicales et le fait aujourd’hui avéré que l’augmentation constante du niveau des Océans provoquera en France dans une cinquantaine d’années la disparition de la Camargue, de la zone côtière du célèbre Marais poitevin, ainsi qu’une moitié de l’île de Ré. Pourtant, une fois passé le souffle des tempêtes, les destructions de biens parfois fort graves et l’étonnement qu’elles suscitent, tout revient à la normale, pas même les sécheresses estivales et l’effondrement des nappes phréatiques n’alarment le bon peuple. Le citoyen roumain quant à lui, hystérisé par des campagnes électorales et une vie politique où l’essentiel
n’est jamais abordé, a-t-il entendu dire une fois que le delta du Danube est menacé purement et simplement de disparition, comme la Camargue ou celui du Gange au Bengale ? Sait-il le peuple roumain que la sécheresse menace simultanément le sud du pays d’une véritable désertification ? Si le peuple est inconscient c’est en partie de sa faute, mais c’est aussi parce que les élites, ces belles âmes démocratiques de la parade du spectacle anticommuniste, ces chantres du libéralisme, voire bien plus rarement ces prétendus critiques d’une pseudo-gauche tout aussi crapuleuse que la pseudo-droite ne s’occupent que de rafistolages idéologiques : la liberté, laquelle ? Celle des prédateurs impunis, voleurs de la richesse collective ! Ou celle d’un soi-disant artiste créateur dont on s’aperçoit bien vite qu’il n’est plus commandé que par le seul goût du lucre ! Et, last but not least, le chevalier de l’anticommunisme sans
plus de communisme , un combat sans risque, sauf à recevoir les prébendes de ses maîtres publics et privés qui l’emploient ! Tout un fatras de bla-bla entretenus par de grotesques demi-savants…

Regardons ce qui se passe et nommons un chat un chat. Dubai, la vitrine de la finance déliée de toute base industrielle vient d’entrer dans l’état d’une faillite retentissante. En une génération, des anciens bédouins sont passés du dos des dromadaires, des tentes plantées dans le désert, d’un ascétisme certain au gratte-ciel de 800 mètres de haut et aux îles artificielles comme centre d’un tourisme hyperluxueux ; en moins de trente ans, ils sont devenus des dirigeants mégalomanes, l’esprit perdu sous l’effet de l’hybris d’un capitalisme fondé sur le crédit illimité (garanti par la rente pétrolière des Émirats) et la spéculation foncière effrénée, pris dans un tournis identique à celui qui alimenta les surprimes étasuniennes sans que personne ne protestât parmi les ONG écologiques ni les gouvernements prétendument soucieux de l’avenir de la planète. Et, en dépit de leur affirmation, mettre en œuvre un
capitalisme « islamique » tempéré par les préceptes économiques de la Charia, on constate qu’il s’agit là, une fois encore, d’une énième imposture du grand, très grand business et ce quelle que soit la religion de ceux qui en sont les acteurs dominants. Classés comme les pays provoquant le pire impact écologique dans la mer (plus que les États-Unis ou la Chine !), ils consomment de l’eau dessalée en masse (environ 2000 litres par jour et par habitant !) et deux millions de litres par semaine pour chacun de sept golfs qui entourent la ville-État plantée dans le désert du Rub al-Khali qui court jusqu’en bordure du Golfe persique!

Avec nombre de non-dits, l’affaire semble mal partie… Aussi Copenhague risque-t-il de ne présenter qu’un spectacle clinquant pour amuser les peuples, mais dans les faits, il se révélera un sinistre flop. En effet, si l’on s’en tient aux gaz à effet de serre, aux ravages chimiques et agronomiques des terres agricoles (intensification de l’usage des engrais chimiques, de la déforestation, de la monoculture), aux abus sans limite du pompage de l’eau dans les nappes phréatiques et son usage irréfléchi, à la sécheresse des terres continentales que cela entraîne et qui augmente, ce ne sont pas des modifications techniques des techniques de production appelées « développement durable » qui seront à même de nous protéger d’une catastrophe planétaire qui est déjà là, devant nous, à nos portes.

La crise écologique du début du vingt et unième siècle révèle quelque chose de bien plus abyssal que la crise économique, bien que cette dernière, pur produit du capitalisme du crédit globalisé, en soit l’un des symptômes parmi d’autres. Cette crise écologique qui devient au fil des ans un authentique désastre global dans le cadre de l’économie de marché planétarisée, révèle l’impasse, la banqueroute, la totale déconfiture du mode-à-être-dans-le-monde de l’homme moderne. Or, il ne s’agit plus de communisme ou d’anticommunisme primaires, secondaires ou tertiaires, il s’agit de ce mode-à-être qui inclut et l’expérience passée du socialisme réel et celle toujours présente du capitalisme arrivé à sa troisième révolution technique, nommé la modernité tardive… Ce mode-à-être se présente comme un Janus bifrons : simultanément le capitalisme financier et son horizon indépassable, le profit comme
Weltanschauung et télos du passé, du présent et du devenir, et le déchaînement de la techno-science comme objectivation totale (idéalement sans reste) où toutes activités humaines et toutes choses naturelles se transforment en connaissance comme possibilité du produire indéfini… Or, ce que proposent les hommes politiques, les scientifiques, les divers agitateurs écologiques ne sont que de piteux palliatifs, pis, des techniques de substitution qui souvent détruisent plus de nature que celles auxquelles elles doivent se substituer (la fabrication de nouvelles générations d’instruments électroniques, d’ordinateurs, de téléphones cellulaires exigent toujours plus de très rares métaux ou de l’or dont les recherchent détruisent encore et encore des pans entiers de forêts vierges congolaises par exemple !) ou des instruments qui défigurent la surface de la terre l’enlaidissant plus encore qu’auparavant (par exemple les
éoliennes sur terre et en mer !).

Ce qui ne sera pas dit à Copenhague sera l’essentiel, lequel est résumé dans l’introduction d’un remarquable petit livre de la physicienne indienne Vadana Shiva qui s’est attachée à la défense du droit des agriculteurs et de la diversité biologique: « La culture mercantile est en guerre avec les diverses cultures du partage, dans lesquelles l’eau est offerte et reçue en tant que don. La culture du plastique, cette production non viable, non renouvelable et polluante, est en guerre avec les civilisations basées sur la terre et la boue, le renouveau et le rajeunissement. Imaginons que la tradition d’offrir de l’eau des Piyaos se perde, et qu’un milliard d’Indiens doive se désaltérer avec de l’eau en bouteille plastique. Combien cela fera-t-il de montagnes de déchets d’emballages ? Quelle sera la quantité d’eau polluée par le stockage de ces déchets ? Or tous les préparatifs de Copenhague ne parlent que de gaz à
effet de serre et de réchauffement de la terre, mais, que je sache, non de ce qui a déjà lieu et qui ne fera que se renforcer, ce que prédisait il y a quinze ans le président de la Banque mondiale (institution peu suspecte de marginalité intellectuelle !), Ismail Serageldin : « Si les guerres de ce siècle [le XXe siècle] ont été celles du pétrole, les guerres du siècle prochain seront celles de l’eau. » En effet, tout est préparé pour ces guerres qui ont déjà commencé et que la vulgate politico-journalistique nous présente souvent et à tort comme des guerres tribales, des guerres mettant aux prises des tenants de l’extrémisme religieux, du terrorisme, alors qu’il s’agit tout bonnement de s’approprier, de voler pour dominer la gestion d’eaux vives (fleuves, rivières et torrents) traversant plusieurs pays riverains. Le texte de Vandana Shiva nous présente un mode-à-être dans le monde qui se fonde sur la consommation
modérée de ressources naturelles avec des moyens techniques venus directement de produits locaux dont le renouvellement n’épuise pas, tant s’en faut, ce même milieu naturel, fût-ce une nature modelée de longue date par le travail de l’homme. Or, pour les grands pouvoirs économiques du monde, il n’est surtout pas question de remettre en question le capitalisme dont le renforcement et la protection semblent toujours à l’ordre du jour. Son motto demeure : toujours plus de production, toujours plus de profits. Voilà donc l’essentiel, hormis une augmentation catastrophique du chômage en Occident qui n’inquiète que dans la mesure il est porteur graves troubles sociaux potentiels.

Mais, comme d’aucuns ont pu le constater, la grande crise économique de l’automne 2008 n’a rien changé à la marche économique de la finance. Les pertes ont été épongées par les gouvernements avec les deniers publics prêtés à taux quasi nuls aux banques, tandis qu’elles-mêmes continuaient à prêter aux particuliers et aux entreprises industrielles et commerciales à des taux bien plus élevés. Ainsi, après un an, le capitalisme de troisième type, comme le Phénix, a ressurgi de ses cendres, régénéré, si bien que les banques ayant survécu à l’ouragan des surprimes en sont sorties renforcées, et la finance plus concentrée qu’auparavant.

Au risque de choquer les esprits légers, ignares, menés par un « idéalisme de rêve » selon l’expression de Nietzsche, il faut dire sans détour que rien de sérieux n’est fait à Copenhague ni ne sera fait plus tard pour sauver la planète d’un désastre annoncé et que le roman de Cormac McCarthy, The Road, suggère et illustre de manière plus foncièrement pessimiste (c’est-à-dire plus réaliste) que le Brave New World d’Huxley.

En effet, les solutions de Vandana Shiva valent pour une Inde où le monde rural représente encore 50% de la population active, aussi pour la Chine où les ruraux sont environ 55% de la population active et pour deux trois grands pays émergents à la puissance industrielle et financière (Brésil, Indonésie). Toutefois, il faut aussi rappeler que depuis une dizaine d’années une majorité de plus en plus marquée de la population mondiale vit dans des villes qui sont devenues des mégapoles monstrueuses pour lesquelles ces solutions d’harmonie consumériste rurale ou pararurale ne sont pas de mise : Tokyo (33 millions), Bombay (22 millions), New York (21 millions), Séoul et Mexico City (20 millions), Delhi (19 millions), San Paolo (18 millions), Shanghai et Lagos (17 millions), Le Caire et Calcutta (15 millions), plus une quarantaine d’autres qui dépassent les 5 millions d’habitants, nous ramènent à la cruelle réalité…

Comment alimenter ces gens et leur fournir l’énergie nécessaire dès lors que bien des activités sont centrées sur des moyens techniques grands consommateurs d’électricité ? Comment les alimenter sans que les rendements et les plantes sélectionnées ne détruisent la terre ? Comment leur assurer de l’eau potable sans que la consommation n’épuise les réserves terrestres ? S’il faut par exemple dessaler l’eau de mer, la consommation d’énergie est si importante qu’elle contribue à la ruine de la terre. À ces remarques réalistes, les discours écologiques ne répondent que par des simulacres ou des faux-semblants ou même n’y répondent pas du tout car ils mettraient en cause le système économique global de domination. Deux thèmes seront particulièrement omis, celui de l’eau d’une part, et, de l’autre, celui des pollutions exportées, les masses de déchets médicaux envoyés depuis l’Europe occidentale vers les
pays du tiers-monde européen (Roumanie et Bulgarie), ou pis, les déchets électroniques expédiés en Afrique où ils empoisonnent les enfants ! Seuls les rejets de CO2 seront le thème de ces débats, car pour le moment ils représentent le seul aspect de la pollution écologique qui semble très partiellement maîtrisable en offrant de nouveaux débouchés à l’industrie… et au profit…

Une première manière propre à ce simulacre de questionnement énonce une piètre contradiction qui, néanmoins, marche auprès des peuples lobotomisés par la publicité et la mise en scène de la convoitise. D’un côté on laisse tomber une larme compassionnelle sur le réchauffement de la terre, la pollution de l’air, la disparition des espèces menacées, de l’autre, on prend des mesures fiscales pour maintenir et augmenter la production et donc la consommation d’automobiles. Mieux, on prévoit que le Mondial de football prévu en Afrique du Sud l’an prochain polluera neuf fois plus que le précédent qui s’était tenu en Allemagne, en raison des trajets en avion plus longs pour y venir … Une seconde manière dévoile la possibilité de profits immenses en faisant fond sur une création accélérée d’objets ou d’action dites écologiques dont on ne dit rien du coût environnemental !

Ce qui en anglais se nomme le « green business » semble devenir, comme l’imposture de l’agriculture bio, une très bonne affaire. Un article publié dans Le Temps de Genève par Luis Lema son correspondant à New York sous le titre « Le green business sera le moteur de l’économie de demain » donne le ton : « Pour le professeur américain Daniel Kammen , les énergies renouvelables constitueront les grandes opportunités économiques dans un avenir pas si lointain. » On pressent déjà les conflits économiques derrière les larmes de crocodile du réchauffement climatique. En effet, dès lors que le développement écologique et « durable » s’articulera sur des notions purement mercantiles, ce qui dominera ce ne sera pas l’attention préventive aux dégâts multiples dus à la production, fût-elle « écologique », mais aux possibilités de profits maxima. Ce ne sera point la terre qui sera au centre du souci de l’homme post
moderne en son habitat terrestre, mais encore et toujours le profit…

Certes, à la veille du sommet les journaux titrent sur l’optimisme qui anime les délégations , mais, en contrepoint et sur la même page on peut lire un autre titre qui dit tout : « Pékin juge prioritaire sa croissance ». Et comme il n’y a pas que Pékin, il y a aussi New Delhi, Brasilia, etc… On comprend que l’optimisme n’est qu’une posture, qu’une volonté d’effet sans réel accord de fond.

De fait les contradictions écologiques formulées par les hommes politiques et les journalistes aux ordres ne posent jamais la seule problématique qui implique la nature abyssale et révolutionnaire des solutions qu’il conviendrait d’envisager. Ce qui aujourd’hui remet en cause la vie de l’homme sur terre n’est rien de moins que son mode-à-être qui, de fait, est son mode-à-produire et à-se-produire, mode de la quantité, puisqu’elle seule assure les très grands profits.

Or, remplacer le produire actuel par un produire écologique toujours fondé sur le quantitatif sera, pendant un temps, le renouvellement bienvenu de la lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit (ce que furent dans les années 1990 le téléphone et l’ordinateur portables). Mais en son fonds rien n’aura changé quant à l’essence du produire capitaliste… Car, que je sache, il s’agit une fois encore du capitalisme (privé ou d’État) comme fabrique du monde, avec toujours le même motto : « toujours plus », « toujours nouveau »… Or, ce qui se produit représente bien plus que le résultat d’une Weltanschauung, c’est l’incarnation de la forme ultime de la métaphysique (cf., Heidegger, « Question de la technique », ou « A propos de la question de l’être ») qui détermine l’horizon des espérances, la formulation du « bon gouvernement » et l’« éthique positive » des hommes. Tant qu’il en sera ainsi, on
peut s’attendre à voir fondre sur nous cette catastrophe dont nul ne peut prédire l’ampleur qu’elle revêtira, mais, à coup sûr, envisager les effets qu’elle déploiera : la violence sauvage et la féroce barbarie de l’éternelle nature humaine quêtant sa survie, celle de l’homo homini lupus.

Claude Karnoouh Paris décembre 2009

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-crise-economique-et-crise-ecologique-41301544.html

11:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, usa, presse, romain, chine, climat, silence, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

09/11/2009

14/10/09: Roman Polanski a beaucoup d'amis ...

 

From: Reprise d'article.
Sent: Wednesday, October 14, 2009 8:32 PM
Subject: Roman Polanski a beaucoup d'amis

Par Katha Pollitt,

Alors que le rappel à la loi et la célébration de l'ordre sont les maîtres mots du régime Sarkozy, voilà que les amis se pressent autour d'un cinéaste inculpé pour viol sur mineure : devenu victime d'une « Amérique qui fait peur », selon Frédéric Mitterrand, Roman Polanski se voit magiquement exonéré – au nom de son âge, de son oeuvre, de sa vie – de toute responsabilité vis-à-vis de la justice. Quelques mois plus tôt, rappelons-le, c'est une autre victime de la « censure » que défendait le ministre de la culture français : Orelsan, un chanteur auteur de paroles d'une violence sexiste inouïe, dont la présence à des événements culturels subventionnés par la puissance publique avait suscité quelques remous. Voilà donc quels sont les individus qui, en France, bénéficient des indignations officielles, qui font naître les grandes causes nationales menées au nom de la « liberté » ! La suite française de l'affaire Polanski (le retour sur le livre de Frédéric Mitterrand dans lequel il raconte ses séjours sexuels passés en Thaïlande) illustre ce qui devient un fonctionnement structurel dans la France de Sarkozy : CRS et management pour la France d'en bas, toujours soupçonnée de paresse et de désobéissance, de sexisme et de racisme ; tolérance, compassion et impunité, au nom de leur « talent », pour les puissants, la jet set et les artistes de cour. L'actualité montre que la question des violences sexuelles suscite les doubles standards les plus hallucinants : ainsi, alors que pour les classes populaires on ne jure plus que par la « tolérance zéro », les « peines planchers », voire la « castration chimique des délinquants sexuels », Michèle Alliot-Marie estime, à propos de Frédéric Mitterrand, qu' « il faut permettre à chacun d'avoir fait des fautes, de s'en repentir et d'avoir toujours une deuxième chance » ! Dans ce contexte, il nous a semblé particulièrement utile de publier l'article consacré par l'essayiste étasunienne Katha Pollitt à l'effrayante mobilisation des « ami-e-s » de Polanski. Traduit par Nellie Dupont, il est reproduit ici avec l'autorisation de l'auteure.

Si un violeur échappe à la justice assez longtemps, le monde doit-il lui donner les moyens de ne pas passer par la case prison ? Si vous êtes le célèbre réalisateur Roman Polanski, beaucoup de gens talentueux et très connus vous répondront que oui. En 1977 à Los Angeles, après avoir drogué et violé une jeune fille de 13 ans en la sodomisant, Polanski avait plaidé coupable d'un crime requalifié en « relations sexuelles avec mineur » pour fuir en Europe juste avant que la peine ne soit prononcée.

Aujourd'hui, 32 ans plus tard, il vient d'être arrêté en Suisse alors qu'il se rendait au Festival du film de Zurich, et cela suscite l'indignation d'une communauté de célébrités internationales telles que : Salman Rushdie, Milan Kundera, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Woody Allen (on ne ricane pas au fond), Isabelle Huppert, Diane de Furstenberg, et beaucoup, beaucoup d'autres. Bernard Henri-Lévy, qui a joué un rôle essentiel dans l'organisation de ce comité de soutien, a déclaré que Polanski avait « peut-être commis une erreur de jeunesse » (il avait 43 ans au moment des faits).

Arborant un badge rouge sur lequel on pouvait lire « Libérez Polanski », Debra Winger, présidente du jury du Festival de Zurich, qualifia l'action des autorités suisses de « complot philistin ». Frédéric Mitterand, le ministre français de la Culture et de la Communication, déclara que l'arrestation « montrait le visage d'une Amérique qui nous fait peur » et présenta Polanski comme « jeté en pâture pour une histoire ancienne ». Le ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins sans Frontières, déclara l'affaire « sinistre ».

Plus près de chez nous, Whoopi Goldberg expliqua dans The View que son crime n'était pas à proprement parlé du « viol-viol » mais, juste, vous savez, un viol. Ah, ça ! L'éditorialiste Anne Applebaum minimisa le crime dans le Washington Post. D'abord, elle ne prend pas en compte les véritables circonstances du crime (les drogues, le non consentement, la sodomie, etc), mais ensuite elle affirme qu' « il n'y aucune preuve que Polanski connaissait vraiment son âge ». Dans le genre argument désespéré… Polanski, qui devait ensuite entretenir une liaison avec Nastassja Kinski alors âgée de 15 ans, a pourtant ouvertement parlé de son penchant pour les très jeunes filles.

Le rédacteur en chef du Nation Katrina vanden Heuvel, qui d'abord admit avec surprise sur Twitter être d'accord avec Applebaum, a revu sa position : « Je renie mon soutien à Applebaum. Je pense que Polanski ne devrait pas bénéficier d'un traitement de faveur. La question qui se pose à présent est de savoir ce qui doit être fait pour que la justice soit rendue au mieux. Doit-il rentrer pour purger sa peine ? Y a-t-il d'autres moyens envisageables ? En même temps, je pense que les erreurs de procédures invoquées par la défense doivent être prises en compte dans cette affaire ».

Dans une contribution au New York Times, l'écrivain de pacotille Robert Harris rendit hommage à son grand ami Polanski, qui vient juste de terminer le tournage d'une adaptation d'un de ses romans : « Son passé ne m'intéresse pas. » Ceci nous en dit long sur ce que pense Harris des crimes sexuels, mais en quoi est-ce un argument dans l'affaire Polanski ?

Y'a un truc que je ne saisis tout simplement pas. Je comprends que Polanski a connu bien des tragédies au cours de sa vie, qu'il a fait des films magnifiques, qu'il a 76 ans, qu'un documentaire de 2008 a semé le doute quant à l'impartialité du juge (voyez en revanche l'article de Bill Wyman dans Salon, pour une convaincante mise au point sur cette affaire). Je comprends aussi que sa victime, qui a maintenant 44 ans, dit qu'elle a pardonné Polanski et voudrait que l'affaire soit classée parce qu'à chaque fois qu'elle refait surface, elle est à nouveau traînée dans la boue. Et c'est sans doute ce qui est en train de se passer en ce moment.

Dans le Huffington Post, une expatriée, admiratrice de Polanski, Joan Z. Shore (qui se présente comme co-fondatrice d'une organisation féministe belge pour l'égalité) écrit : « C'est la mère de la jeune mannequin de 13 ans "séduite" par Polanski qui avait poussé sa fille dans les bras du réalisateur parce qu'elle voulait qu'elle fasse une carrière dans le cinéma. La fille allait fêter son 14e anniversaire quelques semaines plus tard, elle n'était donc pas très loin de l'âge la majorité sexuelle fixée à 14 ans en Californie. (A présent ça doit même être 13 !) » Sauf qu'en fait, en 1977, en Californie, la majorité sexuelle était fixée à 16 ans. Aujourd'hui, elle est fixée à 18 ans sauf dans le cas où le partenaire n'a pas trois ans de plus. Pourtant, on retrouve l'argument de Shore (selon lequel Polanski fut la victime d'une nymphette et des manœuvres de sa mère) partout sur internet.

Les faits : Ce qui s'est passé n'est pas juste une vague et sordide affaire de cul dans laquelle deux versions s'affrontent. Un homme de 43 ans s'est débrouillé pour se retrouver seul avec une jeune fille de 13 ans, la faire boire, lui a fait prendre des sédatifs puissants, et après avoir vérifié où elle en était avec ses règles, l'a violée en la sodomisant, à deux reprises, alors qu'elle protestait ; elle s'est finalement laissée faire comme elle l'a dit devant un grand jury « parce que j'avais peur. » Ces faits sont avérés, ils ne sont contestés que par Polanski qui a cherché à dédramatiser plusieurs fois. On lui a permis de plaider coupable pour des faits requalifiés en délit, comme c'est le cas pour beaucoup de violeurs, pour éviter à la victime le traumatisme d'un procès et sa médiatisation. Mais cela ne doit pas pour autant nous laisser croire qu'il ne s'agissait que d'une affaire de libertinage. La victime mit des années à s'en remettre.

Les faits : En février 2008, le juge de la Cour supérieure de Los Angeles, Peter Espinosa reconnut à Polanski le droit de contester le jugement. Pour cela il doit tout simplement revenir aux Etats-Unis et se soumettre à la procédure. En quoi est-ce injuste ? S'il n'était pas ce réalisateur connu de part le monde et entouré d'une pléthore d'amis influents, mais un criminel sexuel lambda, penserait-on que c'est trop lui demander que de se soumettre à la procédure comme n'importe qui ?

C'est vraiment rageant de voir des superstars littéraires qui n'arrêtent pas de parler de dignité humaine, de droits humains et même de droits des femmes (surtout quand celles-ci sont Musulmanes) qui, ou bien ne considèrent pas que ce que Polanski a fait soit un viol, ou s'en moquent parce qu'après tout, il s'agit de Polanski : un artiste comme eux. Que des personnes qui le soutiennent soient des femmes est encore plus décevant.

Ne voient-elles pas qu'elles acceptent des arguments qui accusent la victime, minimisent le viol, et même, tirés par les cheveux, servent à exonérer le coupable. Une erreur de jeunesse, une mauvaise appréciation de l'âge de la jeune fille, une petite salope, une mère calculatrice, est-ce à ce genre de choses là qu'on doit penser quand des hommes s'attaquent à des gamines de collège ?

Le large soutien qu'a reçu Polanski nous donne à voir une élite culturelle bien-pensante sous son pire jour : pleine d'auto-suffisance et de bêtise. Ils font peut-être de grands films, écrivent de grands livres, créent de très beaux objets, ont sans doute de grandes idées humanistes et se soucient certainement de toutes les grandes causes justes (comme l'égalité devant la loi). Mais en l'occurrence, ils ne sont que le pendant blanc et cultivé des fans de R. Kelly [1] et Chris Brown [2] et autres supporters sportifs qui soutiennent d'emblée leurs athlètes préférés dès qu'ils sont accusés d'avoir frappé leur femme ou d'avoir violé des employées d'hôtel.

Pas étonnant que l'Américain moyen les déteste.

L'article original a été publié aux Etats-Unis dans The Nation (01/10/2009).

[1] En 2002, une bande vidéo montre le chanteur de R'nB, R. Kelly ayant des rapports sexuels avec une jeune fille de 14 ans. Il plaidera non coupable. Il sera finalement acquitté en 2008. NdlaT.

[2] Chris Brown, chanteur de R'nB et de Hip Hop, s'est excusé publiquement d'avoir battu sa compagne la chanteuse Rihanna. NdlaT.

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06/11/2009

20/10/09: A propos du mur de Berlin...

Sent: Tuesday, October 20, 2009 12:57 PM
Subject: A propos du mur de Berlin

En 1961, les communistes de Berlin-Est avaient construit un mur afin d'empêcher leurs concitoyens opprimés (???) de s'évader vers Berlin-Ouest et la liberté. Pourquoi ? Parce que les rouges n'aiment pas que les gens soient libres, ni qu'ils sachent la « vérité ». Quelle autre raison y aurait-il eu ?

D'ici quelques semaines, on peut s'attendre à ce que bien des médias occidentaux fassent tourner leurs moulins à propagande pour commémorer le 20e anniversaire de la démolition du mur de Berlin (9 novembre 1989). Ils vont nous ressortir toutes les resucées de la guerre froide sur le monde libre opposé à la tyrannie communiste et nous narreront une fois de plus l'histoire simpliste de la façon dont le mur a vu le jour.
Tout d'abord, avant le mur, des milliers d'Allemands de l'Est avaient fait quotidiennement la navette vers l'Ouest pour travailler et, le soir, ils retournaient à l'Est. Par conséquent, on ne les retenait aucunement à l'Est contre leur gré. Le mur fut construit avant tout pour deux raisons :
1. L'Occident diabolisait l'Est par le biais d'une vigoureuse campagne de recrutement d'hommes de métier et de travailleurs hautement qualifiés de l'Allemagne de l'Est, lesquels avaient été formés aux frais du gouvernement communiste. Cela se traduisit finalement à l'Est par une grave crise de main-d'œuvre et de production. En guise d'indication, le New York Times écrivait en 1963 : « À cause du mur, Berlin-Ouest a souffert économiquement de la perte d'environ 60.000 travailleurs qualifiés qui, chaque jour, quittaient leur domicile de Berlin-Est pour se rendre au travail à Berlin-Ouest. »[1]
2. Dans les années 1950, les hommes de la guerre froide en Allemagne de l'Ouest lancèrent une violente campagne de sabotage et de subversion contre l'Allemagne de l'Est en vue d'enrayer au maximum l'appareil économique et administratif de ce pays. La CIA et d'autres services de renseignement et de l'armée recrutèrent, équipèrent, entraînèrent et financèrent des groupes d'activistes et des individus de nationalité allemande, de l'Ouest comme de l'Est, pour qu'ils mènent des actions en tous genres, allant du terrorisme à la délinquance juvénile, en bref, tout ce qui pouvait rendre la vie pénible aux citoyens est-allemands et miner leur soutien au gouvernement ou donner la plus mauvaise image qui soit aux communistes.
Ce fut une remarquable entreprise. Les États-Unis et leurs agents recouraient aux explosifs, provoquaient des incendies, des courts-circuits et usaient d'autres méthodes encore pour endommager centrales électriques, chantiers navals, canaux, docks, bâtiments publics, gazomètres, transports en commun, ponts, etc. Ils faisaient dérailler des trains de marchandises, blessant gravement des travailleurs ; un jour, ils incendièrent douze wagons d'un autre train de marchandises. Ils détruisaient des stations d'air liquide ou autres ; se servaient d'acides pour endommager les machines vitales de certaines usines, jetaient du sable dans la turbine d'une autre, la forçant à l'arrêt. Ils mirent le feu à une tuilerie. Ils encourageaient le ralentissement des cadences dans des ateliers. Ils tuèrent par le poison 7.000 vaches d'une laiterie coopérative. Ils ajoutaient du savon au lait en poudre destiné aux écoles est-allemandes. Quand on les arrêta, ils étaient en possession d'une quantité importante de cantharidine, à l'aide de laquelle ils avaient l'intention d'empoisonner des cigarettes destinées à tuer des Allemands de premier plan. Ou encore ils déclenchaient des bombes puantes pour semer la pagaille dans des meetings politiques. Un jour, ils tentèrent de perturber le Festival mondial de la jeunesse à Berlin-Est en envoyant de fausses invitations, de fausses promesses de gratuité du gîte et du couvert, de faux avis d'annulation, etc. Ils agressèrent même des participants au festival à l'explosif, à la bombe incendiaire ou en recourant à des dispositifs pour crever les pneus de voitures. Ils fabriquaient et distribuaient de fausses cartes de ravitaillement en vue de créer la confusion, de provoquer des pénuries et ainsi le mécontentement de la population. Ils envoyaient de faux avis de taxation et autres directives et documents de l'État pour stimuler la désorganisation et la foire d'empoigne dans l'industrie et les syndicats… Et la liste est loin d'être terminée. [2]
Tout au long des années 1950, les Allemands de l'Est et l'Union soviétique introduisirent un nombre incalculable de plaintes auprès des anciens alliés occidentaux de l'URSS ainsi qu'auprès des Nations unies à propos d'actes spécifiques de sabotage et d'activités d'espionnage ; ils réclamèrent également la fermeture des bureaux en Allemagne de l'Ouest qu'ils tenaient pour responsables, en fournissant même des noms et des adresses. Toutes ces plaintes furent lettres mortes. Inévitablement, les Allemands de l'Est se mirent à resserrer de plus en plus les entrées dans le pays à partir de l'Ouest.
N'oublions pas que l'Europe de l'Est est devenue communiste parce que, avec l'approbation de l'Occident, Hitler l'utilisa comme une autoroute pour atteindre l'Union soviétique et balayer à jamais le bolchevisme. Après la guerre, les Soviétiques furent bien décidés à fermer cette autoroute.
En 1999, la revue américaine USA Today écrivait : « Quand le mur de Berlin s'est écroulé, les Allemands de l'Est ont imaginé une vie de liberté où les biens de consommation étaient abondants et où les épreuves allaient disparaître. Dix ans plus tard, chose remarquable, 51 % d'entre eux disent qu'ils étaient plus heureux sous le communisme. » [3]
C'est à peu près au même moment qu'un nouveau proverbe russe vit le jour : « Tout ce que les communistes ont dit du communisme était mensonger, mais tout ce qu'ils ont dit du capitalisme s'est avéré exact. »
Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action
Source : Killing Hope
Notes
1- New York Times, June 27, 1963, p.12 2- See Killing Hope, p.400, note 8, for a list of sources for the details of the sabotage and subversion 3- USA Today, October 11, 1999, p.1 ↩1-

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03/11/2009

02/11/09: EURONEWS a lâché la phrase ...

EURONEWS a lâché la phrase ...
 
La propaganda des médias capitalistes va de plus en plus loin dans la campagne anti-communiste de plus en plus orchestrée.
 
Le 20e anniversaire de la "chute du mur" (comprenez l' Anschluss de la R.D.A) en est une nouvelle occasion.
 
