03/01/2007

02/01/2007: Fascisme, islam et grossiers amalgames

De : ForumCommuniste@yahoogroupes.fr [mailto:ForumCommuniste@yahoogroupes.fr] De la part de Al Faraby
Envoyé : mardi 2 janvier 2007 12:44

Objet : [ForumCommuniste] Fascisme, islam et grossiers amalgames

 

Comprendre 

Fascisme, islam et grossiers amalgames

( Stefan Durand )

 

Alors que les Etats-Unis s’enlisent en Irak et que ce pays sombre dans la guerre civile, l’administration Bush continue de justifier ses interventions au Proche-Orient au nom de la lutte contre le « fascisme islamique ». Ce cadre idéologique permet de ranger dans la même catégorie des mouvements disparates, d’Al-Qaida au Hezbollah en passant par les Frères musulmans.

« Ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses. La loi, le pouvoir, le maître, le monde, la rébellion, la foi. Ils peuvent ainsi faire des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. » En cela, « ils cassent le travail consistant à “former” des concepts à articulation fine, ou très différenciée, pour échapper aux grosses notions dualistes. » En 1977, Gilles Deleuze dénonçait ce qu’il appelait la « pensée nulle » des « nouveaux philosophes ».

Trente années plus tard, ces penseurs toujours « nuls » mais plus vraiment « nouveaux » et toujours pas « philosophes » se retrouvent à l’avant-garde pour propager en France, sur la base de « mélanges grotesques », le concept creux de « fascisme islamique ».

On pourrait se contenter de passer outre si ce concept n’avait pas été utilisé publiquement par le président des Etats-Unis, M. George W. Bush, le 7 août 2006, et à l’occasion d’autres discours officiels américains, dans lesquels on regroupait des organisations fort différentes les unes des autres (Al-Qaida, les Frères musulmans, le Hamas, le Hezbollah...), faisant de ces mouvements les « successeurs du nazisme et du communisme ». La requalification de la « guerre contre le terrorisme » en « guerre contre le fascisme islamique », et donc l’inscription des mouvements fondamentalistes musulmans dans la lignée de ce qu’on a appelé au XXe siècle, sans distinctions, les « totalitarismes », n’est pas innocente. Elle vise à relégitimer des politiques bellicistes, en se fondant sur des amalgames et sur les vieilles ficelles de la « politique de la peur ».

La paternité du néologisme « islamo-fascisme » a été revendiquée dans l’hebdomadaire néoconservateur The Weekly Standard par le journaliste Stephen Schwartz (1), qui collabore par ailleurs à un site Internet très controversé, FrontPage magazine, de David Horowitz.

Toutefois, n’ayant utilisé le terme pour la première fois qu’en 2001, ce n’est donc pas Schwartz qui a inventé l’expression, mais l’historien Malise Ruthven en 1990, dans le quotidien britannique The Independent (2). Et Christopher Hitchens a popularisé la formule aux Etats-Unis. Journaliste brillant, autrefois à gauche, il s’est rallié à la guerre contre l’Irak du président Bush. Mais c’est probablement à l’orientaliste Bernard Lewis (3), conseiller de la Maison Blanche, mû par une forte hostilité envers l’islam, qu’on doit son cheminement jusque dans un discours officiel du président. Schwartz se considère d’ailleurs comme un disciple de Lewis.

 

Des mouvements transnationaux

 

Si l’on se fonde sur les traditionnelles définitions théoriques formulées par des experts du fascisme (Hannah Arendt, Renzo De Felice, Stanley Payne ou Robert O. Paxton), on s’aperçoit qu’aucun des mouvements islamistes regroupés par le président Bush dans l’expression « islamo-fascisme » ne correspond aux critères. Non pas que la religion soit incompatible avec le fascisme. Si Payne estime que le fascisme a besoin pour se développer d’un espace séculier (4), Paxton et d’autres lui rétorquent que cela ne vaut que dans le cas européen. Il peut bel et bien exister un fascisme musulman, comme d’ailleurs un fascisme chrétien, un fascisme hindou et un fascisme juif.

Toutefois, les mouvements montrés du doigt par l’administration Bush n’entrent pas dans cette catégorie. L’islamisme doit être appréhendé comme un phénomène contemporain, nouveau et distinct. Certains éléments du fascisme traditionnel peuvent assurément être décelés dans des mouvements fondamentalistes musulmans : la dimension paramilitaire, le sentiment d’humiliation et le culte du chef charismatique (dans une mesure toutefois relative et peu comparable avec les cultes du Duce ou du Führer). Mais toutes les autres dimensions (nationalisme expansionniste, corporatisme, bureaucratie, culte du corps...), fondamentales, du fascisme font généralement défaut.

Les mouvements islamistes sont souvent transnationaux, et donc bien loin du « nationalisme intégral » qui caractérisa les fascismes européens des années 1930. Le fascisme était, par nature, impérialiste et expansionniste. Or, s’il est vrai que des cellules d’Al-Qaida opèrent dans de nombreux pays et que certains mouvements islamistes rêvent d’une reconquête de l’Andalousie ou de la Sicile et de la restauration du califat, des formations comme le Hamas et le Hezbollah, si contestables que puissent être leurs orientations religieuses et certaines de leurs actions armées (en particulier les attentats contre des civils), sont en lutte contre des occupations territoriales.

De son côté, le régime des talibans en Afghanistan s’apparentait davantage, par son absolutisme religieux, aux théocraties obscurantistes du Moyen Age qu’aux régimes fascistes ayant émergé dans les pays industrialisés à la suite de la première guerre mondiale.

La dimension corporatiste – relation quasi fusionnelle entre l’Etat, les entreprises et les corps de métiers –, inhérente au fascisme, fait également défaut dans le contexte islamique (la relation étroite, en Iran, entre les commerçants du bazar et le régime ne peut lui être comparée). De plus, les mouvements islamistes ne sont pas, en général, soutenus par le complexe militaro-industriel d’un pays, même si, en Iran encore, l’articulation entre l’Etat religieux et la puissante industrie militaire pourrait laisser penser le contraire. Mais cette articulation existe aussi dans des pays qu’on ne saurait qualifier de « fascistes », par exemple les Etats-Unis, la France ou le Japon.