Ce mardi, 03 novembre 2009, EURONEWS la chaîne télévisée de l' Euro-dictature capitaliste se livre à une interview du général  JARUZELSKI, apparemment reconverti lui aussi, puisqu'il se livre à une espèce de mea-culpa télévisé. C' est d'ailleurs pour cette raison et dans cet esprit que la chaîne l'interroge.
 
Mais la chaîne va plus loin. En préambule, elle explique que le général est inculpé en Pologne pour "crimes COMMUNISTES"...
 
Les boches parlaient des terroristes communistes.
 
Dans 20 ans, nos "démocrates", en peaux de lapin" parleront des criminels communistes...
 
Pour nos propagandistes de la pensée unique, les archives de la Stasi parlent... La Stasi avaient paraît-il 180.000 collaborateurs. Elles contiendraient 38 millions de dossiers.
 
Rappelons quand même qu' avant la "chute du mur", la propaganda occidentale affirmait sans rire qu' un Allemand de l' Est sur quatre travaillait pour la Stasi. La Rda avait quelque 18 millions d' âmes (On ne nous dit pas si les 38 millions de fichés ont fini ou non au goulag  ...).
 
Toutes les polices politiques du monde (y compris dans nos "démocraties" ont établi des fichiers), y compris en Belgique (Camille Huysmans avait aussi son dossier), et aux Usa qui ont connu la période oubliée du McCarthysme. La Rfa a connu les interdits professionnels et l'interdiction du Parti communiste d' Allemagne (sans doute parce qu'il fut là aussi à la tête de l'opposition anti-nazie ??? C' est pour enfermer en premier les communistes que l' Allemagne nazie ET CAPITALISTE a créé ses premiers camps de concentration et les Allemands, y compris ceux de l' Est, ont à une certaine époque assassiné plus de 20 millions de civiles soviétiques et des millions d' autres dans les autres pays envahis) .
 
La Belgique actuellement compte un flic en uniforme au km2. En Grande-Bretagne, il y a une caméra de surveillance pour 12 habitants. Dans toute l'Euro-dictature capitaliste, nos "démocrates" ne cessent de renforcer la répression et les forces de répression au service de l'ordre capitaliste.
 
Il y a plus d' emprisonnés aux Usa que dans l' ensemble des prisons du reste du monde... Les murs du camp de concentration ricain de Guantanamo comptent toujours des gens kidnappés dans leur pays depuis des années, enfermés sans inculpation, sans procès, sans condamnation, à l' abri des yeux et des oreilles du monde. La tâche est tellement immonde que même Obama n' arrive pas à s'en débarrasser sans l' aide de ses alliés complices européens... Les kidnappés en route pour de Guantanamo ont d' ailleurs transité en secret dans des aéroports de l' Euro-dictature...
 
En nous n' en sommes qu'au début. Les Robocops hantent les rues de Bruxelles et d' ailleurs ... dans l' entièreté du "Monde libre" en lutte contre le "terrorisme" des autres qu'il a créé, engendré par toutes ses interventions, ses injustices, son colonialisme, ses agressions, ses exploitations, ses pillages ... 
 
Où en seraient donc nos prétendues "démocraties" occidentales, s'il n'y avaient pas eu les communistes, l'Urss, Stalingrad et ... Staline, pour participer à leur sauvetage à une certaine époque ??? Au service de qui travailleraient aujourd'hui la plupart de nos braves chercheurs, historiens, analystes, journalistes, spécialistes de la propaganda ??? La guerre d'Hitler, Horthy, Mussolini, Franco, Salazar, Pinochet,...  continue avec l' aide de ses nouveaux Kollabos, complices et de tas de renégats ...
 
RoRo

13:08 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, usa, communisme, presse, television, romain, europe, democratie, fascisme, imperialisme, euro-dictature, capitalisme, propagande, silence, liberte, urss, medias, repression, staline, nazisme, rda | |  Facebook | |  Imprimer | | |

18/10/2009

17/10/09: Les soixante ans de la République populaire chinoise : la quête d'un modèle de développement...

From: Comité Valmy
Sent: Saturday, October 17, 2009 9:47 PM
Subject: Les soixante ans de la République populaire chinoise : la quête d'un modèle de développement

 

 

La République populaire de Chine fête son 60e anniversaire. Pays extrêmement pauvre et sous-développé en 1949 et où la plupart des gens n'avaient pratiquement rien à manger et ne couraient qu'en haillons, la Chine s'est muée en la seconde nation industrielle et la troisième économie du monde. Pour y arriver, elle a dû projeter et élaborer elle-même un modèle de développement. Son succès n'a pas seulement transformé la Chine, il a également modifié la relation entre le Nord et le Sud dans le monde. L'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine disent que la collaboration avec la Chine « leur offre de nouvelles possibilités de développement indépendant ». C'est sous son influence que l'hégémonie américaine s'effrite de jour en jour.

Au moment où Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine, le niveau de vie n'y était pas plus élevé que celui de l'Afrique noire. Dans la première période de construction, de 1949 à 1979, le pays enregistrait de nombreux succès dans la lutte contre la pauvreté. Mais ce fut dans la seconde période, de 1979 à nos jours, que les progrès furent les plus importants. La Banque mondiale écrit : « Entre 1981 et 2004, la partie de la population disposant de moins d'un dollar par jour est passée de 65 à 10 pour cent. Entre 1981 et 2004, plus de 500 millions de Chinois ont été sortis de la pauvreté. »

Dans les autres domaines du développement humain aussi, les progrès sont impressionnants.

En 1949, 90 pour cent des Chinois étaient analphabètes. Aujourd'hui, 87 pour cent des femmes et 96 pour cent des hommes de plus de 15 ans savent lire et écrire.

En 1949, le Chinois vivait en moyenne 35 ans. Aujourd'hui, 72. Il y a actuellement 4 millions de lits d'hôpital et 6 millions d'infirmiers, médecins et pharmaciens à temps plein. Le nombre de médecins par 10.000 habitants est aujourd'hui de 16, soit la moitié en plus qu'en 1978.

En 1949, aller à l'école était un privilège pour les riches. Aujourd'hui, la Chine a le plus grand réseau d'écoles du monde. L'enseignement gardien compte 23 millions d'enfants. Les enseignements primaire, secondaire et supérieur comptent respectivement 105, 92 et 20 millions d'élèves et d'étudiants. Chaque année, plus de 6 millions d'étudiants des universités et des écoles supérieures terminent leurs études. L'enseignement emploie 13 millions d'enseignants à temps plein.

La clé : l'économie Au cours des 60 années écoulées, la Chine n'a jamais trouvé de solutions « clé sur porte » aux problèmes qui sont immenses dans un pays où vit un bon cinquième de l'humanité et qui, en 1949 encore, faisait partie des plus pauvres de la planète. Le Parti communiste a commis bien des fautes, dont de très graves aussi, et il ne fait pas de doute qu'il en commet encore aujourd'hui. Mais on ne peut évaluer correctement ces fautes et erreurs sans les placer dans un contexte de progrès très rapide.

Aucun grand pays ne peut présenter un palmarès comme celui de la Chine. Son voisin, l'Inde, qui compte aussi plus d'un milliard d'habitants, la précédait de loin, en 1949, sur le plan du développement humain. Aujourd'hui, la situation s'est inversée. La Chine compte 7 pour cent d'enfants sous-alimentés. L'Inde 44 pour cent. En Chine, 98 pour cent des enfants de moins de 12 ans vont à l'école. En Inde, 50 pour cent.

En 1950, le revenu national chinois par habitant était d'un quart inférieur à celui de l'Inde. Aujourd'hui, il est trois fois plus élevé.

La clé du succès chinois se situe bien sûr ici : plus vite l'économie croît, plus vite on peut résoudre les problèmes de la nourriture, de l'habillement, du logement, des soins de santé, de l'enseignement, de l'emploi, de l'urbanisation.

Depuis 1980, l'économie chinoise croît chaque année de 10 pour cent en moyenne, soit plus du double de la croissance de la période 1949-1979. Aujourd'hui, la Chine est à même de nourrir toute sa population : 22 pour cent de l'humanité, même si la Chine ne possède que 9 pour cent de toutes les terres cultivables du globe. Ses réserves céréalières sont deux fois plus importantes que la moyenne mondiale.

En 1952, le produit intérieur brut (ce qui est produit dans tous les secteurs) de la Chine était de 68 milliards de yuan. En 2008, de 30.000 milliards de yuan.

En 1950, la Chine produisait moins de 3 pour cent de ce qui était produit dans le monde entier. Aujourd'hui, 12 pour cent.

Des 22 principales catégories industrielles, il y en a 7 dans laquelle la Chine est le premier producteur mondial.

Les numéros un, deux et trois du monde bancaire international sont chinois et tous trois appartiennent à l'État.

En 1950, la Chine produisait 160.000 tonnes d'acier, juste de quoi fabriquer un petit couteau de cuisine pour chaque habitant. L'an dernier, la production d'acier a été de 500 millions de tonnes – c'est plus que la production des États-Unis, du Japon et de la Russie ensemble.

En 2008, la Chine réalisait 22 pour cent de la croissance économique totale dans le monde. D'après l'ONU, cette année, elle franchira le cap des 50 pour cent.

Alors que le monde entier soupire et gémit sous la crise économique, la Chine connaîtra cette année aussi une croissance économique d'au moins 8 pour cent. À titre de comparaison : les 16 pays qui utilisent l'euro ont cette année une "croissance" négative de 4 pour cent.

La pratique réclame à cor et à cris un nouveau modèle économique Au fil des années, le Parti communiste chinois a projeté un modèle qu'il appelle « économie socialiste de marché ». « C'est à cela que nous devons notre succès économique », dit-il.

Ce modèle a été mis sur pied progressivement à partir de 1979, en tant qu'alternative au modèle soviétique classique, l'économie planifiée, modèle que la Chine a connu elle aussi jusqu'en 1979. Le modèle soviétique est né dans les années 1927-1929, après la mort de Lénine, le fondateur de l'Union soviétique. Tous les pays socialistes ont appliqué ce modèle après la Seconde Guerre mondiale.

L'économie planifiée, dans laquelle l'État accorde aux entreprises les moyens disponibles telles les matières premières et les finances, a connu ses succès et ses revers. Le modèle a permis à l'Union soviétique d'évoluer en très peu de temps, passant d'une situation de pays sous-développé au rang de seconde nation économique sur terre. Il a également permis à l'Union soviétique de vaincre le nazisme et, après la guerre, de se remettre rapidement sur pied sur le plan économique.

Mais, à partir des années 1960, l'économie soviétique régressait sur le plan de la croissance de la productivité, de l'efficience et du progrès économique en général. La planification centrale ne pouvait empêcher la prospérité et le bien-être des gens de ne croître que très modérément, pas plus qu'elle ne pouvait empêcher qu'intervînt une pénurie de longue durée de denrées de première nécessité et de biens de consommation. À partir des années 1960, l'économie capitaliste des centres – États-Unis et Europe occidentale – connaissait une croissance plus rapide que celle de l'Union soviétique. Trente ans plus tard, ç'allait être l'une des causes de la disparition de l'Union soviétique.

À la fin des années 1970, la Chine a connu une situation comparable à celle de l'Union soviétique au début des années 1960. Au cours du Premier Plan quinquennal, de 1952 à 1957, la planification centrale assurait une croissance économique spectaculaire mais, par la suite, le taux de croissance se mit à baisser sans arrêt.

Durant le Premier Plan quinquennal, la croissance de la productivité dans toute l'économie fut en moyenne de 8,7 pour cent par an. Durant le Troisième Plan quinquennal (1965-1970), elle était descendue à 2,5 pour cent et, durant le Quatrième Plan quinquennal (1970-1975), elle n'était plus que de 1,3 pour cent en moyenne par an.

Durant le Premier Plan quinquennal, les salaires réels dans les entreprises d'État augmentèrent de 5,4 pour cent en moyenne par an. Durant le Quatrième Plan quinquennal, cette croissance fut négative : - 0,1 pour cent en moyenne par an.

Entre 1957 et 1978, la consommation privée dans les campagnes augmenta de 1,9 pour cent par an et par habitant. Dans les villes, cette hausse fut de 2,6 pour cent. Aujourd'hui, cette hausse, tant à la campagne que dans les villes, est de trois à quatre fois plus élevée.

Entre 1958 et 1978, la production de céréales n'augmenta en moyenne que de 2,08 pour cent par an. C'est à peu près la même croissance que celle de la population.

En 1952, le rapport entre le nombre des habitants des campagnes et celui des villes était de 4,9/1. En 1978, ce rapport était exactement le même.

En 1952, 85 pour cent de la main-d'œuvre dans les campagnes était employée dans l'agriculture. En 1978, ce pourcentage était presque le même.

À la fin des années 1970, la majorité des entreprises d'État étaient déficitaires.

Bref, la pratique réclamait à cor et à cris un nouveau modèle économique susceptible d'assurer une croissance plus rapide de la productivité, des bénéfices pour les entreprises d'État, une plus grande efficience dans l'octroi et l'utilisation des moyens disponibles et la mise sur pied plus rapide d'une nation industrielle et moderne. Ce modèle devait allouer plus d'espace à l'économie individuelle et capitaliste et plus d'autonomie aux entreprises d'État sans compromettre ni perdre le contrôle de la base du socialisme, la propriété des secteurs les plus performants de l'économie plus (+) le pouvoir de l'État. Ainsi, la pratique contraignit à abandonner les vieux dogmes, peu efficients. Quand, en 1979, la Chine introduisit timidement les premiers mécanismes du marché dans l'agriculture, celle-ci connut une croissance explosive. Ce fut un encouragement à persévérer. Dans les quinze années qui suivirent, la Chine put mettre en place son modèle cohérent d'économie socialiste de marché.

Le marché socialiste et capitaliste Trois caractéristiques font la différence entre l'économie socialiste de marché et l'économie capitaliste de marché.

Dans l'économie socialiste de marché, l'État, via ses entreprises et holdings, a en main les piliers et les déterminants de la direction de l'économie, comme le secteur bancaire, la sidérurgie, les télécommunications, les transports, le secteur de l'énergie, l'exploitation minière…

En outre, l'appareil d'État n'est pas aux mains d'entrepreneurs capitalistes. Ceux-ci ne peuvent pas, comme cela s'est passé sous le capitalisme, s'unir en une classe socioéconomique prédominante et, par conséquent, ils ne déterminent pas non plus la politique socioéconomique de la nation.

Enfin, il y a des différences dans le fonctionnement du marché. Sous le socialisme, il y a une relation d'unité et de lutte entre l'État et le marché, relation dans laquelle l'État est le facteur le plus fort et celui qui décide. Bien que le marché soit le principal instrument de répartition des moyens disponibles parmi les entreprises, il n'est pas libre pour autant. Sous le socialisme, le marché fonctionne dans les limites du système social. C'est ce qui définit le caractère du marché. Ainsi, dans ses Plans quinquennaux et dans sa politique journalière, l'État chinois établit quelles sont les priorités, où et comment des percées seront réalisées, où et comment certains aspects vont devoir être corrigés. L'État encourage le parties individuelle et capitaliste de l'économie mais sa préférence va néanmoins aux entreprises d'État. En octobre 2008, l'État chinois a révélé qu'il allait lancer toute une série d'incitants pour une valeur de 4.000 milliards de yuan. Au moins 80 pour cent de ce montant colossal sera consacré à des commandes pour les entreprises d'État. Dans la libre économie capitaliste de marché, il y a également planification de l'État et intervention de l'État, mais seulement pour une part très minime et toujours axée sur la rentabilité des entreprises privées. Durant des périodes de crise et de guerre, la libre économie capitaliste de marché embraie rapidement sur un système où la planification et la coordination nationales sont beaucoup plus fortes. Mais, là aussi, le profit des entreprises privées est le principe prioritaire. Dans l'économie socialiste de marché, par contre, le développement socioéconomique général de la nation est le principe directeur.

Il ne fait absolument aucun doute que l'économie socialiste de marché crée de nouvelles contradictions. La principale est celle-ci : au fur et à mesure que l'économie croît et que les entreprises capitalistes deviennent elles aussi des géants, une tendance croîtra chez les capitalistes à vouloir assumer le contrôle de l'appareil de l'État. Comme ce fut toujours le cas, ces 60 dernières années, dans les moments cruciaux, la cohésion interne et la fermeté sur les principes du Parti communiste seront alors déterminantes.

La Chine change le monde L'économie socialiste a fait croître la Chine comme jamais aucun autre grand pays dans l'histoire ne l'a fait. La chose n'est pas passée inaperçue dans les pays d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine, où vit 80 pour cent de la population mondiale.

Depuis les années 1990, se met en place dans ces pays ce qu'on appelle le « consensus de Beijing », une approbation générale du modèle chinois de développement. Le consensus de Beijing prend de l'ampleur au fur et à mesure que le consensus de Washington ne cesse de s'affaiblir. Le consensus de Washington est synonyme de néolibéralisme, privatisation, démantèlement des programmes sociaux de l'État, vente aux États-Unis, à l'Europe occidentale ou au Japon des parties les plus rentables de l'économie nationale, octroi de tous les avantages aux couches les plus riches de la population… Tout cela allait en fin de compte faire grand bien aux pays du tiers monde, prétendaient les défenseurs du consensus de Washington. Le chemin serait bien çà et là, de temps à autre, douloureux mais il allait déboucher sur un avenir rayonnant.

C'est le contraire, qui s'est produit : la pauvreté a augmenté, les revenus ont stagné ou baissé, l'enseignement et les soins de santé sont allés à vau-l'eau. Le démantèlement des programmes sociaux a provoqué en Thaïlande une propagation plus grande du sida et, en Indonésie, la diminution des subsides alimentaires à ceux qui souffraient de la faim. Cerise sur le gâteau, le néolibéralisme provoquait de plus en plus de crises économiques en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Ces trente dernières années, il y a eu plus de cent crises économiques graves dans des pays en voie de développement considérés individuellement.

Le consensus de Washington a reçu le coup de grâce en 2008, quand les institutions financières de l'Occident, qui se croyaient supérieures, qui avaient toujours de bons conseils à vendre aux pays du tiers monde, se sont effondrées lamentablement, après quoi il s'en est suivi un chaos sans perspective dans toute l'économie capitalisme.

Peu de gens dans le tiers monde ont oublié comment les spécialistes des institutions financières occidentales les ont mis en garde, des années durant, contre l'effondrement des banques chinoises. Mais le tiers monde voit aujourd'hui comment ces mêmes banques chinoises doivent courir pour venir en aide au trésor américain, sans quoi le numéro un mondial va se retrouver en faillite, ou comment les chefs de bien des multinationales américaines se mettent à plat ventre pour remercier le seigneur Dieu qu'il existe un marché chinois, sans quoi ils peuvent prendre leurs cliques et leurs claques et fermer la boite. La revue d'affaires américaine Forbes écrit : « Ces prochaines années, la prospérité des États-Unis dépendra de ce qui se passera en Chine. Nous dépendons du bon vouloir des Chinois afin de pouvoir financer nos déficits budgétaires. Mais notre dépendance va plus loin. Notre commerce, notre sécurité, notre diplomatie, notre compétitivité ne peuvent croître si les choses ne vont pas bien en Chine. »

La punition encourue par le capitalisme hautain et arrogant qui, à partir du trafic des esclaves, s'est cru supérieur aux « Untermenschen », à ces 80 pour cent de la population mondiale vivant en Asie, en Afrique et en Amérique latine, cette punition est complète. Cela incite à une réflexion fondamentale. Le lauréat du prix Nobel et professeur d'économie Joseph Stiglitz écrivait récemment : « Cette crise passera. Mais aucune crise grave ne passe sans laisser de traces. De l'héritage de cette crise fait partie le combat à l'échelle mondiale entre les idées et à propos de la question de savoir quel système économique est le meilleur pour le peuple. Nulle part ce combat n'est mené avec plus d'acharnement que dans le tiers monde, parmi les gens d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique. Ici fait rage la bataille des idées entre le capitalisme et le socialisme. (…) Les pays du tiers monde sont de plus en plus convaincus que l'on ne doit pas embrasser les idéaux économiques américains, mais qu'on doit s'en écarter le plus rapidement possible. »

Les relations commerciales mettent sens dessus dessous les relations internationales La bataille des idées et le rejet du modèle américain sont aussi une conséquence de la modification des relations économiques dans le monde. La croissance économique de la Chine a fait que le pays est devenu de plus en plus actif sur la scène économique internationale. En vingt ans à peine, voilà ce qui a mis les relations sens dessus dessous.

Dans un volumineux rapport sur la collaboration économique entre l'Afrique et la Chine et l'Afrique et l'Inde, la Banque mondiale écrit : « Des décennies durant, le commerce mondial a été une question entre les pays développés du Nord et les pays en voie de développement du Sud, et entre les pays du Nord mutuellement. Mais, aujourd'hui, il y a un large courant d'investissements et de commerce entre l'Afrique et l'Asie. En l'an 2000, 14 pour cent des exportations africaines allaient vers l'Asie. Aujourd'hui, il s'agit de 27 pour cent. C'est presque autant que les exportations vers les États-Unis et l'Europe, les traditionnels partenaires commerciaux de l'Afrique. La part ouest-européenne des exportations africaines s'est réduite de moitié, durant la période 2000-2005. »

Le moteur de la collaboration économique entre l'Afrique et l'Asie est la Chine. Quarante pour cent des exportations africaines vers l'Asie sont destinées à la Chine.

Le commerce entre la Chine et les autres pays du tiers monde part du principe gagnant-gagnant : les deux partenaires doivent tirer avantage tous deux du commerce. En règle générale, cela signifie que la Chine fournit des infrastructures en échange de minerais et de pétrole. Ainsi, fin 2007, un vaste accord a-t-il été conclu entre le Congo-Kinshasa et la Chine, dans lequel il est écrit qu'en échange de minerais, la Chine va prendre en charge la construction de 31 hôpitaux (de 150 lits chacun), 145 cliniques ou centres de soins de santé (de 50 lits chacun), 4 grandes universités, 20.000 habitations sociales, la distribution d'eau de la ville de Lubumbashi, un nouveau siège du Parlement, 3.300 km de routes, 3.000 km de voies ferrées. Lors de la signature du contrat, le ministre congolais de l'Infrastructure, Pierre Lumbi, a déclaré : « Pour la première fois dans l'histoire, le peuple congolais sait à quoi vont servir notre cobalt, notre nickel et notre cuivre. »

Le journal The Economist écrit : « Cinquante ans d'aide européenne et américaine n'ont pas rapporté grand-chose à l'Afrique. Il en va autrement avec la Chine. En échange de pétrole et de matières premières, la Chine met en place les infrastructures africaines. »

Il est évident que, de la sorte, la Chine suscite beaucoup de bonne volonté et se fait de nombreux amis en Afrique et ce, au détriment des liens entre l'Afrique et les États-Unis et entre l'Afrique et l'Europe.

La même chose se passe en Amérique latine. Là aussi, les liens économiques ont déjà mené à la conclusion de traités de « partenariat stratégique » entre, d'une part, la Chine et, d'autre part, le Brésil, le Venezuela, le Mexique, l'Argentine, le Pérou, Cuba, la Bolivie et le Chili.

L'Asie elle aussi connaît ces changements. Déjà, en 2003, le New York Times constatait : « La domination américaine en Asie, vieille de cinquante ans, s'effrite de plus en plus. Aujourd'hui, les pays asiatiques se tournent en premier lieu vers la Chine. » Entre-temps, la situation a tellement évolué que même les rapports entre les États-Unis et le Japon, Taiwan et la Corée du Sud, les trois principaux alliés des États-Unis en Asie, se retrouvent sous pression. En 1995, la Corée du Sud et Taiwan exportaient chacune deux fois plus vers les États-Unis que vers la Chine. Dix ans plus tard, les deux pays exportaient déjà davantage vers la Chine. En 1995, le Japon exportait trois fois plus vers les États-Unis que vers la Chine. L'an dernier, la Chine est devenue la première destination des exportations japonaises.

Un rapport adressé au Congrès américain dit : « Les courants commerciaux modifiés changent également les rapports de dépendance. Le Japon, Taiwan et la Corée du Sud sont désormais davantage dépendants de la Chine. (…) Les relations économiques font en sorte qu'il y a aujourd'hui plus de collaboration politique et d'entente entre la Chine et le Japon, Taiwan et la Corée du Sud. » Cela coïncide avec l'effritement de plus en plus prononcé de l'influence américaine en Asie.

Sur les trois continents du tiers monde, se produit le même phénomène. Partout semble venir la fin de la période coloniale. Au siècle dernier, et surtout après la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de nations du tiers monde ont arraché leur indépendance. Mais, dans de très nombreux cas, cette indépendance ne fut qu'apparente et elle changea très peu de chose à leur sous-développement. La présence de la Chine sur la scène internationale contribue désormais à une réelle indépendance de ces pays et à leur développement.

L'article ci-dessus date du 1er octobre 2009 et est de la plume de Peter Franssen, rédacteur de www.infochina.be .

Sources :

–Basu, Kaushik. Asian Century | A Comparative Analysis of Growth in China, India and other Asian Economies (Le siècle asiatique. Une analyse comparative de la croissance de la Chine, de l'Inde et d'autres économies asiatiques), Department of Economics, Cornell University, New York, 2009.

–Broadman Harry. Africa's Silk Road | China and India's New Economic Frontier (La route de la soie de l'Afrique. La Chine et la nouvelle frontière économique de l'Inde), The World Bank, Washington, 2007.

–« Contrat Chine-RDC : encore des éclaircissements », Le Potentiel, 10 mai 2008.

–Datta, K.L.. Central Planning | A Case Study of China (Planification centrale/ Etude d'un cas : la Chine), Concept Publishing Company, New Delhi, 2004.

–Deng Xiaoping. « Points essentiels des propos tenus à Wuchang, Shenzhen, Zhuhai et Shanghai », dans : Textes Choisis, Éditions en langues étrangères, Beijing, 1994, Tome III, pp. 379-393.

–Economic Management Department Worldbank, From poor areas to poor people : China's evolving poverty reduction agenda | An asessment of poverty and inequality in China (Département du management économique de la Banque mondiale : Des régions pauvres aux gens pauvres : Agenda chinois de l'évolution de la réduction de la pauvreté. Une évaluation de la pauvreté et de l'inégalité en Chine), New York, 2009.

–Eunjung Cha Ariana. « China Uses Global Crisis to Assert Its Influence » (La Chine utilise la crise mondial pour affirmer son influence), The Washington Post, 23 avril 2009.

–Franssen, Peter. « Le développement du socialisme en Chine », dans : Études marxistes, n° 78, Bruxelles, 2007, pp. 13-115.

–Gabriele Alberto et Francesco Schettino. Market Socialism is a Distinct Socioeconomic Formation Internal to the Modern Mode of Production (Le socialisme de marché est une formation socioéconomique distincte inhérente au mode moderne de production), Unctad, Genève, 2008.

–Gabriele Alberto. The Role of the State in China's Industrial Development : a Reassesment, (Le rôle de l'État dans le développement industriel de la Chine : une réévaluation), Unctad, Genève, 2009.

–Gao Lu. « Seemingly Easy Struggle of Adopting Socialist Market Economy » (La lutte apparemment facile de l'adoption de l'économie socialiste de marché), Jingji Ribao, 14 novembre 1992.

–Faiola Anthony et Mary Jordan. « Developing Nations Set to Get More Say » (Les nations en voie de développement en mesure d'avoir plus à dire), The Washington Post, 31 mars 2009.

–Guo Fei. « Some thoughts on deepening the reform of ownership structure » (Pensées sur l'approfondissement de la réforme de la structure de la propriété), Social Sciences in China, Vol. XXIX, n° 4, novembre 2008, pp. 81-97.

–« Liu Guoguang on socialist market economy' » (LG sur l'économie socialiste de marché), Xinjiang Ribao, 20 novembre 1992.

–Ma Hong. « Establish a New Socialist Market Economic Structure » (Établir une nouvelle structure d'économie socialiste de marché), Jingji Yanjiu, 12 novembre 1992.

–Moffett Sebastian. « Japan Gets Shelter via China Trade » (Le Japon à l'abri grâce au commerce chinois), Wall Street Journal, 5 février 2008.

–Kornai Janos et Yingyi Qian. Market Socialisme in the Light of the Experiences of China and Vietnam (Le socialisme de marché à la lumière des expériences de la Chine et du Vietnam), Palgrave Macmillan, New York, 2009.

–Nanto Dick K. et Emma Chanlett-Avery. The Rise of China and Its Effect on Taiwan, Japan, and South Korea (La montée de la Chine et son effet sur Taiwan, le Japon et la Corée du Sud), CRS Report for Congress, Washington 2006.

–National Bureau of Statistics, China Statistical Yearbook (Livre annuel des stat. chinoises), China Statistics Press, Beijing, 2008.

–Perlez Jane. « Asian Leaders Find China a More Cordial Neighbor » (Les dirigeants asiatiques trouvent en la Chine un voisin plus cordial), The New York Times, 17 octobre 2003.

–Shankar Acharya. « Rising India labours in the shadow of Asia's real giant » (La montée de l'Inde s'opère dans l'ombre du véritable géant asiatique), Financial Times, 29 juillet 2009.

–« Special report on China's quest for resources » (Rapport spécial sur la recherche de ressources par la Chine), The Economist, 15 mars 2008.

–Stiglitz Joseph. « Wall Street's Toxic Message » (Le message empoisonné de WS), Vanity Fair, juillet 2009.

–Thwaites Christian. « China To the Rescue » (La Chine à la rescousse), Forbes, 30 mars 2009.

–Zhang Jiawei. « China enters list of lower-middle-income countries » (La Chine entre dans la liste des pays à revenu moyen inférieur), China Daily, 8 septembre 2009.

–Zhang Xudong. « Statistics Show China's Achievements, Deficiencies Over Past 60 Years » (Les statistiques montrent les réalisations et les déficiences de la Chine ces 60 dernières années), Xinhua, 18 août 2009.

–Zhu Shilong. « Interview with Liu Guoguang » (Interview de LG), Zhongguo Jizhe, 15 novembre 1992.

http://www.infochina.be/fr/node/329

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18/09/2009

17/09/2009: de Michel COLLON, journaliste politique belge...

Sent: Thursday, September 17, 2009 8:06 PM
Subject: NOUVEAU: Freddy à Tel Aviv, Gabon, Serbie, Tibet, Lockerbie, Chavez, humanitaire...

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07/07/2009

0/07/2009: les révolutions et contre-révolutions colorées : Pourquoi ? Comment ?



 

 

Sent: Monday, July 06, 2009 2:56 PM
Subject: [JUGOINFO] Slavoj Zizek e le rivoluzioni color merda

 

(francais / italiano)

Slavoj Zizek e le rivoluzioni color merda

1) La « révolution colorée » échoue en Iran (par Thierry Meyssan)2) Le rivoluzioni color merda (G. Petrosillo) / Fallisce in Iran la « rivoluzione colorata »(Thierry Meyssan)


=== 1 ===

castellano: 
La técnica del golpe de Estado «por debajo»
La «revolución de color» fracasa en Irán

english:
The grassroots takeover technique
« Color revolution » fails in Iran

italiano: 
La tecnica dei colpi di Stato dal basso
Fallisce in Iran la « rivoluzione colorata »
oppure più sotto in questo stesso messaggio

---


La technique des coups d’État par en bas


La « révolution colorée » échoue en Iran 

par Thierry Meyssan*

La « révolution verte » de Téhéran est le dernier avatar des « révolutions colorées » qui ont permis aux États-unis d’imposer des gouvernements à leur solde dans plusieurs pays sans avoir à recourir à la force. Thierry Meyssan, qui a conseillé deux gouvernements face à ces crises, analyse cette méthode et les raisons de son échec en Iran.

24 JUIN 2009

Depuis
Beyrouth (Liban)


Les « révolution colorées » sont aux révolutions ce que le Canada Dry est à la bière. Elles y ressemblent, mais n’en ont pas la saveur. Ce sont des changements de régime ayant l’apparence d’une révolution, en ce qu’ils mobilisent de vastes segments du Peuple, mais relevant du coup d’État, en ce qu’il ne visent pas à changer les structures sociales, mais à substituer une élite à une autre pour conduire une politique économique et étrangère pro-US. La « révolution verte » de Téhéran en est le dernier exemple.

Origine du concept

Ce concept est apparu dans les années 90, mais trouve ses origines dans les débats US des années 70-80. Après les révélations en chaîne sur les coups d’État fomentés par la CIA dans le monde, et le grand déballage des commissions parlementaires Church et Rockefeller [1], l’amiral Stansfield Turner fut chargé par le président Carter de nettoyer l’agence et de cesser tout soutien aux « dictatures maison ». Furieux, les sociaux démocrates états-uniens (SD/USA) quittèrent le Parti démocrate et rejoignirent Ronald Reagan. Il s’agissait de brillants intellectuels trotskistes [2], souvent liés à la revue Commentary. Lorsque Reagan fut élu, il leur confia la tâche de poursuivre l’ingérence US, mais par d’autres moyens. C’est ainsi qu’ils créent en 1982 la National Endowment for Democracy (NED) [3] et, en 1984, l’United States Institute for Peace (USIP). Les deux structures sont organiquement liées : des administrateurs de la NED siègent au conseil d’administration de l’USIP et vice-versa.

Juridiquement, la NED est une association à but non lucratif, de droit US, financée par une subvention annuelle votée par le Congrès à l’intérieur du budget du département d’État. Pour mener ses actions, elle les fait co-financer par l’US Agency for International Development (USAID), elle-même rattachée au département d’État. 
En pratique, cette structure juridique n’est qu’un paravent utilisé conjointement par la CIA états-unienne, le MI6 britannique et l’ASIS australien (et occasionnellement par les services canadiens et néo-zélandais)
La NED se présente comme un organe de « promotion de la démocratie ». Elle intervient soit directement ; soit par ses quatre tentacules : l’une destinée à corrompre les syndicats, une seconde chargée de corrompre les patronats, une troisième pour les partis de gauche et une quatrième pour ceux de droite ; soit encore par l’intermédiaire de fondations amies, telles que la Westminster Foundation for Democracy (Royaume-Uni), l’International Center for Human Rights and Democratic Development (Canada), la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Robert-Schuman (France), l’International Liberal Center (Suède), l’Alfred Mozer Foundation (Pays-Bas), la Friedrich Ebert Stiftung, la Friedrich Naunmann Stiftung, la Hans Seidal Stiftung et la Heinrich Boell Stiftung (Allemagne). La NED revendique avoir corrompu ainsi plus de 6 000 organisations dans le monde en une trentaine d’années. Tout ça, bien entendu, étant camouflé sous l’apparence de programmes de formation ou d’assistance.

[PHOTO: Les quatre instituts satellites de la NED - http://www.voltairenet.org/IMG/gif/fr-NED-2.gif ]

L’USIP, quant à lui, est une institution nationale états-unienne. Il est subventionné annuellement par le Congrès dans le budget du département de la Défense. À la différence de la NED, qui sert de couverture aux services des trois États alliés, l’USIP est exclusivement états-unien. Sous couvert de recherche en sciences politique, il peut salarier des personnalités politiques étrangères.

Dès qu’il a disposé de ressources, l’USIP a financé une nouvelle et discrète structure, l’Albert Einstein Institution [4]. Cette petite association de promotion de la non-violence était initialement chargée d’imaginer une forme de défense civile pour les populations d’Europe de l’Ouest en cas d’invasion par le Pacte de Varsovie. Elle a rapidement pris son autonomie et modélisé les conditions dans lesquelles un pouvoir étatique, de quelque nature qu’il soit, peut perdre son autorité et s’effondrer.

Premières tentatives

La première tentative de « révolution colorée » a échoué en 1989. Il s’agissait de renverser Deng Xiaoping en s’appuyant sur un de ses proches collaborateurs, le secrétaire général du Parti communiste chinois Zhao Ziyang, de manière à ouvrir le marché chinois aux investisseurs états-uniens et à faire entrer la Chine dans l’orbite US. Les jeunes partisans de Zhao envahirent la place Tienanmen [5]. Ils furent présentés par les médias occidentaux comme des étudiants a-politiques se battant pour la liberté face à l’aile traditionnelle du Parti, alors qu’il s’agissait d’une dissidence à l’intérieur du courant de Deng entre nationalistes et pro-US. Après avoir longtemps résisté aux provocations, Deng décida de conclure par la force. La répression fit entre 300 et 1000 morts selon les sources. 
20 ans plus tard, la version occidentale de ce coup d’État raté n’a pas variée. Les médias occidentaux qui ont couvert récemment cet anniversaire en le présentant comme une « révolte populaire » se sont étonnés de ce que les Pékinois n’ont pas gardé souvenir de l’événement. C’est qu’une lutte de pouvoir au sein du Parti n’avait rien de « populaire ». Ils ne se sentaient pas concernés.

La première « révolution colorée » réussit en 1990. Alors que l’Union soviétique était en cours de dissolution, le secrétaire d’État James Baker se rendit en Bulgarie pour participer à la campagne électorale du parti pro-US, abondamment financé par la NED [6]. Cependant, malgré les pressions du Royaume-Uni, les Bulgares, effrayés par les conséquences sociales du passage de l’URSS à l’économie de marché, commirent l’impardonnable faute d’élire au Parlement une majorité de post-communistes. Alors que les observateurs de la Communauté européenne certifièrent la bonne tenue du scrutin, l’opposition pro-US hurla à la fraude électorale et descendit dans la rue. Elle installa un campement au centre de Sofia et plongea le pays dans le chaos six mois durant, jusqu’à ce que le Parlement élise le pro-US Zhelyu Zhelev comme président.

La « démocratie » : vendre son pays à des intérêts étrangers à l’insu de sa population

Depuis lors, Washington n’a cessé d’organiser des changements de régime, un peu partout dans le monde, par l’agitation de rue plutôt que par des juntes militaires. Il importe ici de cerner les enjeux. 
Au-delà du discours lénifiant sur la « promotion de la démocratie », l’action de Washington vise à l’imposition de régimes qui lui ouvrent sans conditions les marchés intérieurs et s’alignent sur sa politique étrangère. Or, si ces objectifs sont connus des dirigeants des « révolutions colorées », ils ne sont jamais discutés et acceptés par les manifestants qu’ils mobilisent. Et, dans le cas où ces coup d’État réussissent, les citoyens ne tardent pas à se révolter contre les nouvelles politiques qu’on leur impose, même s’il est trop tard pour revenir en arrière. 
Par ailleurs, comment peut-on considérer comme « démocratiques » des oppositions qui, pour prendre le pouvoir, vendent leur pays à des intérêts étrangers à l’insu de leur population ?

En 2005, l’opposition kirghize conteste le résultat des élections législatives et amène à Bichkek des manifestants du Sud du pays. Ils renversent le président Askar Akaïev. C’est la « révolution des tulipes ». L’Assemblée nationale élit comme président le pro-US Kourmanbek Bakiev. Ne parvenant pas à maîtriser ses supporters qui pillent la capitale, il déclare avoir chassé le dictateur et feint de vouloir créer un gouvernement d’union nationale. Il fait sortir de prison le général Felix Kulov, ancien maire de Bichkek, et le nomme ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre. Lorsque la situation est stabilisée, Bakaiev se débarrasse de Kulov et vend, sans appel d’offre et avec des dessous de table conséquents, les quelques ressources du pays à des sociétés US et installe une base militaire US à Manas. Le niveau de vie de la population n’a jamais été aussi bas. Felix Kulov propose de relever le pays en le fédérant, comme par le passé, à la Russie. Il ne tarde pas à retourner en prison.

Un mal pour un bien ?

On objecte parfois, dans le cas d’États soumis à des régimes répressifs, que si ces « révolutions colorées » n’apportent qu’une démocratie de façade, elles procurent néanmoins un mieux-être aux populations. Or, l’expérience montre que rien n’est moins sûr. Les nouveaux régimes peuvent s’avérer plus répressifs que les anciens.

En 2003, Washington, Londres et Paris [7] organisent la « révolution des roses » en Géorgie [8]. Selon un schéma classique, l’opposition dénonce des fraudes électorales lors des élections législatives et descend dans la rue. Les manifestants contraignent le président Edouard Chevardnadze à fuir et prennent le pouvoir. Son successeur Mikhail Saakachvili ouvre le pays aux intérêts économiques US et rompt avec le voisin russe. L’aide économique promise par Washington pour se substituer à l’aide russe ne vient pas. L’économie, déjà compromise, s’effondre. Pour continuer à satisfaire ses commanditaires, Saakachvili doit imposer une dictature [9]. Il ferme des médias et remplit les prisons, ce qui n’empêche absolument pas la presse occidentale de continuer à le présenter comme « démocrate ». Condamné à la fuite en avant, Saakachvili décide de se refaire une popularité en se lançant dans une aventure militaire. Avec l’aide de l’administration Bush et d’Israël auquel il a loué des bases aériennes, il bombarde la population d’Ossétie du Sud, faisant 1600 morts, dont la plupart ont la double nationalité russe. Moscou riposte. Les conseillers états-uniens et israéliens s’enfuient [10]. La Géorgie est dévastée.

Assez !

Le mécanisme principal des « révolutions colorées » consiste à focaliser le mécontentement populaire sur la cible que l’on veut abattre. Il s’agit d’un phénomène de psychologie des masses qui balaye tout sur son passage et auquel aucun obstacle raisonnable ne peut être opposé. Le bouc-émissaire est accusé de tous les maux qui accablent le pays depuis au moins une génération. Plus il résiste, plus la colère de la foule croît. Lorsqu’il cède ou qu’il esquive, la population retrouve ses esprits, les clivages raisonnables entre ses partisans et ses opposants réapparaissent.

En 2005, dans les heures qui suivent l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafik Hariri, la rumeur se répand au Liban qu’il a été tué par « les Syriens ». L’armée syrienne, qui —en vertu de l’Accord de Taëf— maintient l’ordre depuis la fin de la guerre civile, est conspuée. Le président syrien, Bachar el-Assad, est personnellement mis en cause par les autorités états-uniennes, ce qui tient lieu de preuve pour l’opinion publique. À ceux qui font remarquer que —malgré des moments orageux— Rafik Hariri a toujours été utile à la Syrie et que sa mort prive Damas d’un collaborateur essentiel, on rétorque que le « régime syrien » est si mauvais en soi qu’il ne peut s’empêcher de tuer même ses amis. Les Libanais appellent de leurs vœux un débarquement des GI’s pour chasser les Syriens. Mais, à la surprise générale, Bachar el-Assad, considérant que son armée n’est plus la bienvenue au Liban alors que son déploiement lui coûte cher, retire ses hommes. Des élections législatives sont organisées qui voient le triomphe de la coalition « anti-syrienne ». C’est la « révolution du cèdre ». Lorsque la situation se stabilise, chacun se rend compte et que, si des généraux syriens ont par le passé pillé le pays, le départ de l’armée syrienne ne change rien économiquement. Surtout, le pays est en danger, il n’a plus les moyens de se défendre face à l’expansionnisme du voisin israélien. Le principal leader « anti-syrien », le général Michel Aoun, se ravise et passe dans l’opposition. Furieux, Washington multiplie les projets pour l’assassiner. Michel Aoun s’allie au Hezbollah autour d’une plate-forme patriotique. Il était temps : Israël attaque.

Dans tous les cas, Washington prépare à l’avance le gouvernement « démocratique », ce qui confirme bien qu’il s’agit d’un coup d’État déguisé. La composition de la nouvelle équipe est gardée secrète le plus longtemps possible. C’est pourquoi la désignation du bouc-émissaire se fait sans jamais évoquer d’alternative politique.

En Serbie, les jeunes « révolutionnaires » pro-US ont choisi un logo appartenant à l’imaginaire communiste (le poing levé) pour masquer leur subordination aux États-Unis. Ils ont pris comme slogan « Il est fini ! », fédérant ainsi les mécontents contre la personnalité de Slobodan Milosevic qu’ils ont rendu responsable des bombardements du pays pourtant effectués par l’OTAN. Ce modèle a été dupliqué en nombre, par exemple le groupe Pora ! en Ukraine, ou Zubr en Biélorussie.

Une non-violence de façade

Les communicants du département d’État veillent à l’image non-violente des « révolutions colorées ». Toutes mettent en avant les théories de Gene Sharp, fondateur de l’Albert Einstein Institution. Or, la non-violence est une méthode de combat destinée à convaincre le pouvoir de changer de politique. Pour qu’une minorité s’empare du pouvoir et l’exerce, il lui faut toujours, à un moment ou à un autre, utiliser la violence. Et toutes les « révolutions colorées » l’ont fait.

[PHOTO: Srdja Popovic (à gauche), leader serbe du mouvement Otpor, Gene Sharp, fondateur de l’Albert Einstein Institution (au centre) et son adjoint le colonel Robert Helvey, doyen de l’École de formation des attachés militaires d’ambassade. - http://www.voltairenet.org/IMG/jpg/fr-sharp-serbie-2.jpg ]

En 2000, alors que le mandat du président Slobodan Milosevic courait encore pour un an, il convoqua des élections anticipées. Lui-même et son principal opposant, Vojislav Koštunica, se retrouvèrent en ballotage. Sans attendre le second tour de scrutin, l’opposition cria à la fraude et descendit dans la rue. Des milliers de manifestants affluèrent vers la capitale, dont les mineurs de Kolubara. Leurs journées de travail étaient indirectement payées par la NED, sans qu’ils aient conscience d’être rémunérés par les États-Unis. La pression de la manifestation étant insuffisante, les mineurs attaquèrent des bâtiments publics avec des bulldozers qu’ils avaient acheminé avec eux, d’où le nom de « révolution des bulldozers ».

Dans le cas où la tension s’éternise et que des contre-manifestations s’organisent, la seule solution pour Washington est de plonger le pays dans le chaos. Des agents provocateurs sont alors postés dans les deux camps qui tirent sur la foule. Chaque partie peut constater que ceux d’en face ont tiré alors qu’ils s’avançaient pacifiquement. L’affrontement se généralise.

En 2002, la bourgeoisie de Caracas descend dans la rue pour conspuer la politique sociale du président Hugo Chavez [11]. Par d’habiles montages, les télévisions privées donnent l’impression d’une marée humaine. Ils sont 50 000 selon les observateurs, 1 million d’après la presse et le département d’État. Survient alors l’incident du pont Llaguno. Les télévisions montrent clairement des pro-chavistes armes à la main tirant sur la foule. Dans une conférence de presse, le général de la Garde nationale et vice-ministre de la sécurité intérieure confirme que les « milices chavistes » ont tiré sur le peuple faisant 19 morts. Il démissionne et appelle au renversement de la dictature. Le président ne tarde pas à être arrêté par des militaires insurgés. Mais le Peuple par millions descend dans la capitale et rétablit l’ordre constitutionnel. 
Une enquête journalistique ultérieure reconstituera en détail la tuerie du pont Llaguno. Elle mettra en évidence un montage fallacieux des images, dont l’ordre chronologique a été falsifié comme l’attestent les cadrans des montres des protagonistes. En réalité, ce sont les chavistes qui étaient agressés et qui, après s’être repliés, tentaient de se dégager en utilisant des armes à feu. Les agents provocateurs étaient des policiers locaux formés par une agence US [12].

En 2006, la NED réorganise l’opposition au président kenyan Mwai Kibaki. Elle finance la création du Parti orange de Raila Odinga. Celui-ci reçoit le soutien du sénateur Barack Obama, accompagné de spécialistes de la déstabilisation (Mark Lippert, actuel chef de cabinet du conseiller de sécurité nationale, et le général Jonathan S. Gration, actuel envoyé spécial du président US pour le Soudan). Participant à un meeting d’Odinga, le sénateur de l’Illinois s’invente un vague lien de parenté avec le candidat pro-US. Cependant Odinga perd les élections législatives de 2007. Soutenu par le sénateur John McCain, en sa qualité de président de l’IRI (le pseudopode républicain de la NED), il conteste la sincérité du scrutin et appelle ses partisans à descendre dans la rue. 
C’est alors que des messages SMS anonymes sont diffusés en masse aux électeurs de l’ethnie Luo. « Chers Kenyans, les Kikuyu ont volé l’avenir de nos enfants…nous devons les traiter de la seule manière qu’ils comprennent… la violence ». Le pays, pourtant un des plus stables d’Afrique, s’embrase soudainement. Après des journées d’émeutes, le président Kibaki est contraint d’accepter la médiation de Madeleine Albright, en sa qualité de présidente du NDI (le pseudopode démocrate de la NED). Un poste de Premier ministre est créé qui revient à Odinga. Les SMS de la haine n’ayant pas été envoyés depuis des installations kenyanes, on se demande quelle puissance étrangère a pu les expédier.

La mobilisation de l’opinion publique internationale

Au cours des dernières années, Washington a eu l’occasion de lancer des « révolutions colorées » avec la conviction qu’elles échoueraient à prendre le pouvoir mais qu’elle permettrait de manipuler l’opinion publique et les institutions internationales.

En 2007, de nombreux Birmans s’insurgent contre l’augmentation des prix du fuel domestique. Les manifestations dégénèrent. Les moines bouddhistes prennent la tête de la contestation. C’est la « révolution safran » [13]. En réalité, Washington n’a que faire du régime de Rangoon ; ce qui l’intéresse, c’est d’instrumenter le Peuple birman pour faire pression sur la Chine qui a des intérêts stratégiques en Birmanie (pipelines et base militaire de renseignement électronique). Dès lors, l’important est de mettre en scène la réalité. Des images prises par des téléphones portables apparaissent sur YouTube. Elles sont anonymes, invérifiables et hors contexte. Précisément, leur apparente spontanéité leur donne autorité. La Maison-Blanche peut imposer son interprétation des vidéos.

Plus récemment, en 2008, des manifestations estudiantines paralysent la Grèce à la suite du meurtre d’un jeune homme de 15 ans par un policier. Rapidement des casseurs font leur apparition. Ils ont été recrutés au Kosovo voisin et acheminés par autobus. Les centre-villes sont saccagés. Washington cherche à faire fuir les capitaux vers d’autres cieux et à se réserver le monopole des investissements dans les terminaux gaziers en construction. Une campagne de presse va donc faire passer le poussif gouvernement Karamanlis pour celui des colonels. Facebook et Twittter sont utilisés pour mobiliser la diaspora grecque. Les manifestations s’étendent à Istanbul, Nicosie, Dublin, Londres, Amsterdam, La Haye, Copenhague, Francfort, Paris, Rome, Madrid, Barcelone, etc.

La révolution verte

L’opération conduite en 2009 en Iran s’inscrit dans cette longue liste de pseudos révolutions. En premier lieu, le Congrès vote en 2007 une enveloppe de 400 millions de dollars pour « changer le régime » en Iran. Celle-ci s’ajoute aux budgets ad hoc de la NED, de l’USAID, de la CIA et tutti quanti. On ignore comment cet argent est utilisé, mais trois groupes principaux en sont destinataires : la famille Rafsandjani, la famille Pahlevi, et les Moudjahidines du peuple.

L’administration Bush prend la décision de commanditer une « révolution colorée » en Iran après avoir confirmé la décision de l’état-major de ne pas attaquer militairement ce pays. Ce choix est validé par l’administration Obama. Par défaut, on rouvre donc le dossier de « révolution colorée », préparé en 2002 avec Israël au sein de l’American Enterprise Institute. À l’époque j’avais publié un article sur ce dispositif [14]. Il suffit de s’y reporter pour identifier les protagonistes actuels : il a été peu modifié. Une partie libanaise a été ajoutée prévoyant un soulèvement à Beyrouth en cas de victoire de la coalition patriotique (Hezbollah, Aoun) aux élections législatives, mais elle a été annulée.

Le scénario prévoyait un soutien massif au candidat choisi par l’ayatollah Rafsandjani, la contestation des résultats de l’élection présidentielle, des attentats tous azimuts, le renversement du président Ahmadinejad et du guide suprême l’ayatollah Khamenei, l’installation d’un gouvernement de transition dirigé par Mousavi, puis la restauration de la monarchie et l’installation d’un gouvernement dirigé par Sohrab Sobhani.

Comme imaginé en 2002, l’opération a été supervisée par Morris Amitay et Michael Ledeen. Elle a mobilisé en Iran les réseaux de l’Irangate. 
Ici un petit rappel historique est nécessaire. L’Irangate est une vente d’armes illicite : la Maison-Blanche souhaitait approvisionner en armes les Contras nicaraguayens (pour lutter contre les sandinistes) d’une part et l’Iran d’autre part (pour faire durer jusqu’à épuisement la guerre Iran-Irak), mais en était interdit par le Congrès. Les Israéliens proposèrent alors de sous-traiter les deux opérations à la fois. Ledeen, qui est double national États-unien/Israélien sert d’agent de liaison à Washington, tandis que Mahmoud Rafsandjani (le frère de l’ayatollah) est son correspondant à Téhéran. Le tout sur fond de corruption généralisée. Lorsque le scandale éclate aux États-Unis, une commission d’enquête indépendante est dirigée par le sénateur Tower et le général Brent Scowcroft (le mentor de Robert Gates). 
Michael Ledeen est un vieux briscard des opérations secrètes. On le trouve à Rome lors de l’assassinat d’Aldo Moro, on le retrouve dans l’invention de la piste bulgare lors de la tentaive d’assassinat de Jean-Paul II, ou plus récemment dans l’invention de l’approvisionnement de Saddam Hussein en uranium nigérian. Il travaille aujourd’hui à l’American Enterprise Institute [15] (aux côtés de Richard Perle et Paul Wolfowitz) et à la Foundation for the Defense of Democracies [16]. 
Morris Amitay est ancien directeur de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC). Il est aujourd’hui vice-président du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) et directeur d’un cabinet conseil pour de grandes firmes d’armement.

Le 27 avril dernier, Morris et Ledeen organisaient un séminaire sur l’Iran à l’American Enterprise Institute à propos des élections iraniennes, autour du sénateur Joseph Lieberman. Le 15 mai dernier, nouveau séminaire. La partie publique consistait en une table ronde animée par l’ambassadeur John Bolton à propos du « grand marchandage » : Moscou accepterait-il de laisser tomber Téhéran en échange du renoncement de Washington au bouclier anti-missile en Europe centrale ? L’expert français Bernard Hourcade participait à ces échanges. Simultanément, l’Institut lançait un site internet destiné à la presse dans la crise à venir :IranTracker.org. Le site inclut une rubrique sur les élections libanaises.

En Iran, il appartenait à l’ayatollah Rafsandjani de renverser son vieux rival, l’ayatollah Khamenei. Issu d’une famille d’agriculteurs, Hachemi Rafsandjani a fait fortune dans la spéculation immobilière sous le Chah. Il est devenu le principal grossiste en pistaches du pays et a arrondi sa fortune durant l’Irangate. Ses avoirs sont évalués à plusieurs milliards de dollars. Devenu l’homme le plus riche d’Iran, il a été successivement président du parlement, président de la République et aujourd’hui président du Conseil de discernement (instance d’arbitrage entre le parlement et le Conseil des gardiens de la constitution). Il représente les intérêts du bazar, c’est-à-dire des commerçants de Téhéran. 
Durant la campagne électorale, Rafsandjani avait fait promettre à son ex-adversaire devenu son poulain, Mirhossein Mousavi, de privatiser le secteur pétrolier.

Sans connexion aucune avec Rafsandjani, Washington a fait appel aux Moudjahidines du peuple [17]. Cette organisation protégée par le Pentagone est considérée comme terroriste par le département d’État et l’a été par l’Union européenne. Elle a effectivement mené de terribles opérations dans les années 80, dont un méga-attentat qui coûta la vie à l’ayatollah Behechti ainsi qu’à quatre ministre, six ministres adjoints et le quart du groupe parlementaire du Parti de la république islamique. L’organisation est commandée par Massoud Rajavi, qui épouse en première noces la fille du président Bani Sadr, puis la cruelle Myriam en seconde noces. Son siège est installé en région parisienne et ses bases militaires en Irak, d’abord sous la protection de Saddam Husein, puis aujourd’hui sous celle du département de la Défense. Ce sont les Moudjahidines qui ont assuré la logistique des attentats à la bombe durant la campagne électorale [18]. C’est à eux qu’il revenait de provoquer des accrochages entre militants pro et anti-Ahmadinejad, ce qu’ils ont probablement fait.

Dans le cas où le chaos se serait installé, le Guide suprême aurait pu être renversé. Un gouvernement de transition, dirigé par Mirhussein Mousavi aurait privatisé le secteur pétrolier et rétabli la monarchie. Le fils de l’ancien Shah, Reza Cyrus Pahlavi, serait remonté sur le trône et aurait désigné Sohrab Sobhani comme Premier ministre. 
Dans cette perspective, Reza Pahlavi a publié en février un livre d’entretiens avec le journaliste français Michel Taubmann. Celui-ci est directeur du bureau d’information parisien d’Arte et préside le Cercle de l’Observatoire, le club des néo-conservateurs français. 
On se souvient que Washington avait prévu identiquement le rétablissement de la monarchie en Afghanistan. Mohammed Zaher Shah devait reprendre son trône à Kaboul et Hamid Karzai devait être son Premier ministre. Malheureusement, à 88 ans, le prétendant était devenu sénile. Karzai devint donc président de la République. Comme Karzai, Sobhani est double national états-unien. Comme lui, il travaille dans le secteur pétrolier de la Caspienne.

Côté propagande, le dispositif initial était confié au cabinet Benador Associates. Mais il a évolué sous l’influence de l’assistante du secrétaire d’État pour l’Éducation et la Culture, Goli Ameri. Cette iranienne-états-unienne est une ancienne collaboratrice de John Bolton. Spécialiste des nouveaux médias, elle a mis en place des programmes d’équipement et de formation à l’internet pour les amis de Rafsandjani. Elle a aussi développé des radios et télévisions en langue farsi pour la propagande du département d’État et en coordination avec la BBC britannique.

La déstabilisation de l’Iran a échoué parce que le principal ressort des « révolutions colorées » n’a pas été correctement activé. MirHussein Mousavi n’est pas parvenu à cristalliser les mécontentements sur la personne de Mahmoud Ahmadinejad. Le Peuple iranien ne s’est pas trompé, il n’a pas rendu le président sortant responsables des conséquences des sanctions économiques états-uniennes sur le pays. Dès lors, la contestation s’est limitée à la bourgeoisie des quartiers nord de Téhéran. Le pouvoir s’est abstenu d’opposer des manifestations les unes contre les autres et a laissé les comploteurs se découvrir. 
Cependant, il faut admettre que l’intoxication des médias occidentaux a fonctionné. L’opinion publique étrangère a réellement cru que deux millions d’Iraniens étaient descendus dans la rue, lorsque le chiffre réel est au moins dix fois inférieur. Le maintien en résidence des correspondants de presse a facilité ces exagérations en les dispensant de fournir les preuves de leurs imputations.

Ayant renoncé à la guerre et échoué à renverser le régime, quelle carte reste-t-il dans les mains de Barack Obama ?

Thierry Meyssan

Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).





[1] Les multiples rapports et documents publiés par ces commissions sont disponibles en ligne sur le site The Assassination Archives and Research Center. Les principaux extraits des rapports ont été traduits en français sous le titre Les Complots de la CIA, manipulations et assassinats, Stock, 1976, 608 pp.

[2] « Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme », par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.

[3] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.

[4] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 janvier 2005.

[5] « Tienanmen, 20 ans après », par le professeur Domenico Losurdo, Réseau Voltaire, 9 juin 2009.

[6] À l’époque, la NED s’appuie en Europe orientale sur la Free Congress Foundation (FCF), animée par des républicains. Par la suite, cette organisation disparaît et cède la place à la Soros Foundation, animée par des démocrates, avec laquelle la NED fomente de nouveaux « changements de régime ».

[7] Soucieux d’apaiser les relations franco-US après la crise irakienne, le président Jacques Chirac tente de se rapprocher de l’administration bush sur le dos des Géorgiens, d’autant que la France a des intérêts économiques en Géorgie. Salomé Zourabichvili, n°2 des services secrets français, est nommée ambassadrice à Tbilissi, puis change de nationalité et devient ministre des Affaires étrangères de la « révolution des roses ».

[8] « Les dessous du coup d’État en Géorgie », par Paul Labarique,Réseau Voltaire, 7 janvier 2004.

[9] « Géorgie : Saakachvili jette son opposition en prison » et « Manifestations à Tbilissi contre la dictature des roses », Réseau Voltaire, 12 septembre 2006 et 30 septembre 2007.

[10] L’administration Bush espérait que ce conflit ferait diversion. Les bombardiers israéliens devaient simultanément décoller de Géorgie pour frapper l’Iran voisin. Mais, avant même d’attaquer les installations militaires géorgiennes, la Russie bombarde les aéroports loués à Israël et cloue ses avions au sol.

[11] « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 18 mai 2002.

[12Llaguno Bridge. Keys to a Massacre. Documentaire d’Angel Palacios, Panafilms 2005.

[13] « Birmanie : la sollicitude intéressée des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 novembre 2007.

[14] « Les bonnes raisons d’intervenir en Iran », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 février 2004.

[15] « L’Institut américain de l’entreprise à la Maison-Blanche  »,Réseau Voltaire, 21 juin 2004.

[16] « Les trucages de la Foundation for the Defense of Democracies », Réseau Voltaire, 2 février 2005.

[17] « Les Moudjahidin perdus », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 17 février 2004.

[18] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidines du Peuple », Réseau Voltaire, 13 juin 2009.



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LE RIVOLUZIONI COLOR MERDA


Vi propongo questo articolo dell’analista politico Thierry Meyssan che ho tradotto dal francese. Si tratta della lunga parabola delle rivoluzioni colorate, a partire da quella cinese del 1989, finita nel bagno di sangue di Tien An Men, fino al tentativo, fallito anch’esso, di capovolgere il presidente Ahmadinejad, rieletto a furor di popolo, con quasi 11 milioni di voti di scarto rispetto al suo avversario, nelle ultime elezioni iraniane. Un pezzo di rara saggezza e di meticolosa ricostruzione storica che ha la forza di uno pugno intellettuale sferrato nei denti di chi, soprattutto a sinistra, si è stracciato le vesti e si è commosso di fronte alla reazione violenta (ma poteva esserlo di più) dei poteri costituiti iraniani, rei di non essersi inginocchiati al cospetto dei principi della santissima democrazia (occidentale) e a quelli, ancor più pretestuosi, dei diritti umani. Tra i neoservi s’iscrive, con un brano farneticante e illogico (almeno rispetto alla sua precedente produzione teorica) - che non ci risparmia nemmeno l’uso di un linguaggio conformista e spocchioso, per quanto appena più sottile - anche Slavoj Zizek, del quale ho spesso, incautamente, perorato le teorie dalle pagine virtuali di questo blog. 

Il filosofo sloveno, che passa per essere un intenditore del pensiero di Marx e di Lenin, finisce nella rete mediatica ordita dal circuito manipolatore filo-statunitense come il più sguarnito (di armi critiche) uomo della strada, di colui che affolla quell’“astrazione indeterminata” comunemente definita pubblica opinione. Meyssan dà, sotto questo aspetto, una vera e propria lezione di marxismo a Zizek, sostenendo il punto secondo il quale non si è mai vista una rivoluzione che anziché puntare alla trasformazione delle strutture sociali (ergo ai rapporti sociali intorno ai quali queste si condensano) mira a rovesciare fisicamente un gruppo di dominanti per sostituirli con altri, ma più proni al potere imperiale statunitense (altro che resurrezione del sogno popolare o utopia della rivoluzione! Sei tu che sei triste e sconfortante caro Zizek). E Lenin, da par suo, era ancor meno suscettibile ai rivoluzionarismi spirituali che animano Zizek, tanto da aver ritenuto oggettivamente rivoluzionaria la lotta dell’emiro afghano (nonostante costui si basasse su principi pienamente monarchici). Stalin riprende le affermazioni di Lenin nel suo “I principi del Leninismo”: “Nelle condizioni dell'oppressione imperialistica, il carattere rivoluzionario del movimento nazionale non implica affatto obbligatoriamente l'esistenza di elementi proletari nel movimento, l'esistenza di un programma rivoluzionario o repubblicano del movimento, l'esistenza di una base democratica del movimento. La lotta dell'emiro afghano per l'indipendenza dell'Afghanistan é oggettivamente una lotta rivoluzionaria, malgrado il carattere monarchico delle concezioni dell'emiro e dei suoi seguaci, poiché essa indebolisce, disgrega, scalza l'imperialismo, mentre la lotta di certi «ultra» democratici e «socialisti» «rivoluzionari» e repubblicani dello stampo, ad esempio, di Kerenski e Tsereteli, Renaudel e Scheidemann, Cernov e Dan, Henderson e Clynes durante la guerra imperialista, era una lotta reazionaria, perché aveva come risultato di abbellire artificialmente, di consolidare, di far trionfare l'imperialismo”. Non vede dunque Zizek, in questa congiuntura storica, dove stanno i resistenti all’ordine imperiale e i veri reazionari? Ed invece, contraddicendo sempre Lenin, l’orda degli intellettuali infatuati solo dalla loro stessa fama di “radicalissimi”, si mettono completamente a rimorchio delle parole d’ordine e delle campagne di manipolazione dei peggiori dominanti, quelli egemoni: “Tutta la storia della democrazia borghese mette a nudo questa illusione: per ingannare il popolo, i democratici borghesi hanno sempre lanciato e sempre lanciano ogni sorta di "parole d'ordine". Si tratta di controllare la loro sincerità, di mettere a confronto le parole con i fatti, di non appagarsi della frase idealistica o ciarlatanesca, ma di cercar di scoprire la realtà di classe”. I fatti sono quelli che ci descrive Meyssan, e non la fandonie propinateci da Zizek. Avete materiale per giudicare da soli. 