Disposer d’un « Etat partisan » représente une condition nécessaire à l’exercice d’un pouvoir de nature fasciste. Or les groupes islamistes ciblés sont le plus souvent des organisations non étatiques, en marge du pouvoir de leur pays, ou persécutés par ce der= nier. Par ailleurs, si paradoxal que cela puisse paraître pour des mouvements idéologiquement structurés par la religion, les aspects idéologiques apparaissent souvent secondaires chez ces organisations islamistes, alors que Raymond Aron soulignait la « place démentielle » de l’idéologie dans tout système totalitaire, lequel reposait selon lui sur un « primat de l’idéologie (5) ».

Les mouvements islamistes instrumentalisent la religion et cherchent à s’en servir comme d’une idéologie, mais il n’y a pas volonté de créer un « homme nouveau », comme ce fut le cas en Europe. Il s’agit plus de vieux archaïsmes religieux ou sociétaux que d’une idéologie globale et cohérente. De surcroît, le succès populaire de ces mouvements découle souvent de facteurs autres qu’idéologiques. A titre d’exemple, le vote Hamas ne reflète pas une adhésion du peuple palestinien à l’idéologie religieuse de ce mouvement, mais serait surtout la résultante d’un vote-sanction contre la corruption du Fatah. Au Liban, nombreux sont ceux qui soutiennent le Hezbollah sans souscrire pour autant à son discours islamiste. Et les intellectuels qui appuient ces mouvements le font généralement en dépit de leur idéologie, non par adhésion à l’islamisme. En revanche, le fascisme et le nazisme, en tant qu’idéologies, ont séduit des intellectuels par milliers, dont certains très éminents.

Al-Qaida, par exemple, ne peut se prévaloir que de rares soutiens de cet ordre, et son discours, des plus sommaires, rappelle davantage celui des phénomènes sectaires anciens que celui des régimes fascistes européens.

Le fascisme et le nazisme étaient des mouvements de masse, fondés sur une politisation et un consentement des foules, alors que les organisations islamistes, en dépit de tous les éléments propices, comme la crise économique et l’humiliation généralisée, se heurtent dans la plupart des pays musulmans à des sociétés civiles attachées à leurs libertés. Le nombre de ceux qui soutiennent les mouvements fondamentalistes musulmans en Afrique du Nord n’est pas beaucoup plus élevé que le nombre de ceux qui, en Europe, soutiennent les mouvements de la droite extrême. Le mouvement Al-Qaida ne parvient à séduire qu’une partie très réduite des musulmans. Dans chacun des pays musulmans sommeillent, sous des dictatures fréquemment inféodées aux Etats-Unis, des sociétés civiles extraordinairement vives, non pratiquantes et antitotalitaires. En outre, comme l’écrit Paxton : « Ce qui nous empêche essentiellement de succomber à la tentation de taxer de fascistes les mouvements islamiques fondamentalistes comme Al-Qaida et les talibans est qu’ils ne sont pas le produit d’une réaction contre des démocraties dysfonctionnelles. Leur unité est davantage organique que mécanique, pour reprendre la célèbre distinction d’Emile Durkheim (6). Par-dessus tout, ces mouvements ne peuvent pas “renoncer aux institutions libres”, n’en ayant jamais eu (7). » On pourrait évoquer bien d’autres éléments permettant de récuser cette analogie avec le fascisme : pas de monopole de l’information (même en Iran ou en Arabie saoudite, malgré le strict contrôle du pouvoir religieux, des brèches existent qui laissent passer le souffle d’une certaine liberté), pas de darwinisme social, pas d’économie dirigée ni de mobilisation planifiée de l’industrie, pas de monopole des armes...

Le cas de la République islamique d’Iran est certes problématique. M. Mahmoud Ahmadinejad peut s’appuyer sur un « Etat partisan », contrôle très étroitement les médias par l’intermédiaire d’un ministère de la culture et de l’orientation islamique, et mobilise son économie – planifiée – ainsi que son imposant complexe militaro-industriel. Peut-on pour autant parler, même dans ce cas, d’islamo-fascisme ? Pas vraiment, tant les contre-pouvoirs demeurent nombreux et la société civile vigilante. Le président iranien doit composer avec le Majlis (Parlement), et il lui a fallu plusieurs mois pour obtenir de celui-ci la confirmation de certains ministres. Le numéro un de l’Etat iranien, le « guide suprême », l’ayatollah Ali Khamenei, a par ailleurs soumis les décisions du gouvernement de M. Ahmadinejad à l’aval du Conseil de discernement, dirigé par M. Hachémi Rafsandjani, qui n’est autre que le candidat défait par M. Ahmadinejad à l’élection présidentielle.

M. Ahmadinejad doit aussi composer avec l’ancien président, le « réformateur » Mohammad Khatami, lequel conserve une popularité non négligeable. L’éditorialiste Tzvi Barel soutient dans Haaretz que les diatribes anti-israéliennes du président iranien « s’expliquent en fait par les tensions idéologiques et les rapports de forces au sein de la République islamique (8) ». Enfin, le « populiste » Ahmadinejad a beaucoup de mal à séduire les élites, et une grande partie de la société civile iranienne est déterminée à lutter contre l’emprise des ultraconservateurs.

Si le terme générique d’« islamo-fascisme » paraît incongru, cela ne signifie pas que l’imprégnation fasciste soit absente en contexte islamique. Les mondes arabe et musulman comptent un nombre considérable de dictatures et de régimes autoritaires que l’on pourrait qualifier de fascisants, souvent alliés des Etats-Unis dans leur « guerre mondiale contre le terrorisme ». Les dictateurs d’Azerbaïdjan, d’Ouzbékistan, du Kazakhstan et du Turkménistan, quatre Etats musulmans, sont curieusement épargnés par les critiques américaines, bien que le caractère semi-fasciste de ces régimes saute aux yeux. La monarchie saoudienne est en odeur de sainteté à Washington, malgré son fondamentalisme et son obscurantisme religieux, son appui à des mouvements islamistes radicaux et ses outrances. Le soutien à la politique extérieure américaine paraît valoir excuse de toutes les dérives autocratiques et fascisantes. Désormais absous dans les chancelleries occidentales après avoir renié son turbulent passé, comme le réclamait Washington, le colonel Mouammar Kadhafi a pu célébrer le trente-septième anniversaire de son arrivée au pouvoir en appelant au meurtre de ses opposants, sans que nul ne s’en émeuve en Occident (9).

Le terme « fasciste » pouvait-il se justifier à propos de la dictature du président Saddam Hussein, des baasistes et de leurs moukhabarat (services secrets) en Irak ? Sans doute. Le régime de M. Hussein était un régime ultranationaliste, reposant sur le culte démesuré du chef, ne distinguant pas entre les sphères publique et privée, et de surcroît expansionniste. Lors d’une conférence au Koweït en 1987, Edward W. Said avait mis en garde les gouvernants du Golfe : « En continuant de soutenir financièrement Saddam Hussein, vous vous rendez complices de ce fascisme arabe, dont vous finirez par être les victimes. » Ce n’est que le 2 août 1990, après l’invasion de leur pays, que les dirigeants koweïtiens le comprirent.

 

Anciens alliés de Washington

 

L’hypocrisie est encore plus frappante si l’on songe que ceux que l’on qualifie aujourd’hui d’« islamo-fascistes », notamment les néotalibans afghans, étaient, durant leur lutte contre les Soviétiques dans les années 1980, encensés à Washington comme les « équivalents moraux » des Pères fondateurs des Etats-Unis (10). Les Frères musulmans égyptiens ont été eux aussi très généreusement aidés par les services de renseignement britanniques et américains. Et le gouvernement israélien a favorisé les Frères musulmans en Palestine (avant la naissance du Hamas) pour endiguer le pouvoir du Fatah, des marxistes et de l’Organisation de libération de la Palestine.

On peut et on doit critiquer avec détermination certains mouvements obscurantistes et fanatiques qui, dans le monde musulman, ont recours au terrorisme, mais sans pour autant employer des termes provocants et datés comme « nazislamisme » ou « islamo-fascisme », qui stigmatisent des populations entières en établissant une relation directe entre leur religion et les partis extrémistes qui l’ont instrumentalisée au nom d’objectifs politiques. Refuser un concept frauduleux ne signifie nullement que l’on doive s’interdire de critiquer les crimes des islamistes et leur vision du monde. Le brillant intellectuel pakistanais Eqbal Ahmad n’a-t-il pas fait preuve d’un courage exceptionnel en défendant devant des foules pakistanaises en colère l’écrivain Salman Rushdie, menacé de mort par une fatwa iranienne ?

Toutes ces considérations n’ont que peu d’importance aux yeux des jacksoniens (11) et des néoconservateurs qui dominent la politique extérieure des Etats-Unis, pour qui l’usage de l’expression « fascisme islamique » est surtout utile en raison de sa charge émotionnelle. Elle permet de semer la peur. Or c’est là que réside l’un des principaux dangers. En accréditant l’idée que l’Occident combat un nouveau fascisme et de nouveaux Hitler, on prépare l’opinion à accepter l’idée que la guerre peut et doit être « préventive ». La réponse à la « menace fasciste », massive, se trouve donc justifiée quelles qu’en soient les conséquences en termes de vies humaines. « Les Alliés ont bien bombardé Dresde », répliquèrent certains néoconservateurs à ceux qui critiquaient le largage par les F-16 israéliens de centaines de bombes à sous-munitions sur des quartiers civils libanais.

L’acharnement à vouloir « nazifier » son adversaire n’a rien d’inédit. Périodiquement, les médias occidentaux découvrent un « IVe Reich » et un « nouveau Führer ». Successivement Gamal Abdel Nasser, Yasser Arafat, Slobodan Milosevic, M. Hussein et à présent M. Ahmadinejad ont été comparés à Hitler. Nasser était appelé le « Hitler du Nil ». Menahem Begin qualifiait Arafat de « Hitler arabe ».

Aujourd’hui, le président iranien et ses philippiques négationnistes offrent un terrain fertile aux manipulations des médias. C’est ainsi que le néoconservateur iranien Amir Taheri, ancien collaborateur du Shah, a diffusé une « nouvelle » selon laquelle l’Iran s’apprêterait à faire porter l’étoile jaune aux juifs iraniens. Bien que fausse, elle a fait la « une » du quotidien conservateur canadien The National Post, avec en gros titre : « Le IVe Reich ». Que cette information ait été vigoureusement niée par les juifs iraniens eux-mêmes et par toute la presse n’a rien changé à l’affaire. Le « coup médiatique » a réussi, et des centaines de milliers de Canadiens et d’Américains sont désormais convaincus que les juifs iraniens portent une étoile jaune. Ce qui sera fort utile si les Etats-Unis décident de lancer une nouvelle guerre préventive contre l’Iran...

Les utilisateurs de l’expression « islamo-fascisme » ont en commun de vouloir en découdre et de poursuivre les actions armées menées au nom de la « guerre mondiale contre le terrorisme ». Au fil des ans, l’historien britannique Lewis a popularisé la notion selon laquelle les Arabes et les « Orientaux » ne comprennent que la force. Il aurait été bien inspiré de lire Arendt, qui écrivait : « Nonobstant tous les espoirs du contraire, il semble qu’il y a un argument que les Arabes sont incapables de comprendre : c’est la force (12). »

Unir sous une seule bannière, celle d’« islamo-fascistes », des dizaines de mouvements disparates, souvent en conflit les uns avec les autres, et ayant des objectifs très divers, permet d’enraciner le mythe d’un complot islamiste mondial, d’occulter les questions géopolitiques purement profanes, et donc de ne plus évoquer les causes qui ont entraîné la naissance de la plupart de ces mouvements. Notamment les occupations coloniales et les conflits territoriaux dont seule une juste résolution peut permettre d’assécher le terreau sur lequel prospère le terrorisme islamiste contemporain.

On singe à peu de frais les postures churchilliennes et on se permet symétriquement de traiter de « munichois » tous ceux qui s’opposent à ces guerres aussi absurdes que contre-productives. Au lieu de voir en eux des esprits lucides, on les présente comme autant d’« idiots utiles », incarnations modernes d’Edouard Daladier et de Neville Chamberlain signant en 1938 les accords de Munich avec Hitler. « Rien n’est pire que les prétendues leçons de l’Histoire, lorsqu’elle est mal comprise et mal interprétée », disait Paul Valéry.