Giovanni Petrosillo 


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La tecnica dei colpi di Stato dal basso


Fallisce in Iran la « rivoluzione colorata » 

di Thierry Meyssan*

La « rivoluzione verde » di Teheran è l’ultimo avatar delle « rivoluzioni colorate » che hanno permesso agli Stati Uniti d’imporre in parecchi paesi dei governi al loro soldo senza dover ricorrere alla forza. Thierry Meyssan, che ha consigliato due governi di fronte a queste crisi, analizza questo metodo e le ragioni del suo fallimento in Iran.

30 GIUGNO 2009

Depuis
Beyrouth (Liban)

Le « rivoluzioni colorate » stanno alle rivoluzioni come il Canada Dry sta alla birra. Vi assomigliano ma non ne hanno il sapore. Sono dei cambi di regime che hanno l’apparenza di una rivoluzione, in quanto mobilitano vasti settori del Popolo, ma rientrano nel colpo di Stato in quanto non mirano a cambiare le strutture sociali, ma a sostituire un’élite ad un’altra per condurre una politica economica ed estera filo-USA. La « rivoluzione verde » di Teheran ne è l’ultimo esempio.

Origine del concetto

Questo concetto compare negli anni 90, ma trova le sue origini nei dibattiti USA degli anni 70-80. Dopo le rivelazioni a catena sui colpi di Stato fomentati dalla CIA nel mondo e dopo che le commissioni parlamentari Church e Rockefeller [1] hanno ampiamente vuotato il sacco, l’ammiraglio Stansfield Turner viene incaricato dal presidente Carter di ripulire l’agenzia e di far cessare ogni sostegno alle « dittature fatte in casa ». Furenti, i social-democratici statunitensi (SD/USA) lasciano il Partito democratico e raggiungono Ronald Reagan. Si tratta di brillanti intellettuali trotzkisti [2], spesso legati alla rivista Commentary. Quando Reagan viene eletto, affida loro il compito di continuare l’ingerenza USA, ma con altri metodi. È così che essi creano, nel 1982, la National Endowment for Democracy (NED) [3] e, nel 1984, l’United States Institute for Peace (USIP). Le due strutture sono organicamente collegate: alcuni amministratori della NED siedono nel consiglio di amministrazione dell’USIP e viceversa.

Giuridicamente, la NED è un’associazione non a scopo di lucro, di diritto USA, finanziata da una sovvenzione annuale votata dal Congresso all’interno di un budget del dipartimento di Stato. Per condurre le sue azioni, essa le fa co-finanziare dall’US Agency for International Development (USAID), anch’essa legata al dipartimento di Stato. In pratica, questa struttura giuridica non è che un paravento utilizzato congiuntamente dalla statunitense CIA, dal britannico MI6 e dall’australiano’ASIS (e, occasionalmente, dai servizi canadesi e neozelandesi)
La NED si presenta come un organo di « promozione della democrazia ». Essa interviene sia direttamente, cioè attraverso uno dei suoi quattro tentacoli : uno destinato a corrompere i sindacati, un secondo incaricato di corrompere gli imprenditori, un terzo per i partiti di sinistra ed un quarto per quelli di destra ; sia, ancora, con l’intermediazione di fondazioni amiche, come la Westminster Foundation for Democracy (Regno Unito), l’International Center for Human Rights and Democratic Development (Canada), la Fondation Jean-Jaurès e la Fondation Robert-Schuman (Francia), l’International Liberal Center (Svezoa), l’Alfred Mozer Foundation (Paesi Bassi), la Friedrich Ebert Stiftung, la Friedrich Naunmann Stiftung, la Hans Seidal Stiftung e la Heinrich Boell Stiftung (Germania). La NED rivendica di aver così corrotto nel mondo più di 6 000 organizzazioni in una trentina d’anni. Tutto ciò, beninteso, mascherato sotto l’apparenza di programmi di formazione o di assistenza.

[FOTO: I quattro istituti-satellite della NED]

Per quanto riguarda l’USIP, si tratta di un’istituzione nazionale statunitense. È sovvenzionato annualmente dal Congresso nel budget del dipartimento della Difesa. A differenza della NED, che serve da copertura ai servizi dei tre Stati alleati, l’USIP è esclusivamente statunitense. Sotto la copertura della ricerca in scienze politiche, può stipendiare delle personalità politiche straniere.

Da quando dispone di risorse, l’USIP finanzia una nuova e discreta struttura, l’Albert Einstein Institution [4]. Questa piccola associazione di promozione della non violenza è inizialmente incaricata di ideare una forma di difesa civile per le popolazioni dell’Europa occidentale in caso di invasione del Patto di Varsavia. Essa prende rapidamente autonomia e modella le condizioni per cui un potere statuale di qualsiasi natura possa perdere la sua autorità e crollare.

Primi tentativi

Il primo tentativo di « rivoluzione colorata » fallisce nel 1989. Si tratta di rovesciare Deng Xiaoping appoggiandosi su uno dei suoi vicini collaboratori, il segretario generale del Partito comunista cinese Zhao Ziyang, in modo da aprire il mercato cinese agli investitori statunitensi e da far entrare la Cina nell’orbita USA. I giovani sostenitori di Zhao invadono piazza Tienanmen [5]. Dai media occidentali sono presentati come degli studenti apolitici che si battono per la libertà contro l’ala tradizionale del Partito, mentre si tratta di una dissidenza tra nazionalisti e pro-USA all’interno della corrente di Deng. Dopo aver a lungo resistito alle provocazioni, Deng décide di concludere con la forza. Secondo le fonti, la repressione fa tra i 300 e i 1.000 morti. 
Vent’anni dopo, la versione occidentale di questo mancato colpo di Stato non è cambiata. I media occidentali che recentemente hanno parlato del suo anniversario presentandolo come una « rivolta popolare » si sono stupiti che i Pechinesi non abbiamo mantenuto il ricordo dell’avvenimento. Il fatto è che una lotta interna al Partito non ha niente di «popolare». Essi non si sono sentiti coinvolti.

La prima « rivoluzione colorata » ha successo nel 1990. Mentre l’Unione Sovietica è in via di dissolvimento, il segretario di Stato James Baker si reca in Bulgaria per partecipare alla campagna elettorale del partito pro-USA, abbondantemente finanziato dalla NED [6]. Tuttavia, malgrado le pressioni del Regno Unito, i Bulgari, impauriti dalle conseguenze sociali del passaggio dell’URSS all’economia di mercato, commettono l’imperdonabile errore di eleggere al Parlamento una maggioranza di post-comunisti. Mentre gli osservatori della Comunità europea certificano la validità dello scrutinio, l’opposizione filo-USA urla alla frode elettorale e scende in piazza. Installa un accampamento nel centro di Sofia e fa piombare il paese nel caos per sei mesi, finché il Parlamento elegge come presidente il filo-USA Zhelyu Zhelev.

La « democrazia » : vendere il proprio paese ad interessi stranieri all’insaputa della sua popolazione

Da allora, Washington non cessa di organizzare, un po’ ovunque nel mondo, cambi di regime attraverso l’agitazione di piazza anziché per mezzo di giunte militari. Quello che importa è mettere in luce le implicazioni. 
Al di là del discorso lenitivo sulla « promozione della democrazia », l’azione di Washington mira all’imposizione di regimi che le aprano senza condizioni i mercati interni e che si allineino sulla sua politica estera. Ora, se questi obiettivi sono conosciuti dai dirigenti delle « rivoluzioni colorate », essi non sono mai discussi ed accettati dai manifestanti che essi mobilitano. E, nel caso in cui questi colpi di Stato riescano, i cittadini non tardano a rivoltarsi contro le nuove politiche che vengono loro imposte, anche se è troppo tardi per tornare indietro. 
Del resto, come si può considerare « democratiche » delle opposizioni che, per prendere il potere, vendono il loro paese ad interessi stranieri all’insaputa della loro popolazione ?

Nel 2005, l’opposizione kirghisa contesta il risultato delle elezioni legislative e conduce a Bishkek dei manifestanti dal Sud del paese. Essi depongono il presidente Askar Akaïev. E’ la « rivoluzione dei tulipani ». L’Assemblea nazionale elegge come presidente il filo-USA Kurmanbek Bakiev. Non riuscendo a controllare i suoi sostenitori che saccheggiano la capitale, egli dichiara di aver cacciato il dittatore e finge di voler creare un governo di unione nazionale. Fa uscire di prigione il generale Felix Kulov, ex sindaco di Bishkek, e lo nomina ministro dell’Interno, poi Primo ministro. Quando la situazione è stabilizzata, Bakaiev si sbarazza di Kulov e vende, senza possibilità di una contro-offerta e con successivi accordi sottobanco, le poche risorse del paese a delle società USA ed installa una base militare USA a Manas. Il livello di vita della popolazione non è mai stato così basso. Felix Kulov propone di risollevare il paese federandolo, come nel passato, alla Russia. Non ci mette molto a tornare in prigione.

Un male per un bene ?

Nel caso di Stati sottoposti a regimi repressivi, talvolta si obietta che se tali « rivoluzioni colorate » apportano solo una democrazia di facciata, in ogni caso esse procurano un miglioramento alle popolazioni. Ora, l’esperienza mostra che niente è meno sicuro. I nuovi regimi possono rivelarsi più repressivi dei vecchi.

Nel 2003, Washington, Londra e Parigi [7] organizzano la « rivoluzione delle rose » in Georgia [8]. Secondo uno schema classico, l’opposizione denuncia dei brogli elettorali alle elezioni legislative e scende in piazza. I manifestanti costringono alla fuga il presidente Eduard Shevardnadze e prendono il potere. Il suo successore Mikhail Saakashvili apre il paese agli interessi economici USA e rompe con il vicino russo. L’aiuto economico promesso da Washington per sostituirsi all’aiuto russo non arriva. La già compromessa economia crolla. Per continuare ad accontentare i suoi mandanti, Saakashvili deve imporre una dittatura [9]. Chiude dei media e riempie le prigioni, il che non impedisce per niente alla stampa occidentale di continuare a presentarlo come « democratico ». Condannato alla fuga in avanti, Saakashvili decide di rifarsi una popolarità gettandosi in un’avventura militare. Con al’aiuto dell’amministrazione Bush e di Israele, al quale ha affittato delle basi aeree, bombarda la popolazione dell’Ossezia del Sud facendo 1.600 morti, la maggior parte dei quali ha anche la nazionalità russa. Mosca risponde. I consiglieri statunitensi ed israeliani se la svignano [10]. La Georgia viene devastata.

Basta !

Il meccanismo principale delle « rivoluzioni colorate » consiste nel focalizzare il malcontento popolare sul bersaglio che si vuole abbattere. Si tratta di un fenomeno di psicologia delle masse che spazza via tutto al suo passaggio ed al quale nessun ostacolo ragionevole può essere opposto. Il capro espiatorio è accusato di tutti i mali che affliggono il paese da almeno una generazione. Più egli resiste, più cresce la collera della folla. Quando egli cede oppure scappa, la popolazione ritorna in sé, ricompare un divario ragionevole tra i suoi sostenitori ed i suoi oppositori.

Nel 2005, nelle ore successive all’assassinio dell’ex Primo ministro Rafik Hariri, in Libano si diffonde la voce che sia stato ucciso dai « Siriani ». L’esercito siriano, che — in virtù dell’Accordo di Taëf — mantiene l’ordine dopo la fine della guerra civile, viene dileggiato. Il presidente siriano Bashar el-Assad è personalmente messo in causa dalle autorità statunitensi, cosa che per l’opinione pubblica vale come una prova. A chi fa osservare che — malgrado momenti tempestosi — Rafik Hariri è sempre stato utile alla Siria e che la sua morte priva Damasco di un collaboratore essenziale, si ribatte che il « regime siriano » è di per sé così malvagio da non potersi impedire di uccidere anche i suoi amici. I Libanesi reclamano a gran voce uno sbarco dei GI’s per cacciare i Siriani. Ma, tra la sorpresa generale, Bashar el-Assad, considerando che il suo esercito non è più il benvenuto in Libano mentre il suo spiegamento gli costa caro, ritira i suoi uomini. Vengono organizzate delle elezioni legislative che vedono il trionfo della coalizione « anti-siriana ». E’ la « rivoluzione del cedro ». Quando la situazione si stabilizza, ognuno si rende conto che, se dei generali siriani per il passato hanno depredato il paese, la partenza dell’esercito siriano non cambia niente economicamente. Soprattutto, il paese è in pericolo, non ha più i mezzi per difendersi contro l’espansionismo del vicino israeliano. Il principale leader « anti-siriano », il generale Michel Aun, si ravvede e passa all’opposizione. Furibonda, Washington moltiplica i progetti per assassinarlo. Michel Aun si allea a Hezbollah attorno ad una piattaforma patriottica. È tempo : Israele attacca.

In tutti i casi, Washington prepara in anticipo il governo « democratico », il che conferma che si tratta di un colpo di Stato mascherato. La composizione della nuova squadra è mantenuta il più possibile segreta. Ecco perché la designazione del capro espiatorio si fa senza mai ventilare alternative politiche.

In Serbia, i giovani « rivoluzionari » filo-USA scelgono un logo appartenente all’immaginario comunista (il pugno alzato) per mascherare la loro subordinazione agli Stati Uniti. Prendono come slogan « E’ finito ! », federando così il malcontento contro la persona di Slobodan Milosevic che rendono responsabile dei bombardamenti del paese eppure effettuati dalla NATO. Questo modello viene riproposto più volte, ad esempio dal gruppo Pora ! in Ucraina, o Zubr in Bielorussia.

Una non violenza di facciata

Le comunicazioni del dipartimento di Stato sono attente all’immagine non-violenta delle «rivoluzioni colorate». Tutte mettono in primo piano le teorie di Gene Sharp, fondatore dell’Albert Einstein Institution. Ora, la non-violenza è un metodo di lotta destinato a convincere il potere a cambiare politica. Affinché una minoranza si impadronisca del potere e lo eserciti, c’è sempre bisogno, in un momento o in un altro, che essa utilizzi la violenza. E tutte le « rivoluzioni colorate » l’hanno fatto. .

Nel 2000, mentre manca ancora un anno allo scadere del mandato del presidente Slobodan Milosevic, egli convoca delle elezioni anticipate. Egli stesso ed il suo principale oppositore, Vojislav Koštunica, si ritrovano in ballottaggio. Senza attendere il secondo turno dello scrutinio, l’opposizione grida alla frode e scende in piazza. Migliaia di manifestanti, tra cui i minatori di Kolubara, affluiscono verso la capitale. Le loro giornate di lavoro sono pagate indirettamente dalla NED, senza che essi siano consapevoli di essere remunerati dagli Stati Uniti. Essendo insufficiente la pressione della manifestazione, i minatori attaccano degli edifici pubblici con dei bulldozers che hanno portato con sé: da qui il nome « rivoluzione dei bulldozer ».

Nel caso in cui la tensione si prolunghi all’infinito e si organizzino delle contro-manifestazioni, l’unica soluzione per Washington è precipitare il paese nel caos. Vengono allora appostati in entrambe i campi degli agenti provocatori che sparano sulla folla. Ciascuna delle parti può constatare che quelli di fronte hanno sparato mentre avanzava pacificamente. Lo scontro diventa generale.

Nel 2002, la borghesia di Caracas scende in piazza per schernire la politica sociale del presidente Hugo Chavez [11]. Con abili montaggi, le televisioni private danno l’impressione di una marea umana. Sono 50,000 secondo gli osservatori, 1 milione secondo la stampa e il dipartimento di Stato. Avviene allora l’incidente del ponte Llaguno. Le televisioni mostrano chiaramente dei filo-chavisti armati che sparano sulla folla. In una conferenza stampa, il generale della Guardia nazionale e viceministro della sicurezza interna conferma che le « milizie chaviste » hanno sparato sul popolo facendo 19 morti. Dà le dimissioni e fa appello per il rovesciamento della dittatura. Il presidente non tarda ad essere arrestato da militari insorti. Ma il Popolo scende a milioni nella capitale e ristabilisce l’ordine costituzionale. 
Una successiva inchiesta giornalistica ricostruisce nei dettagli la strage del ponte Llaguno. Essa metterà in evidenza un montaggio delle immagini fasullo, il cui ordine cronologico è stato falsificato come attestano i quadranti degli orologi dei protagonisti. In realtà, sono i chavisti ad essere aggrediti e, dopo essere ripiegati, hanno tentato di sganciarsi usando armi da fuoco. Gli agenti provocatori erano dei poliziotti locali formati da un’agenzia USA [12].

Nel 2006, la NED riorganizza l’opposizione al presidente kenyan Mwai Kibaki. Finanzia la creazione del Partito arancione di Raila Odinga. Questi riceve il sostegno del senatore Barack Obama, accompagnato da specialisti della destabilizzazione (Mark Lippert, attuale capo di gabinetto del consigliere di sicurezza nazionale, e il generale Jonathan S. Gration, attuale inviato speciale del presidente USA per il Sudan). Partecipando ad un meeting di Odinga, il senatore dell’Illinois s’inventa un vago legame di parentela con il candidato pro-USA. Tuttavia, Odinga perde le elezioni legislative del 2007. Sostenuto dal senatore John McCain nella sua qualità di presidente dell’IRI (lo pseudopodio repubblicano della NED), egli contesta la validità dello scrutinio e chiama i suoi sostenitori a scendere in piazza. . 
È allora che messaggi anonimi SMS sono diffusi in massa agli elettori dell’etnia Luo. «Cari Kenyani, i Kikuyu hanno rubato il futuro dei nostri bambini…dobbiamo trattarli nel solo modo che essi comprendono… la violenza ». Il paese, sia pure uno dei più stabili dell’Africa, improvvisamente s’infiamma. Dopo giorni di sommosse, il presidente Kibaki è costretto ad accettare la mediazione di Madeleine Albright nella sua qualità di presidente del NDI (lo pseudopodio democratico della NED). Viene creato un posto di Primo ministro che va ad Odinga. Dal momento che gli SMS d’odio non sono stati inviati da installazioni kenyane, ci domandiamo quale potenza straniera abbia potuto spedirli.

La mobilitazione dell’opinione pubblica internazionale

Nel corso degli ultimi anni, Washington ha avuto modo di lanciare delle « rivoluzioni colorate » convinta che esse avrebbero fallito la presa del potere, ma permesso di manipolare l’opinione pubblica e le istituzioni internazionali.

Nel 2007, numerosi Birmani insorgono contro l’aumento dei prezzi della benzina per uso domestico. Le manifestazioni degenerano. I monaci buddhisti prendono la testa della contestazione. È la « rivoluzione zafferano » [13]. In realtà, a Washington non interessa il regime di Rangoon ; le interessa invece strumentalizzare il Popolo birmano per far pressione sulla Cina che in Birmania ha interessi strategici (oleodotti e basi militari di ascolto elettronico). Per questo, l’importante è mettere in scena la realtà. Immagini prese da telefoni portatili appaiono su YouTube. Esse sono anonime, non verificabili e fuori contesto. È precisamente la loro apparente spontaneità a dare loro autorità. La Casa Bianca può imporre la sua interpretazione dei video.

Più recentemente, nel 2008, manifestazioni studentesche paralizzano la Grecia in seguito all’uccisione di un ragazzo di 15 anni da parte di un poliziotto. Rapidamente, fanno la loro comparsa dei teppisti. Sono stati reclutati nel vicino Kosovo e trasportati in autobus. I centri cittadini sono saccheggiati. Washington cerca di far fuggire I capitali verso altri lidi e di riservarsi il monopolio degli investimenti nei terminali del gas in costruzione. Una campagna di stampa farà dunque passare l’asfittico governo Karamanlis per quello dei colonnelli. Facebook e Twittter sono utilizzati per mobilitare la diaspora greca. Le manifestazioni si estendono ad Istanbul, Nicosia, Dublino, Londra, Amsterdam, L’Aja, Copenhagen, Francoforte, Parigi, Roma, Madrid, Barcellona, etc.

La rivoluzione verde

L’operazione condotta nel 2009 in Iran s’inscrive in questa lunga lista di pseudo rivoluzioni. In primo luogo, il Congresso vota nel 2007 uno stanziamento di 400 milioni di dollari per « cambiare il regime » in Iran. Questo si aggiunge ai budget ad hoc della NED, dell’USAID, della CIA e tutti quanti. Si ignora come sia utilizzato questo denaro, ma ne sono destinatari tre gruppi principali : la famiglia Rafsanjani, la famiglia Pahlevi e i Mujahidin del popolo.

L’amministrazione Bush prende la decisione di sponsorizzare una « rivoluzione colorata » in Iran dopo aver confermato la decisione dello stato maggiore di non attaccare militarmente il paese. Questa scelta è convalidata dall’amministrazione Obama. Per difetto, si riapre dunque il dossier di « rivoluzione colorata », preparato nel 2002 con Israele all’interno dell’American Enterprise Institute. All’epoca, avevo pubblicato un articolo su questo dispositivo [14]. Basta rileggerlo per identificare gli attuali protagonisti : è stato poco modificato. Era stata aggiunta una parte libanese che prevede una sommossa a Beyruth in caso di vittoria della coalizione patriottica (Hezbollah, Aun) alle elezioni legislative, ma è stata annullata.

Lo scenario prevede un massiccio sostegno al candidato scelto dall’ayatollah Rafsanjani, la contestazione dei risultati dell’elezione presidenziale, attentati a 360 gradi, la deposizione del presidente Ahmadinejad e della guida suprema l’ayatollah Khamenei, l’instaurazione di un governo di transizione diretto da Musavi, poi la restaurazione della monarchia e l’installazione di un governo diretto da Sohrab Sobhani.

Come ideato nel 2002, l’operazione ha come suoervisori Morris Amitay e Michael Ledeen. Essa mobilita in Iran le reti dell’Irangate. 
A questo punto, è necessario un breve richiamo storico. L’Irangate è un’illecita vendita d’armi : la Casa Bianca desidera fornire armi da una parte ai Contras nicaraguensi (perché lottassero contro i sandinisti) e dall’altra parte all’Iran (per far durare la guerra Iran-Iraq fino allo sfinimento), ma ne è interdetta dal Congresso. Allora gli Israeliani propongono di subappaltare contemporaneamente le due operazioni. Ledeen, che ha la doppia nazionalità statunitense ed israeliana, serve da agente di collegamento a Washington, mentre Mahmud Rafsanjani ( fratello dell’ayatollah) è il suo corrispondente a Teheran. Il tutto sullo sfondo di corruzione generalizzata. Quando negli Stati Uniti scoppia lo scandalo, nasce una commissione d’inchiesta indipendente diretta dal senatore Tower e dal generale Brent Scowcroft (mentore di Robert Gates). 
Michael Ledeen è uno che la sa lunga sulle operazioni segrete. Lo si trova a Roma in occasione dell’assassinio di Aldo Moro, lo si ritrova nell’invenzione della pista bulgara nella circostanza del tentato assassinio di Giovanni Paolo II o, più recentemente, nell’invenzione delle fornitura a Saddam Hussein di uranio dal Niger. Oggi lavora all’American Enterprise Institute [15] (a fianco di Richard Perle e di Paul Wolfowitz) e alla Foundation for the Defense of Democracies [16]. 
Morris Amitay è ex direttore dell’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC). Oggi, è vicepresidente del Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) e direttore di uno studio di consulenza per grandi ditte d’armamento.

Il 27 aprile scorso, Morris e Ledeen organizzano un seminario sull’Iran all’American Enterprise Institute a proposito delle elezioni iraniane, attorno al senatore Joseph Lieberman. Il 15 maggio scorso, nuovo seminario. La parte pubblica consiste in una tavola rotonda animata dall’ambasciatore John Bolton sulla « grande contrattazione » : accetterebbe Mosca di lasciar cadere Teheran in cambio della rinuncia di Washington allo scudo antimissili in Europa centrale ? L’esperto francese Bernard Hourcade partecipa a questi scambi di vedute. Contemporaneamente, l’Istituto lancia un sito internet destinato alla stampa nella crisi a venire : IranTracker.org. il sito comprende una rubrica sulle elezioni libanesi.

In Iran, è compito dell’ayatollah Rafsanjani rovesciare il suo vecchio rivale, l’ayatollah Khamenei. Proveniente da una famiglia di agricoltori, Hashemi Rafsanjani ha fatto fortuna sotto lo Scià con la speculazione immobiliare. È divenuto il principale grossista di pistacchi del paese e ha arrotondato la sua fortuna durante l’Irangate. I suoi averi sono valutati in parecchi miliardi di dollari. Divenuto l’uomo più ricco d’Iran, è stato successivamente presidente del parlamento, presidente della Repubblica e, oggi, è presidente del Consiglio di discernimento (istituzione di arbitraggio tra il Parlamento e il Consiglio dei guardiani della costituzione). Egli rappresenta gli interessi del bazar, ossia dei commercianti di Teheran. 
Durante la campagna elettorale, Rafsanjani ha fatto promettere al suo ex avversario divenuto suo pupillo Mirhossein Musavi, di privatizzare il settore del petrolio.

Senza alcuna connessione con Rafsanjani, Washington si rivolge ai Mujahidin del popolo [17]. Questa organizzazione protetta dal Pentagono è considerata terroristica dal dipartimento di Stato e lo è stata dall’Unione Europea. In effetti, negli anni 80, essa ha effettuato operazioni terribili, tra cui un mega-attentato costato la vita all’ayatollah Beheshti nonché a quattro ministri, sei ministri aggiunti e ad un quarto del gruppo parlamentare del Partito della repubblica islamica. L’organizzazione è comandata da Massud Rajavi, che aveva sposa in prime nozze la figlia del presidente Bani Sadr e poi, in seconde nozze, la crudele Myriam. La sua sede è installata nella regione persiana e le sue basi militari in Iraq, dapprima sotto la protezione di Saddam Husein poi, oggi, sotto quella del dipartimento della Difesa. Sono i Mujahidin che assicurano la logistica degli attentati dinamitardi durante la campagna elettorale [18]. Spetta a loro provocare scontri tra militanti pro ed contro Ahmadinejad, cosa che probabilmente fannp.

Nel caso in cui subentri il caos, la Guida suprema può essere rovesciata. Un governo di transizione, diretto da Mirhussein Musavi privatizzerebbe il settore del petrolio e ristabilirebbe la monarchia. Il figlio dell’ex Scià, Reza Ciro Pahlavi, verrebbe rimesso sul trono e designerebbe come Primo ministro Sohrab Sobhani. 
In questa prospettiva, Reza Pahlavi pubblica in febbraio un libro di conversazioni con il giornalista francese Michel Taubmann. Questi è direttore dell’ufficio d’informazione parigino d’Arte e presiede il Cercle de l’Observatoire, il club dei neoconservatori francesi. 
Ricordiamoci che Washington aveva previsto il ripristino della monarchia anche in Afghanistan. Mohammed Zaher Scià doveva riprendere il suo trono a Kabul e Hamid Karzai doveva essere il suo Primo ministro. Malauguratamente, a 88 anni, il pretendente era divenuto troppo vecchio. Karzai è dunque divenuto lui presidente della Repubblica. Come Karzai, Sobhani è anche cittadino statunitense. Come lui, lavora nel settore petrolifero del Caspio.

Dal lato propaganda, il dispositivo iniziale è affidato allo studio Benador Associates. Ma esso si è evoluto sotto l’influenza dell’assistente del segretario di Stato per l’Istruzione e la Cultura, Goli Ameri. Questa iraniana statunitense è una vecchia collaboratrice di John Bolton. Specialista dei nuovi media, ha realizzato dei programmi di equipaggiamento e di formazione ad internet per gli amici di Rafsanjani. Ha inoltre elaborato radio e televisioni in lingua farsi per la propaganda del dipartimento di Stato e in coordinamento con la britannica BBC.

La destabilizzazione dell’Iran è fallita perché la molla principale delle «rivoluzioni colorate» non è stata attivata correttamente. MirHussein Musavi non è arrivato a cristallizzare i malcontenti sulla persona di Mahmud Ahmadinejad. Il Popolo iraniano non si è ingannato. Non ha reso il presidente uscente responsabile delle conseguenze delle sanzioni economiche statunitensi sul paese. Per questo, la contestazione si è limitata alla borghesia dei quartieri nord di Teheran. Il potere si è astenuto dall’opporre dei manifestanti gli uni contro gli altri e ha lasciato che i complottasti si scoprissero. . 
Tuttavia, bisogna ammettere che l’intossicazione dei media occidentali ha funzionato. L’opinione pubblica estera ha creduto realmente che due milioni di Iraniani fossero scesi in piazza, quando il numero reale è inferiore di almeno dieci volte. Il fatto che i corrispondenti della stampa rimanessero nelle loro sedi ha facilitato tali esagerazioni dispensandoli dal fornire le prove delle loro accuse.

Avendo rinunciato alla guerra e fallito nel rovesciare il regime, quale carta resta nelle mani di Barack Obama ?

 

Thierry Meyssan

 

Giornalista e scrittore, presidente del Réseau Voltaire.



[1] I molteplici rapporti e documenti pubblicati da queste commissioni sono disponibili in linea sul sito The Assassination Archives and Research Center.

[2] « Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme», di Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.

[3] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique », di Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 gennaio 2004.

[4] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », di Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 gennaio 2005.

[5] « Tienanmen, 20 ans après », del professor Domenico Losurdo,Réseau Voltaire, 9 giugno 2009.

[6] All’epoca, la NED si appoggia in Europa orientale sulla Free Congress Foundation (FCF), animata da repubblicani. In seguito, questa organizzazione scompare e cede il posto alla Soros Foundation, animata da democratici, con la quale la NED fomenta nuovi «cambi di regime».

[7] Preoccupato di distendere le relazioni franco-statunitensi dopo la crisi irachena, il presidente Jacques Chirac tenta di riavvicinarsi all’amministrazione Bush sulle spalle dei Georgiani, tanto più che la Francia ha interessi economici in Georgia. Salomé Zourabichvili, n°2 dei servizi segreti francesi, è nominato ambasciatore a Tbilissi, poi cambia nazionalità e diventa ministro degli Esteri della « rivoluzione delle rose ».

[8] « Les dessous du coup d’État en Géorgie », di Paul Labarique,Réseau Voltaire, 7 gennaio 2004.

[9] « Géorgie : Saakachvili jette son opposition en prison » e «Manifestations à Tbilissi contre la dictature des roses », Réseau Voltaire, 12 settembre 2006 e 30 settembre 2007.

[10] L’amministrazione Bush spera che quel conflitto faccia da diversione. Simultaneamente, i bombardieri israeliani devono decollare dalla Georgia per colpire il vicino Iran. Ma ancor prima di attaccare le installazioni militari georgiane, la Russia bombarda gli aeroporti affittati ad Israele e inchioda al suolo i suoi aerei.

[11] « Opération manquée au Venezuela », di Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 18 maggio 2002.

[12Llaguno Bridge. Keys to a Massacre. Documentario d’Angel Palacios, Panafilms 2005.

[13] « Birmanie : la sollicitude intéressée des États-Unis », di Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 novembre 2007.

[14] « Les bonnes raisons d’intervenir en Iran », di Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 12 febbraio 2004.