 

Stefan Durand

Chercheur.

Le Monde-diplmatique de novembre 2006

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=3597

 

Notes

 

(1) Cf. son article du 17 août 2006, « What is “islamofascism” ? ».

(2) 8 septembre 1990 : « L’autoritarisme gouvernemental, pour ne pas dire l’islamo-fascisme, est la règle plutôt que l’exception du Maroc au Pakistan. »

(3) Lire Alain Gresh, « Bernard Lewis et le gène de l’islam », Le Monde diplomatique, août 2005.

(4) Parce qu’à ses yeux « un fascisme religieux limiterait inévitablement les pouvoirs de son dirigeant, non seulement à cause du contre-pouvoir culturel du clergé, mais aussi des préceptes et des valeurs véhiculés par la religion traditionnelle ».

(5) Raymond Aron, Démocratie et totalitarisme, Gallimard, Paris, 1965.

(6) Pour simplifier, la théorie durkheimienne oppose la « solidarité organique », caractérisée par la différenciation et une faible conscience collective, à la « solidarité mécanique », caractérisée par les ressemblances et une forte conscience collective.

(7) Robert O. Paxton, Le fascisme en action, Seuil, Paris, 2004.

(8) Cet article a été repris par Courrier international le 3 novembre 2005, sous le titre « Cause toujours, Ahmadinejad ».

(9) Dépêche Reuters du 31 août 2006. En d’autres temps, cette nouvelle aurait fait la « une » des grands quotidiens américains.

(10) Pour un panorama global de ces liaisons dangereuses, notamment en Asie du Sud-Est, cf. l’ouvrage du professeur à Columbia Mahmoud Mamdani, Good Muslim, Bad Muslim. America, the Cold War and the roots of terror, Three Leaves Publishing, New York, 2005.

(11) Walter Russel Mead appelle « jacksoniens », en référence au président américain Andrew Jackson (1829-1837), les ultranationalistes qui n’hésitent pas à intervenir à l’extérieur mais qui, contrairement aux néoconservateurs, ne cherchent pas à s’engager dans le nation building. MM. Richard Cheney et Donald Rumsfeld peuvent être qualifiés de « jacksoniens ».

(12) Hannah Arendt, « Peace or armistice in the Near East ? », dans Review of Politics, université Notre-Dame, Indiana, janvier 1950.

 

www.aloufok.net

 

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10:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre, grande bretagne, fascisme, islam, imperialisme, colonialisme, racisme, terrorisme, usa, occupations, actualite, histoire, romain, courcelles, presse, silence, politique, democratie, liberte, onu, irak, afghanistan, sionisme, iran, turquie | |  Facebook | |  Imprimer | | |

16/11/2006

SOLIDAIRE n°44 - 15/11/2006

n°44 - 15/11/2006

Solidaire
La une

Éditorial
Opération de rattrapage

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En bref

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SNCB • Le problème des congés n’est que le sommet de l’iceberg

Anvers • Retombées judiciaires d’une action contre le Pacte des générations

Caterpillar • Gosselies: un intérimaire compétent, il faut l’embaucher pour de bon
Germain Mugemangango

Belgique
Salaires • 5,5% d'augmentation de salaire, est-ce beaucoup ou pas?
Tom De Meester

Libéralisation • Gaz-électricité: quel fournisseur choisir?
Herwig Lerouge

Hoboken • Le VLD refuse de s'asseoir à la même table que le PTB
Joris Van Gorp

Procès DHKP-C • Cinq ans de prison pour avoir défendu ses opinions
David Pestieau & Marco van Hees

Surendettement • Crédit facile… N’avalez pas n’importe quoi
Thomas Blommaert

Enseignement • Les profs s’impatientent
Pierre Charles

À tous les donateurs, merci pour les 70 500 euros!

International
[Portrait] Robert Gates, successeur de Rumsfeld
Pol De Vos

États-Unis • Les élections se sont muées en un référendum sur l’Irak
Pol De Vos

En bref

Népal • Un pas vers la paix sur le toit du monde
Bert De Belder

Bande de Gaza • A quand un boycott d'Israël?
Léa Mathy

Nicaragua • Daniel Ortega : le nouvel ancien président
Pol De Vos

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Louvain • 3 000 signatures pour aller au Parlement
Pieterjan Caes

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Expresso

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Une vérité qui dérange: un documentaire à vous glacer le sang
Marc Kennes

20:36 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, solidaire, presse, communisme, ptb, silence, belgique, actualite, social, syndicats, capitalisme, oppression capitaliste, democratie, liberte, courcelles, romain, repression, terrorims, guerre, fascisme, terrorisme, usa, turquie | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/11/2006

10/11/2006: Belgique "démocratique": Bahar Kimyongür condamné à 5 ans pour traduction !

Belgique : Démocratie ? Liberté ? Justice ?  Droits de l’ Homme ?

C’ est le McCarthysme qui s’ installe dans toute l’ Euro-dictature capitaliste : inacceptable !

RoRo

 

 

 

-----Message d'origine-----
De : Anti-imperialist Camp [mailto:camp@antiimperialista.org]
Envoyé : vendredi 10 novembre 2006 14:50

Objet :
Bahar Kimyongür condamné à 5 ans pour traduction !

 

Une législation d'exception, un tribunal d'exception, une instruction

d'exception: un verdict d'exception

 

 

Avec le verdict de la Cour d’Appel de Gand rendu seulement vers 21h30 ce 7

novembre, la Justice belge et la Ministre Onkelinx seront finalement arrivés

aux résultats judiciaires exigés par la Turquie: faire définitivement taire

un de ses opposants, Bahar Kimyongür, et criminaliser un mouvement

révolutionnaire d’opposition au régime d’Ankara. Parallèlement, ce jugement

très partial et partisan aura donc atteint son objectif majeur : établir une

jurisprudence d’exception ayant pour Nord la criminalisation des mouvements

sociaux et de la contestation politique.