[15] « L’Institut américain de l’entreprise à la Maison-Blanche »,Réseau Voltaire, 21 giugno 2004.

[16] « Les trucages de la Foundation for the Defense of Democracies», Réseau Voltaire, 2 febbraio 2005.

[17] « Les Moudjahidin perdus », di Paul Labarique, Réseau Voltaire, 17 febbraio 2004.

[18] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidines du Peuple », Réseau Voltaire, 13 giugno 2009.


 

 

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22:24 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, presse, television, romain, silence, medias, revolution | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/05/2009

12/05/2009: guerre 40-45, la France, l'Urss, le rôle glorieux et déterminant des communistes dans la Résistance ...

 

Sent: Tuesday, May 12, 2009 5:03 AM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fwd: Hommage à René et Suzanne Lanoy



 

Hommage à René Lanoy, militant communiste,

président du Front national pour la Libération de la France.

8 mai 2009.

Georges Gastaud, secrétaire départemental du Pôle de Renaissance Communiste en France

 

               Chers concitoyens et camarades,

 

               Il y a 64 ans, la coalition antifasciste composée de l’URSS, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France libre, recevait la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Les tortionnaires nazis et leurs alliés, fascistes italiens et militaristes japonais, avaient semé le massacre, la torture et le deuil sur les cinq continents au nom des « valeurs » sauvages de leur système capitaliste, plongé dans la crise par le crac de 1929, et de leurs ambitions impérialistes de domination mondiale.

 

               Les communistes, que l’Europe supranationale et l’UMP voudraient aujourd’hui criminaliser, furent les premiers et les principaux opposants armés à cette entreprise exterminatrice. C’est l’URSS et elle seule qui brisa la machine de guerre nazie au prix de sacrifices inouïs que le régime soviétique n’aurait pas pu obtenir de la population s’il n’avait pas joui d’un soutien massif dans la classe ouvrière et dans la paysannerie. Il est ridicule et odieux que les « historiens » du pouvoir capitaliste, les Courtois et Cie, osent aujourd’hui amalgamer l’URSS au Troisième Reich alors que sans Stalingrad, sans les vingt millions de Soviétiques qui périrent dans la résistance soviétique acharnée au Genghis Khan allemand, notre France eût tout bonnement cessé d’exister. Rappelons qu’à l’époque notre pays était totalement disloqué et que Hitler en projetait le démantèlement territorial définitif: le Nord-Pas-de-Calais, « zone interdite », était directement administré par l’armée allemande ; l’Alsace-Lorraine était annexée ; Nice et la Corse étaient occupées par Mussolini ; des projets précis existaient, avec l’aide d’indépendantistes bretons, pour détacher la Bretagne de la France réduite à l’Etat-croupion de Vichy. C’est le Général De Gaulle qui, en 1965, déclarait officiellement à Moscou, giflant par avance les négationnistes antisoviétiques d’aujourd’hui : « les Français savent que c’est la Russie soviétique qui a joué le premier rôle dans leur Libération », même si aujourd’hui « Sarko l’Américain » voudrait nous faire croire que la Libération a commencé deux ans après Stalingrad sur les côtes de Normandie. Entre-temps il y avait eu la contre-offensive soviétique, l’entrée des Soviétiques en Allemagne et comme chacun sait, c’est l’Armée soviétique et elle seule qui prit Berlin et planta le drapeau rouge de la victoire sur le Reichstag pendant que le monstre Hitler au nom mille fois maudit en était réduit à se suicider dans son bunker.

 

Et bien entendu, en France même, ce furent les communistes, notamment les Francs-Tireurs et Partisans qui jouèrent le rôle principal dans la lutte armée contre l’Occupant, et ce bien avant l’attaque de Hitler contre l’URSS. Ce fut, dès le 10 juillet 40, l’appel Thorez-Duclos qui se termine par la phrase : « jamais le peuple français ne sera un peuple d’esclave ». C’est, dès 40, l’attentat des frères Landini, militants communistes dans le Var, contre un convoi destiné à l’Allemagne. C’est la mise en place de l’Organisation spéciale, première organisation armée de la Résistance qui protégea la manifestation patriotique du 11 novembre 1940, organisée à l’Etoile par l’Union des Etudiants Communistes en présence de Guy Moquet, qui devait le payer de sa vie. Petits hommes qui osez aujourd’hui, parce que l’anticommunisme et la contre-révolution ont provisoirement triomphé des premières expériences socialistes de l’histoire, nier le rôle des communistes dans la Résistance alors qu’ici même, dans le bassin minier, la classe ouvrière déclencha le signal de l’héroïsme de masse à l’appel du communiste Michel Brûlé, dont aucune rue ne porte le nom à Lens, et de Vasil Porik, un mineur soviétique internationaliste, en tenant l’héroïque grève patriotique de mai-juin 1941. Ainsi, alors que la grande bourgeoisie des Louis Renault et Cie se roulait dans la Kollaboration, « la classe ouvrière resta seule, dans sa masse, fidèle à la France profanée », comme l’écrira par la suite l’écrivain gaulliste François Mauriac.

 

Et pendant que Fabien déclenchait la lutte armée dans le métro parisien en abattant un officier allemand, Debarge et ses camarades mineurs Boulanger et Ledent menaient la première action armée contre l’occupant en abattant un garde allemand au pont Césarine de Lens. C’est aussi notre camarade Maria Delvaux, ancienne trésorière de notre section PCF de Lens, devenue section PRCF, qui fut aussi longtemps membre de la première Coordination communiste, qui fit la liaison à vélo pendant toute la guerre entre Paris et Lens pour relier les FTP Nord à l’état-major parisien dirigé par Duclos et Frachon. C’est notre camarade Jeanne Collette, de Douai, membre du PRCF, qui faisait la même chose pendant toute la guerre entre Bruxelles et Douai pour joindre l’état-major du PCF à l’Internationale communiste basée en Belgique avec Eugène Fried, dit Clément. C’est René Lanoy, notre camarade, qui présidait le VRAI Front national pendant la guerre, pendant que sa femme Suzanne, horriblement torturée, refusait jusqu’à la mort de lâcher les noms des copains malgré la menace des lâches miliciens pétainistes de tuer sous ses yeux son bébé alors âgé de quelques mois.

 

            Aujourd’hui quand, par un texte déposé en commun par des députés socialistes (dont Peillon), verts et FN mêlés, nous voyons l’Europe supranationale, digne héritière de la « GroSS Europa » nazie, criminaliser le communisme et l’URSS à l’égal de l’Allemagne nazie, alors que dans toute l’Europe la droite et l’ultra-droite s’associent à l’extrême droite fasciste, oui nous sommes écoeurés. En France même, qui donc êtes-vous, petits députés sarkozystes, pour tenter de criminaliser l’URSS avec votre projet pour faire du 9 novembre une journée européenne de l’anticommunisme, vous dont le chef de file se glorifie d’expulser 25 000 ouvriers étrangers, dont des bébés, chaque mois ? Qui êtes-vous, vous pour parler de liberté, vous dont le chef Sarkozy a fait préfacer son livre « Témoignage » par Gianfranco Fini, le chef de file des néofascistes italiens admirateurs de Mussolini ? Qui êtes-vous pour parler de démocratie, vous dont le ministre Hortefeux a organisé à Vichy une réunion européenne des ministres chargés de l’immigration, qui êtes-vous, vous qui parlez d’histoire et qui avez voulu réhabiliter la colonisation ?

 

            Bien entendu, les dirigeants de l’Europe supranationale, et le chef suprême de l’UMP, qui ne peuvent manquer de superviser, voir d’inspirer ces projets liberticides anticommunistes, mettent en avant le pacte germano-soviétique de non-agression de 1939, mensongèrement présenté aux lycéens comme une alliance agressive Hitler-Staline. Quelle duperie ! Ils feignent ainsi d’ignorer que le pacte n’a été signé par l’URSS qu’après que l’Occident anglo-français ait obstinément refusé tout au long des années 30, comme l’a reconnu après-guerre Paul Reynaud, de remettre en place l’équivalent de la « l’Entente » anglo-franco-russe de 1914, que Staline ne cessait de proposer aux Occidentaux pour encercler Hitler. Non seulement cette « belle et bonne Alliance », que De Gaulle célébrait à Moscou en 65, fut obstinément refusée par anticommunisme par la grande bourgeoisie anglo-française, mais à la même époque, le Comité des Forges, ancêtre du MEDEF et de l’UIMM, lançait une campagne anticommuniste et anti-française endiablée sur le thème, « plutôt Hitler que le Front populaire ». Comme l’a montré l’historienne Annie Lacroix-Riz, les dirigeants occidentaux se rapprochaient alors de Hitler et laissaient sciemment s’implanter en France et en Angleterre une « Cinquième colonne » nazie qui infiltrait tranquillement tous les milieux dirigeants. Cette politique anticommuniste, anti-française et pro-fasciste se traduisit d’abord par la capitulation de Léon Blum qui en 1936 décréta coup sur coup la « pause » des revendications sociales puis la « non-intervention » de la France dans la guerre civile espagnole, ce qui laissait le camp républicain espagnol seul face à Hitler, Franco et Mussolini (si l’on excepte les armes parvenant à l’Espagne républicaine de la lointaine Russie et la constitution des Brigades Internationales par l’Internationale communiste et par le PCF). La politique « plutôt Hitler que l’alliance avec l’URSS communiste » se poursuivit avec les honteux Accords de Munich de 1938 où Chamberlain et Daladier donnèrent à Hitler le feu vert pour dépecer la Tchécoslovaquie et attaquer à l’Est, malgré les objurgations du Parti communiste français.

           

            Dans le même temps la réaction se déchaînait en France contre les acquis du Front populaire que le dictateur Daladier, avec la complaisance de la droite radicale et SFIO, élue avec les voix communistes, démontait l’un après l’autre. Devant le front antisoviétique mondial qui se mettait en place, menacée à l’Ouest par l’Allemagne officieusement appuyée par les « démocraties » occidentales en voie de fascisation, menacée à l’Est par le Japon qui était déjà entré en Chine et avait constitué l’Etat fantoche du Mandchoukouo pour attaquer l’URSS par l’Est, la direction soviétique n’avait plus qu’un choix devant elle : soit subir seule l’attaque de toutes les forces antisoviétiques mondiales et être écrasée, soit tenter de diviser le front antisoviétique mondial en voie de formation après Munich. L’URSS tenta cependant d’ultimes discussions avec la France tout au long des années 38/39, mais quand il fut évident que le gouvernement anticommuniste et fascisant de la Pologne ne voudrait à aucun prix laisser l’Armée rouge entrer en Pologne pour aller au choc de l’envahisseur allemand, quand il fut évident que l’état-major ne voulait pas d’une réelle coordination militaire avec les forces soviétiques, le PCUS n’eut plus qu’une ressource : celle de briser la coalition germano-japonaise (on oublie toujours le Japon dans l’affaire !) pour gagner du temps et transférer la production de guerre dans l’Oural.

           

            Le pacte germano-soviétique servit de prétexte à la réaction française, Daladier en tête, pour interdire le PCF, arrêter les maires communistes, invalider les députés communistes et les mettre en détention, alors même que le PCF, sans désavouer la manœuvre tactique à laquelle le refus franco-anglais avait conduit l’URSS, appelait à la guerre à outrance contre Hitler et votait les crédits de guerre au parlement. Même interdit, le PCF fit encore à Paul Reynaud des propositions militaires pour fortifier Paris et entraîner toute la population au sursaut patriotique : peine perdue puisque le philosophe Georges Politzer, qui portait ces propositions du PCF au gouvernement, fut traîtreusement arrêté puis livré aux nazis quand ceux-ci eurent occupé la France, pour être torturé puis fusillé au Mont Valérien. Les courageux éditoriaux d’Aragon dans le journal communiste « Ce soir » portent encore témoignage aujourd’hui, pour qui veut bien lire et réfléchir par lui-même, de ce que fut en réalité la politique du PCF à l’époque du « pacte », malgré l’interdiction du parti et la répression de masse déclenchée par l’ex-majorité socialiste et radicale du Front populaire dont la majorité, sans les députés communistes révoqués, ne tarderait pas à abolir la République en votant les pleins pouvoirs au traître antisémite et ultra-réactionnaire Philippe Pétain.

                       

         On vit alors très vite qui résistait les armes à la main et qui était tout disposé à collaborer avec l’Allemagne. Alors que toutes les forces policières de la dictature dalariériste, puis pétainiste, étaient mobilisées pour démanteler la CGT et arrêter les élus communistes, c’était la « drôle de guerre » sur nos frontières : l’armée française restait l’arme au pied pendant un an et son état-major, commandé par les anti-républicains notoires Weygand et Gamelin ne trouvait rien de mieux que d’envoyer deux corps expéditionnaires en Finlande et en Syrie pour éluder l’affrontement avec l’Allemagne, laisser Hitler dépecer la Pologne sans avoir à s’inquiéter à l’Ouest (« mourir pour Dantzig » ?)… et tenter de prendre… l’Armée rouge en tenailles entre la Scandinavie et le Proche-Orient !

 

         Dans le même temps, l’URSS avançait elle aussi en Pologne, ayant intérêt à ce que la guerre future avec les nazis commençât le plus loin possible de ses frontières Ouest et voulant empêcher que Hitler n’occupât l’ensemble du territoire polonais, avec ce que cela signifiait pour les Juifs polonais.

 

         Dans ces conditions terribles, le PCF désorganisé par la répression trouvait le moyen de créer l’Organisation spéciale, puis les FTP qui, du nord ouvrier à la Corrèze paysanne en passant par la Corse et par la direction militaire des FFI parisiens commandés par Rol et André Tollet, fut la colonne vertébrale de la Résistance armée. Ce n’est pas pour rien qu’en 1945, le « Parti des Fusillés » obtenait 29% des voix alors que la droite se terrait, discréditée par sa collaboration éhontée du grand patronat avec les nazis. Les « historiens » à la Courtois, qui pour faire carrière pratiquent un anticommunisme de confort, peuvent toujours ergoter : en 1945, notre peuple, témoin oculaire, ne s’était pas trompé sur « qui avait fait quoi ? » !

 

            Voilà. Que dire de plus, sinon qu’aujourd’hui, quand les dirigeants de l’UE et de l’UMP, qui ont ensemble réhabilité insidieusement le régime de Vichy en organisant dans cette ville la réunion des ministres européens de l’immigration, prétendent criminaliser les communistes, ils révèlent leur vraie nature : celles de dignes descendants de ces riches bourgeois qui ont toujours préféré la « GroSS Europa » du profit et de l’anticommunisme à l’indépendance de leur pays et qui rêvent de prendre leur revanche sur Stalingrad et sur le Programme du Conseil national de la résistance, rédigé par le communiste Pierre Villon, en prenant des mesures anticommunistes dignes de Mac Carthy, qui conduiront inéluctablement à la destruction de l’indépendance nationale et de l’ensemble des libertés démocratiques.

 

         Mais cette attitude anticommuniste n’est pas un signe de force. Sans idéaliser les régimes socialistes d’hier, dont les déformations furent réelles dans des circonstances historiques marquées par la guerre froide et l’hostilité acharnée de l’Occident, les peuples de l’est peuvent aujourd’hui comparer le socialisme au capitalisme : or, tous les sondages faits à l’est montrent que, expérience faite, le socialisme apparaît presque comme un paradis perdu pour les ouvriers, les paysans, les retraités livrés au chômage de masse, à la privatisation de la santé, à la casse de l’éducation et à la re-colonisation insidieuse de leur économie par les monopoles capitalistes occidentaux, à une tutelle complète du FMI et de l’Union européenne sur les anciens pays socialistes auxquels Walesa et le Pape avaient fait croire qu’indépendance nationale rimait avec haine des « Russes ».

 

         A l’Ouest, les peuples mesurent mieux ce que leur apporte de misère et de reculs sociaux l’Europe supranationale de Maastricht qui s’est construite sur les ruines de l’Europe socialiste, avec l’aide des renégats occidentaux du communisme. Les luttes de classes montent face à ce capitalisme prédateur qui dépèce la République, les conquêtes des Lumières, de la Révolution française et du Conseil national de la Résistance, Sécu, nationalisations, retraites, statuts, conventions collectives, tous ces acquis inséparables des noms d’Ambroise Croizat, Maurice Thorez, Marcel Paul, Charles Tillon, François Billoux, et autres ministres communistes de 1945/47…

 

            La criminalisation du communisme est donc la réponse défensive du capitalisme en crise contre un mouvement ouvrier qui, lorsqu’il aura vu clair sur la signification de classe de l’euro-anticommunisme, reprendra l’offensive pour la démocratie, pour l’indépendance nationale, le socialisme et la paix.

 

                  Aujourd’hui le rôle des vrais démocrates est de comprendre que l’euro-maccarthysme qui se met en place, avec la multiplication des lois répressives de la Tchéquie, où la JC est interdite, à la Pologne, où la « lustration » anticommuniste déstabilise le débat démocratique, sans oublier les pays baltes, où les 40% de Russophones sont victimes de discrimination, et la Croatie, où les porteurs de drapeau rouge sont emprisonnés, vise TOUS les progressistes, tous les anticapitalistes, y compris ceux qui se laissent tromper par les campagnes anticommunistes menées dans notre pays sans que jamais la parole ne soit donnée à la défense et sans que jamais les dirigeants faillis du PCF ne lèvent la voix pour marcher contre le courant qui les engloutira eux aussi, si les vrais communistes ne parviennent pas à s’unir pour reprendre ensemble le flambeau du combat de classe.

 

                  Nous sommes confiants : le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire. L’Europe supranationale ne fait plus recette et des millions de Français et d’Européens vont bientôt dire leur dégoût de cette construction dictatoriale en s’abstenant le 7 juin. L’avenir n’est pas aux Mac Carthy européens, il reste aux peuples et aux travailleurs !

 

            Honneur à René et à Suzanne Lanoy, à Debarge, aux frères Camphin, à Jeanne Colette ! Honte aux lepénistes qui usurpent le nom du Front national antifasciste créé par le PCF !Honneur à Maria Delvaux, militante communiste lensoise qui mérite qu’enfin son nom d’ouvrière modeste et héroïque honore un lieu public important de la ville de Lens. 

 

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21:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, urss, belgique, guerre, nazisme, romain, courcelles, france, communisme, fascisme, europe, euro-dictatire, presse, medias, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

31/03/2009

20/03/2009: www.michelcollon.info se transforme et s'élargit...

 
 
-------Message original-------
 
Date : 03/20/09 07:46:55
Sujet : www.michelcollon.info se transforme et s'élargit
 
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Interview de Michel Collon, fondateur d'Investig'Action
PAR PATRICIA PARGA-VEGA

www.michelcollon.info se transforme et s'élargit
Tout ce qu'Internet va nous permettre... 

Le voici enfin! Depuis de longs mois, l'équipe Investig'Action prépare un nouveau site complètement relooké. Plus agréable, plus clair, plus pratique. 
A la demande de nombreux lecteurs, Michel Collon explique ici comment a démarré l'aventure de ce site, son succès croissant et son grand potentiel, et pourquoi Internet est aujourd'hui la seule possibilité de construire une info indépendante et rigoureuse. Pour exposer les intérêts cachés, les médiamensonges, donner la parole aux oubliés des médias.
De plus, Investig'Action fourmille de projets : newsletter et site en espagnol et anglais, rubriques audio et vidéo, développement du test-médias...


Aujourd'hui, le site que vous avez lancé change de look, crée de nouvelles activités, met en place un nouveau collectif : l'équipe Investig'Action. Avec plus de trois mille visiteurs par jour, www.michelcollon.info est devenu un incontournable de l'info alternative. Bientôt, il paraîtra aussi en espagnol, puis en anglais. Cependant, beaucoup de ces visiteurs ignorent comment l'aventure a commencé. Pourriez-vous l'expliquer ?
Michel Collon.
Depuis la première guerre du Golfe (1991), je travaille à décoder l'info. Mon premier livre Attention, médias ! exposait comment les grands médias français et belges avaient manipulé l'opinion pour leur faire accepter cette guerre. Et comment repérer les médiamensonges. Mes deux livres suivants Poker menteur (1998) et Monopoly - L'Otan à la conquête du monde (2000) ont étudié les intérêts des multinationales cachés derrière ces médiamensonges. Et la stratégie des Etats-Unis pour dominer la planète.
Mais les livres ne suffisent pas. D'abord, l'image joue un rôle crucial dans la propagande de guerre. En 2002, j'ai rencontré la jeune réalisatrice Vanessa Stojilkovic. Ses deux films documentaires - "Les Damnés du Kosovo" (2002) et "Bruxelles – Caracas, les Vénézuéliens répondent" (2005) - ont réussi à montrer le vrai visage de la guerre, mais aussi à donner la parole aux exclus de l'info et à leurs espoirs.
Ces films et ces livres nous ont permis – malgré la censure des grands médias – de rencontrer un très large public au cours de centaines de débats en de nombreux pays. Et cette expérience très enrichissante nous a fait ressentir de tout près ce que les gens attendent : ils ne font plus confiance aux médias traditionnels, mais ne veulent pas rester passifs. Alors, que faire ?
 
C’est Internet qui a changé la donne ?
Michel Collon.
Absolument. A partir de 2000, Internet a révolutionné notre pratique. D'abord, pour développer un large réseau de contacts à travers le monde entier, échanger des analyses et informations, mener des enquêtes. Mais aussi pour réagir à chaud à l'actualité. Avec un livre, ou avec un film, nous arrivions un an après les faits. Toujours en retard d'une guerre ! A présent, grâce à Internet, nous pouvions combattre les médiamensonges le jour même. Avec l’aide de Vanessa, j'ai donc lancé, début 2004, le site www.michelcollon.info. Au début, c'était un site d’auteur, comme on dit : pour présenter ses travaux et les miens, pour diffuser rapidement mes articles.
 
Mais ça a très vite évolué...
Michel Collon.
En effet. Invité dans beaucoup de pays, j'avais l’occasion de rencontrer plein de gens très intéressants, célèbres ou non. Je me suis dit qu'il fallait absolument partager ces rencontres et ces richesses. Alors, j'ai créé sur le site une rubrique "Mes invités", présentant les textes que je recevais. Je me souviens du tout premier : une superbe histoire, brève et très touchante, que m'avait racontée, un soir, en Galice, le célèbre écrivain argentin Adolfo Perez Esquivel (ndlr : Prix Nobel de la Paix 1980) : Histoire de l'enfant qui devait reconstruire le monde. Ce fut le premier texte d'un "invité". Vous pouvez toujours la trouver sur le site.
 
A présent, le site compte plusieurs milliers de récits, témoignages, analyses... Un trésor !
Michel Collon.
Oui, il est vite apparu que c'était une formidable opportunité de créer un véritable média alternatif. Le média de ceux qui ne sont pas dans les médias. Car ils n'appartiennent pas aux classes dominantes, et vont à contre-courant de la pensée unique.
 De plus en plus de gens m'ont envoyé des articles. Grâce à ce réseau international, nos lecteurs ont pu lire des témoignages humains, des critiques de médiamensonges, des analyses sur les stratégies cachées... Manifestement, cela correspondait à un besoin. Les gens qui travaillent, qui sont actifs n'ont pas le temps de lire tout ce qu'on trouve sur le Net. Ils apprécient de trouver chaque semaine la sélection de notre newsletter hebdomadaire... Et le nombre de nos lecteurs n'a cessé d'augmenter. Aujourd'hui, plus de 3.000 personnes visitent le site chaque jour.
 
Quels sont les critères pour sélectionner un article ?
Michel Collon.
Il doit apporter quelque chose de nouveau, de significatif. Avoir une valeur durable même si vous le relisez dans un an ou deux. Les "news", comme on dit, nous les laissons aux agences. Nous cherchons à donner une vue d'ensemble sur le monde (il faudra encore des efforts pour mieux couvrir l'Afrique, le monde arabe, la Russie, l'Asie). Nous ne nous adressons pas à des spécialistes, mais à un public très large. Donc, les articles doivent être de qualité, sérieux, citant leurs sources, mais également clairs, faciles à lire, pas trop longs...
 
Parce que sur Internet, on trouve à boire et à manger.
Michel Collon.
Exactement. Internet n'est pas immunisé contre la désinformation, on trouve toutes sortes de "hoax" politiques lancés pour manipuler l'opinion, on rencontre aussi des gens qui répandent leurs délires personnels, des théories du super - complot...
 
Et www.michelcollon.info n'a jamais commis d’erreurs ?
Michel Collon.
Si, c'est arrivé trois fois en cinq années. Mais nous l'avons directement signalé. Tout journaliste, même prudent, peut se tromper ou se faire avoir. Celui qui est honnête le signale aux lecteurs. Cela permet à chacun d'en tirer des leçons pour augmenter la vigilance. L'info n'est pas une autoroute, c'est un chemin de montagne.
 
Mais qu'est-ce qui a vraiment changé avec Internet ?
Michel Collon.
Tout. Auparavant, l'info était monopolisée par les intérêts dominants. Bien sûr, comme on dit, « la presse est libre », vous avez le droit de lancer votre télévision ou votre réseau de quotidiens, il vous suffit d’avoir quelques centaines de millions d’euros.
Les médias traditionnels ne sont pas un contre-pouvoir, ils font partie du pouvoir comme l'ont montré Noam Chomsky ou Geoffrey Geuens dans son excellent livre « Tous pouvoirs confondus ». Ils sont liés au système parce que leurs propriétaires sont de grosses entreprises capitalistes (de plus en plus aux mains de quelques milliardaires : Lagardère, Murdoch, Berlusconi), parce qu'ils vivent de la publicité des multinationales, parce que leurs dirigeants sont liés aux pouvoirs économiques et politiques, parce que leur idéologie défend le système en place et empêche les gens de penser par eux-mêmes.
Avec Internet, en quelques années, une autre manière de s'informer est devenue possible. Gratuite, rapide, interactive, libre des pressions politiques et financières, même si les idées dominantes y dominent aussi (par exemple, en général, sur Wikipédia). Mais on peut en tout cas échapper au blocage financier.
 Internet a introduit une nouvelle mentalité. Avant, un article était une marchandise, qu'un média achetait à un journaliste ou un auteur, et qu'il revendait à un lecteur. Or, les marchandises seront forcément toujours dominées par les intérêts qui dominent le marché.
A présent, sur le Net, tout s'échange et circule gratuitement. C'est un grand progrès. Je dirais même que cela préfigure l’avènement d'un autre monde, d’une société différente. La preuve par l’info : en mettant en commun des forces qui peuvent venir du monde entier, nous pouvons rassembler beaucoup plus d'informations - et les vérifier - que dans la presse traditionnelle. Celle-ci, enfermée dans sa course à la rentabilité, ne peut payer les journalistes pour mener des investigations et des vérifications sérieuses, 90% de leurs infos sont en fait du recopiage de dépêches d’agences.
Donc, par la mise en commun et la solidarité, on arrive à une qualité d'info bien supérieure à la concurrence économique des médias privés. C’est une leçon de société ça ! Tout comme, en informatique, Linux est bien supérieur au Microsoft de Bill Gates, parce que Linux repose sur le partage et non la dissimulation des infos, Linux ne se bat pas contre des concurrents, mais avec toutes les bonnes volontés.
 
Bénévole, c'est la clé ?
Michel Collon.
Je pense que oui. L'info - marchandise, l'info comme support de pub pour des multinationales, ça fausse tout. Comment un grand média pourrait-il être libre s'il est aux mains de milliardaires ou s'il dépend des énormes budgets publicitaires des multinationales ?
 
Mais sur Internet, n'êtes-vous pas condamnés à la confidentialité ?
Michel Collon.
Non, ça peut marcher, il est temps d'en finir avec le pessimisme si répandu en Europe. Pour illustrer les possibilités d'Internet, je voudrais mentionner l'excellent site espagnol Rebelion, lancé par un journaliste Pascual Serrano, bientôt rejoint par quelques collaborateurs bénévoles. Chaque jour, ils diffusent une trentaine d'articles, les meilleurs qui paraissent en espagnol. Chaque jour, ils ont trente mille lecteurs ! Dans les statistiques, ils sont le sixième média quotidien espagnol derrière El Pais, El Mundo, ABC... Une vraie alternative ! Nous avons avec eux une très bonne collaboration.
 
Alors, Internet, c'est la panacée, la solution miracle ?
Michel Collon.
Non, Internet me semble menacé par deux dangers. 1. Les médias y investissent beaucoup, se déplaçant des quotidiens papier (en déclin) et même des journaux télévisés vers le Net. Pour deux raisons :
1. Le public peut y trouver une info à la demande, plus spécialisée, plus active et gratuite (voir le succès de Youtube, Dailymotion, etc)
2. La publicité peut beaucoup mieux cibler son public, Internet permettant de suivre et d'espionner les habitudes de consommation.
Donc, les médias traditionnels se reconvertissent sur Internet. Seulement, leur info reste la même. Ils sont liés au système parce que leurs propriétaires sont de grosses entreprises capitalistes, parce qu’ils vivent de la publicité des multinationales, parce que leurs dirigeants sont liés aux pouvoirs économiques et politiques, parce que l'idéologie dominante défend le système en place et cherche à empêcher les gens de penser par eux-mêmes. Encore récemment, on a vu en Belgique trois journalistes chevronnées se faire licencier en trois minutes. En France, le couple « Dr Kouchner et Mrs Ockrent » applique ce système jusqu'à la caricature : placée par Monsieur à la tête de France 24, Madame a mis à la porte un journaliste expérimenté qui avait osé critiquer Monsieur !
 Cette info n'est pas libre. Mais avec leurs gros moyens financiers, ces médias traditionnels essaient d'accrocher la nouvelle génération et de la garder dans le droit chemin. Il y aura une course de vitesse pour les empêcher de monopoliser l'info Internet comme ils l'ont fait avec la radio ou la télé. L'info des multinationales contre l'info des gens. Nous devons absolument gagner cette course sur Internet, il faudrait un grand Forum international pour construire des alternatives dans l'info avec les nouvelles technologies.
 
Et l'autre menace ?
Michel Collon.
Eh bien, les Etats-Unis mais aussi d'autres puissances, sont très inquiets. Si les médiamensonges peuvent être réfutés rapidement et dans le monde entier, la propagande de guerre aura du mal. Déjà, Al Jazeera et d’autres journalistes se sont fait tirer dessus ou emprisonner, déjà quand Washington déclenche une guerre, l'armée US s’empresse d’éliminer la télé de l’adversaire. A présent, le Pentagone a défini une stratégie offensive contre Internet. Il est clair que si une guerre éclate, beaucoup de sites alternatifs connaîtront des "accidents". Il faudra prévoir des parades. On doit se faire connaître, se renforcer, élargir le réseau pour les empêcher de tout fermer le moment venu. Evidemment, comme Internet est devenu un énorme marché, les Etats-Unis, qui l'ont créé, ne peuvent plus faire marche arrière. Mais ils cherchent des parades... Voilà bien une ironie de l'Histoire : avec Internet, la classe dominante a fabriqué une arme qui peut se retourner contre elle.
 
Pourquoi ce nom d'Investig'Action ?
Michel Collon.
Il exprime les deux aspects de notre activité. D'une part, chercher ce qu’on nous cache. Sans tomber dans la paranoïa, nous analysons les intérêts cachés derrière chaque conflit, économique, social ou militaire. D'autre part, nos lecteurs emploient leurs infos pour discuter au boulot, à l’école, dans leur milieu. Nous voulons leur être utiles. Donc, nous répondons à leurs questions, leurs critiques, leurs propositions. Qui d'ailleurs nous apprennent beaucoup à nous aussi.
En outre, nous publions des livres pour approfondir certains sujets. Et nous préparons des films documentaires permettant à chacun de présenter ces sujets dans des publics larges, afin de stimuler le débat. Enfin, nous organisons des formations qui aident chacun à être actif autour de soi et sur le Net. Des séminaire sur « les mécanismes fondamentaux de la mondialisation », « comment devenir journaliste alternatif », « Palestine et médias » ou encore « Chavez, l’Amérique latine et la libération du tiers monde ».
 
« Décoder l'info » est inscrit en tête du site, ce sera votre spécificité ?
Michel Collon.
Oui, ce que nous appelons « test – médias » va se développer très fort sur le site. Tout commence par là. Apprendre à repérer les manipulations, les non dits, les procédés de diabolisation. En fait, l'info dominante prétend penser à notre place.
 
Une idée du public qui visite le site ?
Michel Collon.
Oui, grâce aux statistiques de fréquentation et au très abondant courrier. Nous sommes lus dans beaucoup de pays : France, Belgique, Suisse, Afrique, Espagne, monde arabe, Amérique latine... Des intellectuels, mais aussi des travailleurs, des jeunes, des étudiants. Et pas seulement des gens de gauche, on a toutes sortes de discussions intéressantes.
Notre but est double. D'une part, toucher des lecteurs déjà actifs et concernés. Ils forwardent nos articles ou les utilisent en presse écrite, en radio, en discussions. Internet ne supprime pas les autres médias et le travail de discussion, il les renforce. Et puis, nous touchons surtout un public plus large, simplement curieux et ouvert. C'est très important de s'adresser à tout le monde. Travailler pour les initiés, ce serait s'enfermer.
 
Quand même, aller à contre-courant, travailler sans reconnaissance des médias officiels : jamais découragé ?
Michel Collon.
Jamais. Bien que la vie ne m'ait pas ménagé, et bien que mes reportages dans des pays comme l'Irak ou la Yougoslavie en temps de guerre m'aient donné à voir des souffrances bouleversantes, je peux vous assurer d'une chose : quand on a la chance comme moi de pouvoir donner la parole à ceux qui souffrent, à ceux qui luttent, et de recevoir autant de remerciements chaque jour, ça donne une force incroyable !
 
Cette croissance du site, c'est cela qui a justifié la formation d'une équipe ?
Michel Collon.
Il y a deux raisons en fait. D'abord, oui, je n'arrivais plus à mener de front ces diverses activités : le site (sélection, traduction et postage d'articles), le courrier, la préparation de livres, l'aide à la réalisation de films documentaires, les séminaires de formation, les tournées de conférences, les voyages... Il y a une attente énorme, les gens veulent réellement faire quelque chose pour changer l'info.
Mais aussi, je souhaitais depuis un moment former une équipe et transmettre mon expérience. Ca fait bientôt vingt ans que j'étudie les Etats-Unis, les guerres, les médias, vingt ans que je donne des conférences, et discute avec toutes sortes de publics qui, eux aussi, m'apprennent énormément. L'âge arrive, il est temps de transmettre tout cela. Depuis quelques mois, une équipe s'est formée à Bruxelles, le travail a été réparti selon les capacités et le temps de chacun, on fait le point chaque semaine sur l'actualité, les problèmes du site, les tâches. Avec cette équipe, nous avons préparé pendant plusieurs mois le tout nouveau site et les nouveaux projets...
 
Qu’est-ce qui a changé dans le site ?
Michel Collon.
D'abord, il a été complètement relooké. Des couleurs plus douces et harmonieuses (l'info est déjà assez dure, non ?), plus de blanc pour respirer, des rubriques plus claires pour trouver son chemin. Et un nouvel en-tête qui indique mieux le travail dorénavant collectif. Ensuite, nous allons de plus en plus développer notre activité spécifique : le décodage de l'info, le "test - médias", comme nous disons. Et des rubriques audio et vidéo pour lesquelles nous faisons appel aux suggestions et aux coups de main.
 
Et le site devient multilingue ?
Michel Collon.
Oui, ça c'est très important. Voyageant beaucoup, j'ai pu constater qu'il existe de véritables murs dans l'info alternative. Les Français, par exemple, sont assez peu bilingues. Du coup, ils sont peu au courant de tout ce qui circule en langue anglaise et aussi de ce qui se passe en Amérique latine. Inversement, les Latinos ne sont pas très bilingues non plus, et mal informés sur ce qui se passe en Europe (il y a beaucoup d'illusions comme quoi l'Europe serait différente des Etats-Unis), mais aussi au Moyen-Orient ou en Afrique. Il existe de véritables murs entre les mondes progressistes francophone, anglophone, hispanophone, sans parler de tout ce qui s'échange en arabe, en russe ou en chinois. Nous voulons briser ces murs.
 Les multinationales sont très bien globalisées et bien informées de ce qui se passe dans le monde entier. Mais à gauche, on vit dans des bocaux, l'info n’est pas assez globalisée. Nous cherchons donc des traducteurs (bénévoles). Il nous paraît très important de faire connaître en Europe ce qui se passe vraiment en Amérique Latine, en Afrique, au Moyen-Orient. Et vice versa.
 
La Lettre hebdomadaire que connaissent les francophones va donc recevoir des petites sœurs...
Michel Collon.
En espagnol bientôt. Et puis en anglais. Le but est de fournir en ces langues aussi une sélection hebdomadaire d'articles sur l'Europe, l'Afrique, le Moyen-Orient...
 
Avec tous ces développements, sera-t-il possible de maintenir la gratuité ? Comment sont couverts les frais ?
Michel Collon.
Nous tenons absolument à maintenir la gratuité. L'équipe qui m'entoure est bénévole et le restera, même si notre association devra embaucher quelqu'un pour assurer la coordination et le secrétariat. Et, bien sûr, nos frais techniques ont augmenté. Il est vrai qu'une partie de notre public pourrait sans doute payer une toute petite cotisation. Mais nous voulons absolument que l'info reste accessible aux économiquement faibles : les jeunes et les fauchés d'ici, mais aussi nos lecteurs en Afrique et dans le tiers-monde.
Ceci dit, nous ne voulons pas seulement maintenir l'activité, nous voulons l'élargir. Développer de nouveaux projets. Récemment, le site a eu l'occasion de jouer un rôle important dans la contre - info sur Gaza. Les débuts de la série d'interviews de Mohamed Hassan « Comprendre le monde musulman » ont connu un grand écho, avec des traductions en une dizaine de langues, des reprises sur des dizaines de sites, magazines et revues. L'interview - vidéo « Kouchner, vrai ou faux ? » a également eu un grand impact. En ces occasions, nous avons commencé à faire appel aux questions et réactions des lecteurs. Internet nous permet de créer un nouveau type de journalisme, plus participatif, plus démocratique. C'est comme ça que nous aurons davantage de pouvoir sur l’info.
Donc, pour couvrir ces frais et lancer de nouveaux projets, nous allons dorénavant faire appel aux soutiens. Il y a sur le nouveau site un appel à nous donner les moyens de continuer et de développer. La liberté d'informer a un prix. Les médias traditionnels couvrent leurs frais avec la pub, mais du coup, ils ne sont plus libres envers les multinationales. Nous préférons faire confiance à nos lecteurs.
 
Quelque chose à ajouter ?
Michel Collon.
Juste ceci. C'est la désinformation qui rend possible les guerres, les agressions et le maintien des injustices. L'info, c’est donc la première bataille. Les multinationales y investissent des milliards. La seule force qui pourra construire la contre - info, ce sont les gens eux-mêmes !

Découvrez le nouveau site : www.michelcollon.info
 
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20:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, histoire, courcelles, presse, silence, collon, medias, belgique | |  Facebook | |  Imprimer | | |

23/02/2009

22/02/2009: Marx est plus vivant que jamais ...


From: nicolas
Sent: Sunday, February 22, 2009 10:52 PM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fw: Le vieux semble avoir pris un coup de jeune



----- Original Message -----
, February 22, 2009 9:58 PM
Subject: Le vieux semble avoir pris un coup de jeune


" Ceux qui possèdent les capitaux vont chercher à influencer sur la classe ouvrière pour qu'elle achète de plus en plus de biens chers, de
maisons et de technologie en la forçant à emprunter des crédits de plus en plus élevs jusqu'au moment où les dettes deviendront
irremboursables. Les dettes non remboursées vont amener les banques à la banqueroute et il faudra les nationaliser. C'est ainsi que l'Etat
prendra le chemin qui, en fin de compte, mènera au communisme3

Karl Marx 1867

16:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, banque, bourse, finance, marxisme, socialisme, information, presse, recession, silence, societe, courcelles, romain, histoire, capitalisme, oppression capitaliste, communisme, chomage, crise, medias, television | |  Facebook | |  Imprimer | | |

15/02/2009

15/02/2009: Beaucoup d'argent derrière la propagande du réchauffement climatique ...

 

Sent: Saturday, February 14, 2009 11:30 PM
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fwd: Fw: bcp d'argent derrière la propagande du réchauffement climatique

 


http://www.polemia.com/article.php?id=1637

Le : 30 Mars 2008

Beaucoup d'argent derrière la propagande du réchauffement climatique

 

Encore un professeur qui remet en cause le prétendu « consensus » de la responsabilité de l'homme dans le changement climatique.

Dernier en date à avoir dénoncé le mythe d'un « consensus » sur la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique, un professeur de physique à la retraite s'en est pris, dans un discours prononcé hier, aux énormes intérêts financiers alimentant la propagande du changement climatique qui ne cadre pas avec la véritable science.

Howard C. Hayden, professeur émérite de physique à l'université du Connecticut, a déclaré devant un auditoire de Pueblo West qu'il avait été incité à s'exprimer franchement au retour d'un séjour à New York où il avait appris que des panneaux d'affichage alarmistes sur les effets à long terme du réchauffement de la planète s'achetaient 700.000 dollars par mois.

« Il y a quelqu'un qui est prêt à dépenser d'énormes sommes d'argent pour nous  faire peur à propos du réchauffement climatique », a déclaré Hayden. « Derrière la propagande pour le réchauffement de la planète il y a une question de gros sous. »

Hayden a fait remarquer que le réchauffement se manifestait dans l'ensemble du système solaire, soulignant le fait que ce sont des causes naturelles et non humaines qui sont à l'origine du changement climatique, un phénomène qui s'est produit tout au long de l'histoire.

«  Oui, la calotte glaciaire s'amincit… sur Mars », a-t-il annoncé. « Sur Mars, la calotte glaciaire est en train de fondre et des petites collines disparaissent » et on observe également des tendances au réchauffement sur Jupiter, sur Saturne et sur Triton.

Rappelant le fait que l'activité humaine est seulement responsable de 3% des émissions de CO2 sur terre, Hayden a précisé que le taux de CO2 dans l'atmosphère augmente et baisse depuis 400.000 ans.

« Nous sommes au niveau le plus bas des 300.000 dernières années », a-t-il ajouté. « A cours de la période jurassique, nous avions de très hauts niveaux de CO2. »

Et Hayden de conclure : « Environ 97% du CO2 de l'atmophère ont pour origine des sources naturelles, et non humaines », ajoutant que la question du réchauffement de la planète est mise en avant, non pas par des groupes de défense populaires, mais par des entreprises géantes qui sont là pour tirer profit de la vente de concepts tels que la recherche et le commerce du CO2.

Comme nous l'avons signalé l'année dernière, au cours de la réunion secrète de la Commission trilatérale de mars 2007 les élites se sont rassemblées pour formuler une politique sur la meilleure manière d'exploiter l'alarmisme à propos du réchauffement planétaire afin d'augmenter les impôts et avoir le contrôle du mode de vie des Occidentaux.

Au cours de cette causette, Peter Sutherland, président européen de la Commission trilatérale, membre du Bilderberg et président de la British Petroleum, s'adressant à acolytes, a lancé un « cri de guerre universelle afin que le monde aborde d'une seule voix la question du "réchauffement de la planète" ».

Lui faisant écho le général Lord Guthrie, directeur de NM Rothschild & Sons, membre de la Chambre des Lords et ancien chef d'état-major de la Défense à Londres, a exhorté les éminences grises de la Trilatérale à « aborder d'une seule voix la crise du réchauffement planétaire et à imposer des règles s'appliquant au monde entier ».

 (...)

Dans son excellent article intitulé « L'hystérie du réchauffement planétaire sert de prétexte à un gouvernement mondial », Daniel Taylor montre que l'exploitation du phénomène naturel du « réchauffement de la planète » était la marotte du Club de Rome et du CFR [Council on Foreigh Relations].

« Dans un rapport de 1991 intitulé "La première révolution mondiale" et publié par le Club de Rome, groupe de réflexion mondialiste, on trouve la déclaration suivante : "A la recherche d'un nouvel ennemi pour nous unir, il nous est venu l'idée que la pollution, la menace du réchauffement de la planète, les pénuries d'eau, la famine etc. feraient l'affaire… Tous ces dangers sont causés par l'intervention humaine… Le véritable ennemi, donc, c'est l'humanité elle-même."

« Richard Haass, actuel président du CFR, a déclaré dans son article "A l'ère du mondialisme il faut changer la souveraineté d'Etat" qu'il fallait créer un système de gouvernement mondial et éliminer toute souveraineté afin de combattre le réchauffement planétaire, en même temps que le terrorisme." "De plus, si le système international doit fonctionner, les Etats doivent être préparés à céder leur souveraineté à des organismes mondiaux", dit Haass. "La mondialisation implique par conséquent non seulement que la souveraineté devienne plus faible dans la réalité, mais qu'il est nécessaire qu'elle devienne plus faible. Il serait judicieux que les Etats affaiblissent leur souveraineté pour se protéger eux-mêmes." » 

The fact that global warming hysteria is being pushed by governments that have been caught lying to the public on a regular basis, along with elitists whose stated goal is to push fearmongering as a means of increasing taxation and control over our lives, emphasizes the reality that, allied to the its phony scientific foundation, global warming is just the latest hobby-horse on which control freaks have piggy-backed their agenda to dominate and rule.

Le fait que l'hystérie du réchauffement planétaire soit appuyée par des gouvernements qui se sont fait prendre régulièrement en train de mentir au public, ainsi que par des élites qui ont pour objectif déclaré de promouvoir l'alarmisme comme moyen pour augmenter les impôts et contrôler notre existence, met en relief la réalité selon laquelle, allié à un fondement scientifique trompeur, le réchauffement planétaire n'est que le dernier dada sur lequel les fanas du contrôle ont harnaché leur programme pour dominer et gouverner.

Paul Joseph Watson
http://prisonplanet.com/articles/march2008/031108_big_money.htm
11/03/08
Traduction de l'américain par René Schleiter
Correspondance Polémia
21/03/08

 

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11/02/2009

09/02/2009: Le "massacre" serbe de Racak n'a jamais eu lieu ...

Sulla vicenda si vedano i numerosi altri documenti da noi diffusi su JUGOINFO: http://it.groups.yahoo.com/group/crj-mailinglist/msearch?MT=Racak+Ranta&MM=contains&pos=20&cnt=10 )


Le "massacre" serbe de Racak n'a jamais eu lieu


1) Le "massacre" serbe de Racak n'a jamais eu lieu (L. Magnin)

2) October 2008: Helena Ranta: Foreign Ministry tried to influence Kosovo reports / Controversy over events that triggered NATO attacks / Ranta speaks out about "Racak massacre" 


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Le "massacre" serbe de Racak n'a jamais eu lieu

Le prétexte qui a justifié le bombardement de la Yougoslavie était un énorme mensonge

Louis Magnin
 
La Dr Helena Ranta, responsable de l'équipe d'enquêteurs sur le terrain, révèle comment elle a été obligée de confirmer la version officielle d'une sinistre mise en scène.
 
Helena Ranta, une spécialiste finlandaise de médecine légale de renommée mondiale, âgée de 62 ans, vient de publier sa biographie à Helsinki, écrite avec l’aide de Kaius Niemi, un des directeurs du journal Helsingin Sanomat. Elle était la responsable de l’équipe d’enquêteurs internationaux chargée sur place du rapport sur les événements qui s’étaient déroulés dans le village de Racak, au Kosovo, où 45 cadavres avaient été découverts en 1999. La sinistre trouvaille avait été immédiatement transformée par les médias occidentaux en un massacre de civils albanais attribué aux Serbes, suscitant l’indignation mondiale, et servant de prétexte justificatif du bombardement de la Yougoslavie. Dans son livre, Helena Ranta fait des révélations spectaculaires sur les pressions qu’elle a subies pour accréditer la fausse version de la culpabilité serbe, faisant ainsi voler en éclats un des plus grands mensonges de la guerre dans les Balkans. 
Elle y raconte que William Walker, le chef américain de la mission de l’OSCE au Kosovo pendant l’hiver 1998-1999, a brisé son crayon en bois et lancé les morceaux à sa figure, furieux des conclusions de son rapport, qui n’avaient pas utilisé “un langage suffisamment convaincant” à propos des atrocités serbes. Elle y décrit les pressions de trois fonctionnaires du ministère finlandais des Affaires étrangères qui exigeaient d’elle “des conclusions plus approfondies”. “J’ai conservé leurs e-mails” a-t-elle dit à son éditeur à Helsinki. 

Une déclaration imposée 

En 1999, elle avait été obligée de déclarer à la presse “oui, il s’agit d’un crime contre l’humanité”. Mais le journaliste finlandais Ari Rusila, expert pour les Balkans, écrit dans un article sur le livre d’Helena Ranta que, pendant son enquête, elle avait voulu que ses résultats ne soient en faveur ni des uns ni des autres et avait essayé de se soustraire aux infleunces politiques, mais que, dès le début, elle travaillait sous une intense pression de sa hiérarchie et des médias. Les autorités voulaient qu’elle prouve que les coups de feu ayant tué les victimes étaient les coups de grâce d’une exécution. L’objectif de Walker était d’aider l’UCK et de mettre en scène un massacre attribué aux Serbes permettant l’intervention militaire des Occidentaux, qui s’est produite au printemps 1999. 
Ranta précise que le chef à l’époque de la section politique du ministère, Pertti Torstila, aujourd’hui secrétaire d’Etat, lui a demandé de retirer de son rapport un commentaire “modérément critique” de la politique du gouvernement. Torstila a démenti cette affirmation en se prétendant “stupéfait”. 
L’intérêt de ces révélations est qu’elles confirment de façon définitive des doutes qui se manifestaient déjà à l’époque. Un article du 1er février 2001 de FAIR (Fairness & Accuracy in Reporting – Equité et exactitude dans le reportage) fait état du black-out des médias à leur propos. Il revient sur le déroulement des faits. 

Un “horrible massacre” 

En janvier 1999, William Walker annonce que les soldats serbes ont massacré 45 Albanais du village de Racak. Il qualifie la tuerie d’“horrible massacre”, précisant que les victimes étaient toutes des civils, brutalement exécutés, certains d’entre eux même mutilés après leur mort. 
Une fois l’histoire du massacre évoquée dans ses plus bouleversants détails par les grands médias du monde entier, la poussée vers la guerre s’est intensifiée et les alliés européens hésitants ont fait un pas décisif en ce qui concernait l’autorisation de frappes aériennes. Selon un article du Washington Post du 18 avril 1999, “Racak a transformé la politique balkanique de l’Occident comme peu d’événements isolés ont pu le faire.” 

Des doutes font surface 

Des questions troublantes ont pourtant vite vu le jour, mettant le massacre en doute et évoquant la possibilité que l’incident ait été manipulé pour pousser l’OTAN à la guerre, mais elles ont été complètement ignorées par les médias américains de l’époque. 
Des articles importants de correspondants chevronnés en Yougoslavie s’interrogeant sur la version de William Walker ont pourtant été publiés par des journaux français comme Le Figaro (“Nuages noirs sur un massacre”, 20/1/99), et Le Monde (“Les morts de Racak ont-ils réellement été massacrés de sang-froid ?”, 21/1/99). Le quotidien allemand Berliner Zeitung a rapporté, le 13/3/99, que plusieurs gouvernements, dont l’Allemagne et l’Italie, demandaient à l’OSCE de renvoyer William Walker, à la lumière d’informations reçues de contrôleurs de l’OSCE au Kosovo selon lesquelles les corps de Racak “n’étaient pas – comme le prétend Walker – des victimes d’un massacre serbe de civils” mais ceux de combattants de l’UCK tués au combat. 

Un rapport occulté pendant deux ans 

Le Sunday Times de Londres (12/3/99) a écrit que l’équipe d’observateurs américains de Walker travaillait secrètement avec la CIA pour pousser l’OTAN à la guerre. Selon le journal, “Les diplomates européens collaborant à l’époque avec l’OSCE affirment avoir été trahis par une politique américaine rendant les frappes aériennes inévitables.” 
Après le massacre, l’Union européenne a embauché l’équipe de scientifiques finlandais dirigée par Ranta pour enquêter sur les morts. Son rapport a été gardé secret pendant deux ans. Les médias US l’ont ignoré, malgré le fait que le rapport ait conclu qu’il y avait eu en effet des morts à Racak, mais qu’il n’y avait aucune preuve de massacre. 
Selon le Berliner Zeitung du 16/1/01, les enquêteurs finlandais n’ont pas pu établir que les victimes étaient des civils, s’ils étaient de Racak, ni où ils avaient été tués. De plus, ils n’ont trouvé qu’un seul cadavre montrant des traces d’exécution, et aucune preuve que des corps aient été mutilés. Le journal précise que ces conclusions avaient été finalisées en juin 2000, mais qu’elles ont été occultées par l’ONU et l’UE. Aucun journal américain n’en a parlé. 
Un second article de FAIR, daté du 18 juillet 2001, soulève à nouveau des questions. 
De nouvelles informations sur l’incident de Racak ont vu le jour. 

Des douilles introuvables 

Selon le documentaire de la Canadian Broadcasting Company, “La route de Racak” (The World at Six, 29/5/2000), quand l’envoyé spécial du Figaro Renaud Girard est arrivé au village, il a été surpris de voir que William Walker n’avait pas isolé la scène du crime pour permettre l’enquête. Il s’est également étonné de ne trouver pratiquement aucune douille sur le sol. “C’était étrange, a-t-il dit à la CBC. Peut-être quelqu’un les avait ramassées.” De retour à Pristina le même jour, il a parlé à son confrère Christophe Cha-telot du Monde de l’apparente absence de douilles. Chatelot a demandé à l’un des observateurs de Walker, un capitaine de l’armée américaine, pourquoi on n’en avait pas trouvées. “C’est parce que je les ai prises, a répondu le capitaine, j’en fais collection.” Le capitaine “a déclaré à Chatelot qu’il avait ramassé toutes les douilles en arrivant sur la scène.” 
Intrigué, Chatelot est retourné à Racak le lendemain. Quand il a essayé de trouver le capitaine américain, celui-ci était “tout à coup introuvable”. Chatelot affirme que la mission de l’OSCE lui a dit : “Nous ne le connaissons pas. Il n’a jamais été ici.” Quand il a demandé à parler aux quatre contrôleurs qui étaient présents à Racak et dans ses environs le jour de la tuerie, on lui a dit que leurs noms étaient subitement devenus un secret “classé confidentiel”. “C’est très curieux”, a-t-il dit à la CBC. 

Des agents de la CIA 

Plus tard, il est apparu que l’équipe d’observateurs américains de Walker était en grande partie composée d’agents secrets appartenant à la CIA. 
Dans son discours à la nation du 19 mars 1999, annonçant la décision de l’OTAN de lancer les frappes aériennes sur la Yougoslavie, le président Bill Clinton a dit : “Au moment où nous nous préparons à agir, nous devons nous rappeler des leçons apprises dans les Balkans. Nous devons nous souvenir de ce qui est arrivé dans le village de Racak en janvier – des hommes innocents, des femmes et des enfants ont été arrachés à leurs foyers, amenés dans un ravin, forcés à s’agenouiller dans la boue et mitraillés – pas pour quelque chose qu’ils auraient fait, mais simplement pour ce qu’ils étaient.” 
Tout récemment, le Byzantine Blog a marqué le neuvième anniversaire de l’affaire de Racak en rappelant que le jour de Noël 1993, 49 civils serbes avaient été massacrés dans le village bosniaque de Kravice par des troupes musulmanes basées à Srebrenica, un épisode qui n’a entraîné qu’une prudente condamnation des responsables internationaux, bien loin de l’impitoyable bombardement de 78 jours qui a suivi la mort à Racak de 45 Albanais armés. 
Le site en profite pour rappeler quelques détails supplémentaires que nos grands médias ont passé sous silence. 

Une brigade sur place de l’UCK 

Dès son arrivée sur place, Walker a accusé la police serbe du massacre, alors que c’était une police yougoslave multiethnique qui menait les actions antiterroristes au Kosovo. Ses opérations ont été suivies par les contrôleurs de l’OSCE, deux équipes de télévision étrangères et un grand nombre d’envoyés spéciaux de différents pays : aucun d’entre n’a assisté à un massacre avant que Walker n’en ait vu un. Au début de janvier 1999, le poste de commandement d’une brigade de l’UCK de 126 hommes avait été installé à Racak. Parmi eux se trouvait la famille Mujota, connue pour avoir assassiné six policiers serbes. Les villages environnants de Petrovo, Luzak et Rance étaient sous le contrôle de l’UCK. 

Une opération contrôlée par l’OSCE 

La police yougoslave a informé la mission de l’OSCE de son intention de lancer un raid anti-terroriste sur le village de Racak. L’action a débuté à 8 heures. Selon Renaud Girard, la police n’avait rien à cacher, puisqu’à 8 h 30 elle a invité une équipe de TV (deux reporters d’Associated Press) à filmer l’opération. Des membres de l’OSCE étaient présents et des contrôleurs ont observé le village pendant toute la journée à partir d’une vallée voisine. 
A 15 h, un rapport de la police a été rendu public par le International Press Center de Pristina, qui précisait qu’au cours des combats à Racak, 15 terroristes de l’UCK avaient été tués, et qu’une quantité significative d’armes avait été confisquée. A 15 h 30, les forces de police, accompagnée par l’équipe de TV d’Associated Press, ont quitté le village, emportant une pièce lourde d’artillerie de calibre 12,7 mm, deux engins d’artillerie portables, deux fusils de snipers et 30 kalashnikovs fabriqués en Chine. A 16 h 30, un reporter français a traversé le village en voiture, et y a vu trois véhicules oranges de l’OSCE. Les contrôleurs internationaux parlaient tranquillement avec trois adultes albanais en civil. Ils cherchaient des civils éventuellement blessés. En retournant au village à 18 h, le reporter les a vus emmener deux femmes et deux vieillards légèrement atteints. 

126 terroristes et 4 instructeurs 

Au centre du village, dans une maison où avait été installée la base de l’UCK, la police a trouvé un ordinateur contenant des informations sur la brigade de l’UCK et la liste de ses 126 membres, dont faisaient partie quatre personnes avec des noms anglo-saxons, qui ont été considérées comme des instructeurs étrangers. 
Quand les policiers yougoslaves ont investi le village, et commencé à sécuriser les routes et les tranchées, ils ont été attaqués par les Albanais à partir du Lake Mountain (Jezerska planina) et des villages avoisinants. Pris sous le feu d’une forte offensive et placés en contre-bas, ils ont du se replier. C’est alors qu’a eu lieu la grande mise en scène destinée à impressionner le monde entier. 

Des cadavres déplacés et rhabillés 

Les membres de l’UCK revenus dans Racak ont récupéré dans les ravins et vallons les corps des Albanais tués pendant le combat et les ont rassemblés dans un champ où auparavant il n’y en avait aucun. L’équipe de TV d’AP qui était entrée plus tôt dans le village avec la police a certifié que le champ où on avait empilé les cadavres des victimes soi-disant exécutées était à ce moment vide. Les Albanais ont rhabillé en civils une quarantaine de morts, et ont emmené les autres cadavres en uniforme à Budakovo, où ils les ont probablement enterrés. 
Le lendemain matin tôt, Walker est arrivé au champ pour indiquer comment les corps devaient être disposés pour faire croire à un massacre. La mise en place achevée, il a fait venir les équipes de TV et les journalistes. La description détaillée de l’épisode figure dans le livre du reporter Milorad Drecun intitulé “La seconde bataille du Kosovo”, au chapitre “Le mensonge de Racak”. 

Les frappes “humanitaires” 

L’agence Tanjug rappelle, à l’occasion de cet anniversaire, que la secrétaire d’Etat US de l’époque, Madeleine Albright, avait dit à CBS que “des dizaines de personnes avaient été égorgées à Racak” et que la seule solution était “des frappes aériennes humanitaires sur la Yougoslavie”. 
Dossier préparé par Louis MAGNIN. 
B. I. n° 138, décembre 2008.

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15/01/2009

15/01/2008: La crise financière de l'automne 2008

 
 

 
 
Dimanche, 12 Octobre 2008
La crise financière de l'automne 2008
Alain de Benoist
 
On dit souvent que le capitalisme est synonyme de crise, qu’il se nourrit des crises qu’il provoque, ou encore que sa « faculté d’adaptation » est sans limites, laissant ainsi entendre qu’il est indestructible. En réalité, il faut distinguer les crises cycliques, conjoncturelles (on connaît les célèbres cycles de Kondratieff), et les crises systémiques, structurelles (comme celles qui ont eu lieu entre 1870 et 1893, lors de la Grande Dépression de 1929, ou entre 1973 et 1982, lorsqu’un chômage structurel a commencé à apparaître dans les pays occidentaux). Avec la crise financière actuelle, il ne fait pas de doute que nous sommes devant une crise conjoncturelle, correspondant à une rupture de la pertinence logique et de la cohérence dynamique de l’ensemble du système. Venant après la crise du marché des actions de 1987, la récession américaine de 1991, la crise asiatique de 1997, l’explosion de la bulle des valeurs Internet de 2001, cette crise, beaucoup plus forte que les précédentes, est de toute évidence la plus grave que l’on ait connue depuis les années trente.

La plupart des gens ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe. On leur a pendant des années vanté les mérites du « modèle américain » et assuré des bienfaits de la « mondialisation heureuse ». Ils voient maintenant le modèle américain s’effondrer et la globalisation accroître la misère sociale. Le spectacle des banques centrales, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, qui ont injecté, depuis le 15 septembre, des centaines de milliards de dollars et d’euros sur les marchés financiers, les laisse songeurs : d’où vient tout cet argent ? Les interrogations se nourrissent encore du sentiment que personne ne semble vraiment savoir ce qu’on peut faire. Le silence relatif de la plupart des hommes politiques est à cet égard significatif. Enfin, les gens se demandent si cette crise était ou non prévisible. Si elle était prévisible, pourquoi n’a-t-on rien fait avant ? Si elle était imprévisible, n’est-ce pas la preuve que plus personne ne contrôle un système financier lancé dans une folle course en avant ?

C’est en fait à une triple crise que nous nous trouvons confrontés : crise du système capitaliste, crise de la mondialisation libérale, crise de l’hégémonie américaine.

L’explication la plus souvent avancée pour interpréter la crise actuelle est l’endettement des ménages américains par le biais des prêts hypothécaires immobiliers (les fameux « subprimes »). On oublie seulement de dire pourquoi ils se sont endettés.

L’un des traits dominants du « turbo-capitalisme », correspondant à la troisième vague de l’histoire du capitalisme, est la complète domination des marchés financiers globalisés. Cette domination donne un pouvoir accru aux détenteurs du capital, et plus particulièrement aux actionnaires, qui sont aujourd’hui les véritables propriétaires des sociétés cotées en Bourse. Désireux d’obtenir un rendement maximal aussi rapide que possible de leurs investissements, les actionnaires poussent à la compression des salaires et à la délocalisation opportuniste de la production vers des pays émergents où la hausse de la productivité va de pair avec de très bas coûts salariaux. Résultat : partout, l’augmentation de la valeur ajoutée profite aux revenus du capital plutôt qu’aux revenus du travail, la déflation salariale se traduisant par la stagnation ou la baisse du pouvoir d’achat de la plupart des gens, et la diminution de la demande solvable globale.

La stratégie actuelle de la Forme-Capital est donc de comprimer toujours plus les salaires, d’ aggraver toujours plus la précarité du marché du travail, produisant ainsi une paupérisation relative des classes populaires et des classes moyennes qui, dans l’espoir de maintenir leur niveau de vie, n’ont d’autre ressource que de s’ endetter, alors même que leur solvabilité diminue.

La possibilité offerte aux ménages d’emprunter pour couvrir leurs dépenses courantes ou acquérir un logement a été l’ innovation financière majeure du capitalisme d’après-guerre. Les économies ont alors été stimulées par une demande artificiellement fondée sur les facilités du crédit. Outre-Atlantique, cette tendance a été encouragée depuis les années 1990 par l’octroi de conditions de crédit de plus en plus favorables (apport personnel voisin de 0 %), sans aucune considération de la solvabilité des emprunteurs. On a ainsi cherché à compenser la baisse de la demande solvable résultant de la compression des salaires par l’ emballement de la machine à crédit. En d’ autres termes, on a stimulé la consommation à travers le crédit, faute de pouvoir la stimuler par l’ augmentation du pouvoir d’ achat. C’était là le seul moyen, pour les détenteurs de portefeuilles financiers, de trouver de nouveaux gisements de rentabilité, fût-ce au prix de risques inconsidérés

D’ où le surendettement pharamineux des ménages américains qui ont depuis longtemps choisi de consommer plutôt que d’ épargner (alors que 17 % de la population est déjà dépourvue de toute couverture sociale). Les ménages américains sont aujourd’hui deux fois plus endettés que les ménages français, trois fois plus endettés que les ménages italiens. Leur surendettement est même pratiquement égal au produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis.