 

C’est peu de le souligner: initié le 26 septembre 1999, avec l’arrestation à

Knokke de Fehriye Erdal, le procès intenté contre 9 membres présumés du

DHKP-C s’est terminé à Gand sur un véritable naufrage judiciaire. La justice

de notre pays y aura accepté, du début à la fin, d’être soumise à une

instruction d’exception, à une législation d’exception, à un tribunal

d’exception –le tout afin d’aboutir à un verdict d’exception. Car, dans

cette affaire exemplaire, s’est exercée une véritable coalition d’intérêts

décidée à tout faire pour mettre la réalité à genoux –la légalité dut-elle

en souffrir.

 

C’est pourquoi, le Clea appelle :

—À dénoncer ce jugement inique et à appuyer, par leurs mobilisations, toutes

les voies de recours aptes à contester un jugement de pure complaisance,

prononcé coup sur coup par deux tribunaux belges «sous pression!

—À contester les lois sécuritaires qui, dans notre pays comme dans

l’ensemble de l’Union européenne, sont en train de défaire les libertés

démocratiques obtenues par un siècle et demi de luttes sociales!

—À marquer leur solidarité avec les forces politiques, syndicales et

associatives qui combattent l’autoritarisme, le despotisme et la violence

d’État dont le régime d’Ankara a fait sa nature ordinaire!

 

Sept années après avoir débuté, «l’affaire Erdal» –à laquelle est venue se

surajouter «l’affaire Kimyongür»– vient donc de connaître un épilogue…

provisoire.

 

Ce mardi 7 novembre, la Cour d’Appel de Gand a en effet condamné sept des

prévenus à de lourdes peines d’emprisonnement –les charges et accusations

retenues ayant été manifestement dopées afin de justifier la sévérité du

verdict :

 

- Sukriye Akar: 4 ans (4 en première instance);

- Musa Asoglu: 7 ans (6 en première instance);

- Fehriye Erdal: 4 ans (4 en première instance);

- Dursun Karatas: 7 ans (5 en première instance);

- Bahar Kimyongür: 5 ans (4 en première instance);

- Zerrin Sari: 4 ans (4 en première instance);

- Kaya Saz: 4 ans (4 en première instance).

 

Ce jugement confirme et amplifie donc les condamnations prononcées en

première instance par le tribunal de Bruges le 28 février dernier –alors

que, dans le dossier, ne figure aucun élément d’aucune sorte relatif à des

actes violents qu’aurait commis ou qu’aurait voulu commettre, ensemble ou

seul, quelque prévenu que ce soit… En Belgique, en Turquie ou dans un

quelconque autre pays.

 

C’est peu de le souligner: initié le 26 septembre 1999, avec l’arrestation à

Knokke de Fehriye Erdal, le procès intenté contre 9 membres présumés du

DHKP-C s’est terminé à Gand sur un véritable naufrage judiciaire. La justice

de notre pays y aura accepté, du début à la fin, d’être soumise à une

instruction d’exception, à une législation d’exception, à un tribunal

d’exception –le tout afin d’aboutir à un verdict d’exception. Car, dans

cette affaire exemplaire, s’est exercée une véritable coalition d’intérêts

décidée à tout faire pour mettre la réalité à genoux –la légalité dut-elle

en souffrir.

 

continuez à lire:

www.leclea.be/pages/page_communiques.html#Comm9

 

Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association (Clea)

 

Camp Anti-impérialiste

www.antiimperialista.org

22:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, belgique, repression, fascisme, terrorisme, euro-dictature, oppression capitaliste, usa, presse, silence, histoire, romain, courcelles, liberte, democratie, resistance, solidarite, mccarthysme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

30/07/2006

30/07/2006: Le cœur des peuples de Turquie bat pour le Liban et la Palestine


De : Turquie Rebelle [mailto:turquie.rebelle@gmail.com]
Envoyé : dimanche 30 juillet 2006 13:14
À : nlpf@samizdat.net
Objet : Communiqué sur le Liban et la Palestine

 

Le cœur des peuples de Turquie bat pour le Liban et la Palestine

 

Suite à la capture légitime par les résistants du Hezbollah, de deux soldats israéliens qui circulaient illégalement sur le territoire libanais pour parachever les préparatifs d'une agression décidée par l'état-major sioniste depuis plusieurs mois, le 12 juillet 2006, Israël a lancé son assaut sur le Liban, mettant très vite le pays à feu et à sang.

Dans le même temps, Israël a prétexté la capture d'un lieutenant de son armée par la résistance palestinienne pour accélérer son plan d'extermination du peuple palestinien, en imposant un embargo absolu, en détruisant toutes ses voies de communications, ses plantations, ses infrastructures électriques, sanitaires et administratives mais aussi en massacrant la population.

A ce jour, on dénombre près de 700 victimes libanaises et près de 200 Palestiniens tués des suites des bombardements israéliens. Rien que ce matin, on dénombre plus de 50 morts dans un abri du village de Kana au Sud-Liban, dont 22 enfants. Dans cette attaque digne de la barbarie nazie, des mamans sont mortes avec leurs bébés dans leur bras …

Pendant ce temps, du G-8 au Parlement européen et des Nations Unies à la Ligue arabe, les chancelleries du « monde civilisé », observent béatement la lente agonie des peuples arabes et écoutent avec consentement les discours monstrueux de l'administration américaine.

Pas plus tard que le 21 juillet dernier, Condoleezza Rice déclarait lors d'une conférence de presse au département d'Etat américain que la destruction du Liban correspond aux « contractions de la naissance d'un nouveau Moyen-Orient ».

On ne peut être plus explicite quant aux intentions expansionnistes et hégémoniques des Etats-Unis dans la région. Rien d'étonnant d'ailleurs qu'aucune décision de cessez-le-feu n'ait été prise à la conférence de Rome. Cette rencontre n'avait d'ailleurs servi qu'à renforcer la position américano sioniste d'appeler les peuples de la région à la capitulation.

Mais tandis que les Etats-Unis apportent un soutien inconditionnel à l'Etat sioniste avec l'arrogance historique qu'on leur connaît, le gouvernement turc représenté par « l'islamiste » Recep Tayyip Erdogan n'est pas moins complice de ce fameux « projet du Grand Moyen-Orient » si cher à Bush, Rice et consorts. En véritable missionnaire à la solde des puissances coloniales, Erdogan vient de renouveler son intention d'envoyer des troupes d'interposition dans la zone frontalière du sud-Liban destinées à consolider le projet américano-sioniste dans la région.