Après quoi, on a spéculé sur ces « créances pourries » par le biais de la « titrisation », qui a permis aux grands acteurs de la sphère du crédit de se décharger, en les rendant liquides, des risques d’ insolvabilité de leurs emprunteurs. La « titrisation », qui est une autre des innovations financières majeures du capitalisme d’ après guerre, consiste à découper en tranches, dites obligations, les prêts accordés par une banque ou une société de crédits, puis à en revendre le montant, c’est-à-dire le risque, à d’ autres agents financiers appartenant au monde des fonds de placement. Il se crée ainsi un vaste marché du crédit, qui est aussi un marché du risque. C’ est l’ effondrement de ce marché qui a provoqué la crise actuelle.

Mais celle-ci est aussi une crise de la mondialisation libérale. La transmission brutale de la crise hypothécaire américaine aux marchés européens est le fruit direct d’ une mondialisation conçue et réalisée par les apprentis sorciers de la finance. Au-delà de sa cause immédiate, elle constitue l’aboutissement de 40 ans de déréglementation voulue par un modèle économique globalisé selon les recettes libérales. C’ est en effet l’ idéologie de la dérégulation qui a rendu possible le surendettement américain, tout comme elle avait déjà été à l’origine des crises mexicaine (1995), asiatique (1997), russe (1998), argentine (2001), etc. D’ autre part, c’ est aussi la globalisation qui a créé une situation dans laquelle les crises majeures se propagent désormais presque instantanément, de façon « virale » aurait dit Jean Baudrillard, à l’ ensemble de la planète. C’ est pourquoi la crise américaine a touché aussi vite les marchés financiers européens, à commencer par les marchés du crédit, avec toutes les conséquences que peut avoir une pareille onde de choc à un moment où l’ économie américaine comme celle de l’ Europe sont au bord de la récession, sinon de la dépression.

De ce point de vue, il est d’un irrésistible comique de voir ceux qui n’ont cessé de gloser sur les mérites de la « main invisible » et les vertus du marché « autorégulé » (« c’ est le marché qui doit s’ occuper du marché », lit-on régulièrement dans le Financial Times) se précipiter vers les pouvoirs publics pour demander leur recapitalisation ou leur nationalisation de fait. C’ est le vieux principe de l’ hypocrisie libérale : privatisation des bénéfices et socialisation des pertes. On savait déjà que les Etats-Unis, grands défenseurs du libre-échange, ne se privent jamais de recourir au protectionnisme chaque fois que celui-ci sert leurs intérêts. On voit maintenant comment les adversaires du « big governement » se tournent vers l’ Etat quand ils sont au bord de la faillite. La nationalisation de fait de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du prêt hypothécaire américains, représente à cet égard un fait sans précédent. Alors qu’en 1929, le gouvernement américain avait fait l’erreur de confier la gestion de la crise à un « syndicat de banquiers » dirigé par Rockefeller, Henry Paulson, secrétaire au trésor, et Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale, ont décidé de nationaliser les établissements les plus menacés. Décision unique dans l’histoire des Etats-Unis depuis l’époque de Ronald Reagan, et intervention la plus radicale jamais faite dans le monde privé de la finance de toute l’histoire de la Réserve fédérale. On peut y voir un brutal retour du principe de réalité. Mais c’est aussi, pour l’idéologie libérale, un effondrement de l’un de ses principes de légitimation (la sphère publique ne doit jamais interférer avec les mécanismes du marché, sous peine d’en diminuer l’efficacité).

On ne doit pas perdre de vue, enfin, que cette crise mondiale a sa source aux Etats-Unis, c’est-à-dire dans un pays qui doit déjà faire face à un déficit budgétaire abyssal, une dette extérieure qui ne cesse de croître et un déficit commercial colossal. Depuis dix ans, l’économie américaine n’a plus pour moteur la croissance due à la production réelle, mais l’expansion de la dette et la rente monétaire résultant de la domination mondiale du dollar. L’endettement total (dette publique + dette des ménages + dette des entreprises) représente aujourd’hui 13 000 milliards de dollars, soit l’équivalent de 410 % du PIB – l’adoption du plan Paulson étant encore appelée à aggraver le déficit !

Or, la crise ne peut que contribuer à éroder la confiance dans le dollar, lequel sera probablement amené encore à baisser. Le fait que le dollar soit à la fois une monnaie nationale et une unité de compte internationale, qui plus est libérée de tout lien avec l’or depuis 1971, a longtemps permis aux Etats-Unis d’affirmer et de faire peser leur hégémonie tout en contribuant d’enregistrer des déficits colossaux. Le procédé a consisté pour les Américains à exporter systématiquement leurs titres de dettes vers des pays excédentaires. A l’avenir, l’inquiétude des grands fonds publics et privés qui, notamment en Asie, détiennent des quantités considérables de titres publics et parapublics américains (bons du Trésor, etc.), et donc autant de créances sur les Etats-Unis, sera déterminante. A l’heure actuelle, 70 % de toutes les réserves étrangères dans le monde sont constituées en dollars, cette masse n’ayant plus depuis longtemps le moindre rapport avec le volume réel de l’économie américaine. Dans les années qui viennent, il n’est pas impossible que les pays exportateurs de pétrole abandonnent peu à peu le dollar (les fameux « pétrodollars ») pour l’euro. A long terme, cette situation pourrait aboutir à ce que des pays comme la Chine et la Russie postulent à des responsabilités financières internationales, voire à ce qu’ils se concertent pour concevoir un projet alternatif à l’ordre financier international actuel. George Soros, au printemps dernier, le disait sans ambages : « Le monde fonce vers la fin de l’ère du dollar ».

On assure maintenant qu’il suffirait de « réguler » ou de « moraliser » le système pour éviter ce genre de crises. Les hommes politiques, à commencer par François Fillon et Nicolas Sarkozy, parlent de « dévoiement de la finance », tandis que d’autres stigmatisent l’« irresponsabilité » des banquiers, laissant ainsi entendre que la crise n’est due qu’à une insuffisance de réglementation et qu’un retour à des pratiques plus « transparentes » permettrait de faire revenir sur la scène un capitalisme moins carnassier. C’est une double erreur. D’abord parce que c’est précisément l’impuissance des politiques à faire face à la crise d’efficacité du capital qui a ouvert la voie à la libéralisation totale du système financier. Ensuite et surtout, parce que c’est ignorer la nature même du capitalisme. « Le capital ressent toute limite comme une entrave », disait déjà Karl Marx. La logique de l’accumulation du capital, c’est l’illimitation, le refus de toute limite, l’arraisonnement du monde par la raison marchande, la transformation de toutes les valeurs en marchandises, le Gestell dont parlait Heidegger.

L’adoption du plan Paulson était certes nécessaire, mais elle aura sans doute des effets pervers. En effet, si les banques et les grosses sociétés au bord de la faillite sont par avance assurées du soutien financier des pouvoirs publics, cela représente une incitation indirecte à ce que les mêmes dysfonctionnements se reproduisent, débouchant ainsi sur de nouvelles crises spéculatives.

Dans l’immédiat, il est significatif que ni les injections de liquidités en provenance de la Réserve fédérale et des banques centrales, ni l’adoption du plan Paulson, ne semblent avoir provoqué la réaction positive escomptée de la part des marchés. C’est une claire démonstration des limites d’une politique purement monétaire.

Dans les phases de suraccumulation du capital, le renforcement du pouvoir financier devient le levier déterminant de toute stratégie visant à augmenter la rentabilité du capital. Au-delà de la seule finance, c’est en fait la régulation de l’économie tout entière par le seul critère du taux de profit, sans considération des facteurs humains, des vies broyées, de l’épuisement des ressources naturelles, des coûts non marchands (les « externalités négatives »), qui est mise en question par la crise financière. La cause finale de cette crise, c’est la recherche du profit financier le plus élevé possible dans le minimum de temps possible, en clair la recherche de l’augmentation maximale de la valeur des capitaux engagés à l’exclusion de toute autre considération.

Par un effet de « dominos », la crise peut-elle entraîner à terme des défauts de paiement en chaîne de tous les agents économiques, et donc un effondrement de tout le système financier mondial ? On n’en est pas là. Il est possible que les mesures prises ces dernières semaines soient de nature à empêcher le système financier de s’écrouler complètement. Mais dans le meilleur des cas, la crise économique va durablement se maintenir, avec une récession (voire une dépression) aux Etats-Unis et un très fort ralentissement en Europe, qui provoquera une remontée du chômage. Il devrait en résulter une baisse importante des profits, qui se répercutera inévitablement sur les marchés et les cours de la Bourse. Contrairement à ce que l’on dit parfois, le lien entre l’économie spéculative et l’économie réelle est bien réel. Les entreprises dépendent en effet du système bancaire, ne serait-ce que pour le crédit dont elles besoin pour leurs investissements. Or, la crise fait que les banques, fragilisées par l’accumulation de mauvaises dettes issues de l’immobilier, réduisent aujourd’hui brutalement leurs crédits (c’est le « credit-crunch »). Les conséquences politiques et sociales se feront très vite sentir.

Les difficultés ne font que commencer.

 
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26/12/2008

14/12/2008: Une certaine écologie est-elle un égoisme de classe bobo ?

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Sent: Sunday, December 14, 2008 9:15 PM
Subject: Une certaine écologie est-elle un égoisme de classe bobo ?

Si l'on en croit les sondages d'opinions, 75% des électeurs du parti Vert en Allemagne appartiendraient au 25% de la tranche supérieure des
revenus allemands. Les enquêteurs n'ont pas trouvé ...un seul ouvrier parmi les électeurs de ce parti. ...Même si ce parti a mis dans sa
direction un "Turc", visiblement aussi branché que hussein obama, un peu plus peut-être que condoléances Rice ou le "chimiste aux fiolles"
collin powell, eux, un peu déconnectés ces derniers temps.

Une thèse apparait, peut-être à cause de la crise, et l'écologie "coute" cher;
 peut-être à cause de l'apparition d'une classe de bobos écolos branchés ex-68ards bourgeois qui, avec un cynisme illimité, brandit
humanitarisme guerrier de salon et soucis pour les papillons et les baleines (et mépris des "classes dangereuses" : vive la prostitution libre au
Kosovo ! Liberté pour les mafias albanaises ! Mort a Saddam là mais à bas la guillotine ici ! Vive la théodémocratie tibétaine écolo ! Vive la
sagesse des moines esclavagistes tibétains et harro sur les barbus de nos "sales" banlieues ! Danton contre Robespierre ! ingérence
humanitaire là-bas, indifférence humaniste ici ! etc, etc.).
 Peut-être est-ce aussi à cause du ras-le-bol devant la "civilisation de la peur" (dixit Tariq Ramadan), que nos élites nous construisent :
pollution, mafias, terrorismes, délinquances, etc, autant de peurs (imaginaires ? inventées ? manipulées ?) qui poussent les bourgeois riches
vers les "gated cities" écolos, "hygiéniques", stérilisées ...et stériles. A propos, le mot "écologie" a été inventé en Allemagne à la fin du XIXe
siècle dans les milieux scientifiques allemands proches de la droite guerrière extrémiste et biologiste. Pas très lumineux tout cela.

Alors cette thèse vaut la peine qu'on y réfléchisse. L'écologie n'est-elle pas, en partie au moins, réactionnaire ?

Si l'on en croit l'interprétation de l'écologie donnée par le comique US-américain George Carline, l'écologie serait une forme d'égoïsme de
classe :

"... Les gens passent d'un jour à l'autre, en ayant peur à chaque minute, en fait de tout. De l'air, de l'eau et de la terre. Appeurés par les
produits insecticides, les pesticides, les émulsifiants dans la nourriture, les produits cancérigènes. Appeurés par les produits radio-actifs et
l'amiante. Appeurés par la disparition des espèces. (...) Or, 90% de toutes les espèces qui ont vécu sur la terre ont disparu. Elles sont mortes !

Nous ne les avons pas toutes tuées. Elles ont tout simplement disparu. C'est une loi de la nature. 25 espèces disparaissent chaque jour,
indépendamment de nos activités. Indépendamment de ce que nous faisons sur cette planète, il y a 25 espèces qui existent aujourd'hui et qui
disparaitront demain. (...)
 
Je suis fatigué de toute cette gangrène. Très fatigué. Fatigué par cet enc... de "Jour de la Terre", fatigué par ces écologistes contents d'eux-
mêmes, des blancs, des bourgeois libéraux qui pensent que le seul malheur existant, c'est le nombre insuffisant de pistes cyclables.
    Ils cherchent en fait à avoir de l'espace sécurisé pour leurs volvos ! Ils s'en foutent de la planète. Vous savez ce qui les intéressent ? Un
espace propre, entretenu, pour pouvoir vivre. Dans leur propre milieu. Ils se font du soucis, car un jour ils sentent qu'ils pourraient rencontrer
de l'inconfort. Cet égoïsme étroit, éloigné de toute esprit lumineux, ne m'impressionne pas. A part cela, il n'y a rien de mal qui se passe avec
notre planète. Rien de mal.

   La terre va bien. Ce sont les gens qui sont devenus idiots. La terre est là depuis quatre milliards et demis d'années. Nous, depuis 100 000
ans ...Et nous devrions penser que nous représentons une menace pour cette belle boule bleu-verte qui tourne autour du Soleil ? ....."

une thèse à mettre au dossier de notre réflexion.
BD

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21:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, courcelles, capitalisme, exploitation, exploitation capitaliste, histoire, medias, presse, propagande, politique, romain, silence, societe, verts, ecolo, environnement, nature, mensonges, information | |  Facebook | |  Imprimer | | |

22/11/2008

21/11/2008: "les americains ont realise la plus grande escroquerie financiere de l'humanite"...

 

 

Sent: Friday, November 21, 2008 8:18 PM
Subject: [Transfer_info] CRISE : Les USA ont realisé la plus grande escroquerie financière de l'humanité

 "les americains ont realise la plus grande escroquerie financiere de l'humanite"

 
nov 02 2008
 

L´élection annoncée de Barack Obama sera interprétée comme

une régénération de la démocratie américaine, affirme Emmanuel Todd.

Suffira-t-elle pourtant à opérer les ruptures espérées?

Historien, démographe, auteur en 2002 d´un «essai sur la décomposition

du système américain», Todd ne cache pas sa perplexité.

S´il accueille avec enthousiasme l´accession d´un président noir

à la Maison-Blanche, il craint, dit-il, que l´événement ne s´inscrive

dans un «processus de dislocation».

- Voilà six ans, vous dressiez le tableau d´un pays devenu «un facteur

de désordre international». Une élection de Barack Obama pourrait-elle

modifier ce constat?
- Elle donnera dans un premier temps l´image d´une Amérique qui rebondit.

Avec Bush, on a eu le pire des présidents - une sorte de Rantanplan, qui

 fait la guerre, qui par sa maladresse accélère la destruction de l´empire américain.

Avec Obama, resurgit le visage d´une Amérique optimiste et dynamique.

Une Amérique civilisée, à la politique étrangère plus raisonnable, qui aspire à

se retirer d´Irak, qui ne veut pas déclarer la guerre à l´Iran.

Une Amérique qui pourrait néanmoins rester aussi anti-russe que la précédente,

les démocrates ciblant la Russie comme le seul véritable adversaire

stratégique des Etats-Unis.

Dans le climat actuel de débâcle, de déroute financière et morale, et compte-tenu

de la responsabilité inouie de l´Amérique dans le désordre du monde, la victoire

d´Obama va permettre aux pro-Américains des pays occidentaux de dire que

l´Amérique est redevenue merveilleuse. Elle redonnera quelques années

de vie supplémentaires à l´empire.

- L´accession d´un élu noir à la Maison-Blanche ne confirme-t-elle pas

les mutations intervenues au sein de la société américaine?
- Il se produit des événements vraiment extraordinaires aux Etats-Unis.

L´implosion du système financier et du mythe économique, d´un côté;

l´implosion de la structuration raciale, de l´autre. On comprend dans ces conditions

que les Américains vivent dans une sorte d´état d´apesanteur.

Cela dit, si l´affaissement du sentiment racial est évidemment une bonne

nouvelle, le racisme aura vraiment disparu le jour où les électeurs n´attendront

rien de particulier d´un président noir.

Obama est un homme politique américain. Son discours est truffé des

habituelles références aux valeurs religieuses. Il est entouré des personnalités

issues de l´establishment démocrate - ces mêmes démocrates qui ont, plus

nombreux encore que les républicains, voté les subventions au système bancaire.

- L´élection de Barack Obama ne plaide-t-elle pas pour la vitalité

de la démocratie américaine?
- Ce qui se passe est étrange, et paradoxal.

Si l´on observe l´histoire des Etats-Unis, on constate en effet que le racisme

n´est pas du tout un petit défaut de la démocratie blanche: il en est le fondement.

 Au départ, les colons anglais n´attachaient pas une grande importance à

la valeur de l´égalité, que ce soit dans la famille ou ailleurs.

Ce qui a permis alors d´assimiler des Européens d´origines très diverses,

c´est la fixation de la différence sur les Indiens et les Noirs.

Dans l´Amérique jacksonienne, le président était un héros des guerres contre

les Indiens. Le racisme a été le moteur de l´émergence démocratique.

Aujourd´hui, on assiste à l´avènement d´une ploutocratie irresponsable:

la montée des inégalités constitue la dynamique fondamentale de la société

américaine. L´Amérique cesse d´être démocratique au sens économique du terme.

Le racisme y est en baisse, mais la démocratie est malade.

Elle pourrit sous nos yeux. Dès lors, j´ai peur que l´on tombe très vite de haut.

Une partie de l´oligarchie est derrière Obama. Il a du reste ramassé plus d´argent

chez les riches que McCain. Son élection sera interprétée comme une regénération

de la démocratie américaine. J´ai quant à moi le sentiment qu´elle fait plutôt

partie d´un processus de dislocation.

- Les Etats-Unis comptent certaines des meilleures universités du monde.

Ils attirent de partout les capitaux, les chercheurs, les entrepreneurs

de la nouvelle économie. Ces atouts-là ne leur assurent-ils pas une place

centrale dans la compétition internationale?
- Quelques universités sont en effet très bonnes. Mais la majorité d´entre elles

est d´une médiocrité absolue.

Sur le terrain de la production scientifique et technologique, les chiffres

sont sans équivoque: l´Europe est redevenue le centre de gravité du monde.

Ce sont les Européens qui savent construire les centrales nucléaires modernes,

ou qui fabriquent des avions gros porteurs - même avec retard.
L´ouragan Katrina avait en 2005 constitué un premier moment de vérité.

On a compris tout à coup que les Américains ne disposaient pas d´assez

d´ingénieurs pour protéger les villes, ou les reconstruire. Je pense aussi que

le conflit au Caucase a contribué au cours de l´été dernier à précipiter

la crise financière. L´inexistence de l´Amérique a été perçue comme

un moment d´atterrissage dans la réalité.

- Il reste pour l´industrie américaine des secteurs porteurs.

L´informatique, la Silicon Valley...
- Si l´on songe à ce qu´étaient les Etats-Unis en 1945, il serait étonnant

qu´il ne reste rien de leur puissance industrielle et technologique.

Mais alors qu´ils étaient excédentaires dans tous les domaines,

ils enregistrent aujourd´hui un déficit commercial de 800 milliards de dollars.

La vitesse de régression est hallucinante, et elle n´épargnera pas l´informatique:

l´Inde va bientôt porter l´estocade.

- Le projet économique du candidat démocrate peut-il contrecarrer

la dépression qui menace?
- Il n´a pas de programme économique. Au début de sa campagne, il a

bien proposé quelques mesures protectionnistes, mais le déficit commercial est

tel que le protectionnisme entraînerait dans une première période une baisse

dramatique du niveau de vie.
Obama se confond avec son image. Or les difficultés américaines vont bien

au delà d´une image. Pour le moment, le dollar tient, car à l´extérieur, des institutions,

des gens riches, des Etats veulent que les Etats-Unis restent au centre du monde.

Mais la situation ne changera pas: elle devrait même se dégrader encore.

La question est maintenant de savoir comment, avec la fin de la mécanique

des subprimes, on va donner aux Américains les moyens financiers de continuer

à vivre aux frais de la planète.

- Les Etats-Unis gardent une forte capacité d´influence sur les leaders

d´opinion du monde occidental. Leur image est-elle en train de se troubler?
- L´Amérique, c´est une image. On ne peut en parler sans évoquer le cinéma,

 les scénarios de feuilletons télévisés, Hollywood.

Il y a dans tout ce qui est américain un côté extraordinairement virtuel.

Et voilà que par étape on voit émerger la réalité.

Il sera en ce sens très intéressant de suivre l´évolution de l´opinion dans

les oligarchies financières occidentales. Elles éprouvent un sentiment de solidarité

avec l´Amérique. Mais elles viennent aussi de se faire plumer...

Je n´aimerais pas être en ce moment un ploutocrate français de la sphère

financière.

- La notion d´«hyperpuissance» a-t-elle un sens pour vous?
- Dans le domaine militaire, le monde est déjà multipolaire. L´incertitude tient

aux illusions que les Américains entretiennent encore sur eux-mêmes.

Ils sont un peu comme les Russes, au moment de l´effondrement (??????) du

communisme. Lorsqu´ une puissance de cette nature possède encore une armée,

elle n´est pas à l´abri de réactions irrationnelles.
Les Etats-Unis ont également perdu la place centrale qu´ils occupaient sur

le terrain économique. Avec l´aventure des subprimes, ils ne viennent pas

moins de réaliser la plus grande escroquerie financière de l´histoire de

l´humanité. Autrement dit, ils ne sont plus dans ce domaine une hyperpuissance,

mais compte-tenu de l´absence de régulation de l´économie mondiale,

ils détiennent une «hypercapacité de nuisance».

Emmanuel Todd vient de signer chez Gallimard «Après la démocratie».

Source : TdG

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15:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, romain, belgique, presse, medias, histoire, imperialisme, courcelles, colonialisme, silence, actualite | |  Facebook | |  Imprimer | | |

07/11/2008

02/11/2006: Élections U.S. du 4/11. Qui aura le pouvoir réel ?


Sent: Sunday, November 02, 2008 1:45 PM
 
Subject: je sais... c'est charnu mais c'est autre chose que du PPDA ou Pujadas...

 

Élections U.S. du 4/11. Qui aura le pouvoir réel ? 

L’administration républicaine actuelle Bush, Cheney, et Cie, possède des liens extrêmement étroits avec les leviers essentiels du pouvoir aux U.S.A. :

 

* Les Banques.

  •  Le gang Paulson (1) et ses 700 milliards de dollars dont il dispose pratiquement à son gré, et surtout pour sa banque (Golden Sach),
  • Le banquier David Rockefeller ; la Chase Manhattan bank : voir la "Trilatérale" et "Bilderberg,"

*

* Le lobby militaro-industriel (l’armement).

  • Idem, ce lobby et la famille Bush, se sont enrichis à milliards de dollars grâce aux guerres du terrorisme inventées par l’administration Bush contre l’Afghanistan et de l’Irak,
  • La "National Riffle" a toujours été du côté Républicain et s’est enrichie de toutes ces guerres,

* Les États-majors des armées compromis dans les 3.000 assassinats du 11/09/01 : ils ont fait effacer à coups de bulldozers l’absence de preuve sur les gazons du pentagone (pas de trace d’avion) … et aussi organiser le tir du missile sur le pentagone et … fait assassiner plusieurs dizaines de militaires y compris des officiers.

* Les Services secrets :

  • Le NSA bien sûr qui a été obligatoirement impliqué dans les actes précédemment cités,
  • Mais aussi la C.I.A. :
    • qui a fait sauter entre-autre l’ immeuble où se trouvait entre-autre ses services de New-York dans le WTC 7 (la 3ème tour) le 11/09. Tour qui a sauté quelques minutes après que sa destruction ait été annoncé à la radio comme ayant déjà eu lieu ... de manière imprévisible ; l’ordre n’ayant pu être exécuté à temps … peut-être à cause de la pagaille qu régnait au WTC ce jour là !
    • La C.I.A. était aussi chargée de la liaison entre l’administration U.S. et l’I.S.I. (les services secrets pakistanais) dans la semaine qui a précédé le 11/09 ainsi que le 09/09, l’assassinat du commandant Massoud destiné à semer le chaos en Afghanistan avant la guerre U.S. (et justifiant celle-ci : un pays dans le chaos ne pouvant faire la guerre aux "terroristes").
  • Le F.B.I. chargé d’étouffer les enquêtes aux États-Unis sur la spéculation boursière, les jours précédents le 11/09 contre les compagnie victimes des attentats du 11/09.
  • Peut-être d’autres services secrets avaient soit découvert le coup d’État de l’administration Bush ou ont dû participer à l’étouffement des preuves.
  • Le Service impliqué (N.S.A. ; C.I.A. ;&/ou I.S.I. dans le méga attentat du 20/09/08 au Pakistan, qui a fait 60 morts et des dizaines de blessés, le camion supposé terroriste avait en fait sauté sur une mine devant l'entrée de l'Hôtel et d’autres mines avaient été installées par l’OTAN aux 4ème-5ème étage de l’hôtel. Le but étant de terroriser le nouveau gouvernement Pakistanais et d’obtenir sa soumission à tous les désirs du gang Bush et Cie.
  • Le super service secret U.S. qui supervise tous les autres, et permet ainsi d’avoir d’un seul coup la haute main sur la totalité des 17 services secrets U.S..

 

                Ce ne sont pas les liens d’Obama avec le lobby des agro-carburants voir même les « lobbyistes des géants de l’industrie américaine : Cisco, Microsoft, Boeing… (4) ou ceux de Mme Mc Cain avec la bière (2) et une partie du lobby juif (5), traditionnellement républicain qui feront le poids.

 

                Le futur Président des U.S.A., vraisemblablement Obama sauf coup de théâtre extraordinaire, sera donc ficelé comme une mouche dans une toile d’araignée tissée par le gang Bush Cheney et Cie. L'armée, les services secrets, l'armement, les banques etc... décideront sans doute ce qu'ils voudront aux ordres du gang Bush, sans tenir compte des ordres de la "maison blanche", mais du chef de cette mafia qui détiendra toujours la réalité du pouvoir.

                Ce gang vient très habilement de mettre dans les pattes d’Obama Colin Powell (3), très fortement soupçonné d’être un des auteurs des attentats du 11/09.

De plus, Obama est un des seuls candidats démocrate à ne pas avoir demandé la réouverture de l’enquête du 11/09 – ou plus exactement une véritable enquête (puisque à part l’enquête présidentielle bidon il n’y en a jamais eu) - sur les évènements du 11 septembre 2001, ce n’est sans doute pas l’effet du hasard si c’est lui qui s’en est mieux sorti que les autres, les relais des lobbies républicain dans la presse, ont dû « aider » l’opinion publique à faire le « bon » choix ... démocrate. Peut-être le gang Bush pensait-il que les étasuniens ne voteraient jamais pour un noir à la présidence … et qu’ils préfèreraient finalement un républicain.

                La bande à Bush ne souhaite certainement pas la victoire d’Obama. Ils auraient préféré un homme à eux au sommet de l’État, pour continuer. Mais leur bilan, même s’il est génial pour les milliardaires de leur bande qui a fait des profits fabuleux pendant 8 ans en se couvrant de sang et d'horreurs, est catastrophique pour le peuple U.S. qui ne veut plus entendre parler de cette administration.

De toute façon, Obama sera sous surveillance très étroite, on vient de le voir, et il ne lui sera toléré aucun écart. Le sort de John Fitzgerald Kennedy ou de Marin Luther King lui sera réservé au moindre "faux pas". Les Républicains et le gang Bush et Cie, feront tout pour qu'Obama échoue et qu'ils reviennent eux, au pouvoir. Ils en ont les moyens. Réussiront-ils ?

 

Voir pour des éléments de réponse à cette question essentielle -chaque jour : Présidentielle américaine 2008, http://www.humanite.fr/

 

Enfin, la nouvelle administration U.S. hérite d’une situation financière catastrophique ; quelques chiffres repères :

* 14.150 milliards U.S.$ de P.I.B. en 2008 (environ).

* Intérêt de la dette : 8,2 % du budget 2007. En 2007, la dette détenue par le public et cumulée des intérêts a augmenté 210,2 milliards de $ à 5.100 milliards $. Elle représentait presque 50 % des dettes totales du Gouvernement (rapport officiel).

Alors qu'en 1989, la dette publique des États-Unis s'élevait à 2 700 milliards de dollars, le chiffre a dépassé le 30 septembre dernier la barre des 10 000 milliards de dollars (environ 70 % du P.I.B.).

Budget U.S. 2.009 supérieur à 3 trillions de U.S. $ : 3 milles milliards U.S $.

U.S.A. : 700 milliards U.S.$ (700.000.000.000 $) du plan Paulson.

(1) Le gang Paulson plusieurs dirigeants de Goldman Sachs sont aux plus hauts postes financiers de la planète ; M. Henry Paulson, secrétaire d'État au Trésor US lui-même, a été P.D.G de Goldman Sachs ; il peut désormais décider de la composition du secteur financier américain. Vous ne le croirez pas -- nous avons nous-même du mal à le croire -- mais Gretchen Morgenson a déclaré dans le New York Times que la décision de sauver AIG avait été prise par un très petit groupe. Non seulement un récent directeur de Goldman était présent -- Hank Paulson -- mais le PDG actuel de la firme, Lloyd Blankfein, y était aussi -- le seul représentant de Wall Street. L'article continuait en expliquant que Goldman Sachs avait pas mal d'argent en jeu dans AIG -- environ 20 milliards de dollars. (…)

Avec 700.000.000.000 $ (700 milliards) (¹) dans le compte en banque de leur chef -- gracieusement offerts par le gouvernement US -- nous ne doutons pas que Goldman et le reste des initiés de la finance travaillent d'arrache-pied pour que cet argent termine là où ils veulent qu'il soit. (…)

Source : http://www.la-chronique-agora.com/articles/20081017-1272.html

Info de Pascal B. Vendredi 17 octobre 2008 (déjà parue)

(2) Mme Mc Cain et la bière :

Si la politique a toujours été l’affaire de son mari, c’est elle qui gère le business familial. Héritière du distributeur de bière Hensley, présidente de la compagnie Budweiser, Cindy McCain est à la tête d’une fortune estimée à 64 millions d’euros. Avec ce joli pactole et ses contacts dans le monde de la finance, elle a joué un rôle important dans la carrière politique de son mari. Grâce à son aide, le candidat républicain est entré au Congrès dès 1983, avant de décrocher le poste de sénateur d’Arizona trois ans plus tard.

(3) L’ancien secrétaire d’État Colin Powell a annoncé (le 19/10/08) qu’il allait voter en faveur du candidat démocrate. Ce soutien tombe à pic pour Obama qui aborde la dernière ligne droite de la campagne avec une avance qui se réduit un peu dans les sondages.

Ancien chef d‘état-major des armées et général en retraite, Colin Powell est et reste un républicain mais il n’a cessé de prendre ces distances avec l’administration Bush depuis son départ de la tête de la diplomatie américaine.

Il y a peu de membres du parti républicain aussi populaires aux États-Unis que le général Colin Powell. Lequel affiche un imposant CV : ancien conseiller pour la sécurité nationale de Ronald Reagan, ancien commandant en chef et stratège de « Desert Storm », la première guerre américaine contre Saddam Hussein, et ancien secrétaire d’État de George W. Bush de 2001 a 2005.