 

L'Etat turc : allié invétéré d'Israël

Si de temps en temps, l'administration Erdogan s'indigne des crimes sionistes contre ses « frères musulmans » et envoie des convois humanitaires vers la Palestine, c'est avant tout pour calmer la population turque résolument solidaire des peuples du Moyen-Orient.

Car au Parlement turc, 99 députés de l'AKP font partie du groupe d'amitié avec Israël et pas moins de 105 députés du Parti républicain du peuple de tendance « social-démocrate » entretiennent le même rapport privilégié avec leurs confrères sionistes !

Par ailleurs, à Ankara comme à Tel-Aviv, on ne cesse de déclarer que les relations bilatérales entre les deux pays n'ont jamais été aussi optimales.

 

L'armée israélienne s'entraîne en Turquie et modernise les tanks turcs

Les terres de Palestine étant trop étroites, c'est dans la vaste plaine de Konya en Anatolie centrale que l'aviation israélienne procède à des exercices de vols de basse altitude, descendant parfois à moins de 150 m. du sol et mettant la population locale en danger.

Ces entraînements se produisent très régulièrement. Par ailleurs, Israël et la Turquie ont signé un accord de coopération militaire en 1996. Depuis lors, la firme d'Etat Israel Military Industries (IMI) a modernisé pour Ankara près de 200 tanks M-60 et des dizaines d'avions de chasse. Depuis la signature de cet accord, les ventes d'armes israéliennes à la Turquie ont atteint plus de deux milliards et demi d'euros.

 

Les firmes turques consolident l'occupation sioniste

Les chiffres officiels indiquent sans équivoque la croissance de la coopération entre la Turquie et Israël.

D'après Uriel Lynn, président de la Fédérations des Chambres de Commerce Israéliennes (FCCI) « Entre 2002 et 2005, les relations commerciales entre Israël et la Turquie ont cru de 79% à $2,1 milliards en 2005 ». L'an dernier, les exportations israéliennes en Turquie ont progressé de 13% pour atteindre $919 millions et les importations bondissaient de 22% à $1,2 milliards. Toujours d'après Lynn, 152 entreprises sionistes seraient présentes en Turquie. (Source : Israel Valley, 26 mai 2006)

D'autre part, les firmes turques prolifèrent et prospèrent en Israël sur les cadavres des enfants palestiniens. Par exemple, la firme de construction « Yilmazlar Insaat » concentre à elle seule 10% des chantiers de construction en Israël, ce qui fait d'elle la troisième plus grande société dans le secteur. Les chemins de fer reliant Tel-Aviv à Jérusalem sont eux aussi rénovés par des firmes turques.

Autre indicateur révélateur, le nombre de touristes israéliens venant se dorer sur les plages turques: ils seraient chaque année plus de 300.000...

 

L'Etat turc admire le terrorisme sioniste

Il n'est pas rare d'entendre les politiciens turcs flatter Israël dans leur lutte contre le soi-disant terrorisme. Le vice-premier ministre et ministre de la justice Cemil Ciçek qui continue à dissimuler les tortures que les détenus politiques turcs et kurdes subissent dans les fameuses prisons de type F, vient de se déclarer séduit par les pratiques militaires israéliennes qu'il considère comme appropriées contre le mouvement nationaliste kurde. Le 18 juillet dernier, Ciçek a même déclaré : « Nous agirons comme Israël » (Source : Hürriyet, 18 juillet 2006)

Tout en faisant froid dans le dos, ce discours vindicatif visant toutes les forces progressistes turques et kurdes, en dit long sur les « intentions démocratiques » du gouvernement AKP qui se dit pourtant si préoccupé de rejoindre l'Union européenne.

 

Les forces populaires de Turquie honorent les martyrs du Liban et de la Palestine

 

En Turquie, dès sa naissance dans la fin des années 1960, le mouvement révolutionnaire THKP-C a pris fait et cause pour la cause arabe et palestinienne. Aujourd'hui, c'est le mouvement social dans son ensemble qui perpétue cette tradition de soutien à la résistance des peuples du Moyen-Orient.

Et pour ne donner quelques exemples : le 21 juillet dernier, l'ordre turc des médecins, les associations professionnelles des dentistes, des pharmaciens, des vétérinaires ainsi que les sections stambouliotes du syndicats des travailleurs de la santé (SES) se sont rassemblés devant l'hôpital de Haydarpasa pour condamner la barbarie sioniste.

Le 23 juillet, le Parti du travail (EMEP) et l'association islamiste progressiste Özgür-Der ont réuni 1500 personnes dans un meeting organisé dans le quartier de Kadiköy à Istanbul.

Le 25 juillet dernier, 2500 ouvriers du syndicat Türk-Is ont protesté contre les massacres au Proche-Orient en déposant une gerbe noire devant l'ambassade d'Israël en signe de protestation et ont lancé des œufs sur l'édifice. Le lendemain, la confédération révolutionnaire des syndicats ouvriers (DISK) a organisé un sit-in de deux jours à Ankara.

De même, dans tout le pays, les membres de notre Front pour les droits et les libertés (HÖC), sont descendus massivement dans la rue pour condamner l'agression américano sioniste et pour saluer la résistance palestinienne et libanaise.

Comme en Turquie, ici aussi, haussons la bannière de la solidarité et de la résistance internationales pour que vivent le Liban et la Palestine.

 

 

 

HÖC - Front pour les droits et les libertés

hoc@post.com

21:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, barbarie, crimes, colonialisme, fascisme, guerre, histoire, imperialisme, israel, liban, onu, otan, occupations, palestine, politique, romain, racisme, resistance, sionisme, silence, solidarite, terrorisme, turquie, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/07/2006

10/07/2006: Un avocat a entamé le jeûne de la mort en Turquie, ...

 

Un avocat a entamé le jeûne de la mort en Turquie

 

 

 

 


            BEHIC  ASCI

                                                                                                                 

 

 

« J’ai utilisé tous les recours légaux, participé à un nombre incalculable de manifestations afin de mettre fin à l’application de l’isolement carcéral. Aucun de mes procès, aucunes de mes actions n’ont porté leurs fruits. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir en tant qu’homme de droit.