Il était en particulier Secrétaire d’État en septembre 2001, et il rencontra le Général Mahmoud Ahmad (chef de l’ISI – les services secrets Pakistanais) officiellement 2 jours après le 11 septembre. En fait Mahmoud Ahmad a été présent à Washington pendant la semaine précédent et suivant le 11 septembre (environ une dizaine de jours en tout) et fit transiter les fonds des attentats du 11 septembre (fournis par la C.I.A.) par un proche, à la fois de l’ISI et de Al Quaeda. À ces divers titres, Colin Powell est fortement soupçonné d’appartenir avec Dick Cheney et W Bush au gang de criminels U.S., ayant commandité et exécuté les coups d’États des 09/09/01 (assassinat du commandant Massoud) et du 11/09/01 au W.T.C..

                À 15 jours du vote du 04/11/2.008, Colin Powell ne prend guère de risque ! ! !. Par contre, on peut se poser la question pourquoi, joue-t-il cette partition ? Est-ce que le gang Bush et Cie espère que Colin Powell sera nommé à un poste important par Obama. Ainsi, il pourra surveiller de l’intérieur l’administration démocrate, et prévenir de la moindre dérive.

                On pourra relire le tissus de mensonges inventés par le gang Bush, lus par Colin Powell à la tribune de l’O.N.U. et qui s’est moqué ce jour là, plus encore que les autres de tous les ambassadeurs du monde. On a pu dire ce jour là au sens propre : Colin Powell se moque du monde (11 février 2003)

Sur les armes de destructions massives http://www.voltairenet.org/article9026.html

                L'ancien secrétaire d'État américain Colin Powell a admis que sa présentation en 2003 devant l'Onu sur les armes de destruction massives (ADM) prétendument détenues par l'Irak était une "tache" sur sa réputation.

 

                Powell avait fait le 5 février 2003, devant le Conseil de sécurité de l'Onu, une longue présentation du dossier à charge des États-Unis concernant les ADM supposées du régime de Saddam Hussein. Ces arguments ont servi à justifier l'invasion du pays quelques semaines plus tard, mais aucune de ces armes n'a été retrouvée.

http://web2.radio-france.fr/chaines/france-culture2/information/accueil/fiche.php?diffusion_id=34490&index=6&PHPSESSID=b93c0fc21655dabe31f7dbb96da82f3d

(4) Avant même le résultat final, la campagne américaine est d'ors et déjà entrée dans les annales comme étant la plus longue et la plus chère de l'histoire des États-Unis (et du monde). À eux deux, Obama et McCain ont ainsi récolté pas moins de 1,3 milliards $ ! D'où vient cet argent ? Et qui sponsorise les candidats ? Enquête.

http://news.fr.msn.com/election_presidentielle_americaine_photos.aspx?cp-documentid=9630372&imageindex=1

 

Voyages, opérations logistiques sur le terrain, publicités télévisées, commandes de sondages, honoraires de conseillers stratégiques… Depuis le début de la campagne, républicains et démocrates s'affrontent à coups de centaines de millions de dollars. Et à ce petit jeu, le plus riche c'est Obama qui a déboursé pas moins de 750 millions $ sur un total reçu de 834 millions ! McCain arrive loin derrière avec des dépenses évaluées à 477 millions $ sur 513 millions $ recueillis…

 

Obama et les petits donateurs

C'est la principale nouveauté de la campagne 2008 : les appels à donation sur l'Internet, une méthode surtout utilisée par le camp démocrate, ont attiré des millions de personnes. Selon les chiffres publiés en septembre, Barack Obama a amassé un pactole de 454 millions $, depuis le début de la campagne. 94 % de ces dons provient de personnes ayant signé des chèques de moins de 200 $ ! Un phénomène totalement nouveau aux États-Unis où les fonds levées pendant la campagne présidentielle proviennent généralement de lobbies et d'entreprises. (source : AFP)

 

Obama et le secteur de l’éthanol

L'Illinois, dont Barack Obama est le sénateur, est un des principaux états de la "Corn Belt" (la ceinture du maïs) et un des plus gros producteurs d'éthanol. Défenseur de l'alternative au pétrole, le sénateur a ainsi soutenu le maintien des subventions fédérales aux producteurs tout en s'opposant à l'allègement des barrières douanières sur l'éthanol brésilien. Ces prises de position ont choqué les écologistes au moment où l'intérêt écologique des biocarburants fait débat. Autre signe d'allégeance de la part du candidat démocrate : des membres de son équipe conseillent ou administrent des sociétés productrices d'éthanol. Enfin, Obama a utilisé à deux reprises un jet privé fourni par Archer Daniels Midland, un géant de l'agriculture spécialisé… dans l'éthanol. (source : New York Times)

 

Obama et les lobbyistes de Washington

C'est une des principales contradictions du candidat démocrate. Depuis le début de sa campagne, Barack Obama insiste sur son indépendance financière vis-à-vis des lobbies et notamment de Washington. Un discours pour le moins mensonger quand on sait que, pour trouver de l'argent, le sénateur de l'Illinois s’est entouré d'anciens lobbyistes travaillant jusqu'à l'an passé pour les géants de l'industrie américaine : Cisco, Microsoft, Boeing… Depuis un an, Barack Obama aurait ainsi touché plusieurs centaines de milliers de dollars grâce à ses "chercheurs de fonds". (source : The Washington Times)

 

Obama et un promoteur immobilier véreux

Aux États-Unis, Tony Rezko est un homme qu'Obama aimerait bien faire oublier. Reconnu coupable de fraude, blanchiment d’argent et corruption, ce promoteur immobilier a détourné plusieurs centaines de milliers de dollars dont une partie s'est retrouvée… dans les caisses de campagne d'Obama ! Les deux hommes se sont en fait connus à Chicago il y a une dizaine d'années, Tony Rezko finançant les grandes étapes de la carrière du candidat démocrate (élection au Sénat de l'Illinois puis au Sénat fédéral). L'affaire aurait pu devenir très embarrassante pour Obama puisqu'en 2005 Rezko lui a revendu un terrain à un prix inférieur à celui du marché. Depuis, Obama a déclaré avoir reversé toutes les donations de Rezko à des œuvres caritatives ! (source : liberation.fr)

 

Obama et le soutien des people

Scarlett Johansson, Cindy Crawford, Jennifer Aniston, Edward Norton, Matt Damon, Will Smith… Si de nombreux intellectuels ont apporté leur soutien au candidat démocrate, les stars d'Hollywood ne sont pas en reste. Ainsi, Tom Hanks a réalisé un clip pour soutenir le sénateur de l'Illinois tandis que George Clooney a récolté pas moins d'1 million $ grâce à des levées de fonds ! Plus spectaculaire : selon une étude réalisée par des chercheurs du Maryland, le soutien de la star des médias Oprah Winfrey, particulièrement appréciée par la communauté noire, aurait rapporté à Obama près d'1 million de voix issues du vote afro-américain ! (source : nouvelobs.com)

(5) Le lobby juif partagé : Israël: Obama comme Mac Cain contrôlés par le même lobby.

 

Aux États-Unis, il n'y a pas que le lobby pro Israël (AIPAC) qui influence la politique US. Le quotidien israélien Haaretz recense 36 juifs américains fortement impliqués des deux côtés dans la campagne présidentielle.

 

Dans la course à la présidence entre John McCain et Barak Obama ce qui a dominé ce sont les problèmes de Wall Street et la capacité de chacun des présidentiables à pouvoir remplir la fonction présidentielle, la question d' Israël est restée dans l'ombre. Mais le vote juif reste un élément clé dans des états disputés, et, les juifs jouent divers rôles pour façonner les campagnes des candidats. Parmi eux 36 sont mentionnés dans une liste ci dessous. Cette liste est loin d'être exhaustive, par manque de place, un grand nombre de juifs qui ont joué une part active dans les campagnes n'y figurent pas - parmi eux le sénateur US du Maryland, Ben Cardin, substitut d'Obama, et le conseiller d'Obama, l'ex membre du Congrès pour la Californie, Mel Levine.

 

Il manque de même un certain nombre de juifs qui ont joué des rôles mineurs, mais méritent d'être mentionnés pour l'intérêt qu'ils ont suscité - en particulier Sandra Froman, la première présidente juive de la National Rifle Association (2005-2007 un puissant lobby des armes ndlr) et membre du Comité de Direction de Sportmen for McCain, et Linda Lingle, première gouverneur juive d'Hawaii, qui avait auparavant défendu Sarah Palin ( co listière de McCain ndlr)

 

Ci dessous la liste par ordre alphabétique.

 

Sheldon Adelson ; Républicain, néoconservateur et un méga donateur, bien que des déboires financiers et des disputes internes aient altéré sa contribution à l'effort de campagne de McCain.

 

David Axelrod : chef stratégiste et conseiller en médias dans la campagne d'Obama, il a construit des soutiens de base via une campagne "virale" médiatique, les nouvelles technologies et en insistant sur le thème du changement.

 

Steven Bob et Sam Gordon : les deux rabbins du mouvement reformé du district de Chicago ont crée Rabbis for Obama, persuadant des centaines de collègues rabbiniques de soutenir publiquement le candidat. L'influence du groupe sur l'électorat juif est difficile a cerner.

 

Matt Brooks : directeur exécutif de la Coalition Républicaine Juive est tête de liste dans les médias pour répondre sur des problèmes juifs.

 

Max Broxmeyer : un homme d'affaires qui préside le Jewish Institute for National Sécurity Affairs, une boîte à penser conservatrice, il sert comme président dans la campagne de Mc Cain de la Jewish Advisory Coalition, et est membre du comité national de financement de la campagne du candidat.

 

Éric Cantor : membre du Congrès pour l'état de Virginie, il y est le seul Républicain juif, a émergé comme principal substitut de Mc Cain pour tenter d'obtenir les voix de la Floride et celles de son propre état.

 

Laurie David : activiste sur la question du réchauffement climatique qui a produit le film dans lequel Al Gore tient la vedette, "An Inconvenient Truth", ancienne épouse de Larry David créateur de " Seinfeld" et de "Curb Your enthousiasm", l'une des plus prestigieuses collectrices juives de fonds d'Hollywood.

 

Ira Forman : directeur exécutif du National Jewish Democratic Council, il est la contre partie de Matt Brook.

 

Barney Frank : membre Démocrate du Congres pour le Massachusett, est l'un des libéraux des plus visibles, et de franc parler au Congrès. il est ouvertement gay et une cible fréquente des commentateurs pro McCain, particulièrement sur Fox News, où, parce qu'il tient la présidence du Comité sur les Services Financiers du Congrès, on a dit qu'il portait une responsabilité première dans la crise des prêts immobiliers. Il a joué un rôle prépondérant dans la négociation du paquet de subventions pour Wall Street.

 

Malcolm Hoenlien : en principe neutre en tant que directeur de la « Conference of Présidents of Major American Jewish Organisations », il a invité Sarah Palin à s'exprimer lors d'une manifestation anti Ahmadinejad à l'ONU, puis a cédé aux pressions et s'est rétracté. On considère qu'il a aidé la campagne de Mc Cain dans le choix fait par les électeurs juifs indécis.

 

Cheryl Jacobs : il co préside la campagne de Mc Cain dans le County de Broward en Floride, rabbin conservateur, pendant longtemps Démocrate a soutenu la campagne d' Hillary Clinton puis est passé du côté de McCain.

 

Henri Kissinger : le New York Times a appelé l'ancien secrétaire d'état un " proche conseiller de l'extérieur" de la campagne de McCain. Le candidat l'appelle régulièrement pour avoir des conseils de politique étrangère et avant le débat des vices présidents il a organisé une cession de briefing de haut niveau avec Palin.

 

Ed Koch : l'ancien maire de New York City reste le symbole en or pour des juifs d'un certain âge. il a soutenu Bush en 2004, et Hillary Clinton pendant les primaires maintenant il soutient Obama.

 

William Kristol : comme éditeur du magazine hebdomadaire de Rupert Murdoch, le Weekly Standard, journaliste au New York Times et commentateur sur Fox News, c'est une voix néo-conservatrice extrêmement influente.

 

Sherry Lansing : la première femme à diriger l'un des plus importants studios d'Hollywood (Paramount) elle est l'une des principales donatrices pour le candidat Démocrate et l'une des principales collectrices de fonds.

 

Ed Lasky : par le biais du site internet American Thinker, ses articles ont aidé à répandre la campagne de rumeurs largement diffusées sur la soit disant position anti-Israël d'Obama.

 

Henri Lehman : immigrant de Bavière, qui s'est installé en Alabama en 1844, à l'âge de 23 ans, et a crée H. Lehman, un établissement qui en acceptant du coton brut au lieu de paiements en liquide l'a amené plus tard au commerce du coton. En 1850, lui et ses frères Emmanuel et Mayer ont crée Lehman's Brothers, qui est devenu l'une des premières et l'une des plus puissantes banques d'investissement à Wall Street. L'effondrement spectaculaire de Lehman Brother's mi Septembre, la plus grande banqueroute de l'histoire de l'Amérique, a provoqué une panique financière mondiale, qui, plus que tout autre facteur, pourrait déterminer les résultats de l'élection présidentielle de 2008.

 

Joe Leberman : Senateur du Connecticut, qui était le colistier d'Al Gore en 2000 pour le parti Démocrate; il est actuellement l'homme clé de McCain pour les électeurs juifs indécis.

 

Mike Moore : il a lancé Jewsvote.org, en utilisant des méthodes high tech pour contrer des sites web attaquant Obama. Le groupe soutien également The Great Schlep - une campagne pour que les petits enfants aillent rendre visite à leurs grands parents en Floride pour les persuader de voter pour Obama.

 

Eli Pariser : il est à la tête de MoveOn.org, un groupe libéral ayant un site Internet qui a récolté d'importantes sommes pour les candidats démocrates.

 

Martin Peretz : l'éditeur de New Republic, il a écrit un article ayant eu de l'influence intitulé " Can Friends of Israël - and Jews - trust Obama . In a word Yes " ( les amis d'Israël - et les juifs - peuvent-ils faire confiance à Obama ? En un mot, Oui)

 

Dennis Prager : ll intervient dans des émissions sur la radio nationale, sans mâcher ses mots avec vivacité, a de l'influence, et malgré quelques réserves sur la campagne de McCain il a jeté tout son poids derrière lui.

 

Penny Pritzker : elle préside la campagne financière nationale d'Obama. Milliardaire, héritière d'une famille de juifs bien connus comme donateurs, et pionnière dans son soutien à Obama, elle a été critiqué pour son implication dans l'effondrement d'une banque liée aux hypothèques sur prêts immobiliers.

 

Ed Rendell : le gouverneur de l'État clé de Pensylvannie, il est ancien dirigeant du Comité National Démocrate, et un porte parole à la tête de la campagne Démocrate.

 

Denise Rich : ex épouse du milliardaire Marc Rich, mondaine, elle est une méga collectrice de fonds pour les Démocrates.

 

Robert Rubin : le conseiller principal sur l'économie d'Obama, a une connaissance incontestée du fonctionnement de Wall Street, et a été Secrétaire au Trésor dans l'Administration Clinton.

 

Dan Shapiro : un ancien responsable du National Security Council dans l'Administration Clinton, c'est un conseiller expérimenté sur la politique au Moyen Orient, et un coordinateur du vote juif dans la campagne d'Obama. On dit qu'il a co-écrit le discours prononcé par Obama devant AIPAC (le lobby pro Israël) dans lequel le candidat déclarait : " Jérusalem restera la capitale d'Israël et elle doit restée in-divisée" - une déclaration qu'Obama a plus tard partiellement modifiée.

 

Sarah Silverman : "comédienne de choc" elle était porte-parole dans une vidéo du Great Schlep ( voir Mi Moore ci dessus). Son monologue a provoqué un contre clip d'un vétéran comique Jackie Mason.

 

Alan Solow : juriste de Chicago actif au sein de la communauté juive et dans la « Conference Of Présidents ». Il est depuis une douzaine d'années supporter d'Obama.

 

Jon Stewart : animateur d'une émission satyrique de TV " The Daily Show" il est probablement devenu le plus écouté du vote libéral de la nation. Le New York Times a nommé l'émission de Steward "une authentique force culturelle et politique".

 

Barbra Streisand : la chanteuse super star, une célébrité libérale juive et une méga collectrice de fonds. Elle avait soutenu Hillary Clnton lors des primaires et soutient Obama depuis la Convention Démocrate. Elle a aussi organisé une collecte de fonds à Hollywood en Septembre, incluant un dîner à 25.800 dollars l'assiette.

 

Robert Wexler : un substitut clé d'Obama, le membre du Congrès pour la Floride a mené une campagne intensive pour attirer vers Obama le riche électorat du Sunshine State et le détourner de McCain

 

Fred Zeidman : stratégiste juif de tête pour McCain, il est président du « Holocaust Memorial Council » des US, et un poids lourd parmi les Républicains juifs.

 

Bradley Burston et JJ Golberg - 17/10/08 www.haaretz.com

____________

Information complémentaire (source www.haaretz.com)

 

Sur le groupe de rabbins qui ont décidé de soutenir Barak Obama leur motivation, selon ce qu'ils ont écrit : " nous avons mis en jeu notre crédibilité en tant que rabbins aimant Israël en soutenant publiquement le Sénateur Obama comme Président à cause des dénigrements et mensonges qui viennent de la partie adverse". ..." Jamais auparavant dans l'histoire des US un groupe de rabbins d'une telle importance ne s'est crée pour soutenir activement un candidat comme président."

 

Sur le vote juif aux US : une étude annuelle a été publiée le mois dernier par le « Américan Jewish Committee » révélant que selon des estimations les électeurs juifs américains voteront à 57% pour Obama contre 30% pour McCain. Alors même qu'il y a 2% de juifs aux US, 4% des votes lors des élections présidentielles sont des votes d'électeurs américains juifs. Dans certains états, comme la Floride, le vote juif est considéré comme crucial. Plus de 40% des juifs américains participent financièrement aux campagnes présidentielles, ce qui représente 1/5 des donations pour les campagnes.



                "C'est une tache parce que je suis celui qui a fait cette présentation au nom des États-Unis devant le monde, et cela fera toujours partie de mon bilan", a-t-il dit sur la chaîne de télévision ABC.




Le lobby pétrolier qui ne peut que se louer de l’action de Bush depuis septembre 2001 car il s’est enrichi – ce lobby et la famille Bush, à milliards de dollars grâce à l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak.

20:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, actualites, usa, presse, information, medias, silence, television, terrorisme, democratie, liberte, elections | |  Facebook | |  Imprimer | | |

24/10/2008

03/10/2008: La Chine critique la politique financière des Etats-Unis ...

La Chine critique la politique financière des Etats-Unis
Peter Franssen  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Le quotidien du Parti communiste chinois estime qu’il faut un nouvel ordre financier mondial qui ne soit plus dépendant des États-Unis et du dollar. La politique financière américaine est responsable de la crise, écrit l’éditorialiste. La question sous-jacente est celle-ci : Pourquoi le monde devrait-il payer l’addition ?
 
Le commentaire se trouve dans l’édition pour l’étranger du People's Daily (17 septembre). L’éditorial est de la plume du professeur Shi Jianxun de l’université Tongji à Shanghai. « La crise aux États-Unis montre qu’il y a de grands manquements dans le contrôle et la surveillance du monde financier américain. Cette situation à provoqué la faillite de (la banque d’affaires) Lehman Brothers et elle peut dégénérer en un véritable tsunami financier. La faillite de Lehman Brothers peut avoir un effet domino. Elle aura également un contrecoup négatif sur l’économie dans d’autres pays. Le monde a un urgent besoin d’une monnaie diversifiée et d’un ordre financier qui soit juste et non plus dépendant des États-Unis », écrit le professeur Shi Jianxun.

Le dollar perd de son statut

En novembre dernier, le monde financier avait déjà été effrayé par un discours de Cheng Siwei, le vice-président du Parlement chinois. À ce moment, la Chine disposait de presque 1500 milliards de dollars en réserves de devises étrangères. Cheng déclarait : « La Chine doit équilibrer ses réserves de façon à ce que les devises fortes comme l’euro contrebalancent les devises faibles comme le dollar. »

Au même moment, un haut fonctionnaire de la Banque nationale chinoise disait que le dollar était « occupé à perdre son statut de principale monnaie de réserve dans le monde ».

Certains décideurs politiques estiment donc que la Chine ferait mieux de se couvrir contre les oscillations de cours du dollar en diversifiant ses devises étrangères. L’article de tête du People's Daily montre que ce point de vue gagne en influence dans les hautes sphères de l’État chinois.

Les conséquences négatives de la crise

La faillite de Lehman Brothers a des conséquences négatives immédiates pour trois banques chinoises qui ont des parts de Lehman ou de ses filiales. La China Merchants Bank a pour 70 millions de dollars d’actions de Lehman Brothers. L’Industrial & Commercial Bank of China pour 151 millions de dollars et la Bank of China pour 75 millions de dollars plus 53 millions de dollars de prêts à Lehman. Il est très vraisemblable que les Chinois peuvent faire une croix définitive sur ces 350 millions de dollars.

Ce sont les pertes immédiates. Ensuite, l’économie chinoise, à l’instar de l’économie mondiale, va également subir l’influence négative de la crise financière aux États-Unis. Le People's Daily écrit que la faute en incombe à la politique américaine. Ce que bien des banquiers centraux ailleurs dans le monde pensent également. Cette critique renforce, et pas dans une moindre mesure, le groupe de pays qui veulent se débarrasser de l’hégémonie du dollar. Aucun pays n’a envie de payer pour ce que même le candidat à la présidence Barrack Obama appelle « l’échec total de notre politique financière ».

Le chœur s’étoffe

Les deux bourses pétrolières dominantes dans le monde sont celles de Londres et de New York. Les deux sont aux mains d’entreprises américaines. Le pétrole, cela va de soi, est traité en dollars. Mais, à la mi-février de cette année, une bourse iranienne du pétrole s’est ouverte. L’or noir n’y est plus traité en dollars, mais en rial, la monnaie iranienne.

Une semaine avant l’ouverture de la bourse iranienne, Abdullah al-Badri, secrétaire général de l’OPEP, avait déclaré que, dans les dix ans à venir, les pays exportateurs de pétrole auraient troqué le dollar pour l’euro.

Le ministre irakien du pétrole, Hussein al-Shahristani, a dit à cette occasion : « L’OPEP va instaurer une commission afin d’étudier le passage du dollar vers toute une corbeille de monnaies. »

Au sein de l’OPEP, le Venezuela s’emploie en même temps que l’Iran à une accélération de ce processus.

D’autres pays producteurs de pétrole ne faisant pas partie de l’OPEP, telles la Norvège et la Russie, sont également prêts à laisser tomber le dollar. La décision de deux ou trois autres pays supplémentaires de passer à l’euro, au yen ou à une corbeille de monnaies est sans doute suffisante pour envoyer par le fond le navire amiral de l’hégémonie du dollar dans le monde, c’est-à-dire le pétrodollar. D’où ce commentaire de ce spéculateur hors format qu’est George Soros, au printemps dernier : « Le monde fonce vers la fin de l ‘ère du dollar. »

Jusqu’à présent, les États-Unis ont pu exporter la majeure partie de leur crise économique, tout simplement en augmentant le volume des dollars. Le monde avait besoin de ces dollars car le pétrole et les autres matières premières sont traités en dollars. C’est ainsi que 70 pour cent de toutes les réserves étrangères dans le monde sont constituées en dollars. Cette masse de dollars n’est plus, depuis bien longtemps, en rapport avec le volume réel de l’économie des Etats-Unis.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand la Grande-Bretagne et la livre britannique se sont retrouvées grièvement blessées, c’est le dollar qui est devenu la monnaie d’échange de la planète. Le point de vue du People's Daily montre que cette période court à sa fin.


Les lignes ci-dessus sont de la plume de Peter Franssen, rédacteur de www.infochina.be, le 19 septembre 2008.
 

21:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, banque, bourse, courcelles, capitalisme, chine, democratie, exploitation capitaliste, romain, histoire, belgique, finances, information, presse, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

11/10/2008

23/09/2008: Les Etats-Unis ont besoin d’un esprit révolutionnaire...

 

sur: www.michelcollon. info

Les Etats-Unis ont besoin d’un esprit révolutionnaire

Howard Zinn  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Al Jazeera s’entretient avec Howard Zinn, écrivain, historien de l’Amérique, critique social et activiste, de la manière dont la guerre en Irak a changé le regard des autres sur les Etats-Unis et des raisons pour lesquelles « l’Empire » serait près de l’effondrement.
 
9 septembre 2008


Howard Zinn: Depuis un certain temps, et à coup sûr aujourd’hui, l’Amérique évolue vers moins de pouvoir et moins d’influence dans le monde.

Manifestement, depuis la guerre en Irak, le reste du monde s’est détourné des Etats-Unis et, si la politique étrangère américaine persiste dans cette voie agressive, violente et indifférente aux sentiments et réflexions des autres peuples, alors oui, l’influence des Etats-Unis va poursuivre son déclin.
C ‘est l’empire le plus puissant qui ait jamais existé tout en étant en train de s’écrouler, un empire qui n’a pas d’avenir… parce que le reste du monde lui devient étranger et tout simplement aussi parce qu’il croule sous les engagements militaires, avec des bases partout dans le monde alors qu’il est à bout de ressources sur son propre territoire.

Cette situation entraîne un mécontentement croissant au pays et je pense que l’empire américain va dès lors suivre le chemin des autres empires avant lui, c’est ce qui est en train de se produire.


Question : Y a-t-il un espoir de voir les Etats-Unis aborder sous un autre angle le reste du monde ?

HZ : s’il y a un espoir, il ne peut être porté que par le peuple américain.

Par un peuple américain suffisamment révolté et indigné par ce qui est arrivé à son pays, par la dégradation de son image aux yeux du monde, par l’épuisement de ses ressources humaines, les carences en éducation et dans le domaine de la santé ainsi que par la mainmise du monde des affaires sur la politique, avec les répercussions que cela entraîne sur la vie au quotidien du peuple américain.

Sans compter les prix à la hausse de la nourriture, l’insécurité croissante et la mobilisation des jeunes pour la guerre.
Je pense que tout cela peut faire naître un mouvement de révolte.

Nous avons assisté à des soulèvements dans le passé : le mouvement ouvrier, les droits civils, la mobilisation contre la guerre au Vietnam. Je pense que si les Etats-Unis poursuivent dans la même direction, nous pourrions assister à la naissance d’un nouveau mouvement populaire. C’est le seul espoir pour les Etats-Unis.


Q : Comment les Etats-Unis en sont-ils arrivés là ?

HZ : Si nous en sommes arrivés là, je présume que c’est parce que la population américaine a laissé les choses se dégrader à ce point, c’est-à-dire qu’il s’est trouvé assez d’Américains pour s’estimer satisfaits de leur situation, juste assez.

Bien sûr, beaucoup d’Américains ne le sont pas, c’est pourquoi la moitié de la population ne vote pas, elle se sent exclue.
Mais il y a juste assez d’Américains qui sont satisfaits, qui estiment recevoir assez de petits cadeaux de l’Empire, juste assez de personnes suffisamment satisfaites pour perpétuer le système. Nous en sommes arrivés là grâce à l’aptitude du système à se maintenir en satisfaisant juste assez de monde pour maintenir sa légitimité.
Mais je pense que cette époque sera bientôt révolue.


Q : Que devrait savoir le monde à propos des Etats-Unis ?

HZ : Je pense que beaucoup dans le monde ignorent qu’il existe une opposition aux Etats-Unis.

Très souvent, les gens dans le monde croient que Bush est populaire chez nous, ils pensent : « oh, il a été élu à deux reprises » ; ils ne comprennent pas la perversité du système politique américain qui a permis à Bush de l’emporter deux fois.
Ils ne comprennent pas la nature fondamentalement anti-démocratique d’un système dans lequel tout le pouvoir est aux mains de deux partis qui ne diffèrent guère l’un de l’autre et dont les gens ne peuvent saisir les différences.

Dès lors, nous sommes dans une situation où il va falloir des changements fondamentaux de la société américaine si nous voulons que la population soit à nouveau en harmonie avec elle.


Q : Pensez vous que les Etats-Unis puissent se remettre de leur situation actuelle ?

HZ : Et bien, j’espère en un rétablissement mais à ce jour, nous n’avons rien vu venir.

Vous m’avez interrogé au sujet de ce que le reste du monde ignore à propos des Etats-Unis et, comme je vous l’ai dit, il ignore l’existence d’une vraie opposition.
Il y a toujours eu une opposition, mais elle a toujours été écrasée ou anesthésiée, maintenue à l’ombre ou marginalisée en sorte que sa voix ne puisse être entendue.

Les gens dans le monde n’entendent que les voix des dirigeants américains.
Ils n’entendent pas les voix de tous ceux qui dans ce pays n’approuvent pas les dirigeants et veulent des politiques différentes.

Je pense aussi que le reste du monde devrait savoir que ce qui se passe en Irak n’est que le prolongement d’une longue politique impériale d’expansion dans le monde.

Je pense aussi que beaucoup croient que cette guerre en Irak n’est qu’une aberration ponctuelle et qu’avant cette guerre les Etats-Unis étaient un pouvoir inoffensif.
Ils n’ont jamais été un pouvoir inoffensif et cela depuis le tout début, dès la révolution américaine, depuis la confiscation des terres des Indiens, la guerre du Mexique, la guerre hispano-américaine…
C’est embarrassant à dire, mais nous avons dans ce pays une longue histoire d’expansion violente et je pense que non seulement beaucoup d’étrangers l’ignorent, mais aussi beaucoup d’Américains.


Q : Peut-on améliorer cette situation ?

HZ : Vous savez, cet espoir, s’il existe, réside dans ce grand nombre de citoyens américains qui sont corrects, ne veulent pas la guerre, ne veulent pas tuer d’autres peuples.

Il est difficile d’entrevoir cette espérance parce que les Américains qui pensent ainsi sont exclus des médias, leurs voix ne sont pas entendues et on ne les voit jamais à la TV.

J’ai participé dans ma vie à nombre de mouvements sociaux et j’ai pu voir qu’au début ou juste avant le développement de ces mouvements, il semblait n’y avoir aucun espoir.
J’ai vécu dans le Sud pendant sept ans, pendant les années du mouvement des droits civils, et la situation semblait désespérée mais il y avait de l’espoir en profondeur.
Quand les personnes s’organisent, commencent à agir, commencent à travailler ensemble, alors elles osent prendre des risques, s’opposer à l’ordre établi et commettre des actes de désobéissance civile.

Alors l’espoir devient évident et se concrétise en changement.


Q : Pensez vous qu’il existe une façon pour les Etats-Unis de retrouver une influence positive sur la marche du monde ?

HZ : Oui mais pour cela nous avons besoin d’une nouvelle direction politique qui soit sensible aux vrais besoins des Américains et ni la guerre ni l’agression ne font partie de ces besoins.

Elle devra être également sensible aux besoins des autres peuples et comprendre que les ressources américaines, au lieu de financer les guerres, pourraient contribuer à aider ceux qui souffrent.

Il y a eu des tremblements de terre et des catastrophes naturelles partout dans le monde et aux Etats-Unis aussi, mais cela a entraîné bien peu de réactions, voyez l’ouragan Katrina.
Les gens dans ce pays, particulièrement les pauvres et les gens de couleur ont été victimes du pouvoir Américain comme d’autres peuples ailleurs dans le monde.


Q : Pourriez-vous nous faire une synthèse de ce dont nous venons de débattre, le pouvoir et l’influence des Etats-Unis ?

HZ : Le pouvoir et l’influence des Etats-Unis ont décliné rapidement depuis la guerre en Irak parce que cette guerre a exposé, comme cela n’avait jamais été le cas dans l’Histoire, la manière dont s’exerçait le pouvoir américain dans ce type de situation et dans d’autres.

Dès lors que l’influence US décroît, son pouvoir décroît aussi.
Si forte que soit la machine de guerre, le pouvoir ne dépend pas que d’elle. Au total, le pouvoir décroît.
À terme, le pouvoir repose sur la légitimité morale du système et les Etats-unis ont perdu cette légitimité morale.

Mon espoir est que le peuple Américain se soulève spontanément et change cette situation pour son plus grand bénéfice et celui du reste du monde.



Traduit par Oscar GROSJEAN pour Investig'Action

Source: 09/09/08 « Al Jazeera »

21:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, courcelles, liberte, mensonges, presse, politique, romain, resistance, silence, societe, television, usa, actualite, amerique, collon, capitalisme, democratie, dictature, histoire | |  Facebook | |  Imprimer | | |