J’ai alors décidé d’entamer le jeûne de la mort, grrève de la faim ‘au finish’, pour le droit à la vie dans un pays où le droit et la justice sont bafoués »

 

Avocat du barreau d’Istanbul, juriste Behiç Asci

 

 

 

 

 

122 morts et 500 handicapées des suites d’une grève de la faim contre les conditions de détentions carcérales en Turquie depuis 6 ans.

 

            Fin septembre 2000, une centaine de prisonniers d’opinions de Turquie entament une grève de la faim illimitée, qualifiée par eux-même de " Jeûne de la mort ", pour s'opposer à une énième réforme carcérale.

 

Il s’agissait en  réalité d’isoler les prisonniers considérés comme étant dangereux (les prisonniers politiques). Le 19 décembre 2000, un assaut de l’armée turque dans les prisons où une grève de la faim était en cours a fauché les prisonniers par des balles. Ils ont été gazés aux bombes fumigènes, brûlés aux lance-flammes, violés à la matraque, mutilés à coups de crosse... alors même qu’ils étaient affaiblis par une grève de la faim de 60 jours.

 

Cet assaut meurtrier avait été baptisé "Retour à la vie" et qualifié d’"Opération tendresse" par les autorités turques, ministre de la justice en tête.

 

Bilan de leur tendresse : 28 morts, près de 1000 blessés.

 

L’objectif de cette attaque militaire (qui avait mobilisé plus de 10 000 soldats, plusieurs bataillons de la gendarmerie, les unités d’élite et des hélicoptères Sikorsky, ... la dernière opération de cette envergure date de l’invasion de chypre en 1974) était de les déporter vers les centres de torture dernier cri : les prisons de haute sécurité dites "de type F". 600 d’entre eux qui étaient en grève de la faim ont été alimentés de force.

 

Ce supplice de la médicalisation forcée les a rendu amnésiques et ataxiques. 600 d’entre eux souffrent ainsi d’un syndrome appelé "Wernicke-Korsakoff".

L’unique raison de l’acharnement des autorités turques sur eux est que leurs opinions et leurs idéaux leurs sont insupportables. "Les prisons de type F sont de véritables hôtels de luxe" clament-elles fièrement...

Quatre murs uniformément blancs et insonorisés qui laissent à chacun 10 petits mètres carrés, un plateau servi d’un coup de pied par-dessous la porte comme si ils étaient des chiens, des caméras omniprésentes qui les épient dans chaque recoin de leur intimité, des gardiens qui les assaillent à tout moment de la journée ou de la nuit, des traitements dégradants qu’il est parfois dur de décrire, une censure qui réduit le courrier quasi à néant, une interdiction absolue de communiquer avec les co-détenus eux aussi isolés, un règlement interne digne des oflags et des stalags, la privation matérielle, la privation sensorielle...

On nous dit que la peine de mort a été abolie en Turquie. Elle a en réalité simplement changé de forme. Aujourd’hui, la mort qui est imposée est une mort lente, blanche, silencieuse...Une mort sans tache qui commence par le dépérissement de l’imagination, puis de la conscience, et puis du corps tout entier.

Ils étaient Turcs, Kurdes, Arabes, Lazes, Tcherkesses, Géorgiens ou Grecs Anatoliens...

 

Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’un décompte morbide. Ils sont ainsi 122 à avoir péri dans les grèves de la faim qu’ils menaient pour réclamer des conditions de détention humaines. L’hécatombe dure depuis plus de 6 ans. Aujourd’hui, seules les photos sont là pour témoigner à titre posthume de leur martyre.

 

 

 

L’isolement d’après Stephen Zweig 

« Ils nous ont entièrement installé dans le néant, parce que comme chacun sait, il n’y a rien sur terre qui ne puisse oppresser davantage l’âme humaine que le néant…

…Je n’ai jamais aperçu d’autre visage humain que celui du gardien qui n’autorise même pas le moindre mot, qui ne daigne offrir la moindre réponse à une éventuelle interrogation ; les yeux, les oreilles, du matin au soir, du soir au matin, mes sens n’arrivaient jamais à se mettre la moindre chose sous la dent. L’être humain se retrouve avec sa propre voix, son propre corps et la table, le lit, la fenêtre, la cuvette, 4-5 choses sans voix, seul dans le désespoir dans l’océan ténébreux, le silence ; l’être humain s’apparente à une lueur plongé dans les profondeurs, une profondeur qui te rappelles combien tu es coupé du monde extérieur et que jamais tu ne remonteras à la surface de ce terrible silence. Il n’y a rien à faire, à voir ou à entendre, l’être humain est perpétuellement encerclé par le néant….

…L’être humain attend qu’il se passe quelque chose du matin au soir, et il ne se passe jamais rien. Il ne fait que d’attendre. Rien ne se passe. Il attend, attend, il pense, pense, pense jusqu’à ce que les tempes s’élancent. Rien ne se passe. L’être humain demeure seul. Seul. Seul…

…Autour de l’être humain toujours le même récit, la même table, lit, cuvette et papier peint, et toujours le même silence, toujours le même gardien qui pousse la nourriture sans daigner te regarder, toujours les mêmes pensées que tu ressasses jusqu’à en devenir fou, ces pensées qui te détruisent que tu ne peux raconter à un autre… »

 

Les privations sensorielles de ce que l’on pourrait qualifier de torture blanche sont terribles et ont des conséquences pour tous les prisonniers, avec notamment des cas de schizophrénies qui se déclarent et de nombreuses autres maladies, d’autres encore psychologiques aussi bien que physiques.

L’application de l’isolement carcéral est sans commune mesure avec les applications qui en sont faîtes en Europe : les conditions sont très strictes pour avoir la chance de voir un visage humain.

Ce ne sont que les « bons » prisonniers, ceux qui adoptent l’idéologie étatique qui peuvent avoir l’accès à l’humanité.

C’est pourquoi la lutte continue, à l’intérieur comme à l’extérieur des murs où actuellement, Behiç Asçi (avocat) et Gürcan Güroglu (mère de famille) sont en grèves de la faim jusqu’à la fin.

La résistance et l’isolement en chiffre.

 

Description des mouroirs appelés « prisons de type F »

 

Nombre : 11 établissements opérationnels. 4 en chantier.

Capacité : 368 places dont 103 cellules pour trois et 59 cellules individuelles

Possibilité de rencontrer d’autre prisonniers : Aucune

Possibilité de faire des activités communes : Aucune

Superficie des cellules : 10m²

Occupants : prisonniers politiques

Sources d’inspiration : « Control Units » aux Etats-Unis, QHS en France, Stammheim en Allemagne, FIES en Espagne.

Particularités : lieu de privation sensorielle, d’interdiction, de torture, d’annihilation mentale et de déshumanisation.

Couleur : Blanc monochrome.

Adeptes particuliers : tortionnaires prônant la discrétion.

Mode de fonctionnement : arbitraire, soumission absolue et esclavage forcé.

Maladies provoquées par l’isolement : schizophrénie, maladie du système de digestion, musculaires et osseuses très fréquentes.

Candidats à l’adoption du système de type F : Afghanistan et Soudan.

Label officiel : Conseil de l’Europe

Info : isolation@post.com

 

Le jeûne de la mort

 

Début de la grève : 20 Octobre 2000

Nombre de tué lors de l’opération du 19 décembre 2000 : 28

Nombre de morts en grève de la faim : 94 (122 au total)

Nombre d’handicapés : 600

Qui fait la grève ? : prisonniers politiques, proche des prisonniers extra-muros et un avocat

Et aujourd’hui ? : trois résistants en détention et deux individus extra-muros

 

 

 

 

Informations sur quelques-uns des derniers prisonniers grévistes de la faim :

 

    Behiç Asçi

 

Age : 41

Profession : avocat

 

Il a entamé un jeûne de la mort à l’occasion du « 5 avril journée mondiale des avocats » dans sa maison à Sisli.

 

« J’ai entamé un jeûne de la mort pour le droit à la vie dans un pays ou le droit et la justice sont bafoués »

 

 

   Gürcan Görüroglu

 

Age : 33

Mère de 2 enfants.

Elle a entamé un jeûne de la mort dans sa maison à Adana le 5 mai.

 

« J’ai entamé un jeûne de la mort afin que l’isolement carcéral soit levé et que les larmes des mamans cesse de couler »

 

 


   Kamil Karatas

 

Résistant de la 13ème équipe du jeûne de la mort.

Il a entamé son jeûne de la mort le 1er mai dans la prison de type F no 1 de Sincan à Ankara

 

 

    Sevgi Saymaz

 

39 ans

détenue depuis 14 ans.

Résistante de la 13ème équipe du jeûne de la mort.

Elle a entamé son jeûne de la mort le 1er mai dans la prison d’Usak

 

 

 


     Serpil Cabadan

 

29 ans

détenue à la prison de Gebze, Kocaeli

Elle a entamé son jeûne de la mort le 26 juin 2005

Au 339ème jours de grève de la faim elle a été transportée vers l’hôpital public de Gebze.

 

 

 

 

 

Quelles sont leurs revendications ?

 

 

Leur objectif est simple : il s’agit de pousser les autorités turques a trouver une solution, à ouvrir le dialogue avec les prisonniers politique afin que cesse l’hécatombe et les traitements inhumains qui ne font que prendre de l’ampleur. Dernièrement, dans les sept plus grand quotidien nationaux de Turquie, un texte signé par plus de 275 artistes, intellectuels, syndicalistes, secrétaire général de parti, écrivains et journalistes a été publié afin d’appeler à l’ouverture du dialogue. L’isolment appliqué en Turquie, en particulier celui visant les prisonniers politiques est une torture. C’est ce que ces derniers ont signifié en expliquant que l’hécatombe ne pouvait plus durer et qu’il était du devoir de n’importe quel être humain de trouver une solution.

 

Nous reprenons donc à notre compte cet appel : nous demandons que la question de l’isolement carcéral, de la torture blanche, et donc des grèves de la faim qui ne cessent de provoquer la mort des prisonniers soit prise en compte et soit remise au goût du jour.

Nous sommes convaincu que tout cela ne serait pas arrivé si l’Europe n’avait pas soutenu le régime de tortionnaires prétendument démocratique d’Ankara, ni sa politique carcérale.

Ce que les prisonniers demandent est simple : le droit de communiquer entre eux. Pouvoir se côtoyer, pouvoir rire, chanter et pleurer ensemble. Pouvoir se soigner et se consoler mutuellement. Vivre dignement.

Les prisons de type F n’ont pas de grandes différences avec les prisons du type de Guantanamo ou Abu Grahib : ce sont en réalité une partie de l’injustice d’aujourd’hui. Tout comme les avions de la CIA qui survole l’Europe de manière illégale.

Nous demandons que l’Union Européenne cesse de soutenir ces applications d’isolement dans les prisons de Turquie, pour ne pas être responsable de l’hécatombe. Le silence n’est qu’approbation.

Dans un grand nombre de villes européennes (Paris, Londres, Liège, Rotterdam, Berlin, Hamburg, Duisburg, Cologne, Dortmund, Stuttgart, Bâle, Vienne)  des grèves de la faim à durée illimité ont été entamé afin d’exprimer la solidarité avec les prisonniers politiques dans ce jeûne. Des mois, des semaines, des week end de privation afin de faire entendre notre cause, la voie des prisonniers politiques victimes de traitements inhumains.

T A Y A D   C O M I T E

Berlin - Weserstr. 56; 12045 Berlin / Germany

Tel: 0049.30.32665654; Fax: 0049.30.32665653;  E-Mail: info@tayad.de

Bruxelles - Tél: 0032.2.2300866; E-Mail: tayadkomite@hotmail.com

Paris: 14 rue du Fbg. St.Denis  75010   Tel: 01 42 47 14 89   anatolie75@hotmail.fr

www.tayad-committee.com

 
 

 
 


De : democrite [mailto:democrite@neuf.fr]
Envoyé : dimanche 9 juillet 2006 12:19
À : Undisclosed-Recipient:;
Objet : Avocat en Jeune de la mort
Importance : Haute

Appel pour le soutien des prisonnniers politiques turcs 
 

11:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, Courcelles, Belgique dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fascisme, general, politique, romain, solidarite, turquie, europe, actualite, democratie | |  Facebook | |  Imprimer | | |